Massacre de Sharpeville

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Cette boîte : voir • 21 mars 1960 à Sharpeville, un township (banlieue noire) de la ville de Vereeniging dans le Transvaal en Afrique du Sud.

Sommaire

Historique

Le 18 mars 1960, Robert Sobukwe, président du Congrès Pan Africain (PAC), appelle pour le 21 mars à des manifestations non-violentes dans tout le pays afin de protester contre les « pass » (passeport intérieur), demander leur abrogation ainsi que l’augmentation de la rémunération de base de la journée de travail[1].

Les manifestants sont appelés à se réunir devant les postes de police et se porter volontaires à l’arrestation pour « non port du pass ». Le but est que tous les postes de police soient rapidement débordés et incapables de procéder aux arrestations et aux emprisonnements. Il s'agit aussi pour le PAC de s'imposer face à sa rivale, le congrès national africain (ANC)[2].

Le 21 mars, les militants du PAC s’activèrent dans tout le pays (Soweto où Sobukwe est arrêté et emprisonné, Langa et Marcha au Cap, la région du Vaal notamment Boipatong et Bophelong). Près de Vereeniging, dans le township de Sharpeville, les militants du PAC immobilisèrent les transports en commun bloquant les banlieusards dans leur township. Ces derniers furent alors nombreux à venir manifester pacifiquement leur colère devant le commissariat pour y brûler leurs documents d'identités controversés[2].

Sharpeville était un township calme qui avait échappé à l’influence de l’ANC et n’avait jamais participé à aucun des grands mouvements anti-apartheid des années 1950[3]. Pour cette raison, un poste de police avait été construit en son centre du township comprenant une petite trentaine d’agents permanents. Le 21 mars, des centaines de gens se regroupèrent autour de ce poste de police. Se sentant vite dépassé, débordés et barricadés dans leur petit immeuble, les quelques policiers du poste reçurent des renforts des brigades de Vanderbijlpark et de Johannesburg. Le commandement du poste de police n’avait pour seule consigne que de disperser la foule des manifestants mais celle-ci comptait maintenant entre 3 000 à 5000 personnes. Trois chars furent dépêchés dans le township tandis que des avions effectuaient des survols pour tenter de pouvoir ainsi impressionner et disperser pacifiquement la foule. Celle-ci formant par endroit une masse compacte était composée, pour l’essentiel, de femmes, d'enfants, de personnes âgées, des ouvriers et des employés. Les rires et la bonne humeur de ceux-ci fut pris par la police pour de l’agressivité à son égard et de la provocation. Une ligne de policiers fut placée face à l’entrée du poste, les armes chargées et mises en joue[3].

Une interpellation à l’entrée du poste tourna mal. L'officier en fonction trébucha provoquant un mouvement de curiosité de la foule vers l'avant, vers les policiers. Mal interprété, un coup de feu unique partit suivie de rafales de tirs pendant une minute ou plus. La foule, stupéfaite, eut un mouvement de panique, tourna le dos et tenta d'échapper aux balles[3].

On relève 69 morts et parmi les 178 blessés, un nombre très impressionnant de blessures par balles dans le dos, à la tête, à la poitrine.

Conséquences

Lorsque la nouvelle parvint au Cap, les bulletins d’informations à la radio et les journaux du soir mirent l’évènement à leur une[4]. La foule de Langa, en colère, détruisit des bâtiments publics. L'événement déclenche une grève générale le 28 mars 1960 malgré les interdictions et mises en garde du gouvernement d'Hendrik Verwoerd qui déclenche le processus pour interdire l'ANC et le PAC et décréter l'état d'urgence.

La répression sera brutale conduisant de nombreux militants noirs en prison ou en exil. Si pour les partisans du gouvernement, ces évènements sont « l’expression de la menace réelle que la population noire fait peser sur l’Afrique du Sud », particulièrement sur la nation Afrikaner, pour le PAC, ils sont « l’expression des prémisses de la révolution populaire en lutte contre la barbarie du régime »[4]. Cependant, le gouvernement Verwoerd devait prendre l’avantage de la crise pour procéder à l'établissement de la République (31 mai 1961) et sortir du Commonwealth[4].

En 1984, Sharpeville revient aux avants postes de l'actualité à la suite du lynchage d'un conseiller municipal noir. Cet évènement déclenche une vague de contestation et de manifestation dans tout le pays qui débouche en 1985 sur le durcissement des sanctions internationales imposées par l'ONU contre l'Afrique du Sud.

Les auteurs du lynchage sont condamnés à mort puis graciés par le président Pieter Botha à la suite d'une vaste campagne internationale (Sauver les 6 de Sharpeville).

Le 21 mars 1985, soit 25 ans jour pour jour après le massacre de Sharpeville, dans la ville sud-africaine de Port Elizabeth, la police tirait sur un cortège funéraire érigé en manifestation anti-gouvernementale. On compte pas moins de 19 morts Ceci entraîne une vague de protestation dans tout le pays.

Hommages

En souvenir du massacre de Sharpeville, l'ONU fera du 21 mars la journée mondiale de lutte contre la ségrégation raciale.[réf. souhaitée]

Voir aussi

Liste des massacres

Références

  1. Lydia Samarbakhsh-Liberge, L’Afrique du Sud : histoire et enjeux de mémoire, Les remémorations du massacre de Sharpeville (21 mars 1960), Consensus mémoriel au cœur des évolutions du nationalisme sud-africain, EHESS, Colloque Université de Bucarest 2006, p 5-6).
  2. a et b L. Samarbakhsh-Liberge, p 6.
  3. a, b et c L. Samarbakhsh-Liberge, p 7.
  4. a, b et c L. Samarbakhsh-Liberge, p 8.

Liens externes


Blason de la République sud-africaine du Transvaal
Histoire de l’Afrique du Sud
Histoire de l'Afrique du Sud  • Histoire de l'Afrique du Sud depuis 1994 
Histoire chronologique de l'Afrique du Sud 
Colonies britanniques d'Afrique du Sud • Histoire de la Colonie du Cap 
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