Maximilien de Robespierre

Maximilien de Robespierre
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Maximilien de Robespierre
École française du XVIIIe siècle, Portrait de Maximilien Robespierre, musée Carnavalet
École française du XVIIIe siècle, Portrait de Maximilien Robespierre, musée Carnavalet

Nom de naissance Maximilien Marie Isidore de Robespierre
Surnom « L'Incorruptible »
Naissance 6 mai 1758
France monarchie Arras
Décès 28 juillet 1794 (à 36 ans)
Drapeau de la France Paris
Nationalité Française
Profession Avocat
Autres activités Homme politique
Formation Licence en droit
Ascendants Maximilien-Barthélémy-François de Robespierre
Jacqueline-Marguerite Carraut
Famille Augustin de Robespierre
Charlotte de Robespierre
Signature

RobespierreSignature.jpg

Maximilien Marie Isidore de Robespierre[1], ou Maximilien Robespierre[2], né le 6 mai 1758 à Arras (Artois) et mort guillotiné le 28 juillet 1794 à Paris, place de la Révolution, était un avocat et un homme politique français.

Aîné d'une fratrie de cinq enfants, il perd sa mère à l'âge de six ans. Puis son père abandonne ses enfants, et il est pris en charge par son grand-père maternel. Après d'excellentes études au collège d'Arras et au collège Louis-le-Grand de Paris, licencié en droit, il devient avocat et s'inscrit en 1781 au Conseil provincial d'Artois, occupant même un temps la charge de juge au tribunal épiscopal.

Élu député du Tiers état aux États généraux de 1789, il devient bientôt l'une des principales figures des « démocrates » à l'Assemblée constituante, défendant l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort, le droit de vote des gens de couleur, des juifs ou des comédiens, ainsi que le suffrage universel et l'égalité des droits, contre le marc d'argent. Son intransigeance lui vaut bientôt d'être surnommé « l'Incorruptible ». Membre du club des Jacobins dès ses origines, il en est le plus illustre membre et l'une des figures de proue. Après la scission des Feuillants, il contribue à sa réorganisation et lui permet grandement de conserver le soutien de la plupart des sociétés affiliées de province.

Opposé à la guerre contre l'Autriche en 1792, il s'oppose à La Fayette et soutient la chute de la royauté. Membre de la commune insurrectionnelle de Paris, il est élu à la Convention nationale, où il siège sur les bancs de la Montagne et s'oppose à la Gironde. Après les journées du 31 mai et du 2 juin 1793, il entre le 27 juillet 1793 au Comité de salut public, où il participe à l'instauration d'un gouvernement révolutionnaire et de la Terreur, dans un contexte de guerre extérieure contre les monarchies coalisées et de guerre civile (insurrections fédéralistes, guerre de Vendée...).

À la suite de la victoire des comités contre les factions au printemps 1794, il contribue à faire cesser la politique de déchristianisation et fait voter, en qualité de rapporteur, le décret du 18 floréal an II, par lequel « le peuple français reconnaît l’existence de l’être suprême, et l’immortalité de l’âme », et la loi de Prairial, dite de « Grande Terreur ».

Attaqué et isolé au sein de la Convention par d'anciens dantonistes et des envoyés en mission rappelés, mais aussi au sein du gouvernement révolutionnaire par le Comité de sûreté générale et des collègues du Comité de salut public, il prend la Convention à témoin de ces dissensions le 8 thermidor an II, mais ne parvient pas à imposer ses vues. Le lendemain, empêché de parler par ses ennemis, alliés pour la circonstance aux modérés de la Plaine, il est arrêté avec son frère Augustin et ses amis Couthon, Saint-Just et Le Bas. La Commune entre alors en insurrection et le fait libérer, mais il perd du temps, et la Convention le met hors-la-loi.

Dans la nuit, une colonne armée s'empare de l'hôtel de ville, où il se trouve avec ses partisans, et il est blessé à la mâchoire dans des circonstances incertaines. Après vérification de son identité devant le Tribunal révolutionnaire, il est guillotiné dans l'après-midi du 10 thermidor avec 21 de ses partisans. Sa mort entraîne, dans les mois qui suivent, une « réaction thermidorienne », qui voit le démantèlement du gouvernement révolutionnaire et de la Terreur.

L'une des principales figures de la Révolution française, il demeure aussi l'un des personnages les plus controversés de cette période.

Sommaire

Biographie

Enfance et formation

Portrait de Maximilien de Robespierre, par Adélaïde Labille-Guiard, peint en 1791

Maximilien de Robespierre était le fils ainé de Maximilien-Barthélémy-François de Robespierre (né en 1732), avocat au Conseil supérieur d'Artois, et de Jacqueline-Marguerite Carraut (née en 1735), fille d'un brasseur d'Arras. Après leur rencontre en 1757, les deux jeunes gens s'étaient mariés le 2 janvier 1758. Né à Arras le 6 mai suivant, Robespierre fut donc conçu hors mariage[3]. Par son père, il descendait d'une famille de gens de robe artésiens[4] : son grand-père Maximilien (1694-1762) était également avocat au Conseil supérieur d'Artois, son bisaïeul Martin (1664-1720) procureur à Carvin, son trisaïeul Robert (1627-1707) notaire à Carvin et bailli d'Oignies. Le couple eut encore quatre autres enfants : Charlotte en 1760, Henriette-Eulalie-Françoise en 1761 et Augustin en 1763 ; le puîné vit le jour le 4 juillet 1764. Mais la mère mourut huit jours plus tard, à vingt-neuf ans, suivie de près par le nouveau-né. Robespierre avait six ans. À en croire les Mémoires de Charlotte, François de Robespierre aurait abandonné ses enfants peu après la mort de son épouse. En revanche, selon Gérard Walter, on trouve des traces de lui à Arras jusqu'en mars 1766, puis de nouveau en octobre 1768. Ensuite, deux lettres de François de Robespierre, envoyées de Mannheim, confirment qu'il vivait en Allemagne en juin 1770 et en octobre 1771. L'année suivante, d'après le registre d'audiences du Conseil d'Artois, il était de retour à Arras, où il plaida quinze affaires du 13 février au 22 mai. Enfin, en mars 1778, à la mort de son beau-père, un jugement de l'Échevinage d'Arras indique qu'étant absent, il s'était fait représenter. Par la suite, si l'on prête foi à ce document, on perd sa trace[5]. L'abbé Proyart (qui semble avoir connu personnellement le père de l'Incorruptible) prétend qu'après avoir habité quelque temps à Cologne, il aurait annoncé « le dessein de se rendre à Londres, et de là aux Îles, où il serait possible qu'il vécût encore » en 1795, mais cette hypothèse, discutée par Albert Mathiez[6], est rejetée par Auguste Paris et Gérard Walter[7],[8]. Un acte d'inhumation le fait mourir à Munich le 6 novembre 1777[9], version reprise par Henri Guillemin[10] ou Catherine Fouquet[11].

Après la mort de leur mère, les deux filles furent recueillies par leurs tantes paternelles, les garçons par leur grand-père maternel, Jacques Carraut (1701-1778). Maximilien entra, en 1765, au collège d'Arras (ancienne institution jésuite qui n'appartenait pas encore aux Oratoriens, étant gérée par un comité local nommé par l'évêque). Charlotte, dans ses Mémoires, affirme que l'attitude de Maximilien avait connu un grand changement, à l'époque et que, conscient d'être en quelque sorte le chef de la famille, il avait pris un tour plus grave et sérieux. En 1769, grâce à l'intervention du chanoine Aymé auprès de l’évêque d’Arras, Louis-François-Marc-Hilaire de Conzié, il obtint une bourse de 450 livres annuelles de l'abbaye de Saint-Vaast et entra au collège Louis-le-Grand, à Paris[12],[13].

Malgré son extrême dénuement, il fit de brillantes études au collège Louis-le-Grand (1769-1781), où il eut pour condisciples Camille Desmoulins et Louis-Marie Stanislas Fréron. Son nom fut plusieurs fois proclamé aux distributions de prix du Concours général : deuxième prix de thème latin et sixième accessit de version latine en 1772, quatrième accessit de vers latins et de version latine en 1774, deux seconds prix en latin et le quatrième accessit de version grecque en 1775, le premier prix de rhétorique en 1776, etc.[14]. D'après l'abbé Proyart[15], préfet du collège, c'était un élève studieux, se consacrant uniquement au travail, solitaire et rêveur, peu expansif. Très bien vu par ses maîtres, il fut choisi, en 1775, pour prononcer le compliment en vers du nouveau roi Louis XVI[16]. Il rencontra Jean-Jacques Rousseau à la fin de sa vie, entre 1775 et 1778 - ou l'aperçut selon Gérard Walter[17]. Selon les Mémoires posthumes de Brissot, témoignage rejeté par Gérard Walter comme invraisemblable pour des raisons chronologiques, il aurait été un temps clerc chez le procureur Nolleau fils, où le futur girondin l'aurait croisé[18]. Reçu bachelier en droit de la faculté de Paris le 31 juillet 1780, il obtint son diplôme de licence le 15 mai 1781 et s'inscrivit sur le registre des avocats du Parlement de Paris deux semaines après. Le 19 juillet, sur rapport du principal du collège, une récompense de 600 livres lui fut octroyée. Par ailleurs, sa bourse à Louis-le-Grand passa à son frère cadet, Augustin[19].

Un jeune avocat de province

De retour à Arras, la situation de sa famille avait changé : sa grand-mère était morte en 1775, son grand-père maternel en 1778, sa sœur Henriette en 1780. Quant à ses deux tantes paternelles, elles s'étaient mariées l'une et l'autre à 41 ans, Eulalie le 2 janvier 1776 avec un ancien notaire devenu négociant, Henriette le 6 février 1777 avec le médecin Gabriel-François Du Rut. Jacques Carraut laissait 4 000 livres à ses petits-enfants. Installé dans une petite maison de la rue Saumon avec sa sœur Charlotte, Maximilien s'inscrivit le 8 novembre 1781 au Conseil provincial d'Artois, comme son père et son grand-père paternel, et commença à plaider le 16 janvier 1782[20]. Le 9 mars 1782, il fut nommé par l'évêque, Monseigneur de Conzié, juge au Tribunal épiscopal[21]. Après un passage chez les Du Rut, fin 1782, il s'installa avec sa sœur rue des Jésuites, fin 1783 ; c'est là qu'il vécut jusqu'à son départ pour Paris. Dans ses fonctions, il se distingua, notamment lors de l'affaire du paratonnerre de M. de Vissery, où il fit un plaidoyer devenu célèbre, en mai 1783, et de l'affaire Deteuf, qui l'opposa aux bénédictins d'Anchin[22].

Le 15 novembre 1783, Robespierre fut accueilli dans l'Académie royale des Belles-Lettres d'Arras, patronné par son collègue Maître Antoine-Joseph Buissart, avec lequel il avait collaboré dans l'affaire du paratonnerre, et M. Dubois de Fosseux, qui fut son ami, ainsi que celui de Babeuf. Il participa à plusieurs concours académiques. En 1784, un de ses mémoires, envoyé à l'Académie de Metz, lui valut une médaille, ainsi qu'un prix de 400 livres. Publié, ce mémoire fit l'objet d'un article de Lacretelle dans le Mercure de France. De même, il rédigea un Éloge de Gresset pour le concours de l'Académie d'Amiens de 1785, qui ne fut pas primé, mais qu'il publia lui aussi. Le 4 février 1786, l'Académie royale des Belles-Lettres d'Arras l'élut à l'unanimité comme directeur. Dans ses fonctions, affirmant partager le point de vue des cartésiens sur l'égalité des sexes et soucieux de favoriser la mixité au sein des sociétés savantes, il favorisa l'entrée de deux femmes de lettres, Marie Le Masson Le Golft et Louise de Kéralio en février 1787[23]. De même, en décembre 1786, il fut nommé parmi les trois commissaires chargés de l'examen des mémoires envoyés au concours. En 1787, les Rosati d'Arras, petit cénacle poétique fondé le 12 juin 1778 par un groupe d'officiers et d'avocats, l'accueillirent dans leurs rangs ; Louis-Joseph Le Gay, son collègue au barreau et à l'Académie, prononça le discours de réception. En tant que titulaire de cette société, il chanta des couplets et composa des vers « anacréontiques », notamment un Éloge de la Rose écrit en réponse au discours de réception d'un nouveau membre[24].

Maximilien de Robespierre resta célibataire. Toutefois, à Arras, il cultiva les relations féminines : il eut une ébauche d'idylle avec Mlle Dehay, amie de sa sœur, une jeune Anglaise inconnue et une certaine Mlle Henriette, correspondit avec une « dame très haut placée », peut-être Mme Necker, selon Gérard Walter, fut reçu chez Mme Marchand, future directrice du Journal du Pas-de-Calais, etc. D'après sa sœur Charlotte, une Mlle Anaïs Deshorties, belle-fille de sa tante Eulalie, aima Robespierre et fut aimée de lui ; en 1789, il la courtisait depuis deux ou trois ans. Elle se maria avec un autre, l'avocat Leducq, tandis qu'il était à Paris[25]. Selon Pierre Villiers, Robespierre aurait eu en 1790 une liaison avec une jeune femme de condition modeste « d'environ vingt-six ans[26],[27] ». Enfin, il a été dit qu'il était fiancé avec la fille de son logeur, Éléonore Duplay[28].

L'Assemblée constituante

Le Serment du jeu de paume, par Jacques Louis David (1791). Robespierre est parmi le groupe de députés à la gauche de Bailly, les mains contre la poitrine. Derrière lui, Dubois-Crancé, debout sur une chaise, le bras droit tendu.

Imprégné des idées idéalistes des philosophes du XVIIIe siècle, notamment de Rousseau, il participa à la vie politique dans sa province à la veille de la Révolution, faisant paraître un mémoire intitulé À la Nation artésienne, sur la nécessité de réformer les États d'Artois. Puis, appuyé par sa famille et ses amis, il se porta candidat à la représentation du Tiers état aux États généraux ; la corporation des savetiers mineurs, la plus pauvre mais la plus nombreuse, lui confia la rédaction de leur cahier de doléances le 25 mars 1789[29].

Élu le 26 avril 1789 parmi les huit députés du Tiers état de l’Artois, il se rendit à Versailles, où il s'installa avec trois collègues, cultivateurs, à l'hôtellerie du Renard, rue Sainte-Elisabeth. Parmi ses premiers contacts, on compte Necker, qui le reçut à dîner chez lui en mai. Toutefois, le ministre, auquel il avait adressé de nombreuses louanges dans son mémoire, le déçut. Au contraire, il noua des relations avec Mirabeau, dont il fut quelque temps proche. Il se rapprocha également de Barère, qui publiait un journal très lu dans les milieux politiques. Par ailleurs, des liens amicaux le liaient au comte Charles de Lameth[30].

À l'Assemblée constituante, Robespierre avança avec assurance et sérénité, poursuivant, selon Gérard Walter, « la réalisation d'un plan mûrement réfléchi et soigneusement étudié ». Sa première intervention à la tribune parlementaire date du 18 mai 1789 ; il prit la parole environ soixante fois de mai à décembre 1789, une centaine de fois en 1790 et autant de janvier à la fin de septembre 1791. Son discours contre la loi martiale du 21 octobre 1789 en fit l'un des principaux animateurs de la Révolution et la cible d'attaques de plus en plus acharnées de ses adversaires, particulièrement de son ancien professeur, l'abbé Royou, et l'équipe de journalistes des Actes des Apôtres. Il fut l’un des rares défenseurs du suffrage universel et de l'égalité des droits, s'opposant au marc d'argent, le 25 janvier 1790[31] et défendant le droit de vote des comédiens et des juifs. Au second semestre, ses interventions à la tribune devinrent de plus en plus fréquentes : en une année, il avait vaincu l'indifférence et le scepticisme de ses collègues[32].

De novembre 1790 à septembre 1791, il joua un rôle de premier plan dans les débats sur l'organisation des gardes nationales[33].

Il participa à l’élaboration de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ainsi qu’à la première constitution française en 1791. Particulièrement, le 16 mai 1791, il fit voter le principe de la non-rééligibilité des députés de l'Assemblée constituante dans l'Assemblée suivante, qui visait principalement le triumvirat du parti patriote, Duport, Barnave et Lameth[34].

Toujours contre le triumvirat et contre Moreau de Saint-Méry (ancien acteur de la prise de la Bastille, devenu en 1790 député de la Martinique), il défendit l'abolition de l'esclavage et le droit de vote des gens de couleur, refusant, même seul, les concessions proposées le 13 mai par Barère sur la reconnaissance constitutionnelle de l'esclavage et le 15 par Reubell sur le refus du droit de vote aux affranchis ; d'où sa célèbre exclamation, déformée avec le temps, prononcée le 13 : « Périssent les colonies s'il doit vous en coûter votre bonheur, votre gloire, votre liberté »[34],[35].

Robespierre défendit aussi les Sociétés populaires. Par la suite, il prononça un discours pour l’abolition de la peine de mort, resté célèbre, le 30 mai 1791. Quatre jours après, il manqua de peu d'être élu à la présidence de l'Assemblée[34].

Le Club des Jacobins

Robespierre par Louis Léopold Boilly.

Dès les premiers mois de l'Assemblée constituante, Robespierre avait participé aux réunions du Club breton, au café Amaury. Lors de l'installation de l'Assemblée à Paris, en octobre 1789, il rejoignit la Société des Amis de la Constitution, plus connue sous le nom de club des Jacobins, située près des Tuileries, dans le couvent des Jacobins rue Saint-Honoré. Lui-même était installé dans un meublé, au troisième étage, du n°9 de la rue de Saintonge, dans un quartier éloigné des Tuileries ; en 1790, un certain Pierre Villiers, officier de dragons et auteur dramatique, lui servit durant sept mois de secrétaire[36]. De plus en plus éloigné de Mirabeau, qui avait dit de lui en 1789 : « Il ira loin, il croit tout ce qu’il dit », il rompit avec lui lors d'une séance particulièrement vive aux Jacobins, le 6 décembre 1790[37]. Il devint bientôt le principal animateur des Jacobins[38], nouant de précieuses relations avec les groupements patriotes de province[39],[40].

Lors de la fuite du roi à Varennes, le 20 juin 1791, Robespierre était chez les Amis de la Constitution de Versailles. Nommé accusateur public de Paris, il venait de démissionner de sa charge de juge au tribunal de Versailles, qu'il occupait, théoriquement, depuis le 5 octobre 1790 et devait leur expliquer ses raisons. Apprenant la nouvelle le lendemain, il prononça un discours au club des Jacobins dans lequel il accusait l'Assemblée de trahir les intérêts de la nation. Quelques semaines après, le 14 juillet, dans son discours sur la fuite du roi, prononcé devant l'Assemblée, il ne réclama pas le jugement de Louis XVI, mais se prononça en faveur de sa déchéance[41].

Le lendemain, le club des Cordeliers lança l'idée d'une pétition réclamant la République, qui recueillit 6 000 signatures et fut déposée sur l'autel de la patrie, haut lieu de la Fête de la Fédération de 1790, sur le Champ-de-Mars. La loi martiale proclamée, Jean Sylvain Bailly, Maire de Paris, fit mitrailler la foule. Tandis que la répression s'abattait sur les Sociétés populaires, une campagne accusa Robespierre d'avoir été l'instigateur de la manifestation. La veille de la journée, la quasi-totalité des députés – hormis Robespierre, Pétion, Buzot, Roederer, Anthoine et Coroller – et les trois quarts des sociétaires parisiens (1 800 sur 2 400) avaient quitté les Jacobins pour fonder le club des Feuillants ; la grande majorité des sociétés affiliées de province restèrent fidèles au club de la rue Saint-Honoré[42],[43]. C'est Robespierre lui-même qui rédigea l'adresse expédiée le 24 juillet 1791 aux sociétés affiliées pour expliquer la crise des Feuillants[44].

Cour de la maison de Maurice Duplay (voir plan détaillé à cet article). Gravure tirée de G. Lenotre, Paris révolutionnaire (1895). En 1793, la maison n'a qu'un étage. La chambre de Robespierre est au premier, au dessus de la fontaine.

Menacé après la fusillade du Champ-de-Mars, il accepta l'offre de Duplay, un entrepreneur de menuiserie, qui lui proposait de loger chez lui, rue Saint-Honoré. Il vécut dans cette maison jusqu'à sa mort[45].

Avec la clôture de la session parlementaire, Robespierre rentra dans la vie civile le 1er octobre 1791. Durant ce mois, de nombreuses adresses affluèrent rue Saint-Honoré, pour lui rendre hommage. Après la séance inaugurale de l'Assemblée législative, il fit un voyage vers l'Artois, où il fut accueilli avec enthousiasme par le peuple[46].

Rentré à Paris le 28 novembre, il dut s'imposer au sein des Jacobins, où l'assemblée du club lui offrit la présidence ce même jour[47]. Pendant son absence, de nombreux députés de la nouvelle Assemblée s'étaient inscrits au Club, dont les nouveaux députés de la future Gironde[48]. À cette période, la question des émigrés incitait les dirigeants révolutionnaires à prôner la guerre aux princes allemands qui les accueillaient ; le plus ardent partisan de la guerre était Brissot, l'un des nouveaux députés de Paris. Dans un premier temps, Robespierre se prononça pour la guerre, puis, après Billaud-Varenne (5 décembre 1791), il dénonça le caractère belliciste de la France contre l'Autriche à la tribune des Jacobins : d'abord le 11 décembre 1791, puis le 18 décembre, le 2 janvier 1792, le 11 janvier et le 25 janvier. Il jugeait imprudente une telle décision qui, d'après lui, faisait le jeu de Louis XVI. À ses yeux, l'armée française n'était pas prête pour mener une guerre, qui pouvait en cas de victoire, renforcer un roi et des ministres hostiles à la Révolution ; il estimait que la véritable menace n'était pas parmi les émigrés de Coblentz, mais en France même. De plus, la guerre étant ruineuse pour les finances de la France, il valait mieux favoriser les droits du peuple[49]. Il souligna enfin le caractère contre-productif de la voie militaire pour l'expansion parmi les peuples d'Europe des principes de la Révolution française : « Personne n'aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c'est de les repousser comme des ennemis ». Robespierre mit enfin en avant la menace d'une dictature militaire, représentée par La Fayette, responsable de la répression des suisses de Châteauvieux par Bouillé en 1790 et de la fusillade du Champ-de-Mars du 17 juillet 1791[50]. Il prononça un ultime discours anti-belliciste avant la déclaration de guerre, le 26 mars 1792.

Article détaillé : Guerre franco-autrichienne (1792).
Caricature montrant le débat sur la guerre au club des Jacobins en janvier 1792 (Bibliothèque nationale de France, Paris).

Robespierre dut se rendre à l’évidence que, même si les formes avaient changé, l’esprit de l’ancienne justice persistait. Le 14  avril 1792, il préféra démissionner du poste d'Accusateur public, ne voulant pas être compromis par les erreurs qu’il pressentait devoir se produire[51]. En mai suivant, alors qu’il était confronté à une attaque combinée de journalistes et de pamphlétaires, notamment Sylvain Maréchal, il décida de créer son propre journal Le Défenseur de la Constitution, afin d’y défendre ses idées[52]. Presque en même temps, fin mai et courant juin, la question du régime à instaurer commençait à se poser. Le choix entre une république ou une monarchie, rendait sa position plus délicate face à ses adversaires politiques. Le Girondin Brissot et ses amis le disaient vendu à la Cour, et les journaux de droite le considéraient comme le chef des « républicains ». Sur ce sujet, il refusa de se prononcer en affirmant : « J'aime mieux voir une assemblée représentative populaire et des citoyens libres et respectés avec un roi, qu'un peuple esclave et avili sous la verge d'un sénat aristocratique et d'un dictateur. Je n'aime pas plus Cromwell que Charles Ier[53]. »

Comme les revers se succédaient, avec la suspension de l'offensive lancée sur la Belgique, le passage à l'ennemi du régiment de Royal-Allemand, la démission de Rochambeau et les pourparlers de La Fayette qui, non content de se rapprocher de ses adversaires lamethistes, négociait une suspension d'arme avec l'ambassadeur autrichien Mercy-Argentau, Robespierre en vint à douter de la capacité de l’Assemblée législative à préserver le pays d’une invasion étrangère aussi bien que d'une dictature militaire, se dessinant alors sous les traits de La Fayette, son pire ennemi ; d'autant que, dans un premier temps, les Girondins, parvenus au ministère, tentèrent de pactiser avec La Fayette, attaquant tous ceux qui, tels Marat ou Robespierre, dénonçaient la trahison, et tentèrent d'améliorer la discipline militaire, jugée responsable, par les généraux, de l'échec de l'attaque initiale[54].

Puis, devant l'échec de cette ouverture à droite, ils commencèrent de dénoncer les traîtres de l'intérieur, en premier lieu le « comité autrichien » dominant à la Cour, autour de la reine, et firent voter une série de décrets révolutionnaires. Le 27 mai fut ordonnée la déportation de tout prêtre réfractaire sur simple demande de vingt citoyens actifs, puis, le 29, le licenciement des 6 000 hommes de la garde constitutionnelle du roi[55]. Enfin, le 28 mai 1792, le ministre de la guerre girondin Servan demanda devant l'Assemblée que « la nation se lève tout entière » pour défendre le pays, avant d'appeler, le 8 juin, chaque canton à envoyer cinq fédérés vêtus et équipés, soit 20 000 hommes, à Paris, afin de prêter un serment civique. Robespierre vit dans cette dernière mesure, à tort de l'avis de Michel Vovelle (même s'il considère que les Girondins se sont eux-mêmes trompés « sur ce qu'allaient être ces "fédérés" »)[56], une manœuvre pour réduire l'agitation démocrate de la capitale.

Sur ce dernier point, il changea du tout au tout d'avis quand, le 18 juin, fut lue une lettre menaçante de La Fayette à l'encontre des Jacobins, accusés d'usurper « tous les pouvoirs », se déclarant prêt à employer les fédérés pour résister aux menées séditieuses d'un « général intrigant et perfide ». L'Assemblée, de son côté, ne réagit pas, pas plus que quand le général abandonna son armée pour venir lui-même, le 28 juin, dénoncer les Jacobins devant le Corps législatif, après l'invasion des Tuileries par des émeutiers lors de la journée du 20 juin[57]. La popularité du général était telle que l’Assemblée n’osa prendre aucune mesure contre lui, malgré les efforts des Girondins[58]. Elle se borna à déclarer la patrie en danger le 11 juillet[59].

L'insurrection du 10 août 1792

Devant la menace que faisait peser La Fayette et l'incapacité de l'Assemblée à y faire face, Robespierre proposa aux Jacobins, le 11 juillet, un projet d'Adresse aux Fédérés des 83 départements saluant fraternellement les fédérés et incitant les Parisiens à les accueillir avec amitié. Il s'adressait aux fédérés en ces termes :

« Au dehors, les tyrans rassemblent contre nous des armées nouvelles : au dedans, d'autres tyrans nous trahissent. Les ennemis qui nous guident respectent le domaine du despote autrichien autant qu'ils prodiguent le plus pur sang des Français. [...] Un autre monstre privilégié est venu, au sein de l'assemblée nationale, insulter à la nation, menacer le patriotisme, fouler aux pieds la liberté, au nom de l'armée qu'il divise et qu'il s'efforce de corrompre ; et il demeure impuni ! L'assemblée nationale existe-t-elle encore ? Elle a été outragée, avilie, et elle ne s'est point vengée.
Les tyrans ont feint de déclarer la guerre à leurs complices et à leurs alliés, pour la faire de concert au peuple français ; et les traîtres demeurent impunis ! Trahir et conspirer semble un droit consacré par la tolérance ou par l'approbation de ceux qui nous gouvernent : réclamer la sévérité des lois est presque un crime pour les bons citoyens. Une multitude de fonctionnaires que la révolution a créés, égalent ceux que le despotisme avait enfantés en tyrannie et en mépris pour les hommes, et les surpassent en perfidie. Des hommes, qu'on nomme les mandataires du peuple, ne sont occupés que de l'avilir et de l'égorger. [...]
Vous n’êtes point venus pour donner un vain spectacle à la capitale et à la France… Votre mission est de sauver l’État. Assurons enfin le maintien de la Constitution : non pas de cette Constitution qui prodigue à la cour la substance du peuple ; qui remet entre les mains du roi des trésors immenses et un énorme pouvoir ; mais principalement et avant tout, de celle qui garantit la souveraineté et les droits de la nation. Demandons la fidèle exécution des lois ; non pas de celles qui ne savent que protéger les grands scélérats et assassiner le peuple dans les formes ; mais de celles qui protègent la liberté et le patriotisme contre le machiavélisme, et contre la tyrannie[60]. »

Au lendemain des célébrations du 14 juillet, Robespierre intervint aux Jacobins pour défendre le séjour des fédérés dans la capitale jusqu'à ce que la patrie eût cessé d'être en danger, demandant aux patriotes parisiens de partager avec eux leur logement et leur table[61]. Quant aux fédérés, qu'il appelait à se méfier des « émissaires et complices de la Cour » et à défendre légalement la constitution[62], il les engageait à écrire à leurs concitoyens afin de leur décrire les dangers qui menaçaient la patrie et les inviter à se joindre à eux[61]. Plutôt que de prendre clairement position en faveur de l'insurrection, il demanda la rédaction de pétitions ; lui-même rédigea celle du 17 juillet, qui demandait principalement la mise en accusation de La Fayette et de ses complices, le licenciement de l'état-major de l'armée, la destitution et la punition des directoires de départements contre-révolutionnaires coalisés avec la cour contre la liberté[63] — une trentaine sur 83 selon Jean Massin[64]. Concernant la déchéance du roi, elle affirmait : « Représentans (sic), nous dire que la nation est en danger, c’est nous dire qu’il faut qu’elle soit sauvée, c’est l’appeler à votre secours ; si elle ne peut l’être par ses représentants (sic), il faut qu’elle le soit par elle-même. [...] Enfin, faites du pouvoir exécutif ce que le salut de l’État et la constitution même exigent, dans les cas où la nation est trahie par le pouvoir exécutif[65]. » Selon Gérard Walter, cette phrase prêtait aisément à équivoque et n'appelait pas expressément à la déchéance du roi. Il précise d'ailleurs qu'un membre de la députation, de son propre chef ou de manière concertée, déclara, en lieu et place de la version de Robespierre, publiée dans le numéro 10 du Défenseur de la Constitution : « Pères de la patrie ! Suspendez provisoirement le pouvoir exécutif dans la personne du roi ; le salut de l'État l'exige et vous commande cette mesure[66] ». De son côté, Ernest Hamel, qui signale également l'incident, juge que, « quant à la personne du roi », le texte de la pétition ne s'expliquait pas « bien nettement à son égard[67] ». Pour Jean Massin, « le texte rédigé par Robespierre disait le maximum possible dans les limites de la prudence et de la légalité. Mais à la barre de l'Assemblée, l'orateur de la députation des fédérés [jugea] préférable de remplacer cette phrase bien pesée par une autre plus claire et plus brutale[64] ». En ce qui concerne Albert Mathiez, selon lequel Robespierre rédigea les pétitions de plus en plus menaçantes que les fédérés présentèrent coup sur coup à l'Assemblée[68], il est évident, à ses yeux, que celle du 17 juillet réclamait la déchéance. Quoi qu'il en soit, Robespierre témoignait, à travers ce texte, de son souci de trouver une solution légale à la crise constitutionnelle, en laissant aux députés le soin de se prononcer, conformément à la constitution, qui prévoyait au chapitre II, section première, plusieurs circonstances aboutissant à « l'abdication expresse ou légale du roi », notamment l'article 6, qui explique que, « si le roi se met à la tête d'une armée et en dirige les forces contre la nation, ou s'il ne s'oppose pas par un acte formel à une telle entreprise, qui s'exécuterait en son nom, il sera censé avoir abdiqué la royauté[69]. »

Portrait de La Fayette, lieutenant-général, en 1791, par Joseph-Désiré Court.

En réponse aux pétitions, l'Assemblée vota le 23 juillet, sur proposition de Brissot, la création d'une commission chargée d'examiner quels étaient les actes pouvant entraîner une déchéance, ainsi que la rédaction d'une adresse au peuple le prévenant contre « les mesures inconstitutionnelles et impolitiques ». Deux jours plus tard, le 25, Brissot menaçait les républicains du glaive de la loi : « Si ce parti de régicides existe, s’il existe des hommes qui tendent à établir à présent la République sur les débris de la Constitution, le glaive de la loi doit frapper sur eux comme sur les amis actifs des deux Chambres et sur les contre-révolutionnaires de Coblentz[63]. » À la suite de son adresse aux fédérés du 11 juillet, le ministre de la justice avait dénoncé Robespierre à l'accusateur public, mesure révélée aux Jacobins lors de la séance du 16 juillet[61] mais demeurée sans effet[70]. À travers ces discours, à leur tour, les Girondins menaçaient ouvertement Robespierre[71]. Hostile à l'Assemblée, dont il était persuadé de la trahison, celui-ci répliqua, dans un discours aux Jacobins, le 29 juillet, en demandant, non seulement la suspension, mais la déchéance, et, au-delà, l'élection d'une convention nationale, ainsi que le renouvellement des directoires de département, des tribunaux et des fonctionnaires publics, l'épuration des états-majors et la constitution d'un nouveau gouvernement[72] :

« Le chef du pouvoir exécutif a-t-il été fidèle à la nation ? Il faut le conserver. L’a-t-il trahie ? Il faut le destituer. L’Assemblée nationale ne veut point prononcer la déchéance ; et si on le suppose coupable, l’Assemblée nationale est elle-même complice de ses attentats, elle est aussi incapable que lui de sauver l’État. Dans ce cas, il faut donc régénérer à la fois, et le pouvoir exécutif et la législature. [...] Que tous les Français domiciliés dans l’arrondissement de chaque assemblée primaire, depuis un tems assez considérable, pour déterminer le domicile, tel que celui d’un an, soit admis à y voter ; que tous les citoyens soient éligibles à tous les emplois sans autre privilège, que celui des vertus et des talens (sic). Par cette seule disposition, vous soutenez, vous ranimez le patriotisme et l’énergie du peuple ; vous multipliez à l’infini les ressources de la patrie ; vous anéantissez l’influence de l’aristocratie et de l’intrigue ; et vous préparez une véritable Convention nationale ; la seule légitime, la seule complète, que la France aurait jamais vue[73]. »

Prise du palais des Tuileries le 10 août 1792, peinture à l'huile de Jean Duplessis-Bertaux en 1793 (Musée national du Château de Versailles et des Trianons).

Le même jour, il écrivit un article enthousiaste pour accueillir l'arrivée des 500 hommes du bataillon des Marseillais, emmenés par Barbaroux, avec lesquels il aurait pris contact, selon Gérard Walter, pour élaborer un plan d'action[74].

À cette époque, les Girondins venaient de fonder le club de la Réunion. Lors de la séance du 30 juillet, après avoir pris connaissance du discours de Robespierre, Isnard et Brissot s'engagèrent l'un et l'autre à demander à l'Assemblée un décret d'accusation à l'encontre de Robespierre et de son ami Anthoine, qui avait défendu les mêmes doctrines, afin qu'ils soient traduits devant la cour d'Orléans[75].

Le 1er août, la révélation de ces faits provoqua une vive émotion parmi les Jacobins. Méprisant ces tentatives, Robespierre revint sur son intervention du 29 juillet pour demander, cette fois, la convocation d'« une convention nationale, dont les membres seront élus directement par les assemblées primaires, et ne pourront être choisis parmi ceux de l’assemblée constituante ni de la première législature[76] », ce qui l'excluait des personnes éligibles[77]. Le 7 août, Pétion vint visiter Robespierre pour lui demander d'user de son influence auprès du directoire insurrectionnel[78] pour différer l'insurrection, afin de laisser le loisir à l'Assemblée d'étudier la question de la déchéance du roi, ce que Robespierre aurait d'abord agréé. Toutefois, lorsqu'il apprit, le lendemain, l'absolution de La Fayette, jugeant que cette décision correspondait à un défi, il y renonça. Le 9 août, dans une lettre à Couthon, alors en cure, il écrivit : « La fermentation est au comble, et tout semble présager la plus grande commotion à Paris. Nous sommes arrivés au dénouement du drame constitutionnel. La Révolution va reprendre un cours plus rapide, si elle ne s'abîme dans le despotisme militaire et dictatorial[79] ».

La Prise des Tuileries (10 août 1792), toile de Henri-Paul Motte (salon de 1892).

La question du rôle de Robespierre lors de l'insurrection du 10 août a donné lieu à des discussions. Dans un texte adressé à Pétion, l'Incorruptible affirma lui-même avoir « été presque aussi étranger que [lui] aux glorieux événemens (sic) » de cette journée[80]. De leur côté, ses adversaires prétendirent qu'il s'était tenu caché chez son hôte, les volets clos, Vergniaud allant jusqu'à affirmer, dans un discours, en avril 1793, qu'il s'était terré dans sa cave[81],[82]. Albert Mathiez, au contraire, affirma qu'il était le principal inspirateur de la journée[83]. Outre les discours prononcés avant l'insurrection et les pétitions de sa main, qui réclamaient la déchéance du roi et l'élection d'une Convention nationale, il en veut pour preuve que, « sous son impulsion, les Fédérés » avaient nommé « un directoire secret où figurait son ami Anthoine » et que « ce directoire se réunit parfois dans la maison du menuisier Duplay où il logeait, comme Anthoine[84]. » De même, pour Ernest Hamel, le rôle de Robespierre dans cette journée était indéniable, non seulement dans la préparation des esprits, mais également, supposait-il, durant la nuit qui précéda l'insurrection. Si « Robespierre ne figura pas au cabaret du Soleil-d'Or avec les principaux moteurs d'insurrection qui bientôt allaient entraîner les masses populaires à l'assaut des Tuileries », avec son discours du 29 juillet, « il fit mieux, il mena les idées au combat, et, gardien jaloux des principes décrétés en 1789, il chercha, avant tout, à empêcher la Révolution d'aboutir à la dictature ou à l'anarchie ». Partisan d'un changement constitutionnel, il fut également, dès son discours du 29 juillet, selon lui, un partisan déclaré de l'insurrection puisque, dans son souci de sauver l'État coûte que coûte, il affirmait : « Il n'y a d'inconstitutionnel que ce qui tend à sa ruine[85] ». Aux yeux de Jean Massin, de même, si Robespierre n'avait pas participé à l'insurrection, pas plus que Marat ou Danton, c'est qu'il n'avait « aucun des dons requis pour diriger sur place une manifestation populaire, moins encore une insurrection » et qu'il en était conscient. Mais « c'est lui qui avait vu le mieux et le plus tôt la nécessité de donner la parole au peuple. C'est lui qui avait vu le plus fortement la nécessité d'unir, dans un même mouvement, fédérés et sectionnaires pour transformer une émeute parisienne en une révolution nationale. C'est lui surtout qui avait clairement défini les buts que devait s'assigner le mouvement pour ne pas être inutile. En tous ces sens, la victoire populaire du Dix-Août était sa victoire : si sa main ne l'avait pas dirigée, son cerveau l'avait rendue possible[86] ».

Depuis, les biographes de Robespierre, dans leur ensemble, ont plutôt eu tendance à minorer son rôle dans l'insurrection. Ainsi, Gérard Walter considère que Robespierre était plutôt partisan d'une solution légale et considérait l'insurrection avec scepticisme[62], tandis qu'aux yeux de Max Gallo, Robespierre était trop légaliste pour prendre le parti de participer à une insurrection[87]. De l'avis de Jean-Paul Bertaud, également, Aulard et Mathiez se sont trompés en reprenant la thèse royaliste d'un complot jacobin à l'origine du 10 août, pour mettre en valeur le rôle supposé, l'un de Danton, l'autre de Robespierre ; l'Incorruptible était pour lui « dans la nuit du 9 au 10 en retrait », de même que l'ensemble des tribuns révolutionnaires et, si les Jacobins avaient participé au mouvement, ce n'avait jamais été pour le précipiter[88].

Auteur hostile à Robespierre, Patrice Gueniffey va même, quant à lui, jusqu'à penser qu'en homme de 1789, même s'il désapprouvait le suffrage censitaire, Robespierre aurait jugé que la révolution était faite, que les bases constitutionnelles étaient pures et que seules les machinations des factions compromettaient le rétablissement « de la paix et de l'union ». À l'en croire, « Robespierre avait embrassé le projet de Barnave » en défendant la paix et la constitution contre leurs menées, ce qui aurait dû entamer son crédit politique puisqu'il s'opposait ainsi « à tout supplément de révolution », « mais avec plus d'intelligence », ce qui lui permit d'être « l'un des principaux bénéficiaires de l'insurrection du 10 août 1792[89] ».

La Commune de Paris face à la Législative

Le 10 août, dans l'après-midi, il se rendit à l'assemblée de sa section, la section de la place Vendôme, qui le nomma, le lendemain, son représentant à la Commune insurrectionnelle, puis aux Jacobins, où il esquissa, dans un discours, les mesures urgentes à prendre : le peuple ne devait pas se démobiliser, mais exiger la convocation d'une Convention nationale, La Fayette devait être déclaré traître à la patrie, la Commune devait envoyer des commissaires dans tous les départements pour leur expliquer la situation, les sections devaient abolir la distinction entre « citoyens actifs » et « citoyens passifs » et créer des sociétés populaires, afin de faire connaître la volonté du peuple à ses représentants. Pour Gérard Walter, « son souci primordial a été de discipliner le mouvement déclenché, de lui enlever son caractère chaotique et, au moyen d'une tactique ferme et intelligente, d'obtenir que le sacrifice fourni porte des fruits. » Par ailleurs, il note qu'aucune de ses recommandations ne fut négligée par la Commune[90].

Le 12 août, en fin d'après-midi, Robespierre parut à la barre de l'Assemblée, où il obtint la reconnaissance de la Commune insurrectionnelle, menacée le matin même par le vote d'un décret ordonnant la formation d'un nouveau directoire de département sur les mêmes bases que l'ancien. Par ailleurs, devant la décision de l'Assemblée, le 11 août, de créer une cour martiale pour juger les Suisses capturés lors de l'assaut du château des Tuileries, il rédigea, au nom de la Commune, une adresse demandant le jugement de tous les « traîtres » et « conspirateurs », en premier lieu La Fayette, qu'il vint présenter le 15 août, à la tête d'une délégation, devant les députés, très rétifs devant un « tribunal inquisitorial » (selon Choudieu) et attentatoire aux libertés (selon Thuriot). Le principe était une cour populaire chargée de juger les « traîtres et conspirateurs du 10 août », mais Brissot, chargé du rapport, fit échouer le projet, recommandant le maintien du tribunal criminel ordinaire, auquel il proposa d'adjoindre un jury supplémentaire composé de représentants des sections parisiennes et de supprimer le recours en cassation « pour accélérer la procédure ». Une seconde délégation du Conseil général de la Commune, dont Robespierre était absent, le 17 août, vint protester contre cette décision. Après l'intervention des membres du jury nommés conformément au décret du 15 août, l'Assemblée décréta finalement la création d'un tribunal criminel extraordinaire, plus connu sous le nom de « tribunal du 17 août », dont on nomma les juges dans la nuit. Le nom de Robespierre venant en tête de la liste, Robespierre aurait dû en prendre la présidence, mais il la refusa. « Je ne pouvais être le juge de ceux dont j'ai été l'adversaire » devait-il expliquer par la suite[91]. Toutefois, selon Gérard Walter, son absence contribua à saboter l'action du tribunal, dont la mauvaise volonté à juger les causes fut, pour Albert Mathiez[92] et Gérard Walter[93], à l'origine des massacres de Septembre. De son côté, Roger Dupuy considère que l'opinion, sous la double emprise de la peur et d'une volonté de vengeance inassouvie après les morts du 10 août, s'exaspérait de l'impuissance du tribunal, qui non seulement ne condamnait à mort qu'à compte-gouttes, mais encore acquittait des prévenus faute de preuves[94].

Selon Pétion, alors maire de Paris, Robespierre avait pris « de l'ascendant dans le Conseil » et « entraînait sa majorité ». Si, entre le 23 et le 29 août, il participa surtout aux séances pré-électorales de sa section, constituée en assemblée primaire, le 30 août, le 1er et le 2 septembre, il joua, selon Gérard Walter, un rôle directeur au Conseil général de la Commune. En effet, lors de la séance du 1er septembre, s'étant vu confier l'avant-veille, 30 août, la rédaction d'une adresse aux 48 sections de la capitale, il prononça un discours dans lequel il s'opposait au décret de la Législative sommant la Commune de se démettre au profit des membres de l'ancien corps municipal et dénonçait les manœuvres des Girondins contre la municipalité issue du 10 août[95]. Pour lui, le maintien des anciens administrateurs devait être laissé à l'appréciation des sections, dans le cadre d'un scrutin épuratoire qui déterminerait lesquels devaient être conservés dans leurs fonctions. Toutefois, selon Ernest Hamel, il proposa également à la Commune de remettre au peuple « le pouvoir que le conseil général a reçu de lui », c'est-à-dire d'organiser de nouvelles élections, proposition finalement rejetée, sur l'intervention de Manuel[96].

Le 27 août, l'assemblée générale de la section de la place Vendôme, constituée la veille en assemblée primaire, élut « à l'unanimité des suffrages » Robespierre pour son président, charge qu'il occupa le temps des opérations électorales du 28 au 31 août[97]. Puis, le 28, il fut élu « à l'unanimité des suffrages, moins un », premier électeur par sa section[98]. L'assemblée électorale se tint à l'Évêché du 2 au 19 septembre et l'élut dès le 5 septembre, au premier tour de scrutin, premier député de Paris, par 338 voix sur 525[99],[100]. Le 2 septembre, il avait également été élu premier député du Pas-de-Calais, dès le premier tour de scrutin, par 412 voix sur 721 votants, mais il opta pour la capitale[101].

À partir de la huitième séance, le 9 septembre, l'Assemblée électorale résolut de discuter les candidats. Robespierre participa à la discussion, sans jamais citer aucun nom, mais, de l'avis de Louvet comme de Michelet et de Gérard Walter, il contribua, grâce à son influence, à l'élection de Marat, contre le savant Priestley, présenté par les Girondins – ce dont il se défendit lui-même et qu'Hamel réfute[102],[103]. De même, selon Walter, il favorisa l'élection de Panis et Robert, contre Tallien[104]. Enfin, la considération des électeurs à son égard valut, « sans nul doute » selon Ernest Hamel[105], à son frère cadet, Augustin, d'être élu député de Paris.

La Convention girondine

Robespierre, avec son chien danois Brount (qu'il avait ramené de son voyage en Artois en 1791), Danton, et Marat, peinture d'Alfred Loudet (1882).
Article détaillé : Convention girondine.

À l’origine de la Convention nationale, élue au suffrage universel, Robespierre était l'une des principales figures de la Montagne avec Danton et Marat.

D'emblée, les Girondins attaquèrent les députés de Paris, et en premier lieu Robespierre, accusés d'aspirer à la dictature, en s'appuyant sur les écrits de Marat. Après Lasource et Osselin, les marseillais Rebecqui et Barbaroux lancèrent le 25 septembre une première offensive, au cours de laquelle le second signala que, lors de la prise de contact qu'ils auraient eu avec le bataillon des Marseillais, lors de leur arrivée à Paris, les amis de Robespierre leur aurait offert, après l'accomplissement de l'insurrection, d'investir l'Incorruptible d'un pouvoir dictatorial, ce qui semblait s'accorder avec les appels de Marat à l'installation d'un dictateur. Toutefois, s'il revendiqua sa proposition, Marat affirma que Danton et Robespierre l'avaient l'un et l'autre rejetée[106],[107],[108].

Durant le mois d'octobre, Robespierre se tint éloigné de la tribune, peut-être malade, et n'intervint que le 28 octobre, devant les Jacobins, pour témoigner de son pessimisme : « Ôtez le mot de République, je ne vois rien de changé. Je vois partout les mêmes vices, les mêmes calculs, les mêmes moyens, et surtout la même calomnie. » Le lendemain, Roland, après avoir présenté un tableau de la situation de Paris, demanda à lire les pièces justificatives de son mémoire, parmi lesquels se trouvait une lettre qui laissait entendre que Robespierre aurait préparé une liste de proscription[109]. Monté à la tribune pour se défendre, l'Incorruptible fut interrompu par Louvet, qui profita de l'occasion pour prononcer le réquisitoire qu'il préparait depuis des semaines. Dans ce discours, où il passait en revue toute l'activité de Robespierre depuis le début des discussions sur la guerre, il reprochait à Robespierre d'avoir longtemps calomnié « les plus purs patriotes », y compris pendant les massacres de Septembre, d'avoir « méconnu, avili, persécuté les représentants de la nation et fait méconnaître et avilir leur autorité », de s'être offert « comme un objet d'idolâtrie », d'avoir imposé sa volonté sur l'assemblée électorale du département de Paris « par tous les moyens d'intrigue et d'effroi », enfin, d'avoir « évidemment marché au suprême pouvoir[110] ». Ayant obtenu un délai de huit jours, Robespierre répliqua, le 5 novembre, par un discours qui réduisit au silence ses adversaires en démontrant l'inconsistance des accusations de Louvet et en justifiant les mesures du conseil général de la Commune à partir du 10 août[111],[112]. À travers ce discours, dans lequel Robespierre répondit à Louvet : « Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution ? », les Montagnards, accusés par Brissotins et Rolandins « de soutenir les sans-culottes et de cautionner » les massacres de Septembre, finissaient « par les revendiquer », selon Jean-Clément Martin[113].

Article détaillé : Procès de Louis XVI.

Le lendemain, Valazé présenta son rapport sur « l'affaire Louis Capet », suivi les trois jours suivants par cinq autres orateurs, dont Saint-Just, l'abbé Grégoire et Robert. Robespierre, lui, demeura silencieux, peut-être malade, comme le laissent penser les Mémoires de sa sœur, selon Gérard Walter. Durant le mois de novembre, tandis que les débats sur le procès diminuaient, le peuple était confronté à une pénurie des subsistances, et des troubles éclatèrent dans de nombreux départements. Considérant que les Girondins cherchaient à sauver Louis XVI pour le rétablir sur le trône, il intervint lors de la séance du 30 novembre, afin de ramener en avant la question du procès. Puis, comme l'Assemblée menaçait de traîner en longueur sur des questions légales, il prononça un nouveau discours, le 3 décembre, dans lequel il expliqua qu'il n'y avait « pas de procès à faire », que la journée du 10 août avait déjà réglé la question et que Louis XVI devait être immédiatement déclaré traître à la nation française. La Convention rejeta cet avis, de même que celui de Saint-Just, qui demandait la mise hors-la loi du roi, mais l'acquittement devenait invraisemblable[114],[115].

Maximilien Robespierre par Jean Urbain Guérin.

En réaction, le girondin Salles proposa le 27 décembre de renvoyer le procès devant les assemblées primaires. Le 15 janvier 1793, l'« appel au peuple » fut rejeté par la Convention par 424 voix contre 283. Le lendemain, la peine capitale fut votée par 366 voix contre 355, puis, après des réclamations, par 361 voix contre 360[116].

En revanche, quand, le 21 janvier, après l'assassinat de son ami Lepeletier de Saint-Fargeau, Basire demanda la peine de mort contre quiconque recèlerait le meurtrier, il s'y opposa, jugeant la motion « contraire à tous les principes », alors que la Convention devait « effacer [du] code pénal la peine de mort[117] ».

Dans les semaines qui suivirent, alors qu'une offensive était lancée sur l'Escaut pour déborder les Provinces-Unies, se constituait une coalition antifrançaise. Le 23 février afin de reconstituer l’armée, dégarnie après le départ des volontaires de 1792, la Convention décrète une levée de 300 000 hommes, et 82 représentants furent envoyés dans les départements pour hâter l'opération ; pour se débarrasser d'une partie de leurs adversaires, les Girondins favorisèrent dans de nombreux cas la nomination de Montagnards, et ce jusqu'en juin, permettant ainsi à ceux-ci d'entrer en contact avec les armées et les autorités locales et de resserrer leurs liens avec les sociétés populaires[118]. De même, lors des séances du 9 au 11 mars, fut créé, sur la demande de Cambacérès et de Danton et suivant le projet de Lindet, un tribunal révolutionnaire chargé de punir les « conspirateurs » et les « contre-révolutionnaires » (dont Robespierre demanda, le 11, une plus stricte définition, afin que les révolutionnaires ne pussent être compris dans les poursuites, ce qui fut adopté suivant la rédaction, moins restrictive, proposée par Isnard)[119],[120]. Cependant, des troubles éclataient dans plusieurs départements de l'Est et en Vendée, ce qui amena la Convention à décréter, le 18 mars, sur proposition de Duhem et de Charlier, la peine de mort dans les vingt-quatre heures pour toute personne convaincue d'émigration, puis, le 19, sur un rapport de Cambacérès, la mise hors-la-loi de tout individu « prévenu d'avoir pris part à quelque émeute contre-révolutionnaire et arboré la cocarde blanche ou tout autre signe de rébellion[121] ». C'est dans ce contexte que se situe l'affaire Dumouriez.

L'attitude de Robespierre à l'égard du général fut d'abord circonspecte. Dans le débat qui eut lieu le 10 mars devant la Convention, au cours duquel furent lus quelques lettres rassurantes de Dumouriez et le rapport de Lacroix et Danton, qui rendaient compte de leur mission auprès des armées (où ils avaient été commis afin d'évaluer le rôle des officiers dans les échecs) en louant le patriotisme du général, il jugea, pour sa part, que « son intérêt personnel, l'intérêt de sa gloire même », l'attachait au succès des armées françaises. Toutefois, selon Gérard Walter[122], le général avait alors conçu le projet d'établir Louis XVII sur le trône, avec Marie-Antoinette comme régente et lui-même comme « protecteur du royaume » en se servant de ses succès militaires. Mais ces projets furent anéantis par la bataille de Neerwinden, le 18 mars. À la nouvelle de cette défaite, une commission de salut public de 25 membres, réunissant des députés de toutes les tendances, fut instituée le 25 mars en lieu et place du comité de défense générale ; Robespierre accepta d'en faire partie[123]. Toutefois, quand, le 26 mars, le ministre de la Guerre, Beurnonville, transmit au comité, réuni en séance commune avec le Conseil exécutif, une lettre dans laquelle le général proposait de retirer ses troupes de Belgique et d'adopter à l'avenir une stratégie uniquement défensive, Robespierre s'opposa à Danton, qui l'ayant rencontré le 15 mars (trois jours après la lecture d'une lettre à la Convention dans laquelle il rendait l'agitation des Jacobins et des sans-culottes responsable des défaites), avait présenté sa défense, et exigea sa destitution immédiate, le jugeant indigne de la confiance de la nation et dangereux pour la liberté, mais il ne fut pas suivi. Mandé à la barre de la Convention le 30 après une seconde lettre hostile aux « anarchistes » et une tentative, le 27, d'entraîner son armée sur la capitale, le général fit arrêter les quatre commissaires envoyés par l'Assemblée, dont le ministre de la Guerre, et tenta vainement de convaincre ses troupes de se retourner contre la République[118], ce qui lui valut d'être déclaré traître à la patrie le 3 avril 1793[124].

Or, la veille, Brissot avait inséré dans son journal un éloge de Dumouriez. Compromis dans les manigances de Dumouriez, Danton avait subi les attaques de la Gironde, auxquelles il avait répondu le 1er avril en leur retournant l'accusation[125]. Quand, le soir du 3 avril, Robespierre dénonça l'incapacité du comité de défense générale, la vive réaction des Girondins l'amena à présenter les différents éléments qui, à ses yeux, établissaient leur complicité avec Dumouriez[126]. Le 5 et le 6 avril, sur la demande des Montagnards, la commission de salut public fut remplacée par le comité de salut public, dominé par Danton, Barère et Cambon, puis il fut décidé, le 9 avril, d'envoyer des représentants en mission aux armées[127].

Depuis janvier, une lutte opposait, au sein des sections parisiennes et provinciales, les modérés, parfois proches des Girondins, et les radicaux, sensibles aux revendications des Enragés, qui, dans un contexte d'effondrement de l'assignat, d'inflation, de vie chère, de récession et de travail rare, réclamaient la taxation, la réquisition des denrées, des secours publics aux pauvres et aux familles de volontaires, le cours forcé de l'assignat et l'instauration d'une Terreur légale contre les accapareurs et les suspects. Dès le 1er avril, à l'annonce de la trahison de Dumouriez, Varlet avait fondé à l'Évêché un comité central révolutionnaire, dit le comité de l'Évêché, tandis que Jacques Roux provoquait la formation d'une assemblée générale des comités de surveillance de Paris, qui obtint le soutien de la Commune et de son procureur, Chaumette, mais entra en concurrence avec le comité[118]. Le 4 avril, au lendemain de la dénonciation de Robespierre, la section de la Halle-aux-Blés rédigea un projet d'adresse à la Convention demandant un décret d'accusation contre « les députés coupables », ainsi qu'une loi contre les accapareurs, la destitution des officiers nobles et l'épuration de l'administration[128]. Le 8 avril, lors de la séance du soir, une députation de la section de Bon-Conseil vint demander un décret d'accusation contre les chefs girondins et obtint, sur la demande de Marat, les honneurs de la séance. Le 10 avril, Pétion ouvrit les débats de la séance du matin en dénonçant, en termes très vifs, le projet d'adresse de la section de la Halle-aux-Blés, pourtant conçu, selon Hamel, dans le même esprit que celle de la section de Bon-Conseil, et demanda le renvoi devant le tribunal révolutionnaire de son président et de son secrétaire. À sa suite, Guadet détourna l'accusation de complicité avec Dumouriez, selon Hamel, contre « les acolytes d'Égalité, c'est-à-dire, dans sa pensée, les Danton, les Marat ». En réponse, Robespierre réitéra son accusation à l'encontre des Girondins dans un long réquisitoire qui situait la trahison du général dans le cadre d'une plus vaste conspiration et auquel Vergniaud répondit aussitôt[129]. Le 11, Vergniaud fut suivi dans cette voie par Pétion et Guadet, qui, profitant de l'absence de nombreux Montagnards, envoyés en mission en province, retourna l'accusation de conspiration en faveur d'Orléans contre Robespierre, Danton et la Montagne et demanda la mise en accusation de Marat, accusé d'avoir initié et signé une adresse des Jacobins aux départements accusant la Convention de renfermer la contre-révolution dans son sein – le décret d'accusation fut voté le lendemain sur un rapport du comité de législation[130],[131].

Au terme de la séance du 10, Robespierre se rendit aux Jacobins, où il résuma son réquisitoire et critiqua le projet d'adresse de la section de la Halle-aux-Blés, dont les excès de langage, à ses yeux, produisaient « des effets terribles dans les départements ». En lieu et place, il demanda que des assemblées extraordinaires fussent convoquées dans toutes les sections « pour délibérer sur les moyens de dénoncer à la France entière la trame criminelle des traîtres ». Cette démarche aboutit, le 15 avril, à la présentation, par 35 des 48 sections révolutionnaires de Paris, d'une adresse au ton modéré mais qui comportait une liste de 22 « mandataires coupables du crime de félonie envers le peuple souverain », destinée à tous les départements pour demander leur accord, afin de contraindre les députés visés à se retirer de l'Assemblée. Cette pétition, qui donnait à cette épuration la forme d'une consultation nationale, fut rejetée par la Convention, ce qui, après l'acquittement de Marat devant le tribunal révolutionnaire[132], le déclenchement de la guerre de Vendée et le soulèvement de Lyon, favorisa le développement d'une atmosphère de crise dans la capitale. Devant cette situation, la Gironde obtint le 18 mai de la Convention la création d'une Commission extraordinaire des Douze destinée à briser la Commune, qui soutenait le mouvement[133],[134].

Absent du 14 au 23 mai, peut-être malade, Robespierre intervint, malgré sa faiblesse physique, devant les Jacobins le 26, lui qui jusque-là avait prêché le calme et la modération contre les Enragés et les Exagérés, avec l'espoir d'emporter la lutte sur le terrain parlementaire, pour inviter « le peuple à se mettre dans la Convention nationale en insurrection contre les députés corrompus ». Après avoir tenté en vain d'obtenir la parole devant la Convention le lendemain, il prononça un discours, le 28, pour dénoncer les Girondins, mais, interrompu par Barbaroux et trop faible pour faire face, il quitta la tribune en invitant « les républicains » à replonger les Brissotins « dans l'abîme de la honte ». Épuisé par ses efforts, il intervint une dernière fois aux Jacobins le 29 pour exhorter la Commune à prendre la direction du mouvement insurrectionnel, se déclarant lui-même incapable, « consumé par une fièvre lente », de « prescrire au peuple les moyens de se sauver[135] ».

Le 31 mai, il demeura silencieux jusqu'à ce que fût proposée la mise aux voix du rapport que Barère avait présenté au nom du comité de salut public, dans lequel il se bornait à demander la suppression de la commission des Douze. Jugeant les mesures proposées insuffisantes, il intervint à la tribune pour s'opposer à la constitution d'une force armée chargée de protéger la Convention et demander « le décret d'accusation contre tous les complices de Dumouriez et contre tous ceux qui ont été désignés par les pétitionnaires ». Toutefois, la Convention se prononça en faveur du projet de Barère. Le 2 juin, elle finit par céder, sous la menace des canons d'Hanriot[136].

La Convention montagnarde

Dès le 3 juin, Robespierre revendiqua le rôle des Jacobins qui avaient contribué à l'organisation et au succès de l'insurrection face aux Enragés et Exagérés avec l'appui, selon Patrice Gueniffey, des militants des sections qui « n'entendaient nullement déposer les armes sans avoir recueilli tout le bénéfice de leur victoire[137] », ou encore de la droite qui conservait de solides positions à la Convention (où dominait jusque parmi les Montagnards une volonté de conciliation). Maximilien de Robespierre déclara dans ce contexte : « Il faut que nous nous emparions des comités et que nous passions des nuits à faire de bonnes lois ». Or, le 6 juin, Barère présenta au nom du comité de salut public un rapport demandant la dissolution de l'ensemble des comités révolutionnaires créés à l'occasion de la crise de mai, l'expulsion de tous les étrangers suspects, l'élection d'un nouveau commandant général de la garde nationale et l'envoi dans les départements dont les députés avaient été décrétés d'arrestation un nombre égal de députés comme otages — Danton appuya cette dernière proposition, Couthon et Saint-Just s'offrant eux-mêmes comme otages. Quand la discussion s'engagea, le 8 juin, Robespierre se prononça contre ce rapport, hormis sur la question d'une loi sur les étrangers, qu'il voulait plus sévère, et obtint son retrait ; Hanriot fut confirmé dans ses fonctions, et les comités révolutionnaires purent poursuivre leur action[138],[139],[140],[141].

Après l'adoption de la loi du 3 juin 1793 sur le mode de vente des biens des émigrés, qui stipulait que les lots seraient divisés en petite parcelle, avec un délai de paiement de dix ans, pour favoriser les paysans pauvres, et de celle du 10 juin sur le partage, facultatif, des biens communaux, à part égale, par tête d'habitant (et non par propriétaire) et au tirage au sort, et avant la loi du 17 juillet sur l'abolition complète et sans indemnité (au contraire du la nuit du 4 août 1789) des droits féodaux, Hérault de Séchelles présenta un projet de constitution auquel avaient contribué Couthon et Saint-Just et qui fixait un projet de démocratie politique[142]. Robespierre avait lui-même présenté, le 24 avril, un projet de déclaration des droits (précédé par un discours sur la propriété), prolongé le 10 mai par un discours sur la constitution future[143],[144], dont l'influence sur le projet final a fait l'objet de discussions[145],[146]. Son discours sur la propriété et sa déclaration entendaient limiter le droit de propriété, face au projet de constitution girondine, par « l'obligation de respecter les droits d'autrui » et de ne « préjudicier ni à la la sûreté, ni à la liberté, ni à l'existence, ni à la propriété de nos semblables », l'établissement d'une fiscalité redistributive et progressive ainsi que d'une fraternité et citoyenneté universelles[147].

Engagé le 11 juin, le débat aboutit le 23 juin à l'adoption du projet[148]. Le dernier jour, une partie des députés de droite étant restés assis sur leurs bancs lors du vote de la déclaration des droits, Robespierre s'opposa aux députés qui, comme Billaud-Varenne, réclamaient l'appel nominal, afin que la France entière connût lesquels de ses représentants « s'étaient opposés à son bonheur ». Il affirma à cette occasion : « J'aime à me persuader que, s'ils ne se sont pas levés avec nous, c'est plutôt parce qu'ils sont paralytiques que mauvais citoyens[149] ».

Dans le même temps, selon Gérard Walter, il œuvra pour favoriser la position de Couthon, Saint-Just et Jeanbon Saint-André, qui avaient été adjoints au comité de salut public le 31 mai et que l'historien qualifie de « robespierristes », et pour éliminer Danton, qui aurait cessé de lui inspirer confiance depuis l'affaire Dumouriez, notamment dans son discours aux Jacobins du 8 juillet. Le 10 juillet, la Convention procéda au renouvellement du comité. Tandis que les trois adjoints faisaient leur entrée comme membres, Danton n'était pas réélu. Puis, le 26 juillet, Gasparin démissionna, et Robespierre, sur proposition de Jeanbon Saint-André, fut élu à sa place le lendemain, bien qu'il assistât à la séance du Comité le jour même. Il était courant que les députés pressentis pour faire partie du comité assistent à ses séances. Ainsi Carnot et Prieur de la Côte-d'Or, qui furent appelés le 14 août, assistèrent, le premier, à la séance du 11, le second, à celles des 4, 5, 6, 7 et 12 août[150].

Robespierre participa d'abord principalement aux délibérations sur la question militaire, à une époque où les défaites se succédaient. Devant la détresse de la situation, Barère proposa l'entrée de techniciens capables de dresser un plan d'opérations; Carnot, alors en mission dans le Nord, et Prieur de la Côte-d'Or furent appelés à siéger le 14 août[151],[152]. Inquiet, selon Jules Michelet et Gérard Walter, de cette arrivée qui pouvait préfigurer la constitution d'une coalition avec Thuriot, Barère et Hérault de Séchelles, Robespierre déclara le soir même aux Jacobins : « Appelé contre mon inclination au Comité de Salut public, j'y ai vu des choses que je n'aurais osé soupçonner. J'y ai vu d'un côté des membres patriotes qui cherchaient en vain le bien de leur pays, et de l'autre, des traîtres qui tramaient au sein même du Comité contre les intérêts du peuple[153] ». Au contraire, pour Ernest Hamel, il n'y avait alors encore aucune divergence d'opinion entre Robespierre et Carnot, avec lequel il avait été lié d'amitié à Arras, et les paroles prononcées aux Jacobins le soir du 11 août[154], qui ont pu selon lui être infidèlement rapportées, ne l'empêchèrent pas, le 25 septembre, de demander à la Convention de déclarer que le comité avait bien mérité de la patrie[155].

Robespierre et la Terreur

« Dédicace » de Robespierre dans un dictionnaire de 1770, datée du 3 brumaire an II.
Article détaillé : Terreur (Révolution française).

Le rôle joué par Robespierre au sein du Comité de salut public et son influence réelle sur le gouvernement révolutionnaire font débat. Si maints historiens estiment qu'il disposait d'un ascendant réel, le considérant comme le « maître » du comité de salut public, de la Terreur, de la révolution ou de la France[156],[157], plusieurs autres contestent l'idée qu'il y ait exercé une quelconque prépondérance et jugent qu'au contraire, il fit l'objet de vives contestations parmi ses collègues[158],[159]. Toutefois, il fut présenté par les thermidoriens – qu'il s'agisse des membres des anciens comités (Barère, Collot d'Herbois, Billaud-Varenne, Vadier et Amar) ou des anciens représentants en mission qu'il avait voulu dénoncer (Fouché, Tallien, Rovère, Louchet, etc.) – comme l’âme de la « dictature jacobine », imposant un régime de terreur. En décrivant la Terreur comme la dictature d'un seul, « bouc émissaire abattu », les Conventionnels espéraient prouver devant l'opinion « leur non-responsabilité, peut-être même leur innocence, voire leur état de victime et rendre alors justifiable et peut-être logique leur volte-face[160] ». Si les mesures d’exception étaient jugées indispensables pour sauver la République gravement menacée à l’intérieur par plusieurs soulèvements (insurrection en Vendée, insurrections fédéralistes, notamment soulèvement de Lyon) et à l’extérieur par la menace militaire (guerre contre les monarchies européennes coalisées), on n'a jamais prouvé la responsabilité de Robespierre dans les dérives et les atrocités de la répression en Vendée, à Lyon, dans le Midi, dans le Nord et à Paris, certains historiens, comme Albert Mathiez ou Jean-Clément Martin jugeant même qu'à ses yeux, la répression ne devait frapper que les vrais coupables, et non les comparses, et se réduire au strict nécessaire[161]. Ainsi, selon Mathiez, quand Jullien de Paris, envoyé en mission par le comité de salut public dans les départements maritimes, l'alerta sur le comportement de Carrier à Nantes[162] et de Tallien à Bordeaux, il demanda leur rappel, de même qu'il réclama celui de Barras et de Fréron, en mission dans le Midi, de Rovère et Poultier, qui organisaient dans la Vaucluse les bandes noires pour s'emparer des biens nationaux, de Le Bon, dénoncé pour ses exactions en Artois, et de Fouché, responsable des mitraillades à Lyon. Selon le témoignage de sa sœur Charlotte, lorsque ce dernier vint le voir à son retour de Lyon, Robespierre lui « demanda compte du sang qu'il avait fait couler et lui reprocha sa conduite avec une telle énergie d'expression que Fouché était pâle et tremblant. Il balbutia quelques excuses et rejeta les mesures prises sur la gravité des circonstances. Robespierre lui répondit que rien ne pouvait justifier les cruautés dont il s'était rendu coupable, que Lyon, il est vrai, avait été en insurrection contre la Convention nationale, mais que ce n'était pas une raison pour faire mitrailler en masse des ennemis désarmés »[163]. Il est néanmoins vrai de dire que Robespierre, considéré par de nombreux historiens comme le principal théoricien de la Terreur[164], participa à l'instauration d'un gouvernement révolutionnaire fondé à la fois sur les principes de vertu et de terreur, selon ses propres termes.

Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, portrait à l'huile de Henri-Frédéric Schopin (collection Château de Versailles).

Certains députés comme Laurent Lecointre ont relativisé dès l'an III la responsabilité de Maximilien Robespierre dans la Terreur. De même, sous le Directoire, Reubell a confié à Carnot : « Je n'ai jamais eu qu'un reproche à faire à Robespierre, c'est d'avoir été trop doux[165]. » Par la suite, d'autres acteurs ou témoins, comme Napoléon Bonaparte, ont critiqué la thèse thermidorienne selon laquelle Robespierre était l'inspirateur de la Terreur puisque le phénomène avait cessé avec sa mort : « Robespierre, disait Napoléon en présence de Gourgaud et de Mme de Montholon, a été culbuté parce qu'il voulait devenir modérateur et arrêter la Révolution. Cambacérès m'a raconté que, la veille de sa mort, il avait prononcé un magnifique discours qui n'avait jamais été imprimé. Billaud et d'autres terroristes, voyant qu'il faiblissait et qu'il ferait infailliblement tomber leurs têtes, se liguèrent contre lui et excitèrent les honnêtes gens soi-disant, à renverser le "tyran", mais en réalité pour prendre sa place et faire régner la terreur de plus belle[166] ». De même, selon Las Cases, il le pensait « le vrai bouc émissaire de la révolution, immolé dès qu'il avait voulu entreprendre de l'arrêter dans sa course [...]. Ils (les terroristes) ont tout jeté sur Robespierre ; mais celui-ci leur répondait, avant de périr, qu'il était étranger aux dernières exécutions ; que, depuis six semaines, il n'avait pas paru aux comités. Napoléon confessait qu'à l'armée de Nice, il avait vu de longues lettres de lui à son frère, blâmant les horreurs des commissaires conventionnels qui perdaient, disait-il, la révolution par leur tyrannie et leurs atrocités, etc., etc. Cambacérès, qui doit être une autorité sur cette époque, observait l'Empereur, avait répondu à l'interpellation qu'il lui adressait un jour sur la condamnation de Robespierre, par ces paroles remarquables : "Sire, cela a été un procès jugé, mais non plaidé." Ajoutant que Robespierre avait plus de suite et de conception qu'on ne pensait ; qu'après avoir renversé les factions effrénées qu'il avait eues à combattre, son intention avait été le retour à l'ordre et à la modération[167] ». Il n'empêche, Robespierre est entré dans la légende noire car cette thèse commode et infondée historiquement a trouvé une utilité auprès de quelques grands dictateurs des temps modernes qui se sont réclamés, et de Robespierre et de la terreur comme une nécessité (les « sévérités nécessaires » pour assurer le « salut public »)[168].

En fait, Robespierre n'avait ni les moyens ni le tempérament d'un dictateur et, selon des témoignages rarement mis en avant, il s'est opposé à un grand nombre de mesures de terreur – ou « terroristes » selon la terminologie du temps – que Barère, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne, membres comme lui du Comité de salut public, cherchaient, pour des raisons diverses, à faire prévaloir. Il était hostile à l'autonomie grandissante, en l'an II, du Comité de sûreté générale qui, par le passé, s'était déjà discrédité[n 1]. Or, le Comité de sûreté générale, entièrement sous l'influence de Barère, de Collot d'Herbois et de Billaud-Varenne, en liaison étroite avec le Tribunal révolutionnaire, notamment ses juges et son accusateur public, fut le principal instrument de la Terreur puisque, plus que toute autre autorité, il a lancé la très grande majorité des mandats d'arrêt[169].

Le conventionnel Rouzet, englobé dans la proscription des députés emprisonnés comme complices des Girondins, expliqua comment il survécut grâce à Robespierre : « Ce fut lui, écrit-il, qui le 3 octobre 1793, empêcha que les soixante-treize (députés girondins) mis en arrestation fussent aussi accusés, malgré la demande, entre autres par Nicolas Osselin (...) Ce fut Robespierre qui repoussa les sanguinaires aboiements d'Hébert dans sa feuille du père Duchêne, et les hurlements, entre autres, de Dufourny à la tribune des Jacobins, tous également impatients de faire de ces (73) prévenus une hécatombe[170] ». Le même député rappela aussi que « Robespierre condamna l'absurde brutalité que déployait Hébert dans la procédure contre Marie-Antoinette. Il s'exaspéra tellement à ce sujet que, dans la violence de ses gestes, il brisa son assiette[171] ».

Le Vieux cordelier de Camille Desmoulins, n° 3, 15 décembre 1793.

Parmi les « soixante-treize », d'ailleurs, plusieurs ont écrit à Robespierre pour le remercier de les avoir sauvés, comme les députés Hecquet, Queinnec, Ruault, Saint-Prix, Delamarre, Blad et Vincent le 29 nivôse (18 janvier 1794)[172], ou pour lui demander de proposer une amnistie générale, comme Faure, député de Seine-Inférieure, le 19 prairial (7 juin 1794), veille de la fête de l'Être suprême[173] et Girault, député des Côtes-du-Nord, enfermé à la prison de la Force, le 26 prairial (14 juin 1794)[174].

De la même façon, le 20 messidor (8 juillet 1794), un ancien constituant qui a assisté aux mitraillades de Lyon et a été victime de la répression, écrivit à Robespierre, pour lui exprimer la joie qu'il éprouva en apprenant, par un ami sûr de retour de Paris, qu'il a blâmé la conduite de Collot d'Herbois dans cette ville[175].

Le 30 frimaire an II (3 décembre 1793), Robespierre proposa devant la Convention l'institution d'un comité de justice, qui allait dans le sens du « comité de clémence » réclamé par Camille Desmoulins dans le quatrième numéro du Vieux Cordelier (20 décembre), pour rechercher et élargir les patriotes injustement détenus. Toutefois, cette proposition fut rejetée le 6 nivôse (26 décembre), après un débat confus, devant l'opposition du Comité de sûreté générale, jaloux de ses prérogatives, et de Billaud-Varenne[176]. Aux Jacobins, lors de la séance du 29 ventôse (19 mars 1794), il s'opposa à la discussion sur les signataires des pétitions royalistes dites des 8 000 et des 20 000[177]. De même, il tenta en vain de sauver Madame Élisabeth, s'opposant ainsi à Hébert le 1er frimaire (21 novembre 1793) qui demandait notamment aux Jacobins « qu'on poursuive l'extinction de la race de Capet[178] », et, d'après le témoignage du libraire Maret, rapporté par le royaliste Beaulieu[179], affirma, après son exécution en mai 1794  : « Je vous garantis, mon cher Maret, que, loin d'être l'auteur de la mort de Madame Élisabeth, j'ai voulu la sauver. C'est ce scélérat de Collot d'Herbois qui me l'a arrachée. » Il tenta de la même façon de sauver l'ancien constituant Thouret, que l'on avait compromis dans la soi-disant conspiration des prisons, et, seul, refusa de signer le mandat d'arrestation[180].

Dans une brochure publiée au début de la Restauration, Ève-Demaillot[n 2], un agent du Comité de salut public, nommé en mai 1794 commissaire dans le Loiret, affirma y avoir été envoyé par Robespierre afin d'élargir les suspects arrêtés sur l'ordre de Léonard Bourdon, qui furent presque tous délivrés, et parmi eux « l'abbé Le Duc[181], fils naturel de Louis XV, prêt à aller à l'échafaud, [qui] dut la vie à Robespierre[182] ».

Enfin, le 9-Thermidor, Billaud-Varenne reprocha à Robespierre son indulgence, expliquant : « La première fois que je dénonçai Danton au Comité, Robespierre se leva comme un furieux, en disant qu'il voyait mes intentions, que je voulais perdre les meilleurs patriotes[183] ».

Or, pour le publicite royaliste Beaulieu, « il reste pour constant que les plus grandes violences depuis le commencement de l'année 1794, ont été provoquées par ceux-là mêmes qui ont écrasé Robespierre. Uniquement occupés, dans nos prisons, à rechercher dans les discours qu'on prononçait, soit aux Jacobins soit à la Convention, quels étaient les hommes qui nous laissaient quelque espoir, nous y voyions que tout ce qu'on disait était désolant, mais que Robespierre paraissait encore le moins outré[184] ».

La lutte contre les factions

Mandat d'arrêt de Danton et de ses amis par le Comité de Salut public, le 30 mars 1794 (Archives Nationales, Paris).

Fin 1793, la majorité des Conventionnels continua à soutenir le Comité de salut public qui obtint ses premières victoires militaires, mais les luttes pour le pouvoir entre révolutionnaires s’exacerbèrent, dans un contexte de crise économique aggravée par la loi sur le maximum général. Ceux qui voulurent arrêter la Terreur, jugée inutile et dangereuse, autour de Danton et de Desmoulins, reçurent le surnom d’Indulgents. Ceux qui entendirent la radicaliser et l’étendre aux pays voisins, autour des dirigeants du club des Cordeliers, Hébert, rédacteur du Père Duchesne, le journal des sans-culottes, Vincent, secrétaire général du ministère de la Guerre, Ronsin, chef de l’armée révolutionnaire parisienne, avec l’appui de Commune, reçurent celui d’Enragés ou de Cordeliers (les historiens leur donneront après coup celui d’Hébertistes).

De la fin de novembre au milieu de janvier, il se forma comme un axe Robespierre-Danton pour combattre la montée des Hébertistes et la déchristianisation qui se déchaîna en novembre. Il semble que Danton ait espéré détacher Robespierre de la gauche du Comité (Billaud-Varennes, Collot et Barère) et partager avec lui les responsabilités gouvernementales. Les amis de Danton attaquèrent les leaders hébertistes avec l’approbation tacite de Robespierre et firent décréter d’arrestation par la Convention, le 17 décembre, Ronsin et Vincent, sans même en référer aux Comités. Cette offensive fut appuyée par le nouveau journal de Camille Desmoulins, Le Vieux Cordelier, qui obtint un grand succès. En même temps, les Indulgents passèrent à l’offensive : le 15 décembre, le Vieux Cordelier s’en prit à la loi contre les suspects.

Robespierre mit fin aux espoirs d’alliance de Danton le 25 décembre, après le retour de Collot de Lyon, accouru pour défendre les Hébertistes, et impliqua les deux factions adverses dans un même complot : « Le Gouvernement révolutionnaire doit voguer entre deux écueils, la faiblesse et la témérité, le modérantisme et l’excès ; le modérantisme qui est à la modération ce que l’impuissance est à la chasteté ; et l’excès qui ressemble à l’énergie comme l’hydropisie à la santé[185]. » À égale distance des factions, il condamna ceux qui voudraient voir la révolution rebondir ou rétrograder. Stratégie politique efficace qui lui donna une position de juge moral et d’arbitre et lui permettra de renforcer son contrôle du pouvoir et d’éliminer ses opposants.

Les deux factions se combattirent en vain pendant deux mois. À la fin de l’hiver, la situation économique catastrophique (attroupements devant les boutiques, pillages, violences) précipita le dénouement. Les Hébertistes tentèrent une insurrection qui, mal préparée, non suivie par la Commune, échoua. Le Comité fit arrêter les dirigeants cordeliers dans la nuit du 13 au 14 mars. La technique de l’amalgame permit de mêler à Hébert, Ronsin, Vincent et Momoro des réfugiés étrangers Cloots, Proli, Pereira, afin de les présenter comme des complices du « complot de l’étranger ». Tous furent exécutés le 24 mars sans que les sans-culottes ne bougent.

Le lendemain de l’arrestation des Hébertistes, Danton et ses amis reprirent l’offensive. Le numéro 7 du Vieux Cordelier, qui ne parut pas, réclamait le renouvellement du Comité et une paix aussi rapide que possible. Ce numéro, contrairement aux précédents, attaquait frontalement Robespierre, à qui il reprochait son discours prononcé aux jacobins contre les Anglais, le 11 pluviôse anII (30 janvier 1794 : vouloir, comme autrefois Brissot avec l'Europe continentale, municipaliser l'Angleterre. Mais Robespierre disposait contre les chefs des Indulgents d’une arme efficace, le scandale politico-financier de la liquidation de la Compagnie des Indes, dans lequel furent impliqués des amis de Danton. Le 30 mars, le Comité ordonna l’arrestation de Danton, Delacroix, Desmoulins et Philippeaux. Comme pour les Hébertistes, on amalgama aux accusés politiques des prévaricateurs et des affairistes, étrangers de surcroît, pour rattacher les accusés à la « conspiration de l’étranger ». Le procès, ouvert le 2 avril, fut un procès politique, jugé d’avance. Danton et ses amis furent guillotinés le 5 avril. Pour les Hébertistes comme pour les Dantonistes, ce fut Saint-Just qui se charga du rapport d’accusation devant la Convention, en utilisant et en corrigeant pour les Dantonistes les notes de Robespierre.

La question coloniale

Après s'être opposé à la reconnaissance constitutionnelle de l'esclavage, proposée par Barère le 13 mai 1791, et au refus du droit de vote aux affranchis, présenté par Reubell le 15 mai suivant[34], Robespierre dénonça encore, le 24 septembre 1791, les concessions faites aux tenants du statu quo colonial, emmenés par le triumvirat et Moreau de Saint-Méry.

Alors que la régression feuillante de l'été 1791 parvenait à son aboutissement, les triumvirs réussirent à faire révoquer le décret du 15 mai 1791 relatif à l'état politique des gens de couleur dans les colonies, qui n'admettait pourtant que « les gens de couleur nés de père et de mère libres [...] dans toutes les assemblées paroissiales et coloniales futures », à condition qu'ils aient « les qualités requises ». Aussi, quand les Girondins firent voter à l'Assemblée législative un décret accordant — cette fois-ci définitivement — l'égalité des droits politiques entre les hommes de couleur et noirs libres et les colons blancs, le 28 mars et le 4 avril 1792, Robespierre leur en rendit grâce « au nom de l'Humanité » dans le n° 3 du Défenseur de la constitution, le 31 mai[186]. En avril 1793, lorsqu'il rédigea son projet de déclaration des droits de l'homme, il associa, à la partie relative à un projet de limitation de la propriété privée, la suppression de la traite et de l'esclavage des Noirs, aussi scandaleux à ses yeux que la royauté et l'aristocratie terrienne. Peu après, le 4 juin 1793, à la Convention, une source découverte récemment (une affiche du mulâtre martiniquais Julien Labuissonnière) indique que Robespierre et Jeanbon Saint-André ont au côté de « l'abbé Grégoire » (point précis que l'on connaissait) « tonné du sommet de la Montagne », pour faire passer par pétition l'abolition de l'esclavage réclamée par Anaxagoras Chaumette[187].

En ce qui concerne les positions de Robespierre sur la question coloniale en l'an II, que Georges Hardy affirmait inexistantes dans les papiers de la commission Courtois[188], on y a récemment découvert des traces, ainsi que dans d'autres pièces d'archives. On avait pourtant l'impression, soulignée par des thermidoriens de gauche, qu'il était devenu hostile à l'abolition de l'esclavage en raison d'une phrase, d'inspiration colonialiste, prononcée contre les Girondins le 27 brumaire an II (17 novembre 1793) :

« C'est ainsi que la même faction qui en France voulait réduire tous les pauvres à la condition d'Hilotes et soumettre le peuple à l'aristocratie des riches, voulait en un instant affranchir et armer tous les nègres pour détruire nos colonies[189]. »

Jean Poperen en déduisait, sans en donner d'explication, « que la position de Robespierre sur la libération des Noirs depuis sa polémique avec Barnave semble avoir évolué »[190]. Par ailleurs, il n'existe aucune trace publique de ses positions sur le décret du 16 pluviôse an II (4 février 1794) proclamant l'abolition de l'esclavage des Noirs dans toutes les colonies et qui aurait dû logiquement l'enthousiasmer. En privé, il existe une allusion négative à ce décret dans les notes de Robespierre contre les Dantonistes : il y reproche à Danton et Delacroix d'avoir « fait passer un décret dont le résultat le plus vraisemblable sera la perte des colonies »[191]. Mais le recoupement des papiers saisis par la commission Courtois avec les polémiques thermidoriennes laisse à penser que la première phrase, par ses motifs, au contraire, n'altère en rien les opinions coloniales égalitaires qu'il avait exprimées en mai-septembre 1791, mai 1792 et avril 1793 ; en novembre 1793, il était influencé par Janvier Littée, un député de la Martinique mulâtre (donc bénéficiaire de la loi égalitaire du 4 avril 1792, que Robespierre avait louée, on s'en souvient) et esclavagiste. Or, au contraire, les papiers de la Commission Courtois montrent qu'en messidor an II (juillet 1794), quelques semaines avant sa mort, Robespierre, par l'intermédiaire de son bureau de police et de l'agent Claude Guérin, surveillait ce député et ses accointances avec deux intrigants de Saint-Domingue, Page et Brulley, en prison depuis le 17 ventôse an II (7 mars 1794)[192]. Les mêmes papiers signalent que dans sa correspondance avec Robespierre, son agent Jullien de Paris, alors en mission avec Prieur de la Marne, lui avait, en janvier 1794, annoncé l'arrivée prochaine à Paris de trois députés de Saint-Domingue — un blanc, Louis Dufay, un mulâtre, Jean-Baptiste Mills, et un noir, Jean-Baptiste Belley, élus dans la colonie après l'abolition de l'esclavage par Sonthonax en août 1793 ; après l'arrestation de deux d'entre eux (Dufay et Mills) sur dénonciation des commissaires esclavagistes Page et de Brulley auprès du Comité de sûreté générale (notamment Amar qui recevait souvent depuis septembre 1793 les deux intrigants). Les trois députés furent libérés par le Comité de salut public après intervention de Belley et intégrés à la Convention, à la Montagne et au club des Jacobins. Après leur entretien avec Belley, les membres du Comité de salut public présents à Paris (Robert Lindet excepté, très proche de Page et de Brulley) qui qualifièrent les Blancs de Saint-Domingue de « princes colons » et assimilèrent les noirs de Saint-Domingue aux sans-culottes des colonies[193]. En avril 1794, Dufay, Mills et Belley écrivirent au Comité de salut public une lettre précisant leurs requêtes quant aux modalités d'arrestation de Sonthonax et de Polverel et à l'exécution de l'abolition de l'esclavage (en tant que proches de la Gironde) : évincer de la commission le créole Simondes, proche de Page et de Brulley. Robespierre co-signa un arrêté exécutant la première injonction[194]. Par ailleurs, le 6 thermidor an II (24 juillet 1794), il eut une assez violente altercation publique au club des jacobins avec le député créole des Mascareignes, Benoît-Louis Gouly, esclavagiste camouflé. Il n'y était pas question de l'oppression des Noirs mais de grossières flagorneries que ce député suspect aurait formulées à l'égard de Robespierre à propos d'une conspiration que ce dernier dénonçait. Mais, à contre-courant de la mode thermidorienne, Jean-Baptiste Belley instrumentalisa en l'an III, dans ses réponses aux insultes écrites négrophobes de Gouly, la réaction de Robespierre[195]. Quant à la deuxième phrase écrite en privé pendant la crise des factions, elle peut aussi lui avoir été influencée par Janvier Littée, mais elle fut de toute façon supprimée par Saint-Just quand il mit au propre les notes de son ami contre les Dantonistes pour son réquisitoire du 11 germinal an II (31 mars 1794), sans que leurs relations n'en fussent troublées. Saint-Just, qui connaissait d'ailleurs Page et Brulley pour s'être souvent entretenu avec eux, n'en signa pas moins avec Collot d'Herbois, au nom du Comité de salut public, l'ordre d'arrestation des deux colons sur requête de la députation de Saint-Domingue, le 17 ventôse an II (7 mars 1794)[196].

L'Être suprême

Fête de l’Être suprême au Champ de Mars, le 20 prairial an II (8 juin 1794), toile de Pierre-Antoine Demachy en 1794 (Musée Carnavalet, Paris).

Robespierre n'a jamais caché sa foi, commune à l'époque, en un Être suprême. Dès le 26 mars 1792, aux Jacobins, Guadet lui avait fait un crime d'invoquer la Providence — les Girondins ne lui pardonnaient pas d'être le principal opposant à leur projet guerrier. Loin de se dérober, il assuma[197] :

« La superstition, il est vrai, est un des appuis du despotisme, mais ce n’est point induire les citoyens dans la superstition que de prononcer le nom de la divinité, j’abhorre autant que personne toutes ces sectes impies qui se sont répandues dans l’univers pour favoriser l’ambition, le fanatisme et toutes les passions, en se couvrant du pouvoir secret de l’éternel qui a créé la nature et l’humanité, mais je suis bien loin de la confondre avec ces imbéciles dont le despotisme s’est armé. Je soutiens, moi, ces éternels principes sur lesquels s’étaie la faiblesse humaine pour s’élancer à la vertu. Ce n’est point un vain langage dans ma bouche, pas plus que dans celle de tous les hommes illustres qui n’en avaient pas moins de morale pour croire à l’existence de dieu. Oui, invoquer le nom de la providence et émettre une idée de l’être éternel qui influe essentiellement sur les destins des nations, qui me paraît à moi veiller d’une manière toute particulière sur la révolution française, n’est point une idée trop hasardée, mais un sentiment de mon cœur, un sentiment qui m’est nécessaire ; comment ne me serait-il pas nécessaire à moi qui, livré dans l’assemblée constituante à toutes les passions, à toutes les viles intrigues, et environné de tant d’ennemis nombreux, me suis soutenu. Seul avec mon âme, comment aurais-je pu soutenir des travaux qui sont au-dessus de la force humaine, si je n’avais point élevé mon âme. Sans trop approfondir cette idée encourageante, ce sentiment divin m’a bien dédommagé de tous les avantages offerts à ceux qui voulaient trahir le peuple[198]. »

Rien d'étonnant qu'il se soit jeté en travers de la vague déchristianisatrice à l'automne 1793. Les 21 et 28 novembre, aux Jacobins, il dénonça la déchristianisation comme une manœuvre contre-révolutionnaire[199].

Déjà, le 27 octobre, le Comité (Collot-d'Herbois, Robespierre, Carnot et Billaud-Varenne) avait écrit à André Dumont, représentant dans la Somme et l'Oise : « Il nous a paru que dans vos dernières opérations vous avez frappé trop violemment sur les objets du culte catholique. Une partie de la France, et surtout du Midi, est encore fanatisée. Il faut bien se garder de fournir aux contre-révolutionnaires hypocrites, qui cherchent à allumer la guerre civile, aucun prétexte qui semble justifier leurs calomnies[200]. » Tout est dans cette lettre. La déchristianisation violente allait non seulement à l'encontre du principe de liberté des cultes mais risquait d'allumer partout de nouvelles Vendée. Les représentants en mission signalèrent des incidents à Mantes, Versailles, Corbeil, dans plus de 50 communes aux alentours de Coulommiers, à Rouen, à Meymac (en Corrèze, où 3 à 4 000 hommes s’insurgèrent le 10 décembre), à Poitiers, Metz, Tulle, La Charité, Périgueux, Montpellier, Troyes, Sézanne (dans la Marne), Château-du-Loir (dans la Sarthe), Dourdan (près de Versailles), à Dole et dans tout le Jura, à Argent et dans le Cher, en Haute-Vienne, dans le Gers, la Nièvre, dans l’Eure-et-Loir, en Ariège, en Seine-et-Oise, dans le Gard, l’Aveyron, la Lozère, les Ardennes, le Mont-Blancetc.[201]. Le risque d'embrasement était réel.

Le 6 décembre, Robespierre entraîna la Convention à défendre « toutes violences ou menaces contraires à la liberté des cultes », sans du reste « improuver ce qui a été fait jusqu'à ce jour en vertu des arrêtés des représentants du peuple »[202],[203].

Le 16 décembre, de Cassel, Hentz et Florent-Guiot, représentants à l'armée du Nord, écrivirent au Comité : « Robespierre a sauvé ce pays-ci ; ses inquiétudes étaient fondées. Il résultera pourtant un bien de tout cela ; c’est que le fanatisme est anéanti, non par les actes de violence commis, puisque nous les réparons, mais par la lâcheté de plusieurs prêtres, qui venaient d’eux-mêmes abdiquer, les uns pressés par la peur de la guillotine, les autres parce qu’ils étaient les scélérats moteurs du mouvement contre-révolutionnaire qu’on avait médité. Nous apportons de la consolation au peuple, et il nous bénit ; mais surtout attachons-nous à lui montrer que ce n’est que des faux patriotes qui, de concert avec Pitt et Cobourg, ont dirigé l’incartade sur les prêtres[204]. »

Ceci étant, la déchristianisation n'était pas un mouvement athée. Le culte de la Raison, qui l'accompagnait, n'était rien moins que le culte de l'Être suprême[197]. Le 30 novembre, lors d'une fête de la Raison, à Paris, dans l'église Saint-Roch, l'orateur déclara : « Ils sont renversés ces autels, où, pendant dix-huit cents années, on insulta l’être suprême, la raison et l’humanité[205]. » Nombre de lettres de représentants en mission attestent le même sentiment. Un seul exemple suffira, celui de Cavaignac et Dartigoeyte, ardents déchristianisateurs, qui, le 9 novembre (donc bien avant la prise de position de Robespierre), de Auch, avaient envoyé à la Convention les déclarations de plusieurs prêtres, dont celle de Michel Ribet, professeur de philosophie, qui renonçait à ses fonctions, reconnaissant « que tout ce que les prêtres enseignent, excepté l’amour d’un Être suprême et celui du prochain, n’est qu’un tissu d’erreur[206]. » Ce n'est donc pas parce que la déchristianisation (ou le culte de la Raison) était un mouvement athée que Robespierre s'opposa à elle, mais parce qu'elle pouvait être perçue comme tel (Robespierre lui-même semble l'avoir perçue ainsi), ce qui, dans une Europe croyante, permettait de traiter les révolutionnaires de « Sans-Dieu » et de dresser contre eux tous les croyants. Sa position était essentiellement politique.

Vue du jardin national et des décorations, le jour de la fête célébrée en l’honneur de l’Être suprême (Musée Carnavalet, Paris).

Mais la déchristianisation, ayant entraîné le 5 octobre l'adoption du calendrier républicain posait un autre problème, celui du remplacement des semaines de 7 jours par 3 décades de 10 jours, et donc le remplacement du dimanche par le décadi. Le 12 janvier, d'Auch, Dartigoeyte écrivit au Comité : « Le peuple avance chaque jour vers la raison et la morale publique. C’est à la marche sagement révolutionnaire du gouvernement que l’on doit ces succès. Une bigarrure existe cependant encore entre les prêtres déprêtrisés et les non-déprêtrisés ; cela forme l’objet d’une jalousie de commune à commune ; c’est même un moyen de fanatisme, qu’il faudrait peut-être extirper en décrétant que chaque citoyen payerait son ministre. Si l’on accordait une somme suffisante pour la célébration des fêtes décadaires, nous verrions bientôt le peuple oublier le dimanche et se façonner aux usages républicains. Le jour du décadi n’a pas d’attrait dans les campagnes, faute de quelques fonds pour payer des instruments, etc. C’est à vous, citoyens collègues, d’apprécier ces observations, que j’ai cru devoir vous soumettre[207]. » Cette lettre était la première d'une longue série. Nombre de représentants signalèrent la nécessité de meubler le décadi et d'organiser les fêtes décadaires. Le 13 janvier, alors que la lettre de Dartigoeyte n'était pas encore arrivée, Musset et Delacroix, à Versailles, écrivirent au Comité : « Pressez le Comité d’instruction publique d’organiser promptement l’éducation nationale, l’instruction publique, les fêtes. L’édifice judaïque que la raison ébranle achèvera bientôt de s’écrouler, si vous savez le remplacer. Mais il ne faut pas perdre de temps ; car, surtout dans les campagnes, l’intervalle peut devenir terrible[208]. »

Le comité d'instruction publique s'était déjà saisi du dossier. Dès le 10 janvier (21 nivôse), il avait adopté, sur un rapport du député Mathieu (de l'Oise), qu’« il y aura des fêtes révolutionnaires qui perpétueront les événements les plus remarquables de la Révolution », disposition déjà adoptée en principe le 2 janvier (13 nivôse)[209],[197]. Le 22 janvier (3 pluviôse), Mathieu fit un rapport au comité d’instruction publique sur les fêtes décadaires[210],[197]. Le 27 février (9 ventôse), le comité d'instruction publique distribua aux députés de la Convention un projet de fêtes décadaires préparé par Mathieu (de l'Oise), dont l'article 5 portait : « Ces fêtes, instituées sous les auspices de l’Être-suprême, auront pour objet de réunir tous les citoyens, de leur retracer les droits et les devoirs de l’homme en société, de leur faire chérir la nature et toutes les vertus sociales[211]. » Le 31 mars (11 germinal), le comité d'instruction publique autorisa Matthieu à se concerter avec le comité de salut public au sujet de ce plan. Le 6 avril (17 germinal), Couthon annonça à la Convention que le Comité de salut public lui présenterait sous peu de jours « un projet de fêtes décadaires dédiées à l’Éternel, dont les Hébertistes n’ont pas ôté au peuple l’idée consolante ». Et le 7 mai (18 floréal), Robespierre fit son fameux rapport sur les idées religieuses et morales qui, pour finir, reprenait dans les grandes lignes, en le simplifiant, le projet de Matthieu (de l'Oise) sur les fêtes décadaires. L'article premier portait : « Le peuple français reconnaît l’existence de l’être suprême, et l’immortalité de l’âme », les articles 6, 7 et 15 :

« La République française célèbrera tous les ans les fêtes du 14 juillet 1789, du 10 août 1792, du 21 janvier 1793, du 31 mai 1793. Elle célèbrera, aux jours des décadis, les fêtes dont l’énumération suit : À l’Être suprême et à la Nature – Au Genre humain – Au Peuple français – Aux Bienfaiteurs de l’humanité – Aux Martyrs de la liberté – À la Liberté et à l’Egalité – À la République – À la Liberté du Monde – À l’amour de la Patrie – À la haine des Tyrans et des Traîtres – À la Vérité – À la Justice – À la Pudeur – À la Gloire et à l’Immortalité – À l’Amitié – À la Frugalité – Au Courage – À la Bonne foi – À l’Héroïsme – Au Désintéressement – Au Stoïcisme – À l’Amour – À la Foi conjugale – À l’Amour paternel – À la Tendresse maternelle – À la Piété filiale – À l’Enfance – À la Jeunesse – À l’Âge viril – À la Vieillesse – Au Malheur – À l’Agriculture – À l’Industrie – À nos Ayeux – À la Postérité – Au Bonheur. Il sera célébré le 20 prairial prochain (8 juin) une fête nationale en l’honneur de l’Être suprême[212]. »

Ce rapport, diffusé par le comité de salut public à des centaines de milliers d'exemplaires[n 3], fut accueilli dans toute la France avec un enthousiasme inimaginable. La Convention croula sous les félicitations. Rares furent cependant les félicitations adressées directement à Robespierre qui, à cette occasion, avait été l'organe du comité de salut public, lequel, pour tous, était lui-même l'organe de la Convention. Néanmoins, quatre jours avant la fête de l'Être suprême, prévue le 20 prairial (8 juin), celle-ci l'élut à l'unanimité à sa présidence, ce qui l'amena à présider la fête.

On parle souvent de « culte de l'Être suprême », comme si le décret du 18 floréal instituait une nouvelle religion, voire un culte de la personnalité. En fait, la fête annuelle de l'Être suprême ne se différenciait guère des fêtes de la Raison, ni dans les discours ni dans les décors ni dans le déroulement[n 4], comme en attestent les tableaux d'époque. Mais le terme « Être suprême » ne prêtait plus à confusion, contrairement à « Raison », ce qui explique sa popularité dans tous les milieux. Cette fête, organisée à Paris par David, fut en effet la plus somptueuse, la plus grandiose de la Révolution. À Paris, qui comptait alors 600 000 âmes, la fête réunit, d'après un contemporain, plus de 400 000 personnes[213]. Ce chiffre paraît improbable ; du moins témoigne-t-il du succès indiscutable de cette fête. L'impression fut si forte que Mallet du Pan, rapporteur pour les Cours étrangères, écrivit : « on crut véritablement que Robespierre allait fermer l’abîme de la Révolution[214] ».

Le seul point noir de cette fête furent les invectives de quelques députés, le dantoniste Lecointre en tête, contre Robespierre qui marchait devant eux en tant que Président de la Convention. Ils le traitèrent notamment de « Pontife ». Ces paroles insignifiantes, noyées dans la foule, mais que Robespierre semble avoir entendu, traversèrent l'histoire et arrivèrent jusqu'aux oreilles de Michelet qui, viscéralement hostile à Robespierre, ne vit plus en lui que le Pontife de l'Être suprême, ne trouvant pas de meilleur moyen pour le discréditer. Aulard reprit à son compte le procédé, inauguré par les Girondins[215]. C'est oublier un peu vite que la croyance en un Être suprême n'était pas une exclusivité de Robespierre, que la fête de l'Être suprême ne fut pas son invention, et que ni cette croyance ni ces fêtes ne disparurent avec lui[197]. Un simple fait le prouve : les déclarations des droits de 1789, 1793 et 1795 sont toutes trois placées sous les auspices de l'Être suprême.

La chute

Article détaillé : Chute de Robespierre.

Deux faux-attentats furent perpétrés contre Robespierre. Le premier est dû au royaliste Henri Admirat qui, le 22 mai 1794, aurait suivi Maximilien de Robespierre et, par suite de hasards, ne réussissant pas à le rencontrer avait déchargé en vain, un ou deux coups de pistolets – les versions divergent – sur Jean-Marie Collot d'Herbois. Il fut arrêté, mis au secret et exécuté sans jamais pouvoir s'expliquer publiquement en compagnie d’un groupe de personnes qu’il ne connaissait pas, mais que l’on accusa d’avoir comploté avec lui.

Scène de l'arrestation des robespierristes à l'Hôtel de Ville, le 10 thermidor. Au centre de l'image, le gendarme Merda tire sur Robespierre. Tableau anonyme (musée Carnavalet).

L'autre, controversé car susceptible d'avoir été l'œuvre du Comité de sûreté générale[216], fut celui prêté à Cécile Renault, jeune fille ordinaire et nullement politisée dans laquelle on a voulu voir une seconde Charlotte Corday, et qui semble avoir été « instrumentée » à son corps défendant[n 5]. Le 23 mai 1794, la jeune fille avait quitté son domicile de l'île de la Cité avec des garnitures destinées à la robe que sa couturière, demeurant rue des Deux-Ponts, lui confectionnait. C'est rue des Deux-Ponts, dans l'île Saint-Louis (loin de chez Robespierre), que Cécile Renault disparut assez mystérieusement pour réapparaître quatre heures plus tard dans les locaux de la police politique, qui a cherché à prouver qu'elle désirait assassiner Robespierre. Selon des procès-verbaux d'interrogatoire signés d'une croix, Cécile Renault aurait avoué s'être rendue chez Robespierre, rue Saint-Honoré. Contrairement à ce qu'indiquent de nombreux auteurs, comme Jean-François Fayard[217] ou Gérard Walter, il n'existe aucune source selon laquelle Éléonore Duplay, la jugeant suspecte, l’aurait empêchée d’entrer et aurait appelé la garde. Emmenée au Comité de sûreté générale, où elle fut interrogée, Cécile Renault ne s'expliqua ni sur ses motivations ni sur l'acte lui-même qui reposait uniquement sur la déclaration d'agents du Comité de sûreté générale et du Tribunal révolutionnaire[218]. Elle fut néanmoins condamnée à mort sans avoir pu s'expliquer publiquement, en même temps que sa famille, qui avait été arrêtée et placée au secret immédiatement après son arrestation.

Au printemps, Robespierre fut la cible de collègues de la Convention, anciens dantonistes comme Bourdon de l'Oise ou envoyés en mission rappelés à Paris comme Fouché et Barras, animés par la crainte ou un esprit de revanche, mais aussi du Comité de sûreté générale, qui lui reprochaient la création du Bureau de police générale – habilité à prononcer des relaxes et destiné à diminuer l'influence du Comité de sûreté générale – et le culte de l'Être suprême.

Enfin, des conflits opposèrent les membres du Comité de salut public. Mis en minorité, du fait de l'absence de plusieurs membres en mission, et ne pouvant compter que sur la fidélité du seul Couthon, Robespierre ne parut plus aux réunions du Comité de salut public après le 23 prairial (11 juin)[219]. C'était le lendemain de la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794) qui avait pourtant été présentée par Couthon. En revanche, il continua d'assister aux séances de la Convention et surtout des jacobins, où il avait de vrais amis et de solides soutiens. Vadier tenta ainsi, le 15 juin, de le compromettre dans l'affaire Catherine Théot, montée de toutes pièces par le Comité de sûreté générale. Or, pour Claude François Beaulieu, à travers cette « conspiration imaginaire », son but était non seulement de déconsidérer Robespierre et le culte de l'Être suprême, mais surtout « l'extermination générale des prêtres, sous la dénomination de fanatiques[220] », et Robespierre défendit « les ecclésiastiques » en s'opposant à lui[221].

Après un long silence et une tentative de conciliation orchestrée par Saint-Just et Barère le 5 thermidor (23 juillet), Robespierre se rendit finalement devant la Convention, où il mit au jour les attaques dont il était victime et proposa de modifier la composition des comités de salut public et de sûreté générale, et de subordonner le second au premier, le 8 thermidor (26 juillet).

D'abord applaudi, ce discours suscita finalement l'inquiétude parmi la Convention, travaillée par les adversaires de Robespierre, qui finirent par obtenir le soutien du Marais, peu soucieux, après la victoire de Fleurus, le 26 juin 1794, de maintenir le gouvernement révolutionnaire et le dirigisme économique.

Le 9-Thermidor an II (27 juillet 1794), Robespierre fut empêché de s’exprimer à la Convention et invectivé de toutes parts quand un des représentants « à mauvaise conscience » Louchet, qui était proche de Fouché, demanda le décret d’accusation contre lui. La proposition fut votée à main levée et Robespierre arrêté en compagnie de Saint-Just et de Couthon. Augustin Robespierre et Le Bas se joignent volontairement à eux et le groupe fut emmené par les gendarmes. Toutefois, aucune prison n'accepta d'enfermer les prisonniers, qui se retrouvèrent libres à l'Hôtel de Ville de Paris. La Commune de Paris avait fait sonner le tocsin et s'apprêtait à l'insurrection, mais Robespierre tergiversa à donner l'ordre du soulèvement. Affolés, les députés votèrent la mise hors-la-loi de celui-ci, ce qui équivalait à une mort sans procès. La nuit avançant et l'ordre d'insurrection ne venant pas, les rangs de la Commune finirent par se clairsemer et, vers deux heures du matin, une troupe dirigée par Barras fit irruption dans l'Hôtel de Ville sans rencontrer beaucoup de résistance.

Lors de cette arrestation mouvementée, Le Bas se suicida et Augustin de Robespierre sauta par la fenêtre et se brisa la jambe. Maximilien, lui, fut gravement blessé à la mâchoire sans que l'on sache précisément si c'était le gendarme Merda qui lui avait tiré dessus ou s'il s'agissait d'une tentative de suicide.

L'exécution

Le lendemain après-midi, les prisonniers furent conduits au Tribunal révolutionnaire où Fouquier-Tinville fit constater l’identité des accusés qui, mis hors-la-loi, ne bénéficiaient pas de défense.

Exécution de Robespierre et de ses partisans, estampe de Prieur (Bibliothèque nationale de France, Paris).

Ainsi Robespierre fut condamné sans procès et guillotiné l'après-midi même du 10 thermidor, sous les acclamations de la foule, en compagnie de vingt et un de ses amis politiques, dont Saint-Just et Couthon ainsi que son frère, Augustin Robespierre. Les vingt-deux têtes furent placées dans un coffre en bois, et les troncs rassemblés sur une charrette. On jeta le tout dans une fosse commune du cimetière des Errancis et l’on répandit de la chaux, afin que le corps du « tyran » Robespierre ne laisse aucune trace. Le lendemain et le surlendemain, 83 partisans de Robespierre furent également guillotinés. En 1840, des partisans de Robespierre fouillèrent le sol du cimetière des Errancis, alors fermé depuis une trentaine d’années, sans découvrir aucun corps.

Sa chute contribua, dans les jours et semaines qui suivirent, à un démantèlement progressif du gouvernement révolutionnaire, emporté par la réaction thermidorienne : adoption, dès le 11 thermidor, du renouvellement par quart tous les mois des comités (les membres étant inéligibles pendant un mois) ; nomination de dantonistes et de modérés au sein des comités de salut public et de sûreté générale ; rattachement, le 1er fructidor (24 août), de chacune des douze commissions exécutives remplaçant depuis le 1er floréal (20 avril) le Conseil exécutif aux douze principaux comités, et non plus au seul comité de salut public, et cantonnement des compétences de ce dernier et du comité de sûreté générale aux domaines de la guerre et de la diplomatie, pour l'un, de la police, pour l'autre (le comité de législation récupérant l'administration intérieure et la justice) ; suppression de la loi de Prairial ; réduction du nombre de comités de surveillance révolutionnaire à un par district en province et douze à Paris (au lieu de quarante-huit), limitation de leurs prérogatives et modification des conditions d'accès dans un sens défavorable au sans-culottes[222]. Ce démantèlement du système de l'an II, et particulièrement de l'appareil répressif n'aboutit pas, cependant, à la mise en accusation de tous ceux qui avaient organisé la Terreur et en avaient largement profité en mettant la main sur les biens des nobles et des banquiers exécutés, ces derniers chargeant Robespierre de tous leurs méfaits et n'hésitant pas à falsifier les documents historiques. Elle conduisit également à la remise en cause de la politique dirigiste, démocratique et sociale pratiquée par ce gouvernement afin de satisfaire le mouvement populaire des sans-culottes[223].

Dès sa chute, tous les Duplay furent emprisonnés, parfois pour des années. Éléonore Duplay ne se maria jamais et vécut le reste de sa vie dans le regret de son grand homme.

Historiographie

À la fin de 1791, Dubois-Crancé donna un portrait assez élogieux de Robespierre dans Le Véritable portrait de nos législateurs, ou galerie des tableaux exposés à la vue du public depuis le 5 mai 1789 jusqu'au 1er octobre 1791, avant leur rupture, qui intervint après la reddition de Lyon[224].

Pierre Louis Roederer : député de Metz à l'Assemblée nationale en 1789, gravure de Franz-Gabriel Fiesinger, d'après une estampe de Jean-Urbain Guérin (Bibliothèque nationale de France).

Après le 9-Thermidor, une commission dirigée par Edme-Bonaventure Courtois fut chargée de donner rapport des papiers saisies chez les robespierristes, afin de donner corps aux accusations de conspiration qui avaient justifié leur mise en accusation. Celui-ci fut distribué aux députés le 28 pluviôse an III (16 février 1794), déclenchant aussitôt une vive polémique, de nombreuses pièces ayant disparu. Des députés s'étaient entendus avec Courtois pour faire disparaître des documents estimés compromettants. Par ailleurs, Courtois avait conservé des papiers, qui furent saisis à son domicile sous la Restauration[225].

Parallèlement, l'ancien constituant Pierre-Louis Roederer fit paraître une mince plaquette, le Portrait de Robespierre, rédigée à la hâte et signée Merlin de Thionville ; le premier, il considérait que le « cas Robespierre » tenait de la pathologie, celui d'un tempérament « mélancolique » devenu « atrabilaire ». En nivôse an III, Galart de Montjoie publia une Histoire de la conjuration de Maximilien Robespierre, biographie mêlant des « révélations » issues de la presse thermidorienne, des racontars issu des Actes des Apôtres et des résumés des comptes rendus parlementaires[226].

En 1795 parut une brochure anonyme intitulée Vita del despota sanguinario della Francia Massimiliano Roberspierre et traduite « du français en italien », sans doute rédigée par un ecclésiastique réfractaire réfugié en Italie. Le récit sur son enfance y était particulièrement fantaisiste, l'apparentant avec Damiens à la suite des Actes des Apôtres[227].

À la même époque parut à Hambourg une brochure, La Vie et les crimes de Robespierre surnommé le Tyran, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, œuvre de l'abbé Proyart signée « M. Le Blond de Neuvéglise, colonel d'infanterie légère ». Si son information n'était pas toujours de première main et si « son authenticité [laissait] souvent à désirer », l'auteur réfutait plusieurs fables imprimées en France et à l'étranger[228].

Jacques Necker, portrait de Joseph Siffred Duplessis (Château de Versailles).

Dans son histoire de la Révolution, Jacques Necker évoqua lui aussi Robespierre, qu'il avait connu au début de sa carrière politique et dont il n'envisageait pas sans amertume le degré d'élévation auquel il était parvenu, supérieur à celui de l'ancien ministre de Louis XVI. Le premier, il fit de Robespierre « l'inventeur de l'exécrable et fameuse journée du 2 septembre ». Dans le même temps, il condamnait les inventions des thermidoriens et des émigrés, qui avaient échoué à percer le mystère de Robespierre. Autre ministre de Louis XVI, Antoine François Bertrand de Molleville s'attacha également à « l'énigme Robespierre » dans son Histoire de la Révolution de France, parue entre l'an IX et l'an XI. Jugeant son rôle « aussi étonnant qu'exécrable », il ne trouva d'autre explication, pour justifier sa brusque élévation, que sa haine à l'égard d'un Ancien Régime qui ne laissait « aucune chance favorable à [son] ambition » et sa lâcheté, qui l'incitait à commettre « les assassinats sans nombre dont il se rendit coupable »[229].

En 1815 parurent trois ouvrages rédigés sous l'Empire mais saisis par la police : l’Histoire de la Révolution de l'abbé Papon, l’Essai historique et critique de la Révolution de Pierre Paganel et les Considérations de Germaine de Staël. Au contraire de leurs prédécesseurs, ces auteurs jugeaient que Robespierre marquerait durablement l'histoire, sa figure émergeant seule de cette période. Insistant également sur ses tendances égalitaires, l'abbé Papon jugeait qu'il se distinguait par « l'austérité et le désintéressement » dont il faisait montre[230].

Dans ses écrits consacrés à la Révolution (Mes réflexions en 1816, le Cours de philosophie positive en 1830-1842, le Système de politique positive en 1851-1854) Auguste Comte décrivit Robespierre comme un personnage au « caractère essentiellement négatif », auquel il reprochait d'avoir promu un « déisme légal », inspiré de Jean-Jacques Rousseau et associé au régime concordataire de Napoléon Ier, et l'opposa au mouvement encyclopédique de Denis Diderot et à Danton. Dans le même temps, il témoigna de son admiration pour la conception du gouvernement révolutionnaire instauré par la Convention. Après sa mort, le positiviste Pierre Laffitte reprit fidèlement cette analyse dans les conférences qu'il donna à la Bibliothèque populaire de Montrouge, résumées dans La Révolution française de Jean François Eugène Robinet, ainsi que dans le cadre des célébrations du centenaire de la Révolution[231].

La première tentative de réhabilitation de Robespierre fut l'œuvre de Guillaume Lallement, auteur anonyme, entre 1818 et 1821, d'une compilation de l'ensemble des discours et rapports des assemblées parlementaires de la Révolution éditée par Alexis Eymery ; le tome XIV, consacré à l'an II, donnait une large place à Robespierre, dont il faisait le portrait en préalable aux événements du 9-Thermidor. Puis, en 1828, Paul-Mathieu Laurent, dit Laurent de l'Ardèche, publia sous le pseudonyme de « Uranelt de Leuze » une Réfutation de l'histoire de France de l'abbé de Montgaillard (parue l'année précédente), ardent panégyrique de Robespierre[232].

À la veille de la révolution de 1830 parurent de faux Mémoires de Robespierre, généralement attribués à Auguste Barbier et Charles Reybaud, mais peut-être commencés par Joseph François Laignelot, qui avait été un intime de Charlotte de Robespierre. Cet écrit témoignait de l'opinion de la génération de 1830 sur Robespierre. Selon l'auteur, l'opinion selon laquelle Robespierre avait pu être un agent de l'étranger était tout à fait discréditée ; son incorruptibilité ne faisait aucun doute ; enfin, son intention, dans les derniers mois de sa vie, était de mettre fin à la Terreur et de purger la Convention de ses membres les plus criminels[233].

Cette entreprise de réhabilitation connut une avancée décisive avec Albert Laponneraye, qui entreprit en 1832 la publication des discours de Robespierre en fascicules, avant d'éditer les Mémoires de Charlotte Robespierre sur ses deux frères en 1835 puis les Œuvres de Maximilien Robespierre en quatre volumes en 1840, qu'il contribua largement à diffuser[234].

Philippe Buchez, lithographie de Charles Bour.

La génération de 1848 bénéficia, quant à elle, de la publication de l’Histoire parlementaire (1834-1838) de Philippe Buchez et de Pierre-Célestin Roux-Lavergne, et de l'achèvement de la réimpression de l’ancien Moniteur (1840-1845) par Léonard Gallois, qui vinrent contrebalancer les mémoires et témoignages, subjectifs, des contemporains. Cet apport documentaire favorisa un renouvellement historiographique, avec l’Histoire des Girondins (1847) d'Alphonse de Lamartine[235], l’Histoire de la Révolution française (1847-1853) de Jules Michelet et celle de Louis Blanc (1847-1855), qui firent toutes de Robespierre « le centre de leurs investigations », même si seul Louis blanc lui était plus nettement d'emblée favorable[236]. Sous le Second Empire, Ernest Hamel publia une Histoire de Robespierre (1865-1868) considérée comme hagiographique, mais très bien documentée[237].

Sous la Troisième République, les auteurs se détournèrent de Robespierre, assimilant la Terreur à la Commune de Paris (1871), comme Hippolyte Taine dans Les Origines de la France contemporaine (1875-1893), ou faisant de Robespierre un « pontife », adversaire de l'athéisme, de la libre-pensée et de la laïcité, comme Alphonse Aulard. Lors du centenaire de la Révolution de 1889, l'épopée militaire fut privilégiée, avec les figures de Carnot, Hoche, Marceau, Desaix et surtout Danton[238],[239].

Albert Mathiez (1918).

Jean Jaurès contribua à ramener Robespierre au devant de la scène avec son Histoire socialiste de la Révolution française (1902-1905), tout en ouvrant vers les Hébertistes et les Enragés. En 1907, l'érudit Charles Vellay créa la Société des études robespierristes, qui publia à partir de 1908 les Annales révolutionnaires, devenues en 1924 les Annales historiques de la Révolution française, ainsi que les Œuvres complètes de Robespierre en dix puis onze volumes. L'un de ses premiers et principaux membres, Albert Mathiez fut le principal acteur de ce mouvement, qui fit de Robespierre la figure centrale de la Révolution, s'opposant à Aulard, son ancien maître, dans une lutte demeurée fameuse[240]. À sa suite, on trouvait La Révolution française Georges Lefebvre ou le Robespierre de Gérard Walter, qui pointaient les limites de Robespierre sur les questions sociales et financières. Ce dernier ouvrage, selon Joël Schmidt, « n'a pas été dépassé par l'abondance de sa documentation »[241]. Par la suite, si le rôle de Robespierre dans la Révolution ne fut pas remis en cause, la recherche historique ouvrit de nouveaux champs, avec l'exploration du mouvement sans-culotte, des Hébertistes et des Enragés, sous l'influence d'Albert Soboul[239].

Dans les années 1960, en parallèle à une contestation du modèle communiste et soviétique, qui s'étaient affirmés les héritiers de la Révolution, l'école révisionniste ou libérale, emmenée par François Furet, Denis Richet et Mona Ozouf, contribua à remettre en cause cette image de Robespierre. Ainsi, François Furet écrivait le 7 juillet 1989 dans L'Express : « Dans cette sagesse fin de siècle, Robespierre n’a pas vraiment été réintégré dans la démocratie française. Le droite veille sur cet ostracisme en brandissant les mauvais souvenirs. Mais l’Incorruptible a plus à craindre de ses amis que de ses ennemis. En l’embrassant trop étroitement, l’historiographie communiste l’a entraîné dans un redoublement de désaffection. » Les travaux de Patrice Gueniffey et de Laurent Dingli se situent dans leur droite ligne.

Oublié des célébrations nationales du Bicentenaire de la Révolution, Robespierre demeure une figure majeure de l'histoire française, comme en témoigne la floraison des associations et publications depuis 1989, et un personnage controversé, partagé entre les tenants de l'école jacobine et ceux des écoles néo-libérale et contre-révolutionnaire, entre « des avocats et des procureurs »[242].

Ainsi, la mise en vente chez Sotheby's le 18 mai 2011 d'un lot de manuscrits, comprenant des discours, des projets d’articles de journaux, des brouillons de rapports devant être lus à la Convention, un fragment du discours du 8 thermidor et une lettre sur la vertu et le bonheur, conservés par la famille Le Bas après la mort de Robespierre a suscité une mobilisation parmi les historiens et dans le monde politique ; Pierre Serna a publié un article intitulé : « Il faut sauver Robespierre ! » dans Le Monde, et la Société des études robespierristes lancé un appel à souscription, tandis que le PCF, le PS et le PRG alertaient le ministère de la Culture[243],[244],[245]. Lors de la vente, l’État a fait valoir son droit de préemption pour acquérir le lot à 979 400 euros au nom des Archives nationales[246].

Postérité

Héritage politique

Dessin d'un meeting du mouvement chartiste, en 1840.

Le robespierrisme est un terme pour désigner une réalité mouvante ou pour qualifier des hommes qui partageaient ses idées. Plus généralement, il désigne toutes les personnes qui se réclament de la personne ou de la pensée de Maximilien de Robespierre. Parmi ceux qui se sont réclamés de Robespierre, figurent notamment le mouvement chartiste anglais, un certain nombre de républicains et de socialistes français des années 1830-40 — on a parlé de néo-robespierrisme[247] — (comme Albert Laponneraye, éditeur des Œuvres de Robespierre et des Mémoires de Charlotte de Robespierre, Philippe Buchez, qui a publié une Histoire parlementaire de la Révolution, Étienne Cabet, auteur d'une Histoire populaire de la Révolution française de 1789 à 1830 ou Louis Blanc, qui a écrit une Histoire de la Révolution française) instruits par Philippe Buonarroti, mais aussi les mouvements socialiste et communiste (avec la monumentale Histoire de la Révolution française de Jean Jaurès ou les travaux de l'historien Albert Mathiez).

Littérature

Charles Nodier a consacré à Robespierre un article, intitulé « De la littérature pendant la Révolution. Deuxième fragment. Éloquence de la tribune. Robespierre », dans la Revue de Paris en septembre 1829. Il a été repris, sous le titre « Robespierre l'aîné », dans ses Souvenirs, épisodes et portraits pour servir à l'histoire de la Révolution et de l'Empire (1831) puis, sous le titre « La Montagne », dans Recherches sur l'éloquence révolutionnaire dans le tome 7 des Œuvres de Charles Nodier (1833). Même s'il présente Robespierre comme un personnage médiocre « exhaussé par l'opinion et les événements » et brosse un portrait de l'orateur conforme aux stéréotypes du temps pour ne pas trop heurter son public devant l'audace de son analyse, Nodier lui sait gré d'avoir, avec son frère Augustin, entrepris de canaliser, « dans le sens d'un ordre politique relativement viable, les forces génératrices de chaos », à travers notamment l'instauration du culte de l'Être suprême. De même, il lui reconnaît un supériorité d'ordre esthétique dans l'éloquence et affirme « qu'il faut chercher peut-être dans [ses] discours (...) presque tout ce qu'il y avait de spiritualisme et de sentiments humains dans l'éloquence conventionnelle ». En particulier, il fait montre d'admiration pour le discours du 7 prairial, où Robespierre affirme faire peu de cas de sa propre vie, après les tentatives d'assassinat d'Henri Admirat et de Cécile Renault, et celui du 8 thermidor, où il retrouve le dessein de pacification et de restauration de l'ordre public qu'il lui attribue[248].

Balzac en 1842 sur un daguerréotype de Louis-Auguste Bisson.

Honoré de Balzac traite Robespierre comme un personnage à part entière dans Les Deux Rêves, paru dans La Mode en mai 1830 puis intégré dans Sur Catherine de Médicis. Dans ce texte, Catherine de Médicis apparaît en songe à Robespierre et justifie le massacre de la Saint-Barthélemy, qui n'a pas été motivé, explique-t-elle, par une animosité personnelle ou le fanatisme religieux, mais pour le salut de l'État. Fréquent dans la littérature royaliste de l'époque, le rapprochement entre ce massacre et ceux de la Révolution contribue à expliquer ces derniers en voulant réhabiliter la politique de la reine. Il ne lui reproche pas la Terreur, mais de l'avoir exercée au nom d'un principe démocratique. En dehors de ce texte, la figure de Robespierre dans l'œuvre de Balzac est « uniformément antipathique, l'archétype du tyran sans cœur et sans scrupule », même si, jusqu'à la Révolution de 1848, il témoigne d'une réelle admiration devant la grandeur de sa destinée. Il figure ainsi parmi les génies qui ont changé la face du monde dans l'édition de 1846 de la lettre d'adieu de Lucien de Rubempré à Vautrin, avant de passer dans le rang de ceux dont le rôle a été uniquement destructeur, dans son exemplaire personnel[248].

Portrait d'Alexandre Dumas par Étienne Carjat.

Robespierre apparaît dans plusieurs ouvrages historiques (Louis XVI et la Révolution, Le Drame de 93) et romans d'Alexandre Dumas (le cycle Mémoires d'un médecin, en particulier La Comtesse de Charny, la nouvelle La Rose rouge), et l'on retrouve des allusions dans Le collier de la Reine et Le Chevalier de Maison-Rouge. S'appuyant particulièrement sur les ouvrages historiques de Jules Michelet et Alphonse de Lamartine, Dumas s'inspire surtout du premier pour le présenter comme « un personnage qui ne sait pas vivre, rongé par la jalousie et l'ambition », sans lui reconnaître la même grandeur, son principal reproche étant « l'incapacité de Robespierre pour la jouissance et le bonheur »[249].

Portrait de George Sand par Auguste Charpentier (1833) (Musée de la vie romantique, Paris).

Dans Histoire de ma vie, George Sand prend la défense de Robespierre, victime à ses yeux « des calomnies de la réaction ». S'appuyant sur les écrits de Lamartine, elle le juge « le plus humain, le plus ennemi par nature et par conviction des apparentes nécessités de la terreur et du fatal système de la peine de mort », mais aussi « le plus grand homme de la révolution et un des plus grands hommes de l'histoire ». Si elle lui reconnaît « des fautes, des erreurs, et par conséquent des crimes », elle s'interroge : « Mais dans quelle carrière politique orageuse l'histoire nous montrera-t-elle un seul homme pur de quelque péché mortel contre l'humanité? Sera-ce Richelieu, César, Mahomet, Henri IV, le maréchal de Saxe, Pierre le Grand, Charlemagne, Frédéric le Grand, etc., etc.? Quel grand ministre, quel grand prince, quel grand capitaine, quel grand législateur n'a commis des actes qui font frémir la nature et qui révoltent la conscience? Pourquoi donc Robespierre serait-il le bouc-émissaire de tous les forfaits qu'engendre ou subit notre malheureuse race dans ses heures de lutte suprême[250],[251],[252]? »

Dans Les Misérables (1862), Enjolras, le chef des étudiants révolutionnaires, exprime son admiration à l'égard de Jean-Jacques Rousseau et Robespierre. Dans son dernier roman, Quatrevingt-treize (1874), Victor Hugo met en scène la rencontre (imaginaire) entre trois grandes figures de la révolution française: Marat, Danton et Robespierre.

Jules Vallès offre de Robespierre une image foncièrement négative, concomitante à l'empreinte qu'il exerce sur lui. Avant 1871, Robespierre apparaît comme un visage pâle, paternel, celui de la violence froide et de la mort, un corps raide, hiératique, un héritier de Plutarque et de Jean-Jacques Rousseau, porteur du déisme du XVIIIe siècle. Cette critique devient une autocritique dans les années 1865-1866, sous l'influence de Pierre-Joseph Proudhon. Après l'expérience de la Commune, jugeant la génération 1848 et se jugeant lui-même à la lumière de Robespierre, il dénonce la tyrannie du patrimoine culturel classique enseigné dans les collèges et le système éducatif du XIXe siècle, se reprochant d'avoir imité des imitateurs de l'Antiquité, à travers Rousseau et Robespierre. Pourtant, signale Roger Bellet, la hargne de Vallès à l'égard de « Rousseau n'est pas automatiquement réversible sur Robespierre » ; son déisme « voulait sans doute être à usage populaire », celui d'une religion non ecclésiastique, Vallès pouvait partager sa critique du « philosophisme », sa critique d'un « monde de scolastique philosophique et émeutier » est plus proche de Robespierre que d'Hébert[253].

Anatole France, Prix Nobel de littérature en 1921 (Fondation Nobel).

En 1912, Anatole France met en scène Évariste Gamelin, un jeune peintre jacobin, fidèle de Marat et de Robespierre, dans son roman Les dieux ont soif. L'Incorruptible apparaît lui-même dans le chapitre XXVI, peu avant le 9-Thermidor. L'épisode de la promenade dans les Jardins Marbeuf, lieu à la mode à l'époque, avec Brount, son chien danois, et de l'échange avec le petit Savoyard est déjà présent dans l’Histoire de la Révolution française de Louis Blanc[254] et l’Histoire de Robespierre d'Ernest Hamel[255], qui l'ont tiré des mémoires manuscrits d'Élisabeth Le Bas.

Théâtre

Georg Büchner.

Dès après sa mort, Robespierre a été le héros ou l'un des personnages principaux de nombreux drames ou tragédies : 49 pièces ont été recensées entre 1791 et 1815, 37 entre 1815 et 1989. Deux images de Robespierre s'en détachent : une majorité lui est hostile, sans nuance, l'autre partie est « réhabilitatrice, voire célébratrice »[256].

Entre Thermidor et l'Empire se développe la légende noire de Robespierre, à travers les faibles drames de Godineau (La Mort de Robespierre, ou la Journée des 9 et 10 thermidor, 1795) ou d'Antoine Sérieys (La Mort de Robespierre, 1801). En décembre 1830, le Robespierre d'Anicet Bourgeois présente encore la même caricature de tyran sanguinaire, laconique et peureux. D'autres pièces font clairement allusion à Robespierre, ainsi Manlius Torquatus ou La discipline romaine (pièce d'inspiration jacobine, jouée en février 1794) de Joseph Lavallée, Pausanias (représenté en mars 1795, édité en 1810) de Claude-Joseph Trouvé, Quintus Fabius ou La discipline romaine (interprété au théâtre de la République, fin juillet 1795) de Gabriel Legouvé ou Théramène ou Athènes sauvée (1796) d'Antoine Vieillard de Boismartin[256].

En Angleterre, Samuel Taylor Coleridge, Robert Southey et Robert Lovell écrivent un drame en vers intitulé The Fall of Robespierre en août 1794 ; Coleridge rédige le premier acte, Southey le deuxième, Lovell le troisième ; mais Southey, jugeant cette dernière partie non conforme, la réécrit. Les auteurs s'appuient pour l'essentiel sur les comptes-rendus des événements parus dans la presse. Édité sous le seul nom de Coleridge en octobre 1794 par Benjamin Flower, il est tiré à 500 exemplaires et distribué à Bath, Cambridge et Londres[257],[258].

Romain Rolland, photographie de presse de l'Agence Meurisse (1914).

Si le Thermidor (1891) de Victorien Sardou est d'inspiration girondine, le Robespierre (1845) de Rudolf Gottschall, le Maximilien Robespierre (1850) de Robert Griepenkerl, le Danton und Robespierre (1871) de Robert Hamerling, le Robespierre ou les drames de la Révolution (1879) de Louis Combet, Le Monologue de Robespierre allant à l'échafaud (1882) d'Hippolyte Buffenoir, Le Dernier songe de Robespierre (1909) d'Hector Fleischmann, L'Incorruptible, chronique de la période révolutionnaire (1927) de Victor-Antoine Rumsard et le Robespierre (1939) de Romain Rolland sont robespierristes. Leur premier enjeu, selon Antoine de Baecque, est de transformer le « corps, souffrant, blessé, défiguré » de Robespierre le 10 thermidor, présenté par les thermidoriens comme un cadavre monstrueux, « en un corps de héros », une figure christique[259].

Avec le temps, les auteurs tendent de plus en plus à problématiser le personnage théâtral, ainsi Georg Büchner, qui ne prend pas parti pour ou contre lui dans La Mort de Danton (1835), mais s'interroge sur la possibilité de la révolution. Le même questionnement apparaît chez Romain Rolland, qui passe, entre Danton (1900) et Robespierre (1938), de la justification et de l'exaltation du personnage à l'expression des souffrances morales d'un Robespierre déchiré devant le problème du sang versé. Le Bourgeois sans culotte de Kateb Yacine, joué au festival d'Avignon de 1988 puis au palais Saint-Vasst d'Arras en 1989 et sur le carreau de la mine désaffectée de Loos-en-Gohelle en octobre 1990, présente Robespierre comme « le seul des révolutionnaires français à avoir su imposer la suppression de l'esclavage », « l'inspirateur permanent d'une révolution mondiale des maltraités », et voit en lui un modèle, « un martyr vivant de la république », victime de ceux à qui il portait ombrage[256].

Espace public

Le 15 novembre 1969, le lycée de garçons d'Arras a adopté par arrêté préfectoral le nom de Robespierre. Proposé en novembre 1967 par un professeur de l'établissement, Jacques Herreyre, ce nom avait obtenu successivement le soutien de son conseil intérieur puis de son conseil d'administration (9 février 1968), de l'association des anciens élèves, du conseil municipal (22 avril 1968, des élèves du lycée réunis dans un comité d'action du lycée Robespierre et du Conseil académique de Lille (mars 1969)[260]. On trouve également des écoles Robespierre à Guyancourt ou Nanterre et des collèges à Épinay-sur-Seine, Goussainville, Port Saint Louis du Rhône, Saint-Étienne-du-Rouvray ou Saint-Pol-sur-Mer.

Il est l'un des rares révolutionnaires à n'avoir aucune rue à Paris. À la Libération, le Conseil municipal issu des élections du 29 avril 1945, comptant vingt-sept communistes, douze socialistes et quatre radicaux sur quatre-vingt-huit élus, décide, le 13 avril 1946, de rebaptiser « place Robespierre » la place du Marché-Saint-Honoré, décision approuvée par arrêté préfectoral du 8 juin 1946[261]. Toutefois, elle retrouve son premier nom en 1950[262]. En revanche, des rues de la ceinture rouge portent son nom, par exemple à Montreuil. C'est aussi le cas d'une station du métro de Paris sur la ligne 9 (Mairie de Montreuil - Pont de Sèvres), dans la commune de Montreuil, et ce, depuis le Front populaire[263]. Quant au boulevard Robespierre de Reims, il doit son origine à Gustave Laurent, adjoint au maire, qui a obtenu le 12 décembre 1921 du conseil municipal qu'il soit créé sur « la partie de la rue Danton comprise entre la rue de Neufchâtel et le Pont Huet, partie qui, en réalité, se trouve séparée de sa première fraction par la place Luton »[264],[265].

Sans prétendre à l'exhaustivité, ont été baptisés de son nom :

Par ailleurs, un stade est à son nom à Rueil-Malmaison et un cinéma à Vitry-sur-Seine.

Plaque commémorative apposée au n° 398 de la rue Saint-Honoré, dans le premier arrondissement de Paris.

Plusieurs plaques commémoratives ont été apposées à Arras :

  • le 14 octobre 1923, sur la façade de la maison où il a vécu avec son frère Augustin et sa sœur Charlotte de 1787 à 1789, en présence de Gustave Lemelle, maire de la ville, d'Albert Mathiez et de Jacob, président des Rosati[267],[268],[269]. Bâtie en 1730, cette demeure est située au 9 rue Maximilien de Robespierre et abrite le musée du compagnonnage depuis sa restauration[270].
  • en 1958, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, en présence d'Albert Soboul et d'Alain Decaux[271].
  • en 1994, sur la façade de la brasserie des Carraut, grands-parents de Maximilien de Robespierre, où il a passé son enfance avec son frère Augustin[269].

De même, il dispose de deux plaques à Paris, l'une sur l'emplacement de la maison Duplay, actuellement au 398 rue Saint-Honoré, l'autre à la Conciergerie, érigée par la Société des études robespierristes[272].

La statue de Robespierre figure dans le monument consacré à la Convention nationale, œuvre de François-Léon Sicard, qui devait d'abord être disposée au jardin des Tuileries et se trouve aujourd'hui au Panthéon. Toutes les autres tentatives pour établir une statue dans la capitale ont échoué ; en 1909, un comité présidé par René Viviani et Georges Clemenceau prévoyait d'installer une statue dans le jardin des Tuileries, mais le projet a été abandonné, devant l'hostilité de la presse et le faible succès de la souscription publique[263]. Le 25 décembre 1913 a été inaugurée à Saint-Ouen une statue en plâtre, qu'on se proposait « de couler un jour en bronze », projet qui n'a jamais vu le jour. Le 15 octobre 1933, Georges Lefebvre et le maire d'Arras, Désiré Delansonne, ont inauguré un buste de Robespierre, œuvre du sculpteur Léon Cladel, à l'hôtel de ville ; la salle qui l'abrite a pris son nom[273]. Depuis 1949, Saint-Denis dispose, square Robespierre, en face du théâtre, d'un buste en pierre à son effigie, œuvre d'A. Séraphin, avec l'inscription : « Maximilien Robespierre l'Incorruptible 1758-1794 »[263].

Un timbre-poste à son effigie a été publiée en juillet-décembre 1950. La promotion 1968-1970 de l'École nationale d'administration a également choisi le nom de Robespierre[263].

Œuvres

  • Œuvres complètes de Maximilien Robespierre, 10 volumes, Société des études robespierristes, 1912-1967. Réimpression Société des études robespierristes, Phénix Éditions, 2000, 10 volumes. Réédition avec une nouvelle introduction de Claude Mazauric, Édition du Centenaire de la Société des études robespierristes, Éditions du Miraval, Enghien-les-Bains, 2007, 10 volumes et 1 volume de Compléments. Un onzième volume, paru en 2007, regroupe les textes omis lors de l'édition initiale.
    • Tome 1 : Robespierre à Arras : les œuvres littéraires en prose et en vers, recueillies et publiées par Eugène Desprez et Émile Lesueur, Paris, 1912, 288 pages.
    • Tome 2 : Robespierre à Arras : les œuvres judiciaires (plaidoyers et mémoires), recueillies et publiées par Émile Lesueur, 1914, 416 pages.
    • Tome 3 : Correspondance de Maximilien et Augustin Robespierre, recueillie et publiée par Georges Michon, Paris, 1926, 334 pages (Supplément à la correspondance, par Georges Michon, Paris, 1941).
    • Tome 4 : Les journaux : « Le Défenseur de la Constitution » (1792), édition complète et critique, avec une introduction, des commentaires et des notes par Gustave Laurent, Paris, 1939, XXXIII-454 pages.
    • Tome 5 : Les journaux : « Lettres de Maximilien Robespierre, membre de la convention nationale, à ses commettans » (1792-1793), édition critique préparée par Gustave Laurent, Paris, 1961, 384 pages.
    • Tome 6 : Discours, première partie (1789-1790), édition préparée sous la direction de Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre et Albert Soboul, Paris, 1950, XXXII-740 pages.
    • Tome 7 : Discours, deuxième partie (janvier - septembre 1791), édition préparée sous la direction de Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre et Albert Soboul, Paris, 1952, 771 pages.
    • Tome 8 : Discours, troisième partie (octobre 1791 - septembre 1792), édition préparée sous la direction de Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre et Albert Soboul, Paris, 1954, XII-486 pages.
    • Tome 9 : Discours, quatrième partie (septembre 1792 - 27 juillet 1793), édition préparée sous la direction de Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre, Jean Dautry et Albert Soboul, Paris, 1958, 646 pages (lire en ligne).
    • Tome 10 : Discours, cinquième partie (27 juillet 1793 - 27 juillet 1794), édition préparée sous la direction de Marc Bouloiseau et Albert Soboul, Paris, 1967, 660 pages.
    • Tome 11 : Compléments (1784-1794), édition présentée et annotée par Florence Gauthier, Paris, 2007, 472 pages.
  • Robespierre, textes choisis, 3 vol, Paris, Éditions sociales, coll. Les classiques du peuple, 1957. Réimpression en 1973-1974, préface, commentaires et notes explicatives de Jean Poperen.
    • tome premier (avril 1791-juillet 1792), 198 pages.
    • tome deuxième (août 1792-juillet 1793), 198 pages.
    • tome troisième (novembre 1793-juillet 1794),194 pages.
  • Robespierre, écrits présentés par Claude Mazauric, Paris, Messidor/Éditions Sociales, 1989, 370 pages.
  • Robespierre, Pour le bonheur et pour la liberté, Discours, choix et présentation de textes par Yannick Bosc, Florence Gauthier et Sophie Wahnich, Éditions La Fabrique, 2000.
  • Discours sur la religion, la République et l'esclavage, Éditions de l'aube, 2006.
  • Robespierre, entre vertu et terreur (introduction de Slavoj Žižek), Éditions Stock, 2008.

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article

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Articles, notices biographiques et recensions

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  • Françoise Brunel et Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF, 1989, « Montagne/Montagnards » .
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  • Jean-Daniel Piquet, « Robespierre et la liberté des noirs en l’an II d’après les archives des comités et les papiers de la commission Courtois », dans Annales historiques de la Révolution française, no 323, 2001, p. 69-91 [texte intégral] .
  • Jean-Daniel Piquet (recenseur), « Florence Gauthier (dir.), Périssent les colonies plutôt qu’un principe ! Contributions à l’histoire de l’abolition de l’esclavage (1789-1804) », dans Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, no 94-95, janvier-mars 2005, p. 265-269 .
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  • Jean-René Suratteau, « La question coloniale à la Constituante », dans Annales historiques de la Révolution française, janvier-mars 1995, p. 33-38 .
  • Sophie Wanish, Marc Belissa, « Les crimes des Anglais : trahir le droit », dans Annales historiques de la Révolution française, no 300, avril-juin 1995, p. 233-248 [texte intégral] .
  • Michel Zylberberg(recenseur), « Jean-Daniel Piquet, L’émancipation des Noirs dans la Révolution française (1789-1795), Paris, Karthala, 2002, 512 p. », dans Cahiers d'Histoire, revue d'histoire critique, no 96-97, octobre-décembre 2005, p. 220-222 .

Robespierre au théâtre

  • Robespierre, ou le 9 thermidor, drame en trois actes et neuf tableaux (1831), d'Anicet Bourgeois et Francis Cornu, créé au théâtre de l'Ambigu-Comique le 16 décembre 1830.
  • Le 9 thermidor, ou La mort de Robespierre, drame historique (1831), d'Henri Bonnias.
  • Robespierre (1845), de Rudolf Gottschall, drame en cinq actes
  • Maximilien Robespierre (1850), de Robert Griepenkerl, drame en cinq actes et en prose créé à Brême en 1851, traduit de l'allemand par Auguste Dietrich en 1892.
  • Danton und Robespierre (1871), de Robert Hamerling, drame en cinq actes traduit de l'allemand par Auguste Dietrich en 1893.
  • Robespierre ou les drames de la Révolution (1879), de Louis Combet, drame historique en cinq actes et neuf tableaux créé au théâtre des Batignolles le 30 juin 1888.
  • Le Monologue de Robespierre allant à l'échafaud (1882), d'Hippolyte Buffenoir.
  • Thermidor (1891), de Victorien Sardou, pièce en quatre actes créée à la Comédie-Française le 24 janvier 1891.
  • Le Dernier songe de robespierre (1909), d'Hector Fleischmann.
  • L'Incorruptible, chronique de la période révolutionnaire, sous la forme d'un drame en 3 actes et en vers (1927), de Victor-Antoine Rumsard.
  • Robespierre (1939), de Romain Rolland, drame en trois actes et vingt-quatre tableaux.
  • La Liberté ou la mort (1988), d'Alain Decaux, Stellio Lorenzi et Georges Soria, d'après Danton et Robespierre (La caméra explore le temps), mis en scène par Robert Hossein, au Palais des congrès de Paris, avec Jean Négroni dans le rôle de Maximilien Robespierre et Bernard Fresson dans celui de Danton.
  • Robespierre (2008), comédie dramatique écrite et mise en scène par Thierry Debroux, créée au théâtre royal du Parc. Paul Camus interprète le rôle de Robespierre.
  • Notre Terreur (2010), pièce du collectif D'ores et déjà mise en scène par Sylvain Creuzevault au théâtre de la Colline.

Filmographie

Cinéma
Télévision

Références discographiques

Références

  1. Gérard Walter (1989), p. 14 : « Mme Robespierre met au monde un enfant de sexe masculin qui reçoit les prénoms de Maximilien-Marie-Isidore. »
  2. Ernest Hamel, tome 1 (1865), p. 10. Il signale que les Robespierre (puisque bourgeois inscrits depuis plus d'un siècle, d'abord à Carvin puis à Arras) appartenaient au 3e Ordre ; que son grand-père et son père signaient « Derobespierre » (manière commune à tous les noms « à particule » de l'époque, celle-ci ne signifiant en aucun cas la noblesse) ; que ce nom, dans les actes de famille, est écrit tantôt en deux mots, tantôt en un seul. Selon lui, il aurait fait supprimer sa particule, parce que seule « la seconde partie de son [s'était gravée] dans la tête et dans le cœur du peuple ». En tout cas, nous ne connaissons aucun exemplaire d'époque où le nom figure écrit sans la particule (Robespierre signe ses premiers ouvrages (plaidoiries) sous son nom complet, notamment). Cette orthographe réduite est vraisemblablement posthume.
  3. Sur les conditions de la naissance de Robespierre, voir Gérard Walter (1989), p. 14.
  4. Inscrits bourgeois, des Robespierre portaient, depuis la fin du XVIIe siècle (Armorial général d'Hozier, 1696), d'or à la bande de sable, chargée d'un demi-vol d'argent ; rien n'atteste toutefois l'usage de telles armes par la branche dont relevait le jeune Maximilien.
  5. Gérard Walter (1989), p. 15-17.
  6. Albert Mathiez, « Le père de Robespierre est-il mort en Amérique ? », dans Annales révolutionnaires, 1924 , qui cite A. Lavoine, « La famille de Robespierre et ses origines », dans Revue du Nord, vol. V, 1914, p. 101-149 .
  7. Auguste Paris (1870), p. 8-16.
  8. Gérard Walter (1989), p. 15-17, 629-630 et 668.
  9. Mme Irmgard Hörl, professeur au lycée de Munich, a découvert l'acte d'inhumation de François de Robespierre, dans lequel il est qualifié de Sprachmeister (« maître de langues »). René Garmy, « Le père de Robespierre est mort à Munich en 1777 ? », dans Annales historiques de la Révolution française, no 3, 1958 , et Gérard Walter (1989), p. 668.
  10. Henri Guillemin (1987), p. 20. Selon lui, il y aurait fondé « une petite école de français ».
  11. Pour Catherine Fouquet, Robespierre et la Révolution, Denoël, 1989, 127 p. (ISBN 220723570X), p. 8 , « il disparut définitivement en 1772 et mourut à Munich le 6 novembre 1777 ».
  12. Gérard Walter (1989), p. 17-19 et 25. La bourse de Robespierre lui apportait 450 livres et lui donnait droit à une chambre, un châlit, une table et une chaise.
  13. David P. Jordan (1989), p. 24.
  14. Voir les Annales historiques de la Révolution française, Société des études robespierristes, Firmin-Didot & Cie, vol. 31-32, 1959, p. 271, et Bernard Nabonne (1938), p. 40.
  15. Abbé Liévin-Bonaventure Proyart (1795) et abbé Proyart, Louis XVI et ses vertus aux prises avec la perversité de son siècle, Chez les libraires associés, 1808 [lire en ligne] .
  16. Gérard Walter (1989), p. 19-28, qui cite l'abbé Liévin-Bonaventure Proyart (1795).
  17. Gita May, De Jean-Jacques Rousseau à Madame Roland, Librairie Droz, 1964, 271 p. [lire en ligne], p. 81 .
  18. Léo Joubert et Ferdinand Hoefer (dir.), Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, vol. 42, Paris, Firmin Didot frères, 1863 [lire en ligne], « Robespierre (Maximilien-Marie-Isidore de) », p. 397-436 , reprend le témoignage des Mémoires posthumes de Brissot pour affirmer que les deux hommes s'y seraient croisés. Toutefois, Gérard Walter considère que ce passage des Mémoires est apocryphe, Brissot y ayant été employé de 1774 et 1776, tandis que Robespierre n'aurait pas pu y entrer avant 1779. Voir Gérard Walter (1989), p. 22.
  19. Gérard Walter (1989), p. 29.
  20. Gérard Walter (1989), p. 29-31.
  21. Gérard Walter (1989), p. 31-32. Composée d'un bailli et de cinq avocats, la Salle épiscopale d'Arras, ou Prévôté de l'évêché, assurait la haute, moyenne et basse justice dans la ville d'Arras, le bourg de Vitry, le village de Marcœuil et, en partie, 26 paroisses de la région.
  22. Gérard Walter (1989), p. 33-41 et 49-55.
  23. Voir la présentation de la « Réponse de Maximilien de Robespierre, avocat au Parlement et directeur de l'Académie, au discours de Mlle Kéralio » par Florence Gauthier, dans les Œuvres de Maximilien Robespierre, tome XI: « Compléments (1784-1794) », Société des études robespierristes, 2007, p. 189-191.
  24. Gérard Walter (1989), p. 41-48, et Charles Vellay, « Robespierre aux Rosati », Annales révolutionnaires, 1908, p. 91-92. La date de son entrée aux Rosati est indiquée sur le site Internet de la Société des Rosati d'Arras, fondée en 1903.
  25. Voir Gérard Walter (1989), p. 34 et 57-58, Charlotte Robespierre, Mémoires, 1834, rééditées en 2006 par le Nouveau Monde Éditions, et Bernard Nabonne (1938), p. 96.
  26. Pierre Villiers, Souvenirs d'un déporté, 1802, p. 2, cité par Gérard Walter (1989), p. 138 et note 14, p. 694.
  27. Ernest Hamel, tome 1 (1865), p. 181-182. Jugeant Villiers un témoin peu crédible, il signale que, d'après Villiers, un tiers du traitement de député de Robespierre « passait entre les mains d'une personne chère "qui l'idolâtrait" », un second tiers étant envoyé à sa sœur Charlotte à Arras.
  28. Voir Charlotte Robespierre, Mémoires, chapitre III. La sœur de Maximilien affirme que l'épouse de Maurice Duplay désirait marier sa fille à l'Incorruptible, mais que cette espérance ne fut jamais concrétisée.
  29. Gérard Walter (1989), p. 60-71.
  30. Gérard Walter (1989), p. 66-76 et 135.
  31. Gérard Walter (1989), p. 79-97. La proposition, fondée sur le fait qu'en Artois, l'essentiel des contributions étaient indirectes, lança une campagne de calomnie dirigée par son ennemi, le député de la noblesse, M. de Beaumetz, qui prétendait que Robespierre avait demandé une hausse de l'imposition de la province.
  32. Gérard Walter (1989), p. 104.
  33. Gérard Walter (1989), p. 80.
  34. a, b, c et d Gérard Walter (1989), p. 104-133.
  35. Aimé Césaire (1961), p. 110. Depuis 1992 ces différents points du débat de mai 1791 ont fait l'objet d'un débat historiographique (Florence Gauthier (1992) ; Florence Gauthier (1992), p. 169-192 ; Jean-René Surrateau (1995), p. 33-38 ; Florence Gauthier (1995), p. 38-43 ; Jean-Daniel Piquet (2002)).
  36. Selon les Mémoires de Charlotte Robespierre, qui se trouvait alors à Arras, les deux hommes partageaient le même appartement, tandis que, pour Gérard Walter (1989), p. 137-138, qui confronte son témoignage avec celui de Pierre Villiers, ce dernier n'était que le secrétaire de Robespierre et n'habitait pas avec lui.
  37. Gérard Walter (1989), p. 134-148.
  38. Ernest Hamel, tome 1 (1865), p. 219. Il signale que, dès mars 1790, l'influence de Robespierre est égale, sinon supérieure, à la Société des Amis de la Constitution, à celle de Barnave, Duport et Lameth.
  39. Gérard Walter (1989), p. 148-162.
  40. Marianne Becker (1998), p. 219.
  41. Gérard Walter (1989), p. 178-183.
  42. Gérard Walter (1989), p. 183-196, et Michel Vovelle, La Chute de la monarchie, 1787-1792, tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Le seuil, collection Points, 1999, p. 182-184
  43. Henri Guillemin (1987), p. 67 ; Patrice Gueniffey, Ran Halévi, « Clubs et sociétés populaires » dans Léo Hamon (dir.), La Révolution à travers un département, Yonne , Éditions MSH, 1990, 391 pages, pp. 235-236 (ISBN 273510382X).
  44. Laurent Dingli (2004), p. 201.
  45. Gérard Walter (1989), p. 193.
  46. Gérard Walter (1989), p. 199-215.
  47. Max Gallo (1968), p. 139.
  48. Gérard Walter (1989), p. 216 et 222-225.
  49. Gérard Walter (1989), p. 235-274.
  50. Gérard Walter (1989), p. 297-301.
  51. Gérard Walter (1989), p. 301-305.
  52. Gérard Walter (1989), p. 301. Robespierre avait déjà collaboré brièvement aux Révolutions de Paris de Prudhomme.
  53. Gérard Walter (1989), p. 320-321.
  54. Michel Vovelle, La Chute de la monarchie (1787-1792), tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Paris, Le Seuil, coll. Points histoire, 1999, p. 284-285.
  55. Michel Vovelle, La Chute de la monarchie (1787-1792), tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Paris, Le Seuil, coll. Points histoire, 1999, p. 285.
  56. Michel Vovelle, La Chute de la monarchie (1787-1792), tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Paris, Le Seuil, coll. Points histoire, 1999, p. 285-286.
  57. Gérard Walter (1989), p. 326-327.
  58. Une motion du girondin Guadet, qui tendait à interroger le ministre de la Guerre sur le congé qu’il avait dû accorder à La Fayette pour lui permettre de quitter son armée, fut repoussée par 339 voix contre 234. Voir Albert Mathiez (1989), p. 24.
  59. Michel Vovelle, La Chute de la monarchie (1787-1792), tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Paris, Le Seuil, coll. Points histoire, 1999, p. 299.
  60. Œuvres de Maximilien Robespierre, tome IV, p. 256.
  61. a, b et c Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 331.
  62. a et b Gérard Walter (1989), p. 320-332.
  63. a et b Ernest Hamel, livre VIII, chap. 13 (1866), p. 341.
  64. a et b Jean Massin (1988), p. 117.
  65. Œuvres de Maximilien Robespierre, tome IV, p. 289.
  66. Gérard Walter (1989), p. 330-332.
  67. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 332.
  68. Albert Mathiez (1989), p. 60 et suivantes.
  69. Les Constitutions de la France depuis 1789, présentation par Jacques Godechot, Garnier-Flammarion, 1995, p. 45.
  70. Karl Brunnemann, Maximilien Robespierre, Schleicher, 1904, 152 pages, p. 144.
  71. Jean Massin (1988), p. 118.
  72. Voir le compte-rendu de la séance du 29 juillet 1792 aux Jacobins.
  73. Œuvres de Maximilien Robespierre, tome VIII, p. 408.
  74. Gérard Walter (1989), p. 335-336.
  75. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 356.
  76. Œuvres de Maximilien Robespierre, tome VIII, p. 424.
  77. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 357.
  78. Michel Vovelle, La Chute de la monarchie (1787-1792), tome 1 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Paris, Le Seuil, coll. Points histoire, 1999, p. 292. Ce directoire regroupe depuis la fin juillet des patriotes et des fédérés et organise l'insurrection.
  79. Gérard Walter (1989), p. 335-338.
  80. Réponse à Pétion dans le septième numéro de la Lettre de M. de Robespierre à ses commettans, cité par Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 374.
  81. Pierre Victurnien Vergniaud, Réponse aux accusations à la Convention nationale le 10 avril 1793.
  82. Gérard Walter (1989), p. 338.
  83. Albert Mathiez, La Gironde et la Montagne, tome 2 de Révolution française, Denoël, 1993 ; Le Dix Août, Éditions de La Passion, 1989.
  84. Albert Mathiez, tome 1 : La chute de la royauté (1985), p. 239, et Albert Mathiez (1989), p. 61.
  85. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 354-355 et 370-374.
  86. Jean Massin (1988), p. 118-123.
  87. Max Gallo (1968), p. 167.
  88. Jean-Paul Bertaud, La Révolution française, Perrin, 1989 (rééd. coll. Tempus, 2004, p. 160).
  89. Patrice Gueniffey, « Robespierre: itinéraire d'un fanatique » (p. 68-73), Les Collections de L'Histoire, n° 25, octobre-décembre 2004, p. 70-71.
  90. Gérard Walter (1989), p. 338-340.
  91. Gérard Walter (1989), p. 341-344. Ces propos sont parus dans Le Moniteur le 28 août 1792.
  92. Albert Mathiez (1989), p. 455.
  93. Gérard Walter (1989), p. 344.
  94. Roger Dupuy, La République jacobine: Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome II de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Le Seuil, coll. Points histoire, 2005, p. 18-19.
  95. Gérard Walter (1989), p. 345-348.
  96. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 406-407.
  97. Les séances avaient lieu de 16 heures à 23 heures. « En raison des circonstances extraordinaires », l'assemblée électorale tint également séance dans la nuit du 29 au 30, mais Robespierre, souffrant, se fit remplacer. Voir Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 392.
  98. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 392.
  99. Contre 136 voix à Pétion, 27 à Collot d'Herbois, 13 à Danton et 4 à Brissot, Réal, Carra, Pons de Verdun, Billaud Varennes, Hérault de Séchelles et Bouland ayant chacun une voix. Voir Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 427.
  100. Gérard Walter (1989), p. 353-357.
  101. Léon Muel, Précis historique des Assemblées parlementaires et des hautes cours de justice en France de 1789 à 1895: d'après les documents officiels, Guilaumin, 1896, 227 pages, p. 201 ; Louis Jacob, Joseph Le Bon, 1765-1795: la terreur à la frontière (Nord et Pas-de-Calais), Mellottée, 1934, tome 1, p. 108 ; Augustin Victor Deramecourt, Le clergé du diocèse d'Arras, Boulogne et Saint-Omer pendant la Révolution (1789-1802) : Le schisme. Les deux clergés. La première persécution, Imprimerie de la Société du Pas-de-Calais, 1886, p. 387.
  102. Gérard Walter (1989), p. 357-359.
  103. Voir le quatrième numéro de ses Lettres de M. de Robespierre à ses commettans, p. 151, et Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 428.
  104. Gérard Walter (1989), p. 359.
  105. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 428.
  106. Voir le compte-rendu de la séance du 25 septembre 1792.
  107. Gérard Walter (1989), p. 361-366.
  108. Roger Dupuy, La République jacobine. Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome II de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Le Seuil, coll. Points histoire, 2005, p. 41.
  109. Gérard Walter (1989), p. 369. L'auteur, un journaliste du nom de Roch Marcandier, écrit au vice-président du tribunal criminel pour lui rapporter une conversation avec Fournier l'Américain.
  110. Voir le compte-rendu de la séance du 29 octobre 1792.
  111. Voir le compte-rendu de la séance du 5 novembre 1792.
  112. Voir Gérard Walter (1989), p. 367-377, et la Réponse à Jean-Baptiste Louvet à la Convention le 5 novembre 1792.
  113. Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, Le Seuil, 2006, 352 pages, p. 143 (ISBN 9782020438421).
  114. Gérard Walter (1989), p. 377-383.
  115. Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, p. 145.
  116. Gérard Walter (1989), p. 383-386.
  117. Voir Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, Messidor/Éditions sociales, 1988, p. 61, et le compte-rendu de la séance du 21 janvier 1793.
  118. a, b et c Jean-Paul Bertaud, La Révolution française, op. cit., p. 195.
  119. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 637-639.
  120. Pour Jean-Clément Martin (Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, 2006, pp. 148), Isnard voyait dans la proposition de Robespierre « le risque de la guerre civile au bénéfice des montagnards », ce qui l'amena à faire voter « un article dénonçant plus largement toute entreprise contre-révolutionnaire », émiettant « ainsi la répression légitimée » et favorisant « la prolifération de la violence ».
  121. La Convention décréta également, le 21 mars, sur le rapport de Debry, un comité de surveillance révolutionnaire dans chaque commune et section de commune, puis, le 26, sur proposition de Génissieu, le désarmement de tous les nobles et prêtres, ainsi que de leurs agents et domestiques, et en général de toutes les personnes suspectes, enfin, le 28, sur le rapport des comités de législation, des finances, de guerre et diplomatique, le bannissement perpétuel de tous les émigrés, sous peine de mort, auxquels s'ajoutaient la mort civile et la confiscation des biens au profit de la République en cas d'infraction. Voir Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 644-645.
  122. Avis partagé par Auguste Philippe Herlaut (Deux témoins de la Terreur: le citoyen Dubuisson, le ci-devant baron de Haindel, Librairie Clavreuil, 1958, 202 pages, p. 74), pour qui « le projet de contre-révolution de Dumouriez existait depuis longtemps dans son esprit ».
  123. Jusqu'à son remplacement, le 6 avril, par le comité de salut public, cette commission se réunissait deux fois par jour, à midi et à 19 heures. Robespierre ne fut absent, d'après les registres, que lors de la première séance du 30 mars et celle du 2 avril. Voir Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 646-647.
  124. Gérard Walter (1989), p. 387-389.
  125. Albert Soboul, La Révolution française, Paris, Gallimard, 2001, coll. Tel, n° 88, 616 pages, p. 285-286.
  126. Gérard Walter (1989), p. 389-391.
  127. Albert Soboul, La Révolution française, Paris, Gallimard, 2001, coll. Tel, n° 88, 616 pages, p. 290.
  128. Gérard Walter (1989), p. 395.
  129. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 660-669.
  130. Gérard Walter (1989), p. 394-395.
  131. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 670-672.
  132. Pour Jean-Clément Martin (Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, 2006, p. 172), la procédure contre Marat, qui aboutit à son acquittement donne à celui-ci « une aura qu'il n'avait pas encore », lui permettant « de surclasser ses rivaux comme Robespierre » et entraînant « le cours de la Révolution dans une surenchère nouvelle de purification du pays ».
  133. Gérard Walter (1989), p. 395-396.
  134. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 669-678 et 699-704.
  135. Gérard Walter (1989), p. 396-398.
  136. Voir le compte-rendu des séances du 31 mai et du 2 juin 1793 et Gérard Walter (1989), p. 398-399.
  137. Patrice Gueniffey, « Robespierre: itinéraire d'un fanatique », op. cit., p. 71.
  138. Voir le compte-rendu de la séance du 8 juin 1793.
  139. Gérard Walter (1989), p. 400-402.
  140. Albert Soboul, La Révolution française, Gallimard, coll. Tel, 2003, pp. 297-299.
  141. Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 4-8.
  142. Albert Soboul, La Révolution française, Gallimard, coll. Tel, 2003, p. 299.
  143. Œuvres de Robespierre (édition d'Auguste-Jean-Marie Vermorel), Paris, Achille Faure, 1867, pp. 268-276 et 276-293.
  144. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 678-687.
  145. Pour Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 8-9, grâce à l'influence de Couthon et de Saint-Just, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793 s'inspirait généralement des idées de Robespierre.
  146. Pour Louis Blanc (Histoire de la Révolution française, Paris, Langlois et Leclerq, Furne et Cie, 1857, tome IX, pp. 3-20), les auteurs commis à la rédaction de la constitution de l'an I avaient sous les yeux le plan de Condorcet, qui connut d'importantes modifications, même si des propositions du projet de Robespierre passèrent dans le projet final.
  147. Ernest Hamel, tome 2 (1866), p. 681-684 ; Florence Gauthier(1992), p. 138-141.
  148. Voir Louis Blanc, Histoire de la Révolution française, tome IX, p. 21-26, et Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 11-24.
  149. Voir Louis Blanc, Histoire de la Révolution française, tome IX, p. 26, Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 24, et Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., p. 63-64.
  150. Alphonse Aulard, Recueil des Actes du Comité de salut public.
  151. Archives parlementaires, tome LXXII, p. 162.
  152. Pour Gérard Walter (1989), p. 409-410, Barère, qui exerçait une influence considérable dans les travaux de l'ancien comité, fit cette proposition pour rétablir sa position, alors que son prestige était émoussé.
  153. Gérard Walter (1989), p. 405-411.
  154. Voir le compte-rendu de la séance du 11 août 1793.
  155. Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 81-83 et 104-106.
  156. Voir Patrice Gueniffey, « Robespierre » (p. 1-18), ou Bronislaw Baczko, « Robespierre et la Terreur » (p. 153-168), in Annie Jourdan (dir.), Robespierre: figure-réputation, Rodopi, 1996, 236 pages, p. 163 (ISBN 9789042001336).
  157. Anatole de Gallier, « Robespierre, ses principes, son système politique » (p. 129-206), Revue des questions historiques, Paris, Plon, 1896, vol. 60, p. 129.
  158. Louis Blanc, Histoire de la Révolution française, livre 11, chapitres 1, 5 ou 7. Sur la vision de Louis Blanc, voir Jean-François Jacouty, « Louis Blanc et la construction de l'histoire », dans Francis Démier, Maurice Agulhon (dir.), Louis Blanc, un socialiste en république: Actes du colloque qui s'est tenu les 24 et 25 février 2000 à l'université Paris X-Nanterre, dans le cadre du centre Louis et Charles Blanc, Creaphis éditions, 2006, 224 pages, p. 63, note 44 (ISBN 2913610420).
  159. Pour Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 82-83, on ne peut croire que « les hommes qui composaient avec lui le Comité de Salut public se soient laissé subjuguer par lui », il s'associa à certaines mesures, parfois « s'opposa, en refusant sa signature, quoique présent », voire, « comme dans l'affaire de Danton, par exemple, ce fut lui qui, malheureusement, eut la faiblesse de céder ».
  160. Pierre Serna, La République des girouettes: 1789-1815... et au-delà : une anomalie politique, la France de l'extrême centre, Éditions Champ Vallon, 2005 (ISBN 9782876734135) [lire en ligne], p. 369 .
  161. Voir Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, 1988, p. 63 et 70, et Jean-Clément Martin, Violence et Révolution. Essai sur la naissance d'un mythe national, 2006, p. 224.
  162. Voir les lettres de Jullien à Robespierre et à son propre père datées des 2, 4 et 5 février 1794
  163. Voir Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., p. 71-73, qui, à l'appui de ce témoignage, cite une lettre de Joseph Fernex à Robespierre datée du 1er messidor an II dans laquelle le juge se défend des accusations de cruauté soulevées par l'Incorruptible à son encontre.
  164. Jacques Solé, « Robespierre, apologiste de la Terreur (août 1792-juillet 1794) », in Pierre Glaudes, Pierre Bayard (dir.), Terreur et représentation, ELLUG, 1996, 352 pages, p. 51 (ISBN 9782902709939).
  165. Voir Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, Paris, Messidor/Éditions sociales, 1988, p. 82, et Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 503, qui reprennent les Mémoires sur Carnot par son fils, t. II, p. 93.
  166. Général Gourgaud, Mémoires pour servir à l'histoire de France sous Napoléon, 1822-1823
  167. Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, ou, Journal où se trouve consigné, jour par jour, ce qu'a dit et fait Napoléon durant dix-huit mois, Paris, 1823-1824, tome 1, p. 449-450.
  168. Dans L'Express du 7 juillet 1989, François Furet écrivait : « Dans cette sagesse fin de siècle, Robespierre n’a pas vraiment été réintégré dans la démocratie française. Le droite veille sur cet ostracisme en brandissant les mauvais souvenirs. Mais l’Incorruptible a plus à craindre de ses amis que de ses ennemis. En l’embrassant trop étroitement, l’historiographie communiste l’a entraîné dans un redoublement de désaffection. »
  169. Alexandre Tuetey, Répertoire des sources manuscrites de l'Histoire de Paris pendant la Révolution, volumes IX, X et XI.
  170. Jacques-Marie Rouzet dit Folmont, Histoire du duc d'Orléans, t. IV, p. 150-151.
  171. Rouzet, Op. cit., p. 43. Cette anecdote apparaît également chez Claude François Beaulieu, Essais historiques sur les causes et les effets de la Révolution de France, avec des notes sur quelques évènements et quelques institutions, 1803, t. V, p. 470-471.
  172. Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 157 : « Citoyen notre collègue, nous avons emporté du sein de la Convention et dans notre captivité un sentiment profond de reconnaissance excité par l'opposition généreuse que tu formas le 3 octobre à l'accusation portée contre nous. La mort aura flétri notre cœur avant que cet acte de bienfaisance en soit effacé. »
  173. Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., p. 81, qui reprend la lettre citée par Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 543 : « Qu'il seroit beau, Robespierre (si la politique le permettoit) dans le moment d'un hommage aussi solennel, d'annoncer une amnistie générale en faveur de tous ceux qui ont résidé en France depuis le temps voulu par la loi, et dont seroient seulement exceptés les homicides et les fauteurs d'homicide ».
  174. Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., p. 81, qui cite Ernest Hamel, t. III, p. 157 : « Ô toi, qui trois fois nous as garantis de la fureur des hommes cruels qui demandaient nos têtes ; toi, qui as si bien su distinguer entre les effets de l'erreur et du crime, c'est à toi qu'il appartient aujourd'hui d'achever ton ouvrage et d'accélérer la décision de notre part que mille et mille incidents peuvent encore reculer d'une manière indéfinie. »
  175. Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., pp. 81-82.
  176. Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, 1988, p. 67.
  177. Voir Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., p. 70, et Alphonse Aulard, La Société des Jacobins : recueil de documents pour l'histoire du club des Jacobins de Paris, 1889-1897, t. VI, pp. 1-2.
  178. Alphonse Aulard, La Société des Jacobins : recueil de documents pour l'histoire du club des Jacobins de Paris, 1889-1897, t. V, p. 526-531.
  179. Voir les Annales révolutionnaires, tome VII, p. 255, et Claude François Beaulieu, Essais historiques sur les causes et les effets de la Révolution de France, avec des notes sur quelques évènements et quelques institutions, 1803, t. VI, p. 10-11, note 1.
  180. Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., p. 70.
  181. Benoît-Louis Le Duc, dit l'abbé Le Duc, né le 7 février 1764, mort en 1837, fils naturel de Louis XV et de Louise-Jeanne Tiercelin de La Colleterie (1746-1779), dite Mme de Bonneval.
  182. Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., p. 71. Cette brochure a été éditée dans les Annales révolutionnaire, tome II, p. 436.
  183. Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., p. 82.
  184. Albert Mathiez, « Robespierre terroriste », dans Études sur Robespierre, op. cit., p. 82, qui reprend les Annales révolutionnaires, t. VII, p. 105-106. Voir également Louis Blanc, Histoire de la révolution française, p. 278 et Claude François Beaulieu, Essais historiques sur les causes et les effets de la Révolution de France, avec des notes sur quelques évènements et quelques institutions, 1803, t. VI, p. 4.
  185. Maximilien de Robespierre, Rapport sur les principes du Gouvernement révolutionnaire, 25 décembre 1793 (5 nivôse an)  Rapport du 5 nivôse an II sur les principes du Gouvernement révolutionnaire.
  186. Jean-Daniel Piquet (2002), p. 155 ; Œuvres de Maximilien Robespierre, vol. IV, Paris, Société des études robespierristes, 1939, p. 84 .
  187. Jean-Daniel Piquet (2002), p. 259.
  188. Georges Hardy (1920).
  189. Maximilien de Robespierre, Œuvres, tome X, p. 173-174 ; Aimé Césaire (1981), p. 186 ; Yves Bénot (1987-2004), p. 81.
  190. Maximilien de Robespierre, Textes choisis, vol. troisième : novembre 1793-juillet 1794, Éditions sociales, 1958, p. 67 , introduction et notes explicatives par Jean Poperen.
  191. Albert Mathiez (1988), p. 136.
  192. Jean-Daniel Piquet (2001), p. 69-91.
  193. Yves Bénot, « Comment la Convention a-t-elle voté l'abolition de l'esclavage en l'an II ? », dans Annales historiques de la Révolution française, no 293-294, 3e-4e trimestre 1993, p. 349-361 [texte intégral]  ; Jean-Daniel Piquet (2002), p. 327-328 ; Jean-Daniel Piquet (2001), p. 69-91.
  194. Jean-Daniel Piquet (1996), p. 713-717
  195. Florence Gauthier(1992), p. 260.
  196. Florence Gauthier, « Inédits de Belley, Mills et Dufay, de Roume et du comité de salut public concernant le démantèlement du réseau esclavagiste en France », dans Annales historiques de la Révolution française, no 302, octobre-décembre 1995, p. 607-611 .
  197. a, b, c, d et e Albert Mathiez, « Robespierre et le culte de l'Être suprême », Études sur Robespierre, Messidor/Éditions sociales, 1988, p. 146-171.
  198. Œuvres de Maximilien Robespierre, tome VIII, p. 230 et suivantes.
  199. Œuvres de Maximilien Robespierre, tome X, p. 194.
  200. Alphonse Aulard, Recueil des Actes du Comité de Salut public, tome VIII, p. 58.
  201. Alphonse Aulard, Recueil des Actes du Comité de salut public avec la correspondance des représentants en mission.
  202. Journal des Débats & Décrets, Œuvres de Maximilien Robespierre, Tome X, p. 239.
  203. Guillaume Lallement, Choix de rapports, opinions et discours prononcés à la Tribune Nationale depuis 1789 jusqu'à ce jour, A. Eymery, 1820 [lire en ligne], p. 251 .
  204. Alphonse Aulard, Recueil des Actes du Comité de salut public avec la correspondance des représentants en mission, vol. IX, p. 443 .
  205. Discours fait et prononcé par le citoyen Monvel, dans la section de la Montagne, le jour de la fête de la Raison, célébrée dans la ci-devant église de St.-Roch, le 10 frimaire, an 2e de la République, une et indivisible. Ce discours est disponible sur Gallica.
  206. Alphonse Aulard, Recueil des Actes du Comité de salut public avec la correspondance des représentants en mission, vol. VIII, p. 314, note 1 .
  207. Alphonse Aulard, Recueil des actes du Comité de Salut Public…, tome X, p. 211.
  208. Alphonse Aulard, Recueil des Actes du Comité de salut public avec la correspondance des représentants en mission, vol. X, p. 232 .
  209. Procès-verbaux du Comité d’Instruction publique de la Convention nationale, tome III, p. 267.
  210. Procès-verbaux du Comité d’Instruction publique de la Convention nationale, tome III, p. 315.
  211. Procès-verbaux du Comité d’Instruction publique de la Convention nationale, tome III, p. 508.
  212. Œuvres de Maximilien Robespierre, tome X, p. 444.
  213. Raymond Aubert, Journal d’un bourgeois de Paris sous la Révolution, p. 388. Nicolas Célestin Guittard : « Le dimanche 8 juin, jour de la Pentecôte ancien style, on a fait une grande cérémonie au Champ de Mars. On y avait fait un rocher et on a rendu pour la première fois à l’Éternel des hommages. Il a fait très beau, il y avait plus de 400 mille personnes. Une très belle fête. »
  214. Albert Soboul, La Révolution Française, p. 371.
  215. Cf. Alphonse Aulard, Les Grands orateurs de la Révolution, Mirabeau, Vergniaud, Danton, Robespierre.
  216. Michel Biard, Collot d'Herbois: légendes noires et Révolution, Presses Universitaires de Lyon, 1995, 225 p. (ISBN 2729705120), p. 176 , juge que la thèse d'un complot du comité de sûreté générale, avancée par Arnaud de Lestapis, « Autour de l'attentat d'Admirat », dans Annales historiques de la Révolution française, 1957 ; 1959, p. 6-18 ; 106-120 , et Olivier Blanc, Les Hommes de Londres, Paris, Albin Michel, 1989 , « séduisante pour mieux comprendre les événements de Thermidor » souffre « du peu de fiabilité des sources sur lesquelles elle repose ».
  217. Jean-François Fayard, Les 100 jours de Robespierre, Grancher, 2005, 203 p., p. 74 .
  218. Sur l'épisode Cécile Renault, voir Olivier Blanc, Les hommes de Londres, Paris, Albin Michel, 1989, p. 100-120 et 228-229  ; Gérard Walter, Maximilien de Robespierre, Gallimard, 1989 , deuxième partie, chapitre VI, sous-partie « Ombres de prairial ».
  219. Laurent Lecointre, Les crimes des anciens membres des comités de salut public et de sûreté générale, Maret, an III (1794) [lire en ligne] .
  220. Claude-François Beaulieu, Essais historiques sur les causes et les effets de la Révolution de France, vol. VI [lire en ligne], p. 2 .
  221. Claude-François Beaulieu, Essais historiques sur les causes et les effets de la Révolution de France, vol. V [lire en ligne], p. 492-493 .
  222. Denis Woronoff, La République bourgeoise de Thermidor à Brumaire, 1794-1799, tome 3 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Le Seuil, coll. Points Histoire, 2004, p. 10-11.
  223. Roger Dupuy, La République jacobine: Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire (1792-1794), Le Seuil, coll. Points Histoire, 2005, considère, p. 283-322, que Robespierre s'était efforcé de maintenir l'alliance de la Convention avec le mouvement populaire des sans-culottes, dont les effectifs devaient permettre d'assurer le triomphe de la Révolution, en tentant de la concilier avec la constitution d'une armée efficace et le renforcement du pouvoir central, tous deux nécessaires pour faire face à la menace extérieure et intérieure.
  224. Gérard Walter (1989), p. 615-616.
  225. Gérard Walter (1989), p. 621-624.
  226. Gérard Walter (1989), p. 616-621.
  227. Gérard Walter (1989), p. 624-628.
  228. Gérard Walter (1989), p. 628-631.
  229. Gérard Walter (1989), p. 631-634.
  230. Gérard Walter (1989), p. 634-636.
  231. Annie Petit, Jean Ehrard (dir.) et Antoinette Ehrard (dir.), Images de Robespierre, Naples, Vivarium, 1996, « Robespierre vu par les Positivistes », p. 109-138 .
  232. Gérard Walter (1989), p. 636-641.
  233. Gérard Walter (1989), p. 641-645.
  234. Gérard Walter (1989), p. 645-650.
  235. Antoine Court, Jean Ehrard (dir.) et Antoinette Ehrard (dir.), Images de Robespierre, Naples, Vivarium, 1996, « Lamartine et Robespierre (1843-1847) », p. 93-107 .
  236. Gérard Walter (1989), p. 650-659.
  237. Gérard Walter (1989), p. 659-661.
  238. Gérard Walter (1989), p. 661-662.
  239. a et b Michel Vovelle, Jean Ehrard (dir.) et Antoinette Ehrard (dir.), Images de Robespierre, Naples, Vivarium, 1996, « Robespierre dans l'historiographie universitaire républicaine (Aulard, Mathiez, Lefebvre, Soboul) », p. 93-107 .
  240. Gérard Walter (1989), p. 662-663.
  241. Joël Schmidt (2011), p. 321.
  242. « L'inventeur de la démocratie totalitaire », dans L'Express, 1er novembre 2004 [texte intégral] 
  243. Pierre Serna, « Il faut sauver Robespierre ! », dans Le Monde, 4 mai 2011 [texte intégral] .
  244. AFP, « Mobilisation pour sauver des manuscrits de Robespierre de l'exil », dans L'Express, 13 mai 2011 [texte intégral] .
  245. AFP, « Les Archives de France acquièrent un manuscrit de Robespierre », dans Libération, 12 mai 2011 [texte intégral] 
  246. 65 000 euros pour un lot de lettres d'Augustin Robespierre à son frère et des missives adressées à Philippe Le Bas, 750 000 euros pour les brouillons de discours, d'articles et de rapports de Robespierre, sommes auxquelles s'ajoute la commission d'achat. Voir « Les écrits de Robespierre à 900.000€ », dans Le Figaro, 18 mai 2011 [texte intégral] .
  247. Alain Maillard (dir.), Claude Mazauric (dir.) et Éric Walter (dir.), Présence de Babeuf: lumières, révolution, communisme : actes du colloque international Babeuf, Amiens, les 7, 8 et 9 décembre 1989, Publications de la Sorbonne, 1994, 334 p. [lire en ligne], « De Babeuf au babouvisme : réceptions et appropriations de Babeuf aux XIXe et XXe siècles », p. 268 
  248. a et b Max Milner, Jean Ehrard (dir.) et Antoinette Ehrard (dir.), Images de Robespierre, Naples, Vivarium, 1996, « Regards croisés sur Robespierre: Balzac et Nodier », p. 323-339 .
  249. Angels Santa, Jean Ehrard (dir.) et Antoinette Ehrard (dir.), Images de Robespierre, Naples, Vivarium, 1996, « Le Robespierre d'Alexandre Dumas », p. 341-360 .
  250. George Sand, Histoire de ma vie, vol. 1, Paris, Michel Lévy frères, 1856 [lire en ligne], p. 181-182 
  251. Gérard chalaye, Simone Bernard-Griffiths (dir.) et Annie Jouan-Westlund (dir.), Lire Histoire de ma vie de George Sand: études, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2006, 385 p. [lire en ligne], « Histoire, révolution, violence... dans Histoire de ma vie », p. 98 .
  252. Joël Schmidt (2011), p. 308.
  253. Roger Bellet, Jean Ehrard (dir.) et Antoinette Ehrard (dir.), Images de Robespierre, Naples, Vivarium, 1996, « L'image de Robespierre sous la plume de Jules Vallès », p. 361-377 .
  254. Louis Blanc, Histoire de la Révolution française, vol. tome XI, Paris, Langlois et Leclerq, Furne et Cie, 1861 [lire en ligne], p. 178 .
  255. Ernest Hamel, tome 3 (1867), p. 296
  256. a, b et c Patrick Berthier, Jean Ehrard (dir.) et Antoinette Ehrard (dir.), Images de Robespierre, Naples, Vivarium, 1996, « Robespierre au théâtre », p. 361-377 .
  257. Henry Nelson Coleridge, The Literary Remains of Samuel Taylor Coleridge, Londres, Pickering, 1836, p. 2-3 .
  258. Richard Holmes, Coleridge, New York, Pantheon Books, 1989, p. 73-78 .
  259. Antoine de Baecque et Annie Jourdan (dir.), Robespierre: figure-réputation, Rodopi, 1996, « Le tableau d'un cadavre. Les récits d'agonie de Robespierre: du cadavre hideux au dernier héros », p. 169-202 .
  260. « Discours prononcé à Arras lors du banquet républicain du 11 juin 1988 par M. Jacques Herreyre, secrétaire du comité d'Arras de l'ARBR », dans Annales historiques de la Révolution française, vol. 274, no 274, 1988, p. 495-497 [texte intégral] .
  261. Alfred Fierro, Histoire et mémoire du nom des rues de Paris, Parigramme, 1999, 430 p., p. 95 .
  262. a et b « Robespierre l'indésirable », dans L'Histoire, no 367, septembre 2011, p. 18 .
  263. a, b, c et d Maurice Agulhon, Jean-Pierre Jessenne (dir.), Gilles Deregnaucourt (dir.), Jean-Pierre Hirsch (dir.) et Hervé Leuwers (dir.), Robespierre. De la Nation artésienne à la République et aux Nations, Centre d'histoire de la Région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest, Université Charles de Gaulle-Lille III, 1994, « Robespierre posthume: le mythe et le symbole », p. 443-453 .
  264. Gustave Laurent, « Le boulevard Robespierre à Reims », dans Revue historique de la Révolution française, Bader et Mongenet, vol. 14, 1922, p. 211-214 [texte intégral] 
  265. « Nécrologie », dans Annales historiques de la Révolution française, Firmin-Didot et cie, vol. 22, 1950, p. 189 .
  266. Christian Olive, Monique Clavel-Lévêque (dir.) et Rosa Plana-Mallart (dir.), Cité et territoire : colloque européen, Béziers, 14-16 octobre 1994, Presses universitaires de Franche-Comté, 1995, 274 p. (ISBN 978-2-251-60565-4), « Les découvertes récentes à Béziers dans leur contexte archéologique », p. 209 .
  267. « L'Hommage d'Arras à Robespierre », dans Revue historique de la Révolution française, Bader et Mongenet, vol. 15, 1923, p. 447 [texte intégral] .
  268. Bi-centenaire de la naissance de Robespierre (1758-1958), Société des études robespierristes, 1958, 95 p., p. 17 .
  269. a et b Sur les traces de Maximilien Robespierre dans sa ville natale.
  270. Maison Robespierre à Arras.
  271. a et b Maryline Crivello-Bocca, L'Écran citoyen: la Révolution française vue par la télévision de 1950 au Bicentenaire, L'Harmattan, 1998, 276 p. [lire en ligne], p. 74-87 .
  272. William Doyle et Colin Haydon, « Robespierre : after two hundred years » (1999), p. 3.
  273. Michel Vovelle, « Discours prononcé au théâtre d'Arras le 11 juin 1988 par M. Michel Vovelle, directeur de l'Institut d'Histoire et de la Révolution, co-président de la société d'études robespieristes: Pourquoi nous sommes encore robespierristes », dans Annales historiques de la Révolution française, no 274, 1988, p. 498-506 [texte intégral] .
  274. Maryline Crivello-Boccas et Marie-Françoise Lévy (dir.), La Télévision dans la République: les années 50 Couverture, Éditions Complexe, 1999, 242 p. [lire en ligne], « L'écriture de l'histoire à la télévision. La mobilisation des consciences : La Caméra explore le temps (1956-1966) », p. 101 

Notes

  1. L'épuration du Comité de sûreté générale, au mois de septembre 1793, tenait à l'existence d'un véritable trafic d'influence au sein de la police politique : la révélation du scandale de la liquidation de la Compagnie des Indes a donné une consistance juridique et politique à ces pratiques de corruption.
  2. Né à Dole le 21 mai 1747, Antoine-François Ève, dit Maillot ou Demaillot, est le fils d'un avocat ; étudiant en droit à Besançon, il s'engage comme soldat puis sergent au régiment de Guyenne avant de déserter, passe à Amsterdam où, pendant huit ans, il exerce le métier de comédien, puis rentre en France. Précepteur de Saint-Just, auteur de comédies et d'opéras-comiques, il devient journaliste et adhère au club des Jacobins. Le 1er frimaire an IV, il fonde avec Leuliette L'Orateur plébéien. Arrêté en juin 1808 pour avoir conspiré aux côtés du général Malet, il demeure six ans enfermé dans les prisons parisiennes. Sorti de prison, il meurt le 18 juillet 1814 à l'hôpital Dubois, à l'âge de 67 ans. Voir Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, ceux d'hier, 2 volumes, vol. I, p. 499.
  3. Voir Alphonse Aulard, les Actes du Comité de salut public. Le 9 mai, « Le Comité de salut public arrête que le rapport de Robespierre sur les idées religieuses et morales avec les principes républicains, et sur les fêtes nationales, sera imprimé au nombre de deux cent mille exemplaires, et qu’il en sera imprimé vingt-six mille cinq cents exemplaire par le citoyen Deltusso, vingt-six mille cinq cents par le citoyen Charpentier de Paris, vingt-sept mille par le citoyen Nicolas, et vingt mille par l’imprimerie nationale. » Signé : B. Barère, Billaud-Varenne, Collot-d’Herbois (tome XIII, p. 387, n° 4). Le 11 mai, Collot-d’Herbois arrêta « que le citoyen Nicolas fera imprimer quinze mille exemplaires du discours de Robespierre du 18 floréal, in-12, et quinze mille format in-8, dont il fournira mémoire » (tome XIII, p. 431). Le 12 mai, le Comité (Couthon, Robespierre, Collot-d’Herbois et B. Barère) « arrête qu’au frontispice des édifices ci-devant consacrés au culte on substituera à l’inscription : Temple de la Raison, ces mots de l’article 1er du décret de la Convention nationale du 18 floréal : Le Peuple français reconnaît l’Être suprême et l’Immortalité de l’âme. Le Comité arrête pareillement que le rapport et le décret du 18 floréal seront lus publiquement les jours de décade pendant un mois dans les édifices. Les agents nationaux près les communes de la République sont chargés de l’exécution du présent arrêté : ils en rendront compte sans délai au Comité. – Écrit par Couthon (tome XIII, p. 459, n° 1). Le 24 juin, le Comité (B. Barère) autorisa le citoyen Smits, « imprimeur des rapports du Comité en caractères et langue allemands », à imprimer 1 500 exemplaires du rapport de Robespierre (tome XIV, p. 482, n° 2). Le 24 juillet (6 thermidor), le Comité (B. Barère, Carnot, Billaud-Varenne et Collot-d’Herbois) chargea Rühl de diffuser la traduction en allemand de ce rapport dans les départements du Haut et du Bas-Rhin et dans quelques districts de la Moselle et de la Meurthe (tome XV, p. 398, n° 7).
  4. Exemples parmi tant d’autres : le 13 novembre 1793, de Périgueux, Roux-Fazillac avait écrit à la Convention : « Le premier jour de cette décade [le 11 novembre – 21 brumaire], on a célébré dans l’ancienne cathédrale de cette commune, en l’honneur de ces deux martyrs de la liberté, une fête en même temps simple et majestueuse. Une montagne escarpée en était la seule décoration. Le Peletier et Marat la gravissaient pour aller couronner la liberté, et, arrêtés dans leur marche, ils succombaient sous le fer de leurs assassins. » Le 1er décembre 1793, Dumont, représentant dans la Somme, avait écrit à la Convention : « Je reviens de Péronne, où la fête de la Raison se célèbre avec toute la simplicité de la nature, tout l’ordre des vrais républicains et dans les épanchements de la plus douce fraternité. Une montagne couverte de gazon était élevée sur la place ; une femme représentant la liberté était à la cime… » Le 3 décembre, d’Arles, Goupilleau (de Montaigu), chargé de la levée des chevaux, écrivit à la Convention : « Nous avons célébré solennellement la dernière décade [10 frimaire – 30 novembre] ; les citoyens sous les armes, tous les corps administratifs et judiciaires dans leurs costumes, et le peuple d’Arles, ayant à leur tête une charrue précédée d’une musique militaire, ont fait une procession civique dans les principales rues et autour de la commune d’Arles, au bruit de plusieurs salves d’artillerie qui annonçaient au loin l’anéantissement du fanatisme. Dans le port, tous les bâtiments avaient déployé le pavillon de la République. Le cortège se rendit ensuite sur une place publique, où, au pied d’une belle colonne de granit d’une seule pièce, qui fut autrefois sculptée par les Romains et que les invariable Monnaidiers ont consacré à la mémoire de Marat, le procureur de la Commune, monté sur le soc de la charrue, prononça un discours analogue aux circonstances, après lequel on mit le feu à tous les confessionnaux de la commune, qu’on y avait amoncelés ; la fête finit par force farandoles et des cris répétés de Vive la République ! » Voir Alphonse Aulard, Recueil des actes du Comité de salut public avec la correspondance officielle des représentants en mission, tome VIII, p. 462 ; tome IX, p. 83, 144.
  5. Cette affaire est à mettre en rapport avec des lettres particulières exhumées par Barère, qui les lut à la Convention et selon lesquelles « dans un bal masqué à Londres, bal moitié politique, on avait remarqué une Charlotte Corday sortie du tombeau et poursuivant Robespierre un poignard à la main », séance du 24 prairial an II.

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Précédé par Maximilien de Robespierre Suivi par
Marie-Jean Hérault de Séchelles
Président de la Convention
22 août-5 septembre 1793
Jacques Nicolas Billaud-Varenne
Claude-Antoine Prieur-Duvernois
Président de la Convention
4-19 juin 1794
Élie Lacoste



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  • Exécution de Maximilien de Robespierre — Arrestation de Robespierre À la suite des événements du 9 thermidor, Maximilien Robespierre, décrété hors la loi, fut exécuté le 10 thermidor de l’an II (28 juillet 1794). Il fut amené en charrette sur la place de la Révolution en compagnie de 21 …   Wikipédia en Français

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