Mediapart

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Mediapart
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Pays Drapeau de France France
Langue Français
Périodicité Quotidienne
Genre Presse nationale
Diffusion Internet ex. (2008)
Fondateur Edwy Plenel
Date de fondation 2008
Éditeur 8, passage Brulon
12e arrondissement, Paris

Directeur de publication Edwy Plenel
Site web mediapart.fr

Mediapart est un journal d'information et d'opinion sur le Web de type pure player créé en 2008 à l'initiative des journalistes François Bonnet, Gérard Desportes, Laurent Mauduit et Edwy Plenel[1]. À la différence de Rue89 ou de Slate.fr, autres pure player français, l'accès au contenu du site est proposé via un abonnement payant. Ce type de fonctionnement vise à proposer une ligne éditoriale indépendante. Le journal aurait ainsi atteint l'équilibre financier à l'automne 2010[2].

Dans la pratique, Mediapart se présente avec deux entrées principales : Le Journal, tenu par les journalistes professionnels de la rédaction, et Le Club, animé par les internautes abonnés de façon collaborative.

Le journal a joué un rôle clé dans la publication de l'Affaire Woerth-Bettencourt en 2010.

Sommaire

Caractéristiques

Projet économique et éditorial

Économiquement, Mediapart défend un modèle mixte où l'abonnement payant des internautes garantirait la valeur et l'indépendance du travail des journalistes, tout en permettant l'accès à un club participatif de qualité dont tous les contenus sont en accès libre. Critiquée à ses débuts par les défenseurs de la gratuité totale de l'information sur Internet, cette expérience nourrit depuis le débat sur les modèles économiques viables pour la presse numérique, dans un contexte de crise économique. Avec plusieurs autres pure players, Mediapart est à l'initiative de la création, à l'automne 2009, du Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL), dont Edwy Plenel est le secrétaire général[3].

Éditorialement, Mediapart prône une « radicalité démocratique », ainsi que la critique systématique du pouvoir personnel de Nicolas Sarkozy, président de la République française depuis 2007. Le site présidé par Edwy Plenel serait ainsi devenu le carrefour de diverses oppositions à l'« hyperprésidence ». En mai 2009, Mediapart a publié sous sa signature un manifeste, Combat pour une presse libre, réflexion professionnelle sur la crise des médias et critique politique de la présidence Sarkozy. Dans le même esprit, en décembre 2009, Mediapart a lancé un appel contre le débat officiel sur l'identité nationale, Nous ne débattrons pas. Signé par des personnalités allant de Dominique de Villepin à Olivier Besancenot, en passant par le centre, la gauche, les écologistes, etc., cet appel a rapidement recueilli plusieurs milliers de signatures[4].

Controverse sur le nom Mediapart

Le titre initialement projeté, MediaPart, a rencontré l’hostilité de la holding Média-Participations, vaste groupe d’édition comprenant entre autres une agence de presse religieuse et une activité éditoriale dans le domaine de la bande dessinée, de la vie pratique et de l’édition religieuse. Une action en justice fut même entamée pour contrefaçon, qui n'a toutefois pas dépassé le stade de la conciliation. Média-Participations qui espérait concourir pour le rachat d'Editis a jugé qu'il valait mieux qu'on ne parle pas trop d'elle[réf. nécessaire]. Ce qui n'était qu'un nom de code temporaire est devenu, de fait, à ce moment-là, le nom du site. Devant la campagne d’appel à l’opinion publique de MediaPart, Média-Participations, en effet, a renoncé à son action judiciaire et accepté la transformation du titre du journal en Mediapart. Un accord est intervenu sur la délimitation des champs d’activité de chacune des entreprises[5]. Certains ont pu voir paradoxalement dans cette affaire une campagne de promotion de ce nouveau projet journalistique[6].

Structure

Mediapart est édité par la Société Editrice de Mediapart (SAS).

  • Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 24 octobre 2007.
  • Capital social : 1 958 930 €. Immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS.
  • Conseil de direction : François Bonnet, Jean-Louis Bouchard, Michel Broué, Laurent Mauduit, Edwy Plenel (Président), Marie-Hélène Smiéjan, Thierry Wilhelm.
  • Actionnaires directs et indirects : Godefroy Beauvallet, François Bonnet, Gérard Desportes, Laurent Mauduit, Edwy Plenel, Marie-Hélène Smiéjan ; Laurent Chemla, F. Vitrani ; Société Ecofinance, Société Doxa ; Société des Amis de Mediapart.
  • Conception et hébergement du site : la version initiale de Mediapart a été conçue et développée avec l'agence La Netscouade sous le CMS Drupal (version 5) ; la version actuelle, depuis 2009, a été remaniée et portée sous Drupal 6 par le pôle Web de Mediapart et la société arNumeral ; le site est hébergé par la société Cursys.

Les soutiens de Mediapart

Mediapart a reçu pendant sa campagne d’abonnements initiale de nombreux soutiens[7] qui se sont manifestés dans une série de vidéos publiées sur le pré-site (voir entre crochets les interviews de chacun de ces soutiens sur Dailymotion).

De nature diverse, beaucoup viennent de femmes et d’hommes politiques de l'opposition au parcours variés : Noël Mamère[8], de François Bayrou[9], Dominique de Villepin[10] ou François Hollande[11] à Arnaud Montebourg[12], Olivier Duhamel[13] et Catherine Trautmann[14], de Malek Boutih[15] et Khiari Bariza[16] à Daniel Cohn-Bendit[17], José Bové[18] et Olivier Besancenot[19].

Le soutien qui fit le plus de bruit[20] fut celui de Ségolène Royal, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007, qui recommanda l’abonnement[21] à tous les adhérents de son association Désirs d’avenir. Le directeur Edwy Plenel fut accusé de créer, sans l’avouer, un quotidien à son service. Ce fut l'objet de débats nombreux à l'intérieur et à l'extérieur de Mediapart. L’un des arguments les plus utilisés fut la collaboration entre Mediapart et l’agence Internet La Netscouade[22], créée par Benoît Thieulin qui fit partie de l’équipe de campagne de Ségolène Royal. Le débat a repris avec la phase préparatoire du Congrès de Reims du PS[23]. En effet, de nombreux médias[réf. nécessaire] ont vu dans la prise de parole d'Edwy Plenel[24] au cours d'un événement organisé par Ségolène Royal à la Maison de la Chimie le samedi 28 juin 2008[25] une affiliation du président de Médiapart à la ligne politique de la candidate socialiste. Edwy Plenel a répondu aux critiques ainsi : « Je serai là samedi pour intervenir sur la liberté de la presse, pas pour appeler à voter Ségolène Royal. Je réponds à toutes les invitations pour évoquer ce sujet. Et je répondrai positivement à toutes les autres têtes d'affiche du PS (et des autres partis), si elles me demandaient de venir parler d'indépendance des médias à leurs militants. »[26]. Suite à cette affaire, le Club de Mediapart a longuement polémiqué dans un article signé « Serval » de manière très passionnée concernant le bien-fondé de la candidature « Royal » à l’élection présidentielle de 2007[27]. « Serval » a depuis résilié son abonnement, ne souhaitant pas, selon ses propres termes[réf. nécessaire] « être cantonné au rôle de caution « indépendante » vu qu'il existe, au sein du Club, une zone de non-droits d'expression dès que l'on porte un regard critique sur Ségolène Royal ».

De l'autre, E. Plenel écrit, le 11 juillet pour remercier ses soutiens face aux attaques en provenance de l'Elysée : "Loin d'être les otages d'un seul camp ou les relais d'un seul parti, Mediapart a su réunir, dans sa brève mais déjà riche histoire, autour d'initiatives ou de révélations, des personnalités fort différentes, aussi bien gaullistes que socialistes, écologistes que communistes, centristes que radicales."[28].

À côté des politiques, on relève des hommes de médias comme Michel Field[29], des syndicalistes comme Jean-Claude Mailly[30], le secrétaire général de la CGT-FO, ou Patrick Pelloux[31], président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF) ; mais aussi des avocats (Jean-Pierre Mignard, William Bourdon[32]), des historiens (Jean-Pierre Azéma[33], Gérard Noiriel[34], André Burguière[35], Benjamin Stora[36], Patrick Weil[37]), des chercheurs comme le spécialiste des sciences de l’éducation Philippe Meirieu[38] ou le mathématicien Michel Broué[39], des femmes et hommes de lettres (Jorge Semprún[40], Stéphane Hessel[41], Marie Darrieussecq[42], Thomas Gunzig[43], Jean-Marc Roberts[44], Patrick Rotman[45], Emmanuel Tugny[46]...), des artistes de cinéma (Cédric Klapisch[47]) ou de la mode (Muriel Mesguich[48]), des militants associatifs, des étudiants...

Les critiques

A droite, le secrétaire de l'UMP Xavier Bertrand a dénoncé en juillet 2010, sur RMC, les "méthodes antidémocratiques" du journal et de son rédacteur en chef Edwy Plenel, parlant même de "méthodes fascistes" en marge d'un meeting : «Quand certains médias notamment un site qui utilise des méthodes fascistes à partir d'écoutes qui sont totalement illégales (. ..) mais dans quel monde on est, dans quel monde on est !» Ces déclarations faisaient suite à des publications d'écoutes par le journal dans le cadre de l'affaire Bettencourt[49],[50]. Mediapart a répliqué par une plainte en diffamation[51],[52]. Le ministre est mécaniquement mis en examen le 30 juin 2011[50].

Équipe au 1er juillet 2008

(Entre parenthèses quelques-uns des organes de presse auxquels les journalistes ont collaboré)[53]

Équipe de direction

  • Président et directeur de la publication : Edwy Plenel (Le Monde)
  • Directeur éditorial : François Bonnet (Libération, Le Monde, Marianne),
  • Directrice financière : Marie-Hélène Smiéjan
  • Directeur technique : Nicolas Silberman
  • Directrice de la communication : Yolande Laloum-Davidas
  • Directrice Exécutive : Hélène Fromen

Équipe de rédaction initiale

Aspects économiques

La direction de Mediapart considère qu’un journal numérique est un journal au même titre qu’un journal sur support papier. Elle a déposé une demande à la Commission paritaire (direction des médias, premier ministre) pour que Mediapart soit reconnu comme entreprise de presse. Elle ne l'a pas obtenu et a introduit un recours gracieux dans la perspective d’un éventuel appel devant le Conseil d'État[54].

Capital

Mediapart a rassemblé un capital de presque 3 millions d’euros pour son lancement le 16 mars 2008, avec une augmentation de 700 000 euros assurée pour le second trimestre 2008.

Sur ces 3 millions, 1,325 million a été fourni par les apports personnels des fondateurs (550 000 investis par Edwy Plenel et le même montant par Marie-Hélène Smiejan, 100 000 euros par Laurent Mauduit, 80 000 euros par François Bonnet, 40 000 euros par Gérard Desportes).

Le complément provient d’une Société des Amis de Mediapart, présidée par le mathématicien Michel Broué, réunissant 46 membres fondateurs (dont Xavier Niel, cofondateur d’Iliad-Free, actionnaire pour 100 000 euros, Maurice Lévy, PDG de Publicis, pour 5 000 euros, François Vitrani, directeur général de la Maison de l’Amérique latine, pour 5 000 euros également). La SAM représente un montant total de 504 000 euros, auxquels s’adjoint 1 million d’euros à parts égales entre les investisseurs Écofinance (Jean-Louis Bouchard) et Doxa Jean (Thierry Wilhelm)[55].

Modèle économique

Le journal a choisi une parution sans publicité. L’accès à la page d’accueil est gratuit mais la lecture du journal lui-même n’est possible que par abonnement payant (tarifs en 2008 : 9 € par mois, 5 € pour les étudiants et chômeurs, 15 € pour un abonnement de soutien ; abonnements annuels à 90, 50 et 150 €). L’adhésion payante est conçue comme le seul moyen de garantir au lecteur qualité éditoriale et véritable indépendance.

Ce choix économique résulte, selon les fondateurs de Mediapart, des difficultés que connaît la presse française : « seul le Web permet de lancer aujourd’hui en France un quotidien indépendant d’information généraliste. Tous les autres supports nécessitent des investissements initiaux très lourds, donc dépendants de puissances financières, soit directement en tant qu’actionnaires, soit indirectement en tant qu’annonceurs publicitaires. » Cette défense d'une presse payante doit affronter le mode de fonctionnement traditionnellement gratuit sur l'Internet, d'aucuns voyant déjà « Mediapart : mort-né ».

Le principe du gratuit, qui a tant bouleversé ces dernières années la presse en ligne comme les journaux traditionnels, arriverait au contraire selon les promoteurs de Mediapart à ses limites. Son choix de devenir un journal de référence passerait ainsi par la réaffirmation d'une presse payante : « les recettes publicitaires actuelles sur Internet sont calculées pour des millions de visiteurs, donc pour un contenu attirant une audience grand public peu compatible avec les exigences d’une presse de qualité et de référence. »

L’objectif affiché est enfin de rassembler environ 65 000 abonnés au bout de la troisième année, ce qui permet d’évaluer à environ 4 millions d’euros les besoins de financement du journal sur la période. Le directeur éditorial, François Bonnet, a déclaré le 17 juin 2008 que le site avait 8 000 abonnés[56].

En juin 2010, un journaliste de Mediapart indique que « le plan a été revu pour pouvoir atteindre un équilibre financier autour de 40 000 et reculer l'échéance à 2012. Ce qui laisse un an et demi pour trouver 15 000 ou 20 000 nouveaux abonnés »[57]. Le déclenchement de l'affaire Woerth-Bettencourt a fait gagner au site 5 000 abonnés au mois de juin, site qui en compte près de 30 000[58] en juillet 2010.

En septembre 2010, les 40 000 abonnés sont atteints[59]. 47 500 abonnés sont comptabilisés début 2011, assurant l'équilibre financier du titre[2].

Lors de la conférence de presse anniversaire des 3 ans, le 10 mars 2011, les indications suivantes sont fournies [60]:

  • Mediapart a arrêté de perdre de l'argent depuis septembre 2010
  • bilan 2010 : 4,4 millions d'euros de dépenses, 3 millions d'euros de recettes
  • 46800 abonnes actifs payants fin 2010, 49.000 abonnés à ce jour en comptant les licences
  • 95% des revenus de Mediapart viennent de l'abonnement
  • équipe de 36 CDI, 1 CDD et des stagiaires
  • 20% des abonnés sont des abonnés annuels à 90 euros
  • Plus de 90% des abonnés à 1 euro continuent après la période d'essai
  • Mediapart a levé 5,7 M€ depuis sa création, en majorité fondateurs, salariés et amis de Mediapart
  • objectif 58.000 abonnés fin 2011
  • Lectorat: Au départ 60% régions, 40% Idf, 90% en France, fréquentation continue

D'après le site Rue89[61] et l'Observatoire des subventions[62], Mediapart a, pour l'année 2009, reçu de l'Etat 200 000 euros de subventions, devenant ainsi un des premiers « journaux en ligne » à en bénéficier.

Contenus

Dans la pratique, Mediapart se présente avec deux entrées principales : Le Journal, tenu par les journalistes professionnels de la rédaction, et Le Club, animé par les internautes abonnés. Le pari de Mediapart est donc de faire cohabiter les articles de la rédaction du journal et les contributions des lecteurs (dans les éditions participatives, dans les blogs personnels : « ses lecteurs ont la liberté de faire vivre le débat, de le susciter et de l'animer par leurs contributions, de l'organiser depuis leurs éditions collectives, de le prolonger dans leurs blogs individuels »), la modération se faisant selon un principe de responsabilité individuelle et collective. Par delà l'indépendance éditoriale et économique, l'articulation bi-céphale entre Club et Journal serait, dans l'architecture même du site, la condition sine qua non pour faire de Médiapart « le journal de ses lecteurs ». La charte de participation à Mediapart expose les motifs et règles déontologiques en vigueur [63].

Les contenus du journal sont actualisés trois fois par jour (9 h/13 h/19 h). Chaque « Une » du journal (page d'accueil, page International, page France, page Économie, page Culture et idées) se présente en deux volets : la « Une » de la rédaction de Mediapart et la « Une » du Club, sélection d'articles des éditions ou de billets des blogs opérée par Mediapart. Le Club possède sa propre entrée, dont les articles mis en avant sont également choisis par la rédaction de Mediapart.

Enquêtes et dossiers

Mediapart s’est rapidement imposé par ses enquêtes fondées sur des documents (parfois non rendus publics mais vérifiés)[réf. nécessaire]. Ce fut le cas dès le début avec « Les Folles Dépenses de la ministre Rachida Dati », mais aussi avec la publication du réquisitoire du Parquet dans l’affaire Kerviel.

Un article, fondé sur une étude interne à la CGT (« Présence, audience de la CGT, un état des lieux »), a permis de mieux comprendre les débats qui traversent la centrale syndicale et d’approcher plus précisément ses effectifs réels. Une étude qualitative interne à GDF, portant sur le moral des cadres de l’entreprise pendant la période de la fusion avec Suez, a été remarquée[réf. nécessaire].

Les articles sur l’affaire EADS et les enquêtes des marchés financiers, sur les revenus des responsables des groupes du CAC 40, sur le « LBO, l'incroyable jackpot du monde fou de la finance », sur la volonté d’Areva d’acheter le parc nucléaire britannique, ont provoqué des remous dans les milieux enquêtés et parfois ont amené les responsables d’entreprise ou leurs chargés de communication à rompre avec leur refus initial de répondre aux questions du journal[réf. nécessaire].

En revanche, un article comme « Des juges contournent la loi pour utiliser des tests ADN "ethniques" »[64], n’a trouvé qu’un écho très limité dans le reste de la presse.

La rédaction de Mediapart prétend ainsi s'appuyer sur des articles d'investigation et d'analyse plus fouillés que ceux produits par la presse traditionnelle. Ce qui pose la question de la relation qu'entretiennent les autres journaux avec un nouveau-venu dans le paysage médiatique français : il semblerait en effet, selon l'article du 25 juin 2008 signé par la rédaction de Mediapart[65], que de nombreux confrères (l'AFP serait particulièrement visée) ont emprunté plusieurs informations exclusives sans respecter les règles d'usage dans ce cas.

Le 16 juin 2010, Mediapart a révélé l'existence et le contenu d'enregistrements effectués clandestinement en 2009 et 2010 au domicile de Liliane Bettencourt par son majordome, et montrant des relations inconnues jusqu'alors entre celle-ci et plusieurs membres du gouvernement, en particulier Éric Woerth et Valérie Pécresse, ainsi qu'avec le président de la République Nicolas Sarkozy lui-même, déclenchant l'affaire Woerth-Bettencourt[66]. Cependant, le 8 juillet 2010, le rapport d'un nouvel interrogatoire subi par l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, dont Le Figaro s'est procuré une copie, ferait apparaître que Mediapart aurait « romancé » les propos de l'ex-comptable en impliquant le président de la République[67]. La rédaction de Mediapart répond que l'article a retranscrit fidèlement les propos du témoin recueillis en présence de tiers[68],[69] et publie intégralement le procès-verbal de la déclaration de la comptable aux enquêteurs pour confirmer sa position. Commentant l'éclosion de cette affaire qui, selon lui, « affole le camp Sarkozy », le New York Times souligne que Mediapart propose un journalisme d'investigation que les médias dominants ne proposent plus guère en France[70].

Éditions participatives

Les éditions participatives sont des journaux thématiques collectifs publiés dans le Club. Les abonnés peuvent demander la création d’une édition participative sur une thématique précise selon leurs domaines d'expertise, leurs centres d'intérêts (arts, histoire, politique, divertissements, région, ville ou pays...). Certains journalistes de Mediapart sont également rédacteurs en chef d'une édition. Le but de ces éditions est de créér un contenu participatif, appariant Journal et Club. Le créateur d'une édition en devient le coordonnateur et animateur. Les éditions participant à Mediapart doivent, à ce titre, comme chaque contenu posté sur ce site, respecter la charte éditoriale.

Plus de 250 éditions ont été créées en date de 2010. Elles couvrent un spectre large et parmi les plus recommandées par les lecteurs, on peut distinguer les éditions suivantes :

Plus récemment, des éditions consacrées aux polars ou aux magazines ont été créées (l'édition Revues a été créée par Patrice Beray)

Le Club et ses blogs

Le Club et ses blogs se substituent de fait aux pages « Débats », « Idées », « Points de vue » (, etc.) de la presse papier, tandis que les commentaires des articles et billets remplacent les « courriers des lecteurs ».

Les blogs, au nombre de 400, jouent parfois un rôle de premier plan dans l’information. Par exemple, le blog « Histoire et politiques scolaires » de l’historien Claude Lelièvre assure une veille constante sur les questions de l’éducation. Les blogs d’autres historiens, politologues, économistes, à la renommée établie, sont également pourvoyeurs d’articles choisis par la rédaction pour figurer à la Une générale ou à la Une de chacune des quatre rubriques de base de Mediapart : Benjamin Stora, Paul Alliès, Bastien François

Certains blogs de journalistes sont relativement bien suivis. Le blog de Vincent Truffy, de concert avec celui de « Christel », une cadre en entreprise au blog vivant qui en avait eu l’initiative, a abrité une série en neuf épisodes[71] qui a suscité de nombreux commentaires.

Ce ne sont pas seulement les journalistes qui rendent compte de l’étranger : voir, par exemple, le blog de Yolaine Maillet (sur l’Irlande), le blog de Jean-Louis Legalery qui jette souvent un regard sur le monde à partir de la presse anglaise ou américaine.

Des blogs d’orientations politiques diverses se sont fait connaître, comme celui d’Ivan villa (Les Verts), de Philippe Corcuff (NPA), René Lorient (PS), Marie-Anne Kraft (Modem)… Mais on trouve aussi des blogs à orientation philosophique ou politico-philosophique (Mathieu Potte-Bonneville, Thierry Ternisien, Jean-Paul Yves Le Goff), littéraire (Stéphane Vallet, Dominique Conil), artistiques (Dominique Wittorski), ou des blogs de dessinateurs (Julien Revenu, Labul). Des blogs de professeurs des écoles (Sébastien Rome), de lycéens (Jonathan Dulché) ou simplement citoyens (Gwénaël Glâtre) attirent parfois beaucoup de lecteurs.

Notes et références

  1. « Qui sommes-nous ? », Mediapart
  2. a et b « Mediapart aurait atteint l’équilibre financier », 2 février 2011.
  3. Toutes les précisions sur le site du Spiil : [1]
  4. L'appel « Nous ne débattrons pas » est consultable ici : [2]
  5. E. Plenel, « Comment MediaPart est devenu Mediapart, premier épisode, deuxième épisode », 14 mars 2008. [3]
  6. Voir versac.net : « Et si le problème de Mediapart, c'était Plenel ? »
  7. Voir la liste des soutiens sur le pré-site de Médiapart
  8. [4]
  9. [5]
  10. [6]
  11. [7]
  12. [8]
  13. [9]
  14. [10]
  15. [11]
  16. [12]
  17. [13]
  18. [14]
  19. [15]
  20. Voir la critique d'Acrimed : « Royal soutient MediaPart : tempêtes dans un verre à dents… longues »
  21. Le Figaro: Quand Ségolène Royal fait de la pub pour Edwy Plenel », 14/12/2007
  22. Les clients de La Netscouade, dont Mediapart et Désirs d'Avenir. [16]
  23. Mediapart, « Ce que j’ai dit chez Ségolène Royal », 3 juillet 2008.
  24. [17]
  25. La vidéo de l'intervention à la Maison de la Chimie. [18]
  26. Médiapart, « Edwy Plenel roule-t-il pour Ségolène Royal ? », 27 juin 2008
  27. Chronique de la recherche (1) : Ségolène Royal est elle soluble dans l'acide ?
  28. Les Carnets libres d'E. Plenel, "Merci !", 11 juillet 2010.
  29. [19]
  30. [20]
  31. [21]
  32. [22]
  33. [23]
  34. [24]
  35. [25]
  36. [26]
  37. [27]
  38. [28]
  39. [29]
  40. [30]
  41. [31]
  42. [32]
  43. [33]
  44. [34]
  45. [35]
  46. http://blogs.mediapart.fr/blog/Emmanuel%20Tugny
  47. [36]
  48. [37]
  49. Médiapart: "Des dérapages très graves" selon Xavier Bertrand, jeanmarcmorandini.com, 8 juil. 2010
  50. a et b Bertrand mis en examen pour diffamation envers Mediapart, Le Parisien, 4 juil. 2011
  51. Mediapart poursuit Xavier Bertrand en diffamation, Mediapart, 7 juil. 2010
  52. La plainte de Mediapart contre Xavier Bertrand, Mediapart, 22 juil. 2010
  53. Archives Mediapart : vidéos « Pourquoi je rejoins Mediapart » et google.fr : passim.
  54. « Mediapart »
  55. Embruns, Carnet web de Laurent Gloaguen, 16 mars 2008 ; [38], 17 mars 2008. Mediapart
  56. (fr) Pascale Santi, « Rue89, MediaPart et Bakchich tentent d'inventer un nouveau modèle économique », Le Monde, 18 juin 2008. Consulté le 5 juillet 2008
  57. Réponse du journaliste à un commentaire sur le site de Mediapart.
  58. « Mediapart a gagné 5000 abonnés en juin », L'Expansion.com, 6 juillet 2010.
  59. http://frenchweb.fr/edwy-plenel-le-modele-economique-de-mediapart/
  60. http://www.mediapart.fr/journal/economie/100311/trois-ans-en-direct-de-mediapart
  61. http://www.rue89.com/making-of/2009/12/30/letat-decide-de-financements-aux-sites-dinformation-en-ligne-131784
  62. http://www.observatoiredessubventions.com/2010/les-subventions-de-la-presse-en-ligne-font-polemique/
  63. http://www.mediapart.fr/charte-editoriale
  64. Des juges contournent la loi pour utiliser des tests ADN "ethniques
  65. « Mediapart, le mur du silence et le marché aux voleurs »
  66. Médiapart, "Sarkozy, Woerth, fraude fiscale: les secrets volés de l'affaire Bettencourt", 16 juin 2010, contenu payant
  67. « Claire Thibout dénonce «la romance de Mediapart» », Le Figaro, 8 juillet 2010.
  68. « Fabrice Lhomme, de Mediapart : « Claire Thibout est en panique » », Rue89, 8 juillet 2010.
  69. « Mediapart: «Romancer les propos de la comptable, ça aurait été signer notre arrêt de mort» », Libération, 9 juillet 2010.
  70. (en) « French News Web Site Shakes Sarkozy Camp », The New York Times, 8 juillet 2010.
  71. HT, l'amoureux de ML sur Médiapart (Hippolyte 9, VT) | Mediapart

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Mediapart de Wikipédia en français (auteurs)

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