Olympe de gouges

Olympe de gouges

Olympe de Gouges

Olympe de Gouges
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Nom de naissance Marie Gouze
Surnom(s) Marie-Olympe de Gouges
Naissance 7 mai 1748
Montauban, France
Décès 3 novembre 1793 (à 45 ans)
Paris, France
Nationalité France France
Profession(s) femme de lettres et femme politique
Famille Père biologique présumé : Jean-Jacques Lefranc de Pompignan
Mère : Anne-Olympe Mouisset
Père officiel : Pierre Gouze
Enfant : Pierre Aubry de Gouges
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Marie Gouze, dite Marie-Olympe de Gouges, née à Montauban le 7 mai 1748 et morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793, est une femme de lettres française, devenue femme politique et polémiste.

Auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs.

Elle est devenue emblématique des mouvements pour la libération des femmes, pour l’humanisme en général, et l’importance du rôle qu’elle a joué dans l’histoire des idées a été considérablement réévaluée à la hausse dans les milieux universitaires.

Sommaire

Biographie

Montauban

Née le 7 mai 1748 à Montauban, Marie Gouze a été déclarée fille de Pierre Gouze, bourgeois de Montauban – qui n’a pas signé au baptême – et d’Anne-Olympe Mouisset, fille de drapier, mariés en 1737[1]. Cette dernière, née en 1712, était la filleule de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, avec qui elle aurait entretenu une relation amoureuse. Selon le député Poncet-Delpech et d’autres, « tout Montauban » savait que Jean-Jacques Lefranc de Pompignan était le père adultérin de la future Marie-Olympe de Gouges.

En 1765, à l’âge de dix-sept ans, Marie Gouze fut mariée à un traiteur parisien, Louis-Yves Aubry, officier de bouche de l’Intendant, et probablement un important client de la boucherie familiale des Gouze. Quelques mois plus tard, la jeune femme donna naissance à un fils, Pierre. Son mari décéda peu de temps après. Déçue par une expérience conjugale qui ne lui avait guère apporté de bonheur, elle ne se remaria pas, qualifiant le mariage religieux de « tombeau de la confiance et de l’amour » [2]. Elle portait couramment les prénoms de « Marie-Olympe » (signant plusieurs textes ainsi) ou plus simplement d’« Olympe », ajoutant une particule à son patronyme officiel « Gouze » que l’on trouve parfois écrit « Gouges », graphie adoptée par certains membres de sa famille dont sa sœur aînée Mme Reynard, née « Jeanne Gouges », épouse d’un médecin.

Rien ne la rattachant à Montauban, sinon sa mère qu’elle aida financièrement par la suite[3], elle rejoignit sa sœur aînée à Paris. Au début des années 1770, elle était à Paris avec son fils à qui elle fit donner une éducation soignée.

Paris et le théâtre

Portrait d’Olympe de Gouges.

Elle avait rencontré un haut fonctionnaire de la marine, Jacques Biétrix de Rozières, alors directeur d’une puissante compagnie de transports militaires en contrat avec l’État[4]. Lorsqu’il lui proposa de l’épouser, elle refusa et leur liaison dura jusqu’à la Révolution. Grâce au soutien financier de son compagnon, elle put mener un train de vie bourgeois, figurant dès 1774 dans l’Almanach de Paris ou annuaire des personnes de condition. Issue par sa mère de la bourgeoisie aisée de Montauban, Olympe de Gouges avait reçu une bonne éducation et s'adapta aisément aux usages de l'élite parisienne. Dans les salons qu’elle fréquentait, elle fit la rencontre de plusieurs hommes de lettres, et elle s'essaya également à l'écriture. Sa filiation supposée avec Le Franc de Pompignan, dramaturge dont la pièce Didon avait été un grand succès, est également un mobile probable à son entrée dans la carrière littéraire. Elle revendiquait l’héritage de son talent dramatique, mais elle ne partageait pas les idées de cet antagoniste de Voltaire, et principal adversaire des philosophes.

Support privilégié des idées nouvelles, le théâtre demeurait à cette époque sous le contrôle étroit du pouvoir. Olympe de Gouges monta sa propre troupe, avec décors et costumes. C'était un théâtre itinérant qui se produisait à Paris et sa région. Le marquis de La Maisonfort raconte dans ses Mémoires comment, en 1787, il racheta le « petit théâtre » de Mme de Gouges, conservant d'ailleurs une partie de la troupe dont faisait partie le jeune Pierre Aubry.

Indépendamment de son théâtre politique qui fut joué à Paris et en province pendant la Révolution, la pièce qui rendit célèbre Olympe de Gouges est l’Esclavage des Noirs, publié sous ce titre en 1792 mais inscrite au répertoire de la Comédie-Française le 30 juin 1785 sous le titre de Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage. Cette pièce audacieuse dans le contexte de l'Ancien régime, avait été acceptée avec une certaine réticence par les comédiens du Théâtre français qui étaient dépendant financièrement des protections que leur accordaient les gentilshommes de la chambre du roi[5].

La pièce de Mme de Gouges, dont le but avoué était d’attirer l’attention publique sur le sort des Noirs esclaves des colonies, mêlait modération et subversion dans le contexte de la monarchie absolue. Le Code Noir édicté sous Louis XIV était alors en vigueur et de nombreuses familles présentes à la cour tiraient une grande partie de leurs revenus des denrées coloniales et représentait la moitié du commerce extérieur français à la veille de la Révolution. En septembre 1785, Olympe de Gouges qui s’était plainte de passe-droits et craignait de voir sa pièce reléguée aux oubliettes, se plaignit des comédiens. L’un d’eux, Florence, se sentit insulté et s’en plaignit à son entourage. Le baron de Breteuil et le maréchal de Duras, gentilshommes de la Chambre et ministres se saisirent de cette opportunité et s’accordèrent pour envoyer Mme de Gouges à la Bastille, et de de retirer la pièce anti-esclavagiste du répertoire de la Comédie. Grâce à diverses protections, notamment le chevalier Michel de Cubières dont le marquis son frère[6] était un favori de Louis XVI, la lettre de cachet fut révoquée.

Avec la Révolution française, la Comédie devint plus autonome grâce notamment à Talma et Mme Vestris, et la pièce sur l’esclavage, inscrite quatre ans plus tôt au répertoire, fut enfin représentée. Malgré les changements politiques, le lobby colonial restait très actif, et Olympe de Gouges, soutenue par ses amis du Club des Amis des Noirs, continua à faire face aux harcèlements, aux pressions et même aux menaces. En 1790, elle composa une autre pièce sur le même thème, intitulée le Marché des Noirs (1790)[7].

Elle avait par ailleurs publié en 1788 des Réflexions sur les hommes nègres (1788), qui lui avaient ouvert la porte de la Société des amis des Noirs dont elle fut membre[8]. Au titre d’abolitionniste, elle est également citée par l’abbé Grégoire, dans la « Liste des Hommes courageux qui ont plaidé la cause des malheureux Noirs » (1808). « L’espèce d’hommes nègres, écrivait-elle avant la Révolution, m’a toujours intéressée à son déplorable sort. Ceux que je pus interroger ne satisfirent jamais ma curiosité et mon raisonnement. Ils traitaient ces gens-là de brutes, d’êtres que le Ciel avait maudits; mais en avançant en âge, je vis clairement que c’était la force et le préjugé qui les avaient condamnés à cet horrible esclavage, que la Nature n’y avait aucune part et que l’injuste et puissant intérêt des Blancs avait tout fait »[9].

De Gouges et la Révolution française

En 1788, le Journal général de France publia deux de ses brochures politiques, dont son projet d’impôt patriotique développé dans sa célèbre Lettre au Peuple. Dans sa seconde brochure, les « Remarques patriotiques, par l’auteur de la Lettre au Peuple », elle développait un vaste programme de réformes sociales et sociétales. Ces écrits furent suivis de nouvelles brochures qu’elle adressait épisodiquement aux représentants des trois premières législatures de la Révolution, aux Clubs patriotiques et à diverses personnalités dont Mirabeau, La Fayette et Necker qu’elle admirait particulièrement.

Ses positions étaient proches de celles des hôtes de Anne-Catherine Helvétius, qui tenait un salon littéraire à Auteuil, et où l’on défendait le principe d’une monarchie constitutionnelle. En 1790, elle s'installa elle-même à Auteuil, rue du Buis et y demeura jusqu'en 1793. En relation avec le marquis de Condorcet et son épouse née Sophie de Grouchy, elle rejoignit les Girondins en 1792. Elle fréquentait les Talma, le marquis de Villette et son épouse, également Louis-Sébastien Mercier et Michel de Cubières, secrétaire général de la Commune après le 10 août, qui vivait avec la comtesse de Beauharnais, auteur dramatique et femme d’esprit qui tenait un salon très intéressant rue de Tournon. Avec eux, elle devint républicaine comme beaucoup de membres de la société d’Auteuil qui pratiquement tous s’opposèrent à la mort de Louis XVI. Le 16 décembre 1792, Mme de Gouges s’offrit pour assister Malesherbes dans la défense du roi devant la Convention, mais sa demande fut rejetée avec mépris[2].

Elle considérait que les femmes étaient capables d’assumer des tâches traditionnellement confiées aux hommes et, dans pratiquement tous ses écrits, elle demandait qu’elles fussent associées aux débats politiques et aux débats de société. S’étant adressée à Marie-Antoinette pour protéger « son sexe » qu’elle dit malheureux, elle rédigea une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, calquée sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, dans laquelle elle affirmait l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes, insistant pour qu’on rendît à la femme des droits naturels que la force du préjugé lui avait retiré. Ainsi, elle écrivait : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » La première, elle obtint que les femmes fussent admises dans une cérémonie à caractère national, « la fête de la loi » du 3 juin 1792 puis à la commémoration de la prise de la Bastille le 14 juillet 1792.

Parmi les premiers, elle demanda l’instauration du divorce – le premier et seul droit conféré aux femmes par la Révolution – qui fut adopté à l’instigation des Girondins quelques mois plus tard. Elle demanda également la suppression du mariage religieux, et son remplacement par une sorte de contrat civil signé entre concubins et qui prenait en compte les enfants nés de liaisons nées d’une « inclination particulière » [2]. C’était, à l’époque, véritablement révolutionnaire, de même lorsqu’elle militait pour la libre recherche de la paternité et la reconnaissance d’enfants nés hors mariage. Elle fut aussi une des premières à théoriser, dans ses grandes lignes, le système de protection maternelle et infantile que nous connaissons aujourd’hui et, s’indignant de voir les femmes accoucher dans des hôpitaux ordinaires, elle demandait la création de maternités. Sensible à la pauvreté endémique, elle recommandait enfin la création d’ateliers nationaux pour les chômeurs et de foyers pour mendiants. Toutes ces mesures préconisées « à l’entrée du grand hiver » 1788-1789 étaient considérées par Olympe de Gouges comme essentielles, ainsi qu’elle l’explique dans Une patriote persécutée, son dernier écrit avant sa mort.

La fin

Olympe de Gouges à l’échafaud

En 1793, elle s’en était vivement pris à ceux qu’elle tenait pour responsables des atrocités des 2 et 3 septembre 1792 : « le sang, même des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les Révolutions ». Elle désignait particulièrement Marat, l’un des signataires de la circulaire du 3 septembre 1792 proposant d’étendre les massacres de prisonniers dans toute la France. Soupçonnant Robespierre d’aspirer à la dictature, elle l’interpela dans plusieurs écrits, ce qui lui valut une dénonciation de Bourdon de l'Oise au club des Jacobins.

Dans ses écrits du printemps 1793, elle dénonça la montée en puissance de la dictature montagnarde, partageant l’analyse de Vergniaud sur les dangers de dictature qui se profilait, avec la mise en place d’un Comité de salut public, le 6 avril 1793, qui s’arrogeait le pouvoir d’envoyer les députés en prison. Après la mise en accusation du parti girondin tout entier à la convention, le 2 juin 1793, elle adressa au président de la Convention une lettre où elle s’indignait de cette mesure attentatoire aux principes démocratiques (9 juin 1793), mais ce courrier fut censuré en cours de lecture. S’étant mise en contravention avec la loi de mars 1793 sur la répression des écrits remettant en cause le principe républicain - elle avait composé une affiche à caractère fédéraliste ou girondin sous le titre de Les Trois urnes ou le Salut de la patrie, par un voyageur aérien-, elle fut arrêtée et déférée le 6 août 1793 devant le tribunal révolutionnaire qui l’inculpa.

Malade des suites d’une blessure infectée à la prison de l’abbaye de Saint-Germain-des-Près, réclamant des soins, elle fut envoyée à l’infirmerie de la petite Force, rue Pavée dans le Marais, et partagea la cellule d’une condamnée à mort en sursis, Mme de Kolly, qui se prétendait enceinte[10]. En octobre suivant, elle mit ses bijoux en gage au Mont-de-Piété et obtint son transfert dans la maison de santé de Marie-Catherine Mahay, sorte de prison pour riches où, le régime était plus libéral et où elle eut, semble-t-il, une liaison avec un des prisonniers. Désirant se justifier des accusations pesant contre elle, elle réclama sa mise en jugement dans deux affiches qu’elle avait réussi à faire sortir clandestinement de prison et à faire imprimer. Ces affiches – « Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire » et « Une patriote persécutée », son dernier texte – furent largement diffusées et remarquées par les inspecteurs de police en civil qui les signalent dans leurs rapports.

Traduite au Tribunal au matin du 2 novembre, soit quarante-huit heures après l’exécution de ses amis Girondins, elle fut interrogée sommairement. Privée d’avocat elle se défendit avec adresse et intelligence. Condamnée à la peine de mort pour avoir tenté de rétablir un gouvernement autre que « un et indivisible », elle se déclara enceinte. Les médecins consultés se montrèrent dans l’incapacité de se prononcer, mais Fouquier-Tinville décida qu’il n’y avait pas grossesse[11]. Le jugement était exécutoire, et la condamnée profita des quelques instants qui lui restaient pour écrire une ultime lettre à son fils, laquelle fut interceptée[12]. D’après un inspecteur de police en civil, le citoyen Prévost, présent à l’exécution, et d’après le Journal de Perlet ainsi que d’autres témoignages, elle monta sur l’échafaud avec courage et dignité, contrairement à ce qu’en dit au XIXe siècle l’auteur des mémoires apocryphes de Sanson et quelques historiens dont Jules Michelet.

Son fils, l’adjudant général Aubry de Gouges, par crainte d’être inquiété, la renia publiquement dans une « profession de foi civique »[13]. Le procureur de la Commune de Paris, Pierre-Gaspard Chaumette, applaudissant à l’exécution de plusieurs femmes et fustigeant leur mémoire, évoque cette « virago, la femme-homme, l’impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes [...] Tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois. Et vous[14] voudriez les imiter ? Non ! Vous sentirez que vous ne serez vraiment intéressantes et dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »

Postérité

Portrait de Pierre Aubry de Gouges

Olympe de Gouges a laissé un fils, Pierre Aubry de Gouges, qui, au début de la Révolution vivait maritalement avec Marie-Hyacinthe Mabille qu’il épousa après la Terreur et dont il eut au moins cinq enfants dont trois fils. Au début du Consulat, il fut confirmé dans le grade chef de brigade et chargé par Bonaparte d’un commandement en Guyane française. La famille débarqua à Cayenne en juin 1802, au moment où le gouverneur Victor Hugues rétablissait l’esclavage qu’Olympe de Gouges avait combattu. Pierre Aubry de Gouges décéda quelques mois plus tard, le 17 pluviose an XI à Macouria, sans doute de la malaria. Son épouse se remaria avec le citoyen Audibert, originaire de Marseille, et quelques années plus tard, elle dut fuir la Guyane conquise en 1809 par les Portugais, dans un climat de violence. Elle embarqua pour la France sur un navire qui fut capturé et détourné par un corsaire anglais. Pendant ces événements, Mme Aubry mourut à bord, et son corps fut jeté à la mer. Ses enfants mâles retournèrent plus tard en France. Une des petite filles d’Olympe, Anne-Hyacinthe-Geneviève épousa un capitaine anglais, William Wood, et sa sœur, Charlotte, épousa un riche Américain, Robert Selden Garnett, sieur de Champlain (1789-1840), membre du Congrès de 1820 à 1827, et propriétaire de plantations en Virginie. Les descendants connus d’Olympe de Gouges, aux États-Unis, en Tasmanie et en Australie conservent des portraits de famille et le procès verbal d’exécution de leur célèbre ancêtre.

De son vivant, Olympe de Gouges a été victime de la misogynie ordinaire, et fut discréditée par l’incompréhension et le suivisme idéologique. Aucun article de fond, aucune recherche sérieuse ne lui a ainsi été consacrée par la revue de référence de la Société des études robespierristes (AHRF) dont le premier numéro consacré aux femmes est publié en 2006[15]. Cette absence prolongée de repères historiographiques solides a contribué au dédain dont Olympe de Gouges fut longtemps l’objet (cf. Monselet, Les Oubliés et les dédaignés. Figures littéraires de la fin du XVIIIe siècle, Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1846), et également à toutes sortes de dérives féministes ou anti-féministes. Des contresens liés à la méconnaissance des textes et du contexte, méconnaissance également de la psychologie du personnage[16] ont contribué à valider des interrogations infondées sur sa santé mentale. Dans la même optique, des interprétations hasardées d’extraits de textes ont nourri des interprétations niaises ou hostiles sur ses capacités intellectuelles. Il a par exemple été soutenu qu’elle ne savait pas véritablement lire et écrire, alors qu’on dispose de quelques unes de ses lettres écrites à la prison de l'Abbaye. Elle était abonnée à divers journaux et un portrait la représente un livre à la main.

L’hostilité à l’égard de femmes entreprenantes comme le fut Olympe de Gouges a souvent été le fait d’autres femmes, ainsi qu’elle le déplorait déjà en son temps, ainsi dans une de ses pièces de théâtre : « les femmes n’ont jamais eu de plus grands ennemis qu’elles-mêmes. Rarement on voit les femmes applaudir à une belle action, à l’ouvrage d’une femme[17]. »

Dans le postambule de sa Déclaration des droits de la femme (septembre 1791), elle pose que l’infériorité contrainte de la femme l’a amenée à user de ruse et de dissimulation : « Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse le leur a rendu ; elles ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, le fer, tout leur était soumis ; elles commandaient au crime comme à la vertu. Le gouvernement français, surtout, a dépendu, pendant des siècles, de l’administration nocturne des femmes ; le cabinet n’avait point de secret pour leur indiscrétion ; ambassade, commandement, ministère, présidence, pontificat, cardinalat ; enfin tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité et à l’ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé ». Elle exhortait donc les femmes de son temps à réagir : «  Femmes, ne serait-il pas grand temps qu’il se fît aussi parmi nous une révolution ? Les femmes seront-elles toujours isolées les unes des autres, et ne feront-elles jamais corps avec la société, que pour médire de leur sexe et faire pitié à l’autre ? » [18].

Reconnaissance et célébrations

Il a fallu attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que Marie-Olympe de Gouges sorte de la caricature et de l’anecdote. Étudiée particulièrement aux États-Unis, au Japon et en Allemagne, son originalité, son indépendance d’esprit et ses écrits en font une des figures humanistes de la fin du XVIIIe siècle.

En France, quelques érudits régionalistes, entre autres, se sont intéressés au personnage. C’est après la parution (1981) de la biographie d’Olivier Blanc qui a exhumé les sources manuscrites, entre autres notariales, et lors de la préparation du bicentenaire de la Révolution de 1789, que les textes d’Olympe de Gouges ont été joués et édités, leur assurant enfin une forme de reconnaissance. De nombreux articles universitaires et notamment ceux de Gabrielle Verdier (États-Unis) et de Gisela Thiele-Knobloch (Allemagne) ont dégagé l’intérêt de l’œuvre dramatique d’Olympe de Gouges qui a abordé des thématiques nouvelles comme l’esclavage (Zamore et Mirza), le divorce (Nécessité du divorce), la prise de voile forcée (Le Couvent) et autres sujets sensibles à son époque.

Depuis octobre 1989, à l’initiative de l’historienne Catherine Marand-Fouquet, plusieurs pétitions ont été adressées à la présidence de la République demandant la panthéonisation d’Olympe de Gouges. Jacques Chirac, conseillé par Alain Decaux, n’a pas donné suite. En novembre 1993, elle engage une manifestation devant le Panthéon de Paris pour commémorer le bicentenaire de l’exécution d’Olympe. Cette manifestation s’inscrit aussi dans la revendication de la parité. Plusieurs municipalités françaises ont voulu rendre hommage à Olympe de Gouges en baptisant de son nom des établissement scolaires ou des voies publiques[19].

La promotion 2010 de Sciences Po Rennes porte son nom.

Ainsi que le bâtiment abritant les services de Gynécologie et d'Obstétrique (et tous ceux qui s'y rattachent) au CHU de Tours.

Notes et références

  1. Son grand père est dit « maître tondeur de draps ».
  2. a , b  et c Olivier Blanc, « Celle qui voulut politiquer », Le Monde diplomatique, novembre 2008.
  3. Par l’intermédiaire du banquier Delon de Lormière.
  4. Depuis la mort de son père Angeli Biétrix, il co-dirigeait cette société avec son frère Biétrix de Saulx.
  5. C’est grâce à la protection de Charlotte Béraud de La Haye, marquise de Montesson, femme influente du courant des Lumières, et épouse morganatique du duc d’Orléans, que la pièce avait été reçue. Elle-même auteur dramatique, Mme de Montesson avait créé chez elle, dans son hôtel particulier de la Chaussée d’Antin, un théâtre de société dont, selon l’auteur des « Mémoires de la marquise de Créqui », elle avait confié la direction au chevalier de Saint-Georges, fils d’une esclave affranchie.
  6. Le marquis Simon de Cubières, écuyer cavalcadour du roi, célèbre pour ses travaux en botanique et horticulture.
  7. le manuscrit de cette pièce a été brûlé au lendemain de son exécution, sur ordre de Fouquier Tinville au président de la section du Pont-neuf, avec les autres papiers saisis chez elle (« pour ne pas contaminer l’esprit public »).
  8. Ce lobby des abolitionnistes fut créé, sur le modèle anglais, en 1788 par Brissot, le député girondin, qui parle d’ailleurs d’Olympe de Gouges avec éloge dans ses lettres inédites.
  9. Olympe de Gouges, L’Esclavage des Nègres : version inédite du 28 décembre 1789 suivi de Réflexions sur les hommes nègres, étude et présentation de Sylvie Chalaye et Jacqueline Razgonnikoff, éd. l’Harmattan, coll. Autrement Même, 2006.
  10. Condamnée en mai 1793 avec son mari, le fermier général Pierre Paul, baron de Kolly (1751-1793) pour complot contre-révolutionnaire, décapitée le 15 brumaire suivant.
  11. Fouquier-Tinville a été condamné à mort pour avoir, entre autres choses, envoyé des femmes enceintes à l’échafaud (acte d’accusation de Fouquier-Tinville en l’an III).
  12. Olivier Blanc, La Dernière Lettre, prisons et condamnés de la révolution, Paris, R. Laffont, 1985.
  13. Napoléon, éclairé par Fanny de Beauharnais et Mme de Montesson sur cette triste affaire, semble lui avoir tenu rigueur de son attitude en l’envoyant en commandement en Guyane.
  14. S’adressant aux républicaines.
  15. Sous la direction de Christine Fauré et Raymonde Monnier.
  16. Elle aimait plaisanter, ainsi qu’on le réalise à la lecture de ses textes et de son aveu même, et souvent telle gasconnade ou provocation de sa part, ainsi les duels qu’elle lance à des hommes, ne sont ils pas à prendre avec trop de sérieux.
  17. Mirabeau aux Champs-Elysées, préface.
  18. (Lettre au Roi, lettre à la reine, Paris, 1792, p. 8).
  19. Le 6 mars 2004, une place Olympe de Gouges a été inaugurée à Paris dans le IIIe arrondissement et d'autres places, rues et voies diverses portent maintenant son nom. Un lycée de Noisy-le-Sec, un collège à Champcueil, une école à Montpellier, un groupe scolaire à Bondy - inauguré le 19 septembre 2007 -, portent son nom. La 11e promotion des élèves administrateurs territoriaux (2003-2005), a choisi Olympe de Gouges pour nom de baptême ainsi que la promotion 2006 de Sciences-Po Toulouse. Une salle « Olympe de Gouge » lui est consacrée dans les locaux du ministère de l'Intérieur ou à la Médiathèque de La Montagne (44620). La maternité du CHU de Tours a également rendu hommage à Olympe de Gouges. La ville de Montauban a baptisé de son nom l’ancien théâtre de la ville en octobre 2006. Une salle de spectacle construite à la place de la prison pour femmes de la Roquette dans le 11e arrondissement de Paris porte également son nom. En 1989, Nam June Paik a créé une œuvre intitulée Olympe de Gouges in La fée électronique. Cette œuvre, commandée par la municipalité de Paris à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française et aujourd'hui exposée au musée d'art moderne de la Ville de Paris.

Œuvres

Théâtre
  • Le mariage inattendu de Chérubin, Séville et Paris, Cailleau, 1786.
  • L’Homme généreux, Paris, chez l’auteur, Knapen et fils, 1786.
  • Le Philosophe corrigé ou le cocu supposé, Paris, 1787.
  • Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage, 1788.
  • Molière chez Ninon, ou le siècle des grands hommes, 1788.
  • Bienfaisance, ou la bonne mère suivi de La bienfaisance récompensée, 1788.
  • Œuvres de Madame de Gouges, dédie à Monseigneur le duc d’Orléans, 2 volumes, Paris, chez l’auteur et Cailleau, (février) 1788 (recueil des premières pièces imprimées avec préfaces et postfaces, dont Zamore et Mirza et Réflexions sur les hommes nègres).
  • Œuvres de Madame de Gouges, dédié à Monseigneur le prince de Condé, 1 volume, Paris, chez l’auteur et Cailleau, (septembre) 1788.
  • Le Marché des Noirs, manuscrit déposé et lu à la Comédie française (1790).
  • Le nouveau Tartuffe, ou l’école des jeunes gens, manuscrit déposé et lu à la Comédie française (1790)
  • Les Démocrates et les aristocrates, ou les curieux du champ de Mars (1790)
  • La Nécessité du divorce, manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale, (1790)
  • Le Couvent, ou les vœux forcés Paris, veuve Duchesne, veuve Bailly et marchands de nouveautés, (octobre) (1790)
  • Mirabeau aux Champs Élysées, Paris, Garnery, (1791)
  • L’Esclavage des Noirs, ou l’heureux naufrage, Paris, veuve Duchesne, veuve Bailly et les marchands de nouveautés, 1792. Texte en ligne
  • La France sauvée, ou le tyran détrôné, manuscrit, (1792)
  • L’Entrée de Dumouriez à Bruxelles, ou les vivandiers (1793)
Écrits politiques (brochures, affiches, articles etc.)
  • Lettre au Peuple ou projet d’une caisse patriotique, par une citoyenne, septembre 1788.
  • Remarques patriotiques par la Citoyenne auteur de la Lettre au peuple, Paris, décembre 1788.
  • Le bonheur primitif de l’homme, ou les rêveries patriotique, Amsterdam et Paris, Royer, 1789
  • Dialogue allégorique entre la France et la Vérité', dédié aux États Généraux, (avril) 1789
  • Le cri du sage, par une femme, Paris, (mai) 1789
  • Avis pressant, ou Réponse à mes calomniateurs, Paris, (mai) 1789
  • Pour sauver la patrie, il faut respecter les trois ordres, c’est le seul moyen de conciliation qui nous reste, Paris, (juin) 1789.
  • Mes vœux sont remplis, ou Le don patriotique, par Madame de Gouges, dédié aux États généraux, Paris, (juin) 1789.
  • Discours de l’aveugle aux Français, par Madame de Gouges, Paris, (24 juin) 1789
  • Lettre à Monseigneur le duc d’Orléans, premier prince du sang, Paris, (juillet) 1789
  • Séance royale. Motion de Mgr le duc d’Orléans, ou Les songes patriotiques, dédié à Mgr le duc d’Orléans, par Madame de Gouges (11 juillet) 1789.
  • L’ordre national, ou le comte d’Artois inspiré par Mentor, dédié aux États généraux, Paris, (juillet-août) 1789.
  • Lettre aux représentants de la Nation, Paris, L. Jorry, (septembre) 1789 (« Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur »).
  • Action héroïque d’une Française, ou la France sauvée par les femmes, par Mme de G..., Paris, (10 septembre) 1789.
  • Le contre-poison, avis aux citoyens de Versailles, Paris, (octobre) 1789.
  • Lettre aux rédacteurs de la Chronique de Paris, 20 décembre 1789.
  • Réponse au Champion américain, ou Colon très aisé à connaître, Paris, 18 janvier 1790.
  • Lettre aux littérateurs français, par Madame de Gouges, Paris, (février) 1790.
  • Les Comédiens démasqués, ou Madame de Gouges ruinée par la Comédie française pour se faire jouer, Paris, 1790.
  • Départ de M. Necker et de Mme de Gouges, ou Les adieux de Mme de Gouges aux Français, Paris, 24 avril 1790.
  • Projet sur la formation d’un tribunal populaire et suprême en matière criminelle, présenté par Mme de Gouges le 26 mai 1790 à l’Assemblée nationale, Paris, Patriote français, 1790.
  • Bouquet national dédié à Henri IV, pour sa fête, Paris, (juillet) 1790.
  • Œuvres de Madame de Gouges, Paris, 1790 (recueil factice des écrits politiques de 1788 à 1790).
  • Le Tombeau de Mirabeau, avril 1791.
  • Adresse au roi, adresse à la reine, adresse au prince de Condé, Observations à M. Duveyrier sur sa fameuse ambassade, par Mme de Gouges, Paris, (mai) 1791.
  • Sera-t-il roi ne le sera-t-il pas ?, par Madame de Gouges Paris, (juin) 1791.
  • Observations sur les étrangers (juillet) 1791.
  • Repentir de Madame de Gouges, Paris, lundi 5 septembre 1791.
  • Les droits de la femme. À la reine, signé « de Gouges » Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (septembre) 1791.
  • le Prince philosophe, Paris, Briand, 1792 (conte oriental).
  • Le Bon Sens du Français, 17 février 1792.
  • Lettre aux rédacteurs du Thermomètre du Jour, le 1er mars 1792.
  • L’Esprit français ou problème à résoudre sur le labyrinthe de divers complots, par madame de Gouges, Paris, veuve Duchesne, 22 mars 1792.
  • Le Bon Sens français, ou L’apologie des vrais nobles, dédié aux Jacobins, Paris, 15 avril 1792.
  • Grande éclipse du soleil jacobiniste et de la lune feuillantine, pour la fin d’avril ou dans le courant du mois de mai, par la LIBERTE, l’an IVe de son nom, dédié à la Terre (avril) 1792.
  • Lettre aux Français (avril) 1792.
  • Lettres à la reine, aux généraux de l’armée, aux amis de la constitution et aux Française citoyennes. Description de la fête du 3 juin, par Marie-Olympe de Gouges, Paris, société typographique aux Jacobins Saint-Honoré, (juin) 1792.
  • Œuvres de Madame de Gouges, 2 volumes, Paris, veuve Duchesne (textes et théâtre politiques de 1791 et 1792).
  • Pacte national par marie-Olympe de Gouges, adressé à l’Assemblée nationale 5 juillet 1792.
  • Lettre au Moniteur sur la mort de Gouvion, 15 juillet 1792.
  • Aux Fédérés, 22 juillet 1792.
  • Le Cri de l’innocence, (septembre) 1792.
  • La Fierté de l’innocence, ou le Silence du véritable patriotisme, par Marie-Olympe de Gouges (septembre) 1792.
  • Les Fantômes de l’opinion publique. L’esprit qu’on veut avoir gâte celui qu’on a, Paris, (octobre) 1792.
  • Réponse à la justification de Maximilien Robespierre, adressé à Jérôme Pétion, par Olympe de Gouges, novembre 1792.
  • Pronostic sur Maximilien Robespierre, par un animal amphibie, (signé « Polyme »), 5 novembre 1792.
  • Correspondance de la Cour. Compte moral rendu et dernier mot à mes chers amis, par Olympe de Gouges, à la Convention nationale et au peuple, sur une dénonciation faite contre son civisme aux Jacobins par le sieur Bourdon, Paris (novembre) 1792.
  • Mon dernier mot à mes chers amis (décembre) 1792.
  • Olympe de Gouges défenseur officieux de Louis Capet, de l’imprimerie de Valade fils aîné, rue jean-Jacques Rousseau, 16 décembre 1792.
  • Adresse au don Quichotte du Nord, par Marie-Olympe de Gouges, Paris, Imprimerie nationale, 1792.
  • Arrêt de mort que présente Olympe de Gouges contre Louis Capet, Paris, 18 janvier 1793.
  • Complots dévoilés des sociétaires du prétendu théâtre de la République, Paris, janvier 1793.
  • Olympe de Gouges à Dumouriez, général des armées de la République française, Paris, 22 janvier 1793.
  • Avis pressant à la Convention, par une vraie républicaine, Paris, 20 mars 1793.
  • Testament politique d’Olympe de Gouges, 4 juin 1793.
  • Œuvres de Madame de Gouges, 2 volumes, Paris, 1793 (écrits politiques de 1792 et 1793).
  • Les Trois Urnes, par un voyageur aérien, (19 juillet) 1793.
  • Une patriote persécutée, à la Convention nationale (août) 1793.
  • Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire, signé « Olympe de Gouges », 21 septembre 1793

Bibliographie

Biographie
  • Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges, Cahors, éditions René Viénet, 2003 (ISBN 2849830003). Liste complète des écrits publiés par Olympe de Gouges de 1786 à 1793, nombreux manuscrits inédits, Bibliographie critique, index, cahier d’illustrations de huit pages en noir et en couleur. Ouvrage traduit en japonais et en allemand.
  • Sophie Mousset, Olympe de Gouges et les droits de la femme, Paris, Le Félin, 2003 (ISBN 2866454952).
  • Caroline Grimm, Moi, Olympe de Gouges, Paris, Calmann-Lévy, 2009 (ISBN 9782702139899).
Nouvelles éditions
  • Olympe de Gouges, Écrits politiques, présentés par Olivier Blanc, vol. I (1789-1791), vol. II (1792-1793), Paris, Côté Femmes Éditions, 2003.
  • Olympe de Gouges, Théâtre Politique, « Préface » de Gisela Thiele-Knobloch, Paris, Côté Femmes Éditions, 2 vol., 1991 (ISBN 2-907883-34-8) et 1993 (ISBN 2-907883-59-3).
  • Olympe de Gouges, Théâtre, présenté par Félix-Marcel Castan, Montauban, éditions Cocagne.
  • Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, éd. Mille et une nuits, Paris (ISBN 2842057465).
Romans
  • Geneviève Chauvel, Olympe, Paris, Éditions Olivier Orban, 1989 (le portrait de couverture représente la comtesse Skavronskia, par Élisabeth Vigée-Lebrun).
  • Joëlle Gardes, Olympe de Gouges. Une vie comme un roman, Paris, Éditions de l’Amandier, 2008 (le portrait de couverture, miniature par Mme Doucet de Suriny exposée au Salon de l'an IV, représente Julie Candeille).

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