Palestine (antique)

Palestine (antique)

Palestine

Photo satellite de la Palestine janvier 2003.
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la Palestine en tant que région géographique. Pour les autres usages du terme, voir Palestine (homonymie).

« Palestine » (latin : Palaestina, dérivé du grec ancien Παλεστίνα / Palestína ; arabe : فلسطين / Filastīn, hébreu : פלשתינה / Palestina) est un nom fréquemment utilisé depuis l'ère romaine pour désigner la région du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l'est du Jourdain[1]. Elle inclut traditionnellement les régions antiques de la Galilée (autour du lac de Tibériade et jusqu'au Mont Liban), la Phénicie et la Samarie au nord, de la Judée, la Philistie et l'Idumée au sud, régions auxquelles ont pu s'ajouter selon les époques la Pérée au nord-est de la mer Morte et la Décapole au-delà du Jourdain. Dans le sens géographique large, elle correspond aujourd'hui à un territoire incluant l'État d'Israël, les Territoires palestiniens et une partie du Royaume de Jordanie, du Liban et de la Syrie[1],[2]. Au sens restreint, elle se limite au territoire de la Palestine sous mandat britannique (1920-1948), située à l'ouest du Jourdain.

Au sens géopolitique du terme, la Palestine désigne l'État palestinien, revendiqué par l'Autorité Palestinienne qui régit aujourd'hui les Territoires palestiniens et qui est reconnue par 94 États. 11 pays ne la reconnaissent pas officiellement comme un État mais accorde un statut diplomatique particulier à une représentation palestinienne[3].

Dans le contexte du conflit israélo-palestinien, l'usage du terme « Palestine » peut être source de controverses[4].

Sommaire

Emplois du terme « Palestine »

Histoire de l’utilisation du terme « Palestine »

Dans la langue française, le terme « Palestine » est utilisé depuis plusieurs siècles pour désigner le territoire situé géographiquement entre la mer Méditerranée et le fleuve du Jourdain.

Le terme « Palestine » a une longue histoire et a le plus souvent désigné — dans les langues occidentales — une division administrative ou politique d'un empire, depuis l'époque romaine jusqu'à l'époque ottomane puis sous le mandat britannique, à l'exception notable de l'époque des Croisades pendant laquelle elle fut appelée « Terre sainte » par les croisés. En fait, ce terme fut inventé par les Romains qui, après la révolte de Bar Kokhba vaincu par l'empereur Hadrien, sont désireux d'annihiler toute trace de vie juive au sein de cette partie du monde. Ce nom est choisi d'après celui d'anciens ennemis des Hébreux, déjà disparus à l'époque d'Hadrien, les Philistins (par la même occasion, Jérusalem est rebaptisée Aelia capitolina).


En archéologie, on emploie le mot « Palestine » pour désigner l'ensemble de la région, indépendamment de l'époque que l'on considère (néolithique, âges du bronze, âges du fer). On emploie, avec le même sens, le mot « Palestiniens » pour désigner l'ensemble des populations de la région. On parle donc, en archéologie, de Syrie et de Palestine, de Syriens et de Palestiniens.

L'historien Felix Abel, père dominicain à l'École Biblique de Jérusalem, écrit que le nom Palestine s'est étendu à l'époque d’Hérodote de la bande côtière habitée par les Philistins au pays habité par les Juifs "Donc du territoire des Philistins, le nom de Palestine s'est étendu à tout l'arrière pays qui forme la Syrie Méridionale. Par un procédé familier aux anciens on appliquait au pays entier le nom de la peuplade la plus proche et la plus accessible..." C'est-à-dire que le nom Palestine était utilisé tout d'abord par des gens venant de l'Occident, par les Grecs.

Antiquité

Le nom « Palestine » dérivé de celui des Philistins, peuple qui a vécu sur une partie de la bande côtière de la Méditerranée du sud-est, entre la fin de l'Âge du Bronze et le début de l'Âge du Fer. Les Philistins sont mal connus, car ils n'utilisaient pas l'écriture. On dispose de références à ce peuple dans des documents égyptiens (qui en font l'un des « Peuples de la mer » envahisseurs de l'Égypte sous Ramsès III) et désigne par « Peleset » (P-l-s-t) la région qu'ils habitent. Les Philistins et leur pays « Peleshet » (פלשת Pəléšeth) sont également mentionnés dans la Bible (qui parle aussi de « Cananéens » à la fois antérieurs et voisins par rapport aux « Philistins ») : selon le texte, les Hébreux étaient régulièrement en guerre avec ce peuple dont les principales villes étaient Ashdod, Ashkelon, Ekron, Gath et Gaza.

Ceux qui préfèrent le nom Israël pour appeler cette terre, dénoncent l'utilisation du terme « Palestine » en référence aux Philistins comme un faux historique. La référence biblique ne mentionne « Peleshet » que lors des guerres entre Hébreux et Philistins et parle de ce peuple qui habite quelques villes dans les environs d'Ashkelon et non l'ensemble de la terre entre le fleuve et la mer qui est connue comme « Pays de Canaan » puis « Eretz Israel ». L'utilisation du mot « Palestine » viendrait des Romains qui rappelèrent le nom des Philistins pour baptiser cette terre « Syria Palæstina », dans le but d'effacer même dans le nom le souvenir des Juifs et des États juifs qui s'y étaient succédé.

Sous la domination romaine, la deuxième révolte juive (132-135) aboutit à l'expulsion des Juifs de Jérusalem (Hadrien). Jérusalem est nommée « Aelia Capitolina » et la région est intégrée dans la province de « Syrie Palestine » (Syria Palæstina), nouvelle dénomination, calquée sur le grec, de ce qui était auparavant appelé en latin Syria Judaea (« Syrie Judée » ou « Syrie juive »). Dans les textes non bibliques, le terme de « Palestine » (Palaïstinê) apparaît pour la première fois sous la plume de l'historien grec Hérodote, au Ve siècle av. J.-C. (Histoires, 1,105 ; 2,104 ; etc.). Ptolémée et, plus tard, en latin, Pline l'Ancien parlent également de « Palestine », toujours lié au terme « Syrie ». Le terme est utilisé en référence à l'ancien peuple des Philistins.

Après la défaite de la révolte juive dite de Bar Kokhba, les Romains ont changé le nom de la province de Judée en province de « Syria Palaestina » (l'an 135). C'est-à-dire, la province romaine de « Syrie Palestine » comprenait l'ancienne province de Judée. L' usage géographique du terme désignait des territoires à l'Ouest et à l'Est du Jourdain. Plus tard, le terme arabe (« Filastin ») désignait, de la conquête arabe jusqu'aux Croisades, une partie de la Palestine romaine que les Romains appelaient Palaestina Prima. Après les Croisades, les Empires mamelouk et ottoman n'utilisaient pas le nom "Palestine" dans aucune forme, mais après la Première Guerre Mondiale, les Puissances principales alliées ont appliqué le nom au territoire du Foyer national juif (San Remo, 1920) sous Mandat britannique. Le nom (« Palestine ») perdure, même s'il a pris un sens politique et a perdu une partie de sa neutralité, spécialement après la création de l'État d'Israël en 1948. Notamment, certains Israéliens et/ou Juifs perçoivent dans l'utilisation du terme « Palestine » un déni de l'existence effective de l'État d'Israël sur une partie de ce territoire, ou de sa légitimité sur cette même terre. Et le fait de désigner par « Palestine » un éventuel futur État arabe sur les territoires palestiniens occupés accroît pour eux cette confusion. Toutefois, la partie arabe continue d'appeler Palestine soit la région dans son intégralité, soit seulement la bande de Gaza et la Cisjordanie, tandis que le terme « Palestiniens » est adopté pour désigner les descendants des habitants de Palestine avant le début du conflit israélo-arabe, y compris souvent les habitants arabes de citoyenneté israélienne et les Juifs qui descendent des familles qui habitaient en Palestine bien avant les immigrations juives du XXe siècle (comme les Samaritains, les résidents juifs de Péki'in voire les ultra-orthodoxes affiliés aux Neturei Karta de Jérusalem.

Découpage administratif de l'empire byzantin, suivant les limites des diocèses de Palaestina Prima et Palaestina Secunda, vers la fin du IVe siècle

Vers 390, le terme de « Palestine » est réutilisé pour nommer les trois subdivisions administratives du territoire de la Palestine :

  • la Palestine Première (Palaestina Prima) a pour chef-lieu Césarée et comprend la Judée, la Samarie, la Pérée, et la côte méditerranéenne ;
  • la Palestine Seconde (Palaestina Secunda) a pour chef-lieu Scythopolis et comprend la Galilée, la basse plaine de Jézréel, la vallée du Jourdain à l'est de la Galilée, et l'ouest de la Décapole;
  • la Palestine Troisième (Palaestina Tertia) a pour chef-lieu Pétra et comprend le Néguev, le sud de la Jordanie (détaché de la province d'Arabie), et l'est du Sinaï.

Moyen Âge

Les Arabes divisent la province d'ash-Sham (Syrie) en cinq districts (jund), dont l'un garde le nom de « Palestine » (فلسطين, Filastīn) et s'étend du Sinaï jusqu'à Akko (future Saint-Jean-d'Acre); son chef-lieu est d'abord Ludd (Lydda, Lod) puis, dès 717, ar-Ramlah (Ramla) et plus tard Jérusalem. Les autres villes les plus importantes sont Rafah, Gaza, Jaffa, Césarée, Naplouse et Jéricho. Ce district de « Palestine » était bordé au nord et à l'est par celui de « Jordanie » (al-Urdunn), qui avait pour capitale Tibériade et incluait Akko et Tyr. Les frontières entre ces deux districts ont plusieurs fois varié au cours de l'histoire. À partir du Xe siècle, cette division a commencé à tomber en désuétude, pour faire place finalement au Royaume latin de Jérusalem.

Le nom de « Palestine » n'a plus de valeur officielle sous le gouvernement des Croisés, qui créent le Royaume latin de Jérusalem; Jérusalem redevient capitale d'un État. Voir l'article Royaume de Jérusalem.

Après la défaite et le départ des Croisés, aux XIIe et XIIIe siècles, les jund (districts) arabo-musulmans sont réintroduits, mais leurs frontières sont sans cesse redéfinies. À la fin du XIIIe siècle, la « Syrie » est divisée en 9 « royaumes », dont les royaumes de Gaza (avec Ascalon et Hébron), Karak (avec Jaffa), Safed (avec Acre, Tyr et Sidon) et Damas (avec entre autres, au sud, Jérusalem). Au milieu du XIVe siècle, le système des districts est réinstauré et Filastin redevient le nom officiel d'un territoire : un district ayant pour chef-lieu Jérusalem (avec les villes de Ramla, Ascalon, Hébron, Naplouse). Tibériade est le chef-lieu d'un autre district, celui de « Hauran ».

Époque moderne

En arabe Palestine est appelé « Filastin » et le terme de « Palestine » reste en usage en Europe. Au XIXe siècle, le gouvernement ottoman se met à utiliser le terme de « terre de Palestine » (Arz-i Filistin) dans sa correspondance officielle, pour désigner la zone située entre la Méditerranée et le Jourdain. Cet usage reflète celui de la population arabe.

Époque contemporaine

La Déclaration Balfour (1917) énonce : Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif. Le terme de « Palestine » désignait, dans l'esprit de cette déclaration, non seulement l'actuelle Cisjordanie, mais également la Transjordanie. Le nom de Palestine redevient toutefois d'usage sous le mandat britannique puis avec le plan de partage de l'ONU en 1947[5], mais ne recouvre plus que les terres comprises entre la Méditerranée et le Jourdain à partir de 1920.

Acceptions actuelles

  • Pour le peuple juif, ce territoire est nommé Eretz Israel. Certains juifs (notamment Haredim) le considèrent comme un héritage biblique. D'autres (dits sionistes) le revendiquent (en tout ou en partie) pour y constituer leur État.
  • Le sens politique du terme est apparu avec la proclamation d'un « État de Palestine » par l'OLP à Alger en 1988 ; uniquement certains États l'ont reconnu. Mais ce nom est repris pour désigner l'État toujours revendiqué par les Palestiniens aujourd'hui. Pour certains d'entre eux, il s'agira d'un État qui s'étendra sur les « territoires palestiniens occupés » par Israël (Gaza et Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est). Pour d'autres, le but de cet État serait de couvrir l'ensemble de la « Palestine » géographique. Cet État est prévu par l'Organisation des Nations unies et devait voir le jour en plusieurs étapes à l'issue de négociations et de concessions des deux parties, qui ont été définies par la « Feuille de route pour la paix ». La plupart des israéliens refusent une nouvelle partition de Jérusalem et le retrait d'Israël de la totalité de ce qu'ils rappellent comme étant la Judée-Samarie antique. Certains courants palestiniens, tel le mouvement Hamas refusent également le partage de cette région, car ils ne reconnaissent aucune légitimité à l'État d'Israël. Les « territoires autonomes palestiniens » et l'« Autorité palestinienne » qui les administre constitueraient le point de départ pour la formation de ce futur État. Pris dans ce sens récent, le terme a reçu une reconnaissance officielle à l'Organisation des Nations unies puisqu'un siège d'observateur a été attribué sous la dénomination de « Palestine » à l'Organisation de libération de la Palestine en tant qu'organisation représentant le peuple palestinien.
  • Dans un contexte religieux, ce même territoire est aussi appelé « Terre Sainte » par les Chrétiens ou « Erets Israel » par les Juifs et recouvre l'ensemble des territoires décrits par la Bible. Ce territoire est aussi connu dans le Coran et chez les Musulmans sous le nom de [Terre sacrée].

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Palestine.

Charnière entre la vallée du Nil et la « terre entre les fleuves » (Mésopotamie), le pays a été habité depuis des millénaires et a connu la présence de nombreuses dominations d'empires et de brassage de peuples. Chronologiquement, il connut la domination des : (philistins) Cananéens, Hébreux, Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Byzantins, Arabes, Croisés, Ottomans et Britanniques.

Quelques étapes importantes

Géographie

Article détaillé : Territoires palestiniens occupés.

Démographie

Une partie de la population, d'origine arabe, qui habitait en Palestine avant le début du conflit israélo-arabe a pris, dans l'histoire moderne[réf. nécessaire], le nom de « peuple palestinien », en référence à cette appellation.

Une partie de la population est aujourd'hui israélienne, et comprend parmi eux, outre des Juifs et des Arabes, des groupes de différentes confessions religieuses.

Pour en savoir plus :

Terre de religions

Terre promise des juifs, Terre Sainte des chrétiens, seconde terre sainte de l'islam, la Palestine, et en particulier Jérusalem[6], présentent une importance majeure au sein des grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme, l'islam et le bahaïsme. Des lieux de culte et de vénération sont éparpillés sur tout ce territoire historique : Jérusalem, Hébron, Bethléem, Safed, Jéricho, Haïfa, le mont Carmel, Acre, le Lac de Tibériade ...

Notes et références

  1. a  et b Palestine Definition, The Palestine Exploration Fund, accédé le 4 avril 2008
  2. Forji Amin George, Is Palestine a State?, Expert Law, juin 2004.
  3. International Recognition of the State of Palestine, accédé le 9 janvier 2009
  4. Said and Hitchens, 2001, p. 199.
  5. v Alain Gresh, Dominique Vidal, Palestine 1947, Bruxelles, André Versaille éditeur, 2008.
  6. Maurice Konopnicki, Jérusalem, Que sais-je ? , 1982.

Voir aussi

Articles connexes

Palestine (région, terminologie, histoire générale)

Palestine (arabe)

Israël

Conflit israélo-arabe et « israélo-palestinien »

Liens externes

Catégorie Territoires Palestiniens de l’annuaire dmoz

brochure publiée par le Département de l'information de l'ONU

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