Patricien


Patricien
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Monarchie romaine
753509 av. J.-C.
République romaine
50927 av. J.-C.
Empire romain
27 av. J.-C.476
Empire byzantin
3951453

Magistratures ordinaires
Consul
Proconsul
Préteur
Propréteur
Censeur
Tribun
Édile
Questeur
Magistratures extraordinaires
Dictateur
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Tribun consulaire
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Triumvir
Titres et honneurs
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Magister militum
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Sénat romain
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Cursus honorum
Auctoritas
Droit romain
Mos majorum
Citoyenneté
Imperium
Potestas
Série Rome antique

Un patricien (du latin pater qui signifie « père ») est un citoyen romain qui appartient, de par sa naissance, à la classe supérieure et évoluée (aristocratie), ayant de nombreuses prérogatives. La classe des patriciens s'oppose à celle des plébéiens.

Sommaire

Origine et définition

Selon la tradition romaine antique, les patriciens d'origine descendent des cent familles, les gentes, présentes à la fondation de Rome, dont les chefs, nommés patres, sont choisis par Romulus et ses successeurs pour former le Sénat[1]. Ainsi, quand les auteurs antiques parlent de patriciens au début de l'histoire romaine, il s'agit en fait de sénateurs, et vice versa. Tous les patres d'une gens patricienne sont sénateurs, et tous les sénateurs sont des patriciens. Plutarque ajoute que ces sénateurs sont nommés patriciens soit parce qu’ils sont pères d’enfants libres, soit parce que leurs pères sont aux côtés de Romulus[2]. À l'origine, donc, les patres et les patriciens désignent les mêmes personnes.

Par exemple, Jules César descend de la gens des Iulii. Une gens comprend plusieurs branches, familles, avec à leur tête un pater familias qui règne en maître absolu sur tous les membres de la familia (femme, enfants, serviteurs). Les patriciens seraient des descendants des compagnons de Romulus. En réalité, ils sont sans doute les acteurs de la révolution de 509 av. J.-C. qui voit la chute de la Monarchie romaine. Au début de la République, les patriciens dominent l'État romain et forment une oligarchie. Les descendants de ces premiers sénateurs conservent le nom de patriciens, même sans être sénateurs. D'autres familles puissantes s'installent à Rome, avec le rang de patriciens, tels les Claudii vers 504 av. J.-C.

Sous la Monarchie romaine

Premières familles patriciennes

Les premières grandes familles romaines sont donc appelées gentes[3]. Chaque gens constitue un agrégat de familles regroupées derrière un patriarche, appelé pater (le mot latin pour « père »). Il est le chef incontesté de la gens[4]. Quand les premières gentes romaines se sont regroupées pour former une unique communauté, les patres des gentes dirigeantes ont été choisis[5] pour former l’assemblée des doyens (ce qui deviendra le sénat romain)[4].

Les patres qui remplissent les rangs du premier sénat tiennent une position de pouvoir absolu sur leurs familles respectives[6]. Comme le sénat est l'assemblée des patres des principales familles, leur pouvoir individuel sur leur famille est consolidé en un pouvoir sur toutes les familles de la première communauté romaine. C'est là l'origine des familles patriciennes.

Pendant cette période, chaque famille non-patricienne existe comme dépendant d'une des familles patriciennes[7]. Finalement, cette dépendance sera rompue et le résultat est la création de la classe plébéienne[7]. Cependant, pendant les premières décennies de la monarchie, cette dépendance n'est pas rompue. Ainsi, chaque pater a autorité absolue sur sa famille patricienne ainsi que sur toutes les familles qui en dépendent[8].

Les patriciens en sont venus à reconnaître la nécessité d’un dirigeant unique. Ils ont alors élu un roi (rex)[4], investi de leurs pouvoirs souverains[9]. Quand le roi meurt, son pouvoir revient naturellement aux pâtres[4].

Division en tribus

Les Romains sont divisés en trois groupes ethniques[10]. Suivant la tradition, le premier groupe est appelé les Ramnes. Ce groupe, composé des Latins, habite les premiers villages. Le deuxième groupe est appelé les Tities et représente probablement l’élément sabin, intégré à la communauté plus large. Les origines du troisième groupe, les Luceres, restent inconnues des historiens antiques, comme c’est toujours le cas aujourd’hui[10]. Néanmoins, ce groupe représente certainement l’élément étrusque.

Les Ramnes se forment donc lors de la fondation de la ville en 753 av. J.-C., et sont composés de Latins tels que le premier roi, Romulus. Les Tities arrivent à Rome vers 730 av. J.-C., lors de l'admission des Sabins de Titus Tatius, co-roi de Rome. Les patriciens de ces 1re et 2e créations sont dits maiorum gentium. Concernant les Luceres, composés d'étrusques, ils sont sûrement à Rome depuis aussi longtemps que les Latins et continuent d'arriver jusqu'aux débuts de la République romaine, avec un essor particulier sous les Tarquins, rois étrusques de Rome. Ce serait sous Romulus que se formerait cette troisième tribu. Sous Tullus Hostilius, de nouveaux patriciens arrivent à Rome, quand ce roi latin transporte les Albains à Rome vers 650 av. J.-C. Ce sont des minorum gentium.

Les familles appartenant à l’un de ces trois groupes constituent les premières familles patriciennes. Afin d’organiser la ville, ces familles patriciennes l’ont divisé en unités appelées curies, bien que selon la légende, cette organisation est imputé au premier roi, Romulus. Chacun des trois groupes ethniques est divisé en dix curies[3].

La fusion des trois tribus est assez lente, et les Latins gardent une prédominance sur les Sabins sous le règne de Romulus, avant d'être sur un pied d'égalité sous les rois suivants. Pour les Étrusques, il faut attendre le règne de Tarquin l'Ancien pour qu'ils jouissent des mêmes droits que les autres, et ce roi augmente alors le nombre de sénateurs à trois cents.

Apparition de la classe plébéienne

Le plus souvent, les habitants dont les villes ont été conquises y demeurent. Leur vie quotidienne et leur système de gouvernement restent les mêmes, mais leurs villes perdent leur indépendance vis-à-vis de Rome[11]. Néanmoins, un certain nombre vient à Rome[11]. Pour acquérir un statut économique viable et légal, les nouveaux arrivants doivent accepter une dépendance envers une famille patricienne ou envers le roi (qui est lui-même un patricien)[11] ; ils deviennent alors clients d’une famille patricienne. En fin de compte, ceux qui s’étaient attachés au roi sont libérés de leur dépendance. Ces derniers constituent alors les premiers plébéiens[11].

Comme Rome s’agrandit, de plus en plus de soldats sont nécessaires aux conquêtes. Les non-patriciens appartiennent à la même curie que leurs patrons. En ce temps, l’armée est organisée sur la base des curies, de sorte que les individus dépendants de familles doivent se battre. Néanmoins, quand ils sont délivrés de leur dépendance, ils quittent la curie à laquelle appartient leur patron. Ils ne sont alors plus obligés de se battre mais ils perdent tout statut politique ou économique[12].

Pour faire revenir ces plébéiens dans l’armée, les patriciens ont dû faire des concessions[13], dont on ne connaît pas exactement la nature. Une des conséquences est que les plébéiens ont désormais le droit de posséder leurs propres terres[13]. Devenus propriétaires terriens, ils ont maintenant tout intérêt à défendre la ville car si elle venait à être conquise, ils perdraient toutes leurs terres. Néanmoins, il ne leur est donné aucun pouvoir politique[13]. Tous ces éléments qui se mettent en place conduiront à la Guerre des ordres.

Sous la République romaine

Prédominance des patriciens

Selon la légende, le dernier roi a été banni en 509 av. J.-C. Deux consuls patriciens sont alors élus par les citoyens pour une année[14]. Les patriciens ont alors tous les pouvoirs à Rome, et le changement de gouvernement ne profite qu'à cette minorité, une oligarchie se met en place.

Émergence politique des plébéiens

En 494 av. J.-C., les plébéiens font sécession et s’installent sur la colline de l’Aventin, et demandent le droit d’élire leurs propres représentants[15],[16]. Les patriciens cèdent comme il se doit par la Lex Sacrata, ce qui marque la fin de la première sécession de la plèbe. Les plébéiens nomment leurs nouveaux représentants « tribuns de la plèbe ». Au début, on leur adjoint deux assistants, appelés « édiles plébéiens »[17], ensuite on leur donne le pouvoir d’opposer leur veto au sénat patricien.

En 445 av. J.-C., les mariages mixtes entre patriciens et plébéiens sont autorisées par la Lex Canuleia. En 367 av. J.-C., les plébéiens peuvent se présenter comme candidat au consulat. L’ouverture du consulat aux plébéiens leur permet implicitement l’accès à la censure ainsi qu’à la dictature[18]. En 366 av. J.-C., dans un effort des patriciens pour réaffirmer leur influence sur les différentes magistratures, ils en créent deux nouvelles : la préture et l’édilité curule[19],[17]. Ce n’est pas long avant que ces deux nouvelles magistratures soient occupées par des plébéiens, en effet, le premier préteur plébéien est élu en 337 av. J.-C.

En 287 av. J.-C., les plébéiens font sécession sur la colline du Janicule. Pour mettre un terme à cette nouvelle sécession, une loi est adoptée (la Lex Hortensia), qui donne force de loi aux résolutions de l’assemblée de la plèbe (plébiscites) sans ratification du sénat[20]. La signification fondamentale de cette loi dans les faits est qu’elle retire aux patriciens toute possibilité de s’opposer aux plébéiens, ce qui entraîne que les sénateurs plébéiens ont dorénavant les mêmes droits que les sénateurs patriciens. Par conséquent, le contrôle de l’état ne retombe pas sur les épaules de la démocratie mais sur les épaules de cette nouvelle aristocratie « patricio-plébéienne »[21],[22].

La grande nouveauté des lois hortensiennes réside dans ce qu’elle retire au patriciat sa dernière arme contre la plèbe, résolvant ainsi un des grands problèmes des débuts de la République. L'aristocratie romaine, où les patriciens occupent toujours une place éminente, peut désormais se construire selon un principe nouveau et plus ouvert : le cœur de l'aristocratie se constitue désormais autour de la nobilitas à savoir les descendants de consuls.

Gentes patriciennes

Voici une liste non exhaustive des gentes romaines patriciennes, établie grâce aux fastes consulaires des débuts de la République romaine. Certains familles ont des branches patriciennes et plébéiennes, généralement les premiers membres sont des patriciens et ceux des derniers siècles de la République des plébéiens. Il peut s'agir d'affranchissement, l'affranchi gardant le nomen de son ancien patron, mais est un plébéien.

Aebutii | Aemilii | Antonii (les Antonii Merendae uniquement) | Atilii (les Atilii Lusci uniquement) | Claudii | Cloelii | Cornelii | Curiatii | Curtii | Fabii | Folii | Furii | Geganii | Genucii (les Genucii Augurini en partie seulement) | Herminii | Horatii | Iulii | Iunii (les Iunii Bruti sous la monarchie romaine) | Larcii | Lucretii | Manlii | Menenii | Minucii (les Minucii Augurini uniquement) | Nautii | Papirii | Pinarii | Postumii | Quinctii | Quinctilii | Romilii | Sempronii (les Sempronii Atratini uniquement) | Sergii | Servilii (excepté les Servilii Vatii) | Sestii | Sulpicii | Tarquinii (monarchie romaine) | Valerii | Verginii | Veturii (excepté les Veturii Calvini)

  • Cette liste est non exhaustive ;
  • En gras, les principales gentes ;
  • En italique, les gentes ayant aussi des branches plébéiennes.

Distinction entre un patricien et un autre citoyen

Aux débuts, on reconnaît un patricien car il siège au sénat et occupe les principales magistratures. Mais peu à peu, les patriciens perdent ces privilèges, et leur aspect extérieur ne les distinguent quasiment pas des autres citoyens. Seule une espèce particulière de chaussures les distinguent, qui lui couvrent le pied et une partie de la jambe, bien qu'elles ne soient pas aussi hautes que les chaussures des sénateurs et des magistrats curules.

Sous l'Empire romain

Les familles patriciennes de la République romaine s'éteignent petit-à-petit, malgré les adoptions.

De toutes les gentes maiores (les plus illustres gentes patriciennes de la République), les Cornelii survivent le plus longtemps. En effet, les Fabii patriciens disparaissent des fastes en 34, les Aemilii s'éteignent en 39, les Claudii en 68 et les liens des Valerii postérieurs aux Julio-Claudiens avec les Valerii patriciens sont contestés. Les Cornelii disparaissent des fastes consulaires sous Marc Aurèle, avec Servius Cornelius Scipio Salvidienus Orfitus, consul en 178, descendant des Lentuli et des Scipions. Il est le dernier représentant du patriciat républicain ancestral et met fin à l'existence d'une famille ayant pour la première fois exercé le consulat 663 ans plus tôt.

Le statut de patricien toutefois n'a pas disparu : c'est désormais l'empereur qui confère cette dignité aux familles les plus en vues. Ainsi Rome peut perpétuer ses traditions : certains sacerdoces ne peuvent en effet n'être exercé que par des patriciens. Toutefois le cœur de l'aristocratie romaine est, depuis les derniers siècles de la république, la nobilitas, c'est-à-dire les descendants de consul. Finalement Constantin, au début du IVe siècle, supprime cette institution de patricien pour la remplacer par les patrices, titre de noblesse personnel. Ce n'est plus basé sur les vieilles familles romaines, mais octroyé aux personnes qui se sont distingués par leurs bons et loyaux services à l'Empire, et ce n'est plus héréditaire ni exclusivement réservés à des citoyens romains.

Survivance en Italie

La dénomination subsiste encore comme titre de noblesse en Italie (Patrizio).

Au Moyen Âge, dans les villes italiennes, « patricien » désigne les membres du groupe des citoyens auquel leur richesse (souvent d'origine mercantile), leurs fonctions ou leurs alliances donnent une autorité particulière. Ils sont les maîtres des institutions communales. Les patriciens ne sont pas tous nobles et tous les nobles ne sont pas des patriciens.

Dénomination aux Pays-Bas

Ce terme est encore utilisé aux Pays-Bas pour désigner d'anciennes familles patriciennes (Nederland's Patriciaat) qui ne font toutefois pas partie de la noblesse.

Notes

  1. Tite-Live, Histoire romaine, I, 8
  2. Plutarque, Vies parallèles, Romulus, 13
  3. a et b Abbott, 3
  4. a, b, c et d Abbott, 12
  5. Abbott, 6
  6. Abbott, 6
  7. a et b Abbott, 7
  8. Abbott, 2
  9. Byrd, 42
  10. a et b Abbott, 5
  11. a, b, c et d Abbott, 7
  12. Abbott, 7-8
  13. a, b et c Abbott, 8
  14. Holland, 2
  15. Abbott, 28
  16. Holland, 22
  17. a et b Holland, 5
  18. Abbott, 42
  19. Abbott, 37
  20. Abbott, 52
  21. Abbott, 53
  22. Holland, 27

Références


Voir aussi

Liens internes


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