Peche (halieutique)


Peche (halieutique)

Pêche (halieutique)

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Matériel traditionnel européen et produit de la pêche en eau douce, peints par Johannes Fabritius

La pêche est l'activité consistant à capturer des animaux aquatiques (poissons, mais aussi crustacés, céphalopodes...) dans leur milieu naturel (océans, mers, cours d'eau, étangs, lacs, mares). Elle est pratiquée par les pêcheurs, comme loisir ou profession. Les techniques et engins de pêche sont nombreux, dépendant de l'espèce recherchée, du milieu, des bateaux. La pêche est plus ou moins encadrés par une réglementation qui tend à se renforcer pour protéger la ressource de l'épuisement.

La FAO estimait en 2005, qu'environ 38 millions de pêcheurs et d'aquaculteurs fournissaient dans le monde des emplois directs et indirects à environ 200 millions de personnes. Chaque humain consommait en moyenne 14,4 kg/an de poissons sauvages issus de la pêche, ainsi que 7,4 kg issus de pisciculture[1].

Vocabulaire : Dans le cas des cétacés (baleine, cachalot, ou dauphin encore consommé au Japon, on parlera plutôt de « chasse » ; on parle aussi de chasse sous-marine pour le tir au harpon de poissons ou la collecte de crustacés).

Le qualificatif halieutique désigne la connaissance de la biologie et de l'exploitation des ressources de la pêche.

Sommaire

Histoire

Pêcheurs. Photo de Carlo Naya

La pêche, sans doute aussi vieille que l'humanité a toujours été et reste une source vitale de protéines animales pour l'homme et une ressource économique pour de nombreux pays côtiers. La croissance des volumes pêchés se heurte aujourd'hui à l'épuisement des ressources naturelles. Après un report vers les espèces de la faune abyssale des grands-fonds, c'est la pisciculture marine ou d'eau douce qui devra sans doute dans le futur répondre à la croissance de la demande qui accompagne l'évolution démographique et l'augmentation du niveau de vie.

La pêche de loisir est réglementée, nécessitant dans la plupart des pays un permis et/ou une carte-pêche. La pêche de loisirs en mer l'est encore peu, notamment dans les eaux internationales. La pêche professionnelle est de plus en plus réglementée pour protéger efficacement les ressources.

Types de pêche

Pêche maritime et fluviale

On les distingue généralement sur un critère de salinité de l'eau, distinction qui entraîne notamment une réglementation différente. En France, on parle de la « limite de salure des eaux » qui conditionne le régime juridique entre ces deux types de pêche. Cette limite, purement administrative, découle du décret du 9 janvier 1852 sur l'exercice de la pêche et pose de grands problèmes en pratique, car bien des animaux ont la capacité de la franchir dans les deux sens.

Pêche professionnelle

Chalutier de pêche artisanale

On trouve plusieurs types de pêche professionnelle.

La distinction entre artisans et industriels fait aujourd’hui l’objet de débats, dans l'Union européenne.

  • Certains tentent de restreindre la notion de navire artisan.
  • D’autres estiment que, si distinction il doit y avoir, elle doit se situer entre ceux qui savent adapter leur activité en fonction des disponibilités de la ressource (et qui peuvent le prouver) et ceux qui estiment que le vivier est sans fond.

Pêche artisanale et pêche industrielle

La vision historique française privilégie la notion de « patron propriétaire embarqué ». Elle distingue :

  • La pêche artisanale, qui est la plus diversifiée, et occupe de nombreuses personnes. Un artisan est un armateur qui possède au maximum deux navires, d'une longueur maximale de 24 mètres. La pêche artisanale concerne donc des bateaux de petite et moyenne taille (6 à 24 mètres) et de nombreuses techniques. En son sein, il convient de distinguer encore :
    • La pêche artisanale côtière. Elle concerne les bateaux les plus petits (6 à 16 mètres), avec 1 à 4 hommes à bord, qui font des marées courtes (de quelques heures à 3 journées).
    • La pêche artisanale hauturière. On parle de pêche hauturière lorsque le bateau passe plus de 96 heures d'affilée en mer. La pêche hauturière peut donc être artisanale. Elle concerne les navires de 16 à 24 mètres, avec un équipage de 5 ou 6 hommes, qui font des marées plus longues (de 8 à 15 jours).
  • La pêche industrielle. Elle fournit l'essentiel des captures en poisson et autres ressources halieutiques.
    • La pêche au large se pratique surtout sur des chalutiers de 30 à 50 mètres pour des marées de 10 à 15 jours, sur la plupart des plateaux continentaux et façades maritimes (dans les petites mers telle que la Méditerranée, les sorties sont souvent réduites à 24 heures). Le poisson est très souvent conditionné à bord. On compte 10 à 25 hommes par bateau.
    • La grande pêche se pratique en haute mer pour des campagnes pouvant durer plusieurs mois, sur des bateaux atteignant 110 mètres de long, avec un équipage comptant jusqu'à 60 hommes dans le cas des navire-usine transformant le poisson à bord.

Pour la législation française, les genres de pêche sont :

  • Petite pêche : absence inférieure à 24 heures.
  • Pêche côtière : absence comprise entre 24 heures et 96 heures.
  • Pêche au large : absence comprise entre 96 heures et 20 jours.
  • Grande pêche : navires de jauge > 1000 tx ou absence supérieure à 20 jours pour les navires de plus de 150 tx de jauge[2].

Outils

La pêche professionnelle en mer demande un équipement et un navire adaptés à l'espèce cible et à la haute mer. On distingue la pêche aux traînants, comme les dragues, les chaluts, la senne danoise, de la pêche aux dormants, comme les filets dérivants ou les casiers ainsi que d'autres spécialités comme la senne coulissante (ou bolinche) qui est un filet que l'on tourne autour du banc de poissons. La plupart du temps, un navire est adapté pour pêcher différents types de poissons afin d'assurer un cycle saisonnier et de suivre les différentes réglementations de pêche. Les technologies modernes permettent de faciliter les captures et d'améliorer le rendement des pêches (contrôle électronique du train de pêche, sondeurs multifaisceaux, sonars, radars, bouées de localisation par satellite ou simplement la réception de données par télécommunications par satellite en général). Ces technologies laissent de moins en moins de chance à la proie et contribuent à la surpêche.

Banc de hareng

Outils de pêche professionnelle :

  • outils de pêche actifs
    • engins traînants comme les chaluts de fond et les chaluts pélagiques. Ce sont des outils constitués d'un filet en forme de poche dans lequel les prises viennent se loger.
    • filets tournants sont des engins permettant d'encercler les poissons pélagiques. Ce sont représentés par la senne tournante non coulissante et la senne tournante coulissante.
  • outils de pêche passifs
    • filets sont des outils verticaux dans lesquels les prises viennent se coincer. Ils sont représentés par les filets maillants et les trémails.
    • lignes et les palangres, qui sont constituées d'un fil auquel est accroché un hameçon et un leurre ou un appât. On distingue les palangres de fond des palangres flottantes.
    • pièges, qui sont des outils passifs tels que nasses et casiers.

Pêche sportive ou de loisir

Article détaillé : Pêche sportive.

Pêche électrique

La pêche électrique, réservée en Europe aux seules autorités halieutiques compétentes, consiste à faire passer un courant de faible intensité dans le cours d'une rivière à l'aide d'une perche conductrice terminée par un anneau alimentée par une batterie. Le poisson, légèrement choqué vient alors flotter à la surface d'où il peut facilement être récupéré grâce à une épuisette. Cette technique de pêche n'est utilisée que pour réaliser des études sur les ressources halieutiques : comptage, mesures, pesée et éventuellement baguage. C'est donc une méthode à seul but scientifique et les poissons, après avoir retrouvé leurs « esprits » et avoir été ré-oxygénés sont relâchés dans leur milieu naturel.

En bateau

La palangrotte

La pêche à la palangrotte se pratique au mouillage. La palangrotte est composée d'une ligne mère et de quatre ou cinq hameçons placés au bout de brassoles espacés entre eux d'environ un mètre. Les appâts sont descendus sur le fond à l'aide d'un lest, dès que le plomb placé en bout de palangrotte touche le fond on le remonte un peu pour tendre la ligne. Cette pêche se pratique à la main ou avec une canne courte. On peut, sur un même bateau, pêcher avec plusieurs palangrottes.

En Méditerranée les poissons recherchés sont les girelles, les sarrans, les rascasses, les vieilles. C'est le mode de pêche préférentiel de la bouillabaisse.

Sur le bas de ligne sont placées à intervalle régulier plusieurs potences armées d'hameçon de taille 8 à 12.

Les appâts pour la palangrotte : Principalement des vers de mer (néréide, mourron, ver américain), des morceaux de poisson et des tronçons d'encornet.

La traîne

Article détaillé : Pêche à la traîne.

La pêche aux cormorans

Cormoran

Type de pêche pratiquée par exemple en Chine sur le lac Eir dans le Yunnan ou sur la rivière Li. Le cou du cormoran est ligaturé afin que celui-ci régurgite le poisson attrapé au pêcheur.

Sous l'eau

Une technique de pêche relativement marginale au niveau professionnel, mais néanmoins historique, est à noter : il s'agit de celle que pratiquent les Amas, ces femmes japonaises pêchant des coquillages en apnée. Cette technique est également utilisée dans les lagunes languedociennes et sur le littoral notamment pour le biju (ou violet), la chasse et la pêche sous-marine étant strictement interdites aux plongeurs avec bouteilles. Si cette tradition tend à disparaître, le fait de plonger pour se nourrir ou faire du commerce a certainement été le premier type de pêche. On trouve des traces de cette activité datant de la préhistoire en Méditerranée, en Corée et en Terre de feu. Aujourd'hui, il s'agit majoritairement d'un loisir ou d'un sport. Voir l'article Chasse sous-marine.

Réglementation

La règlementation varie selon les pays et les pêcheries, et selon le fait que le navire pêche dans des eaux territoriales ou internationales.

Internationale

Lire notamment l'article droit de la mer et OMI

Communautaire (Union européenne)

845 règlements et décisions communautaires concernent directement ou indirectement la pêche professionnelle maritime[3]. La politique commune de la pêche (ou PCP) est entrée en vigueur en 1983. Elle pourrait être revue après l'adoption fin avril 2009 par la Commission européenne de son livre Vert de la pêche, sous titré « Réforme de la politique commune de la pêche »[4] qui reconnait que «88% des stocks européens sont surexploités (contre une moyenne mondiale de 25%) et 30% sont «hors des limites biologiques de sécurité». L'Europe a lancé une consultation publique qui sera close le 31 décembre 2009[5].

Organisation commune du marché des produits de la pêche et de l'aquaculture

Créée dans le cadre de la PAC, elle comprend quatre éléments :

  • les normes communes de commercialisation des produits de la pêche (qualité, emballage, étiquetage) ;
  • les organisations de producteurs destinées à contribuer à la stabilisation des marchés ;
  • le soutien des prix, qui fixe des minimums au-dessous desquels il est interdit de vendre les produits de la pêche ;
  • des règlements portant sur le commerce avec les pays tiers.

Le 12 juillet 2005, la Cour de justice européenne a condamné, à la demande de la Commission européenne, la France à une amende pour violation de la législation communautaire concernant la protection des stocks de poissons risquant de disparaître. La France doit régler une somme forfaitaire de 20 millions d'euros pour avoir failli « de façon grave et persistante à ses obligations communautaires en matière de pêche ». Elle doit aussi payer 57,8 millions d'euros supplémentaires pour chaque période de violation de six mois en plus.

Nationale

Pêcheurs sur échasses, Sri Lanka

Tous les pays disposent d'une réglementation particulière.

La réglementation de la pêche, en France, relève du ministère de l'Environnement et du ministère de l'Agriculture et de la Pêche.

On peut notamment citer :

voir aussi zone économique exclusive

Au niveau français, les pêcheurs maritimes professionnels disposent conformément à la loi du 2 mai 1991 d'une organisation représentative chargée entre autres d'informer les pêcheurs en matière de réglementation.

Locale

En France, les pêcheurs professionnels se sont toujours auto-imposés une réglementation adaptée aux spécificités de chaque zone, notamment via des GPB (guides de bonnes pratiques) ainsi qu'au travers d'organisations issues de la loi du 2 mai 1991 qui sont les Comités régionaux et locaux des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM et CLPMEM) et en Méditerranée via des prud'homies de pêcheurs.

Les contrôles

Ils prennent des formes différentes selon les pays mais visent généralement à la fois à limiter le braconnage et la surpêche. Les contrôleurs veillent à la conformité des lieux et saisons de pêche, des tailles des prises, du lieu, profondeur, et durée d'immersion de l'engin de pêche et du nombre et type d'engin (type de filet et de maillage et des dispositifs auxiliaires, nombre de lignes et d'hameçons, etc.). Ils vérifient quand ils le peuvent le respect des TACs, du rejets des prises accessoires et des captures de poisson sous-dimensionné, du journal de bord et du le registre de production, etc. avec signalement d'indice d'infraction apparente) et à éviter la concurrence déloyale ainsi qu'à améliorer la sécurité des pêcheurs. Dans certains cas, des observateurs à bord peuvent être présent (USA, Canada, Europe…) pour veiller au respect de la loi du pays, de normes internationales et/ou du pays étrangers dans les eaux duquel la pêche est pratiquée, avec généralement un rôle complémentaire d'acquisition de données scientifiques (prélèvements, analyses de taille, parasitoses, etc.)[6]. Ils se font in situ, à partir des déclarations faites par les pêcheurs et en France sous le contrôle des affaires maritimes et des préfets maritimes. L'imagerie et les outils satellitaires commencent à être utilisés. Par exemple, en France, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) d'Étel est chargé de surveiller les pêches françaises du monde entier par satellite. En 2008, environ 1000 navires français de plus de 15 m sont ainsi suivis (position, cap, vitesse) via Immarsat ou Argos. En zone à risque de piratage, les données sont aussi communiquées à la marine de guerre qui peut assurer la sécurité des pêcheurs. Cette approche devrait se développer dans le cadre du projet Kopernikus. La France a été condamné le 12 juillet 2005 à payer 20 millions € par la Cour européenne de justice pour manquement grave aux dispositions de la PCP (Politique commune des pêches), avec astreinte semestrielle de 57 millions d'euros.[7].

Aspects économiques

Chalutier à quai

La production de poisson est en constante augmentation depuis les années 1950[8]. Selon la FAO, en 2000 la pêche 142,5 millions de tonnes de poissons ont été pêchés, dont 96,7 destinées à l'alimentation humaine, soit 16,2 kg par habitant. En 2004, la production a encore augmenté avec 155,8 millions de tonnes[9].

Sur ce total de 130,4 millions de tonnes, 94,8 sont pêchées (pêche continentale ou marine) et 35,6 (soit 27 %) viennent de l'aquaculture. L'exploitation des poissons des grands fonds s'est sensiblement accrue mais le total des captures est en régression, comme la ressource.

La Chine est le premier producteur mondial avec 16,6 mio de tonnes en 2002, suivie par le Pérou (8,8 mio), les États-Unis, le l'Indonésie, le Japon et le Chili (4 à 5 mio). Les dix principaux pays producteurs se partagent 60% des prises. L'océan Pacifique fournit 60% des ressources, l'Atlantique 27% et l'océan Indien 10%. Les poissons pêchés proviennent à 90% du plateau continental[10].

Les principales espèces pêchées ont été en 2000 :

En France, selon les chiffres de l'Ofimer (2004), le secteur de la pêche emploie 21 000 marins pour 6 000 navires. 40 criées réparties le long du littoral gèrent les produits pêchés, d'une valeur globale de 1,12 milliard d'euros. Ceux-ci sont distribués par 380 entreprises de mareyage et 290 entreprises de transformation.

Cependant, les poissons (d'eau douce et/ou marins) vendus doivent respecter des critères stricts tant sur le plan sanitaire [2] que médicamenteux [3]. Ces législations semblent mieux respectées en eau de mer qu'en eau douce. L'accompagnement des filières, quand il existe, ne semble pas avoir été suffisant pour leur permettre de respecter l'évolution législative en France et dans d'autres pays.

En 2004, la flotte de pêche mondiale comportait environ 4 millions d'unités, dont 1,3 mio d'embarcations pontées et 2,7 mio non-pontées. Parmi ces dernières, un tiers étaient mécanisées (moteur hors-bord le plus souvent), le reste étant des bateaux traditionnels à voile ou à rame. Parmi les bateaux pontés, 86% opèrent en Asie, 7,8% en Europe, 3,8% en Amérique du Nord et Amérique centrale, 1,3% en Afrique, 0,6% en Amérique du Sud et 0,4% en Océanie. Depuis la forte expansion des années 1970 à 1980, la flotte tend à se stabiliser, surtout dans les pays développés[11].

Soutenabilité de la pêche, environnement et épuisement des ressources halieutiques

la pêche est confrontée aux dérèglements climatiques, mais aussi à la modification du pH des océans
Les modifications de teneur de l'eau en ion carbonate pourraient aussi influer sur la composition et la répartition des peuplements halieutiques

Les premiers symptômes de surexploitation des ressources halieutiques apparaissent au XIXe siècle avec la régression de certains cétacés (baleines, cachalots) et poissons (saumons en particulier) puis avec la quasi disparition des baleines victimes de la surpêche des navires baleiniers. Dans les années 1970, la morue des Grands Bancs de Terre-Neuve, pêchée à une échelle presque industrielle depuis plus de 200 ans et qui semblait une ressource inépuisable, disparaît à son tour. Depuis les années 1950, l'envolée démographique et économique du XXe siècle a entraîné une croissance des pêcheries qui butte désormais dans de nombreuses régions sur la disparition du poisson. Le nombre de bateaux et de pêcheurs a diminué dans nombre de pays, mais ils sont bien plus efficaces et mieux équipés, ce qui a aggravé la pression sur les stocks halieutiques. Les flottes de pêche industrielle se sont alors tournées (années 1980-1990) vers des poissons moins connus ou moins appréciés du public, quitte à les transformer avant leur mise sur le marché (surimi). Elles exploitent des poissons des grands fonds et explorent les mers les plus éloignées des ports (archipel des Kerguelen, etc.) mais ces ressources lentement renouvelables sont elles-mêmes déjà menacées de surexploitation. Des expériences de pêche plus sélective et diminuant les prises accessoires ou accidentelles de cétacés (par les pingers notamment) sont tentée pour une « pêche durable ».

Dans les années 1970 à 2000, sous l'égide de l'ONU et de la FAO, de nombreux pays développés ont renforcé leur réglementation pour limiter les volumes pêchés (politique de quotas ou TACs), et encouragé une pêche plus sélective, en s'appuyant sur une approche écosystémique[12],[13] et des analyses scientifiques de l'état des stocks halieutiques et de leur renouvelabilité. Les poissons de grands fonds font partie de ceux qui régressent le plus vite. Le 28 octobre 2008 et pour 2 ans, le Conseil de l'Europe a décidé de réduire ses quotas de pêche ou TAC (Total autorisé de capture)[14] pour les grands fonds. Les TAC pour le requins des profondeurs ont été réduites de 50 % et seront nulles en 2010. La pêche du poisson empereur pourrait être interdite en 2010 aussi et les quotas devraient pour le grenadier être réduits de 15 % en 2009 et de 5 % en 2010. Sur certaines zones un observateur devra être à bord lors de la pêche à la lingue bleue qui fera aussi l'objet d'une réduction de quotas[15].

Des écosociolabels tels que le MSC (Marine Stewardship Council) ont été créés pour y contribuer.

Pour Greenpeace, l'état du stock de thon rouge en méditerranée est un constat d'échec des dispositifs de gouvernance de la ressource par les Organisations régionales des pêcheries (ORP).

Quelques espèces en forte régression suite à la surpêche font l'objet de plans de restauration (incluant éventuellement des réintroductions) visant à restaurer une population viable par la mise en œuvre d'actions coordonnées sur tout ou partie de leur aire de répartition (exemples : esturgeon européen, cabillaud ou anguille d'Europe par exemple).

En France

Le nombre d'emplois à bord et en déclin (environ 10 % de perte en 10 ans) surtout dans le secteur de la pêche artisanale

La pêche française est une activité économiquement importante pour certains ports (ex : Boulogne-sur-Mer) et certaines régions littorales (Bretagne, Nord-Pas-de-Calais, DOM) fortement soutenue par le ministère chargé de la pêche et par les gouvernements successifs.

La filière halieutique française a su se moderniser, et s’exporter mais elle est confrontée aux conséquences de la surpêche mondiale, de la dégradation des stocks, aux quotas et ne représente plus qu'environ 15 % de la consommation française, avec un chiffre d'affaires qui malgré les subventions et aides fiscales était dans les années 2005 à peine plus élevé que celui de la filière française de la tomate [16]. Selon les statistiques de l'OFIMER et du ministère en charge de la pêche, le nombre de marin-pêcheurs continue à diminuer dans le secteur artisanal, sans être compensé par les créations d'emplois de la pêche industrielle. En 2007, 25 215 marin-pêcheurs français travaillaient à 87% sur des navires immatriculés en métropole (dont 28% immatriculés en Bretagne) pour un équivalent de 6 571 214 jours travaillés (soit 260 jours par emploi pour l’année 2007 en moyenne). 74% de ces marins ont navigué 6 mois et plus, et 15% occasionnellement (moins de 3 mois pour l’année 2007). La répartition des emplois par région d’immatriculation a peu varié pour ceux qui ont navigué 3 mois ou plus, mais de 1999 à 2007 ce secteur a perdu environ 10 % de ses emplois (en métropole pour les postes non occasionnels) avec des différences régionales fortes (+ 42 % de 1999 à 2007 en Aquitaine, à - 31,9% en Poitou-Charentes et presque stable en Languedoc-Roussillon (-4,2%)[17]. OFIMER statistiques import-export 2007

Au 31 décembre 2007, la flotte française comportait 7 631 navires actifs dont 5 187 immatriculés en métropole (dont 20% en Bretagne), et 2 444 dans les départements d’Outre Mer (DOM) dont 14 % en Martinique (14%). Si l'on observe les immatriculations à une échelle géographique plus fine (quartiers maritimes), les zones ayant le plus de navires immatriculés sont : Fort-de-France (14% des immatriculations de la flotte française), Pointe-à-Pitre (11%), Sète (7%) puis Cherbourg (5%).
La flotte française est numériquement constituée de navires de moins de 10 mètres de longueur hors tout (70% des navires au 31 décembre 2007, 13% mesurant de 10 et 12 mètres, et 14% de 12 et 24 mètres pour seulement 3% dépassant 24 mètres). cette flotte a en 2007 d'abord déclaré des nasses ou casiers ; pour 29 % des navires (mais en fait essentiellement utilisées dans les DOM [18]). Ce sont ensuite les filets qui sont l'outil principal dans 21% des navires, à égalité avec le chalut pour 21% des cas. Au total 69% des engins principaux déclarés étaient statiques et 25% étaient remorqués. En métropole le chalut est l'engin maintenant le plus déclaré comme engin principal (30%) devant le filet (27%). 91% des bateaux de pêche immatriculés dans les DOM n'atteignent pas 10 mètres de long, contre 59% en métropole. puissance totale estimée au 31 décembre 2007, était de 1 070 628 kW dont 77% pour les navires immatriculés en métropole. Le poids de la métropole est encore plus important en termes de capacité avec 92% d'un total de 210 754 GT de capacité (au 31 décembre 2007), L’âge moyen des bateaux immatriculés est de 20 ans (12 ans dans les DOM, et 23 ans en métropole). La tendance est à une diminution du nombre et de la taille des navires et d'une réduction du nombre de marins à bord : Entre 1995 et fin 2007, le nombre de bateau a diminué de 21,3% en métropole. Les bateaux de 12 à 24 m sont ceux qui sont le moins remplacés et construits (- 30,9%, contre - 19,3% pour les bateaux de moins de 12 m et - 8,5% pour les plus de 24 m. Ceci se traduit par une diminution de puissance (-17,4% de 1995 à 2007), mais le nombre de bateaux diminue moins vite que la puissance totale de la flotte, et les progrès techniques font que la diminution de puissance ne se traduit pas par une diminution égale d'intensité de pêche.

Un rapport du Sénat intitulé Marée amère ; pour une gestion durable de la pêche[19] réalertait fin 2008 sur la menace que la surpêche fait peser sur l'alimentation mondiale. Selon ce rapport, la pêche a « très certainement » déjà atteint sur presque toute la planète « les limites de l’exploitation halieutique » alors que la capacité de pêche augmente d'environ 4 % par an. Son influence dépasse dans presque toutes les mers les facteurs naturels alors qu'il n’y « a plus de stock pouvant soutenir une nouvelle croissance des captures » et que l'aquaculture telle qu'elle existe « accroît la pression sur les espèces sauvages et contribue à la destruction des milieux naturels ».

Ce rapport propose de renouer le dialogue entre pêcheurs, scientifiques et décideurs ; pour « construire les outils de la décision politique », sur la base d'une approche écosystémique et d'aires marines protégées ; en donnant aux pêcheurs les moyens d'être acteurs et gestionnaires d’une pêche responsable et durable, ce qui implique d'accepter et respecter les quotas proposés par les scientifiques et lutter contre les fraudes. Les pouvoirs publics doivent exercer leurs prérogatives de contrôle et mieux informer les citoyens pour les rendre responsables, qu'ils puissent choisir des poissons impactant moins la ressource, de taille légale, écolabellisés MSC ou équivalent, en favorisant les initiatives de pêche durable mises en place par avec les pêcheurs, sans oublier de réduire l'impact de la pêche récréative « qui ne doit plus être mésestimé ».

Notes et références

  1. Statistiques de la FAO sur la pêche
  2. [pdf][1]
  3. http://www.objectifm.eu/SFPManuelFR/
  4. Livre vert de la pêche (UE, 2004)
  5. Site ouvert pour la consultation publique européenne sur l'avenir de la pêche
  6. Exemple ;Règlement (CE) n° 3069/95 du Conseil, du 21 décembre 1995, établissant un programme pilote d'observation de la Communauté européenne applicable aux bateaux de pêche de la Communauté qui opèrent dans la zone de réglementation de l'Organisation des pêches de l'Atlantique du Nord-Ouest
  7. Source : préfet maritime)
  8. Voir grapheFAO
  9. Voir quantité totale de la production mondiale de pêche sur le site de la FAO
  10. Jean-Michel Cousteau / Philippe Vallette, Atlas de l'océan mondial, Éditions Autrement, 2007, p. 30.
  11. Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, 2006, p. 7.
  12. Document FAO Directives techniques pour une pêche responsable, suppl. « Aménagement des pêches, §2. L’approche écosystémique des pêches », Rome, 2003 (Complément au « Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable »)
  13. Site (Ifremer) dédié à l'approche écosystémique des pêches (AEP)
  14. vocabulaire normalisé officiel du domaine de la pêche en France
  15. Journal Le Marin, 31 oct 2008, page 4
  16. Le chiffre d’affaires des poissons frais déclarés et débarqués dans les ports français s’est élevé à 629 millions € en 2004 ; celui de la production de tomates en France à 624 millions €. Source : Rapport Tanguy : Les Pêches maritimes françaises : entre le défi du marché et le défi de l’aménagement du territoire, publié en juin 2006 et dont le rapporteur était Hélène Tanguy, députée du Finistère
  17. Statistiques OFIMER 2007
  18. En 2007, Sur 2 444 navires des DOM 1 601 ont déclaré la nasse ou le casiers comme engin principal de pêche
  19. Rapport du sénateur Marcel-Pierre Cléach ; http://www.senat.fr/rap/r08-132/r08-132.html Rapport], et sa synthèse en 4 pages

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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Pêche professionnelle

Exemples de Guides de bonnes pratiques pêche/aquaculture

Pêche sportive ou de loisir

Histoire et réglementation

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