Philippe Charles de La Fare


Philippe Charles de La Fare
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Philippe Charles de La Fare Marquis de La Fare
Philippe Charles de La Fare
Philippe Charles de La Fare

Surnom Bon enfant[1]
Naissance 15 février 1687
Décès 14 septembre 1752 (à 65 ans)
Paris
Origine Royaume de France Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Capitaine des Gardes du Corps du Régent
Maréchal de France
Années de service 1766 - 1752
Conflits Guerre de Succession d'Espagne
Commandement Régiment de Gâtinais
Régiment de Normandie
Commandant en chef en Languedoc (1724)
Faits d'armes 1704 Siège d'Ivrée et siège de Mirandola
bataille de Cassano (1705)
Prise de Soncino
bataille de Calcinato
1706 siège de Turin
1707 Siège de Toulon
1714 Siège de Barcelone
1719 Prise d'Urgel 1734
Bataille d'Ettlingen, réduction de Philipsbourg et à Worms
1741 Prise de Prague
1743-1744 : Campagnes en Alsace
1745 Prise de Mons
1746 Bataille de Raucoux
Prise de Charleroi
Siège de Namur
Distinctions Maréchal général des
camps et armées du roi
(1746)
Hommages Chevalier de la Toison d’Or
Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit(1731)
Première Entrée de la Chambre du roi
Entrées chez la reine
Autres fonctions Marquis de La Fare
comte de Laugère
Lieutenant-général au gouvernement de Languedoc (1718)
Gouverneur des château et ville d'Alès
Ambassadeur en Espagne
Lieutenant-général de la Haute-Bretagne et du Comté Nantois (1738)
Chevalier d'Honneur de l'Infante Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon
Gouverneur de Gravelines et d'Alès
Chevalier d'honneur de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe
Famille Famille de La Fare

Philippe-Charles de La Fare, dit « le marquis de La Fare », 4e marquis de Monclar Page d'aide sur l'homonymie, comte de Laugères[1], (15 février 1687[2] - 14 septembre 1752 à Paris en France) est un officier général français de l'Ancien Régime, maréchal de France.

Sommaire

Famille

Blason des La Fare
Armoiries de la famille de La Fare : D'azur à 3 flambeaux d'or allumés de gueules, posés en pal.

Philippe-Charles de La Fare est le fils ainé de Charles-Auguste de la Fare, capitaine des gardes de Monsieur, et de Louise-Jeanne de Lux de Ventelet (1667-1691). Il est le frère d'Étienne Joseph de La Fare, évêque-duc de Laon, et le cousin de Ses Éminences les cardinaux Anne Louis Henri de La Fare et François-Joachim de Pierre de Bernis.

Pendant toute sa vie, Philippe Charles de La Fare va aider ses parents et ses amis à obtenir des charges, des avancements, des pensions… Le mécanisme de nomination fait intervenir le jeu des parentèles et des clientèles : pour obtenir par exemple une charge d’aumônier du roi, rien ne vaut un parent bien placé à la Cour, qui a toujours le souci de sauver de l'oubli une branche de sa famille enterrée en province. Cela est vrai pour les d’Aydie, Moreton de Chabrillan, les Sabran, Choiseul, Lascaris de Vintimille, Dufort, Galard-Terraube, Grimaldi, Talleyrand ou les La Fare. La famille a bénéficié des appuis de la maison d'Orléans. Ils sont leurs serviteurs à la Cour depuis que la monarchie s’est faite absolue et la mort de Mazarin. Ils reçoivent et fréquentent, à la Cour, en leurs hôtels, les villes qu’ils gouvernent et dans les salons, tout ce que la France compte de personnages importants au niveau de l’administration de l’état, de l’armée, du clergé, de la culture.

Carrière militaire

Règne de Louis XIV

Mousquetaire du Roi (1701-1702)

En 1701, la guerre de Succession d’Espagne commence. Elle va opposer de 1701 à 1714, la France de Louis XIV, alliée à la Bavière et à l’électorat de Cologne, au restant de l’Europe : Grande-Bretagne, Hollande, Autriche, Prusse, Hanovre, Portugal et Savoie.

Article détaillé : guerre de Succession d’Espagne.

Philippe Charles a 14 ans, et est nommé par Monsieur et Charlotte-Élisabeth de Bavière (1652-1722), le 26 mars 1693, mousquetaire du Roi.

Il revêt l’uniforme des mousquetaires cette année-là, et part se battre[3]. Les Mousquetaires du Roi sont engagés dans la campagne de Flandres, en 1702. La Fare sert au siège de Nimègue, en 1702, où les Hollandais seront battus.

Régiment du Roi (1703)

Comme sous-lieutenant au Régiment du Roi[4], il se trouve à la prise du Vieux-Brisach par le Duc de Bourgogne, le 6 septembre 1703. Lieutenant, il est présent à la bataille de Spire remportée par le maréchal Camille d’Hostun, et participe à la prise de Landau.

Régiment de Gâtinais (1704)

Le Grand Vendôme, l'ami de son père, et Philippe V d'Espagne

Philippe Charles de La Fare fait campagne à l'armée de la Moselle comme enseigne de la compagnie colonelle du Régiment du Roi. Il est capitaine dans le même régiment[5].

Il passe au début de l’année 1704 en Italie, et accède au commandement du régiment de Gâtinais en avril 1704, par suite de la démission du vicomte de Poudenx.

Sous le maréchal Louis-Joseph de Vendôme

L’ami de son père, Louis-Joseph de Vendôme, est l’un des derniers chefs de guerre français. Il veut prendre par surprise la place forte de Verceil, mais le détachement destiné à cette expédition arrive trop tard, et une sentinelle avertit la garnison qu’elle aperçoit de la poussière. Le projet échoue.

La Fare suit alors le maréchal qui met le siège autour d'Ivrée. Malgré le courage des défenseurs, faute de secours, la ville doit se rendre. Le duc et La Fare, après ce siège d'Ivrée, font celui de Verrue.

Le duc de Savoie après ses défaites est dans une fâcheuse situation. La Fare est présent aussi au siège de Mirandola. Il a une part importante dans presque toutes les affaires qui sont engagée par l'armée d'Italie.

Face au Prince Eugène (1705-1706)

À cette époque la France ne connaît plus que des défaites, à la fois sur terre et sur mer. La Fare commande alors la brigade du maréchal Louis-Joseph de Vendôme et réussit à battre le Prince Eugène, à la bataille de Cassano, le 16 août 1705. Le jeune colonel et son régiment participent ensuite à la prise de Soncino. Le 19 avril, il est toujours aux côtés du maréchal, ils battent les armées du comte de Reventlau, à la bataille de Calcinato. Il se distingue à l’attaque de Canario et à celle des lignes ennemies devant Turin, où il reçoit une blessure à la cuisse.

Le fils du général François d'Aubusson dirige le siège de Turin. Son père, qui s’était approprié la victoire sur les Turcs en Hongrie, avait eu dans ses rangs le père de Philippe Charles, qui avait brillamment participé à la bataille. Son fils est tout autant vaniteux, suffisant et encore plus incompétent. Il doit son avancement à son beau-père le ministre Michel Chamillart. La Fare, couvert de sang, souffrant atrocement, voit passer, au milieu des blessés et des morts, ce Louis d'Aubusson, duc de La Feuillade tout pommadé, la perruque bien ajustée, riant d’une de ses mauvaises plaisanteries, avec deux ou trois de ses amis.

Le siège dure deux mois. Le Prince Eugène commence par vaincre les assiégeants de Turin, le 7 septembre 1706. Puis, en quelques mois, il chasse les armées françaises d’Italie. Toutes les victoires de Vendôme, aidé de La Fare et de son régiment de Gâtinais, n’ont servi à rien.

L'armée du Dauphiné (1707-1711)

Le maréchal Claude Louis Hector de Villars

Philippe-Charles de la Fare se remet de sa blessure. En 1707, il est employé à l'armée du Dauphiné sous le maréchal René de Froulay de Tessé.

Après les défaites en Italie, il faut contenir les forces ennemies. Mais ceux-ci envahissent le sud-est de la France, et entreprennent le siège de Toulon, devenu effectif le 26 juillet 1707. L’armée du maréchal de Tessé, soutenue et aidée par la population, repousse les attaques. Après 25 jours de bombardement et d'attaques infructueuses, La Fare contribue par un coup de main hardi à faire lever le siège de Toulon au duc de Savoie et à Prinz Eugen, le 22 août 1707. Les Austro-Sardes doivent battre en retraite derrière le Var. Ils ont perdu dans cette affaire plus de 8 000 soldats.

Dans la même armée, sous le maréchal Claude Louis Hector de Villars, La Fare obtient en 1708 contre le duc de Savoie un nouveau succès, par la prise des deux villes de Césane, malgré un ennemi supérieur en nombre. Il sert encore, de 1709 à 1711, à l'armée de Dauphiné, sous le maréchal Jacques Fitz-James de Berwick.

Capitaine des gardes de Philippe d'Orléans (1674-1723)

Philippe-Charles est nommé capitaine des gardes du duc Philippe d'Orléans (1674-1723), le 29 mai 1712, en remplacement de son père. L’entourage des Orléans est organisé selon des principes apparemment intangibles. La Maison est composée de commensaux qui jouissent à ce titre de privilèges importants. Depuis toujours, les usages avaient très fortement structuré les fidélités. Les parentés et les réseaux d’amitié assurent la promotion des La Fare[6].

Mariage (1713)

Philippe-Charles de la Fare profite de son séjour à Paris pour se marier par contrat du 6 avril 1713, le 6 août, avec Françoise Paparel, fille de Claude François Paparel, trésorier de l'extraordinaire des guerres, et de Marie Sauvion. Les Paparel, famille du Lyonnais portent d'azur, à 3 tours d'or ; au chef du mesme chargé d'un lion passant de gueules, bien qu'ils ne soient pas nobles.

Dangeau écrit : Le roi signa le matin le contrat de mariage du Marquis de La Fare, capitaine des gardes de M. Le Duc d’Orléans avec Mademoiselle Paparel a qui le père donne 560.000 livres en mariage. Tessé précise toutefois que La fille de Paparel est aussi laide, dit-on, que son père est coriace et intéressé[7]. La femme de La Fare est très jeune. Le Père Anselme et François-Alexandre de La Chenaye-Aubert, les seuls généalogistes qui parleront d’elle, la feront naître en 1706. Elle ne s’est pourtant pas mariée à sept ans[8]. On sait par ailleurs que sa fille est née en 1716, par le contrat de mariage de sa fille avec le futur général-comte Louis Groult des Rivières[9]. Sa mère ne peut avoir que 13 ou 14 ans au moment de sa conception.

La Régence

Claude François Paparel est arrêté sur ordre du Régent, comme beaucoup d'autres banquiers, pour soupçon de trahison et crime de péculat. Il est condamné à mort en 1716, mais Philippe Charles de La Fare obtient sa grâce de son beau-père auprès de Philippe d'Orléans (1674-1723), son protecteur.

Brigadier des armées du roi (1716)

La Fare sert au siège de Barcelone en 1714, toujours sous les ordres du maréchal de Berwick. Philippe-Charles reçoit un brevet de brigadier, le 1er janvier 1716, grade que Louvois avait injustement refusé à son père du fait de leurs rivalités amoureuses. Le duc de Luynes explique qu’il obtient ce grade du fait d’une charge qu’il n’a pas payé. Il reçoit les provisions de cette nouvelle charge et se démet alors du régiment de Gâtinais. Cette charge rend son propriétaire rapidement premier brigadier du corps des dragons.

Le 15 novembre 1717, le marquis de la Fare prend le commandement du seul régiment de Normandie[10], vacant par la mort du comte d'Angennes.

Lieutenance générale au gouvernement de Languedoc (1718)

L'année suivante, le roi lui donne le 8 septembre la lieutenance générale au gouvernement de Languedoc pour le Vivarais et le Velay, sur la démission du comte de Roure. Ce rôle de gouverneur est de courte durée.

Guerre en Espagne (1719)

Le 2 janvier 1719, la France déclare la guerre à Philippe V d'Espagne. Une armée de 36 600 hommes commandée par le maréchal de Berwick fait le siège de Fontarabie. Le 17 juin 1719, un boulet ayant décapité leur gouverneur, la place forte se rend. La Fare se réjouit de cette victoire qui leur permet d’attaquer Saint-Sébastien qui tombe le 19 août. Philippe Charles et les troupes françaises longent les Pyrénées et se retrouvent en Catalogne. Ils participent à la prise d'Urgel, faite malgré les pluies d’automne et le manque de ravitaillement. Les armées françaises assiègent Roses, mais doivent se replier sur le Roussillon, du fait d’une tempête qui détruit un convoi maritime venant les ravitailler. C’est alors la paix.

Maréchal de camp et gouverneur du château d'Alès (1720)

Le roi le fait maréchal de camp le 10 avril 1720, et gouverneur du château d'Alès et des Cévennes le 1er janvier 1721. Philippe-Charles de la Fare séjourne alors dans le Languedoc.

Carrière diplomatique

Ambassade en Espagne

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, ambassadeur

Saint-Simon

C’est à cette époque que Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon supplie le régent de lui accorder la faveur de se rendre à Madrid en qualité d’ambassadeur extraordinaire. À l’époque, la France et l’Espagne échangent leurs princesses. La fille de Philippe d'Orléans (1674-1723) deviendra reine d’Espagne, et l’infante se rend en France pour se marier avec Louis XV.

Philippe Charles de La Fare va se retrouver en Espagne avec ce cousin, chassé de l’armée par François Michel Le Tellier de Louvois, du fait de son incapacité à commander une simple compagnie et de sa faible constitution. Et pourtant il ne manque au petit duc ni l’ancienneté de sa noblesse, ni la fortune. D’ailleurs en Espagne, {guil|il va se ruiner à jeter l’or par les fenêtres de son carrosse, engloutir ses derniers écus à recevoir le dernier carré des importuns[11].

L'ancien supérieur et ami de La Fare, Jacques Fitz-James de Berwick, chef militaire très apprécié des Espagnols, a pourtant été recommandé par le cardinal Guillaume Dubois. Mais le Régent préfère envoyer ce courtisan professionnel, car il le croit mieux préparé à affronter l’étiquette de la Cour espagnole. Philippe d'Orléans le prévient toutefois que sa mission n’est pas de décider des orientations de la politique de la France, et tous les conseillers du roi lui répètent, avant son départ, le 23 octobre 1721, qu’ils n’attendent de lui que de la soumission et de l’obéissance.

Philippe Charles de La Fare, envoyé extraordinaire

Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle, ami du régent et de La Fare, assurera la Lorraine à la France

Dans le même temps, le duc d'Orléans décide d’envoyer en Espagne l’un de ses premiers officiers, pour remercier les Espagnols de l'immense honneur du mariage de sa fille avec le roi. Il porte son choix sur le capitaine de ses gardes, La Fare. Leur ami commun, Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle[12], le félicite du choix de cet envoyé extraordinaire, et va en avertir le premier La Fare et Saint Simon.

Dans les Mémoires de ce dernier, les faits sont légèrement différents. Le duc s'octroie l’origine du choix du régent en ce qui concerne Philippe Charles de La Fare. Alors que le régent ne lui a confié ce poste qu'avec des limites très strictes à ses pouvoirs, Saint-Simon tient des propos légèrement méprisants envers La Fare : « Je le lui promis et je l'obtins : ce fut son premier pas de fortune. C'est un fort aimable homme, de bonne compagnie, qui m'en a toujours su gré depuis. Sans blesser l'honneur et avec un esprit gaillard mais fort médiocre, il a su être bien et très utilement avec tous les gens en place et en première place, se faire beaucoup d'amis, et faire ainsi peu à peu une très grande fortune qui a dû surprendre, comme elle a fait, mais qui n'a fâché personne ». Mais surtout La Fare a 34 ans et il est déjà maréchal de camp et surtout capitaine des gardes du régent. C’est là l’une des charges les plus enviées de la Cour, et ses exploits militaires sont connus de tous.

Une mésentente complète

Dès le début, les rapports entre les deux représentants sont difficiles. La Fare arrive à Madrid le lendemain du départ de la Cour, et va chez l’ambassadeur de France. L’accueil n’est pas celui d’un diplomate envoyé par le régent. Saint-Simon parle de Philippe Charles de La Fare comme d'un enfant mal élevé qu’il conviendrait d’éduquer. Il écrit : Dès ce premier entretien il m'exposa des prétentions sauvages; c'étoit d'être reçu comme le sont les envoyés des souverains; d'être conduit à l'audience dans la même forme, et d'être reçu et traité comme eux. J'essayais de lui faire entendre que ceux que feu Monsieur avoit envoyés faire ses compliments dans les cours étrangères, à Londres, même à Heidelberg, à l'occasion de ses mariages, à Madrid, à l'occasion du mariage de la reine, sa fille, et en d'autres occasions en ces mêmes cours et en d'autres, n'avoient jamais prétendu ces traitements, quoique venant de la part d'un fils de France, et que lui pouvoit encore moins prétendre venant de la part d'un petit-fils de France.

Saint-Simon veut donc que l’envoyé de la France parle en représentant d’un prince, non souverain, au roi d’Espagne. Philippe Charles de La Fare lui répond que ce petit-fils de France est régent et pas seulement prince de France. Cette qualité change tout. Philippe est le dirigeant de la France, à la place du roi. Son pouvoir est presqu'absolu, contrairement à son père. Puis le capitaine ajoute que « La conjoncture étoit heureuse et qu'il falloit en profiter ».

Le projet de Saint-Simon

Mais il ne connait pas encore le projet de Saint-Simon : celui-ci veut faire de son second fils un Grand d'Espagne, et il est prêt à faire beaucoup pour cela. La Fare utilise tous les arguments pour séparer le projet de Saint-Simon de sa mission, mais celui-ci persiste[13] à avoir le rôle le plus important (La Fare étant envoyé par un prince, Saint-Simon est donc le seul représentant de la France).

Le rôle du cardinal Dubois

Guillaume Dubois, cardinal, protecteur des protestants et partisan de la paix.

Le mariage d’une princesse d’Orléans avec l’héritier du trône d’Espagne ayant comme but de réconcilier les Bourbons d'Espagne avec les Orléans et de permettre à ces derniers de parler d’égal à égal avec les souverains espagnols. La Fare, ami et confident du Dauphin, a certainement reçu lui-aussi des ordres du régent et de Guillaume Dubois[14].

Il est en effet étonnant que cet ambassadeur soit obligé d’obéir à un capitaine des gardes du corps, hors de la Cour. Le petit duc fait semblant d’obéir : « Mais il ne se rendit point, et me pressa de telle sorte que j'entrai en capitulation. Je fis une lettre pour Grimaldo[15], par laquelle, lui donnant avis de l'arrivée de La Fare, je lui exposois la convenance de le recevoir et de le traiter avec des distinctions particulières, mais sans rien spécifier ni demander distinctement ni directement, me contentant de m'étendre sur la faveur de la conjoncture, sur celle de La Fare auprès de M. le duc d'Orléans, qui seroit flatté pour soi et pour lui des bontés et des distinctions que Sa Majesté Catholique voudroit bien lui accorder. Je montrai ma lettre à La Fare; je l'envoyai à Grimaldo et une copie au cardinal Dubois ».

Mais en réalité sa lettre n’est pas claire : « La Fare ne fut pas content d'une lettre qui n'exprimoit point ses prétentions […] moins encore de l'envoi de sa copie au cardinal Dubois ».

Pourtant Dubois ne pense pas de bien de Saint-Simon. Il n’est pas le seul d’ailleurs à ne pas l’apprécier. Avant la mort de Louis XIV, alors qu’il n’avait que quarante ans, Saint-Simon avait dû déjà quitter la Cour, où il n’avait plus un seul soutien. Mais son ami d’enfance devenant régent, il eut le rêve de devenir un nouveau Richelieu ou Mazarin.

La rivalité entre les deux hommes grandit encore

D’ailleurs, outre l’envie de voir son second fils Chevalier de la Toison d’Or, Saint-Simon veut nuire à l’homme qui ose se présenter en rival à la Cour d’Espagne. Et d'ailleurs cet envoyé de la principale puissance mondiale de l’époque[16], du fait de l'attitude de l'ambassadeur extraordinaire, n’est pas traité par les Espagnols selon son rang[17].

Chevalier de la Toison d’Or (1722)

Louis XV porte l'insigne de la Toison d'or suspendu à un ruban rouge

Mais Philippe Charles de La Fare, l’homme a l’esprit gaillard mais fort médiocre, avec des prétentions sauvages et qui ne reçut de la cour d'Espagne aucune des distinctions qui fussent de caractère, Philippe Charles de La Fare est fait Chevalier de la Toison d’Or par Philippe V, le 11 janvier 1722.

Dans ses Mémoires, Saint-Simon ne sait plus quoi écrire tellement il est déçu[18]. Saint-Simon ose le comparer à Maulevrier-Langeron, marquis, ancien ambassadeur en Espagne, coupable d’avoir signé un traité avec des clauses favorables à l’Espagne.

Le prix payé par Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon

La Fare n’apprécie pas lui non plus cet honneur accordé à Saint-Simon. Le titre lui revient à 840 000 livres. Mais il est aussi la récompense d'une complaisance malvenue. En ne faisant pas respecter l’envoyé représentant la France, il avait fait le jeu des Grands d’Espagne, toujours prêt à humilier les Français[19].

Les commentaires acerbes de Saint-Simon sur La Fare continuent : « Il se méconnut assez pour m'en faire ses plaintes. Quel qu'en fût mon étonnement, je ne crus pas devoir le lui témoigner, mais le traiter en malade, avec complaisance; ainsi tachois là, comme depuis à Madrid, de le porter à des manières qui ne dégoûtassent ni le roi ni sa cour, et qui ne lui fermassent pas les voies de ce qu'il désiroit, mais que je savois bien qu'il étoit hors de portée d'obtenir. Il se servit tant qu'il put, et très mal à propos, du nom du régent et du cardinal Dubois, auprès de Grimaldo, et même avec d'autres seigneurs, familiers chez moi, qui après, rioient et haussoient épaules, et m'exhortoient de tâcher à le faire rentrer en lui-même ». En réalité, le duc doit jalouser La Fare, ayant sans doute peur qu'il le remplace. D’ailleurs, il l’écrit à nouveau : « Cette ambition lui tourna tellement la tête, qu'il se mit à hasarder des propos comme s'il étoit ambassadeur de M. le duc d'Orléans, et à le prétendre. En me pressant sur sa grandesse, il me lâcha quelques traits de cette prétention que je ne pus lui passer comme le reste. La grandesse étoit une chimère personnelle, mais l'appuyer de cette prétention d'ambassade portoit sur M. le duc d'Orléans ».

Un drôle de rival

Cette animosité et cette rivalité avec ce proche du régent s’ajoutent aussi au désespoir d’un homme vieillissant. Son unique espoir avait été le plan qu’il proposa en vain au régent à la mort de Louis XIV. Dans ce projet politique, le pouvoir devait être confié aux princes qui étaient encore des enfants à cette époque, les opposants au duc se retrouvaient en exil. Des potiches ou des bilboquets devaient les remplacer[20]. Le comble du ridicule, c’est l’affaire du bonnet[21].

À cette époque, Saint-Simon, « le petit Boudrillon », après avoir menacé La Fare, critique le régent : « ... et qui donneroit lieu à, ses ennemis d'en profiter dès à présent dans le public, et dans la suite auprès du roi, en accusant M. le duc d'Orléans de vouloir déjà trancher du souverain, dans l'impatience de le devenir en effet, par des malheurs qu'on ne pouvoit assez craindre; ce qui donneroit un nouveau cours aux horreurs tant débitées et si souvent renouvelées. »

Finalement, Saint-Simon, fait ambassadeur, devenu Grand d'Espagne en trahissant les intérêts de son bienfaiteur, écrit des propos ridicules : « Je ne voulois pas qu'il fût ambassadeur ni grand d'Espagne comme je l'étois ». À nouveau, il met sur le même plan Maulevrier (qu’il n’a jamais vu) et La Fare. Il leur trouve même un point commun : leurs origines non ducales : Je connusse la naissance des Andrault[22] pour bien plus légère encore que celle de La Fare. Et ce fat, dont la noblesse de sa famille est pourtant bien récente, répète dans ses Mémoires à nouveau les mêmes mots.

Guillaume Dubois et Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle

Saint-Simon écrit : « Il se persuada que mon intérêt m'empechoit de le servir et de le faire réussir, de manière qu'il me bouda longtemps, et me vit assez peu. » Saint-Simon, déçu de ce manque d'intérêt, excite Grimaldo, le futur traître, comme il avait excité certains ducs contre les parlementaires. Il envoie une lettre pour dénoncer les agissements de la Fare au cardinal Dubois et à Belle-Isle.

Ceux-ci, qui sont les amis de la Fare, veulent que le régent et la France jouent un rôle de premier plan en Europe. Ils conseillent certainement à La Fare de ne pas répondre aux provocations du "petit Boudrillon", ce qu’il fait : « Ce ne fut pourtant que tout à la fin de mon séjour en Espagne que La Fare reprit peu à peu ses véritables errements avec moi, et depuis notre retour en France nous avons été amis. Il a bien su depuis pousser sa fortune, et par de bien des sortes de chemins, toutefois pourtant sans intéresser son honneur ». Il ne peut toutefois s'empêcher de mépriser Philippe Charles de La Fare : « Il est étonnant combien l'ambition ouvre l'esprit le plus médiocre, et combien il est des gens à qui tout réussit, dont on ne se douteroit jamais ».

La Fare finira effectivement maréchal de France et son frère, évêque-duc, pair de France. Les deux fils de Saint-Simon seront deux pauvres malades, auxquels leur père paiera un régiment[réf. nécessaire]. Saint-Simon réussit toutefois non à faire revenir les Espagnols sur leur décision de lui attribuer l’ordre de la Toison d’or, mais le capitaine des gardes ne la reçoit que quelques mois après, des mains de M. le duc d'Orléans, par commission du roi d'Espagne, le 11 janvier 1722. En 1722, le marquis reçoit aussi un brevet pour la "Première Entrée de la Chambre du roi"[23].

La vie à la cour

L'affaire Claude Le Blanc (1722)

Jeanne, marquise de Prie : Philippe Charles de La Fare est l'amant de sa mère, sa pire ennemie.

Les deux hommes sont toutefois amenés à se rencontrer sans cesse dans les allées du pouvoir. En arrivant à Paris, Philippe-Charles de la Fare, accompagné de son ami Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle, va voir Saint-Simon en son château de La Ferté-Vidame. Après le meurtre d’un collaborateur, Gérard de La Jonchère, Trésorier de l’extraordinaire des guerres, la rumeur publique accuse leur ami Claude Le Blanc d’avoir détourné des fonds. D’ailleurs, la marquise de Prie constate en septembre 1722 un déficit anormal. Saint-Simon se rend compte que la situation est grave. Redevenu l'ami de Philippe Charles de La Fare, il prend sa défense : « La Fare n'y fût pour rien... La Fare étoit aussi fort ami de Mme Jeanne Agnès Berthelot de Pléneuf, mais non son esclave comme ses deux amis Le Blanc et Belle-Isle. » La Fare agit uniquement par amitié pour ces deux conseillers. Gérard de La Jonchère est conduit à la Bastille, et l’on parle d'ôter à Claude Le Blanc sa charge de secrétaire d'État, et de l'envelopper avec Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle dans cette affaire. Saint-Simon leur explique les dessous de l’affaire et notamment le rôle de la marquise de Prie[24] .

Saint-Simon conseille donc à Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle et à Philippe Charles de La Fare de ne plus voir la mère de la marquise de Prie, et de se méfier du cardinal Guillaume Dubois qui cherche à renforcer son autorité sur l’armée, mais également du duc de Bourbon, et même du régent.

Philippe Charles de La Fare et Saint-Simon, connaissant si bien les mécanismes de la Cour, tombent d’accord sur le diagnostic de la situation et sur les remèdes à lui apporter. Saint-Simon se souviendra que : « La Fare trouvoit que je disois bien, et que ce que je proposois étoit la seule voie de salut, si déjà l'affaire n'étoit trop avancée. » Belle-Isle, par contre, trop ami de Claude Le Blanc, et trop entichée de Madame de Pléneuf, ne veut pas trancher avec son passé.

Saint-Simon le met en garde : « À la fin, je lui prédis la prompte perte de Le Blanc et la sienne, que le cardinal, M. le Duc et sa maîtresse entreprenoient de concert, et dont ils ne se laisseroient pas donner le démenti, si, en suivant mon opinion, ils ne désarmoient promptement M. le Duc et sa maîtresse par le sacrifice que je proposois; quoi. fait, ils auroient encore bien de la peine à se tirer des griffes seules du cardinal; mais que, quand ils n'auroient plus affaire qu'à lui, encore y auroit-il espérance. Mais rien ne put ébranler Belle-Ile ».

Saint-Simon lui conseille la fuite hors du royaume en attendant que la situation s’améliore. La Fare est aussi de cet avis, mais Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle s'écrie que « fuir seroit s'avouer coupable, et qu'il préféroit de tout risquer, étant bien sûr qu'il n'y avoit sur lui aucune prise ». Il s'en retourne avec La Fare persuadé d’avoir raison. Son entêtement ne suffit pas à le sauver : Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle se retrouver à la Bastille, comme l’autre ami de Philippe Charles de La Fare, Claude Le Blanc.

Les fêtes des roués

Adrien Maurice de Noailles, l'un des roués. Saint-Simon, écrira : Le serpent qui tenta Ève, qui renversa Adam par elle, et qui perdit le genre humain, est l’original dont le duc de Noailles est la copie la plus exacte et la plus fidèle.

La Fare sait que le vieux courtisan a eu raison, car il reçoit les confidences du régent. Ils sont inséparables.

L’amitié va même plus loin. Dans les appartements du Régent, au Palais-Royal, presque tous les soirs, les domestiques ferment les portes. Le capitaine des gardes leur ordonne de ne laisser passer que quelques personnes, toujours les mêmes. D’ailleurs les portes sont fermées à clé pour être sur de ne pas être dérangé.

Les roués, compagnons de débauche du régent Philippe passent toute la nuit à boire, manger forniquer, chanter des chansons paillardes. Les roués affirment qu’on leur a donné ce surnom, car ils sont prêts à se faire rouer pour le Régent. Leurs adversaires voudraient eux les faire rouer de coups. La plupart sont les compagnons de débauche du père de Philippe Charles de la Fare, ou leurs enfants. Ce sont, la plupart du temps, le comte de Nocé, dit Bracquemardus de Nocendo, le duc de Noailles, Louis de Brancas, dit la caillette gaie, le marquis de la Fare, dit le Gros Poupard, et sa maîtresse, la vieille Madame de Pléneuf, et puis, encore plus âgé, le grand prieur de France, Monsieur de Vendôme, petit-fils d’Henri IV.

Le Régent les adore, mais il a une admiration poussée jusqu’à la vénération pour Monsieur de Vendôme. Philippe voit en cet éminent ecclésiastique un exemple à suivre, car toute sa vie il ne s'est couché qu'ivre et qu'il n'a cessé d'entretenir publiquement des maîtresses et de tenir des propos continuels d'impiété et d'irréligion.

L'abbé Dubois observe son ancien élève et ses fêtards auxquels se mêlaient parfois Claude Le Blanc et Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle. Quand un invité tombe ivre-mort, le Régent crie au futur cardinal : Allons, chapelain du diable, récite les prières des morts pour celui-là.

Une nuit, le régent, complêtement ivre, demande à Philippe Charles de La Fare de lui faire un plaisir et lui dit : je veux que tu me coupes la main droite, sous le prétexte qu'elle sentait mauvais. Heureusement le régent s'endort[25]. Philippe Charles a la mauvaise idée d'en parler à quelques proches du régent et celui-ci se fâche en l'apprenant.

François de Neufville de Villeroy, gouverneur du roi

François de Neufville, duc de Villeroy, maréchal de France.

Pendant ce temps, l’éducation du jeune roi[26] est confiée à un proche de Louis XIV, un vieux maréchal vaniteux, François de Neufville de Villeroy [27] qui se met dans la tête l’idée que le régent va empoisonner l’enfant et lui interdit de le voir en particulier.

Le 20 juillet, rencontrant le cardinal Dubois, il l’agresse en ces termes : Vous voulez tout gouverner, mais je ne le souffrirai pas !

Étrange famille que ces Villeroy : sa petite-fille, la duchesse de Retz veut prostituer sa belle-sœur et jouer les proxénètes. Ses petits-fils se livrent à des ébats amoureux dans les jardins avec d’autres adeptes du « vice italien » devant les promeneurs.[réf. nécessaire]

François de Neufville de Villeroy n’en reste pas là et insulte à nouveau Dubois et va jusqu’à le menacer physiquement. Le cardinal Henri-Pons de Thiard de Bissy doit l’empoigner et le jeter dehors. Mais le vieil homme se met alors à affirmer à qui veut l’entendre que le régent veut empoisonner le roi. Philippe Charles de La Fare, le cardinal Dubois, le duc de Saint-Simon et d'Artagnan[28] doivent monter un plan pour se débarrasser de ce fou dangereux.

Dans la matinée du 10 août 1722, le régent vient étudier les dossiers des personnes à récompenser. Il veut discuter en particulier avec le roi. Le maréchal leur refuse le droit de discuter ensemble de dossiers contenant des secrets d’état. Le régent essuyant un nouvel affront fait alors semblant de se fâcher. François de Neufville de Villeroy se présente l’après-midi dans les appartements du régent pour essayer de se justifier et rencontrer de force le régent. La Fare, capitaine des gardes, quelques chevau-légers, quarante mousquetaires, des gardes du corps et des amis du régent s’y opposent.

La Fare se présente en face de lui, et l’empêche d’approcher son ami. Le jeune roi (auquel le régent vient de faire cadeau d’un coffre de jouets) n’intervient pas. Le plan fonctionne. Le duc d'Orléans jette un regard à François de Neufville de Villeroy, lui exprimant son mépris, et lui dit :

« Monsieur de Villeroy, vous vous méprenez étrangement, ce me semble, et vous croyez parler à quelque autre. Mais puisque vous oubliez qui je suis, c'est à moi de vous en faire souvenir. Marquis de La Fare, continue le régent en s'adressant à son capitaine des gardes, faites votre devoir. »

Alexandre Dumas racontera dans ses romans comment le régent et La Fare se sont débarrassés de cet être nuisible.

Villeroy est reconduit à son château par d'Artagnan et M. de Libois[29], avant de se retrouver dans la région de Lyon pour être soigné de la petite vérole.

Une des aventures de La Fare

Le duc de Luynes relatera dans ses Mémoires un évènement surprenant qui est arrivé à cette époque à son ami Philippe Charles de La Fare. Il loge alors porte à porte du maréchal de Belle-Isle et leurs logements communiquent. Un homme que La Fare ne connaissait point vient lui parler un matin et lui dit qu'il venait lui demander sa protection auprès de M. le duc d'Orléans pour lui. « […] Sa compagnie avoient 40 millions en or à porter à la banque; qu'ils demandoient qu'on leur donnât des billets pour cette somme et qu'ils la feroient porter pendant l'espace de dix jours, et que pour lui marquer la reconnoissance qu'ils auroient d'un service aussi grand pour eux, ils offroient de lui donner un million en or ». La Fare est stupéfait par cette proposition. Il envoie sur-le-champ prier Belle-Isle de passer chez lui, et demande à l'homme de l'attendre. La Fare lui demande de répéter sa demande et son offre. M. de Belle-Isle l’écoute avec attention. Il conseille à La Fare d'en parler à M. le duc d'Orléans.

Le lendemain, Philippe Charles de La Fare lui parle de cette rencontre et des propos de l’homme. Le duc d'Orléans dit qu'il en faut en parler à Law. Le lendemain John Law vient chez le régent. La Fare est présent et le duc le fait entrer à la fin de la conversation. Mais ils n’acceptent pas cette offre. Luynes conclura : « ce refus paroit aussi étonnant que l'offre qui avoit été faite ».

Sous le règne de Louis XV

Commandement en chef du Languedoc (1724)

Philippe Charles de La Fare ne passe pas tout son temps à la Cour. Il est commandant en chef en Languedoc, par commission du 22 février 1724.

Par une lettre missive, écrite le 2 mars 1726, à Narbonne, le marquis de La Fare, commandant en Languedoc, rend compte à la Cour de l'enrôlement que le marquis a fait d'un soldat du guet. Puisque cette milice est chargée de la garde de la ville, l'enrôlement n'est pas bon et il faut mettre le soldat en liberté; mais auparavant, il doit rendre l'argent qu'il a pris du marquis de Rochechouart. Pour éviter les abus, les capitouls devront envoyer dorénavant tous les mois le contrôle de la compagnie, avec les noms des morts et des remplaçants.

Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (1731)

À Versailles, son ami Germain Louis Chauvelin reçoit le 17 août 1727 les sceaux, car Charles Jean Baptiste Fleuriau de Morville abandonne la place de Secrétaire d'État des Affaires étrangères. Chauvelin a bénéficié de la protection de La Fare chez les militaires. Le marquis de La Fare, comte de Laugère est désormais un homme important à la Cour. Il est reçu le 13 mai 1731, comme chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, du fait d’un ordre du roi Louis XV.

Guerre de Succession de Pologne (1733-1738)

Stanislas Ier Leszczyński

En 1733, c’est à nouveau la guerre, à la mort d'Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne. Le 1er février 1733, la diète polonaise lui choisit comme successeur le beau-père du roi de France, Stanislas Leczinski. Ce choix est dû en partie à l'argent de la France. Mais l'impératrice de Russie et l'empereur d'Allemagne Charles VI du Saint-Empire envoient des troupes contre lui. C’est la guerre de Succession de Pologne (1733-1738).

Article détaillé : Guerre de Succession de Pologne.

Philippe Charles est employé à l'armée du Rhin, et contribue à la victoire d’Ettlingen, le 4 mai 1734. On le retrouve à la réduction de Philipsbourg et à Worms. Pendant cette campagne, il est créé lieutenant général des armées, le 1er avril 1735.

Mariage de sa fille (1735)

Sa fille, Françoise Mélanie de La Fare (1716-1782) se marie quelques jours plus tard le 13 avril 1735 avec un Bouthillier de Savigny, jeune colonel au régiment de Cambrésis. Ses ancêtres étaient des proches de Richelieu et sa grand-mère une sœur de Bossuet.

Lieutenant général au gouvernement de Languedoc

Le marquis détient toujours à cette époque la lieutenance générale au gouvernement de Languedoc pour les Cévennes, le Gévaudan, le Vivarais et le Velay. Cette charge est rendue difficile du fait de la politique menée contre les protestants. En son absence, l’intendant fait exécuter un certain Roussel, à Montpellier, le 30 novembre 1728. Le lieutenant-général obéit aux ordres et fait appliquer les décisions du roi et de ses ministres.

Depuis 1724, La Fare sert le roi comme ses pères avant lui et comme presque toute la noblesse le faisait avant Louis XIV. Il a réussi à se faire aimer dans la province, malgré les crimes commis par d'autres serviteurs de ce roi contre les protestants. La répression est brutale et dure des dizaines d’années. Philippe Charles de La Fare envoie au roi un mémoire fort détaillé en date du 16 mai 1728[30].

Le 3 avril 1730, un jugement de Philippe Charles de la Fare, envoie neuf femmes à Aigues-Mortes, à la suite de la surprise d'une assemblée présidée par le prédicant François Roux, au Mas des Crottes, près de Nîmes. Elles appartiennent à la petite bourgeoisie. Elles sont bientôt rejointes par Marion Cannac, de Lacaune, qui est emprisonnée pour libertinage. Ses horribles jurements et blasphèmes font que les huguenotes la rejettent. Mais la contre-réforme catholique se soucie peu de ce genre de détails. Le marquis reçoit une supplique des familles des captives nîmoises, mais dans une monarchie absolue les gouverneurs doivent obéir aux ordres même les plus injustes. Un placet au cardinal Fleury et la promesse du paiement d'une importante rançon, ne permettent pas de libérer ces pauvres femmes.

Une lettre du 13 février 1732 de l'Intendant de Bernage fils[31], au comte de Saint-Florentin, secrétaire d'État de la Religion prétendue réformée nous montre qu'à cette date les persécutions contre les protestants redoublent.

Les dépenses insensées de Philippe Charles de La Fare

Philippe Charles a acheté cette charge et a, sur cette lieutenance, un brevet de retenue de 200 000 livres. La Fare commande dans toute la province du fait d’un brevet du Roi. Ce brevet est nécessaire, et chaque lieutenant général a son district, et chacun d'eux ne peut commander sur le district des autres. Philippe Charles de La Fare répugne comme tous les aristocrates à compter. Le duc de Luynes écrit qu’en Languedoc il y tenoit un grand état, et qui lui a coûté dans les dernières années d'autant plus cher qu'ayant voulu servir les dernières campagnes, son équipage étoit obligé au retour de chaque campagne de traverser tout le royaume, pour retourner aux dits États.

Alors que la haute noblesse mène grand train depuis Louis XIV du fait des pensions, des charges uniquement honorifiques et lucratives, Luynes précise que La Fare a été dix ans entiers sans avoir d'autres secours pour fournir à ces dépenses que les revenus de sa charge, consistant, comme je viens de le dire en : 18 000 livres, dont il avoit acquis le fonds puisqu'il avoit acheté la charge; 17 000 livres de fourrages que la province donne à celui qui y commande, quel qu'il soit, car le grade militaire n'y fait rien ; et 20 000 livres que le Roi donne à celui qui y commande pour S. M.

Ses 20 000 livres proviennent des deniers que le roi touche de la province. La province est immense, mais compte beaucoup de pauvres. Philippe Charles de La Fare doit mener grand train pour représenter dignement le roi. Les 55 000 livres qu’il reçoit ne suffisent pas à beaucoup près pour la dépense immense qu’il est obligé de faire quand il séjourne dans sa province.

Alors que dans le même temps, François Bluche nous explique que certains courtisans habiles récupèrent des domaines ou font des échanges de terres toujours défavorables au monarque, Philippe Charles doit vendre les siennes, en partie en argent, pour payer ses dettes, et pour une autre part en rente viagère.

En décembre 1736, Louis XV lui donne l’ordre d’annoncer aux États de Languedoc que le roi ne demande pas de Dixième[32], à commencer du 1er janvier 1737.

La lieutenance générale de Haute-Bretagne (1738)

Le maréchal-duc de Richelieu devient lieutenant-général à la place de La Fare

Après la paix qui est signée à Vienne en 1738, il obtient la lieutenance générale du comté nantais[33], sur la démission du maréchal d'Estrées, et se démet des mêmes fonctions en Languedoc. Philippe-Charles de la Fare va chez le duc de Luynes, son ami, pour lui annoncer que le roi venait de lui donner la lieutenance générale de Bretagne, et à M. Louis François Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu, celle de Languedoc.

Ces deux lieutenances générales ne sont nullement semblables. En Languedoc il y a trois lieutenants généraux, qui sont M. Jean-Baptiste Desmarets, marquis de Maillebois, M. Louis de Prie[34], et La Fare, puis M. du Plessis, duc de Richelieu.

Chacun de ces lieutenants généraux n'a que 6 000 livres d'appointements ou environ. Mais la règle est que chacun doit tenir tour à tour les États, lesquels se tiennent tous les ans. Les États donnent à celui des lieutenants généraux, qui les tient 36 000 livres, et il a passé en usage que ces 36 000 livres soient toujours payées même à ceux qui ne tiennent pas lesdits États. Cette somme ne se payant que tous les trois ans, c'est 12 000 livres par an. C’est donc 18 000 livres que vaut une lieutenance.

Philippe Charles de La Fare demande en 1734 à être payé comme lieutenant général employé toute l'année. Cette grâce du roi lui est accordée. La Fare touche 20 400 livres, à raison de 1 700 livres par mois. Mais, depuis la fin de la guerre, M. le Cardinal de Fleury juge à propos de faire un retranchement sur cette paye des commandants. Ils ne touchent que les mois où ils résident effectivement dans leurs provinces. L’argent va dans les poches de Fleury qui achète avec des œuvres d’art.[réf. nécessaire]

La Fare se voit donc dans l'impossibilité de soutenir sa dépense toute l'année ou seulement dans le temps de la réunion des États, en perdant les appointements des autres mois où il n'auroit pas résidé. Ce grand serviteur de l'État qui finance ses frais fait demander s'il n'y auroit pas quelque arrangement à faire dans lequel se trouvât l'avantage du Roi, et par lequel il se trouvât lui-même à portée de ne pas déranger davantage ses affaires.

Il est prêt à tous les sacrifices. Sa devise est servir son roi. Elle est celle des derniers gentilshommes égarés au XVIIIe siècle. Il sacrifie son gouvernement d'Alais, en Languedoc, où vit une partie de sa famille et qui vaut, environ 17 000 livres. Il habite en 1738, rue de Bourbon, faubourg Saint-Germain[35].

Quatre millions de livres

René Louis de Voyer de Paulmy d'Argenson nous dit que Philippe Charles de La Fare va dépenser 4 millions de livres durant sa vie. Il doit payer 200 000 livres de brevet de retenue sur la lieutenance de Bretagne, aux héritiers de M. le maréchal Victor Marie d'Estrées, mais aussi percevoir 200 000 livres de brevet de retenue sur sa charge du Languedoc.

La Fare paye les 200 000 livres à la maison d'Estrées, et Richelieu ne paye que 120 000 livres à La Fare. Louis XV offre un brevet de retenue au duc de 100 000 livres, et un de 220 000 livres à M. de La Fare. Moyennant cela les deux brevets de retenue se trouvent diminués de 80 000 francs. Le duc de Luynes remarque dans ses Mémoires : La Fare perd effectivement du revenu, puisqu'il avoit 55 000 livres sans compter les appointements de lieutenant général employé; mais je ne les compte pas, parce qu'on vouloit les retrancher; au lieu de cela il n'a plus que les 27.000 livres de la lieutenance générale de Bretagne et son gouvernement qu'il conserve. Mais, il n'est plus obligé à faire aucune représentation, puisque M. Louis de Brancas a le commandement de Bretagne, et M. de la Fare compte économiser 25 000 livres de rente. M. de Richelieu et M. de la Fare font leurs remerciements au Roi. C’est dans le cabinet du cardinal qu’ils sont présentés à Sa Majesté.

Ce Richelieu est un habile courtisan. Le dimanche 13 septembre 1739, à Marly, le roi lui accorde 12 000 livres d'augmentation sur ses appointements du commandant du Languedoc. Ces 12 000 livres sont bien entendu prises sur ce qui revient au Roi de la dite province. Philippe Charles de La Fare demande seulement 10 000 livres et ne peut les obtenir. Ce qui le détermine à quitter, comme le souligne le duc de Luynes, c’est ce refus de la part du roi, et aussi cet ordre du cardinal de Fleury de lui ôter, la paye de lieutenant général, dont il avait joui plusieurs années. Même à l’intérieur de la noblesse, il existe des familles privilégiées par rapport à d’autres.

Au mois d’août 1740, le roi lui fait l’honneur de l’emmener chasser avec le duc de Luxembourg, et du Bordage. Philippe Charles de La Fare devient officiellement le lieutenant-général du gouvernement de Bretagne, en 1740.

La guerre de succession d'Autriche (1740-1748)

Montcalm est l'aide de camp de Philippe Charles de La Fare.

Avant de partir à la guerre, Philippe Charles de La Fare occupe au château de Versailles l’appartement S16, où vivait le prince de Tingry. Cet appartement situé dans la basse-cour de la surintendance est composé de trois pièces, dont deux avec des cheminées et d’un entresol.

Philippe Charles de La Fare avait été nommé lieutenant général des armées le 1er avril 1735. En 1740, au début de la guerre de succession d'Autriche, il est employé à l'armée de Bavière et de Bohème, et combat en Autriche et en Bohême.

Article détaillé : Guerre de Succession d'Autriche.

Les armées françaises, commandées par le maréchal de Belle-Isle, envahissent la Bohême. Le 26 novembre 1741, le Maréchal de Saxe attaque Prague et s'en empare. La Fare contribue beaucoup par son action à cette victoire.

Puis, il commande l'arrière-garde pendant la retraite de l'armée de Bohême, et ne se laisse jamais entourer malgré la poursuite furieuse des ennemis. À cette époque, son aide de camp est un certain Louis-Joseph de Montcalm, qui va devenir très célèbre.

À son retour en France, le marquis va faire sa révérence au roi en mars 1743. Il est très bien reçu. Il assiste au lever du Roi, et Sa Majesté lui parle avec bonté. Cependant presque tous les amis de Belle-Isle sont sans commandement. Et le duc de Luynes écrit qu’à cette époque : pour M. de La Fare, quoique le Roi l'ait très-bien traité, qu’il lui ait toujours parlé avec bonté, qu'il l'ait même mené à Choisy ce voyage-ci, il n'a jamais pu obtenir de servir. d'Argenson en a parlé plusieurs fois au Roi dans son travail, et le Roi remettoit toujours d'un travail à l'autre sur cette affaire. Enfin M. d'Argenson dit il y a quatre ou cinq jours à M. de la Fare qu'il ne falloit pas l'amuser plus longtemps, qu'il pouvoit vendre son équipage. Le roi s’entretient longuement avec lui en avril 1743. Il accompagne le monarque à la chasse au mois d’août 1743, en forêt de Sénart, voyageant dans une calèche avec Mesdames d’Antin et Hortense de Mailly-Nesle de Flavacourt[36] et M. de la Meuse.

À la fin du mois d’août 1743, Philippe Charles de La Fare est employé à l'armée d'Alsace du maréchal de Coigny, en tant que lieutenant-général. Il se retrouve avec son ami le lieutenant-général Claude Guillaume Testu de Balincourt à la défaite du prince Charles de Lorraine.

L'année suivante, en janvier 1744, il est le premier général auquel pense le roi pour l'armée du Rhin, il attaque Wissembourg, puis fait le siège de Fribourg. En 1745, il est employé à l'armée du Bas-Rhin, sous le prince de Conti, et la commande jusqu'à l'arrivée de ce prince. Il concourt à la prise de Guermesheim, et on lui doit à ce hardi passage du Rhin, en plein jour, à la vue des ennemis.

Chevalier d’honneur de Madame la Dauphine

Le 20 décembre 1744, Philippe-Charles de la Fare est créé chevalier d'honneur de Madame la Dauphine, infante d'Espagne. Le roi en informe ses proches à son quartier devant Fribourg, et prévient la reine de cette nomination par un courrier. La Fare est chargé de remettre à Madame la Dauphine les cadeaux à la princesse à son arrivée à la Cour.

Le roi a des entretiens avec Philippe Charles de La Fare de plus en plus souvent à son lever. Les rencontres sont brèves. Le duc de Luynes écrit que : Aussitôt que le Roi a été habillé, il a fait signe à la Fare de le suivre, et est entré avec lui dans son cabinet; il y a resté assez peu de temps... Philippe-Charles rejoint après ces entretiens les appartements de Madame la Dauphine. Un jour, il la fait parfois rougir en lui parlant du Dauphin qui par sympathie ne boit plus que de l’eau, comme elle.

Charles Philippe d'Albert de Luynes apprend à l'Infante à jouer quelque partie de cavagnole et La Fare compte les points. Ils sont rejoints parfois par Louis XV et ses proches, notamment en février 1745. Il accompagne l’infante partout, comme sa charge l’y oblige. Mais, comme chevalier de Madame la Dauphine, cela lui permet d’avoir ses Entrées chez la reine, ce qui est un grand honneur pour les La Fare. Le marquis monte aussi dans le carrosse des écuyers du roi. Il a même le privilège d’assister à la toilette de la reine, notamment en mars 1745. La Fare, bien que n’étant pas prince, en qualité de chevalier d'honneur de Madame la Dauphine a des porteurs de chaise à sa livrée. Il veut même avoir le privilège, comme les princes de sang ou les grands d’Espagne, de tenir sa nappe, lors de la communion pascale de Madame la Dauphine, mais ce privilège lui est refusé.

La guerre de succession d'Autriche continue

Louis François de Bourbon-Conti

En avril 1745, Philippe Charles de La Fare doit rejoindre une armée sur la Lahn, pour l’emmener rejoindre celle du prince de Conti. Puis, le marquis reçoit l’ordre d’organiser les défenses de Strasbourg.

Philippe Charles de La Fare revient à la Cour pendant que son armée est dans ses quartiers d’hiver et le 29 janvier 1746, Louis XV est informé par un de ses proches que : Monsieur de La Fare étant obligé d’aller très souvent à Monsieur et Madame la Dauphine, est logé très incommodément; il serait très content de celui de M. le grand prieur[37] si votre majesté voulait le changement conservant celui à M. et Mme d’Orléans celui de M. de La Fare[38]. Le 13 février 1746, il y a eu un changement de logement entre M. de la Fare et M. le grand prieur, celui de M. le grand prieur qui est dans l’aile des princes était trop grand pour lui[39]; et celui de M. de la Fare qu’il trouvait trop petit est dans la surintendance, (appartements S22 avec 16) ; ils ont troqué[40].

En mars 1746, Philippe Charles de La Fare va commander en Bretagne à la place du maréchal de Brancas, dont l'âge et la mauvaise santé ne lui permettent plus de faire ce voyage. Personne n'est plus propre que La Fare à remplir dignement cette place et à y vivre honorablement. Sous l’Ancien Régime, ce n'est que dans le temps des États que le lieutenant-général est obligé de se rendre dans sa province. Ce nouvel emploi ne dérange donc point le marquis de son service auprès de la Dauphine.

En 1746, Philippe Charles de La Fare suit le prince de Conti à l'armée de Flandre et au siège de Mons. Le 10 juillet, le prince de Conti a sous ses ordres un corps d’armée, avec lequel il investit Mons, la capitale du Hainaut autrichien. Douze bataillons la défendent. Mais, La Fare attaque la ville et la prend. La moitié de des prisonniers sont hollandais. Jamais l’Autriche ne perdit tant de places, et la Hollande tant de soldats[réf. nécessaire]. C'est lui qui commande les assiégeants de Saint-Ghislain, forteresse qui subit le même sort le 24 juillet 1746. Deux semaines plus tard, le 2 août, Charleroi suit de près. Il prend d’assaut la ville basse, après deux jours seulement de tranchée ouverte. Et le marquis de La Fare entre dans Charleroi aux mêmes conditions qu’on avait pris toutes les villes qui avaient voulu résister: c’est-à-dire que toute la garnison est prisonnière.

La citadelle de Namur

La citadelle de Namur

Le grand projet de Philippe Charles de La Fare est d’aller à Maastricht, d’où il pourrait dominer aisément les Provinces-Unies. Mais pour ne laisser rien derrière soi, il faut assiéger la ville importante de Namur. Le prince Charles, qui commande alors l’armée, fait en vain ce qu’il peut pour prévenir ce siège. Au confluent de la Sambre et de la Meuse est située Namur, dont la citadelle s’élève sur un roc escarpé; et douze autres forts, bâtis sur la cime des rochers voisins, semblent rendre Namur inaccessible aux attaques. C’est l’une des places dite de la barrière. Le prince de Gavre[41] en est le gouverneur pour l’impératrice-reine. Les Hollandais, qui gardent la ville, ne lui rendent ni obéissance, ni honneurs. Le prince de Conti et Philippe Charles de La Fare forcent le prince Charles à s’éloigner, et à les laisser assiéger Namur en liberté.

À la Cour, pendant ce temps-là, la Dauphine est obligée lors des cérémonies de le faire remplacer par Rubempré, Premier écuyer. Philippe-Charles de la Fare combat encore suite à Raucoux, le 11 octobre 1746, où Maurice de Saxe remporte cette bataille face aux autrichiens.

Philippe Charles de La Fare rejoint alors Metz et la Cour de Versailles. Au bout de trois jours de repos, le roi lui demande de rejoindre la Bretagne. Mais, une lettre annonce que la situation militaire s’arrange et il peut rester auprès de la Dauphine.

Maréchal de France (1746)

Philippe Charles de La Fare apprend le 19 octobre 1746 que le roi lui donne le bâton de maréchal de France. Le soir même, il va chez le duc de Luynes, où la Reine joue aux cartes, après y avoir soupé. La Fare, toujours très discret, vient par le Cabinet, et fait demander Madame de Luynes. Celle-ci jouant avec la Reine et ne pouvant pas la quitter, dit à la Reine que la Fare la demande. Mais la Reine, se doutant apparemment de quoi il était question, répond que le jeu étant presque fini, elle peut attendre. Le duc de Luynes note : En effet, elle avoit déjà, annoncé la fin du jeu. Immédiatement après, elle se leva plus brusquement qu'à l'ordinaire, et sortit immédiatement après, sans voir de La Fare. La Reine a toujours marqué beaucoup de bontés à La Fare; elle dit qu'elle l'aime, et c'est le sentiment universel de tous ceux qui le connoissent. La Fare, indépendamment du cérémonial, croyoit donner une marque d'attachement à la Reine en venant lui rendre compte ici que le Roi venoit de le nommer maréchal de France.

Mais comment expliquer cette attitude ingrate et injustifiée envers ce grand serviteur de la famille royale ? Il semble que le fait que le Roi n’ait pas nommé maréchal de France, M. de la Mothe, son chevalier d'honneur de la Reine soit la cause de son attitude. Elle reçoit assez froidement ce pauvre La Fare, le lendemain matin, lorsqu'il va lui faire sa révérence, suivant l'usage. Et Philippe Charles de La Fare apprend quelques jours plus tard qu’il ne tiendra plus les États, le duc de Penthièvre le remplacera.

Le maréchal de La Fare a prêté serment entre les mains du Roi. Cette cérémonie s'est faite dans la chambre du Roi, avant la messe. Il a ôté son épée, comme le veut la tradition. Il n'y a que les capitaines des gardes qui ne l'ôtent point. Philippe Charles de La Fare est venu au dîner de M. le Dauphin, qui lui a demandé combien il avait donné pour son serment. Il répond qu’il a donné 250 louis et qu’il a envoyé à M. Bontemps.

En décembre 1746, il existe un différend entre Madame de Brancas et Philippe Charles de La Fare sur le commandement de la Maison de la Dauphine. Le roi considère que cette direction doit être commune. Le duc de Luynes conteste cette décision : Un chevalier a la préférence sur une dame d'honneur en toutes occasions. Il y a deux ans au mariage de feu Mme la Dauphine M. de la Fare prêta serment entre les mains de Mme la Dauphine, immédiatement après M. l'évêque de Mirepoix et avant Mme de Brancas. Nous voyons tous les jours à la chapelle, lorsque la Reine est dans sa niche à la grande tribune, que l'aumônier est le premier auprès de la niche, ensuite le chevalier d'honneur et après lui, la dame d'honneur.

Les frontières (1747-1748), la Cour et la Bretagne

Philippe Charles de La Fare part commander sur les frontières du Luxembourg et dans les évêchés, au début de l’année 1747, jusqu'à la paix d'Aix-la-Chapelle, le 18 octobre 1748 [42].

Philippe Charles de La Fare séjourne aussi à la Cour pendant ces deux années et est envoyé à Strasbourg, en janvier 1747, pour y recevoir la nouvelle dauphine, Marie-Josèphe de Saxe. Elle y arrive vêtue à la polonoise. Elle est assez grande pour son âge, a d'assez belles dents et une belle taille, un vilain nez, mais un grand charme. La Fare envoie un courrier au roi, et un autre en même temps à Madame de Luynes, dans laquelle il lui envoie la copie de celle qu'il écrit au Roi. Dans cette lettre que j'ai lue, nous dit son mari, il commence par rendre compte de la révélation de la Dauphine et se sert du terme de nous car elle est remise à lui, mais aussi à Madame de Brancas.

Au mois de juillet 1747, il se démet de la lieutenance générale du comté nantais. En 1747, il est créé à nouveau chevalier d'honneur de Madame la Dauphine, mais de celle de Saxe, la précédente d’Espagne étant morte en couches.

En février 1747, les serviteurs de Madame la Dauphine prête serment. La Fare est le premier. Bayeux le fait à son pour. Madame de Brancas fait beaucoup de difficulté pour prêter serment en troisième. Elle prend d'abord pour prétexte qu'on ne l'avoit point avertie du premier moment du serment, et de ce que M. de la Fare demandoit des carreaux, prétendant qu'il ne devoit point donner d'ordre dans la chambre et qu'elle devoit être instruite de tout ce qui s'y passoit. Cela est si long que Louis Phélypeaux de Saint-Florentin est obligé de lui dire que Madame la Dauphine est fort lasse de l’écouter, et désire que l'on en finisse et, ajoutant que la règle a été respectée. Enfin, Mme de Brancas accepte avec beaucoup de peine. Lors de l'autre mariage, la Cour avait du déjà supporter la prétention de Madame de Brancas et la contraindre à obéir.

Le lundi 26 juin 1747, à Versailles, la Cour apprend que M. de Chaulnes veut acheter la lieutenance-générale de Bretagne. Le duc de Luynes ose affirmer qu’il est certain que le nom de Chaulnes est en grande considération en Bretagne. Pourtant son ancêtre écrasa la révolte des Bonnets rouges. Le peuple breton se rappelle que la révolte matée, une répression féroce s'ensuivit. Elle fit le déshonneur du duc de Chaulnes, alors gouverneur de Bretagne. Dix mille hommes de troupe occupèrent la province et commirent des excès inouïs. Mme de Sévigné a parlé dans ses lettres des vilaines langues des milliers de paysans qui furent pendus aux branches, le long des routes. Le Parlement, coupable de n'avoir pas contenu la révolte, fut exilé à Vannes. Mais, c’est en partie du fait du fait de ces méfaits que le duc de Chaulnes se détermine à négocier un achat. Ce marché ne paraît pas avantageux au duc de Luynes. Le maréchal de La Fare, qui a cette charge, la vend 560 000 livres. Elle ne vaut que 24 000 livres de rente toute déduction faite, et le brevet de retenue que Chaulnes a obtenu est de 280 000 livres, comme celui de La Fare. Il est convenu dans le marché que 100 000 livres demeureront entre les mains de Chaulnes à fonds perdu, dont il fait 10 000 livres de rente à La Fare. Par cet arrangement, Philippe Charles se trouve avec le même revenu qu'il avait, et 180 000 livres d'argent pour payer ses dettes ou faire tel usage qu'il jugera à propos. Il va vite les dépenser.

Du fait de l’argent de Chaulnes et certainement de la vente d’autres terres, Philippe Charles de La Fare peut donner de grands soupers. Il y invite le Dauphin et la Dauphine en l’absence du roi fin octobre 1747. Ces derniers préfèrent certainement le compagnie du marquis à celle de la Pompadour, qu’il surnomme maman putain ou la pompon. Philippe Charles, grand mangeur, s’y connaissant en cuisine, habitué à festiner grandement dans ses places, est un hôte digne du Dauphin et de son épouse. M. le maréchal de La Fare tient le plus grand état qu'il soit possible à la Cour, et y est reçu avec grande satisfaction par le roi.

Le don gratuit (1748)

En octobre 1748, les États de Bretagne accordent un don gratuit[43]

La Fare a réussi à convaincre quatre cents personnes dès l'ouverture des états. Le maréchal de La Fare arrive de Bretagne le 4 ou le 5 décembre 1748. Il y a tenu les États, et y a vécu grandement et magnifiquement. Il conte au Roi, au grand couvert, un événement de chasse assez singulier. « Il y a en Normandie un M. de Roncherolles. Les Roncherolles sont de la même maison que les Pont-Saint-Pierre. Ils aiment beaucoup la chasse, et ont un équipage pour le sanglier. Il y a douze ou quinze jours ils attaquèrent dans une forêt, près de Coutances, qu'on appelle la forêt de Villedieu, un grand sanglier, qui leur tua ou blessa onze chiens, sans pouvoir le prendre. Piqués de cette déconfiture, non seulement ils passèrent la nuit, mais ils couchèrent sur le lieu pour recommencer le lendemain. Le sanglier fit beaucoup de chemin pendant la nuit; ils le suivirent et couchèrent encore dans l'endroit où ils espéraient le relancer le lendemain. Mais leur projet fut inutile. Le sanglier allait toujours devant lui. Enfin, ils ne purent le joindre que le quatrième jour, à vingt-huit ou trente lieues de l'endroit où ils l'avoient attaqué. Ils étoient à deux lieues et demie de Rennes. Ils ne jugèrent pas à propos de paraître aux états en habit de chasse, mais ils firent lever la hure et l'envoyèrent à de Viarmes[44], intendant de Bretagne. M. de La Fare dit au roi qu'il avoit mangé de cette hure qui étoit d'une grosseur énorme. »

Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine

Au mois d’avril 1749, Sassenage, menin du Dauphin [45], est déclaré chevalier d'honneur de Madame la Dauphine, en survivance du maréchal Philippe Charles de La Fare qui garde toujours sa charge et ses appointements et qui continue à servir. Mais, La Fare ne borne plus ses vues à la charge de chevalier d'honneur. Il pense au commandement d'Alsace, qui pourrait bien devenir vacant par et les infirmités du maréchal François de Franquetot de Coigny. Et puis, Philippe Charles de La Fare aime sa liberté et est fort bien avec le Roi.

Bon enfant, comme le surnommait le régent, a beaucoup d'amis et veut pouvoir vivre avec eux. Philippe Charles de La Fare a maintenant soixante deux ans, et comme il n’a pas de fils, il désire avoir pour survivancier le prince de Croÿ, gendre de d’Harcourt et neveu de Mme de Lède. Ce Prince a demandé à La Fare cette survivance[46]. Il lui a offert 80 000 livres. Cet arrangement n'a pu se faire. Le roi a nommé Sassenage, qui ne l’avait pourtant pas demandé, selon le duc de Luynes.

Ce dernier, le jeudi 24 avril 1749, va à la réception du maréchal Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle, au Parlement. Ses témoins sont le maréchal de La Fare, le duc de Gesvres et lui. Leurs rapports sont toujours aussi amicaux.

Le 10 mai 1749, Marie-Josèphe de Saxe fait une fausse couche. La Fare l’écrit à Mme de Luynes. Dans ses mémoires, le duc de Luynes constate que la Fare n’est pas le seul à se ruiner en servant le roi. Chaulnes, qui lui a acheté la lieutenance générale de Bretagne, a reçu les ordres du Roi pour aller tenir cette année les États de Bretagne. Le Roi donne 100 000 francs à celui qui tient les États au nom de Sa Majesté. La province donne 30 000 livres et à sa femme 15 000 livres. Mais quoique les États ne durent que six semaines ou environ, le duc sait que la dépense excède de beaucoup ces 145 000 livres.

La Fare n’est plus gouverneur, mais à la Cour il cumule les honneurs du fait de ses deux fonctions de chevalier d'honneur de Madame la Dauphine et de maréchal de France. À Paris, il a déménagé et en 1750, il habite rue de Sèvres[47]. Le 3 décembre 1751, il obtient le gouvernement de Gravelines[48]. et se démet de celui d'Alès. Il remercie le roi le 7 décembre 1751. Ce gouvernement ne vaut que 17 000 livres de rentes, mais le duc d'Orléans en avait fait ajouter douze en faveur de M. de Broglie. Le roi retranche cette augmentation en donnant le gouvernement. Voici l'arrangement qui a été fait : La Fare a le gouvernement d'Alès en Languedoc, qui vaut 15 000 livres.

Ce gouvernement est au milieu des terres du prince de Conti. Le prince de Conty le désiroit par rapport à la convenance. Il l'a demandé sans appointements. Cependant comme il y avait quelques frais à faire, on lui a laissé seulement 1 000 écus sur ce gouvernement. Philippe Charles de La Fare est de ce fait gouverneur de Gravelines avec 29 000 livres de rentes. Le retranchement des 12 000 livres est fait suivant les intentions du roi, et le prince de Conti a ce qu'il souhaitait.

Mourir pour son prince

Louis-Ferdinand de France, fils de Louis XV, père de trois rois

Philippe Charles de La Fare a maintenant soixante cinq ans. À cette époque les pensions de retraite sont rares. L’on meurt à son poste très âgé, quand on ne décède pas pendant les premières années de sa vie ou à la guerre. Mais Philippe Auguste est en parfaite santé. Hélas pour lui, en 1752, le Dauphin est atteint de la petite vérole. La France est très en retard dans le traitement de cette maladie. Elle tue une partie de la population mondiale et défigure les survivants. Les médecins de Montpellier prétendent que la petite vérole n’est pas contagieuse. L'expérience de La Fare démontre le contraire de ce raisonnement. La maladie de Monseigneur le Dauphin se transmet à son premier valet et au maréchal de la Fare, ses fidèles serviteurs.

Ils se sacrifient pour sauver leur prince. Le marquis a peur de la petite vérole. Ses amis lui conseillent de ne point entrer chez le Dauphin, mais il affirme qu'il n'a point peur; cependant il dit dans ce temps-là même, mais sans être effrayé : Si j'avois la petite vérole, j'en mourrois : mon père et mon grand-père en sont morts.

Philippe Charles de La Fare a raison. Il meurt de la petite vérole, à Paris le 4 septembre 1752, âgé de 68 ans.

Comme son père, Philippe Charles de La Fare a écrit des poèmes. Il a écrit aussi : Journal du siège de Saint-Guilain, commandé par M. le Marquis de la Fare, en 1746. 4 p.

Après sa mort

Charles Philippe d'Albert de Luynes perd un ami. Le Père Anselme sera très élogieux pour Philippe Charles quand il écrira la généalogie des maréchaux de France et sur les La Fare. Le duc de Croÿ parle du pauvre M. de la Fare, aimé de tout le monde. Seul le marquis d'Argenson, comme naguère Saint-Simon, se venge de lui en écrivant : Le maréchal de La Fare meurt endetté de 500.000 livres, après avoir payé une partie de ses dettes par la vente de sa lieutenance générale au gouvernement de Bretagne. Il avoit mangé plus de quatre millions, tant de son bien que de paragouintes exercées par des moyens légers et des qualités aimables, mais fausses. Il avoit dépouillé de tous ses biens son beau-père Paparel, qui fut condamné à perdre la tête, puis gracié de la vie, mais ses biens confisqués donnés à un gendre qui le laissoit presque mourir de faim, ainsi que son beau-frère, qui vit encore, mais très malheureux. C'étoit un véritable courtisan, un homme du monde de ce siècle, né sans soucis, grand mangeur, se connoissant en cuisine, festinant grandement dans ses places, n'en méritant aucune, ayant mal fait la guerre, vrai maréchal de cour; conciliant avec qui pouvoit lui être utile, déchirant la vertu, ami du vice, gai et jovial, ami de tout le monde en apparence et n'aimant personne. Il laisse une sœur qui n'a pas de bien, et à qui l'on ne doute pas que le roi ne fasse une grosse pension.

La Cour est devenue un univers impitoyable, et bon enfant, qui était très apprécié du roi et des ministres, voit son portrait tracé par un vieux courtisan petit, fat et envieux et par ce grand carnassier, vivant en disgrâce. Le maréchal de France, Philippe Charles de La Fare, a toujours servi ses rois et le régent, sur tous les champs de batailles, à Madrid, dans les provinces et à Versailles fidèlement.

Le 31 octobre 1752, le roi donne à M. de Saint-Séverin[49] son appartement (AP 75), auquel on joint celui de M. de Sassenage, qui est au-dessus (AP 106) par un petit degré intérieur. Le 17 septembre 1752 le roi dispose du gouvernement de Gravelines en faveur de M. le maréchal de la Mothe[50]. Ce gouvernement, qui ne vaut que 20 000 livres de rente, avait été augmenté de 9 000 livres, lorsqu'il fut donné à M. le maréchal de La Fare. Le souverain qui a veut bien le donner au maréchal de la Mothe, mais en retranchant 12 000 livres. M. de la Mothe remet le gouvernement de Salins, qui en vaut 15 000, mais réfléchit avant d’accepter Gravelines avec le retranchement, puis il change d’avis et remercie Louis XV.

La fille de Philippe Charles de La Fare est la dernière des La Fare de la branche aînée. Veuve sans postérité du brigadier-comte Claude Bouthillier de Chavigny en 1774. Elle se remarie avec le futur général-comte Louis Groult des Rivières, mais elle n'a pas d'enfant avec lui.

Notes et références

  1. a et b Philippe Charles de La Fare sur roglo.eu. Consulté le 14 juillet 2011
  2. SS XXIII 7
  3. Les Mousquetaires du Roi sont présents dans des batailles, mais ce corps sert aussi jusqu’en 1715 d’école de formation militaire des jeunes nobles. La plupart des officiers supérieurs de l'armée royale au début du XVIIIe siècle seront issus des deux compagnies de Mousquetaire du Roi. Après 1715, les jeunes nobles devront débourser 200 000 livres or pour acheter une charge d’enseigne ou de cornette. La première compagnie monte des chevaux blancs ou gris, la seconde des chevaux noirs, d'où le nom de mousquetaires gris ou noirs, l'effectif était de 250 cavaliers par compagnie.
  4. Régiment d’infanterie crée en 1663, et troupe d’élite.
  5. 18e régiment d'infanterie de ligne, ancien régiment du Bourg en 1606, puis régiment de Gâtinais.
  6. Laurent Roussel (Université Lille III), La maison des Orléans à la fin de l’Ancien Régime, les traditions nobiliaires malmenées par le prince puis Philippe-Joseph.
  7. Lettres du maréchal de Tessé au prince Antoine Ier de Monaco, Page 212, 1917.
  8. Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, qui méprise ses cousins La Fare, se serait empressé de s'en scandaliser.
  9. AD 78 Suppl. E565
  10. Daniel, Gabriel (1649-1728) le cite dans : Histoire de la milice françoise et des changements qui s'y sont faits depuis l'établissement de la monarchie. Le régiment de Normandie est le régiment où servent les meilleurs officiers de l’armée française, cela suscite la jalousie des régiments plus anciens.
  11. Jean-Christian Petitfils dans sa très intéressante biographie du régent n’est pas tendre avec celui qu’il appelle notre archiviste poussiéreux de toutes les vanités humaines.
  12. Celui-ci, d'après Voltaire « écrivait d'une manière simple et commune, et on ne se serait jamais aperçu, par le style de ses dépêches, de la force et de l'activité de ses idées ».
  13. Saint-Simon écrira « Je répliquai que la qualité de régent ne changeoit rien au rang et à l'état personnel de petit-fils de France à l'égard de M. le duc d'Orléans, qu'il le voyoit tous les jours en France et en étoit témoin qu'il en étoit de même dans les pays étrangers, de pas un desquels il n'avoit prétendu quoi que ce pût être de nouveau à titre de régent; qu'à la vérité la conjoncture étoit heureuse, mais qu’il ne la falloit pas forcer et s'attirer un refus qui changeroit en dégoût et ensuite en éloignement la réunion qui faisoit la joie publique des deux nations et la gloire personnelle de M. le duc d'Orléans, et sûrement la jalousie des autres princes qui sauroient bien nourrir, se réjouir et profiter d'un mécontentement de cérémonial; qu'il ne pouvoit pas douter qu'étant depuis toute ma vie ce que j'étois à M. le duc d'Orléans, et lui devant l’ambassade où j'étois, je ne fusse ravi d'en profiter pour lui procurer toute sorte de grandeur ; mais que dans - ce même emploi, où je me trouvois par son choix, les désirs devoient, quant aux démarches, être bornés par les règles, et que ce seroit fort préjudicier à cette même grandeur que de la commettre par des prétentions qui n'avoient pas été conçues jusqu'à ce moment en aucun lieu, et s'exposer à un refus qui, outre son extrême désagrément, changeroit aisément en dégoût, en froideurs, en éloignement le fruit d'une réunion qui se pouvoit dire le chef-d’œuvre de l'adresse et de la capacité de la politique après les choses passées; et le sceau le plus solide de la grandeur réelle de M. le duc d'Orléans en tout genre, par le mariage de sa fille avec le prince des Asturies. J'ajoutai que M. le duc d'Orléans ni le cardinal Dubois ne m'avoient jamais dit un mot de cette prétention ni mis sur son envoi quoi que ce fût dans mes instructions, et que c'étoit à lui à me dire s'il en avoit là-dessus, dont on né m'avoit rien dit ni écrit. La Fare devint embarrassé; il n'en avoit point, n'osoit me le dire, ne vouloit pas aussi me tromper, et parce qu'il n'étoit pas capable de se porter à ce mensonge, et parce qu'il sentoit bien que je ne serois pas longtemps, s'il m'eût avancé faux, d'être éclairci de la vérité ».
  14. Dubois est l’une des cibles préférées de Saint-Simon qui noircit au possible la vie du cardinal dans ses Mémoires. Dubois le juge incapable d’être ambassadeur en Espagne et le renvoie à Paris. Le petit duc se venge en le traitant de pingre, oubliant d’écrire dans ses mémoires que Guillaume Dubois utilise la majeure partie de ses revenus personnels pour faciliter la conclusion favorable de ses nombreuses négociations.
  15. José Gutiérrez de Solórzano, marquis de Grimaldo en Vizacaya (1664-1733), ministre, conseiller, il sera accusé d’être favorable à la Grande-Bretagne, et limogé.
  16. La France est le pays le plus riche du monde et le plus peuplé parmi les nations dites civilisées. Son armée est la plus nombreuse et elle affronte régulièrement celles de l’Europe tout entière. Le régent a libéré en partie l’état des dettes qui pesaient sur le budget de l’État (1,5 milliard au lieu de 2,2 en 1715)
  17. Saint-Simon s’en réjouit : « Il comptoit d'emporter d'emblée ce qu'il avoit imaginé, et de s'en faire grand honneur en Espagne et un grand mérite auprès de M. le duc d'Orléans. Toutefois il aima mieux cela que rien. Grimaldo qui suivoit la cour avoit eu avis de son passage par les chemins, et La Fare en reçut ordre dès le lendemain d'aller incontinent joindre la cour. Il partit donc peu satisfait de moi, et par ce qu'on va voir qui m'arriva, nous fûmes près de deux mois sans nous rejoindre. Il reçut de la cour d'Espagne tout l'accueil et les distinctions possibles, mais aucunes de celles qu'il prétendoit et qui fussent de caractère. Je fus approuvé dans ce que j'avois fait là-dessus; et M. le duc d'Orléans étoit bien éloigné d'avoir formé aucune prétention nouvelle ».
  18. « Un autre homme parut aussi fort mécontent, et me surprit au dernier point. Ce fut La Fare, à qui le roi d'Espagne donna la Toison, en même temps qu'à mon fils aîné. Qui eût dit à son père que ce fils auroit la Toison, jamais il n'auroit pu le croire. Toutefois me voyant fait grand d'Espagne, et conjointement avec mon second fils, cet homme si fort du monde, doux, poli, gai, en reçut les compliments avec un sec, un court, un air, un ton qu'il ne pouvoit avoir emprunté que de Maulevrier. »
  19. Louville en fit lui-aussi la triste expérience.
  20. Le futur régent se moque d'eux : « On se moquera de nous avec ce bilboquet ».
  21. Saint-Simon déteste les parlementaires pour des histoires de préséance. À la fin du Grand Siècle, les premiers présidents et les présidents à mortier prirent l'habitude en entrant en séance de se faire saluer par tout le parlement, y compris par les ducs et pairs. Ces derniers furent choqués de devoir se découvrir devant des parlementaires non-membres de leur caste. Toutefois le premier président enlevait son bonnet devant un prince légitimé et se levait en face d'un prince du sang. Les ducs et pairs devaient se découvrir uniquement en cette occasion. Saint-Simon excita les ecclésiastiques et les laïques contre ce manque de respect dû à leur naissance. Reprenant les idées de Boulainvilliers, en voyant dans les ducs les derniers descendants de la race des Francs, il exigea le respect de leur rang. Les présidents des parlements précisent qu’ils sont les représentants du roi lui-même, et du pouvoir judiciaire, à qui tout noble seigneur depuis la création de la noblesse en des temps immémoriaux doit une entière soumission et le respect. Saint-Simon et les ducs furent également choqués par le fait de voir des conseillers s'assoir sur leurs bancs. Beaufils écrit : « Philippe était trop intelligent pour ne pas se rendre compte que les idées de son ami trahissaient l’homme de caste, muré dans des conceptions mesquines et finalement incapable de s’élever à la moindre conception politique générale. Bref, il se lassa vite de ce chaperon borné qui l’accablait de dangereux conseils ».
  22. Jean-Baptiste Louis Andrault de Maulévrier, marquis de Maulevrier-Langeron, est le chevalier de la Toison d’or, n° 674 en 1721, le 675 est le fils de Saint-Simon et le 676, la Fare.
  23. A.N. O1 66 folio 404.
  24. « Je leur dis franchement que je voyois clairement la suite du projet d'écarter de M. le duc d'Orléans tous ceux en qui il avoit habitude de confiance, et ceux encore dont on pouvoit craindre la familiarité avec lui, dont les exemples des exils récents faisoient foi; que Le Blanc étant celui de tous le plus à éloigner, en suivant ce plan par l'accès de sa charge et par l'habitude de confiance et de familiarité, le prétexte et le moyen en étoit tout trouvé par l'affaire de La Jonchère; que le cardinal Dubois auroit encore à en faire sa cour à M. le Duc et à Madame de Prie, et à tout rejeter sur eux; qu'ils connoissoient tous deux l'esprit et la rage de Madame de Prie contre les deux inséparables amis de sa mère, et quel étoit son pouvoir sur M. le duc; qu'ils ne connoissoient pas moins l'impétuosité et la férocité de M. le duc, la foiblesse extrême de M. le duc d'Orléans, l'empire que le cardinal Dubois avoit pris sur lui; qu'il n'y avoit point d'innocence ni d'amitié de M. le duc d'Orléans qui pussent tenir contre le cardinal, M. le Duc et sa maîtresse réunis par d'aussi puissants intérêts; que je ne voyois donc nul autre moyen de conjurer forage que d'apaiser la fille en voyant moins la mère, qui ne couroit risque de rien, à qui cela ne faisoit aucun tort, et qui, si elle avoit de la raison et une amitié véritable pour eux, et qui méritât la leur, devoir être la première à exiger de ses deux amis à faire ce sacrifice à une fureur à laquelle ils ne pouvoient résister, qu'en la désarmant par cette voie, même de ne voir plus la mère ».
  25. Mémoires du maréchal duc de Richelieu, publié par François Barrière, p. 458
  26. Louis XV est né en 1710. En 1722, il a 12 ans. Louis est toujours décrit comme taciturne, il ne parle pas beaucoup. François de Neufville de Villeroy essaie de l’empêcher de voir sa fiancée.
  27. Le maréchal François de Neufville de Villeroy, auquel ses défaites n'enlevèrent pas la faveur du roi-soleil, est institué gouverneur de Louis XV. Il est pour ce prince un déplorable éducateur.
  28. Selon Dumas, c'est le Chevalier d'Harmental. Jean Christian Petitfils parle lui-aussi d’un d’Artagnan, capitaine-lieutenant de la 1re compagnie de mousquetaires. Il s’agit là de Pierre de Montesquiou, comte d'Artagnan, mousquetaire du Roi passé aux Gardes Françaises, à 23 ans, en 1668, puis nommé maréchal de France. Celui-ci est bien moins connu que son cousin Charles de Batz d'Artagnan rendu célèbre par Dumas. Mais cela peut être aussi son frère qui est lieutenant de mousquetaires.
  29. Les gentilshommes ordinaires de la chambre de Louis XIV mangent à sa table quand ils ont fait les fonctions d’aides de camp. M. du Libois a été le dernier à avoir cet honneur. (Voltaire, Le siècle de Louis XIV)
  30. Louis Petit de Bachaumont, Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la république des lettres en France, depuis ..., p. 228
  31. Intendant du Languedoc qui continue à persécuter les protestants.
  32. Le dixième est un impôt exceptionnel et comme la capitation, universel. Il prélève le dixième des revenus de toute propriété. Les personnes non-propriétaires (fermiers, métayers, manouvriers et les autres salariés) ne sont pas imposées. Créé en 1710, puis supprimé en 1717, il est de nouveau levé à l'occasion de différents conflits, puis remplacé par le vingtième en 1749. Le vingtième est, sous un autre nom, la même taxe que le dixième, diminuée toutefois de moitié, et permanente.
  33. Selon le Père Anselme et l’Almanach Royal et pas l’ensemble de la Bretagne qui revient à Penthièvre.
  34. Louis de Prie (1673-1751), marquis de Plasnes, chevalier du Saint-Esprit reçu le 7 juin 1724, marquis de Prie, ambassadeur près la cour de Savoie à Turin et cousin issu de germains de Madame de Ventadour, qui avait été gouvernante de Louis XV lorsque ce dernier était enfant.
  35. Almanach royal, 1738. L’Hôtel de Belle-Isle, voisin du sien, se trouve à l’angle de la rue de Bourbon (actuelle rue de Lille) et de la rue du Bac. L’aristocratie s’installe dans le faubourg Saint-Germain : plus de 200 hôtels particuliers y sont construits entre 1690 et 1725.
  36. Madame de Flavacourt, sœur des demoiselles de Vintimille et de Châteauroux, premières maîtresses de Louis XV, elle les remplace dans le lit du monarque.
  37. M. le grand prieur, Jean Philippe d'Orléans, fils légitimé du Régent (1702-1748), grand prieur de l’ordre de Malte (1719-1741)
  38. Bon du roi, A.N. O1 10766103
  39. L’appartement en composé de 6 pièces, 4 à cheminées et 1 soupente. (GG-B 380. Blondel, planche 7 f
  40. L* IX 58
  41. Charles-Emmanuel, prince de Gavre, marquis d'Aiseau, Chevalier de la Toison d’Or, maréchal de la Cour, gouverneur de Namur, nous lègue aussi son Journal du siège de Namur, en 1748 (l’Heureuse Rencontre, seconde loge de Bruxelles, n°8).
  42. A Aix-la-Chapelle, lors des négociations de paix, le comte de Saint Séverin n'exige rien pour la France, même pas les Pays-Bas autrichiens. «Sa Majesté très-chrétienne a le souci de faire la paix non en marchand mais en roi.» La Fare et les autres soldats français se sont battus pour permettre à la Prusse d’annexer la Silésie, Au contraire Louis XV fait cadeau d’une partie des Pays-Bas, de Nice et de la Savoie à l’Autriche.
  43. Dès le milieu du XVIe siècle, le roi demande des subsides extraordinaires que les états, depuis le règne d'Henri IV, votent régulièrement dans chaque tenue sous la forme d'un don gratuit. Pour se procurer les fonds nécessaires, tant pour le paiement du don gratuit que pour les pensions et gratifications qu'ils distribuent à leurs membres et aux représentants du roi, les États ont l'autorisation du roi de lever des impôts pour leur propre compte. Ce sont les devoirs, taxes sur la vente des boissons, auxquels s'ajoutèrent, à partir de 1643, les fouages extraordinaires, analogues au fouage ordinaire déjà levé pour le roi de 2 500 000 livres, au roi, sans aucune contestation.
  44. Prévôt des marchands de Paris, en 1758.
  45. Nommé menin, c'est-à-dire gentilhomme attaché, de Monseigneur le Dauphin en 1745, est reçu chevalier des Ordres du Roi, ainsi que chevalier d'honneur de Madame la Dauphine en 1749.
  46. La transmission de la charge se fait par survivance : le titulaire choisit son successeur et le propose à l'agrément du Roi. Dans la plupart des cas le survivancier fait partie de la famille du titulaire. Hélas n’a qu’une fille, seul son gendre brigadier de la famille Bouthillier de Chavigny, comte de Pons pourrait briller à la Cour… ses cousins sont trop pauvres et vivent depuis trop longtemps au fin fond du Languedoc.
  47. Almanach Royal, 1750.
  48. L* XI 315. Comme Vauban et tant d’autres maréchaux avant lui...
  49. Alphonse-Marie-Louis, comte de Saint-Séverin d'Arragon, ministre plénipotentiaire du Roi aux conférences d'Aix-la-Chapelle.
  50. Louis Claude, marquis de La Mothe-Houdancourt (1687-1755), maréchal de France en 1747.

Articles connexes

Bibliographie

  • Alexis (le P.), Généalogie de la maison de La Fare, en Languedoc, dressée sur les titres originaux et établie dans les grands officiers de la couronne; reproduction en fac-similé de l'édition originale, faite pour le comte Michel de Pierredon. Petit 50 p. Paris, imprimerie Plon Nourrit et Cie.
  • Annuaire de la noblesse de France, 1867, 1911, B.n.F. : 8° Lc35. 10
  • Anselme Le Père, Histoire de la maison royale de France et des grands officiers de la couronne, 3e éd. Paris, 1726-1733, B.n.F. : Fol. Lm3. 398
  • Anselme Père et Potier de Courcy, Histoire de la maison royale de France, B.n.F. : Fol. Lm3. 398
  • Anton Jules, Généalogie de la maison de la Fare, Cendras, Groupe de sauvegarde des vestiges historiques de Cendras, 1994
  • Argenson, René-Louis de Voyer (1694-1757 ; marquis d'), Considérations sur le gouvernement ancien et présent de la France, comparé avec celui des autres états, Amsterdam, 1784
  • Association de la noblesse de France, Recueil des personnes ayant fait leurs preuves, Paris, 1950-1979, B.n.F. : 8° Lm1. 221
  • Aubais Marquis d’, Pièces fugitives pour servir à l’histoire de France, Paris 1759, tome : 1, B.n.F. : 4° L46. 11
  • Bibliothèque Nationale, manuscrit, 32105, 32407, 32114, 32114
  • Bluche François, La noblesse française au XVIIIe siècle, Hachette
  • Bluche François, Les Pages de la Grande Écurie, Paris, 1966, B.n.F. : Rés. 4° Lm1. 223 (28, 29, 30)
  • Bluche François, Richelieu, Perrin 2003
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