Pierre le Baud


Pierre le Baud

Pierre Le Baud

Pierre Le Baud, né un peu avant 1450 (Saint-Ouen-des-Toits ?)[1], mort le 29 septembre 1505 à Laval, aumônier de Guy XV de Laval, puis de la célèbre Anne de Bretagne, historien de la Bretagne, chantre et cinquième doyen de Saint-Tugal de Laval. Une tradition invérifiable prétend qu'il allait alors être évêque de Rennes.

Sommaire

Biographie

Mais on est certain qu'il fut chantre et chanoine de l’église de la Trinité de Laval, trésorier de la Madeleine de Vitré, trésorier de l'Hôtel-Dieu Saint-Julien de Laval.

Il fut aussi le prédicateur de Marguerite de Foix, épouse du duc François II de Bretagne. À la mort de celui-ci, en 1488, il est conseiller et aumônier d'Anne de Bretagne, après avoir quitté le service de Guy XV de Laval. Il est aussi secrétaire de Jeanne de Laval, veuve de René d'Anjou.

Il semble bien avoir été de ceux qui conseillèrent à Anne de Bretagne d'épouser le roi Charles VIII de France. Il est mort le 19 septembre 1505, comme nous l'apprend une note de d'Argentré qui se trouve en tête de sa traduction de la première Histoire de Bretagne. Du Paz raconte qu'Anne de Bretagne obtint pour lui l'évéché de Rennes, mais qu'il mourut avant que ses lettres de provision fussent arrivées de Rome[2].

Famille

Il était frère de Perrine Lebaud, femme de Jean d'Argentré et aiëule de Bertrand d'Argentré, moins connu par son titre de sénéchal de Rennes que par ses recherches et ses travaux sur l'histoire féodale de l'Armorique. Le père de Pierre et de Perrine Lebaud était chevalier et seigneur de Saint-Ouen, au Maine[3].

Histoires de Bretagne

Il a écrit deux histoires de Bretagne.

Compillation des croniques et ystoires des Bretons

La première, la Compillation des croniques et ystoires des Bretons, est dédiée à Jean de Châteaugiron, seigneur de Derval, son parent, et achevée en 1480. Il en existe deux copies manuscrites, mais elle n'a fait l'objet que d'une publication partielle au début du XXe siècle.

Traduction de B. d'Argentré

Il existe une traduction manuscrite en latin de cette Histoire, faite par son neveu, Bertrand d'Argentré, à l'âge de vingt-deux ans[4]. Dans une courte notice[5] qu'il a publiée sur ce manuscrit, Gaillard suppose que la traduction de d'Argentré n'est pas très fidèle; il fait, en outre, remarquer que, dans cette traduction, les faits relatifs à l'Histoire de Bretagne sont racontés jusqu'à François Ier, c'est-à-dire, jusqu'au temps où vivait d'Argentré.

Manuscrit de la bibliothèque d'Angers

Le manuscrit français de P. Lebaud, ou une copie fort ancienne du manuscrit original, se trouve à la bibliothèque d'Angers[6].

Cette Histoire de Bretagne, ou plutôt cette Compilation, comme l'auteur appelle son ouvrage, se divise en trois parties : la première a dix-huit chapitres ; la seconde en a trente-deux ; et la troisième, deux cent quarante-sept. Elle finit à l'année 1458, date de la mort d'Arthur III de Bretagne. Le manuscrit précieux de la Bibliothèque d'Angers a appartenu à Boislève du Saulay, descendant du prévôt de Saint-Louis : il faisait partie de la collection de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, quand furent constituées les bibliothèques départementales.

Le maréchal d'Estrées possédait un autre manuscrit de la même histoire, inscrit au catalogue de sa bibliothèque sous ce titre : Compillacion des Cronicques et Ystoires des Bretons jusqu'en 1457, par P. Lebault[7].

Cronique des roys et princes de Bretaigne armoricane

Il a rédigé la seconde à la demande d’Anne de Bretagne en 1498. La reine Anne lui avait fait, expédier, le 4 octobre 1496 l'autorisation nécessaire pour qu'il eût communication de tous les titres déposés dans les chapitres, abbayes, communautés et archives du pays.

Achevée en 1505, sous le titre Cronique des roys et princes de Bretaigne armoricane, elle nous est connue par trois copies manuscrites, mais c'est peut-être une quatrième qui a servi de base à l'édition publiée en 1638, par d'Hozier, sous le titre de Histoire de Bretagne, avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval, ... ensemble quelques autres traités servant à la même histoire, et un recueil armorial... Le tout... tiré de la bibliothèque de Mgr le marquis de Molac, ...). Table de cet ouvrage : [1]

Arthur de La Borderie signale maintes fois les différences qui existent entre le texte de son Histoire de Bretagne, publiée par d'Hozier, et le manuscrit de la Bibliothèque Nationale de France, et donne la préférence au texte inédit. D'après un travail du début du XXe siècle de M. Parfouru sur les Livres de raison de Bretagne, il en est un qui concerne Pierre Le Baud.

Chroniques de Vitré

Outre l'Histoire de Bretagne, le volume publié par d'Hozier contient divers opuscules de Lebaud. Ce sont d'abord les Chroniques de Vitré, composées par Lebaud lorsqu'il était encore au service de Guy XV de Laval, et dédiées à Jeanne de Laval. Ces Chroniques finissent à l'année 1436.

Le Bréviaire des Bretons

A la suite, se trouve, le Bréviaire des Bretons, poème qui contient environ dix-sept cents vers. C'est une autre histoire de Bretagne, un abrégé poétique de l'ouvrage écrit pour Anne de Bretagne. Les vers de Lebaud sont peu recommandables; il n'observait pas à la rigueur les règles de la prosodie, et n'avait guère le sentiment de la cadence. Un passage curieux du bréviaire concerne la légende du roi Leir et de ses filles. Le Baud semble avoir suivi la tradition populaire pendant que Shakespeare s'en éloignait (voir : Le Roi Lear).

Discours de l'Origine et Antiquité de Laval

Outre les opuscules publiés par d'Hozier, la Croix du Maine attribue à Lebaud un Discours de l'Origine et Antiquité de Laval. Il n'est pas à croire que cet ouvrage soit, sous un autre titre, la Chronique de Vitré, puisque la Croix du Maine distingue expressément ces deux écrits, et ajoute qu'il avait en sa possession des copies manuscrites de l'un et de l'autre.

Légendes historiques

Bretagne

François II de Bretagne fait rédiger par Pierre le Baud dans son histoire de Bretagne, que l’origine de sa dynastie est placée dans les Troyens, argument pour contester la loi salique, moins ancienne.

Laval

Les comtes d'Anjou, les ducs de Bretagne, d'après leurs anciens annalistes, avaient des origines fabuleuses et remontaient aux Troyens. Les sires de Laval, se contentaient de descendre d'un neveu de Charlemagne. Ces légendes avaient pour elles la consécration d'une antiquité assez reculée. Guy-Walla en particulier et ses premiers successeurs étaient admis par la tradition quand le chanoine Pierre Le Baud leur donnait entrée dans son histoire au commencement du XVIe siècle.

Article détaillé : Famille de Laval.

Craon

Pour l'abbé Angot, une tradition dont on ne voit pas l'origine, postérieure toutefois aux chartes et aux chroniques du XIIIe siècle, raconte qu'un baron de Craon aurait porté l'hommage de ses domaines au duc de Bretagne en en frustrant le comte d'Anjou, son suzerain légitime. Le mot de forfaiture se trouvant dans un texte du Cartulaire de l'abbaye de Vendôme, peut avoir donné naissance à la légende que Pierre Le Baud aurait insérée dans son Histoire de Bretagne, d'où elle est venue jusqu'à nous dans tous les ouvrages. [8] Les auteurs, même modernes, y compris Ménage, dom Morice, dans son Histoire de Bretagne, ont admis ce récit dramatique ; dom Piolin, D. de Bodard, l'abbé Métais, rédacteur du Cartulaire de Vendôme, ont accepté la légende avec tous ses détails. A. Bertrand de Broussillon a déclaré ne rien comprendre à la forfaiture. Louis Halphen seul a conclu que tout était romanesque dans ce récit, y compris la guerre qui s'en suivit avec Robert Ier de Vitré.

Article détaillé : Robert de Nevers.

Notes et références

  1. Louis Moréri assigne la Bretagne pour lieu de naissance à P. Lebaud, mais il ne fournit pas de preuves à l'appui de cette opinion, et Hauréau pense qu'il y a lieu de croire qu'elle est purement hypothétique. Ansart, et avec lui tous plusieurs historiens, font naître P. Lebaud dans le Maine ; André René Le Paige le compte parmi les auteurs nés à Laval; enfin, Pierre Renouard, prétend que P. Lebaud vit le jour à Saint-Ouen, sur les frontières du Maine et de la Bretagne. D'après du Paz, qu'une seigneurie de Saint-Ouen, au Maine, appartenait au père de Lebaud, et non loin de l'extrême limite du diocèse de Rennes, dans le doyenné de Laval, on peut trouver la paroisse de Saint-Ouen-des-Toits.
  2. Dans la liste que l'historien Claude Robert, donne des évêques de Rennes , Michel Guybé meurt en 1501, et depuis la mort de Michel Guybé jusqu'à l'installation de son frère Robert Guybé, sur le siège épiscopal de Rennes, en l'année 1506, il y a une lacune ou une vacance.
  3. Du Paz, Histoire Généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, p. 256.
  4. Une copie du manuscrit de B. d'Argentré se trouve à la Bibliothèque du Mans. Cette copie est de la fin du XVIIe siècle ou des premières années du XVIIIe siècle.
  5. Notices et Extraits des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale, t. VII, p. 415 ; article de M. Gaillard.
  6. On lit au verso du premier feuillet : Je, Pierre Lebaud, secrétaire de hault et puissant Jehan, sire de Derval, de Combour, de Chasteaugiron, de Roye et de Sainct-Mars, monseigneur très-redoubté, non de mon propre mouvement, ne andace, mais contrainct par l'estroict lyen de son commandement, entrepris et craintivement me suy aventuré à escryrc la Compilation des Cronicques et Histoires de très-nobles roys et princes de Bretaigne Armoricque , jadis extraicts et descendus de ceux de Bretaigne Insulaire.... »
  7. Bibliothèque des Histoire de France de Fevret de Fontette.
  8. On y ajouta le procès fait par Geoffroy Martel et par ses officiers contre le traître, nommé Guérin et non plus, comme dans les chartes, Suhart le vieux ou Suhart le jeune ; l'intervention d'Hugue et non plus Robert le Bourguignon, soutenant que le crime de félonie est assez évident pour qu'on n'ait pas à l'entendre ; l'audace du baron de Craon, blessé à mort par le champion de Geoffroy Martel.

Source partielle

  • « Pierre Le Baud », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition]
  • Jean-Barthélemy Hauréau, Histoire littéraire du Maine, t. II, p. 165-172, 1852 ;
  • « Pierre Le Baud », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition], t. IV, p. 537.
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