Politique de la charente


Politique de la charente

Politique de la Charente

La politique en Charente présente des aspects particuliers. La partie avant 1848 est étudiée dans Histoire de la Charente.

Sommaire

1848- 1906 La Charente Bonapartiste

La Charente a voté massivement Bonapartiste à l'élection de 1848, par désir de paix. Vigny écrivait "la Charente n'est qu'une Vendée Bonapartiste". Elle va le rester jusqu'à la fin du XIXe siècle La république est programmée le 4 septembre 1870 et Léonide Babaud-Larivière, nommé préfet (il a déjà été préfet de la Charente en 1848) est accueilli par les vivats d'une grande foule en gare d'Angoulême mais l'opinion reste très conservatrice, et devant l'opposition de nombreux maires, il en révoque 200. En 1871 la Charente va élire 4 Orléanistes dont Édouard Martell, et 3 Bonapartistes. Les villes sont républicaines mais les campagnes regrettent la prospérité du second Empire. En 1877 et en 1889 seul le Confolentais vote Républicain[1].

Paul Déroulède blessé en 1871, réside durant sa convalescence en son manoir de Gurat. Il se présente à l'élection partielle de 1888 sous la bannière du général Boulanger. Après une campagne très violente, qui donne même lieu à des bagarres ce qui est très inhabituel en Charente il est battu par un bonapartiste, Étienne Gellibert des Seguins. Pour l'élection de 1889 il y a entente des boulangistes avec les bonapartistes et il est élu député d'Angoulême de 1889 à 1893. Il est réélu en 1898 mais en 1899 il est condamné à 10 ans de bannissement pour sa tentative de coup d'état à la tête de la ligue des patriotes. Amnistié en 1905 il revient mais après avoir été battu en 1906 il se retirera de la vie politique.

Lazare Weiller candidat républicain à la députation à Angoulême contre le bonapartiste Gellibert des Seguins en 1888 sera élu député d'Angoulême en 1914 sous l'étiquette Alliance démocratique (gauche modérée).

1906-1940

Après l'élection générale de 1906 il ne reste qu'un député nationaliste Cunéo d'Ornano qui meurt juste après avoir été réélu sur Cognac Cela donne lieu à une élection partielle et en 1906 le département devient totalement Républicain avec l'élection du progressiste James Hennessy. La Charente compte alors 4 députés de l'Alliance républicaine démocratique et son premier député Radical, Paul Mairat sur Angoulême I.

L'élection de 1919 est l'occasion d'un congrès républicain à l'initiative des 3 sénateurs (Limouzain-Laplanche, Mulac,Édouard Martell) qui réunit tous les conseillers généraux, maires et adjoints du départements, de toutes les tendances politiques. C'est un événement unique dans les annales politiques de la France. Ce congrès propose une liste "d'Union républicaine et agricole" conduite par James Hennessy qui sera élu ainsi que Georges Gérald, Paul Mairat et Maurice Raynaud. Il y a 3 autres listes, une d'Union républicaine Clémentiste dont le conservateur Poitou-Duplessis est élu, une Républicaine d'action et de réformes dont le républicain socialiste Jean Hennessy est élu et une liste socialiste SFIO qui n'a pas d'élu.

Mais en 1924 la division de la gauche alors que la Charente n'a plus que 5 députés donne trois sièges au Bloc national de Poitou-Duplessis qui est réélu en compagnie d'Edmond Laroche-Joubert et de Paul Condé. Jean Carnot est élu pour la liste de concentration républicaine et Jean Hennessy qui a poursuivi son évolution à gauche est réélu pour le cartel des gauches.

A partir de 1828 le parti Radical-Socialiste triomphe en Charente.

En 1934 la crise économique et les troubles donnent une grande animation à la campagne électorale. La presse locale soutien avec violence les opposants au front populaire. Le parti radical assure la victoire du front populaire avec quatre élus, les trois radicaux Raymond Réthoré, Georges Ménier et Édouard Pascaud et l'U.S.R. René Gounin. Seul Poitou-Duplessis est réélu à Ruffec contre la coalition de gauche. Le candidat PCF fait plus de 10% des voix à Angoulême, Confolens et Ruffec. René Gounin, élu sénateur en 1938 présente pour le remplacer, le secrétaire général de son parti l'Union Socialiste Républicaine, (U.S.R.) Marcel Déat. Le second tour l'oppose au communiste Marcel Gagnaire et il est élu. Juste après, il affirme sa position munichoise et son pacifisme dans Mourir pour Dantzig ?, article paru le 4 mai 1939 dans l'Œuvre.

Le 10 juillet 1940 députés et sénateurs votent les pleins pouvoir au Maréchal Pétain par 569 voix pour et 80 contre. Tous les députés et sénateurs de Charente votent les pleins pouvoirs, mais Jean Hennessy devenu depuis 1936 député des Alpes-Maritimes vote contre.

1945-1958

Au sortir de la guerre, au scrutin du 21 octobre 1945 la gauche remporte 54% des voix avec 23,8% pour le PC, placé devant le PS et les quatre députés élus le 10 novembre 1946 sont 1 PC, 1 socialiste, 1 RGR (radical) le jeune Félix Gaillard et 1 MRP. Dans le même temps les deux sénateurs élus sont plus modérés, ce sont Guy Pascaud juste de retour de déportation et Pierre Marcilhacy qui seront ensuite réélus constamment jusqu'en 1980.

Et en 1956 le PC obtient 29,7% des voix et deux élus, le Radical un élu Félix Gaillard et le MRP un élu[2].

1958-1974

A partir de 1958 le scrutin deviens majoritaire de circonscription, ce qui est très défavorable pour la gauche. Le PC entame une lente descente et malgré encore environ 23% des voix n'a plus de député. Les trois députés élus sont un UNR, Raymond Réthoré, un conservateur Républicain Indépendant, Jean Valentin, et un Radical Félix Gaillard. Ils seront réélus en 1962 et 1967.

À l’élection présidentielle le général de Gaulle obtient une large majorité : 53,12% en 1965, et aux élections législatives de juin 1968 ce sont deux UNR qui sont élus, Raymond Réthoré et Michel Alloncle. Félix Gaillard sauve son fauteuil mais après sa mort accidentelle en 1970 il est remplacé par un troisième député UNR, Francis Hardy[3].

1974-2008

L’élection présidentielle de 1974, et le score de 54,01% de François Mitterrand au second tour, marquent l'essor de la gauche : Jean-Michel Boucheron, PS, est élu maire d'Angoulême en 1977 et député en 1978. André Soury PC retrouve le siège à Confolens qu'il avait perdu en 1958, et Francis Hardy garde le siège à Cognac, qu'il va perdre en 1981 au profit de Bernard Villette, PS.

Mais les électeurs ruraux restent conservateurs et en 1980 ce sont Raymond Réthoré et Michel Alloncle qui sont élus sénateurs, et en 1982 le conseil général reste à droite avec 20 conseillers contre 14 et Pierre-Rémy Houssin, maire de Baignes-Sainte-Radegonde en prends la présidence.

Au législatives de 1986, les résultats s'équilibrent, Jean-Michel Boucheron et Jérôme Lambert pour le PS, Francis Hardy pour l'UNR et Georges Chavanes pour l'UDF[4].

En 1988, il en est de même avec le centriste Georges Chavanes à Angoulême, le RPR Pierre-Rémy Houssin à Cognac mais les PS Jérôme Lambert et Jean-Michel Boucheron dans la 4e circonscription ou sera élu en 1993 son suppléant Jean-Claude Beauchaud alors que Jérôme Lambert est battu par le gaulliste Henri de Richemont. Georges Chavanes et Pierre-Rémy Houssin sont réélus.

En 1997, c'est le retour de Jérôme Lambert à Confolens, l'arrivée à Cognac de Marie-Line Reynaud, à Angoulême Jean-Claude Viollet et la réélection de Jean-Claude Beauchaud avec 65 % au second tour.

En 2002, Jérôme Lambert, Jean-Claude Beauchaud et Jean-Claude Viollet sont réélus, mais Jacques Bobe prend son siège à Marie-Line Reynaud qui le récupère en 2007 alors que Martine Pinville remplace Jean-Claude Beauchaud (Martine Pinville était la candidate des militants se présentant contre Malek Boutih parachuté par le PS national). À cette époque, les grandes villes Angoulême et Cognac sont tenues par l'UMP, Jarnac, Ruffec et Barbezieux sont PS, mais la plus grande partie des communes sont dirigées par des listes "d'intérêts communaux" sans tendance marquée.

Alors que la droite départementale connaît des divisions, le conseil général voit remonter la gauche peu à peu, qui passe de 9 sièges en 1992 à 17 en 1998, à alors un siège de la majorité de Jacques Bobe (UMP). En 2001 la droite reste majoritaire et Jean-Michel Bolvin devient président en 2003, mais l'évènement est l'élection du premier conseiller général vert, Patrik Fontanaud. Le basculement à gauche se fait aux élections de 2004 et Michel Boutant conseiller PS de Montbron en devient président.

En 2008, les deux grandes villes, Angoulême et Cognac, basculent dans l'escarcelle du PS aux élections municipales, avec les victoires respectives de Philippe Lavaud et Michel Gourinchas, qui chassent de l'hôtel de ville les UMP Philippe Mottet et Jérôme Mouhot. Ces deux derniers bastions qui tombent confirment la mainmise de la gauche sur le département, qui ne dirige plus alors de grande ville hormis Soyaux, 3e commune charentaise. Quant au conseil général, la majorité de Michel Boutant sort confortée des élections cantonales de mars 2008, avec 23 sièges, contre 12 pour l'opposition de droite.

Tenant les 4 fauteuils de députés, la Région, le Département et maintenant les grandes villes du département, le PS domine donc actuellement la vie politique charentaise. De son côté, la droite a décidé d'envoyer une génération d'élus en retraite (sénateur Henri de Richemont, ex-maire de Cognac Jérôme Mouhot...), et fait monter de nouveaux hommes politiques, bien déterminés à incarner le renouvellement (Bertrand Sourisseau, Jean-Bernard Bolvin, Samuel Cazenave pour le Modem...).

Notes et références de l'article

  1. Jean Combes..., La Charente de la préhistoire à nos jours, Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », 1986, 429 p. (ISBN 2-903504-21-0) [présentation en ligne], p. 264 (François Pairault) 
  2. Jean Combes..., La Charente de la préhistoire à nos jours, Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », 1986, 429 p. (ISBN 2-903504-21-0) [présentation en ligne], p. 384 
  3. Jean Combes..., La Charente de la préhistoire à nos jours, Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », 1986, 429 p. (ISBN 2-903504-21-0) [présentation en ligne], p. 388 
  4. Jean Combes..., La Charente de la préhistoire à nos jours, Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », 1986, 429 p. (ISBN 2-903504-21-0) [présentation en ligne], p. 392 

Voir aussi

Articles connexes

Liens et documents externes

  • Jean Combes..., La Charente de la préhistoire à nos jours, Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », 1986, 429 p. (ISBN 2-903504-21-0) [présentation en ligne] 
  • [1]
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