Politique en Nouvelle-Calédonie


Politique en Nouvelle-Calédonie

En Nouvelle-Calédonie le clivage politique traditionnel est celui qui oppose les courants indépendantistes de gauche aux courants loyalistes de droite. Ce paysage se diversifie au fur et à mesure que l'enjeu est, plus que le statut de l'île, sa gestion.

Sommaire

Partis politiques

Loyalistes

Né face à la montée de la revendication indépendantiste dans les années 1970, le camp anti-indépendantiste, souvent appelé également « loyaliste », a longtemps été fédéré au sein du Rassemblement pour la Calédonie dans la République de Jacques Lafleur, fondé en 1977 sous le nom de Rassemblement pour la Calédonie (RPC), et dénommé aujourd'hui Le Rassemblement-UMP. Mais depuis les années 1990 et la signature des Accords de Matignon et de Nouméa, le leadership de Lafleur a fortement été remis en question et a conduit à la création de plusieurs partis politiques, à quoi s'ajoutent les mouvements qui ont toujours été hostiles au RPCR. Depuis la défaite de ce dernier aux élections provinciales du 9 mai 2004 en Province Sud et le retrait de Jacques Lafleur du devant de la scène politique, cette division s'est accentuée. Si la tendance anti-indépendantiste n'était représentée après le scrutin de 2004 que par 3 partis au Congrès, il est dispersé aujourd'hui entre cinq formations au sein de l'assemblée locale.

Indépendantistes

Article connexe : Nationalisme kanak.

L'action politique indépendantiste est née à la fin des années 1960 avec la création de deux groupes d'extrême gauche, les Foulards rouges et le Groupe 1878. Elle s'est développée dans les années 1970, notamment par l'action de Jean-Marie Tjibaou qui théorise le concept d'Indépendance kanake socialiste (IKS) et fonde le Front indépendantiste en 1979 puis le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) en 1984. Très combatif durant les Évènements des années 1980, au cours desquels il s'oppose de manière violente aux anti-indépendantistes du RPCR, le mouvement indépendantiste a depuis les accords de Matignon et Nouméa, accepté le principe de coopération entre les différentes ethnies du territoire, tout en gardant toujours l'essentiel de son électorat au sein de la population kanake. De plus, tout comme le camp loyaliste, il a connu de fortes divisions depuis que le débat politique néo-calédonien a transcendé la simple question d'opposition ou de soutien à l'indépendance.

  • Libération kanake socialiste (LKS) : fondé en 1981 par Nidoïsh Naisseline, grand-chef du district de Guahma à Maré et ancien fondateur des Foulards rouges, du Groupe 1878 puis du Palika, il a quitté ce dernier avec son aile modérée pour protester à l'époque contre le choix de son ancien parti de quitter le Front indépendantiste. À l'origine plutôt de tendance marxiste, il a évolué rapidement vers le socialisme réformiste et a toujours incarné un indépendantisme plus modéré que celui du FLNKS, refusant notamment la politique de confrontation et de boycott des élections locales adopté par le front indépendantiste durant les Évènements. Il est partisan d'un dialogue permanent avec les anti-indépendantistes et d'une indépendance gagnée par le respect du jeu institutionnel, et soutien depuis lors les candidats du PS aux élections présidentielles. Il est surtout présent à Maré, fief électoral et coutumier de Nidoïsh Naisseline, et dans les Îles Loyauté.
  • Fédération des comités de coordination indépendantistes (FCCI) : fondé en 1998 par des dissidents du FLNKS refusant la stratégie de ce dernier d'attendre des contreparties minières pour ouvrir des négociations avec le camp loyaliste. Parfois considéré comme la droite du courant indépendantiste, de par son alliance entre 1999 et 2004 avec le RPCR, il refuse toute idée d'indépendance ethnique et souhaite un dialogue permanent avec les anti-indépendantistes. Elle est en perte de vitesse, n'ayant plus aucun élu au Congrès de la Nouvelle-Calédonie ni dans les Assemblées de Province, il reste toutefois bien implanté dans certaines communes du nord de la Nouvelle-Calédonie (Kaala-Gomen et les îles Belep, dans une moindre mesure Canala).
  • Front pour le développement des îles Loyauté (FDIL) : fondé en 1993 par des dissidents de l'Union calédonienne aux Îles Loyauté emmenés par Cono Hamu, elle a participé en 1998 à la fondation de la FCCI avant de s'en détacher en novembre 2004 et de retrouver une existence autonome.
  • Parti travailliste : parti récemment créé en 2007 sur la base de l'un des principaux syndicats du territoire, l'Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE), connu pour ses actions sociales musclées. Nettement plus à gauche et plus radical que le FLNKS, dont il reproche l'élitisme et la bureaucratie, il allie lutte sociale militante et revendication indépendantiste. Il est proche des milieux altermondialistes et est soutenu par José Bové.
  • Parti socialiste : créé en 1981, section locale du PS métropolitain, il s'agit d'un petit mouvement généralement allié au FLNKS et plus particulièrement à l'UNI.

« Progressistes » et « Accordistes »

À côté de ces deux blocs qui dominent traditionnellement le paysage politique néo-calédonien, de nouvelles formations sont apparues depuis les années 1990 dans le but de sortir de ce clivage. Pour autant, aucun de ces mouvements n'a obtenu d'élus autres qu'à l'échelon municipal (essentiellement Jean-Raymond Postic, conseiller municipal de Nouméa de 1995 à 2008) :

  • Génération destin commun : fédération plusieurs petits mouvements et associations fédérées autour de Jean-Raymond Postic et héritière des différents partis fondés par ce dernier depuis 1995 : Génération calédonienne de 1995 à 2002, le Mouvement pour réussir l'Accord de Nouméa (MPRAN) de 2002 à 2003 puis Calédonie mon pays en décembre 2003. Se définissant comme « ni loyaliste, ni indépendantiste, mais simplement "accordistes" »[1], il n'hésite pas à s'allier avec les indépendantistes du FLNKS lors des élections municipales de 2001 à Nouméa, où il est réélu (il était déjà conseiller municipal depuis 1995) en seconde position sur la liste « Alternative citoyenne » emmenée par l'Union calédonienne Gérald Cortot. Pour lui, la priorité est de sortir du clivage traditionnel et de se concentrer sur la mise en application pleine et entière de l'Accord de Nouméa, en particulier des notions de « citoyenneté calédonienne » et de « destin commun ». Il appelle aussi à une définition rapide des signes identitaires (drapeau, hymne, nom de pays, devise, graphie des billets de banque) pour qu'ils servent de symboles rassembleurs de l'ensemble de la population néo-calédonienne.
  • Rassemblement océanien pour une Calédonie plurielle (ROC Plurielle), présidé par Mikaële Tuifua, soutenu par son autre leader Seleone Tuulaki, secrétaire général du mouvement, et Jean-Pierre Selefen, ancien militant de la FCCI, est né d'une transformation du Rassemblement océanien pour la Calédonie, lui-même créé en janvier 2004 en vue des élections provinciales de cette année-là et suite aux évènements ethniques de Saint-Louis. Visant à « sensibiliser sur les problèmes dont souffre la communauté wallisienne et futunienne » et sur « l’épuration ethnique de Saint-Louis », le ROC était initialement censé réfléchir à une alliance sur une liste loyaliste non-RPCR. Mais ce nouveau mouvement s'oriente petit à petit vers la constitution d'une nouvelle liste ethnique, provoquant le départ de certains de ses dirigeants, dont Jean-Baptiste Felomaki, pour le Front national. Il s'est rebaptisé ROC Plurielle en 2008 pour se préparer aux élections provinciales du 10 mai 2009. Présent cette fois-ci avec un programme de tendance sociale, il défend la notion de « destin commun » définie par l'Accord de Nouméa et dans lequel les wallisiens et futuniens doivent avoir toute leur part, et au rapprochement océanien entre Polynésiens et Mélanésiens. Il se déclare totalement indépendant des loyalistes qu'il accuse d'être à l'origine de l'entretien du clivage entre Kanaks et Polynésiens.

Élus

Au Congrès de la Nouvelle-Calédonie

Composition depuis les élections du 10 mai 2009 et les partielles des îles Loyauté du 6 décembre 2009
N.B. : R-UMP : Rassemblement-UMP - CE : Calédonie ensemble - AE : L'Avenir ensemble - PT : Parti travailliste

Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie est composé de 54 membres issus proportionnellement des trois Assemblées de Province élus tous les 5 ans au suffrage universel direct par les citoyens calédoniens (ceux pouvant attester d'une présence sur le territoire avant 1998) au scrutin proportionnel de listes à un tour. Le précédent congrès était issu des élections provinciales du 9 mai 2004. L'actuel est issu des élections provinciales du 10 mai 2009. Ces élections ont toutefois été annulées pour les Îles Loyauté le 16 octobre 2009 par le Conseil d'État[2].

Depuis le 22 mai 2009, le président du Congrès est Harold Martin (Avenir ensemble, Province Sud), et la composition de l'assemblée, suite au scrutin général du 10 mai 2009 et à la partielle du 6 décembre 2009, est la suivante :

Dans les Assemblées de Province

Les Accords de Matignon ont divisé la Nouvelle-Calédonie en trois provinces :

Province Sud

Depuis les élections provinciales du 10 mai 2009, aucune majorité stable n'est possible, entraînant la nécessaire alliance des principales tendances jusqu'ici adverses du camp anti-indépendantiste, tandis que les indépendantistes, absents de la précédente mandature, retrouvent une représentation. Composée de 40 membres, elle envoie 32 élus au Congrès. Son président depuis le 15 mai 2009, élu avec la quasi-totalité des voix loyalistes (34 voix), est Pierre Frogier, par ailleurs président du Rassemblement-UMP :

  • anti-indépendantistes : 36 élus, dont 29 au Congrès :

Province Nord

Elle est composée de 22 élus, dont 15 envoyés au Congrès. Elle est présidée depuis 1999 par Paul Néaoutyine, du FLNKS-UNI-Palika.

  • indépendantistes : 20 élus, dont 13 au Congrès :
  • Anti-indépendantistes : 2 élus, tous au Congrès :

Province des îles Loyauté

Elle est composée de 14 élus, dont 7 envoyés au Congrès. Elle est présidée depuis 2004 par Néko Hnepeune, du FLNKS-UC. Depuis les élections provinciales du 10 mai 2009, elle ne comporte plus que des indépendantistes. Ces élections ont toutefois été annulées par le Conseil d'État le 16 octobre 2009[2], entraînant la tenue d'un scrutin partiel le 6 décembre 2009. Suite à ce dernier, non seulement les non-indépendantistes restent exclus de l'assemblée, mais pour la première fois depuis 1989 la liste du Palika n'a obtenu aucun siège (même si la liste « Union pour le Renouveau » menée par l'UC Renouveau a fait élire en deuxième position une membre du Palika).

Dans les communes

Les communes traditionnellement détenues par le camp indépendantistes se situent surtout sur la côte ouest de la Grande-Terre (notamment toutes celles de la côte ouest de la Province Sud, seule la commune de Koumac étant un fief important loyaliste en Province Nord avec toutefois une forte présence sur les communes de Poya et Pouembout) et à l'île des Pins.

La côte est, les îles Belep et les îles Loyauté sont quant-à-elles des bastions indépendantistes, même si la ville de Thio dispose depuis 2004 d'un maire anti-indépendantiste. Sur la côte ouest, les communes situées entre Koné et Kaala-Gomen (incluses) sont généralement considérées comme imprenables pour les anti-indépendantistes, à quoi s'ajoute Poum à l'extrémité nord de la Grande-Terre.

Depuis les élections municipales de 2008, les maires des 33 communes de la Nouvelle-Calédonie et les compositions des conseils municipaux sont les suivants :

Province Sud

  • anti-indépendantistes : 26 élus :
  • « Ensemble pour une communauté de destin » (apolitique, proche indépendantiste) : 1 élu.
  • anti-indépendantistes : 20 élus :
  • indépendantistes : 3 élus :
    • « Cîrî 2014 » (divers) : 2 élus.
    • « Union des citoyens de La Foa » (UC) : 1 élu.
  • anti-indépendantistes : 13 élus :
  • « FLNKS pour le progrès communal » : 9 élus.
  • « La commune au service de tous les citoyens » (indépendante) : 1 élu.
  • Yaté : Étienne Ouetcho (Comité Rhéébù Nùù) depuis 2008. Le conseil comporte 19 sièges :
  • Indépendantistes : 6 élus :
    • « FLNKS Sarraméa » : 5 élus.
    • « Avenir de Sarraméa pour demain » (divers indépendantistes) : 1 élu.
  • « Liste d’entente communale » (liste d'ouverture du Rassemblement-UMP) : 5 élus.
  • « Sarraméa dans la continuité » (apolitique puis Calédonie ensemble, du maire sortant) : 4 élus.
  • Anti-indépendantistes : 10 élus :
    • « Ensemble pour l’Avenir de Moindou » (Avenir ensemble puis Calédonie ensemble) : 5 élus.
    • « Liste d’entente citoyenne de Moindou » (Avenir ensemble) : 2 élus.
    • « Moindou autrement » (divers droite) : 2 élus.
    • « Un développement durable pour Moindou » (divers droite) : 1 élu.
  • « UNI Mwârû » (FLNKS-UNI) : 3 élus.
  • « Entente communale de Moindou » (Rassemblement-UMP-FCCI) : 2 élus.
  • Farino : Ghislaine Arlie (Rassemblement-UMP) depuis 2001. Le conseil comporte 11 sièges, tous détenus par des anti-indépendantistes :

Province Nord

  • « Union indépendantiste - FLNKS » : 24 élus.
  • « Entente communale de Koné » (anti-indépendantiste) : 3 élus.
  • Anti-indépendantistes : 20 élus :
    • « Pour le progrès communal » (proche Avenir ensemble) : 10 élus.
    • « Le rassemblement pour Koumac » (Rassemblement-UMP) : 4 élus.
    • « Koumac renouveau » (Divers droite) : 3 élus.
    • « Koumac démocratie » (Divers droite devenu proche de Calédonie ensemble) : 3 élus.
  • « FLNKS » : 3 élus.
  • Indépendantistes : 16 élus.
    • « UPM - FLNKS » : 6 élus.
    • « FLNKS » (surtout UC) : 5 élus.
    • « Parti travailliste » : 4 élus.
    • « Tagötù-jè » (divers indépendantiste) : 1 élu.
  • Anti-indépendantistes : 7 élus :
  • « FLNKS » : 20 élus.
  • « Entente pour une nouvelle gestion communale » (Rassemblement-UMP) : 3 élus.
  • Poya : François Meandu-Poveu (FLNKS-UC) depuis 2008. Le conseil comporte 23 sièges :
  • Pouébo : Joseph Pada (FLNKS-UC) depuis 2001. Le conseil comporte 19 élus, tous indépendantistes :
  • Indépendantistes : 15 élus :
  • « Pour un vrai changement » (Rassemblement-UMP) : 4 élus.
  • Indépendantistes : 14 élus :
    • « Liste d’union citoyenne » (FLNKS-UC) : 8 élus.
    • « UNI » (FLNKS-UNI) : 6 élus.
  • Anti-indépendantistes : 5 élus :
    • « Ouégoa le changement » (Avenir ensemble) : 2 élus.
    • « Nouvel élan communal » (Divers droite) : 2 élus.
    • « Le progrès communal » (Rassemblement-UMP) : 1 élue.
  • Kaala-Gomen : Alain Levant (indépendant ex-FCCI) depuis 1983. Le scrutin de mars 2008 a été annulé par le tribunal administratif de Nouméa le 22 mai 2008 suite à un recours déposé par les membres de la liste FLNKS[4]. La nouvelle élection a eu lieu le 31 août suivant. Le conseil comporte 19 sièges :
  • « Entente communale » (apolitique mais proche FCCI) : 10 élus.
  • Indépendantistes : 9 élus :
    • « FLNKS » : 6 élus.
    • « Molo-Bulu » (également FLNKS) : 3 élus.
  • Indépendantistes : 10 élus :
  • Anti-indépendantistes : 9 élus :
    • « Union municipale pour Kouaoua » (Rassemblement-UMP) : 5 élus.
    • « Kouaoua pour tous » (divers droite) : 3 élus.
    • « Ensemble pour l'avenir de Kouaoua » (Avenir ensemble) : 1 élue.
  • Anti-indépendantistes : 9 élus :
    • « Mouvement citoyen » (divers droite proche Avenir ensemble) : 4 élus.
    • « Intérêts communs » (divers gauche proche anti-indépendantiste) : 2 élus.
    • « Union en mouvement pour Pouembout » (Rassemblement-UMP) : 2 élus.
    • « Rassemblés pour construire l’avenir » (Avenir ensemble) : 1 élu.
  • Indépendantistes : 6 élus :
    • « Destin commun » (FLNKS-UC dissidente, maire sortant) : 3 élus.
    • « Union Calédonienne et Action solidaire » (FLNKS-UC) : 3 élus.
  • Poum : Henriette Hmae (FLNKS-UC) depuis 2008. Le conseil comporte 15 sièges :
  • Indépendantistes : 13 élus :
    • « Union citoyenne » (FLNKS-UC) : 6 élus.
    • « Front uni pour la commune » (FLNKS-UNI-UPM) : 4 élus.
    • « Génération APM 2001 » (divers indépendantistes) : 2 élus.
    • « Une commune dynamique pour tous » (FLNKS-UNI-divers) : 1 élu.
  • « Rassemblement-UMP » : 2 élus.
  • îles Belep : Albert Wahoulo (FCCI) depuis 2008. Le conseil comporte 15 sièges, tous indépendantistes :
  • « Responsabilités partagées » (FCCI) : 8 élus.
  • « Pour le développement économique et social » (FLNKS) : 7 élus.

Îles Loyauté

  • « Union Citoyenne pour le Développement Né Drehu » (FLNKS) : 25 élus.
  • « Parti travailliste ne Drehu » : 4 élus.
  • « Unir et Construire dans le Renouveau » (UC Renouveau) : 4 élus.
  • Maré : Basile Citré (LKS) depuis 2001. Le conseil comporte 29 sièges, tous indépendantistes :
  • Ouvéa : Maurice Tillewa (FLNKS-UC) depuis 2008. Le conseil comporte 27 sièges :

Parlementaires

Si seuls ceux inscrits sur la liste électorale spéciale et bénéficient donc de la citoyenneté double calédonienne, tous les citoyens français de Nouvelle-Calédonie votent pour les élections nationales, dont les législatives. La Nouvelle-Calédonie dispose ainsi de deux députés depuis 1978 (un seul auparavant) et de deux sénateurs depuis 2011 (un avant cette date). Depuis 1986, les deux députés ont toujours été issus des rangs du RPCR, et pour la première circonscription de la Nouvelle-Calédonie surtout depuis 1978, et ont donc tous siégé au sein des groupes RPR puis UMP. De même, tous les sénateurs depuis 1958 ont été anti-indépendantistes et de droite.

Élections présidentielles

Les électeurs calédoniens ont toujours eu une tendance gaulliste(94%de "oui" à l'indépendance de l'Algérie), ou tout du moins de droite, aux élections présidentielles, à l'exception de celle de 1974, à laquelle François Mitterrand fut vainqueur en voix sur le territoire. Elle a élu un candidat qui fut battu au plan national en 1974 (François Mitterrand au lieu de Valéry Giscard d'Estaing), 1981 (Valéry Giscard d'Estaing au lieu de François Mitterrand) et 1988 (Jacques Chirac au lieu de François Mitterrand).

En 1965, 1974, 1995 et 2002, le candidat qu'il plaçait en seconde position au premier tour arrivait 3e au plan national (respectivement Jean Lecanuet, Jacques Chaban-Delmas, Édouard Balladur et Lionel Jospin). Seuls deux candidats qui furent finalement élus auraient été éliminés dès le premier tour si la Nouvelle-Calédonie avait été seule à voter : Valéry Giscard d'Estaing en 1974 (arrivé derrière François Mitterrand et Jacques Chaban-Delmas) et François Mitterrand en 1988 (arrivé seulement en quatrième position, derrière Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen et Raymond Barre).

La Nouvelle-Calédonie a offert plus de la majorité absolue de ses suffrages exprimés dès le premier tour à un candidat en 1965 (Charles de Gaulle), 1969 (Georges Pompidou) et 1988 (Jacques Chirac).

En 2007, elle a voté en grande majorité pour Nicolas Sarkozy le candidat de l'UMP.

«corps électoral figé»

Article détaillé : Citoyenneté néo-calédonienne.

Il existe trois corps électoraux distincts en Nouvelle Calédonie.

  • Tous les électeurs peuvent voter pour les élections nationales (présidentielle, législatives, municipales, référendums nationaux, européennes).
  • Le corps électoral pour les référendums d'auto-détermination (article 218 LOI no 99-209 du 19 mars 1999 organique relative à la Nouvelle-Calédonie) prévus aux accords de Nouméa est figé à tous ceux
  1. qui étaient ou auraient pu être électeurs pour le référendum de 1998
  2. ou peuvent justifier d'une durée de vingt ans de domicile continu en Nouvelle-Calédonie à la date de la consultation et au plus tard au 31 décembre 2014*.
  • Le débat a porté sur le corps électoral concerné par les élections provinciales.

Pour les prochaines élections au Congrès de l'archipel issu des assemblées de province (élections provinciales), un débat avait lieu entre deux définitions du corps électoral :

  • un « corps électoral figé », ou « gelé », ne comprenant que les seules les personnes présentes en Nouvelle-Calédonie avant le 6 novembre 1998. Cette option était soutenue par le FLNKS et Avenir ensemble (bien que se déclarant pour le principe « une personne égale une voix », ce parti soutient ce système dans le sens où il a été promis aux indépendantistes par le RPCR) ;
  • un « corps électoral glissant », permettant l'extension de la citoyenneté calédonienne à toute personne pouvant justifier de 10 ans de présence continue sur le Territoire. Cette option était soutenue par Le Rassemblement-UMP, le RPC, nouveau parti créé par Jacques Lafleur, et le Front national.

Le Congrès réuni à Versailles le 19 février 2007 a entériné par 724 voix pour et 90 contre le gel du corps électoral.

  • 6704 personnes pouvant participer aux élections provinciales viennent ainsi s'ajouter aux 18 525 électeurs exclus des possibles scrutins de sortie de l'accord (2014-2015-2016-2017-2018).Ce dernier précise que dans la mesure où le pays n'accèderait pas à l'indépendance à ce terme, et qu'aucune "solution originale" ne serait proposée par l'ensemble des signataires, l'état prendrait en compte la répartition politique des 3 provinces (ex: si 2 provinces sur 3 sont "indépendantistes" l'indépendance sera acquise "de fait" sans possibilité de sécession et de maintien dans la république française pour la 3e).
  • Toute modification relative à la composition du corps électoral et plus généralement tout amendement impliquant le texte de l'accord ne sont possibles qu'à la condition que l'ensemble des signataires historiques le souhaitent. Dans ce cas, un nouveau référendum local serait organisé afin de provoquer une révision constitutionnelle par le congrès de Versailles.

Deux lois du pays à venir vont permettre de privilégier les citoyens calédoniens pour l'accès à l'emploi.

Références

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Politique en Nouvelle-Calédonie de Wikipédia en français (auteurs)

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