Promenade du Bœuf Gras, au Carnaval de Paris


Promenade du Bœuf Gras, au Carnaval de Paris

Promenade du Bœuf Gras au Carnaval de Paris

La Promenade du Bœuf Gras, qu'on retrouve également sous d'autres noms : Fête du Bœuf Gras, Cavalcade du Bœuf Gras, Fête du Bœuf villé[1], Fête du Bœuf viellé ou violé (promené au son de la vielle ou de la viole) est une très ancienne coutume festive. Elle consiste, pour les bouchers ou garçons bouchers[2] à promener solennellement en musique, au moment du Carnaval, un ou plusieurs bœufs décorés[3]. Cette fête avait lieu jadis dans quantité de villes de France[4]. À Paris au XIXe siècle elle prit une dimension gigantesque devenant de facto la Fête de Paris dans le cadre du très grand Carnaval de Paris.

Après 45 ans d'interruption[5] le cortège du Bœuf Gras renaît en 1998. Il défile depuis chaque année. À partir de 2002 il renoue avec le calendrier traditionnel du Carnaval et sort le Dimanche Gras avant veille du Mardi Gras.

Sommaire

Origines possibles de la fête

Elle n'est pas bien connue. D'autant plus qu'en mai 1871 les archives de Paris avec l'Hôtel de ville, et la quasi totalité des archives de la police de Paris avec l'Hôtel de police de Paris, ont été anéanties par le feu.

Une explication rencontrée fréquemment prétend qu'il s'agit du vestige d'un ancien rituel païen : « la procession du bœuf Apis ». Ce propos est fidèlement répété depuis deux siècles dans des textes divers en particulier par les journaux. Cette théorie relève de la pure fantaisie. Le dieu égyptien Apis n'est pas un bœuf mais un taureau. Cette fable semble avoir été lancée à l'occasion de la renaissance du cortège, en 1805 après quinze années d'interruption. On était alors en pleine vogue égyptienne suite à la Campagne d'Égypte. L'auteur du boniment pourrait être le poète, chansonnier et vaudevilliste Antoine-Pierre-Augustin de Piis auquel est attribué la paternité de la restauration du cortège. Le programme de 1805[6], non illustré, non daté, mais datable par son contenu, prétend à ces lointaines origines égyptiennes.

Une autre explication est proposée par un document imprimé datant de 1896 conservé dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris :

« ...durant longtemps, les lois civiles et religieuses ont été d'accord pour proscrire pendant le carême, l'usage des aliments gras; il n'y avait d'exception qu'en faveur des malades. Les bouchers n'avaient pas le droit d'étaler ou de vendre de la viande en temps prohibé, sans s'exposer à des peines sévères. Néanmoins, pour satisfaire aux besoins des personnes exemptes de l'abstinence, il fallait quelqu'un qui pût procurer cet aliment sur un ordre du médecin.

On établit donc le boucher de carême[7], pour ne pas blesser les justes susceptibilités, il y avait concours entre tous les gens de la profession, en sorte que le privilège appartenait à celui qui produisait le bœuf le plus gros et le plus gras, au jugement de tous les bouchers de la localité.

Le bœuf, couronné de fleurs, était triomphalement promené, au son de la trompe, par les rues et les carrefours de la ville, afin que tout le monde pût connaitre le boucher du carême et son merveilleux produit. »

La plus ancienne mention connue du Bœuf Gras à Paris

Détail du plan de Berty, où se trouve la « Maison des Trois Estaulx et du Beuf violé »

Elle date de 1274 et a été relevée par Adolphe Berty[8]. Il s'agit du nom d'une maison de la rue de la Boucherie : la « Maison des trois Estaulx et du Beuf violé ». C'est-à-dire où se trouvent représentés, sur son enseigne, trois étaux et le bœuf défilant au son de la viole :

Dans les archives de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, il en est question pour la première fois, à l'occasion de la création, par l'abbé Gérard, en 1274, de seize étaux qui étaient destinés à être tenus par des individus natifs du bourg et qui furent chargés de redevances autres que celles dont était grevée la maison des Trois Étaux. Il est présumable, au surplus, que ces trois étaux n'étaient pas les seuls avant 1274; les expressions in carnificiari et in macello istius ville, employées en 1259, le donnent du moins à penser. Le 29 mars 1373, eut lieu un nouveau bail de seize étaux, qui furent expressément maintenus dans leur emplacement antérieur, à l'orient de la rue des Mauvais Garçons et de la maison de la Croix-de-Fer. De ces seize étaux, les titres n'en font connaître que douze, parce que le nombre primitif ne se maintint pas longtemps. Il était tombé à dix, quand, le 31 janvier 1553, les bouchers Pierre Moufle et Pierre Mathias rachetèrent, au prix de 500 livres, la rente foncière de l'abbaye sur les seize étaux, « au lieu desquels seize étaux, » est-il dit dans l'acte de rachat, sont de « présent bâtis sept étaux, dont trois du costé de la rivière de Seine..., en ce non compris la maison des Trois Estaux, qui est du costé de l'Écu de France. »[8]

Cette maison figure également sur la feuille 9 du plan archéologique de Paris, dit couramment plan de Berty. Dans le livre, la rue où se trouve la maison, figure sous le nom de Rue des Boucheries, et sur le plan, sous le nom de Rue de la Boucherie. Son emplacement est actuellement occupé par la partie occidentale de la rue de l'École de Médecine.

La plus ancienne description connue de la fête

Il faut attendre 1739 pour trouver attesté effectivement à Paris le cortège du Bœuf gras. Le Mercure de France en parle[9] car, cette année-là, le bœuf fut emmené par son escorte de garçons bouchers, jusqu'au premier étage du palais où siégeait le Parlement de Paris (qui était une cour souveraine de Justice). Le Mercure de France précise, qu'à la différence des villes de province françaises, où on promène également le Bœuf gras, à Paris, « l'on met sur le Bœuf un Enfant, qui tient en main un Sceptre, et que les Bouchers apellent leur Roy »[10]. Le récit montre que la Cérémonie du Bœuf gras est traditionnelle à Paris, dès cette époque :

« À Paris & dans la plûpart des grandes villes du Royaume, les Garçons Bouchers de chaque quartier se rassemblent ordinairement tous les ans le Jeudi gras, & promènent par la Ville, au son des Instrumens, un Bœuf qu'il choisissent de belle encolure, & qu'ils parent de guirlandes de fleurs & autres ornemens; On l'apelle à Paris, Le Bœuf gras, & dans plusieurs Villes de Province, Le Bœuf villé, parce qu'on le promène par la ville.
Cet usage, qui est fort ancien, paroît être un reste de certaines Fêtes du Pagannisme, & singulierement des Sacrifices que l'on faisoit aux faux Dieux. En effet, les Garçons Bouchers s'habillent pour cette cérémonie, à peu près de même que l'étoient les Esclaves des Sacrificateurs; Le Beuf gras est paré dans le même goût, que ceux que l'on immoloit pour victimes, & les Bouchers ont des Instrumens, comme on en avoit aux Sacrifices.
Tout ce qu'il y a de plus ici, c'est que l'on met sur le Bœuf un Enfant, qui tient en main un Sceptre, et que les Bouchers apellent leur Roy, ce qui a sans doute été introduit dans les temps, où la plûpart des Communautés donnoient à leur Chef le titre de Roy, comme les Rois de l'Arbaleste & de l'Arquebuse, le Roy des Violons, & plusieurs autres semblables.
Les Garçons Bouchers de la Boucherie de l'Aport de Paris, n'ont pas attendu cette année le jour ordinaire pour faire leur Fête du Bœuf gras; dès le Mercredi matin, 4. du mois de février, veille du Jeudi gras, il se rassemblerent, & promenerent par la Ville un Bœuf, qui avoit sur la tête, au lieu d'aigrette, une grosse branche de Laurier-cerise, & il étoit couvert d'un tapis qui lui servoit de housse.
Le jeune Roy de la Fête, qui étoit monté sur le Boeuf gras, avoit un grand Ruban bleu, passé en Echarpe, et tenoit d'une main un Sceptre doré & de l'autre son épée nuë.
Les Garçons Bouchers qui l'accompagnaient, environ au nombre de quinze, étoient tous vétus de corsets rouges, avec des trousses blanches, ayant sur la tête une espece de turban ou de toque rouge, bordé de blanc.
Deux d'entre eux tenoient le Boeuf par les cornes, & le conduisoient; plusieurs avaient des Violons, Fifres et Tambours, et les autres portoient des bâtons.
Ils allerent en cet équipage en differens Quartiers de Paris, & principalement l'Hôtel du Bailliage, chés M. le Premier Président, pour lui donner une Aubade.
Comme ce Chef du Parlement étoit encore à la Grand-Chambre, les Bouchers prirent le parti de l'aller attendre sur son passage; & pour cela ils firent monter le Boeuf par l'Escalier de la Sainte Chapelle, & vinrent dans la Grand'-Salle du Palais, jusqu'à la Porte du Parquet des Huissiers de la Grand'-Chambre.
Lorsque le Premier Président sortit, il se mirent en haye sur son passage, & le saluérent au son de leurs Instrumens. Pendant cette Aubade ils avoient éloigné le Boeuf gras vers le passage des Enquêtes; & après que ce Magistrat fut passé, ils se promenerent avec le Boeuf dans plusieurs des Salles du Palais, et le firent descendre enfin par l'Escalier de la Cour neuve, du côté de la Place Dauphine; & ils continuerent leur cérémonie dans Paris.
On n'avoir point encore vû le Boeuf gras dans les Salles du Palais, lesquelles sont au moins à la hauteur d'un premier étage; & on aurait peine à le croire, si un grand nombre de Parisiens n'avoient vû ce Spectacle singulier.
Le lendemain des Bouchers d'un autre quartier promenerent aussi un Boeuf, mais ils ne vinrent point au Palais. »

Avec le reste du Carnaval de Paris, le Bœuf Gras sera interdit à Paris, durant la période 1790-1798.[11]

Le Carnaval de Paris redémarrera en trombe, dès 1799, mais sans le Bœuf Gras.

Le Bœuf Gras, vu par Gill, 7 février 1869.

Le Bœuf Gras au XIXe siècle

Au XIXe siècle, le Bœuf Gras défile environ 70 fois. Il devient immensément populaire et de facto la Fête de Paris dans le cadre du Carnaval de Paris.

Aux petits Parisiens pas sages, on fait peur alors, en les menaçant ainsi : « Tu n'iras pas voir le bœuf gras ! [12]»

Un programme imprimé, avec une gravure[13], intitulé « Ordre et marche du bœuf gras », sort chaque année, à l'occasion de la fête.

Le Bœuf Gras, dont la dernière sortie remontait à 1789, défile en 1805, très probablement suite aux efforts d'un haut dignitaire de la toute nouvelle Préfecture de police de Paris[14], le poète, chansonnier et vaudevilliste Antoine Pierre Augustin de Piis[15].

La chute du Premier Empire n'interrompt que brièvement la tenue du cortège. 1830 voit Paris en insurrection à la fin du mois de juillet, donc très loin de la période du Carnaval. En 1831, le Carnaval et des émeutes se juxtaposent, sans se mêler, ni se perturber réciproquement[16]. En dépit de ce qui fut dit par la suite, le choléra ne trouble pas le Carnaval en 1832. L'épidémie se déclare juste après[17].

À partir de 1845, aux bœufs ont donne des noms particuliers, à l'occasion du Carnaval. Soit en rapport avec l'actualité (la guerre au Mexique fera nommer un bœuf Mexico, l'intervention en Chine amène un autre bœuf à s'appeler Shang-Hai), soit du nom d'un grand succès littéraire ou musical du moment. C'est ainsi que l'on commence alors à dire, d'un auteur qui a été honoré ainsi : « il est bœuf gras » ou « il est entré à l'abattoir ».

Commentant cette nouvelle mode, Théophile Gautier écrit[18], en 1847 :

« Le bœuf gras est devenu un animal fort littéraire depuis quelques années ; il désigne par le nom dont on le baptise le romancier le plus en vogue de la saison. Il s'appelait le Père-Goriot, au temps où Balzac était le plus fécond de nos romanciers ; ensuite il a pris le nom de Dagobert lors de la réussite du Juif errant d'Eugène Sue ; maintenant il s'appelle Monte Cristo. O gloire, où vas-tu te dénicher ? Nous connaissons assez le cœur humain littéraire, pour croire qu'il n'y a pas un écrivain, pas un poète, qui ne soit jaloux in petto de cette naïve marque de popularité et qui ne désire de toute son âme servir de parrain au bœuf Apis[19]. Gageons que plusieurs n'iront pas voir passer le cortège et protesteront par leur absence contre un choix injurieux pour leur amour-propre[20]. »

Après 1848, empêché à Paris, le Bœuf Gras sort en 1850 dans la banlieue[21]. Puis, en 1852, Arnault, directeur de l'hippodrome de Paris[22] fait renaître le défilé dans Paris.

Le 26 mai 1853, Gustave Flaubert écrit à Louise Colet :

« Si l'on veut prendre la mesure de ce que vaut l'estime publique, et quelle belle chose c'est que “d'être montré au doigt”, comme dit le poète latin, il faut sortir à Paris dans les rues le jour du Mardi Gras. Shakespeare, Gœthe, Michel-Ange n'ont jamais eu 400 mille spectateurs à la fois, comme ce bœuf ! Ce qui le rapproche, du reste, du génie, c'est qu'on le met ensuite en morceaux[23]. »

Dans les années 1850, on commence à promener plusieurs bœufs au lieu d'un seul et en 1863 il y en a jusqu'à six[24].

En 1867, Georges Maillard écrit, dans le Figaro [25] :

« Il serait cependant temps de se mettre d'accord sur les noms des bœufs-gras. On les baptise d'avance, chaque journal publie sa liste, si bien qu'on ne sait plus auquel se fier. Voici les noms mis en avant par divers journaux de Paris : Baron-Brisse (?), Sardanapale (!), Diable-Boîteux, la Belle Dijonnaise, le Bon Villageois et Freyschütz. Il faudra cependant s'entendre. Voilà six noms, et il n'y a que trois bœufs à baptiser. J'ai presque envie de parier qu'aucun de ces six noms ne sera acceptés, et qu'ils sont de pure invention. »

En 1868, un des bœufs qui défilent, porte le nom du Lutteur masqué, car il est affublé d'un loup en taffetas noir.

En 1870, le Bœuf Gras sort en retard[26], suite à des graves dissensions dans le milieu de la boucherie parisienne, l'affaire Mathurin Couder[27].

En 1871, le Carnaval tombe en pleine période de guerre et est interdit.

Il redémarre en 1872. Cependant, le gouvernement s'est installé à Versailles, situation qui va durer plusieurs années[28]. Cela pose problème aux possibles organisateurs du Bœuf Gras. En effet, si le cortège a l'habitude de faire le tour des palais royaux ou impériaux, des ministères et ambassades et de riches personnalités parisiennes... ce n'est pas entièrement désintéressé. Les personnages importants ainsi visités, donnent, à cette occasion, de l'argent pour financer la fête.

On ne va pas promener le Bœuf Gras parisien de Paris jusqu'à Versailles.

De plus et surtout, le milieu des bouchers, traditionnellement organisateurs, connaît toujours une grande crise interne[29].

Durant de longues années, on voit une foule parisienne compacte, le Mardi Gras, attendre dans la rue le passage du cortège du Bœuf Gras, dont elle croit pouvoir enfin assister à la renaissance.

Celle-ci manque de survenir en 1891, mais bute sur le véto du Président du Conseil et ministre de la Guerre[30], qui refuse de prêter aux organisateurs le concours des cavaliers de la garnison de Paris, qui devaient paraître, costumés, dans le cortège[31]. Le supplément illustré du Petit Journal, du 21 février 1891, écrit :

« J'aurais préféré, je l'avoue, le Carnaval parisien avec moins de monôme et plus de Bœuf Gras. Et j'espère que l'an qui vient et chaque année désormais, le héros quadrupède et inconscient de la courte épopée pantagruélique du mardi-gras fera par la ville sa tournée, délice des enfants, grands et petits et tranquillité des parents... ainsi que de la Police. »

Le Bœuf Gras figure, en effigie géante, dans les cortèges informels parisiens du Mardi Gras ou de la Mi-Carême en 1891[32], 1892[33] et 1893[34]...

En 1895, cela fait vingt-cinq ans que les Parisiens attendent avec impatience le retour du Bœuf Gras :

« Vous ne sortirez pas de la tête d'une quantité de très braves gens que la suppression du bœuf gras a entrainé le décadence du carnaval. Tous les ans, au retour du Mardi-Gras, il s'échappe d'une quantité de poitrines des soupirs de regret pour exprimer le chagrin que cause la disparition d'un usage séculaire. La fidélité de certains Parisiens à cette tradition est même telle, qu'ils viennent sur le boulevard (les Grands Boulevards) pendant les trois jours consacrés aux liesses (dimanche gras, lundi gras, mardi gras), avec la certitude qu'ils verront le bœuf gras. De là pour les uns et les autres une déception cruelle[35]. »
« L'on ne demande pas mieux de la droite à l'extrême-gauche du Conseil (municipal de Paris) que le peuple s'amuse au passage d'un beau cortège autant que des quolibets de la foule qui, les années passées, drue et serrée, attendait toute la journée une réjouissance qui ne venait pas ; mais on voudrait aussi que l'amusement de Paris ne coûte rien à son budget[36]. »

La situation paraît néanmoins devoir s'arranger[37] et Georges Clemenceau écrit : « Le Conseil municipal qui rêve, pour nous, des récréations plus tranquilles, nous prépare, dit-on, un prodigieux bœuf gras. Grâces lui soient rendues[38]. »

En 1896, finalement, l'affaire s'organise à grande échelle. Le Commissaire Général, responsable de la cavalcade, s'appelle Charles Zidler. Ancien boucher, il a été, en 1889, avec Joseph Oller, un des deux co-fondateurs du bal du Moulin Rouge. C'est un spécialiste de l'organisation distractive.

Une souscription est lancée. Au nombre des souscripteurs, on trouve le Préfet de police Louis Lépine.

Cependant, le Comité d'organisation a surtout sollicité, auprès des autorités parisiennes, une subvention de 100 000 francs. Il attend, probablement, 60 000. Il ne reçoit que 25 000 francs[39].

La fête a un immense succès[40]. L'enthousiasme est général, notamment dans la presse. Le Figaro sortira, à cette occasion, un numéro spécial, en couleurs, où on voit un grand dessin de l'illustre Caran d'Ache, figurant le président de la République[41] accueillant le Bœuf Gras au palais de l'Élysée.

Malgré le déficit, en 1897, la cavalcade est organisée à nouveau.

À cette occasion, elle est filmée par les équipes des frères Lumière et par Georges Meliès[42].

C'est à nouveau un succès. Le journal La Patrie annonce que « ...la foule qui s'est répandue hier sur le parcours du cortège du bœuf gras se montait à six cent mille personnes[43]. »

En 1896 et 1897, pour se moquer du bœuf gras les artistes et montmartrois font défiler le cortège carnavalesque de la Promenade de la Vache enragée ou Vachalcade[44] (jeu de mots composé à partir de cavalcade et vache). Ils ne parviennent pas à pérenniser cette fête, comme ils le souhaitent. Elle ne connait que deux éditions et disparait ensuite.

Pour 1898, les autorités parisiennes promettent 25 000 francs à ceux qui voudront bien organiser la cavalcade du Bœuf Gras[45]. Mais le Comité accuse un déficit trop considérable et jette l'éponge.

Dans le cadre d'« une semaine de Fêtes au Bénéfice des Pauvres », du 12 au 18 juin 1899, organisée par la ville de Paris, défile, les 17 et 18 juin 1899, un cortège costumé, "bien propre" et pas carnavalesque, le « grand cortège historique des corporations à l'époque d'Étienne Marcel ». La ville le subventionne à hauteur de 65 000 francs[46].

Exactement la somme qu'espéraient, pour eux, on peut le supposer, les organisateurs du cortège du Bœuf Gras. Il y a donc de l'argent, mais pas pour le Carnaval de Paris[47].

Instructions de la Police Municipale pour la Cavalcade du Bœuf Gras de 1896[48]

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La Cavalcade du Bœuf Gras passe rue Secrétan, le 26 avril 1908.

Le Bœuf Gras au XXe siècle

Prospérité et déclin

En 1900, évènement à Paris : le Concours Général Agricole est, pour la première fois, organisé à la Villette. À cette occasion, aura lieu, aux Halles, une Fête de l'Alimentation, et sera organisé un cortège du Bœuf Gras.[49]

Puis, il sortira à nouveau, plusieurs fois, durant les premières années du XXe siècle.

La sortie de 1905 commémore avec faste le centenaire du rétablissement de la fête, en 1805, après l'interruption de la période 1790-1804.

Influence du bœuf parisien, en 1909, commence à défiler, au Carnaval de la Nouvelle Orléans, un monumental char du Bœuf Gras. Cent années plus tard, c'est toujours une vedette de cette fête. Ce char est lui-même l'héritier du cortège du Bœuf Gras du Carnaval de la Nouvelle Orléans, directement inspiré de Paris. Une gravure de 1875 le montre, il porte un nom français et comprend un sacrificateur armé d'une massue repris du cérémonial parisien.[50]

En 1914, défile à la Mi-Carême, à Paris, un grand Bœuf Gras en carton.[51] Avec son escorte de deux sacrificateurs, [52] également en carton, il représente d'Artagnan, un fameux Bœuf Gras sorti soixante ans plus tôt, en 1854.

Après la Grande Guerre, le Carnaval de Paris redémarre, dès mars 1919, à l'occasion de la Mi-Carême.

Le Bœuf Gras, lui, ne sort pas. Chaque année, les bouchers parisiens continuent à élire un Bœuf Gras, mais il arrive directement dans les assiettes, sans avoir connu un ultime triomphe dans Paris .

En 1924, le Bœuf Gras reparaît. Il défile en camion avec une génisse et des moutons.

Douze ans plus tard, le jeudi de la Mi-Carême 19 mars 1936, ce sera la dernière sortie à grande échelle du Bœuf Gras au XXe siècle.[53]

Quinze années passeront ensuite, sans aucun cortège du Bœuf Gras. Le 27 mai 1951, le Comité du bi-millénaire de Paris le fait reparaître, dans le quartier des abattoirs de la Villette. Il est escorté par les élèves de l'École de la Boucherie, en tenue de boucherie, portant leur enseigne.

Le Comité des fêtes du 19e arrondissement organise, le 20 avril 1952, la sortie du Bœuf Gras.[54] Parmi les jeunes futurs bouchers qui l'accompagnent, se trouve le futur secrétaire général de la Boucherie française.

Puis, la fête tombe dans l'oubli.

Des cortèges d'enfants costumés, défilent, à l'occasion de la Mi-Carême, sur les Champs-Élysées, durant les années 1950.[55] Des masques isolés déambulent dans Paris, le jour du Mardi Gras.

Après 1960 et jusqu'en 1998, c'est le vide.

Mis à part dans des publications spécialisées,[56] personne ne parle plus du Carnaval de Paris et de son Bœuf Gras, durant très longtemps.

À Paris, dans les années 1950-1960, on connait le Mardi Gras, la Mi-Carême. Quand on parle de Carnaval, la plupart des Parisiens pensent à Nice.[57]

Le 25 juin 1977, le secrétariat d'État au Tourisme, l'Office du Tourisme de Paris et la chaîne de radio périphérique Europe 1 organisent La Fête de l'été, dite « Carnaval des Carnavals ». A cette occasion, un million de Parisiens assiste au défilé de seize péniches sur la Seine. Dessus, sont installés des groupes évoquant, en principe, le Carnaval de différentes contrées. « Le plus applaudi fut, bien entendu, celui qui représentait Paris avec son bal musette où se côtoyaient le légionnaire et le marin. »[58] Les organisateurs n'ont pas pensé à évoquer la Promenade du Bœuf Gras, durant les jours gras, ou les cortèges parisiens des reines de blanchisseuses ou de la Reine des Reines de Paris, à la Mi-Carême. Le programme[59] mentionne cependant le Bœuf Gras : « Il y a plus de quarante ans que le cortège du Carnaval de Paris traversait les rues de la Capitale. C'était l'époque où le char de Mimi Pinson évoquant les toits de Paris, défilait entre le Bœuf Gras traditionnel et le Moulin de la Galette, c'était aussi la Java et la Valse Musette... au Bal de la Marine. »

En ces années-là, et jusque vers la fin des années 1990, pour savoir que le confetti a été lancé mondialement au Carnaval de Paris et que le serpentin y a été inventé, il faut se plonger dans la lecture du gros Manuel du folklore français contemporain,[60] d'Arnold van Gennep, ou dépouiller la presse quotidienne parisienne des années 1891-1892

Le Carnaval de Paris est devenu de l'archéologie. Il s'est complètement évaporé de la scène parisienne.[61] Il apparaît juste brièvement, dans un film, en 1945 et un autre, en 1978.[62]

Le Bœuf Gras au Carnaval de la Nouvelle Orléans, gravure de 1875.

La renaissance

En 1981, au hasard de ses lectures, Basile Pachkoff, un artiste parisien, tombe sur un passage qui l'interpelle. Il y est question d'un bœuf gras défilant à Paris.

Douze ans plus tard, en septembre 1993, il va prendre l'initiative de faire renaître le cortège du Bœuf Gras.

La sortie du cortège de renaissance est organisée, pour le 25 février 1995, sur un très long parcours dans Paris. Faute d'autorisation de la police, elle doit être annulée.

Une nouvelle tentative de renaissance est programmée, pour le 8 avril 1995. A nouveau, suite à un refus d'autorisation, il faut renoncer à la fête.

Découragé, le petit groupe rassemblé dans et autour de l'Association pour la Promotion du Carnaval de Paris-APCP, se défait. Il n'y a plus que trois ou quatre personnes qui y croient encore.

Le 13 février 1996, l'association reçoit une lettre officielle lui refusant l'autorisation d'organiser « du 17 au 25 février 1996, une fête des marchés de Paris, un carnaval ainsi qu'une “promenade du bœuf gras”. » Cette lettre répond à un courrier qu'elle n'a pas envoyé.

Le Carnaval de Paris n'étant pas autorisé, l'initiateur de sa renaissance remonte et descend les Champs-Élysées, le 23 février 1996, avec un minibœuf gras en bois, monté sur des roulettes et accusant 32 centimètres à l'encolure. Il a été fabriqué spécialement, pour l'occasion, par un artiste et ami du Carnaval de Paris : Rafael Esteve.[63]

Durant l'été 1997, le minibœuf gras en bois est promené sur la piazza Castello, à Turin, là où, le 12 mai de la même année, les étudiants turinois ont manifesté[64] pour que le Bœuf Gras soit autorisé à défiler à Paris.

La situation reste bloquée, jusqu'à ce que, fin 1997, s'implique dans le projet le Conseiller de Paris Alain Riou, président de l'association Droit à la Culture.

Alain obtient l'autorisation de défiler qui est refusée au cortège depuis 1995.

La première sortie du Bœuf Gras depuis 1952 a lieu le 27 septembre 1998, sous une pluie battante. Un film de Bernard Gazet, tourné pour la télévision, immortalise l'évènement.[65] Il fait un clin d'œil au minibœuf gras en bois de Rafael Esteve, ressorti spécialement à cette occasion, qui est filmé, défilant rue des Thermopyles. Son rôle est terminé, il passe le relais, en 1998, à une vraie vache limousine de 800 kilos.

Une vache et pas un bœuf, car il n'y a pratiquement plus de bœufs[66] en France, depuis l'apparition massive du tracteur dans les campagnes. La viande de bœuf vendue en boucherie est en fait de la viande de vache.

C'est pourquoi ce n'est pas un bœuf, mais une vache qui défile, cette année-là. Elle incarne le Bœuf Gras traditionnel parisien. Elle est nommée, pour la fête, Impatiente-Saint-Fargeau.

Innovation propre à satisfaire les amis des animaux, il est décidé que la vache festive sera graciée, ne connaîtra jamais l'abattoir et reviendra à Paris, chaque année, pour le défilé.

Le suivante Promenade du Bœuf Gras est programmée pour le 26 septembre 1999.[67]

Vers la fin du mois d'août 1999 la nouvelle arrive à Paris que l'éleveur propriétaire de la vache a abattu celle-ci.

Le Carnaval de Paris privé de sa vedette et mascotte est dans l'impasse.

Peu de jours avant le défilé, qui doit avoir lieu le 26 septembre, le docteur Jean-Philippe Dirson vétérinaire à Bugeat en Corrèze, téléphone à un des organisateurs pour annoncer qu'il vient au Carnaval.

Il apprend le problème posé et va le résoudre.

D'emblée il parle d'un taureau « très gentil » d'une tonne... et d'une très jeune vache limousine, presque une velle, née en juin 1999.[68] Son nom ? À la question posée, le vétérinaire répond en lui donnant un nom (jusqu'alors elle n'en avait pas) : Pimprenelle.

Le 26 septembre 1999, la Promenade du Bœuf Gras a lieu, avec, en vedette, la petite Pimprenelle, une orpheline nourrie au biberon et pesant 120 kilos.

Depuis cette date, fidèle, elle revient tous les ans et le Carnaval de Paris gagne en ampleur et enracinement.

Le Bœuf Gras au XXIe siècle

Fin 2004, le Conseiller de Paris Alain Riou, responsable et organisateur officiel du Carnaval de Paris depuis 1998, meurt subitement.

L'édition 2005 du Carnaval de Paris sera dédiée à la mémoire de ce passionné de Carnaval.

La même année, Basile Pachkoff lui succède à la tête de l'association Droit à la Culture, qui , ainsi, ne disparaîtra pas et pourra continuer à organiser le Carnaval de Paris.

La Promenade du Bœuf Gras, qui sort à une date officielle du Carnaval, le dimanche gras, a défilé en 2006, 2007 et 2008.

Depuis 2007 la vache Pimprenelle-Saint-Fargeau II, renouant avec le Roy des bouchers de jadis, a accepté de prendre des enfants sur son dos, ce qu'elle refusait auparavant. En 2007, statique, à l'arrivée du cortège, elle en acceptait jusqu'à trois à la fois, assis à la file, que photographiaient leurs parents. En 2008, elle a même bien voulu faire un bout de chemin en portant un petit enfant.[69] En 2009, Pimprenelle a laissé la place à un jeune taureau, croisé Highland (race bovine)-Prim'Holstein : Colin-Saint Fargeau III.

La treizième Promenade du Bœuf Gras depuis sa renaissance à Paris, aura lieu le dimanche 14 février 2010.

Noms des Bœufs Gras et dates de leurs défilés

Listes partielles[70]:

1739 à 1997

le mercredi 4, avec un Bœuf Gras
et des bouchers, le 5, jeudi gras,
avec un autre Bœuf Gras.[71]
Longueur, du sommet de la tête à l'extrémité de la croupe, 2 m 85,
Hauteur au garrot, 1 m 75, circonférence au sternum, 3 m 02,
Poids : 1 975 kilos.[83]
Porthos,
Athos,
Aramis,
d'Artagnan.[87]
Sébastopol, longueur 2 m 70, hauteur 1 m 70, poids 1 330 kilos,
Malakoff, longueur 2 m 60, hauteur 1 m 72, poids 1 320 kilos,
Bomarsund, longueur 2 m 50, hauteur 1 m 72, poids 1 270 kilos,
et 3 autres Bœufs Gras.
Léviathan, âgé de cinq ans, taille 1 m 75, poids 1 390 kilos,
Sarlabot, bœuf sans cornes, poids 965 kilos,
Dalila, âgé de cinq ans, taille 1 m 58, poids 1010 kilos,
Favori, âgé de 4 ans et demi, taille 1 m 60, poids 1060 kilos.[89]
Bastien hauteur 1 m 67 au garrot, longueur 2 m 88, poids 1 225 kilos[90]
Lombard[91]
Turin[91]
Solferino, 1 090 kilos,
Magenta, 1 050 kilos,
Palestro, 1 330 kilos,
Zurich, 1 030 kilos,
Villafranca, 960 kilos.
Pékin, long de 2 m 60, poids : 1 280 kilos,
Qu'en-dira-t-on, 2 m 70, 1 340 kilos,
Shang-Haï, 2 m 60, 1 270 kilos.
dont 2 n'ont pas défilés :
Lustucru
Cultivateur[93]
  • 1863 – 6 Bœufs Gras :
Le Pied qui r'mue, 1 060 kilos,
Rothomago, 1 035 kilos,
Le Franc-Picard, 1 100 kilos,
Le Bossu, 1 135 kilos,
Conty,
Lalla-Rouck.[94]
Victorieux, 1200 kilos,
Charmant, 1110 kilos,
Bonhomme, 1160 kilos,
Montjoie, 1130 kilos,
Aladin, 1180 kilos,
Frégate, 1170 kilos.
  • 1868Vieux Garçon, 1 305 kilos.[97]
Le programme officiel annonce, cependant :
La Nièvre, 1 361 kilos,
Mignon, 1 355 kilos,
Le Lutteur masqué, 1 480 kilos,
Paul Forestier, 1 311 kilos.[98]
Théodoros, 1 468 kilos,
Chilpéric
Tulipatan, 1 281 kilos.[99]
Le Tremblay,[100] 1 320 kilos,
Port-Saïd, 1 340 kilos,
Le Beau Normand, 1 410 kilos,
Amurat IV.[101]
Champignol,
Messidor
Don Juan.[103]
  • 1907 – 2 Bœufs Gras :
Celui des abattoirs de la Villette.
Celui des abattoirs de Vaugirard (Vaugirard 1er).

1998 à 2010

Le Bœuf Gras dans l'art

Chansons, peintures, caricatures, etc.

Caricature de Henri de Toulouse-Lautrec pour le journal La Vache enragée, 1896.
Influence de Paris depuis 1909 : le char du Bœuf Gras au Carnaval de la Nouvelle-Orléans.
  • 1767 – La mort du bœuf gras – Tragédie comique de Toussaint-Gaspard Taconet.[123]
  • 1830 – Passage du cortège du Bœuf Gras sur le Pont Neuf – Tableau de Guillaume Fréderic Ronmy.[124]
  • 1845Les Bœufs – Célèbre chanson de Pierre Dupont, qui consacre à la Promenade du Bœuf Gras son troisième couplet.
  • 1845 – Le bœuf gras – Vaudeville en deux actes de Paul de Kock.
  • 1852 – Le Bœuf gras, place Vendôme, photographie de Hippolyte Bayard[125].
  • 1853 – Largo al quadrupede – Air chanté par un chœur en coulisse, dans La traviata, opéra de Giuseppe Verdi .
  • 1866 – La déesse du Bœuf gras – Chanson d'Élie Frebault et Paul Blaquière, interprétée par la célèbre Thérésa. [5]
  • 1869 – Le Bœuf Gras – Image en couleurs, par André Gill.[126]
  • 1869 – Le bœuf gras et son cortège, gravure de Grandville[127].
  • 1869 – La splendeur et la misère du bœuf gras provenant du Cotentin pendant le Carnaval de Paris – Gravure de Roevens[128].
  • 1870 – Promenade du Bœuf Gras – Symphonie burlesque et imitative pour deux violons, alto, violoncelle et neuf instruments de jouets d'enfants[129] composée pour les enfants de Madame de Bousquet par Adolphe Blanc.
  • 1896 – Affiche pour la Promenade de la Vache enragée ou Vachalcade – Cortège montmartrois se moquant du Bœuf Gras[130].
  • 1896 – La Vache enragée – Couverture en couleurs de Henri de Toulouse-Lautrec pour le journal La Vache enragée.
  • Vers 1896 – La Ballade du Bœuf-Gras – Chanson comique paroles de Léo Lelièvre, musique de Émile Spencer, créée par Reschal à l'Alcazar d'Hiver[131].
  • XIXe siècle – La Vache enragée – Affiche en couleurs de Henri de Toulouse-Lautrec pour la Vachalcade[132].
  • XIXe – Vachalcade, la voilà !!!! la voilà !!!! – Affiche en couleurs de Henri de Toulouse-Lautrec pour la Vachalcade[132].
  • XIXe – Le testament du bœuf gras – Chanson citée par John Grand-Carteret.[133]
  • XIXe – Le Bœuf gras – Image d'Épinal.[134]
  • XIXe – Trait d'humanité de Mr Prudhomme cherchant à lui cacher l'avenir (au Bœuf Gras)[135] – Caricature de Cham.
  • XIXe – Scène entre une femme et un Pierrot[136] – Caricature de Cham.
  • 1903 – À quoi pense un bœuf gras ? – Page de dessins comiques, de Caran d'Ache.[137]
  • 1909 – Char du Bœuf Gras – Célèbre char du Carnaval de la Nouvelle-Orléans. Il sort toujours, chaque année.
  • 1936 – Promenade du Bœuf Gras (19 Mars 1936) – Planche dessinée en couleurs de Marcel Jean-Jean.
  • 1994 – Depuis cette date, le Bœuf Gras a amené la création d'un certain nombre d'affiches[138].
  • 1998 – Le Géant-Bœuf – Géant de Carnaval,[139] œuvre du scénographe, décorateur et marionnettiste Rafael Esteve[63].
  • 2003Le Carnaval – Tableau de André Desbordes[140].

Sources

  • Basile Pachkoff, Proposition de rétablissement de la Fête de Paris, dite : Promenade du - ou des - Bœuf(s) gras. Édition de la Feuille Volante, Paris, février-mars 1994.
  • Bibliothèque historique de la ville de Paris : dossiers Actualités Carnaval.
  • Bibliothèque Nationale de France, département des Arts du spectacle : la collection complête des affiches du Carnaval de Paris depuis 1998, ainsi que La renaissance du Carnaval de Paris, 5 volumes de documents choisis (584 pages), portant sur la période du 9 juin 1985 au 18 mars 2002, édités à petit tirage. S'y ajoutent un certain nombre d'autres documents concernant la renaissance du Carnaval de Paris, mais en moindre quantité qu'à la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
  • Bibliothèque nationale de France, département des imprimés, notamment la collection Le Senne. Il y figure, en particulier, le programme du bœuf gras 1805, ni illustré, ni daté, mais datable à la lecture.
  • Bibliothèque publique d'information-BPI, Centre Georges Pompidou, à Paris : microfilms de journaux quotidiens parisiens des XIXe et XXe siècles.
  • Centre de documentation du musée national des Arts et Traditions populaires[141], Paris. Peu de documents. À relever : le programme officiel de la Fête de l'Alimentation à la Villette, en 1900.
  • Collections historiques de la Préfecture de police de Paris, dossiers sur le Carnaval, le Bœuf Gras, la Mi-Carême à Paris. La plus grande partie des archives de la police de Paris a malheureusement brûlée en mai 1871. Des documents imprimés, programmes et articles de presse entrés depuis, sont du plus grand intérêt.

Notes

Lire également

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