Province Sud (Nouvelle-Caledonie)


Province Sud (Nouvelle-Caledonie)

Province Sud (Nouvelle-Calédonie)

La province Sud est une des trois provinces qui constituent la Nouvelle-Calédonie. Elle correspond à la partie sud-est de la Grande Terre et à l'île des Pins.

Sommaire

Histoire

La Nouvelle-Calédonie a été pour la première fois divisée en plusieurs subdivisions administratives internes par le statut Fabius-Pisani mis en place par la loi du 23 août 1985 : ce sont les régions Sud, Centre, Nord et Îles. Elles sont remplacées, sous le statut Pons II mis en place en janvier 1988, par 4 nouvelles Régions : Sud, Ouest, Est et Îles.

Mais les provinces actuelles, dont la Province Sud, ne sont créées que suite aux accords de Matignon de 1988, par la loi n° 88-1028 du 9 novembre 1988 portant dispositions statutaires et préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie en 1998 (Art. 6)[1], et sont maintenues, après l'accord de Nouméa, par la loi n°99-209 organique relative à la Nouvelle-Calédonie (Titre IV)[2].

Géographie

Carte des subdivisions administratives de la Nouvelle-Calédonie

Japan WardColour 100x40x0.png Province Sud
1. Thio
2. Yaté
3. Île des Pins
4. Mont-Dore
5. Nouméa
6. Dumbéa
7. Païta
8. Boulouparis
9. La Foa
10. Sarraméa
11. Farino
12. Moindou
13. Bourail
14. Poya (partie sud)

La Province Sud correspond plus ou moins à la moitié sud-est de la Grande-Terre ainsi que l'île des Pins. Avec 7 012 km², elle est plus étendue que la province des îles Loyauté mais est légèrement plus petite que la Province Nord. Son point culminant se situe au Mont Humboldt, à 1 618 m (le deuxième plus haut sommet de la Nouvelle-Calédonie, derrière le Mont Panié), dans la Chaîne Centrale.

Elle comprend 13 communes :

  • 8 sur la côte ouest de la Grande-Terre, côte sous-le-vent, moins arrosée que la côte est et surtout disposant d'une vaste plaine côtière s'étalant entre l'océan et les contreforts de la Chaîne Centrale : grande plaine herbeuse et de savane, où l'on trouve essentiellement (en dehors de l'agglomération du Grand Nouméa) des villages ruraux pratiquant surtout l'élevage extensif de bovins, c'est là que se concentrent les descendants d'Européens, dits Caldoches, qui se distinguent entre urbains Nouméens et ruraux « Broussards » :
  • 2 sur la côte est de la Grande-Terre, plus exposée aux vents dominantes (les alizés) et connaissant le plus de précipitation, il s'agit essentiellement d'une plaine étroite, les versants de la Chaîne Centrale tombant de manière plus ou moins abrupte dans l'océan, et verdoyante, à la végétation tropicale dense. Elle connaît des densités plus faibles, et une population essentiellement mélanésienne :
  • Thio
  • Yaté (commune la plus étendue du Territoire, et la 15e Commune française par sa superficie, elle est la seule de la Province à avoir actuellement un maire indépendantiste, si l'on ne compte pas Poya)
  • 2 à l'intérieur de la Chaîne Centrale, les seules communes néo-calédoniennes à n'avoir aucun accès à l'océan.
  • Sarraméa
  • Farino (la commune du Territoire la plus petite après Nouméa, et aussi celle qui connaît la plus forte proportion de descendants d'Européens au sein de sa population).

La commune de Poya a vu quant-à-elle son territoire divisé entre les Provinces Sud et Nord.

Démographie

C'est la plus peuplée et la plus riche des provinces. Avec 164 235 habitants en 2004, elle rassemblait alors 71,16 % de la population totale. Et cette domination ne cesse d'augmenter : estimée à 176 140 habitants au 1er janvier 2008, la population de la province représente ainsi aujourd'hui environ 72 % de la population totale. Cela est dû à la fois à un accroissement naturel plutôt fort (il était de 1,27 % en 2007, soit le plus fort des trois provinces cette année là) et plutôt constant (il oscille autour des 1,3 % depuis 2003) mais aussi d'un solde migratoire particulièrement élevé (il était de 1 300 personnes en 2007, et a connu un taux record en 2004 avec 1 800 personnes, tandis que ce solde n'est jamais tombé en dessous des 1 000 individus supplémentaires depuis 1998). La province est ainsi non seulement bénéficiaire de l'essentiel du solde migratoire positif de la Nouvelle-Calédonie mais aussi un pôle d'attraction pour les actifs (surtout au sein des jeunes générations) des deux autres provinces qui elles ont un solde migratoire négatif[3].

Mais la Province Sud est également celle qui connait le plus de déséquilibres dans la répartition de sa population : en effet, plus de la moitié de celle-ci (55,64 % en 2004) vit dans la seule commune de Nouméa, sur 0,7 % de son territoire. Et près des 9/10e (89,05 % en 2004) résident dans le Grand Nouméa, soit sur moins d'1/4 de la superficie de la Province. Si la densité de Nouméa est ainsi proche des 2000 hab/km², et celle du Grand Nouméa des 90 hab/km², le reste de la Province a une très faible densité d'à peine 4 hab/km² (3,35 en 2004).

Les Calédoniens d'origine européenne (Caldoches) y forment la majorité démographique, à la différence des deux autres provinces (où ils sont minoritaires). Ils représentaient ainsi, au recensement de 1996 (le dernier en date à avoir comporté une question sur l'origine ethnique de la population), 44,4 % de la population. Ils étaient suivi par les Kanaks (25,47 %, et dont déjà la moitié, plus précisément 50,05 % d'entre eux, vivait à Nouméa), les Wallisiens (12,86 %, surtout concentrées dans les communes périurbaines du Grand Nouméa), les Tahitiens (3,62 %), les Indonésiens (2,05 %), les Vietnamiens (2,05 %) et les Ni-Vanuatu (1,58 %)[4]. Les trois provinces sont francophones, mais la Province Sud est la seule où le français est parlé majoritairement en tant que langue maternelle (dans les deux autres provinces il est utilisé comme langue véhiculaire par les populations mélanésiennes).

La population de la Province Sud est également la moins jeune de Nouvelle-Calédonie, son âge moyen, de 31 ans, étant nettement supérieur à ceux des deux autres provinces (27,5 dans les Îles Loyauté et 28 ans dans le Nord) mais aussi des autres archipels du Pacifique (28 ans en Polynésie française et 24 ans à Wallis-et-Futuna), et se rapproche de l'âge médian de la France métropolitaine (40 ans). Sa pyramide des âges n'est plus vraiment triangulaire et ressemble à celle des pays ayant terminé leur transition démographique.

Institution et politique

L'Hôtel de la Province Sud à Nouméa, surnommé la « Maison bleue »

La Province Sud est gérée par une assemblée de Province qui siège à Nouméa, en bordure du port Moselle. Initialement composée de 32 membres de 1989 à 1999, elle comporte aujourd'hui 40 élus, dont parmi eux 32 siègent également au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Elle est élue pour un mandat de 5 ans au suffrage universel direct et au Scrutin proportionnel plurinominal à 1 tour. Elle élit ensuite en son sein un président (qui doit être élu, lors des 2 premiers tours de scrutin, à la majorité absolue, puis à la majorité simple au 3e tour) et trois vice-présidents.

La Province Sud est très majoritairement anti-indépendantiste et dominée par la droite locale. Fief du RPCR et de Jacques Lafleur à partir de sa création en 1989, la Province Sud a toutefois connu un véritable séisme politique aux élections du 9 mai 2004 lorsque la liste Avenir ensemble, composée d'opposants anti-indépendantistes à la politique de Lafleur, est arrivée en tête avec 33,89 % des suffrages (contre 31,19 % à la liste Rassemblement-UMP de Jacques Lafleur). L'autre surprise de ce scrutin a été qu'aucune liste indépendantiste n'a obtenu d'élu à l'assemblée de province. Cinq ans plus tard, aux élections provinciales du 10 mai 2009, le Rassemblement-UMP, désormais dirigé par Pierre Frogier, redevient le premier parti de la Province mais avec seulement 15 sièges sur 40, tandis que quatre autres partis anti-indépendantistes sont représentés (Calédonie ensemble du président sortant Philippe Gomès avec 11 élus, l'Avenir ensemble de Harold Martin allié au LMD du sénateur Simon Loueckhote avec 8 conseillers et le RPC de Jacques Lafleur avec 2 sièges). Ce scrutin marque également le retour du FLNKS à l'assemblée provinciale, avec 4 élus emmenés par Rock Wamytan.

Assemblée actuelle (2009 - 2014) 
Deuxième mandature (2004 - 2009) 
Première mandature (1999-2004) 
  • RPCR (anti-indépendantiste) : 25 élus
  • FLNKS (indépendantiste) : 6 élus
  • Front national (anti-indépendantiste) : 5 élus
  • Alliance (anti-indépendantistes opposés au RPCR) : 4 élus
Historique des présidents de l'Assemblée de la Province Sud 

Certains services administratifs et ceux du commissaire délégué de la République (délégué du Haut-commissaire de la République pour la Province Sud) sont basés à La Foa. Ce dernier a pratiquement les mêmes pouvoirs qu'un sous-préfet.

Références

Voir aussi

Liens internes

Liens externes


Flag of France.svg Subdivisions de Nouvelle-Calédonie Coat of arms of New Caledonia.svg
Province Nord

Belep | Canala | Hienghène | Houaïlou | Kaala-Gomen | Koné | Kouaoua | Koumac | Ouégoa | Poindimié | Ponérihouen | Pouébo | Pouembout | Poum | Poya¹ | Touho | Voh

Province Sud
Boulouparis | Bourail | Dumbéa | Farino | La Foa | L'Île des Pins | Moindou | Mont-Dore | Nouméa | Païta | Poya¹ | Sarraméa | Thio | Yaté

Province des îles Loyauté
Ouvéa | Lifou | Maré

¹ Commune à cheval sur deux provinces


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