Pur-sang anglais


Pur-sang anglais

Pur sang anglais

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Pur sang icône cheval
pur-sang en course de galop
Un pur-sang en course de galop à l'hippodrome de Churchill Downs

Région d’origine
Région Angleterre Angleterre
Caractéristiques
Morphologie cheval de sport à sang chaud
Taille Généralement de 1,57m à 1,73m selon l'emploi du cheval
Poids Environ 500 kg
Robe Généralement baie ou alezane, plus rarement grise.
Tête Légère et sèche, au profil rectiligne
Pieds Petits par rapports à la masse du cheval
Caractère Délicat est sans doute le terme qui le décrit le mieux. Difficile à dresser, il n'est pas fait pour les débutants ou les amateurs, dominant, il est aussi très fragile.
Autre
Utilisation Sport hippique, dressage, concours complet.

Le pur sang ou pur sang anglais (Thoroughbred en anglais) est la plus connue des races de chevaux à sang chaud puisque c'est celle qui court sur les pistes hippodromes lors des courses hippiques de galop. Bien que le nom de pur sang puisse faire référence en théorie à n'importe quelle race animale, il désigne en réalité uniquement ces chevaux, le nom de pur sang anglais étant un pléonasme aux yeux des puristes. L'abréviation officielle est PS.

Le pur sang est réputé pour son agilité et sa vélocité, il est le résultat d'un élevage sélectif débuté aux XVIIe et XVIIIe siècles en Angleterre lorsque des juments locales furent croisées avec des étalons étrangers, principalement arabes. Le pédigrée de chaque pur sang actuel peut-être tracé jusqu'aux étalons fondateurs et à 74 juments anglaises, de race majoritairement arabes et barbes. Les pur sang se sont vite exportés dans le monde entier, principalement en Amérique du Nord dès 1730, en Australie, en France, en Italie, au Japon et en Amérique du Sud au cours du XVIIIe. Des millions de pur sang sont élevés dans le monde aujourd'hui et chaque année voit l'enregistrement d'environ 118 000 nouvelles naissances. Les pur sang sont des chevaux de course destinés aux sports hippiques mais ils peuvent aussi concourir dans de nombreux sports équestres comme le saut d'obstacles, le concours complet d'équitation, le dressage ou le polo, être monté en chasse à courre ou devenir des montures d'instruction dans les clubs d'équitation. Ils sont souvent croisés à d'autres races de chevaux pour en créer de nouvelles où en améliorer d'autres, et participent ainsi à la formation de l'anglo-arabe et du selle français, mais aussi de nombreux chevaux de sang de par le monde. L'entrainement et la sélection des pur-sang est une source d'accidents et de problèmes de santé chez cette race. Le taux d'accidents dans les courses hippiques est le plus élevé parmi les sports légaux impliquant des animaux. Ainsi, les pur-sang ont fréquemment des saignements de poumons, une fertilité anormalement basse et un cœur et des pieds trop petits par rapport à leur masse. Plusieurs théories expliquent les raisons des accidents et des problèmes de santé, les recherches tentent d'en réduire le taux et d'améliorer les soins aux animaux blessés ou malades.

Sommaire

Étymologie

Le pur sang, longtemps nommé anglais, cheval anglais et pur-sang anglais dans les pays francophones[1] est une race de cheval distincte, bien que le terme de pur sang puisse en théorie s'appliquer à n'importe quel animal de race pure, c'est à dire de pur sang. Le mot français pur sang est la traduction exacte de l'anglais Thoroughbred, le terme officiel pour désigner les animaux qui n'ont subi aucun croisement depuis les fondations de la race étant « pure race » ou « race pure », c'est à dire purebred en anglais[2],[3]. Les éleveurs d'autres races animales de sang pur utilisent généralement le terme race pure[3], le nom de pur sang n'est jamais utilisé pour d'autres races ou d'autres espèces[2],[3]. Selon les anglophones, premiers éleveurs de la race, « pur sang » est un nom propre qui se réfère spécifiquement à ce cheval[4], et ce, dans tous les pays qui en pratiquent l'élevage, même en dehors de l'Angleterre, pays natal de la race. Les États-Unis et le stud-book australien utilisent aussi le nom de Thoroughbred[5],[3] dont la traduction exacte en français est pur sang, le registre d'élevage ou studbook français porte bien le nom de studbook du pur-sang. L'usage de ce terme s'est probablement généralisé avec l'ouverture du studbook anglais du pur sang (General Stud Book, abrégé en GSB) sous le nom de Thoroughbred. Il s'agissait alors de l'un des touts premiers registres d'élevage officiellement créés. Par conséquent, les éleveurs modernes du Pur-sang jugent l'emploi des termes de pur sang et de thoroughbred incorrects pour tout autre animal de sang pur en dehors de la race chevaline du pur sang[2].

Description de la race

Les pur-sang ont une tête fine et bien découpée.

Les pur-sang sont des chevaux de grande taille, généralement de 1,57m à 1,73m au garrot, pour une moyenne de 1,65m. Le record de taille et de poids chez cette race appartient à Tritonis, un pur-sang né au Canada et enregistré comme le plus grand cheval au monde qui ne soit pas un cheval de trait. Mort en septembre 1990 à l'âge de 7 ans, il mesurait 1,98m au garrot et pesait 950kg[6].

Les Pur-sang peuvent avoir différents modèles en fonction de la discipline pour laquelle ils sont sélectionnés. Les animaux de bonne qualité doivent avoir une tête fine et bien ciselée avec un profil rectiligne, une longue encolure fine, un garrot long et bien sorti, une poitrine profonde, un dos assez court, des reins longs, solides et bien attachés, et un corps longiligne avec beaucoup d'air sous le ventre ainsi que des jambes de grande taille[7],[8]. Leur peau est très fine et laisse apparaitre le réseau veineux superficiel au moindre effort[1]. Les Pur-sang forment la plus connue des races de chevaux dits à sang chaud, ils sont sélectionnées pour leur agilité, leur vitesse et leurs performances sportives. Ils sont généralement considérés comme audacieux et intelligents[9], mais se révèlent également très délicats dans tous les sens du terme. Le Pur-sang est réputé être difficile à dresser, il n'est pas fait pour les débutants ou les amateurs, son caractère est dominant et sa personnalité complexe. C'est également un animal fragile qui demande énormément de soins et d'attentions[1].

Les Pur-sang nés dans l'hémisphère nord prennent techniquement un an de plus à chaque passage du 1er Janvier[10], ceux nés dans l'hémisphère sud prennent un an de plus à chaque passage du 1er août[11]. Ces dates artificielles ont été établie dans un souci d'harmonisation, afin de faciliter la catégorisation des courses hippiques internationales classées par groupes d'âge de chevaux : il existe des courses pour les 2 ans, pour les 3 ans, etc[12].

Les pur sang sont des animaux précoces et par conséquent, leur durée de vie est généralement inférieure à la moyenne de celle des autres chevaux, soit 20 à 25 ans environ. Le pur sang de course qui vécut le plus âgé fut le hongre alezan Tango Duke. Il appartenait à une Australienne de Barongarook à Victoria dans le sud de l'Australie, Carmen Koper. Tango Duke mourut le 25 Janvier 1978 à l'âge de 42 ans[13].

Robes

Yukichan, un pur-sang né au Japon, porte une robe complètement blanche.

La couleur de robe la plus fréquente chez le pur-sang est le bai dans toutes les nuances, viennent ensuite, dans l'ordre, l'alezan, le noir et le gris[14]. Tous les Pur-sang gris descendent d'un unique étalon fondateur de race arabe à la robe grise né en 1700, Alcock's Arabian[15], mais d'autres sources indiquent D'Arcy's White Turk comme responsable de la présence du gène de grisonnement au sein de la race[T 1]. La robe grise concerne environ 3% des pur-sang[16]. Des couleurs plus rares sont attestées chez les animaux élevés aux États-Unis : le rouan et le palomino. La robe blanche est rarissime mais quelques lignées de Pur-sang blancs sont bien attestées[17] dont une en France, celle de Mont-Blanc II, une aux États-Unis, celle de White Beauty, et une troisième au Japon, celle de Yukichan. Il semblerait qu'une mutation génétique rarissime soit à l'origine de ces Pur-sang blancs qui apparaissent spontanément au sein d'une population de chevaux colorés[18].

Les marques blanches (marques en tête, balzanes...) sont assez courantes chez ces chevaux[7] mais ne touchent généralement que le bas des jambes et la tête des animaux. Quelques cas de Pur-sang portant une robe pie sont attestés, et il semblerait que la robe pie soit liée à la blanche. Gugusse, un Pur-sang pie descendant de la lignée de Mont Blanc II, courut à l'hippodrome de Chantilly et fut à l'époque le cheval le plus étrange du circuit avec sa robe pie sabino[18]. Les pur-sang pie ne sont pas reconnus par la plupart des Stud-book nationaux du pur-sang[17],[10],[19].

Histoire de la race

Darley Arabian est l'un des trois étalons fondateurs de la race du pur-sang.

La naissance du pur-sang en Angleterre

Les premières courses

Des courses hippiques de plat existaient en Angleterre au moins depuis l'an 1174, année durant laquelle une course de plat de quatre miles fut organisée à Smithfield, à Londres. Ces courses étaient sporadiquement organisées dans le cadre de foires et de marchés durant tout le Moyen Âge, particulièrement sous le règne de James I d'Angleterre. Le handicap sportif vit alors le jour, il s'agit d'un système d'ajout de poids pour tenter d'équilibrer les chances de gagner de chaque cheval en fonction de ses performances passées. Les premières sélections d'élevage et les premiers entrainements virent également le jour. Pendant le règne de Charles II, la reine Anne de Grande-Bretagne, le roi William III et le roi George I, posèrent les fondements de l'élevage du pur-sang. Les courses et l'élevage des chevaux de course obtinrent le soutien royal. Avec cet appui, les courses de chevaux devinrent vite populaires auprès de toutes les catégories de population. En 1727, un journal consacré aux courses, le Racing Calendar, fut fondé. Exclusivement consacré à ce sport, il contenait les résultats des courses passées ainsi que les dates des courses à venir[20].

Les étalons fondateurs

Tous les Pur-sang modernes sont les descendants de trois étalons fondateurs importés en Angleterre depuis le Moyen-orient à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Ces trois étalons portent les noms de Byerley Turk (1680), Darley Arabian (1704), et Godolphin Arabian (1729)[21],[22].

Articles détaillés : Byerley Turk, Godolphin Arabian et Darley Arabian.

D'autres étalons issus de races orientales sont mentionnés mais leur descendance est moins nombreuse et ils sont donc beaucoup moins influents. Ils ont néanmoins contribué à la formation de la race, ce sont : Alcock Arabian, D'Arcy's White Turk, qui aurait transmit à certains pur-sang sa robe grise[T 1], Leedes Arabian, et Curwen's Bay Barb[24],[25]. Selon d'autres sources, l'étalon Brownlow Turk fut responsable de la transmission de la robe grise chez les Pur-sang[T 1]. Le croisement de chevaux arabes à des juments natives d'Angleterre marque la création du General Stud Book (GSB) en 1791 et le début des enregistrements des chevaux issus de ces lignées[4].

Chacun de ces trois étalons fondateurs fut l'ancêtre, grand-père ou arrière-grand-père, d'un cheval de course qui eut une immense influence sur chacune des trois lignées considérées comme fondatrices des pur-sang modernes. Les quatre plus grands étalons du XVIIIe sont Matchem, un descendant de Godolphin Arabian[26], Herod (ou King Herod), arrière-arrière petit fils de Byerley Turk et père de Highflyer[T 2] et Eclipse, célèbre arrière-arrière petit fils de Darley Arabian qui fut le plus grand cheval de course de son époque et resta invaincu toute sa carrière[24],[T 3].

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Articles détaillés : Matchem, Herod, Highflyer et Eclipse (cheval).

Une étude génétique récente prouve que 95% de tous les Pur-sang mâles sont des descendants directs (via leur chromosome Y) de Darley Arabian[27]. Toutefois, le pédigrée des Pur-sang modernes montre que la plupart des chevaux ont eu plus de croisements avec la lignée de Godolphin Arabian (13.8%) qu'avec celle de Darley Arabian (6.5%) si l'on prend en compte toutes les lignées de descendance, maternelle et paternelle. Curieusement, en pourcentage d'influence dans les lignées du pur-sang moderne, Curwen's Bay Barb (4.2%) apparaît plus souvent que Byerley Turk (3.3%). La majorité des pur-sang qui existent aujourd'hui sont les descendants directs de seulement 27 ou 28 étalons des XVIIIe et XIXe siècles[27],[28],[29].

Les juments fondatrices

Les juments locales anglaises utilisées en croisement avec les étalons fondateurs étaient de différentes races, quelques unes étaient issues d'une race irlandaise connue dans le nord du pays depuis le XIIIe, l'Irish Hobby[30]. D'autres juments étaient issues d'élevages orientaux, incluant des Barbes, des Turkoman, et d'autres races[31]. Le chercheur Bruce Lowe a identifié au XIXe siècle certaines "familles" de juments dans la race du pur-sang, et le nombre de juments fondatrices a plus tard été fixé à 74[32]. Toutefois, des études récentes à partir de l'ADN de juments pur-sang indiquent que certaines de ces 74 juments semblent avoir elles-mêmes un ancêtre commun ou alors, le registre anglais du pur-sang comporte des erreurs[32].

Le développement de la race

Le pur sang s'est exporté dans le monde entier, si bien qu'en 2007, les États-Unis sont les premiers éleveurs de ce cheval, avec 33 000 naissances. L'Australie arrive en seconde position avec 17 000 naissances, ces deux pays étant favorisés par les immenses terrains de pâture disponibles sur leur territoire. L’Irlande est le troisième pays d'élevage avec 12 500 naissances, suivi par le Japon avec 9 000 poulains, l’Angleterre, la Nouvelle Zélande, puis la France qui a vu l'enregistrement d'un peu plus de 5 000 poulains en 2007[33].

Au Royaume-Uni

Le derby d'Epsom
Jean Louis Théodore Géricault 001.jpg
Théodore Géricault, 1821
huile sur toile
92 × 123 cm
Musée du Louvre

Toutes les grandes courses classiques anglaises virent le jour à la fin du XVIIIe siècle : le St. Leger Stakes en 1776, les Oaks d'Epsom en 1779 et le Derby d'Epsom en 1780. Plus tard, les 2000 guinées Stakes et le 1000 guinées Stakes furent créés en 1809 et 1814. Le 1000 guinées et les Oaks sont réservés aux pouliches, mais toutes les autres courses sont réservées aux poulains des deux sexes âgés de 3 ans. Les distances imposées pour ces courses, de 1600m à 2820m, ont modifié les pratiques d'élevage, les éleveurs produisant des poulains capables de commencer les courses beaucoup plus jeunes, et de courir beaucoup plus vite que par le passé. Au début du XVIIIe, les distances de course moyennes, 6,4km, étaient favorables aux chevaux plus âgés[34].

L'élevage sélectif sur la vitesse et l'habileté aux courses commença à avoir une influence considérable sur le modèle des chevaux, ceux-ci gagnèrent en taille et en vitesse par rapport à leurs ancêtres. Au milieu du XIXe, Bay Middleton, un vainqueur du Derby d'Epsom, mesurait plus d'1,62m au garrot soit 10cm de plus que Darley Arabian. A cette époque, les éleveurs estimèrent que l'amélioration de la race du fait de l'élevage sélectif était telle qu'il serait impossible d'obtenir de meilleurs résultats en effectuant des croisements avec des pur-sang arabes. Cette théorie fut prouvée en 1885, quand une course fut organisée entre un pur-sang considéré comme un coureur moyen, Iambic, et le meilleur coursier arabe de l'époque, Asil. La course se déroula sur 4800 mètres et bien que Iambic soit handicapé de 29kg de plus qu'Asil, il parvint à le battre de 20 longueurs[35]. A cette époque également, l'élevage ne s'orienta plus uniquement sur les courses de plat, les premières courses d'obstacles (steeple chase), virent le jour[36]. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, les pur-sang ne sont pas élevés uniquement pour les courses, mais également comme chevaux de selle[37].

Au début du XXe siècle, les Anglais commencèrent à craindre que leurs chevaux ne soient surclassés par des pur-sang élevés aux États-Unis, venus concourir dans les courses classiques anglaises suite à la fermeture de la plupart des pistes de course étasuniennes au début des années 1910. La loi de Jersey fut votée en 1913, interdisant l'enregistrement d'un cheval dans le Stud Book général anglais (GSB), si ses éleveurs ne pouvaient pas prouver que tous ses ancêtres figuraient eux-mêmes dans le GSB. Cette mesure a exclut la plupart des chevaux de lignées américaines, car pendant les 100 ans qui séparent la création du GSB et de l'American Stud Book, la plupart des chevaux américains ont été croisé une ou deux fois avec des pur-sang non enregistrés dans le GSB. La loi n'a pas été abrogée avant 1949, après quoi un cheval élevé hors d'Angleterre devait seulement avoir ses ancêtres sur neuf générations enregistrés dans un Stud-book reconnu[38]. Il est généralement admit que la loi Jersey a entravé le développement du pur-sang d'Angleterre en interdisant aux éleveurs d'avoir recours aux nouvelles lignées développées en dehors des iles britanniques[39].

Aux États-Unis

Séquence d'animation montrant un cheval de course au galop. Photos prises par Eadweard Muybridge (mort en 1904), publiés en 1887 à Philadelphia sous le titre d'Animal Locomotion.

Le tout premier pur-sang arrivé dans les colonies américaines fut Bulle Rock, importé en 1730 par Samuel Gist à Hanover, en Virginie[40],[41]. Le Maryland et la Virginie furent les deux premières régions d'élevage de la race, rejointes par la Caroline du Sud et New York. Les importations de chevaux depuis l'Angleterre furent pratiquement stoppées durant la révolution américaine, puis elles reprirent après la signature du traité de paix. Deux étalons très influents furent importés au temps de la Révolution : Messenger en 1788 et Diomed, un peu avant cette date. Messenger a eu un impact important sur le pur-sang américain et est également le fondateur de la race Standardbred. Diomed, vainqueur du Derby Stakes en 1780, a principalement influencé la race à travers la naissance de son fils Sir Archy[42],[43].

L'historien des courses John F. Wall dit de Sir Archy qu'il fut le premier étalon exceptionnel considéré comme natif des États-Unis. Il termina sa carrière en course faute de concurrents, plus personne n'osant l'affronter[44].

Après la révolution américaine, les centres d'élevage de pur-sang se déplacèrent vers l'ouest, notamment vers le Kentucky et le Tennessee qui devinrent d'importantes régions d'élevage. Andrew Jackson, dernier président des États-Unis, était aussi un éleveur de Pur-sang dans le Tennessee[45]. Les premières courses classiques furent créées au début du XIXe et contribuèrent grandement à la popularité du sport. L'une d'elles fut organisée en 1823 à Long Island, entre Sir Henry et American Eclipse, une autre fut un match entre Boston et Fashion en 1838, chacune avec une dotation de 20.000 dollars[46]. Le dernier grand match avant la guerre civile américaine eut lieu entre les chevaux Lexington et Lecompte, en 1854 à La Nouvelle-Orléans en Louisiane, et s'acheva sur une victoire de Lecompte. Le propriétaire de Lexington demanda un second match en 1855 à la La Nouvelle-Orléans et acquit la victoire. Ces deux chevaux étaient des fils de Boston, descendant de Sir Archy[47]. Lexington eut une grande carrière d'étalon et donna naissance à un grand nombre de gagnants[48].

Après la guerre civile américaine, la distance classique des courses américaines, 4 miles, soit 6 kilomètres, fut changée pour s'approcher des 1,5 miles, soit 2,4km. Cela modifia considérablement les pratiques d'élevage aussi bien que l'âge des concurrents, et les sprinters devinrent très recherchés. C'est aussi après la guerre civile que les premiers pur-sang nés aux États-Unis coururent sur des pistes d'Angleterre. Iroquois fut le premier pur-sang natif des États-Unis à s'imposer au Derby d'Epsom en 1881. Le succès des pur-sang américains sur les pistes anglaises mena les Anglais à ratifier le Jersey act en 1913, limitant l'importation des pur-sang nés aux États-Unis sur le sol anglais[T 4]. Après la seconde guerre mondiale, les éleveurs américains continuèrent à rechercher la vitesse pure et des poulains de plus en plus précoces[T 5], le Kentucky demeura un important centre d'élevage mais la Californie, New York et la Floride se révélèrent également d'importantes régions d'élevage également[T 6].

Les pur-sang américains ont historiquement été utilisé, non seulement pour les courses, mais aussi pour améliorer le cheptel équin du pays. Le pur-sang Messenger est ainsi le fondateur de la race Standardbred[49], mais le sang du pur-sang coule aussi dans les veines des Quarter Horses[50], et l'étalon fondateur du Morgan passe pour être le descendant d'un pur-sang[51]. Entre les deux guerres, l'armée des États-Unis utilisa des étalons pur-sang pour sa remonte, afin d'améliorer la qualité des chevaux de cavalerie[52],[53].

En France

Développement de l'élevage

C'est vers la seconde moitié du XVIIIème siècle que des aristocrates français amoureux du monde des courses anglaises importèrent le tout premier pur sang en France. Le Comte de Lauraguais (futur duc de Brancas) fut le premier à créer une action en faveur de l'introduction des courses et du pur sang car il avait été témoin du rôle joué par l'organisation des paris dans la progression des courses anglaises. Il mit donc les cavaliers français au défi de battre à la course n’importe quel cheval venu d’Angleterre le 28 février 1765. Cette date est celle de l'organisation de la toute première course de chevaux en France[33], il faut cependant attendre la Restauration en 1817 et 1818 pour que le pur sang arrive dans le pays de manière moins confidentielle. Quelques étalons anglais étaient alors importés mais les courses hippique étaient beaucoup moins populaires en France qu'elles l'étaient en Angleterre. Il fallut quinze ans pour que le premier Jockey Club français soit créé en 1833, et l'année 1834 vit la création de la Société d'encouragement pour l'amélioration des races de chevaux en France, plus connue sous le nom de Jockey Club de Paris[T 7]. Le Stud-book français du pur sang fut ouvert par le gouvernement à Paris la même année[54].

L'élevage s'organisa rapidement, le pur sang était en effet beaucoup plus adapté à la vitesse que les races autochtones, alors sélectionnées sur les besoins militaires et non le sport. L'élevage français s'implanta principalement en Normandie, surtout dans l'Orne et le Calvados, probablement pour faciliter les échanges avec les éleveurs anglais. Il s'agit d'un élevage d'excellente qualité si bien qu'en 1876, il n'était pas rare de voir des pur sang français s'imposer sur les champs de course en Angleterre, c'est d'ailleurs un éleveur français qui accumula les plus gros gains sur les pistes d'hippodrome anglaises cette année là[T 8].

La première guerre mondiale fit des ravages dans l'élevage français car en raison du cout de la guerre, les courses ne pouvaient plus être organisées[T 9]. Après la guerre, la première grande course française, le Grand Prix, reprit et existe encore à ce jour. La seconde guerre mondiale ne causa pas autant de pertes que la première pour l'élevage, du moins, comparativement aux autres pays impliqués dans le conflit[T 10]. Parmi les plus grandes courses françaises, citons le Prix de l'Arc de Triomphe, le Prix du Jockey-Club et le prix de Diane réservé aux femelles de trois ans.

Élevage actuel

La principale région d’élevage du pur sang en France est la Basse-Normandie, où l'on enregistrait 3 828 poulinières en 2008[33]. Le haras du Pin, dans l'Orne, est traditionnellement une région d'importants élevages de pur sang depuis plus de 150 ans. L'élevage de ce cheval est stable et voit environ 5 000 nouvelles naissances chaque année, le pur sang représente 16% du total des immatriculations de chevaux de sang. Il y avait 407 étalons en activité en 2008 et 4 379 éleveurs recensés[33]. Chaque année voit l'organisation d'environ 4 300 courses de plat et de 2 200 courses d’obstacle. 10 000 chevaux sont entraînés sur le sol français dans le but de glaner les 210 millions d’euros de prix mis en jeu dans les courses[33]. 500 chevaux environ sont exportés chaque année et en terme de qualité, l’élevage français serait situé au 4e ou au 5e rang mondial[33].

Pur sang français célèbres

Des pur sang français se sont parfois illustrés au niveau international, comme Allez France, qui fut la première pouliche de l'histoire à glaner plus d'un million de dollars de gains et le cheval de l'année 1974. Peintre Célèbre, né en 1994 et propriété de l'écurie Wildenstein, fut le vainqueur du Prix de l'Arc de Triomphe et le cheval européen de l'année en 1997. Sassafrás, vainqueur du Prix de l'Arc de Triomphe en 1970 et Sea-Bird II, dit Sea Bird, vainqueur du Prix de l'Arc de Triomphe et du Derby d'Epsom en 1965, ont également une réputation qui dépasse largement les frontières françaises.

En Australie et en Nouvelle-Zélande

Le Pur-sang arabe Hector est un important étalon fondateur de la race du pur-sang en Australie.

Les chevaux arrivèrent en Australie avec la First Fleet en 1788, accompagnant les premiers colons[T 11]. Bien que la plupart des chevaux issus de croisements avec des pur sang furent importés à la fin du XVIe, le tout premier étalon pur sang fut Northumberland, importé d'Angleterre en 1802 pour servir de cheval d'attelage[55]. En 1810, la première course hippique fut organisée à Sydney et vers 1825, les premières juments de lignées pur sang rejoignirent les étalons qui stationnaient déjà sur le sol australien[T 11]. En 1825, le Sydney Turf Club, premier vrai club de courses en Australie, fut formé. Durant les années 1830, les colonies australiennes se mirent à importer des pur-sangs dans le but d'organiser des courses et d'améliorer les chevaux locaux. Chaque colonie forma son propre club de courses et organisa ses propres courses[55]. Progressivement, tous les clubs furent fondus en un seul, plus connu sous le nom d'Australian Racing Board[56]. Les pur-sang d'Australie furent importés en Nouvelle-Zélande vers 1840 et 1850, leurs premières importations depuis l'Angleterre se firent en 1862[T 12].


En Irlande

Le pur-sang est également élevé dans ce pays[33].

En Italie

Les premières courses hippiques furent organisées en Italie dès 1837, quand un rassemblement de course hippique fut organisé à Florence et à Naples, puis à Milan en 1842. Les courses modernes virent le jour à Rome en 1868. Les éleveurs italiens importèrent tardivement d'excellents étalons, comme les vainqueurs du Derby Stakes Ellington (1856) et Melton (1885), qui arriva en Italie à la fin du XIXe[T 13],[43]. L'élevage moderne du pur-sang italien est étroitement associé au programme d'élevage de Federico Tesio, qui débuta en 1898. Tesio est le naisseur de Nearco, l'un des étalons pur-sang les plus influents de la fin du XXe[T 14], et de Ribot.

Au Japon

Arrivée de la Japan Cup en 2007

L'élevage de la race au Japon est un phénomène récent car les premières courses hippiques à l'occidentale furent introduite vers 1860 dans la région de Yokohama[57], les chevaux japonais n'étaient pas élevés pour la vitesse, certains étaient importés de Shanghai et d'autres régions de Chine. Les premiers pur-sang furent importés vers 1870 depuis les États-Unis[57] avec quelques pics d'importations importants vers 1895[T 15], et 1907 sous l'impulsion du groupe Mitsubishi qui importa un étalon et vingt juments directement du Royaume-Uni[57]. Les premiers règlements des courses hippiques virent le jour[57] mais la seconde guerre mondiale faillit être fatale à l'élevage, le pays se relança sérieusement dans la filière au sortir de la guerre et le nombre de chevaux de courses élevés sur le sol de ce pays n'a pas cessé d'augmenter jusqu'au début des années 1990, où la filière d'élevage commença a rencontrer de graves problèmes[57]. Le Japon est peu à peu devenu l'un des principaux pays vivant du business des courses hippiques aujourd'hui[T 15]. Les élevage ont la particularité d'être concentrés dans une seule région, car 94% des poulains proviennent de l'île d'Hokkaîdo et 80% de la région de Hidaka. Le Japon organise chaque année l'une des courses internationales les plus prestigieuses, la Japan Cup.

Autres pays

Les pur-sang se sont exportée dans bien d'autres pays depuis la création de la race. Vers la fin du XVIIe, des chevaux orientaux furent importée en Afrique du Sud dans le but d'améliorer les chevaux locaux grâce à des croisements. Les premières courses de chevaux virent le jour à la fin du XVIIIe et au début du XIXe, les pur-sang furent alors importés en très grand nombre[58]. Les premiers étalons pur-sang arrivèrent en Argentine dès 1853, mais il faut attendre 1865 pour voir l'arrivée des premières juments. Le Stud-book argentin du Pur-sang fut ouvert en 1893[T 16]. L'Allemagne[59], la Russie, la Pologne, et la Hongrie[60] se lancèrent également dans l'élevage, cependant, aucun de ces pays n'a produit de champion ni n'a eu d'influence notable sur l'évolution de la race[59],[60].

Enregistrements, élevages et population

Environ 37000 naissances de poulains pur-sang sont enregistrées chaque année en Amérique du nord[61], la plupart d'entre eux dans les états du Kentucky, de la Floride et de la Californie[62],[63]. La Grande-bretagne donne naissance à environ 5000 poulains par an[64] et à l'échelle du monde, il y aurait plus de 195000 juments poulinières en activité. L'année 2006 a ainsi vu l'enregistrement d'au moins 118000 nouvelles naissances[65].

L'industrie du pur-sang est l'une des plus importantes de l'agribusiness et génère environ 34 milliards de dollar en revenus annuels rien qu'aux États-Unis où 470000 emplois y sont liés entre le travail d'élevage, les centres d'entrainement et les pistes de courses[66].

Contrairement à un grand nombre de races aujourd'hui, un cheval ne peut pas être enregistré comme pur-sang (sur le registre tenu par le Jockey Club) s'il n'est pas conçu naturellement, c'est à dire devant témoin de l'accouplement entre une jument et un étalon. L'insémination artificielle et le transfert d'embryons, si fréquemment utilisés et autorisés chez d'autres races, ne peuvent pas être mis en place chez le pur-sang[67]. L'une des raisons invoquées est la possibilité d'erreurs dans l'attribution de la parenté avec l'insémination artificielle, bien que l'ADN et les tests sanguins éliminent la plupart de ces inquiétudes, et que l'insémination artificielle exige la tenue de registres détaillés[68]. La raison principale semble plutôt d'ordre économique : un étalon ne peut couvrir qu'un nombre limité de juments. Ainsi, l'interdiction de l'insémination artificielle évite des naissances excédentaires de pur-sang. La gestion moderne permet autant que possible aux étalons de "servir" de plus en plus de juments en une saison. En limitant un étalon à la reproduction avec quelques centaines de juments par année plutôt que quelques milliers comme l'autorise l'insémination artificielle, il maintient les saillies des étalons de lignées les plus populaires à un prix très élevé [69].

Concernant la fermeture du Stud-book et la régulation de la population de pur-sang, la principale inquiétude est la perte de la diversité génétique au sein de la race en raison du risque de croisements consanguins, inévitables au sein d'une telle population animale. Selon une étude, 78% des allèles de la population actuelle du pur-sang sont directement attribués à 30 animaux fondateurs, dont 27 mâles. Dix juments fondatrices sont responsables de 72% des allèles et, comme vu plus haut, on retrouve un unique étalon comme ancêtre commun de 95% des pur-sang actuels[28].

Prix des pur-sang et coûts d'élevage

La valeur d'un pur-sang peut dépendre de l'argent qu'il génère et certains chevaux de courses atteignent des prix astronomiques avant même de débuter en raison des espoirs placés en eux. 13,1 millions de dollars ont ainsi été déboursés pour Seattle Dancer en 1985. Ils peuvent rapporter des gains colossaux en course à leur propriétaire et les meilleurs d'entre eux servent de reproducteur après leur carrière de compétiteur, du moins pour les étalons. Le prix d'un pur-sang varie énormément en fonction de son âge, de son pédigrée, de sa conformation et de l'état du marché[70]. En 2007, les pur-sang de course ont gagné un total de 1 217 854 602 $ en comptant tous les chevaux placés, ce qui fait une moyenne de 16,924$ par départ de course[71]. A celà, il faut ajouter que le bilan d'un animal en course influence sa future valeur en temps que cheval d'élevage. Le prix d'une saillie par un étalon pur-sang peut aller de 2,500$ à 300,000$ aux États-Unis[72] et de 2000₤ pounds[73] à 75.000£ ou plus en Grande-bretagne[74].

Ventes de Deauville et marché du pur sang en France

En France, les ventes de Deauville sont le rendez-vous annuel des acheteurs de pur sang. En août, les pur sang issus des élevages français âgés d'environ dix-huit mois y défilent à la vente et chaque année amène de nouveaux records de prix. En 2008, le chiffre d'affaire des ventes de Deauville fut de 40 699 000 euros sur les ventes de 360 poulains et pouliches de plus d'un an, soit une hausse de 7% par rapport à 2007[75], le prix moyen d'un pursang ayant augmenté de 13% pour une moyenne de 111 017 euros par cheval[75]. Le cheikh Mohamed al Maktoum de Dubaï a investi 4 990 000 euros sur quinze animaux et son parent, Hamdan al Maktoum a dépensé 3 070 000 euros pour dix pur sang, le record étant de deux millions d'euros investis pour une pouliche en 2002[75]. Le prix moyen d'un cheval vendu en octobre est de 30 000 €[33]. La vente des juments destinées à la reproduction a lieu le second week-end de décembre et des ventes de chevaux à l’entraînement sont régulièrement organisées sur l’hippodrome de Saint-Cloud[33]. Des courses « à réclamer » sont organisées tous les jours, les chevaux en lice y sont vendus aux acheteurs les plus offrants[33]. Certains étalons reproducteurs français sont très demandés, ainsi, une saillie d'Anabaa se négocie à 27 000€, celle de Sinndar à 20 000€ et de Green Tune à 15 000€[33].

Marché du pur sang en Angleterre

En Angleterre, les ventes de juillet 2007 à Tattersall ont vu défiler 593 chevaux, avec un chiffre d'affaires total de 10 951 300 guinées[76], ce qui fait une moyenne de 18 468 guinées par cheval[77]. Les ventes de Doncaster Bloodstock, une autre salle des ventes anglaise, ont vu défiler 2248 chevaux pour un chiffre d'affaires total de 43 033 881 guinées, soit une moyenne de 15 110 guinées par cheval[78].

Marché du pur-sang aux États-Unis

En 2007, les ventes de Keeneland aux États-Unis ont vu défiler 9124 chevaux à la vente, pour un chiffre d'affaires de 814 401 000 dollars, soit une moyenne de 89.259 dollars par cheval[79]. Dans l'ensemble, pour l'année 2007 aux États-Unis, le Jockey Club a noté un prix moyen de vente pour un poulain sevré à 44 407 dollars, la moyenne pour un yearling à 55 300 dollars, le prix moyen d'un poulain de deux ans étant de 61 843 dollars. Le prix moyen d'une poulinière est de 70 150 dollars et celui des poulains agé de plus de deux ans, 53 243 dollars[80]. Les chiffres moyens peuvent toutefois être trompeurs. Aux ventes de yearlings à Keeneland en 2007, 3799 jeunes chevaux furent vendus pour un total de 385 018 600 dollars, soit une moyenne de 101 347 dollars par cheval[79], toutefois, ce prix moyen cache d'énormes variations de prix car 19 chevaux au moins ont été vendus pour 1 000 dollars chacun, et 34 chevaux ont été adjugés pour plus d'un million de dollars chacun[81].

Utilisations du pur-sang

Bien que le pur-sang soit à la base élevé pour les courses de vitesse, la race est également utilisée pour bien d'autres disciplines équestres dont le concours de saut d'obstacles (CSO) et le concours complet d'équitation (CCE) grâce à ses qualités athlétiques. De nombreux chevaux réformés des courses en raison de leur manque de vitesse pure deviennent des chevaux de selle et de loisir ou se retrouvent dans les clubs d'équitation. Ils peuvent également faire des montures de dressage convenables. Les plus grands Pur-sang sont plutôt adaptés au saut d'obstacles et à l'équitation hunter, tandis que les plus petits sont demandés comme poneys de polo.

Doté d'une aptitude exceptionnelle pour la course et la vitesse, le pur-sang anglais est en contrepartie un cheval très nerveux et assez fragile, ce qui peut s'expliquer par les efforts et risques auxquels il est exposé en compétition. Le pur-sang anglais peut débuter tôt sa carrière, pour les courses de plats (à partir de deux ans[82]) et sur des distances relativement courtes. En grandissant, il est soumis à des distances plus longues et peut ne pas tenir ses promesses. Un pur-sang qui n'excelle pas sur le plat est généralement redirigé sur des courses d'obstacles et éventuellement castré s'il s'agit d'un étalon trop nerveux dont les chances d'être un excellent compétiteur en restant entier semblent faibles.

Les courses hippiques

Course de plat en Allemagne

Les pur-sang sont à l'origine élevés pour être montés lors des courses hippiques de galop, en plat ou à l'obstacle (courses de haies et steeple chase). Ils sont réputés pour être les meilleurs coureurs du monde équin et leur morphologie reflète cette sélection. Les pur-sang de course peuvent être divisés en deux catégories, les sprinteurs et les coureurs de fond. les sprinters sont habituellement plus musclés et plus grands que les coureurs de fond, plus secs et fins[83]. La taille du cheval est un critère important pour les acheteurs et les entraineurs de chevaux de course, bien que l'on trouve de célèbres cracks de toutes les tailles, de Man O'War et Secretariat, qui toisaient tous deux 1,64m[84],[85], à Hyperion, qui ne toisait que 1,53m[86], il semble que les meilleurs chevaux de course soient de taille moyenne[87]. Les chevaux de grande taille atteignent généralement leur maturité plus tard que les petits, et ont également les jambes et les pieds plus fragiles, ce qui les prédispose davantage aux boiteries[88]. Les chevaux de petite taille sont considérés comme désavantagés à cause de leurs foulées plus réduites et de la tendance aux bousculades aux départs des courses, plus particulièrement derrière les starting gates[87].

Historiquement, les pur-sang ont gagné en taille au cours de l'histoire de la race : la taille moyenne d'un pur-sang vers 1700 était de 1,35m au garrot et vers 1876, elle était de 1,55m[89]. Statistiquement, moins de 50% de tous les pur-sang de course en ont gagné une, et moins d'1% d'entre eux gagnent un grand classique comme le Kentucky Derby, le Derby d'Epsom ou le Prix de l'arc de triomphe[90]. En 2007, il y avait 71959 chevaux pur-sang qui ont participé à au moins une course aux États-Unis, et en moyenne, un cheval de course court 6,33 fois par an dans ce pays[71]. En Angleterre, la British Racing Authority a compté 8556 chevaux à l'entrainement pour les courses de plat en 2007, l'ensemble de ces chevaux a couru 60081 fois dans 5659 courses[91].

Les chevaux arrivés en fin de carrière en courses connaissent divers destins. Les plus performants deviennent étalons ou poulinières et font gagner une fortune à leurs propriétaires. Les autres sont généralement revendus et deviennent généralement des chevaux de selle ou des chevaux de club d'équitation. Il existe des associations spécialisées pour aider la reconversion des chevaux "réformés" des courses, en effet, ceux-ci gardent des réflexes propre au monde des courses[92]. D'autres pur-sang, trop difficiles à reconvertir, sont revendus à la boucherie au prix de la viande, notamment dans les pays hippophages comme la France

Parmi les meilleurs pur-sang de l'histoire des courses de plat, on peut citer Sea Bird, Nijinsky, Brigadier Gerard, Ribot, Secretariat, Man O'War, Mill Reef, Dancing Brave ou encore l'étalon du siècle, Northern Dancer et la fulgurante pouliche Zarkava, née en Irlande à l'élevage Aga Khan puis élevée en France, entrainée par Alain de Royer Dupré et invaincue en 7 courses dont le prix de Diane, la poule d'essai des pouliches, le prix Vermeille et à 2 ans, le prix Marcel Boussac. Après avoir brillé dans la triple couronne française, elle étincelle en gagnant le classique Arc de Triomphe le 5 octobre 2008 contre 14 des meilleurs mâles au monde.

Les autres disciplines

En plus de l'utilisation lors des courses, les pur-sang fond de bons chevaux de compétition, notamment en concours complet d'équitation (CCE), concours de saut d'obstacles (CSO), et dans une moindre mesure en dressage, jusqu'aux aux plus hauts niveaux de compétition car il n'est pas rare de voir des chevaux de cette race se présenter aux jeux olympiques d'été. On peut également les voir en équitation hunter, course d'obstacles bien évidemment et même en équitation western où ils excellent, par exemple, aux épreuves de barrel racing. Les polices montées emploient souvent ces chevaux en dehors des compétitions, et plus généralement les cavaliers de loisir les montent[93]

Les pur-sang sont l'une des races les plus fréquemment trouvées lors des compétitions de polo aux États-Unis[94].

Ils sont également fréquemment montés en chasse à courre, plus précisément à la chasse au renard, dans les plaines[95].

Les croisements

Les pur-sangs sont fréquemment croisés à d'autres races dans le but de créer de nouvelles races ou d'améliorer celles qui existent déjà. Ils ont une influence directe et majeure sur un grand nombre de races de par le monde, à commencer par l'Anglo-arabe, issu de croisements effectués entre des pur-sangs arabes et des pur-sangs dans la région de Tarbes[96], mais aussi le Selle français, initialement issu de la fusion de toutes les races dites de demi-sang, c'est à dire issues de croisements entre les chevaux locaux et des pur-sangs, et le trotteur français, issu de croisements entre les chevaux carrossiers normands et des pur-sangs. Il est impossible de lister toutes les races qui voient des croisements avec le pur-sang figurer dans leur pédigrée, la quasi-totalité des races demi-sang sont issues comme leur nomp l'indique de pur-sangs, tant cette race est considérée comme un améliorateur de races universel, apportant à leur descendance de la vitesse et de l'influx nerveux[97]. Les Quarter Horses américain, race chevaline la plus exportée dans le monde, ont eux aussi été croisés avec des pur-sangs[98], de même que le Trotteur américain[99] et probablement le Morgan, une race qui a influencé de nombreux chevaux d'allure en Amérique du nord[100] Les Irlandais produisent les chevaux Hunter irlandais par croisement entre un cheval de Trait irlandais et un pur-sang[101].

Santé du pur-sang

Bien que l'on voie des pur-sang dans des compétitions de saut d'obstacles et d'autres disciplines, ces animaux sont élevés pour la vitesse à l'origine, et les chevaux de course souffrent de nombreux accidents ainsi que de problèmes de santé. On estime qu'un dixième de tous les pur-sang souffre de problèmes orthopédiques incluant des fractures[27]. Les estimations actuelles sont de 1,5 fin de carrière pour 1 000 chevaux qui prennent le départ d'une course aux États-Unis, ce qui fait une moyenne de deux chevaux blessés par jour. L'État de Californie a un taux d'accidents particulièrement élevé : 3,5 pour 1 000 départs[102], mais le taux varie en fonction du pays, ainsi, au Royaume-Uni, il est de 0,9 blessure pour 1000 départs (1990-1999) et les courses à Victoria, en Australie, ont un taux de 0,44 blessure pour 1000 départs (1989-2004)[103]. Les pur-sang rencontrent bien d'autres problèmes, incluant une majorité d'animaux sujets à des saignements dans les poumons (Hémorragie pulmonaire induite par l'exercice), 10% avec une fertilité basse, et 5% avec un cœur de taille anormalement petite[27]. Les pur-sang ont également tendance à avoir des sabots comparativement trop petits par rapport à leur masse, ce qui devient flagrant lorsqu'on les compare aux races de chevaux à sang froid. Ce défaut fait que la sole est fine et que le sabot manque de masse cartilagineuse[104], ce qui contribue à rendre le pied moins sûr et est une cause majeure de boiteries lors des courses[105].

L'élevage sélectif aujourd'hui

L'une des raisons majoritairement invoquées pour expliquer les problèmes rencontrés au sein de la race est la consanguinité[27]. Il a aussi été suggéré que les pur-sang sont élevés dans l'unique but de gagner un maximum de courses, même au détriment de leur santé, l'élevage sélectif donne donc des animaux possédant une masse musculaire très importante dès leur plus jeune âge, et ce alors que leur squelette n'est pas complètement formé[106]. Selon une autre théorie, les grandes vitesses atteintes par les pur-sang en course seraient au-delà de ce que peut supporter leur structure osseuse[107]. Le vétérinaire Robert Miller indique également que ce cheval a été selectionné pour la vitesse et que son anatomie ne peut plus y faire face[108].

la transmission de ces pathologies serait aussi amplifiée par certaines pratiques d'élevage, notamment celle qui consiste à renvoyer un cheval accidenté ou blessé à son élevage afin qu'il serve à la reproduction et reste rentable. Si la cause des blessures est une mauvaise conformation du cheval, cette pratique en aggrave la transmission aux générations suivantes. De plus, certains éleveurs n'hésitent pas à demander à des vétérinaires de redresser les jambes d'un cheval blessé afin de lui faire reprendre sa carrière en courses ou d'en augmenter le prix à la revente. Les gènes responsable des faiblesses anatomiques sont alors transmis à ses descendants[103].

Le stress durant les courses et les causes d'accidents

Le taux d'accidents chez les pur-sangs est très élevé, entre autres chez les poulains de deux ans qui commencent à courir avant d'avoir atteint leur pleine maturité, notamment aux États-Unis où il existe de nombreuses courses pour les poulains de deux ans. Bien qu'ils paraissent avoir terminé leur croissance et arborer une superbe musculature, les os de ces poulains ne sont pas complètement formés[108]. Le taux de blessures fatales est toutefois plus élevé chez les chevaux de 4 et de 5 ans que chez ceux de 2 et 3 ans[109]. Certains pensent qu'il faudrait laisser plus de temps au cheval avant de le mettre à a la compétition, afin qu'il termine sa croissance. La raison invoquée est que pendant la croissance du cheval, des micro fractures se forment dans les os de ses jambes, et qu'un remodelage osseux intervient plus tard. Si l'on laisse au cheval le temps de terminer son remodelage osseux, les os de ses jambes sont alors plus solides et cela diminue d'autant le risque de blessures[103].

Les études ont aussi montré que le type de terrain sur lequel courent les pur-sang peut intervenir dans la fréquence des blessures[110], ainsi que le type de ferrure, car certains chevaux sont ferrés avec des crampons afin de faciliter leur adhérence sur les piste de courses[104]. L'utilisation de médicaments légaux est elle aussi invoquée[111], ainsi que la fréquence parfois trop haute des courses, qui pourrait augmenter le taux de blessures[112]. Un développement intéressant est celui de surfaces synthétiques pour les pistes de course, l'une des toutes premières surfaces de ce type a été installée à Turfway Park à Florence, dans le Kentucky. Le taux d'accidents mortels a baissé de 24% pendant les années 2004 et 2005 qui ont suivi l'installation[102]. Le matériel n'est pas parfait mais les recherches dans ce sens se poursuivent[102].

Les recherches médicales

La qualité des soins donnés aux chevaux blessés varie généralement en fonction de la valeur du cheval, et les pur-sang sont souvent mieux soignés que d'autres races de chevaux de moindre valeur[113]. Ces soins sont également controversés, en partie à cause des défis importants que représentent le traitement des os fracturés et d'autres graves blessures aux jambes[114]. Les blessures aux jambes ne sont pas immédiatement mortelles mais peuvent mettre la vie du cheval en danger sur le long terme car le poids de l'animal doit être réparti uniformément sur ses quatre jambes pour empêcher des affections du système circulatoire. Si un cheval perd temporairement l'usage d'une jambe, le risque demeure qu'il s'en brise d'autres pendant la période de récupération, à cause de la charge de poids anormale sur les trois autres jambes. Les chevaux se couchent et s'allongent régulièrement pour de brèves périodes de repos mais ne peuvent pas rester longtemps dans cette position, contrairement à homme, il risque de développer des plaies et des lésions internes ainsi que de la congestion[114].

Quand un cheval célèbre est gravement blessé suite à un accident de course, comme dans le cas des fractures de jambes qui ont conduit à l'euthanasie du vainqueur du Kentucky Derby en 2006, Barbaro, ou à celle du coureur Eight Belles lors du Kentucky Derby de 2008, les associations pour la défense des animaux dénoncent fréquemment l'industrie des courses de pur-sang[115]. D'autre part, les adeptes des courses argumentent que sans les revenus générés par l'industrie des courses de chevaux, les recherches médicales et biomécaniques ne pourraient avancer en raison du manque de financements[116] Bien que les courses de chevaux demeurent dangereuses, la science vétérinaire a progressé. Des cas auparavant considérés comme désespérés peuvent désormais être traités[114] et la détection précoce par le biais de techniques d'imagerie avancées, comme la scintigraphie peut permettre de garder les chevaux à risque hors des pistes de courses[117].

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Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

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