Reliure


Reliure

La reliure (nom dérivé de relier, lui-même issu de religare en latin) consiste à lier, à rassembler « la » ou « les » feuilles d'un livre, pliées ou non en cahier, de manière à en prévenir la dégradation, à en permettre l'usage durable et souvent à lui donner une esthétique avenante. Par extension, le terme désigne aussi le résultat de ce travail.
Très vite, cette pratique artisanale s'est érigée en art. Aujourd'hui les amateurs bibliophiles peuvent rechercher des reliures à la rareté ou à l'esthétique exceptionnelles.

Il existe plusieurs types de reliure :

On distingue la reliure pleine, qui se dit d'un livre entièrement recouvert de cuir ou de tissu; la demi-reliure, dont seul le dos est recouvert d'une matière noble (le reste du volume étant recouvert d'un papier); et les demi-reliures à bande ou à coins, dont on protège également les parties les plus exposées à la main du lecteur, côté gouttière. La reliure en toile est généralement ornée d'une pièce de titre (morceau de cuir placé sur le dos du livre. Il y est apposé le nom de l'auteur et le titre du livre).

Les qualités des cuirs utilisés et leurs utilisations peuvent varier. Il existe des reliures, du meilleur au plus banal, en peau de vélin, en veau ou box, en maroquin, en daim ou agneau velours (peaux très souples et chamoisées), en chagrin, en basane, etc. Cette hiérarchie a pu varier selon les époques.

La reliure industrielle utilise des matériaux et des méthodes différentes de la reliure manuelle.

Sommaire

Le travail traditionnel du relieur

Un doreur en action.

Sauf s'il travaille pour un éditeur qui fait des tirages limités, le relieur n'a plus à se préoccuper, comme il pouvait avoir à le faire jusqu'au XIXe siècle, de plier les feuilles qui arrivent de chez l'imprimeur. Il reçoit le livre broché, c'est-à-dire cousu rapidement et recouvert d'une couverture en papier fort. Son premier travail consiste donc à décoller cette couverture, à débrocher les cahiers et à en ôter soigneusement les éventuelles traces de colle.

Autrefois les cahiers étaient battus au marteau pour tasser le papier. Aujourd'hui on les place sous une presse à percussion (qui permet de donner des coups pendant le serrage) et on les y laisse entre 24 et 48 heures. Après avoir été collationnés, les cahiers sont alors grecqués : avec une scie à main, on pratique des incisions au dos du volume maintenu dans un étau. Ces incisions permettront de loger les ficelles ou de positionner les rubans sur lesquels le livre est cousu. Les grecqures de tête et de queue serviront à dissimuler les nœuds de chaînette qui relient un cahier au suivant. Les cahiers sont ensuite cousus un par un sur le cousoir (le bâti sur lequel sont positionnés très précisément les ficelles ou les rubans). Pendant longtemps, cette opération de couture (ou cousure) était réservée aux femmes dans les grands ateliers qui employaient plusieurs personnes. On appelait brocheuses ces ouvrières dont le travail était réputé moins noble que celui des autres compagnons.

Une fois cousu, le livre est encollé au dos. Quand la colle est sèche, on arrondit le dos en frappant à plat avec un marteau à endosser. C'est l'arrondissure. Puis on forme les mors en plaçant le livre dans un étau à endosser et en rabattant à 90° les fonds des cahiers de début et de fin, toujours au marteau. C'est contre les mors que viendront s'appuyer les plats. On en profite pour rectifier l'arrondissure. On colle alors une mousseline sur le dos. Dans un étau, le livre peut être rogné en tête, avec un fût à rogner. Il peut parfois n'être que poncé. Une tradition relativement récente veut que l'on ne touche qu'un minimum à la gouttière et à la queue, qui ne sont qu'ébarbées avant la cousure.

On met en place tranchefiles et signets, puis on rattrape les épaisseurs avec des papiers kraft ou goudron, soigneusement poncés une fois secs, pour que le dos soit définitivement solide et sans aspérités. À ce stade, le livre est relié de facto.

Si l'on fait une reliure traditionnelle, les ficelles qui dépassent du dos sont alors passées par dessus (en leur taillant un logement) puis par dessous les cartons des plats, où elles sont aplaties en éventail (passure en carton) et collées en place. L'ensemble est alors recouvert soit en demi-reliure (toile ou cuir sur le dos et papier sur les plats), soit en plein cuir. Pour un Bradel, les plats sont collés sur un faux dos et l'ensemble sera recouvert avant d'être emboîté à l'ouvrage par collage sur les premières gardes blanches (et les éventuelles gardes couleur). Le tout est de nouveau remis en presse jusqu'au lendemain. En dernier, interviendra le travail de dorure pour les titres et les éventuels motifs décoratifs.

Cette description n'est que très succincte, et certaines opérations n'ont pas été évoquées. Leur ensemble prend plusieurs heures. Mais compte tenu des temps de séchage et de mise sous presse, c'est bien plusieurs jours qu'il faut compter pour obtenir un livre fini.

Les formats

En matière de reliure, métier de traditions, on s’exprime beaucoup plus souvent en formats qu’en mesures métriques. Il existe un vocabulaire pour le format des feuilles, un vocabulaire pour le format définitif du livre et même des formats donnant des informations complémentaires.

Format des feuilles

Article détaillé : Format de papier.

Plusieurs pages sont imprimées simultanément sur une même grande feuille de papier. Cette feuille sera ensuite pliée de telle façon que les pages se présentent au lecteur dans l’ordre où elles doivent être lues et constituent ce que l’on appelle un cahier. Les pages seront finalement coupées au niveau des plis pour obtenir un livre proche de sa forme définitive. Or, ces grandes feuilles qui peuvent être de format différent sont, suivant leurs dimensions, appelées : Colombier, Jésus, raisin, Carré, Coquille ou Couronne.

Format des livres

Chacune des feuilles de tirage est susceptible d’être pliée une fois (in-folio), deux fois (in-quarto, aussi noté in-4°), trois fois (in-octavo, aussi noté in-8°) quatre fois (in-seize) ou plus. Lorsque le livre, chose exceptionnelle, est composé de feuilles entières, il porte le nom d’in-plano. Il est donc de très grande taille, mais ne peut pas être relié tel quel. Les feuilles doivent d'abord être réunies en cahiers, soit par collage sur un onglet, soit par surjetage (couture). Dans le tableau ci-dessous, nous donnons une idée des dimensions (en cm et avant rognage) créées par la combinaison des formats.

Nom des feuilles in-plano in-folio in-4° in-8° in-16 in-18
Colombier 63 × 90 45 × 63 31,5 × 45 22,5 × 31,5 15,7 × 22,5 15 × 21
Jésus 55 × 70 35 × 55 27,5 × 35 17,5 × 27,5 13,7 × 17,5 11,6 × 13,8
Raisin 50 × 65 32,5 × 50 25 × 32,5 16,2 × 25 12,5 × 16,2 10,8 × 16,6
Coquille ou carré 45 × 56 28 × 45 22,5 × 28 14 × 22,5 11,2 × 14 9,3 × 15
Écu 40 × 52 26 × 40 20 × 26 13 × 20 10 × 13 8,6 × 13,3
Couronne 36 × 46 23 × 36 18 × 23 11,5 × 18 9 × 11,5 7,7 × 12

Divers formats de papier peuvent être compris dans ces formats de livres (voir ci-dessus). Toutefois, d’autres formats dits « bâtards » existent, notamment le Grand Monde, le Grand aigle, le Grand colombier, le Grand soleil, le Grand Jésus, le Petit Jésus, le Petit raisin, le Cavalier, la Double cloche et la Tellière (34 × 44 cm). Certains de ces formats sont encore utilisés de nos jours, bien que la plupart soient obsolètes[1].

Au cours de l'histoire de l'impression et de la publication de livres, divers formats de papier et de reliures ont existé. Leurs dimensions évoquent l'importance de chaque parution. Les bibles, publiées généralement en formats impériaux (in-folio) pour l'usage liturgique sont bien connues malgré le fait que des éditions « de poche » aient été publiées au cours du XIXe siècle (surtout aux États-Unis, dans les années 1830). Ces formats, ne dépassant pas les 15 cm de hauteur (i.e. The Holy Bible; containing the Old Testament, and the New; / translated out of the original tongues; and with the former translations diligently compared and revised. Hartford, Connecticut : Judd, Loomis & Co., 1836, 7 × 12,7 par 3,8 cm d'épaisseur), sont identiques à ceux des « livres d'étrenne » anglais publiés en Europe (le plus souvent à Londres) et aux États-Unis (principalement à Boston et à Philadelphie) témoignent de l'adaptation du milieu de la publication aux diverses bourses[2].

Les formats plus rares tels que la Antiquarian (78.7 × 13.46 cm) sont utilisés par les architectes alors que le format in-plano -qui correspond à l'actuel format A3, n'est utilisé que dans le cas de quelques grands ouvrages de référence tels que le Dictionnaire historique et critique de Bayle (publ. 1697) et l’Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (publ. 1751-1772).

Les formats in-quarto et in-octavo, moins coûteux et moins volumineux, sont utilisés généralement pour les ouvrages illustrés de littérature dont la vente, au XVIIIe siècle et au XIXe siècle, est plus démocratique (les coûts différant selon les besoins et les bourses de chacun, le format étant également déterminé par la portion du tirage prévu). Divers formats, moins usités, sont également disponibles, passant des formats in-quarto (in-4°, plié 2 fois, donne 4 folios soit 8 pages imprimables) au format in-soixante-quatre (in-64, plié 6 fois, donne 32 folios, soit 128 pages imprimables)et même in-128. Les ouvrages in-plano, ne comprenant que des folios non pliés, sont rares (mentionnons les Illustrations of the Bible gravées, imprimées et publiées par John Martin, K.L. (1789-1854) entre 1831 et 1835 et ses ré-éditions en 1838 et 1839 publiées par l'éditeur londonien Charles Tilt[3].


Nombre de pliages d'une feuille, noms des formats et dimensions[4]

In-plano : feuille non pliée / 2 (côtés de) page imprimés (dim : voir formats de papier)

In-folio : feuille pliée 1 fois /4 pages imprimées (abr : fol. ; dim : plus de 30 cm de haut)

In-quarto : feuille pliée 2 fois / 8 pages imprimées (abr : in-4° ; dim : entre 25-30 cm de haut)

In-six : pliage (3 fois)/ 6 folios/ 12 pages imprimables (abr : in-6, in-6to/ dim : ?)

In-octavo : feuille pliée 3 fois / 16 pages imprimées (abr : in-8° ; entre 20-25 cm de haut)

In-douze : pliage (4 fois)/ 12 folios/ 24 pages imprimables (abr : in-12, in-12mo/dim : entre 17.5-20 cm de haut)

In-seize : feuille pliée 4 fois 32 pages imprimées (abr : in-16 ; dim : entre 15-17.5 cm de haut)

In-dix-huit : pliage (4 fois)/ 18 folios/ 36 pages imprimables (abr : in-18, in-18mo/ dim : entre 12.5-15 cm de haut)

In-vingt : pliage (?)/ 20 folios/ 40 pages imprimables (abr : in-20, in-20mo/ dim : ?)

In-vingt-quatre : pliage (?)/ 24 folios/ 48 pages imprimables (abr : in-24, in-24mo/ dim : 13 cm de haut approx.)

In-trente-deux : feuille pliée 5 fois / 64 pages imprimées (abr : in-32 ; dim : entre 10-12.5 cm de haut)

In-quarante-huit : pliage (?)/ 48 folios/ 96 pages imprimables (abr : in-48, in-48mo/ dim : entre 7.5-10 cm de haut)

In-soixante-quatre : pliage (6 fois)/ 64 folios/ 128 pages imprimables (abr : in-64, in-64mo/ moins de 7.5 cm de haut).

Autres types de format

Les livres dont la hauteur est plus petite que la largeur sont dits de formats « oblongs » ou « à l’italienne ». En dehors des formats réguliers qui figurent sur le tableau, il existe d’autres formats regroupés sous le vocable générique de « formats bâtards ».

Le vocabulaire du relieur

Ce vocabulaire est aussi employé par les libraires, les bibliothécaires et les bibliophiles pour décrire les défauts ou les qualités d’un livre ancien. Il est donc particulièrement intéressant à connaître pour des transactions à distance nécessitant des descriptions complètes des reliures. Avec le développement de la vente de livres anciens sur Internet, ce vocabulaire a regagné un usage fréquent.

le jargon du relieur
Ais 
Planchette de bois utilisée lors de la mise en presse et aussi plat d'un in-folio
Cahier 
Ensemble de feuillets pliés 1, 2, 3 ou 4 fois puis cousus les uns à la suite des autres au moyen d'un cousoir. Le fil utilisé est toujours du fil de lin, que l'on utilise des rubans de lin ou de coton ou encore des ficelles de chanvre.
Chasse 
Distance (3 à 4 mm) de laquelle les plats débordent du corps d'ouvrage, en tête, en queue et en gouttière. (voir schéma)
Coiffes 
Extrémités du dos rabattues au-dessus des tranchefiles.
Contreplat 
Intérieur du plat.
Corps d'ouvrage 
L'intérieur du livre, sans les plats et la couvrure.
Collationner 
Vérifier la bonne suite des pages.
Demi-reliure 
Reliure dont les plats sont pour partie recouverts de papier.
Dos 
Le côté visible une fois le livre rangé normalement dans une bibliothèque et sur lequel on dore le titre.
Entrenerfs 
Distance séparant les nerfs entre eux.
Fonds 
Plis des feuillets doubles.
Gardes 
(1) gardes blanches, placées au début et à la fin du volume avant la couture, pour le protéger et améliorer sa présentation; (2) gardes couleur, en papier marbré, décoré ou uni, appliquées après la mise en toile ou en cuir et collées directement sur le contreplat.
Gouttière 
Côté opposé au dos.
Mors 
Angle de 90° formé par le fond des cahiers de début et de fin lors de l'arrondissure. Il a pour hauteur l'épaisseur des plats qui viennent s'y plaquer. C'est aussi le nom du cuir ou de la toile qui revient sur les plats dans une demi-reliure.
Nerfs 
À l'origine, traces visibles, en relief sur le dos, des nerfs sur lesquels le livre était cousu. Aujourd'hui ce ne sont plus que de simples décorations, qui tendent d'ailleurs à disparaître dans la reliure contemporaine.
Plats 
Ce sont les deux cartons recouvrant le livre (plat avant et plat arrière...).
Plein cuir, plein maroquin, plein chagrin, etc. 
Ouvrage relié entièrement en cuir.
Queue 
La queue est la partie inférieure de l'ouvrage.
Signet 
Ruban fixé en tête du livre, destiné à marquer la page où s’est arrêtée la lecture.
Tête 
La tête d’un livre est le côté supérieur de l'ouvrage (voir schéma).
Tranche 
Indifféremment les trois côtés du livre autres que le dos, qui peut-être de tête, de queue ou de gouttière.
Tranchefiles 
Petite bande de soie ou de cuir, unicolore, bicolore ou tricolore, placée sous la coiffe, servant uniquement de décoration.

Histoire de la reliure

Article détaillé : Histoire de la reliure.
Reliure médiévale rhénane, musée de Cluny

La reliure était déjà classée comme un art chez les Romains : on distinguait les librarioli, les glutinatores, etc. Pendant le Moyen Âge, les reliures furent quelquefois splendides, mais le plus souvent sobres et peu ornées. Après la découverte de l’imprimerie et à l’époque de la Renaissance, cet art prit un grand essor : dès la fin du XVe siècle, on vit les reliures en maroquin et en veau succéder aux reliures en bois couverts d’étoffes ou de peaux mégissées. L’Italie, puis Lyon et Paris fournirent alors les plus habiles relieurs : on cite, en France, Pierre Roffet, dit le Faucheux, sous François Ier et Henri II ; Nicolas et Clovis Ève, sous Charles IX, Henri III et Henri IV. Les amateurs recherchent les livres que firent relier les bibliophiles de ce temps, Grolier, Laurin, Maioli, etc.

Au XVIIe siècle, les arabesques italiennes, les filets, les entrelacs, les ornements rehaussés d’or et de couleur, firent place à des reliures simples et sévères, notamment en maroquin rouge et en veau uni, souvent de couleur sombre, comme dans les reliures dites Jansénistes. Le Gascon, Pierre Gaillard et Ruette, puis Boyet, Du Seuil, les deux Dérôme et Philippe Padeloup, enfin Bisiaux et Bradel, sont les relieurs les plus estimés des XVIIe et XVIIIe siècle ; on cite à la même époque en Angleterre, Baumgarten, Welcher, Roger Payne, Kalthober, etc.

Au XIXe siècle, on retiendra les reliures de Purgold, de Bozerian, de Simier, de Thouvenin, de Bauzonnet et de Trautz son gendre, celles de Kœhler, Duru, Niédrée, Capé, Thompson, Marius (doreur), etc., en France, et de Clarke, Lewes, Hering, Rivière, etc., en Angleterre. Avec le début du XXe siècle, la reliure devient création artistique à part entière et se répartit entre livres d’artistes (création originale de tout le livre dont la reliure) et livres-objets (création d’une reliure originale). Parmi les relieurs d’art les plus remarquables du XXe siècle, citons Rose Adler, Paul Bonet, Robert Bonfils, Antoinette Cerutti, Georges Cretté, Henri Creuzevault, Germaine de Coster, Louise-Denise Germain, Pierre Legrain, Georges Leroux, Madame Marot-Rodde, Monique Mathieu, Pierre Lucien Martin, Georges Plumelle, François-Louis Schmied.

À la même époque naît la reliure industrielle qui grâce à la rationalisation du travail, l'emploi de machines et la concentration de la main-d’œuvre permet des séries très importantes. Le relieur Engel, Lenègre en sont les initiateurs en France.

Autres types de reliure

Le dos carré collé

Avec la reliure industrielle, les cahiers assemblés selon l'ordre normal de la lecture, sont découpés sur le dernier pli du cahier à l'aide du massicot pour obtenir un dos bien plat ou bien les exemplaires à relier sont déjà assemblés et au format (Photocopies ou impression numérique). Les feuillets seront alors indépendants. Le livre posé sur le dos sera fraisé (grecquage) pour obtenir des entailles qui permettront à la colle de pénétrer, assurant une parfaite adhérence de chaque feuillet sur le dos de la couverture.

La couverture sera rajoutée aussitôt pour parfaire l'ouvrage et l'ensemble est massicoté sur les trois faces du livre pour permettre de tourner les pages sans avoir à utiliser le coupe-papier manuel, lorsque le livre est réalisé avec des cahiers assemblés.

Les reliures en bureautique

Reliure anneaux plastiques

La reliure bureautique, comme la reliure classique, est destinée à présenter des documents assemblés. Cependant elle présente une variété de solutions pour s'adapter aux besoins spécifiques du monde de l'entreprise qui sera attentive aux caractéristiques suivantes :

  • le coût et le délai de fabrication sont souvent des facteurs importants : les entreprises recherchent un coût faible et une production dans des délais courts ;
  • la permanence de la reliure : contrairement aux livres, les documents d'entreprise n'ont pas forcément une durée de vie longue ; ils peuvent devenir obsolètes en quelques mois, parfois quelques semaines seulement ;
  • le nombre de documents à relier : il peut varier de quelques exemplaires à plusieurs milliers.
  • les destinataires : une entreprise ne met pas le même budget pour l'impression des résultats annuels destinés aux actionnaires que pour la diffusion d'une note interne.
  • l'accessibilité de la technique employée : dans un monde en perpétuel mouvement, pouvoir relier des documents soi-même représente souvent une économie de temps et de moyens ;

C'est pourquoi il existe plusieurs types de reliures. La principale consiste à perforer préalablement le papier à l'aide d'un perforelieur puis à monter une reliure plastique ou métallique sur le document perforé. On parle alors de « reliure mécanique ». C'est souvent à tort que l'on fait référence à la « reliure spirale » car la reliure en question n'est pas une spirale à proprement parler mais le plus souvent un « peigne » constituant une série d'anneaux en plastique (comb binding en anglais) ou en métal (double ring binding en anglais). Il existe une véritable reliure bureautique en spirale hélicoïdale en métal où dans sa version plus moderne en plastique, que l'on trouve principalement en Amérique sous l'appellation de reliure coil (ressort en anglais).

La reliure de type « ATOMA » permet grâce à des anneaux de section T de placer et d'ôter les feuilles de papier, plastique, etc. Chaque feuille est perforée en T. Ce système, utilisé dans le cahier du même nom, est fabriqué pour la première fois en 1948 par les papeteries G. Mottart à Forest près de Bruxelles en Belgique (créée en 1923). Le brevet actuellement détenu par cette société[5].

La reliure type « Serdo » ou « Serodo » permet de rassembler des pages sans collage ni perforation. Elle ne nécessite aucun matériel mais l'épaisseur des ouvrages ainsi rassemblés reste limitée. Ceux-ci doivent être glissés dans la baguette de reliure, l'ensemble tenant par simple pression de la baguette sur les feuillets.

Des reliures garantissant l'authenticité d'un document par scellé, des reliures à peigne rigide, des reliures thermocollées à dos souple ou rigides[6] viennent compléter les possibilités d'assemblage des documents.

Actuellement, la diffusion massive de documents par voie électronique (notamment par messagerie électronique, par site Internet, par serveur FTP ou sur disque optique), en diminuant le nombre de documents diffusés sous forme papier, concurrence le marché de la reliure d'entreprise.

Formation

Dans l'atelier de reliure de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris.
  • CAP Arts de la reliure : en deux ans après la troisième, ou en un an après le baccalauréat.
  • Institut Diderot, Bruxelles
  • BMA (Brevet des métiers d'art) Arts de la reliure et de la dorure : en deux ans après le CAP Arts de la reliure.
  • Les titulaires d'un CAP Arts de la reliure et de la dorure peuvent également préparer un DMA (Diplôme des Métiers d'Art) Reliure-Dorure à l'École Estienne. Le DMA est directement accessible après un Bac Arts Appliqués, ou des études d'arts.

Le CAP se prépare au lycée professionnel Tolbiac, à Lisieux, ou au lycée Don Bosco à Marseille, le BMA se prépare uniquement à Tolbiac.

Notes

  1. Formats de papiers.
  2. Formats de livre archaïque et actuels et formats de papier 1
  3. Dany Larrivée, Deo Omnipotenti: Le cycle original des Illustrations of the Bible et la représentation du pouvoir divin d'après John Martin (1789-1854). [Mémoire de maîtrise en Histoire de l'art] Québec, Canada : Université Laval, ca. 2011.
  4. Dany Larrivée, « Fréquence de pliages d'une page, noms des formats et dimensions » , 6 septembre 2010.
  5. Site de la société et Article de journal
  6. les feuilles sont insérées dans une chemise dont la tranche, qui contient une colle liquide à chaud, est chauffée ; en se liquéfiant, la colle se propage sur les tranches des feuilles ; en refroidissant, la colle redevient solide, bloquant les feuilles

Voir aussi

Bibliographie

  • Les Relieurs français (1500-1800) de Ernest Thoinan, 1893
  • La Reliure, A. Persuy, S. Evrard, Coll. Connaissance & Technique, Denoël, 1983.
  • La reliure pas à pas, M. Cammameri, Dessain & Tolra, 1999
  • L'art de la reliure, Paule Brunot-Fieux, Eyrolles, 2003
  • La reliure. Fiches techniques. Atelier d'Arts Appliqués du Vésinet, Art & Métiers du Livre, éd. Faton, 2003.
  • Manuel du relieur, Encyclopédies Roret, (fin XIXe, début XXe s.) téléchargeable sur internet et consultable sur wiki Manuel-Roret du relieur
  • À propos de l'imposition (disposition et nombre de pages sur une feuille d'imprimerie) : Guide pratique du compositeur d'imprimerie, Théotiste Lefèvre, Firmin-Didot, 1860, téléchargeable sur internet
  • Joannis Guigard, Armorial du Bibliophile, Paris, 1870-73 (reprint: [1]).

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  • RELIURE — s. f. L ouvrage d un relieur, et La manière dont un livre est relié. J ai payé tant pour la reliure de ce livre. Reliure de veau, de parchemin, de maroquin. Belle reliure. Demi reliure …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

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