René Viviani


René Viviani
René Viviani
Viviani 1912.jpg
René Viviani en 1912.

Mandats
49e Président du Conseil
13 juin 191429 octobre 1915
Président Raymond Poincaré
Gouvernement Viviani I et II
Prédécesseur Alexandre Ribot
Successeur Aristide Briand
Ministre de la Justice
29 octobre 191512 septembre 1917
Premier ministre Aristide Briand
Prédécesseur Aristide Briand
Successeur Raoul Péret
Ministre des affaires étrangères
13 juin 19143 août 1914
Premier ministre lui même
Prédécesseur Léon Bourgeois
Successeur Gaston Doumergue
13 octobre 191529 octobre 1915
Premier ministre lui même
Prédécesseur Théophile Delcassé
Successeur Aristide Briand
Député de la Seine
3 septembre 189331 mai 1902
20 mai 190631 mai 1910
Député de la Creuse
24 avril 191031 mai 1924
Sénateur de la Creuse
19221925
Biographie
Date de naissance 8 novembre 1863
Lieu de naissance Drapeau : France Sidi-Bel-Abbès
Date de décès 7 septembre 1925 (à 61 ans)
Lieu de décès Drapeau : France Plessis-Robinson
Nationalité française
Parti politique PRS (1910-1922)
GD (1922-1925)
Profession avocat
Présidents du Conseil français

René Jean, Raphaël, Adrien Viviani, né à Sidi-Bel-Abbès (Algérie) le 8 novembre 1862 et mort au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) le 7 septembre 1925, est un homme politique français[1], député de la Seine de 1893 à 1902 et de 1906 à 1910, puis de la Creuse de 1910 à 1922, cofondateur du journal L'Humanité avec Jean Jaurès, ancien ministre du Travail, président du Conseil, au moment de la déclaration de la guerre de 1914 1918, inventeur de l'impôt sur le revenu.

Sommaire

Biographie

Un avocat député socialiste

Son père, avocat sous le second Empire, était conseiller général d'Oran. Né en 1862 à Tlemcen, René Viviani, lycéen à Oran, obtient une licence de droit à Paris et devient avocat en Algérie, puis à Paris où il est secrétaire de la conférence des avocats. Il défend les droits de militants socialistes et de syndicalistes, en particulier ceux des chemins de fer, en Province. Entré dans la mouvance socialiste, (il est rédacteur en chef de la Petite République), son éloquence lui vaut en 1893 une demande de sanction du ministre de la Justice à cause de ses protestations contre les violences policières au Quartier latin.

Élu dans le 5e arrondissement député de la Seine lors des législatives de 1893, ré-élu en 1898, il y est battu par un nationaliste en 1902. Toujours avocat, il est un des conseils et des arbitres des ouvriers durant la grande grève de Carmaux durant laquelle son éloquence est sanctionnée par le tribunal d'Albi et de Toulouse (1894). C'est lui qui obtient la libération du premier suspect de l'attentat prétendu contre le patron Réssiguier, en intervenant auprès du ministre de la Justice Trarieux.

A la Chambre, il fait voter une loi permettant que les femmes puissent être avocates (1900) avec le centriste Raymond Poincaré et se fait remarquer par sa virulence lors du Scandale de Panamá. Ses positions au sujet de la crise religieuse sont vivement laïques et anticléricales. Secrétaire de Millerand, proche de Jean Jaurés, il l'assiste avec Aristide Briand, publiant avec eux "l'action du parti socialiste au Parlement" en 1902, et fondant le journal L'Humanité en 1904, dont il est un temps rédacteur en chef.

Après un congrès important du parti socialiste français à Rouen, il participe à ses côté à l'unification des socialistes dans la SFIO (1905). En 1906, il retrouve un mandat de député, en se faisant élire député de la Creuse à Bourganeuf.

Un ministre socialiste indépendant

Ses amis Millerand et Briand devenus ministres, avaient été exclus par les socialistes qui refusaient toute participation à un gouvernement bourgeois. Il doit choisir entre son parti et la proposition ministérielle que lui fait le 1er cabinet Clemenceau en 1906: il entre au gouvernement comme premier titulaire du « Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale» (du 25 octobre 1906 au 3 novembre 1910 sous le gouvernement d'Aristide Briand); Il y fait voter des lois réformistes (repos hebdomadaire, assurances du travail, salaire de la femme mariée, non saisie des biens familiaux). Après sa réélection comme député en 1910, il fonde le Parti républicain socialiste et refuse de revenir dans le gouvernement entre 1910 et 1913 (refus des propositions des gouvernements Monis, Poincaré et Barthou). Il revient au gouvernement dans le gouvernement Doumergue (du 9 décembre 1913 au 9 juin 1914) avec le portefeuille de l'Instruction publique et des Beaux-arts).

Le Président du Conseil de 1914

La nouvelle assemblée étant très à gauche, on fait appel à lui pour constituer un nouveau cabinet. Son échec semble ouvrir la voie à un 4e gouvernement Ribot qui échoue à son tour. Le Président de la République rappelle alors Viviani qui parvient à constituer un Premier gouvernement : il est président du conseil le 13 juin, avec le poste de ministre des Affaires étrangères.

Mais la situation internationale se dégrade brusquement avec la crise de juillet qui fait suite à l'attentat de Sarajevo (28 juin 1914). Viviani est en Russie aux côtés du Président de la République quand survient l'ultimatum autrichien à la Serbie. La crise va plonger la France dans Première Guerre mondiale le 3 août 1914, jour de la déclaration de guerre de l'Allemagne.

De tempérament pacifique et partisan de l'arbitrage, il tente de sauver la paix (recul de l'armée à dix kilomètres de la frontière). Mais il prépare aussi la mobilisation et, recevant Jaurès, lui laisse peu d'espoir à la veille de son assassinat. Le 1er août, il ordonne la mobilisation du pays (3 août) puis annonce l'entrée en guerre dans un discours marquant à la Chambre (4 août). Il remanie son gouvernement dans un sens d'Union nationale (26 août). Il cède alors les affaires étrangères à Doumergue puis à Théophile Delcassé. Il préside le gouvernement à Paris et à Bordeaux lors de la première bataille de la Marne.

Il se retire le 29 octobre 1915 laissant la place à Aristide Briand. A partir de ce 5e gouvernement, il détient successivement les porte-feuilles de ministre de la Justice (1915/16), ministre de la Justice et de l'Instruction publique (6e gouvernement Briand 1916/17) et ministre de la Justice (1917). Il se rend en Russie (1916) puis aux États-Unis (1917) pour obtenir leur entrée en guerre.

Mis à l'écart par Clemenceau nommé président du Conseil fin 1917, qui moquait son talent d'"orateur péripatéticien" faisant des "harangues kilométriques", il est de plus très affecté par le décès au front de son gendre.

Une fin de carrière à l'écart

René Viviani en 1921.

Réélu député en 1919, on le nomme en 1920/21, représentant de la France au Conseil de la Société des Nations (SDN). En 1921, il se rend avec Briand à la conférence navale de Washington. Le 15 octobre 1922, René Viviani est élu sénateur de la Creuse, mais affecté par le décès de sa femme Isabelle (fondatrice d'une école ménagère à Épinal) en février 1923, il est victime d'une crise d'apoplexie lors d'une prise de parole à la première Chambre de la Cour (8 juin 1923) et en reste paralysé jusqu'à sa mort le 6 septembre 1925.

Postérité

Bibliographie

  • Yvert Benoît (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
  • « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

Notes et références

Voir aussi

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Articles connexes


Précédé par René Viviani Suivi par
Alexandre Ribot
Président du Conseil
13 juin 1914 - 26 août 1914
26 août 1914 - 29 octobre 1915
Aristide Briand
Aristide Briand
Ministre français de la Justice
Raoul Péret
Léon Bourgeois
Ministre français des Affaires étrangères
1914-1914
Gaston Doumergue
Théophile Delcassé
Ministre français des Affaires étrangères
1915-1915
Aristide Briand

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