Riaumont

Riaumont

Riaumont (nom signifiant le « mont royal ») est situé sur la colline de Riaumont, à Liévin, dans le département du Pas-de-Calais en France, dans l'ancien pays d'Artois.

Ce terme générique désigne à la fois un ordre monastique de spiritualité bénédictine et scoute, un village d'enfants accueillant des élèves en pension, et d'un groupe scout dépendant de l'association des éclaireurs neutres de France.

Sommaire

Histoire

Fondés par le père Revet en1960, le village et la communauté religieuse associée furent dirigés par celui-ci jusqu'à sa mort en 1986. Le père Jean-Paul Argouarc'h lui succéda à la tête de l'institution. Il est remplacé comme Prieur en 2002 par le père Alain Hocquemiller.

Construit pour les jeunes à la demande de la DDASS et des juges du Pas-de-Calais, le foyer et l'école hors contrat reçoivent des enfants en difficulté. L’établissement devient un foyer d'accueil de la DDASS, qui y confie des enfants placés sous sa tutelle. L’État finance la construction et l’entretien de plusieurs bâtiments ainsi que le salaire des éducateurs. Les enfants travaillent sur les chantiers en vue de la construction des bâtiments (foyers, ferme, chapelle, local scout, monastère), parfois comme application pratique de l'enseignement technique[1] dispensé, ce qui contribue à transformer le centre d'accueil en maison religieuse catholique. Parallèlement, la fondation d’un ordre scout de religieux est entrepris par le père Revet et Mgr Rupp.

En 1979, la DDASS pointe des dysfonctionnements (mauvaises conditions d’hygiène et de sécurité sanitaire. Elle décide la fermeture du foyer en avril 1982. L’établissement accueille alors des enfants placés par leurs familles, notamment des enfants originaires d'Asie du sud-est.

L'œuvre reçoit dès sa fondation le soutien d'écrivains comme Gilbert Renault (de son nom de plume « colonel Rémy »), Serge Dalens et Jean-Louis Foncine, auteurs de la collection Signe de Piste, Pierre Joubert, le dessinateur scout.

Institut de la Sainte-Croix de Riaumont

Généralités

Cet ordre religieux scout est, selon la volonté de son fondateur, dans la lignée des ordres scouts qu'avait fondés le père Jacques Sevin : « Une vie religieuse dans l'esprit de scoutisme au service des jeunes » . Sa règle lui confère une double filiation, celle de l'Ordre de saint Benoît (les religieux sont des oblats bénédictins) et celle du scoutisme.
En 1971, les statuts sont approuvés par dom Jean Roy, abbé de Fontgombault et Mgr Jean Rupp, évêque de Monaco. Ce dernier avait été prieur général de la première fondation du père Sevin, l'ordre de la Sainte Croix de Jérusalem. En 1991, les constitutions sont approuvées définitivement par Jean-Paul II et l'évêque d'Arras. La bure et le scapulaire sont repris des bénédictins. Quant à l'habit de cérémonie, une cape blanche marquée d'une croix potencée rouge, il se réfère au scoutisme et aux ordres militaires religieux. Le symbole principal en est la croix potencée, insigne des scouts de France et ayant pour origine la croix du royaume de Jérusalem.
Le Libre Journal de la France Courtoise le considère comme « le dernier ordre de chevalerie, l’ultime rempart de résistance spirituelle, morale et physique à l’aveulissement généralisé »[2].

Cette ordre religieux de droit pontifical se rattache au motu proprio Ecclesia Dei[3] de 1988, et célèbre la liturgie selon le rite tridentin

Lieux de culte

Actuellement, l'Institut dispose de sa propre chapelle dans l'enceinte du village; ses offices dominicales étant ouverts au public. En 2003, Mgr Jean-Paul Jaeger évêque d'Arras bénit la première pierre d'une nouvelle église en construction dédiée à saint Jean-Baptiste. Elle s'inscrira dans un plan de 72m sur 35m.

L'École Saint Jean de Bosco, le village d'enfants

Créée en 1990, elle est un collège, qui comprend un internat, avec différents cursus dans un cadre hors-contrat de l'Éducation nationale. Les activités extrascolaires et de plein air sont nombreuses. La pédagogie de l'école se présente comme un retour au « réalisme chrétien », inspirée du scoutisme fondé par Baden Powell. L'objectif pédagogique de l'école est de réaliser une éducation « pleinement chrétienne s'inspirant du réalisme thomiste et de la pédagogie du scoutisme ».

Concernant la pédagogie scoute proprement dite, certains la rapprochent d'une description donnée par l'historien du scoutisme Jean-Jacques Gauthé dans un article du journal « Le Monde » du 2 septembre 1998 intitulé Les Petits Soldats du scoutisme : « Défense du vrai scoutisme, puisqu'ils estiment que celui-ci a été dénaturé par les Scouts de France […] défense de la vraie foi à travers la messe de saint Pie V […] contestation des valeurs issues de la Révolution de 1789 […] références constantes à la contre-révolution dont ils épousent les thèmes. […] Les valeurs qu'ils défendent sont celles du dépassement de soi par des activités physiques exigeantes, de la virilité se traduisant parfois par un style paramilitaire […] La volonté de former une élite catholique est manifeste. »

Le scoutisme

Issue de la troupe Scouts de France « 1re Lens » dans les années 1960, l'association des scouts et guides de Riaumont refuse la réforme des scouts de France intervenue en 1964 (séparation de la tranche adolescente en deux branches: pionniers et rangers) et rejoint les Scouts d'Europe afin de garder une pédagogie unitaire.

Rapidement le père Revet, inquiet de la tendance européiste développée par le régionaliste breton Pierre Géraud-Keraod, préféra rejoindre les Scouts Saint-Georges, plus « nationaux »[4]. Enfin, les tensions liées à l'application de la réforme liturgique du concile Vatican II au sein des Scouts Saint-Georges aboutissent à la création de l'Association française de scouts et guides catholiques. En 2002, les scouts de Riaumont[5] rejoignent les Éclaireurs neutres de France (ENF), mouvement de scoutisme fondé en 1947, agréé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, dont ils sont une association affiliée.

L'affaire de 2001

En juin 2001, le suicide dans les murs de cette institution d'un jeune de 14 ans donne l'occasion à une inspection générale de l'établissement par les services de la préfecture d'Arras ainsi que les inspecteurs de l'Aide sociale à l'enfance délégués sur place qui mettent hors de cause la pédagogie de l'établissement.

« La Voix du Nord » avait pourtant publié, le 17 juin 2001, un article qui donnait un point de vue particulièrement critique. Il cite le témoignage d'un enfant qui décrit de mauvais traitements : « Une fois, avec des copains, […] on a dû sentir et laver les slips sales des autres, on nous a mis le nez dedans parce qu'on avait glissé dans la boue en jouant » et une ambiance particulière : « À Riaumont, c'est une ambiance militaire ». Ce point de vue est repris à sa manière par Charlie Hebdo. Serge de Beketch, défenseur de Riaumont, commente cette décision dans sa publication «Le Libre Journal de la France Courtoise » du 8 octobre 2003[6] « le torchon alter-mondialiste des amis (déloyaux) du pédomane Patrick Font s’emparait de la mort d’un scout de Riaumont pour diffamer les orphelins de Béthune (Patrick Besson) en termes (et graffitis) si orduriers qu’on ne peut les citer. Le Village d’Enfants s’est défendu devant la XVIIe Chambre. Il a été débouté. »

Le village de Riaumont publie alors un droit de réponse. Par ailleurs, une partie de la famille du jeune garçon a adressé une lettre visant à rétablir la vérité qu'elle estimait déformée par l'article en question. L'autre partie de la famille souhaitait le retrait de l'enfant du pensionnat. Selon l'ADFI (Association pour la défense de la famille et de l'individu), « ce n'est pas un établissement sectaire mais il se situe à la frange. » L'ADFI, qui est une association reconnue d'utilité publique, a rendu cette conclusion sans s'être rendue sur place.

Cette affaire ponctuelle, malgré l'écho médiatique dont elle a été l'objet, ne remet pas en cause le travail d'éducation comme le souligne le rapport des inspecteurs de l'Aide sociale à l'enfance dépêchés sur place après l'accident. Et toutes les enquêtes judiciaires menées sur ce suicide ont conclu que cela pouvait peut-être provenir d'un problème familial, mais sans aucun lien avec l'institution du Village d'Enfants Riaumont [réf. nécessaire].

Quelques éléments du village

Le village possède quelques curiosités qui ont trait au scoutisme, tel un Mémorial[7] à la mémoire des scouts morts pour la France, un musée « scout » qui regroupe de nombreux insignes et pièces d'uniforme issus des différentes associations scoutes ou, encore, différents vêtements liturgiques et objets ayant appartenu soit à des aumôniers scouts, soit à des aumôniers des tranchées, durant la Première Guerre mondiale. On peut y voir des œuvres du peintre et sculpteur Gérard Ambroselli ainsi que des œuvres de Pierre Joubert. Par ailleurs, pour les chercheurs et universitaires, le « labo scout » regroupe de nombreux ouvrages, journaux et écrits divers sur le scoutisme. Il y a également une boutique vendant des vêtements et articles scouts.

De nombreux scouts et guides de différentes associations s'y retrouvent régulièrement pour de gigantesques feux de camp dit « Feux de la Saint Jean ».

Notes et références

Annexes

Liens externes

Bibliographie


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Riaumont de Wikipédia en français (auteurs)

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