Asmonéens

Asmonéens

Hasmonéens

Les Hasmonéens sont une dynastie qui règne sur la Judée de 140 à 36 av. J.-C. Elle est fondée par Simon Maccabée.

Sommaire

Étymologie

Le nom Hasmonéens vient d'un supposé ancêtre de Mattatias, l'instigateur de la Révolte des Maccabées, nommé Hasmonaï. Cet ancêtre n'est pas nommé dans les Livres des Maccabées, mais par Flavius Josèphe [1]

Chronologie

Dernier survivant des cinq fils de Mattathias, Simon Maccabée obtient enfin de Démétrios Nicator l'évacuation des dernières troupes séleucides de Jérusalem en 142, ce qui ne signifie pas la reconnaissance de l'indépendance juive qu'aucun Séleucide, jamais, ne reconnut formellement. C'est avec Simon que commence la dynastie asmonéenne, bien qu'on puisse aussi bien considérer Jonathan comme fondateur de l'État hasmonéen. En -140, Simon, lors d'une assemblée générale à Jérusalem, et suite à un décret voté par cette grande knesset, est proclamé « Grand-prêtre, stratège et ethnarque » à titre héréditaire[2].

Simon est assassiné par son gendre Ptolémée, peut-être manipulé par les Séleucides en -135 qui n'acceptent pas l'indépendance de fait des Hasmonéens, mais le fils de Simon, Jean Hyrcan Ier qui bénéficie du soutien de l'armée parvient à prendre la succession de son père et règne de -135 à -104).Dès 137, Antiochos VII avait fait savoir qu'il n'était pas question que la Judée ne paie pas le tribut, mais ce n'est qu'en -131 qu'il parvint à s'emparer de Jérusalem. Jean Hyrcan fut obligé de se soumettre et même de participer à l'expédition royale en Iran. Mais la mort inopinée du roi en 129 permit à Jean Hyrcan de reconquérir sa capitale et de restaurer l'indépendance juive de fait. Jean Hyrcan avait tout de même été obligé de reconnaître son statut de vassal du monarque séleucide en s'acquittant d'un tribut et en livrant des otages[3]; rien n'interdisait qu'une semblable situation ne se reproduise si les Séleucides parvenaient à sortir de leur interminable querelle dynastique.

Libéré de ses engagements, Jean Hyrcan repart en campagne pour agrandir son État. Il s'empare ainsi d'une partie de la Transjordanie en -128, de l'Idumée en -125 et de la Samarie, où il détruisit vers -108 le temple des Samaritains[3].

Pour se conformer aux instructions du Deutéronome, les Iduméens furent convertis de force au Judaïsme, ce qui est une exception dans l'histoire d'une religion réticente[4] devant les conversions[5].

À sa mort, une lutte dynastique éclate entre ses deux fils : Aristobule régne pendant un an de -104 à -103 avec le titre de Basileus et conquiert la Galilée qu'il judaïse[3],[6].Alexandre Jannée, l'autre fils de Jean Hyrcan règne de -103 à -76. Le royaume hasmonéen atteint vers -75 une étendue comparable à celle qu'aurait eue d'après la Bible le royaume de Salomon[3].

Après la mort d'Alexandre Jannée en -76, sa veuve Salomé Alexandra lui succède jusqu'en 67, à la suite de quoi les deux fils d'Alexandre Jannée, Jean Hyrcan II et Aristobule II se disputent le pouvoir. C'est sur ce fond de querelle dynastique qu'intervient Pompée, général romain, qui s'empara de Jérusalem en -63. À compter de cette date, la Judée devient un protectorat romain[3].

Les Romains donnent à Hyrcan II le titre d'« ethnarque » et de « grand prêtre », en ayant soin de le doubler par un conseiller, Antipater, un Iduméen converti au Judaïsme. Le fils de celui-ci, Hérode, se fit reconnaître « roi des Juifs » par le Sénat romain en -40 avant notre ère. Il reconquit le pays avec les Romains jusqu'en -37. En effet, en -40 av. J.-C., les Parthes avaient envahi la Syrie-Palestine et soutenu Antigone II, un fils d'Aristobule, comme prétendant au trône de Judée au détriment d’Hyrcan II, qu'ils avaient emmené en captivité[7].

Hérode règne sur la Judée après l'exécution d'Antigone II, dernier des Hasmonéens, en -37. Il meurt en -4, après avoir agrandi le temple de Jérusalem. L'actuel Mur des lamentations est le dernier vestige du temple. Ce fils de converti iduméen est le dernier roi d'Israël. Compte tenu de ses origines, il n'est pas un Asmonéen, même s'il est leur héritier direct. Ses descendants ne règnent que sur des parties du royaume de leur père, n'ayant plus que rang de tétrarques.

Évolution de la société juive sous les Hasmonéens

Dans le vaste territoire contrôlé par les Hasmonéens qui ont su profiter de la faiblesse des Séleucides, la religion juive est loin d'être la religion majoritaire si bien que le pays gouverné par Jean Hyrcan a plus les caractéristiques d'un royaume grec que celles d'un état juif[3]. L'influence grecque se manifeste par des signes extérieurs que sont le titre de Basileus pris par Aristobule 1er dit le Phihellène, mais aussi par les noms grecs, que les deux frères, Aristobule et Alexandre accolent à leurs noms juifs. Malgré la présence du Temple, qui reste écrasante, toute l'organisation du pouvoir civil et militaire reste sur des modèles grecs[3].

Pour autant, les conflits apparaissent lors de la Révolte des Maccabées entre les juifs hellénisants et les tenants d'un judaïsme qui englobe tous les aspects de la vie : pendant les règnes de Jean Hyrcan et de son fils Alexandre Jannée, on voit se cristalliser une opposition entre les Peroushim, littéralement, les « séparés » qui seront connus sous le nom de Pharisiens et le pouvoir monarchique[3]. Jean Hyrcan aurait abrogé les pratiques imposées au peuple et puni ceux qui les observaient[8]. Alexandre Jannée qui fait crucifier par centaines des rebelles juifs, utilise des soldats grecs pour combattre les Pharisiens. Sa veuve Salomé Alexandra s'appuya davantage sur les rabbins Pharisiens[3].

Les membres du parti pharisien ne contestent pas l'autorité politique de Hyrcan, mais lui demandent de renoncer au pontificat (la charge de Grand-Prêtre). Hyrcan en rompant avec les pharisiens se tourne vers le parti adverse, celui des Sadducéens à qui il réserve le Conseil[9]. Les Sadducéens sont moins bien connus que les pharisiens, et les informations les concernant proviennent souvent de sources qui leur sont hostiles. Ils sont issus des classes privilégiées, souvent sacerdotales, ils sont souvent dépeints comme des conservateurs dans tous les domaines[9].

A l'inverse, les pharisiens se recrutent souvent à un niveau social moins élevé comme les artisans des villes. Ils expriment à la fois les revendications politiques et les aspirations religieuses de ces milieux. En opposition avec les sadducéens, ils conteste l'exclusivité du clergé à interpréter la loi et préfèrent souvent suivre des sages ou des rabbins qui donnent aux préceptes divins un sens plus humanitaire et moins formaliste. Ils fréquentent beaucoup les synagogues, transformant ainsi le peuple en communauté fervente. La loi orale des pharisiens actualise la loi écrite, seule admise par les saduccéens[9].

Généalogie

Mattathias Maccabée (-167 — -166)
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+->Jean Maccabée (? — -160)
¦
+->Simon Maccabée (-142 — -134) , ethnarque et grand-prêtre (-143 — -135)
¦  ¦
¦  +->Jean Hyrcan Ier (-134 — -104), ethnarque et grand-prêtre (-134 — -104)
¦     ¦
¦     +->Aristobule Ier(-104 — -103), roi ? et grand-prêtre (-104 — -103)
¦     ¦  X Salomé Alexandra, voir plus bas
¦     ¦
¦     +->Alexandre Jannée (-103 — -76), roi (-103 — -76)
¦     ¦  X Salomé Alexandra, reine (-76 — -67)
¦     ¦  ¦
¦     ¦  +->Hyrcan II (-63 — -40), grand-prêtre (-76 — -66,-63 — -40), roi (-67 — -66), ethnarque (-63 — -40)
¦     ¦  ¦  ¦
¦     ¦  ¦  +->Alexandra
¦     ¦  ¦     X Alexandre fils d'Aristobule II, voir plus bas
¦     ¦  ¦
¦     ¦  +->Aristobule II (-67 — -63), roi et grand-prêtre (-66 — -63)
¦     ¦     ¦
¦     ¦     +->Alexandre (? — -48)
¦     ¦     ¦  X Alexandra, fille d'Hyrcan II
¦     ¦     ¦  ¦
¦     ¦     ¦  +->Mariamme (? — -29)
¦     ¦     ¦  ¦  X Hérode Ierle Grand
¦     ¦     ¦  ¦
¦     ¦     ¦  +->Aristobule III (? — -35) grand-prêtre (-36)
¦     ¦     ¦
¦     ¦     +->Antigone II (? — -37), roi et grand-prêtre (-40 — -37)
¦     ¦     ¦  ¦
¦     ¦     ¦  +->?
¦     ¦     ¦     X Antipater, fils d'Hérode Ierle Grand et de Doris
¦     ¦     ¦
¦     ¦     +->Alexandra
¦     ¦        X Ptolémée, fils de Mennæus, roi d'Iturée et de Chalcis (-85 — -40) (relation à confirmer...)
¦     ¦        ¦
¦     ¦        +->Lysanias (? — -36), roi d'Iturée (-40 — -36)
¦     ¦             (à ne pas confondre avec Lysanias tétrarque d'Abilène, peut-être son fils)
¦     ¦
¦     +->Antigone Ier (? — -103)
¦
+->Juda Maccabée (? — -160)
¦
+->Eléazar Maccabée (? — -163)
¦
+->Jonathan Maccabée (? — -143), grand-prêtre (-153 — -143)

notes et références

  1. Voir l'article de la Jewish Encyclopedia
  2. Élie Barnavi, Histoire universelle des Juifs, Hachette Littérature, 2002, p.45
  3. a , b , c , d , e , f , g , h  et i Barnavi, op.cit. p.46-47
  4. Ce point est fortement nuancé par Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard (2008), ch.III, L'invention de l'exil, prosélytisme et conversion
  5. article Hyrcanus John sur la Jewish encyclopedia
  6. Maurice Sartre, « Des Maccabées très sulpiciens », booksmag, 22 décembre 2008.
  7. Barnavi, op.cit. p.48-49
  8. Barnavi, op. cit. p.46 se réfère à Flavius Josèphe
  9. a , b  et c André Caquot, Le Judaïsme de -587 à 138, in Histoire des Religions, T2,Gallimard La Pléïade, 1972, p.161-163


Voir aussi

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