Saint-sigismond (haute-savoie)


Saint-sigismond (haute-savoie)

Saint-Sigismond (Haute-Savoie)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Sigismond.
Saint-Sigismond
Administration
Pays France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Arrondissement de Bonneville
Canton Canton de Cluses
Code Insee abr. 74252
Code postal 74300
Maire
Mandat en cours
Marie-Antoinette Metral
2008-2014
Démographie
Population 587 hab. (1999)
Densité 74 hab./km²
Géographie
Coordonnées 46° 04′ 23″ Nord
       6° 36′ 55″ Est
/ 46.0730555556, 6.61527777778
Altitudes mini. 620 m — maxi. 1420 m
Superficie 7,92 km²

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Saint-Sigismond est une commune française, située dans le département de la Haute-Savoie et la région Rhône-Alpes.

Sommaire

Géographie

Situation

Localisation

Plus proche de nous maintenant, à droite du clocher de l'église, la pointe de Chevran (1222m) s'impose et verrouille avec la pointe de Nancy (1191 m), la porte d'entrée des alpes. L'étroit passage entre ces deux sommets canalise l'eau de tout le massif. Cette eau a contribué à façonner le paysage en approfondissant les vallées, suivi du travail des glaciers qui descendaient jusqu'à Lyon. Passé ce verrou, une vallée plate calme les eaux tumultueuses de l'Arve. Cette plaine sur laquelle Cluses a pris racine, est largement encombrée ds résidus d'érosion du massif du Mont Blanc et autres massifs environants.

Dans la continuité de la pointe de Chevran - pointe de Nancy, le Bargy, masse rocheuse en dos de baleine, est un bel exemple de déformation de la couverture sédimentaire, engendrée par la surrection de la chaîne alpine. En rive droite de l'Arve, sur le versant ensoleillé, les coteaux de Saint Sigismond s'élève doucement sur un terrain morainique constitué de débris de roche transportées par les glaciers. La montagne d'Agy met une limite à ce premier panorama avant de basculer vers la vallée du Giffre.

Ce paysage apparemment figé évolue encore aujourd'hui. Imperceptible à l'œil, le Mont Blanc grandit encore. Nous en percevons parfois les tremblements de terre.

Anne Huber

Source : Bibliographie

Carte géologique de France. Feuille 679 CLUSES. Editions du BRGM Delamette M. "Le pays du Mont Blanc" Editions GAP.

Climat

Le climat y est de type montagnard.

Voies de communication et transports

Urbanisme

Morphologie urbaine

Logement

Toponymie

Histoire

Politique et administration

Tendances politiques

Administration municipale

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
2001 en cours Marie-Antoinette Metral UMP ...
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Instances judiciaires et administratives

Politique environnementale

  • La Roselière des touvières

Le sol de Saint Sigismond est constitué de couches gréseuses et argileuses, roches sédimentaires issues du dépôt de sables et de boues. L'argile dont la propriété principale est l'imperméabilité, empêche l'infiltration de l'eau en profondeur, crée des poches de rétention et oblige l'évacuation de l'eau en surface.

Cet épanchement provoque la précipitation du calcite contenu dans l'eau, enrobant les débris végétaux pour donner un calcaire poreux et pétrifiant : le tuf. Le terme "Touvière" est issu de ce nom. Sur la commune , une carrière de tuf exploitait cette pierre qui servait à la construction.

Cette zone marécageuse, riche en substances nutritives, est appréciée par le roseau "Phragmite australie".

Cette graminée envahissante développe des rhisomes et au milieu de ses nouvelles pousses il ne reste que peu de placez pour d'autres espèces. Le roseau fleurit d'Août à Octobre et le vent diffuse ses graines qui germeront du printemps à l'été suivant.

La roselière et les espèces végétales qui s'y associent constitue une ressource alimentaire pour beaucoup d'animaux qui trouvent ici un territoire parfait pour se nourrir, nicher et se reproduire.

Anne Huber

Jumelage

La commune est jumélée avec :

  • ...

Démographie

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999
214 220 185 207 319 587
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Personnalités liées à la commune

La famille Ballaloud

La naissance de l'horlogerie faucigneranne remonte à la fin du XVIIe siècle et Saint-Sigismond en fut le berceau. Cette activité connaîtra une période d'expansion jusqu'à la fin du XIXe siècle. Plusieurs facteurs en explique l'essor :

La nécessité économique de trouver des activités complémentaires aux ressources de l'agriculture en raison du fort développement démographique qui contraignant de plus en plus d'habitants à immigrer (en Allemagne, en Autriche, à Paris...). la terre n'était en effet pas si abondante et chaque parcelle était déjà cultivé jusqu'au dernier coin. La proximité de Genève dont la renommée des horlogers était universelle dès le début du XVIIe siècle. A cette époque, la Fabrique Genevoise exportait déjà dans tous les continents et la demande de main d'œuvre n'alla quand s'accroissant avec l'industrialisation de la production. Le travail à domicile était adapté à cette production et s'inscrivait dans le cycle de la vie montagnarde, durant les long hivers où l'activité était fortement ralentit. L'outillage léger (outils à main, tour actionner au pied) ne nécessitait pas, pour le paysan-horloger, de gros investissements et ne requérait pas un espace important. Le développement de l'horlogerie dans le Faucigny tiens aussi à la présence d'homme entreprenants. La famille Ballaloud fut pionnière, en créant à St-Sigismond, un premier atelier (au village de la Corbassière) puis, à la génération suivante, un second atelier au village de la Mottaz (en 1720). St-Sigismond comptait vers la fin du XVIIIe siècle 142 horloger pour 554 habitants, taux le plus fort pour toute la région. Horlogers qui, pour la plus, étaient des paysans dont les mains servaient à la fois aux travaux les plus durs et aux ouvrages les plus fins !

Cela dit, l'activité horlogère Faucignéranne est restée une protection de sous traitance, dépendante de l'économie Genevoise. la division du travail conduisait à une rationalisation extrême, chaque commune et paysan-horloger étant spécialisés. A Saint Sigismond, les "fournituristes" livraient les fusées et les tiges de remontoir, ailleurs, les roues et les pignons, ou les coqs et barillets.

Le déclin de l'horlogerie est fortement lié à l'essor du machinisme qui, dans le Faucigny, fut celui du décolletage. C'est à l'aube de la première guerre mondiale que les besoins en pièces usinées consacrèrent l'essor de cette nouvelle industrie dans la région. Aujourd'hui, celle ci reste néanmoins, comme jadis l'horlogerie, une activité de sous-traitance (aux trois quart pour l'industrie automobile).

Geneviève Corajoud

Bibliographie :

  • M. Faita Horlogers savoyards. De l'horlogerie à la naissance du décolletage en Haute-Savoie, Editions L'Albaron, Thonon les Bains, 1990
  • P. Guichonnet Une originale concentration industrielle, le décolletage en Haute Savoie, Société de Géographie de Genève, 1961

Économie

Revenus de la population et fiscalité

Emploi

Entreprises de l'agglomération

Commerce

Agriculture

Comme dans toutes les régions de montagne, l'élevage et la sylviculture (entretien et exploitation des forêts) prédominent. A Saint-Sigismond comme ailleurs, les habitants surent assurer leur auto-subsistance dans le respect de leur environnement. Ainsi, malgré des conditions peu favorables (climat froid et terres en pente), la polyculture céréalières et fourragères était présente jusqu'à 1100-1200 m d'altitude comme à Agy ou à la Côte au dessus des Alluaz. Elle servait à l'alimentation de la famille et des animaux : blé et seigle pour le pain, lin pour l'huile, orge et avoine pour pour les vaches et le cheval. De même y trouvait-on des cultures de chanvre (Cannabis sativa !) dont la robustesse des fibres était exploitée à de multiples usages : de la confection de chemises, draps....à la fabrication de cordes.

Autre aspect : les 'villages" - forme d'habitat groupé autour d'une source d'eau (Saint-Sigismond en compte 6 principaux) - étaient, malgré l'altitude, tous entouré de vergers, principalement de pommiers et de poiriers, qui servaient à la fabrication du "vin" (jus fermenté gardé en tonneau) et de la gnôle (eau de vie). Le noyer était aussi fréquent : on décortiquait les noix durant les longues veillées d'hiver avec les voisins pour faire l'huile. Même l'osier sauvage qui poussait près des nants servait à la confection de paniers.

Par ailleurs, les cultures potagères couvraient pour l'essentiel, les besoins annuels des familles en légumes (pomme de terre, choux, poireaux...;), les déchets n'existaient pratiquement pas car tout était soit donné aux bêtes soit recyclé comme fumier ou compost sur les champs.

Souvent les éleveurs étaient aussi fromagers. Ils produisaient beurre, crème et tomme pour leur consommation propre et pour la vente directe. D'autres livraient leur lait à la fruitière (coopérative laitière) qui fabriquait le reblochon et "le fromage" (grande meule à pâte dure) qui nécessitaient un long travail d'affinage et de caves appropriées.

Il faut relever que l'autosuffisance passait nécessairement par l'entraide familiale et de voisinage : en été durant la dure période des foins, en hiver pour le déneigement des chemins (jusqu'aux alpages des Flatières et des Charmettes sur le plateau d'Agy ou était stocké le foin qu'il fallait descendre), au printemps pour l'entretien des parties communes comme les chemins et fossés.

Une intense vie paysanne existait encore il y a 30 ans. Aujourd'hui, à Saint-Sigismond, il n'y a pratiquement plus de vaches et il ne reste que deux éleveurs de chèvres (familles Baud-Ambuis et Varengot) et un éleveur de moutons (famille Trombert), des dizaines d'hectares sont en friches couvertes "d'épines" (églantier ou gratte culs) ou de ronces, malgré le travail d'entretien effectué par certains.

Jean Michel Corajoud

Références : entretiens avec Mesdames Thérèse Gélinotte et Marcelle Trombert et Monsieur Gaston Berthod.''

Culture et patrimoine

Monuments et lieux touristiques

Le bâti faucignerand

La maison comprend, d’un seul tenant, l'habitation, l'étable (appelée " écurie") et la grange. Quand la topographie le permet, on oriente l'entrée de l'habitation et celle de l'écurie vers l'Est, abritées des intempéries par la "cort'na" avec, à gauche, la porte de l'habitation tournée vers l'endroit, bien ensoleillé, et, à droite, la porte de l'écurie qui protège l'habitation du froid de l'envers.

Toute la partie habitable et l'écurie sont entourés de murs de pierres empilées sans fondations. Au dessus, la grange bardée de bois permet de stocker le foin. Un pont permet au char de décharger le foin dans le fenil.

La charpente doit être très solide car elle doit supporter le poids de la neige et celui des ardoises de Morzine qui couvrent le toit.

On entre par la cuisine dans la quelle donne la ou les chambres qui ne sont généralement pas chauffées. Les fenêtres sont à six ou neuf petits carreaux, surtout dans les chambres où l'on fait de l'horlogerie. le paysan-horloger a son établi en bois devant la fenêtre donnant au Sud et au Sud-Ouest. Sur cet établi, on travaillait les pièces grâce a un tour à main.

Sous la cuisine, une cave sert à conserver les légumes. A côté de la maison, en amont relativement au vent dominant (protection contre l'incendie), le grenier permet de stocker le grain et la viande fumée à l'abri des rongeurs mais aussi des objets de valeur et vêtements du dimanche. Parfois, un four à pain est construit dans la cuisine ou à côté de la maison.

Jean-Michel Corajoud :

Marie-thérèse Hermann : "Architecture et vie traditionnelle en Savoie" Ed. Berger-Levrault, Paris, 1980. Paul Grillet : "Architecture des Pays de Savoie" in "L'histoire en Savoie" Revue de la Société Savoisienne d'histoire et d'archéologie. N° 121, mars 1996.

La Mairie-Ecole

La Mairie-École comme vous pouvez le constater sur le linteau de la porte d’entrée, a été construite en 1869, plus exactement d’avril 1869 à juillet 1870, date de la réception des travaux.

L'architecte, Monsieur Raphet, a conçu un bâtiment ses quatre faces aux quatre points cardinaux, dont la face principale où se trouve la porte d'entrée, tournée vers le midi.

En la regardant, vous remarquerez que cette maison, bâtie sur un terrain en pente, comprend trois niveaux. Au premier, deux pièces consistent, à votre gauche, en une cave appartenant autrefois à l'instituteur - cette cave donnait directement sur le jardin du même propriétaire - et, à l'opposé une autre pièce qui sert depuis 5 ans de chapelle, mais qui en 1870, accueillait la coopérative laitière du village. On y faisait le fromage.

A votre niveau, après être entré dans le hall, se trouvait vers le couchant, la classe de l'école de garçon (l'école des filles se trouvant dans le bâtiment occupé aujourd'hui par la Lyre Républicaine) et vers le levant, la Mairie. L'école est restée ici jusqu'en 1991 et se trouve maintenant dans un autre bâtiment à 500 m sur la route d'Agy. En revanche la Mairie n'a pas changé de local.

Ensuite, par un escalier, on accède au logement de l'instituteur et de sa famille qui occupe tout l'étage, environ 120 m2. Ce logement était d'une grande qualité pour l'époque : cuisine, latrines, salle de bains, salon, chambres, balcon.

A côté de ce bâtiment, sur la droite se trouve un bassin. La fontaine a été installée en 1908 par la commune dans le but de fournir de l'eau potable au public, à l'école et à la laiterie. Cette eau provient de la source dite "La Nolette"

Peggy Lassalle

La Scierie

Les ruisseaux sont nombreux à Saint-Sigismond, alignés perpendiculairement à la ligne de crête de la montagne d'Agy. Deux ruisseaux collecteurs, le Grémoux et l'Englennaz rassemble toute cette eau pour la mener vers l'Arve. Toute une activité s'est crée autrefois autour de ces nants, utilisant l'énergie hydraulique pour actionner le moulin et la scierie.

Stockée en amont de la scierie l'eau du ruisseaux des Touvières et du Grémoux était canalisé vers une turbine. La pression de l'eau permettait d'entraîner un mécanisme judicieux fait de roues et de poulies, mettant en mouvement battante et scie circulaire. La battante sorte de scie à ruban, servait à déligner les troncs. La scie circulaire calibrait les planches.

Le bois a débiter arrivait en amont par un couloir pentu. La base du tronc devait être arrondit afin de glisser sans difficultés vers une grue en bois. Le tronc, soulevé par la grue était entraînée par un système de rouleaux vers la battante, tranchant le bois dans le sens de la longueur. Puis, pièce par pièce, les planches étaient calibrées à la scie circulaire par le scieur.

Les roues, façonnées dans du frêne par le menuisier, devaient être huilées toutes les 20 minutes afin d'éviter l'échauffement.

Le débit variable du ruisseaux au fil de l'année obligeait à exploiter l'énergie aux périodes les plus fastes, au printemps, à la fonte des neiges. Cette scierie débitait le bois des habitants du village utilisant ce matériau pour la construction : bardage, poutre... L'électricité remplaça l'énergie hydraulique puis la scierie fut progressivement abandonnée vers 1957, pour manque de rendement.

Anne HUBER

Référence : entretiens avec Monsieur Gaston BERTHOD, fils du dernier scieur.

Monuments religieux

L’église

L’origine de l'administration religieuse de la paroisse de Saint-Sigismond est très ancienne, elle remonterait au début du XVe siècle ou la lecture d’une visite pastorale en date du 1er Septembre 1411 nous rappelle l’existence d’une église annexe placée sous la dépendance juridique d’une église paroissiale mère (Samoens).

Au XVe siècle, l'église était en assez mauvais état. Des travaux de rénovation furent entrepris en 1473 par le curé Antoine Noblet : on lit en effet sur le haut du portail de la porte latérale de l'église, qui était à cette époque l'entrée principale, l'inscription suivante : "1473, antonius Nobletis". A cette époque, l'église devait être de style gothique reposant sur un plan basilical.

Puis au fil du temps, l'église fut de moins en moins fréquentée (il faut rappeler que les Sigismondain(e)s ne se sont jamais bien entendu(e)s avec leurs curés. Et les dégradation survinrent sans être jamais totalement réparées.

Au XIXe siècle, l'église retrouva une nouvelle image, tant spirituelle qu'architecturale. Des travaux furent entrepris par le Révérend Curé Rouge (ordonné à Saint Sigismond en 1820 et décédé en 1860) avec l'intermédiaire d'un riche donateur, Monsieur Sigismond Genève qui était négociant à Augsbourg. Ce dernier fit un leg de 12 000 livres neuves à la paroisse; cette somme ne fut pas entièrement utilisée dans la reconstruction de l'église, elle servit aussi à la réfection du presbytère en 1829, puis à une régence de garçon et enfin en, en 1840, à une école de filles.

Le révérend Curé Rouge, dessinateur et maître d'œuvre de la restauration de l'église, eut recours à l'aide généreuse de paroissiens qui allèrent jusqu'à travailler le dimanche pour finir au plus vite les travaux (ce curé fut l'un des rares curés bien apprécié à Saint-Sigismond). La toiture fut rénovée, ainsi que le plancher; on y trouva même le corps d'un prêtre enseveli au milieu du transept.; les autels changèrent de place ainsi que certaines chapelles.

Le curé reprit le style architectural de la Renaissance Italienne pour la décoration interne. Nous pouvons ainsi voir une magnifique coupole reposant sur quatre piliers rappelant l'antiquité. C'est à cette même époque que le retable au fond du cœur fut crée. Constituées en leur totalité de bois, les sculptures représentant dieu le Père au dessus de Saint François de Sales, de St-Sigismond, de St-Etienne et de St Joseph (lecture de gauche à droite) sont grandioses, tant par leur beauté que par leurs couleurs. Elles ne sont pas sans rappeler les sculptures baroques du fait de la profusion de détails et que chaque personnage est en mouvement, il y a un effet de théâtralité. Malheureusement, cette sculpture somptueuse n'est aujourd'hui plus la même, des guirlandes partant du dessous des angelots et allant jusqu'aux colonnes de chaque côté du transept ont été enlevées. Et il existe également d'autres éléments disparus notamment les deux grandes chaires et les trois grands lustres..

Comme sur tout œuvre achevée, le Révérend Curé rouge grava son nom sur le tympan de la porte d'entrée, près de laquelle sa tombe fut érigée. Puis au XXe siècle, les paroissiens, plus soucieux de leur église, participèrent plus volontiers aux rénovations.

Sept vitraux représentant des Saints furent commandé en 1934, pour enlever les yeux ternes de l'église, leur bénédiction eut lieu le 15 juillet 1934. Puis les voûtes furent peintes (elles étaient avant en plâtre) ; à l'intérieur de l'église une magnifique coupole surplombe la croisée du transept : faute de temps, la fresque représentant le roi Sigismond martyr à côté d'un puits ne put être terminée car l'artiste décéda avant son achèvement. Par contre, sur la coupole de la nef, le symbole de la communion a été achevé : il est représenté par un grâle, une hostie et du pain ; sur la coupole du chœur, une colombe est représentée.

Le clocher à bulbe de 45 m de haut, bien visible de très loin, est typique de certaines régions alpines (Autriche, Allemagne, Prague ....).

Tout au long du chemin pédestre, vous avez pu observer plusieurs croix de mission souvent positionnées à l'angle d'un champ ou d'un hameau. Ces croix sont le souvenir du passage des frères capucins venus évangéliser et bénir les paroissiens, ainsi que leurs terres et leurs troupeaux.

Peggy Lassalle

Bibliographie : Françoise Dutour :"Eglises, chapelles et oratoires des paroisses de Corne" Ed. Du groupe des propriétaires d'Arâches-les-Carroz-La Frasse. 1996 En vente à l'office du tourisme des Carroz.

Église paroissiale de Saint Sigismond

A l'intérieur, une tribune est soutenue par de fines colonnettes. Un remarquable décor baroque du XVIII eme en bois sculpté polychrome orne à la fois le maître-autel et les deux chapelles. Le maître-autel occupe entièrement l'arrondi du cœur. Au sommet, Dieu le Père, représenté sous l'aspect d'un vieillard barbu, sort des nuées au milieu de rayons dorés, entouré d'angelots et de draperies. Il domine un Christ en croix situé lui même au dessus du tabernacle, ou se trouve représentée la colombe. La Trinité- le Père, le fils et le Saint Esprit- est donc offerte à la méditation des fidèles dans une représentation caractéristique de l'art baroque.

Le retable s'orne de quatre statues importantes disposées dans des niches séparées par des colonnades. A droite, un remarquable groupe représente Saint Joseph, une hache sur l'épaule qui tient l'enfant Jésus par la main. L'enfant est somptueux de calme et de vie ; sa divinité est affirmée par un vêtement entièrement doré. Il marche, pieds nus, une vague sculptée dans une seule pièce de bois. Joseph en menuisier puissant, le tient fermement par la main. Il est vêtu de vert, symbole de l'espérance et de la foi, et d'or, couleur de la sainteté. Le groupe est animé par un véritable mouvement, et les attitudes sont d'une réelle beauté.

La grande statue de Saint-Sigismond est étonnante : roi couronné, habillé d'or et d'écarlate, il impose aux regards par une force et une puissance qui tranche avec la douceur de Saint François de Sales et de Saint-Etienne portant la palme des martyrs, à ses côtés. Saint-Sigismond vécu autour de 524. En 494 il épouse Ostrogothe, la fille du roi d'Italie Théodoric. Il restaure le monastère Saint Maurice en Valais. Mais à la mort de sa femme, il eut la faiblesse, pour faire plaisir à sa seconde épouse, de faire étrangler son fils. Il s'en repentit fit pénitence, mais capturé (près d'Orléans) par Clodomir (fils de Clovis) roi des Francs, il est jeté dans un puits avec femme et enfant. Cette mort horrible servit d'expiation et son culte se répandit.

L'image de Saint Sigismond rassemble toute la symbolique baroque. Le rouge du manteau exprime la puissance, la force et l'or, la sainteté. Le roi porte le globe surmonté d'une croix, il veut faire régner le christianisme sur terre. Enfin, sa main droite porte le symbole de la puissance royale. Le visage est orné d'une fine moustache et l'allure est celle d'un guerrier conquérant.

Étienne fut diacre de la première communauté chrétienne. Il fut lapidé, on le considère comme le premier martyr de l'Église. A ses côtés Saint François de Sales que l'on rencontre si souvent en Savoie et Haute-Savoie. Il est né en 1567 à Thorens les Glières en Haute Savoie. Il devint prêtre en 1590. Il consacre une partie de son ministère à la convention des calvinistes du Chablais. En 1602 il devient évêque de Genève et fonde l'ordre de la Visitation avec Jeanne de Chantal(1610). Il rédige L'introduction à la vie dévote et le Traité de l'amour de Dieu ou il enseigne une piété de la vie quotidienne qui connut une grande audience dans la société du XVIIe siècle. On disait que sa spiritualité avait la douceur du miel.

Le tabernacle est richement orné de draperies, d'angelots et d'un crucifix. Cet autel mérite une attention particulière par la qualité de l'exécution et surtout la maîtrise de la statuaire.

Deux autels situés à l'entrée du cœur reprennent la même ornementation. L'autel, à droite, est dédié à la Vierge, on y retrouve les angelots et des couronnes de roses. L'autel de Saint Michel est en moins bon état (on y a mis une statue du Sacré-Cœur de Jésus, en plâtre ). Le décor utilise des fruits : pommes, poires et raisins forment des guirlandes de part et d'autre d'une toile ancienne. La coupole très lumineuse est soulignée aux quatre coins par les évangélistes (Marc avec son lion, Luc avec son bœuf, Mathieu avec son ange et Jean avec un aigle). Au centre de la coupole, une fresque représente une allégorie de martyr de Saint-Sigismond : le saint tenant une palme, debout à côté d'un puits, désigne le lieu de son martyr.

Par l'iconographie utilisée, tant dans le retable que dans les chapelles latérales, l'église de Saint-Sigismond offre un exemple très remarquable de l'iconographie religieuse de la contre réforme. Elle applique les règles générales de l'art baroque (angelots, rayons, dieu dans les nuées, couleurs) mais la réalisation est plus populaire, moins grandiloquente.

Texte de Françoise Dutourd

Patrimoine culturel

Voir aussi

Bibliographie

  • Françoise Dutour, Eglises, chapelles et oratoires des paroisses de Corne, éd. Du groupe des propriétaires d'Arâches-les-Carroz-La Frasse, 1996

Article connexe

Liens externes


  • Portail de la Savoie Portail de la Savoie
Ce document provient de « Saint-Sigismond (Haute-Savoie) ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Saint-sigismond (haute-savoie) de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Saint-Sigismond (Haute-Savoie) — Pour les articles homonymes, voir Saint Sigismond. 46° 04′ 23″ N 6° 36′ 55″ E …   Wikipédia en Français

  • Saint-Sigismond (Haute-Savoie) — Saint Sigismond …   Deutsch Wikipedia

  • Saint-Sigismond, Haute-Savoie — Saint Sigismond is a village and commune in the Haute Savoie département of eastern France.http://maps.google.com/maps?ll=46.083352,6.616173 t=h z=10ee also*Communes of the Haute Savoie department …   Wikipedia

  • Saint-Sigismond — may refer to the following places in France:* Saint Sigismond, Loiret, a commune in the Loiret department * Saint Sigismond, Maine et Loire, a commune in the Maine et Loire department * Saint Sigismond, Haute Savoie, a commune in the Haute Savoie …   Wikipedia

  • Saint-Sigismond — ist der Name mehrerer französischer Gemeinden: Saint Sigismond, französische Gemeinde im Département Loiret Saint Sigismond, französische Gemeinde im Département Maine et Loire Saint Sigismond, französische Gemeinde im Département Haute Savoie… …   Deutsch Wikipedia

  • Saint-Sigismond (Aix-les-Bains) — Aix les Bains Aix les Bains Vue de Grand port d Aix les Bains …   Wikipédia en Français

  • Saint-Sigismond — Cette page d’homonymie répertorie les différents sujets et articles partageant un même nom. Saint Sigismond, commune française du Loiret Saint Sigismond, commune française de Maine et Loire Saint Sigismond, ancienne commune française de la Savoie …   Wikipédia en Français

  • Armorial des communes de la Haute-Savoie — Cette page donne les armoiries (figures et blasonnements) des communes de la Haute Savoie. Sur les autres projets Wikimedia : « Armorial des communes de la Haute Savoie », sur Wikimedia Commons (ressources multimédia)… …   Wikipédia en Français

  • Communes of the Haute-Savoie department — The following is a list of the 294 communes of the Haute Savoie département, in France. (CAA) Agglomeration community of Annecy, created in 2001. INSEE code Postal code Commune 74001 74360 …   Wikipedia

  • Liste des communes de la Haute-Savoie — Sommaire 1 Carte du découpage territorial 2 Liste des communes 2.1 Abréviations 3 Fusions et créations de communes …   Wikipédia en Français


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.