Sinisation du Tibet


Sinisation du Tibet

La sinisation du Tibet est, selon les milieux exilés tibétains et des observateurs occidentaux, la transformation de la société tibétaine de la région autonome du Tibet, du Kham et de l'Amdo sur la base de normes chinoises, au moyen de l'assimilation culturelle, la migration, et la politique de réforme et d'adoption de l'économie de marché. C'est un processus marqué principalement par la venue en masse de population de l'ethnie Han[1] au Tibet et par une politique active du gouvernement central de la République populaire de Chine[2] visant à intégrer le Tibet dans la république chinoise[1] et à maîtriser les ambitions d'indépendance de certains Tibétains [3],[4].

La modernisation et le développement du Tibet expliquent l'arrivée d'ouvriers Han [5] et des spécialistes occidentaux [6]. Depuis l'instauration de l'économie de marché en 1992, tout habitant de la RPC a le droit de se déplacer librement dans le pays et de travailler à l'endroit de son choix [7]. Selon Robert Marquand, le Tibet étant considéré par les Chinois comme faisant partie de leur pays depuis des milliers d'années, ces derniers estiment avoir le droit de s'y établir [8].

Sommaire

Aspects démographiques

Le « Tibet historique » est présent dans différentes régions chinoises dont la Région autonome du Tibet

Migration des Han

Les chiffres

Pour le Tibet des trois provinces

Selon le gouvernement tibétain en exil, depuis la fin des années 1990 il y aurait davantage de non-Tibétains que de Tibétains dans le Tibet des trois provinces (Ü-Tsang, Amdo et Kham). Il estime le chiffre de la population en 2003, à 6 millions de Tibétains ethniques et 7,5 de non-Tibétains[4].

La différence entre ce dernier chiffre et le chiffre officiel de 1 255 700 Han vivant en 1999 dans les zones autonomes tibétaines hors RAT s'explique par le fait que le GTE inclut dans ses comptes non seulement les préfectures autonomes du Qinghai mais la totalité de la province. Or la partie orientale celle-ci est peuplée en majorité de Han depuis des siècles (3,5 millions environ), comme le souligne le professeur Colin P. Mackerras [9].

Pour la région autonome du Tibet

Selon un recensement de 2000, dans les villes de la région autonome du Tibet, les Han et les Hui ont dominé l'urbanisation, cependant, ce n'est que dans les villes tibétaines principales que l'on peut soutenir, de façon plausible, que les Han sont plus nombreux, ou aussi nombreux, que les Tibétains [10].

Officiellement, fin 2005, la population de la région autonome était de 2,77 millions d'habitants, non compris les militaires en poste. Elle réunissait 26 ethnies différentes, dont 92% de Tibétains [11].

Pour Lhassa

En 1904, le lieutenant-colonel britannique Younghusband qui occupe la ville avec son corps expéditionnaire, estime la population de celle-ci à 30 000 habitants dont 20 000 moines [12].

En 1949, il y en a entre 300 et 400 résidents chinois à Lhassa [13]. Vers 1950, la ville couvre moins de trois kilomètres carrés et ne compte pas plus de 30 000 habitants [14]. Le palais du Potala et le village de Shöl en contrebas de celui-ci ne sont pas considérés comme faisant partie de la ville [15].

En 1953, au premier recensement, la zone urbaine de Lhassa compte environ 30 000 résidents, dont 4 000 mendiants, en plus de 15 000 moines [16].

En 1992, la population de la ville est estimée à un peu moins de 140 000 personnes, dont 96 431 Tibétains, 40 387 Chinois (Han) et 2 998 divers. À ce chiffre, qui ne tient compte que des résidents permanents, il convient d'ajouter entre 60 000 et 80 000 résidents temporaires, dont la majorité seraient des pélerins et des commerçants tibétains [17].

En 1994, selon le journal britannique The Independent, Lhassa compte 150 000 habitants, dont la majorité est constituée de migrants Han [18].

En 2000, la zone urbanisée atteint les 53 kilomètres carrés, pour une population d'environ 170 000 personnes, dont 63% de Tibétains, 34,5% de Han et 2,7% de Hui principalement [19].

En 2007, la population de Lhassa est de 122 261 habitants[20].

En 2008, selon l'agence Xinhua, la ville-préfecture de Lhassa a 400 000 habitants [21].

La situation vue par les exilés tibétains et leurs partisans

L'armée populaire de libération (APL) est intervenue au Tibet le 7 octobre 1950, mettant en ligne environ 40 000 militaires chinois contre les 8 500 hommes de l'armée tibétaine. Le 19 octobre 1950, 5 000 soldats tibétains avaient été tués, et la petite armée tibétaine se rendit. En 1950, le gouvernement tibétain interpelle l'ONU sur l'invasion du Tibet par la Chine. Dans cette période coloniale, seul le Salvador accepta de soutenir le Tibet [22]. Puisque l'APL avait cessé le feu et demandé une négociation pacifique plutôt que d'entrer dans Lhassa par la force, l'organisation des Nations unies renonça à traiter de la question du Tibet. L'association de la pression militaire, des rapports de bon traitement vis-à-vis de la population locale, de la libération des prisonniers ainsi que le manque de soutien international conduisirent les représentants tibétains à s’engager dans des négociations avec l'APL [23].

Le Comité des 100 pour le Tibet cite des chiffres de 5 à 5,5 millions de Han pour 4,5 millions de Tibétains dans l'ensemble des régions à populations tibétaines [24]. Dans les années 1980, le gouvernement tibétain en exil estimait que dans l'ensemble du Tibet, il y avait 7,5 millions de Chinois pour 6 millions de Tibétains [25] En 2007, le Dalaï Lama faisait part de ses craintes d'un danger que le peuple tibétain devienne une minorité dans leur propre pays[26]. Selon une personne native de Lhassa, actuellement en exil, il y aurait deux catégories de migrants au Tibet, les migrants par nécessité économique, et les migrants involontaires envoyés par le gouvernement chinois [27].

Le gouvernement central de la République populaire de Chine met en œuvre une politique de migration active de Chinois au Tibet, au moyen d'aides attractives et de conditions de vie favorables[28],[29].

Selon le Dalaï Lama, dans les villes tibétaines, des chinatowns (quartiers chinois) se sont développés et les Chinois sont en général plus nombreux que les Tibétains, comme à Lhassa, « les Tibétains sont environ 100 000, alors que les Chinois sont plus du double. Lhassa est devenue méconnaissable avec des buildings, et toute la vallée est urbanisée », comme dans d’autres régions à l’ouest, telles que Ngari, où il n’y avait aucun Chinois 20 ans plus tôt. Pour le dalaï-lama, il s’agit d’une agression démographique grave [30].

Points de vue autres que celui des exilés tibétains

Dans son livre Fascination tibétaine : du bouddhisme, de l'Occident et de quelques mythes, le professeur Donald Sewell Lopez, Jr. décrit en ces termes la représentation que l'Occident plaquerait systématiquement sur la présence des Han au Tibet : « L'invasion du Tibet par l’Armée populaire de libération fut et reste encore présentée comme le déferlement d'une masse indifférenciée de communistes athées sur un pays pacifique voué exclusivement à des préoccupations éthérées (…). Le Tibet incarne le spirituel et l'ancien, tandis que la Chine symbolise le matériel et le moderne. Les Tibétains sont surhumains, tandis que les Chinois sont subhumains » [31].

Selon Andrew Martin Fischer, la migration des non-Tibétains au Tibet se serait concentrée dans les villes où les Tibétains sont devenus une minorité et où les migrants non-tibétains dominent l'emploi, aggravant l'exclusion économique des Tibétains dans le contexte du développement urbain rapide [32]. Le même démographe assure cependant que l'affirmation de la part des émigrés que les Tibétains deviennent minoritaires dans leur pays ou qu'ils sont déjà devenus minoritaires dans certaines régions, « doit être prise avec des pincettes »[33].

S'exprimant devant des sénateurs français, Zhang Yongnian, vice-président de la Commission pour le développement et la réforme de l'assemblée populaire du Tibet, déclare que la région autonome du Tibet est « ouverte aux autres régions de la Chine » et que « l'économie de marché repose sur la libre circulation des personnes ». Les entreprises qui y sont installées font appel aux personnes compétentes dont elles ont besoin. Il précise que « l'État central n'envoie pas de colons au Tibet » mais que « les fonctionnaires de l'État y bénéficient de primes durant leur séjour ». Ces fonctionnaires « retournent ensuite dans leur région d'origine »[34].

Le sinologue Jean-Luc Domenach considère que « si les Tibétains ont regagné partiellement le contrôle de leur culte et de leurs mœurs, ils n’ont guère renforcé leur poids économique et social. De leur côté, avec le développement économique, les colons chinois se sont installés en nombre croissant alors que se répandait dans les villes chinoises l’idée que le Tibet n’était plus qu’une charmante bizarrerie touristique »[35]. Domenach estime que la question tibétaine sera « résolue par la colonisation, puisque les Chinois, d'une façon ou d'une autre, vont inonder le Tibet »[36].

L'accusation d'« apartheid chinois »

En avril 1991, le 14e Dalai Lama décrivait la situation comme suit : « Les nouveaux colons chinois ont créé une société à deux vitesses : un apartheid chinois qui, refusant aux Tibétains l'égalité de statut social et économique sur (leur) propre terre, menace de finir par (les) submerger et (les) absorber »[37]. Par exemple cette fracture économique peut se retrouver aussi dans des salaires différents selon l'origine ethnique des demandeurs d'emploi voir des refus d'employer des tibétains[38].

Un autre élément présenté comme suggérant l'existence d'un apartheid réside, selon un récit pseudonyme publié dans le Nouvel Observateur en décembre 2009, dans le fait que les Chinois tibétains, au contraire des Chinois Han, ne peuvent obtenir de passeport et n'ont donc pas la possibilité de voyager légalement hors de Chine [39].

En 2001, Jampal Chosang, à la tête d'une délégation d'associations de Tibétains en exil ayant obtenu une accréditation pour participer à la Conférence de Durban, une réunion d'organisations non gouvernementales parrainée par les Nations unies, y dénonça « une nouvelle forme d'apartheid » au Tibet du fait que « la culture, la religion et l'identité nationale tibétaines sont considérées comme une menace » pour la Chine[40].

En 2002, l'association Tibet Society du Royaume-Uni appela le gouvernement britannique à « condamner le régime d'apartheid au Tibet qui traite les Tibétains comme une minorité sur leur propre terre et pratique une discrimination à leur égard dans l'usage de leur langue, dans l'éducation, dans la pratique de leur religion et dans les possibilités d'emploi »[41].

Selon un article publié en 1987 par la Heritage Foundation, un cercle de réflexion conservateur américain à financement privé :

« Si le problème de la souveraineté du Tibet est difficile à débrouiller, la question du traitement des Tibétains par la RPC n'est que trop claire. Après avoir envahi le Tibet en 1950, les communistes chinois ont tué plus d'un million de Tibétains, détruit plus de 6000 monastères, et transformé la province du nord-est du Tibet, l'Amdo, en un goulag abritant, selon une estimation, jusqu'à dix millions de personnes. Un quart de million de soldats chinois restent stationnées au Tibet. De plus, environ 7,5 millions de Chinois ont répondu aux encouragements de Pékin pour venir habiter au Tibet ; ils sont maintenant plus nombreux que les 6 millions de Tibétains. A cause de ce qu'on a appelé l'apartheid chinois, les Tibétains de souche ont maintenant une espérance de vie, un taux alphabétisation et un revenu par personne inférieurs à ceux d'un habitants chinois du Tibet » [42]

Par ailleurs la tibétologue Françoise Pommaret précisait en 2002 que les cadres de l'administration de la République Autonome du Tibet sont essentiellement des Chinois à 66% et les Tibétains occupent 16% des postes de commandement dans l'armée. Enfin aucun Tibétain n'a été secrétaire du Parti communiste dans la Région autonome du Tibet[43]. Ainsi Phuntsok Wangyal qui a créé le Parti communiste tibétain en 1939 a été mis au secret en 1958 puis en 1961 il a été emprisonné à Pékin pendant 18 années. Il a publié une biographie en anglais, où il insiste particulièrement sur la nécessité de mieux faire connaître les intérêts du peuple tibétain[44].

Les Han au Tibet : 1/5e de la population et 50 % à Lhassa ?

Contredisant la thèse de la submersion démographique des Tibétains par les Chinois Han, le professeur Barry Sautman de l'université des Sciences et techniques de Hong Kong, affirme qu'entre le recensement national de 1990 et celui de 2000 (recensements comptabilisant toute personne habitant une région donnée depuis au moins six mois), le pourcentage de Tibétains dans les régions tibétaines s'est accru quelque peu dans son ensemble et les Han représentent environ 1/5e de la population. De même, une analyse préliminaire du mini-recensement de 2005 montre que de 2000 à 2005, il y a eu un petit accroissement de la proportion des Han dans la zone centre-ouest du Tibet (la Région autonome du Tibet) et peu de changements dans le Tibet oriental [45].

Aux conclusions des recherches de Barry Sautman s'ajoute le constat du sinologue et ethnologue allemand Ingo Nentwig. Dans un article de l'agence Chine nouvelle qui lui est consacré[46], l'ancien directeur du département de recherche du Musée d'ethnologie de Leipzig, exclut une assimilation systématique du Tibet par des implantations de Han. À Lhassa, si les Han représentent 50% de la population, il s'agit surtout de résidents temporaires : soldats qui quitteront le Tibet une fois démobilisés, ouvriers travaillant sur des projets routiers ou ferroviaires, responsables désignés, par rotation, pour travailler au Tibet et qui le quittent à l'expiration de leur tour, commerçants et restaurateurs n'ayant pas l'intention de s'établir définitivement. En dehors de Lhassa, on rencontre rarement un Han. Ingo Nentwig rapporte qu'à l'époque de ses recherches sur le Yak en 2002, il y avait 20 à 30 Han seulement parmi les 50 000 à 60 000 Tibétains du district étudié. « Même en prenant en considération les résidents temporaires, les Han ne représentent que 20 à 25% de la population et les Tibétains 75 à 80 % »[47].

Selon Jamyang Norbu, un écrivain tibétain en exil et partisan de l'indépendance du Tibet[48], Barry Sautman n'a pas visité le Tibet d'avant 1980 [49]. Andrew Martin Fischer, professeur de l'Institute of Social Studies (en) affirme avoir réfuté les arguments de Barry Sautman en se fondant sur une analyse plus complète des statistiques de la Chine publiées dans un livre en 2005 [50].

Difficultés et risques liés à l'acclimatation pour les Han

Le Tibet est à 4 000 m au-dessus du niveau de la mer et la température moyenne annuelle est inférieure à 0°C. La faible pression et la raréfaction de l'oxygène ne permettent pas à des gens venant d'autres régions que le Tibet d'y rester très longtemps[51].

En règle générale, les Han ne sont guère chauds pour s'installer au Tibet : les enfants y sont victimes d'œdèmes pulmonaires tandis que les adultes souffrent du mal d'altitude [52].

Contrôle des naissances, stérilisation et avortements forcés

Article principal : Contrôle des naissances au Tibet.

En 1962 dans la Pétition en 70 000 caractères, document historique écrit par le 10e Panchen Lama et adressée au gouvernement chinois dénonçant la politique draconienne et les actions de la République populaire de Chine au Tibet, le Panchem Lama porte de terribles accusations concernant des avortements forcés à partir de 1955 dans le Kham et l'Amdo.

En 1988 l'opuscule du gouvernement chinois Le Tibet, cent questions et réponses indique « le contrôle des naissances mis en place en Chine à partir des années 1970 n'a été encouragé au Tibet que parmi les fonctionnaires tibétains et les employés du gouvernement ». Cette indication est la première reconnaissance officielle de la Chine du contrôle des naissances des populations tibétaines. Auparavant elle démentait la mise en place de cette politique de contrôle des naissances envers les Tibétains, alors même qu'une loi de 1985 introduisait ce contrôle dans la Région Autonome du Tibet. Le plan quinquennal de 1991 pour cette région préconisait « les fermiers et les nomades doivent apporter leur soutien conscient aux méthodes contraceptives, et les mettre en pratique ». Dans les autres régions du « Tibet historique » cette contraception forcée est généralisée à l'ensemble des Tibétains. Ainsi dans la région du Kham traditionnel, un citadin tibétain qui a un troisième enfant devra payer une amende d'un montant de 15% de ses revenus et ce pendant 7 années. Par contre pour un paysan tibétain, c'est à partir du quatrième enfant que l'amende s'applique [53].

Ce contrôle des naissances fait l'objet de quotas. Le respect de ceux-ci ayant une incidence politique sur les responsables des cantons, certaines exactions auraient été observées dans ce sens, entraînant des stérilisations et des avortements forcés [54].

En juin 1999, devant la commission des Droits de l'homme de l'ONU, la Ligue internationale des droits de l'homme évoque dans un rapport [55] des cas de stérilisation forcée au Tibet en ces termes :

« Régulation forcée des naissances. Bien que la Chine ait ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, la violence d'État à l'encontre des femmes est chose courante. L'article 16 de la Convention reconnaît aux femmes le droit de décider du nombre et de l'espacement des naissances et interdit la stérilisation et l'avortement obligatoires. Dans la pratique, des mesures rigoureuses de contrôle des naissances sont imposées au Tibet par la force et la contrainte. On continue à recevoir des informations faisant état de campagnes d'avortement et de stérilisation forcés dans les villages, ou même en ville, par exemple dans le quartier de Chushur à Lhasa, où 308 femmes ont été stérilisées en un mois vers la fin de 1996. Des réfugiés parvenus en Inde et au Népal signalent aussi des mesures coercitives, y compris le refus de délivrer une carte d'enregistrement et d'accorder diverses prestations sociales pour les nouveau-nés au-delà du nombre fixe d'enfants, ainsi que la perte de l'emploi ou de lourdes amendes si une femme ne consent pas à se faire avorter ou stériliser. La Chine transfère dans le même temps des millions de colons chinois au Tibet, ce qui amène à s'interroger sérieusement sur d'éventuelles violations de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide».

Stérilisations et avortements sous la contrainte : des abus localisés et anciens

Se référant aux travaux conduits par Goldstein sur 13 villages de la région autonome et à ses propres recherches menées dans le Qinghai, le spécialiste en économie du développement Andrew Martin Fischer estime que les allégations d'abus dans le contrôle des naissances concernent, pour un grand nombre d'entre elles, les zones tibétaines en dehors de la région autonome du Tibet, et, dans la plupart des cas, renvoient aux années 1980 et au début des années 1990. Il voit dans ces abus moins une politique érigée en système que des excès de zèle très localisés et brefs [56].

Entre 1950 et 2000, un pourcentage inchangé de Tibétains au Qinghai

Les émigrés prétendent que la politique nataliste est répressive à l'égard des Tibétains dans les régions de la Chine proprement dite où ceux-ci constituent une minorité importante comme le Qinghai et le Gansu. Cela n'est pas corroboré par les statistiques disponibles, déclare Barry Sautman. Le pourcentage de Tibétains au Qinghai n'a montré aucun changement significatif entre 1950 et 2000. Les restrictions de la taille des familles sont plus strictes pour la majorité que pour la minorité et ses effets n'ont pas modifié le pourcentage de Tibétains dans la population du Qinghai [57].

Témoignage de géographes américains sur la natalité en région autonome du Tibet en 2007

Ayant parcouru le Tibet rural et urbain en 2007, deux géographes américains font état de leurs impressions sur la natalité dans les campagnes :

« On aurait dit qu'il y avait des bébés partout au Tibet, où les familles hors de Lhassa sont autorisées à avoir jusqu'à trois enfants (...). Au moins les Chinois n'ignorent-ils pas les réalités de l'existence dans le Tibet rural et autres régions autonomes, où une famille nombreuse est nécessaire pour répondre aux gros besoins de main-d'œuvre d'un mode de vie agricole ou de subsistance. Le fait que les familles à plusieurs enfants soient autorisées dans ces régions, exonère également les Chinois de l'accusation d'utiliser la politique de l'enfant unique pour faire disparaître les ethnies minoritaires » [58].

Sinisation par la culture et la civilisation chinoises au Tibet

Selon Tenzin Nyinjey, un ancien responsable du gouvernement tibétain en exil, la Chine n'a pas un respect authentique pour la culture tibétaine, la langue et la religion qui n'y voit que superstition et arriération. Les Chinois considèrent comme un devoir sacré d’apporter la « civilisation » aux Tibétains en apportant la langue, la culture et la civilisation chinoises. Pour être concis, la civilisation et la modernisation chinoises du Tibet n’ont d’autre but que la sinisation de toute la population tibétaine[59].

L'envoi d'étudiants tibétains en Chine continentale

Selon le Tibetan Center for Human Rights and Democracy, dans le cadre de la politique de sinisation, les autorités chinoises recrutent de nombreux Tibétains de bon niveau scolaire des écoles primaires pour les former en Chine continentale, dans des classes tibétaines liées aux écoles secondaires locales ou à une des 18 « Ecoles secondaires tibétaines » de la Chine continentale, où ces étudiants ne reçoivent pas d'éducation tibétaine. En 1996, les autorités chinoises ont déclaré un nombre de 12 590 étudiants tibétains ayant été inscrits dans de telles classes [60].

Le succès des « instituts pour les nationalités » chez les enfants et parents tibétains

Dans son livre Commoners and nobles. Hereditary divisions in Tibet, la tibétologue Heidi Fjeld présente ces « instituts pour les nationalités » sous un jour différent[évasif]. Ces instituts se trouvent dans les provinces de Chine en dehors de la région autonome du Tibet. La possibilité d'aller y étudier est proposée aux élèves du primaire ayant de bons résultats ou dont la famille a des relations. Ces places sont très convoitées par les Tibétains, tant les enfants que les parents, car ces instituts pour les nationalités enseignent des matières non proposées au Tibet. Au nombre de celles-ci, la langue et la grammaire tibétaines classiques, l'histoire tibétaine (ancienne et moderne) et la religion (le bouddhisme et le Bön). De plus, le diplôme obtenu est la garantie d'un emploi. Les instituts situés dans la Chine intérieure auraient toutefois moins de succès auprès des habitants de Lhassa que ceux du Kham et de l'Amdo [61].

Accusations de génocide

S'il existe une définition juridique internationale datant de 1948 du terme « génocide » (la destruction physique ou biologique délibérée, totale ou partielle, de groupes nationaux, raciaux, religieux ou ethniques en tant que tels)[62], il n'en va pas de même du concept de « génocide culturel » : l'expression a bien été employée en 1994 dans une proposition de Déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies dans son Article 7 [63] mais sans que sa signification soit définie [64].

Les accusations de « sinisation du Tibet » et de « génocide culturel du Tibet » sont rejetées par l'universitaire américain Barry Sautman [45], et par le sinologue allemand Ingo Nentwig [65]. Pour Sautman, « Les médias et les hommes politiques en Occident accordent systématiquement crédit à l'accusation portée par le dalaï-lama selon laquelle un génocide culturel se déroule au Tibet, alors même que les exilés et leurs partisans ne fournissent aucune preuve crédible de la destruction de la langue tibétaine, de l'exercice du culte ou de l'art »[45].

« Progrès » et « Construction économique, sociale et culturel[le] » caractérisent, selon le sinologue Pierre Picquart, l'action des autorités chinoises au Tibet [66].

Dans les argumentaires développés la première contradiction réside dans le terme « Tibet ». Pour le gouvernement chinois et la communauté internationale le mot « Tibet » désigne ce qui correspond maintenant à la région autonome du Tibet, cette région est dénommée « Tibet central » par la diaspora tibétaine. Le Tibet pour celle-ci correspond au « Tibet ethnographique » qui comprend aussi les régions orientales. Le Tibet dont parle les Tibétains exilés est deux fois plus grand (2 500 000 km2) que la région officiellement reconnue (1 221 600 km2). Ainsi le recensement de population effectué en 1953 par le gouvernement chinois comptabilisait 1 270 000 Tibétains uniquement dans la région autonome du Tibet. Les Tibétains des anciennes provinces orientales du Kham et de l'Amdo n'étaient pas recensés, aujourd'hui ces régions accueillent plus de 50% des Tibétains [67].

La deuxième contradiction réside dans l'origine de ces décès, il ne s'agit pas de comptabiliser les Tibétains tués par les Chinois. La diaspora tibétaine évoque ceux qui sont décédés de mort non naturelle ; bien sûr ceux qui ont été tués par les Chinois lors des combats et révoltes mais aussi ceux qui sont morts de famine, par suicide ou au cours de leur emprisonnement.

L'accusation de « génocide » physique

La Commission internationale des juristes a qualifié de génocide, dans un rapport de 1959, les massacres perpétrés au Tibet par les autorités chinoises [68].

Le Gouvernement tibétain en exil estime à 1,2 million de morts entre 1959 et 1970 le bilan de l'invasion chinoise, comme l'a rappelé Samdhong Rinpoché lors de son audition au Sénat en 2000 [69].

En 1962 dans un rapport, connu sous le nom de la Pétition en 70 000 caractères, adressé au premier ministre chinois Zhou Enlai, le 10e Panchen Lama, qui dirigeait le Tibet à la demande des Chinois, écrivait :

« Nous n'avons aucun moyen de savoir combien de personnes ont été arrêtées. Dans chaque région, il y a eu au moins 10 000 arrestations. Bons et méchants, innocents et coupables, tous ont été emprisonnés, en contradiction avec tout système légal au monde. Dans certaines régions, la plupart des hommes ont été emprisonnés, si bien qu'il ne reste que les femmes, les personnes âgées et les enfants pour travailler. »

« On a même ordonné de tuer des membres des familles rebelles... Les fonctionnaires mirent délibérément les gens en prison dans des conditions draconiennes, si bien qu'il y eut un grand nombre de morts injustifiables... »

« Vous devez avant tout garantir que le peuple ne mourra pas de faim. Dans de nombreuses régions du Tibet, les habitants sont morts de faim. Des familles entières ont péri et le taux de mortalité est extrêmement élevé. C'est inacceptable, terrible et grave. Le Tibet vivait autrefois un âge obscur de féodalisme barbare, mais il n'y a jamais eu de telles pénuries de nourriture, notamment après l'essor du bouddhisme. Dans les régions tibétaines, les masses vivent actuellement dans une telle pauvreté que les personnes âgées et les enfants meurent de faim, ou bien sont si affaiblis qu'ils ne peuvent résister aux maladies et meurent. Jamais rien de tel n'a eu lieu auparavant dans toute l'histoire du Tibet. Personne ne peut imaginer des famines aussi terribles, pas même dans un cauchemar. Dans certaines régions, si quelqu'un attrape un refroidissement, il contamine inévitablement des centaines de personnes et la plupart en meurent... »

Dans son discours devant le Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire, le Panchem-lama estimait le nombre de morts dans les prisons de la région de l' Amdo à 5% de la population totale. Ces interventions entraînèrent sa disgrâce puis son emprisonnement.

En 1993, dans la préface de l'ouvrage collectif Tibet, l'envers du décor, Bernard Kouchner évoque plus de 1 million de morts, il en détaillait d'ailleurs les origines « Plus d’un million de Tibétains auraient péri de mort violente entre 1950 et 1980 : 175 000 en prison, 156 000 sommairement exécutés, 413 000 morts de faim pendant une de ces «réformes agraires» dont les théoriciens marxistes étaient friands, 92 000 morts sous la torture; près de 10 000 se seraient suicidés. »[70].

Cependant, Patrick French affirme que l’historien et animateur de Radio Free Asia Warren W. Smith Jr qui a étudié les déficits de croissance de la population a écrit que les statistiques chinoises « confirment les thèses tibétaine d'un nombre massif de morts et réfutent les dénégations chinoises ». Selon ses estimations plus de 200 000 Tibétains « manqueraient » à la population de la Région autonome du Tibet. Le nombre de morts tibétains semble aussi élevé dans les régions du Gansu, du Sichuan et du Qinghai, trois régions où les taux de mortalité au début des années 1960 sont élevés et vérifiables. Si cela est exact, on peut estimer qu'environ un demi-million de Tibétains sont directement morts en raison de la politique appliquée au Tibet par la République populaire de Chine[71].

Selon Frédéric Lenoir, Patrick French donne une fourchette entre 500 000 et 600 000 tués, soit environ 10 % de la population[72].

Le 11 janvier 2006, la Cour suprême d'Espagne a annoncé qu'elle allait instruire une enquête concernant l'implication de sept anciens dirigeants chinois, entre autres l'ancien président Jiang Zemin et l'ancien Premier ministre Li Peng, dans un génocide au Tibet. Cette instruction est la conséquence d'un arrêté de la Cour constitutionnelle espagnole du 26 décembre 2005 qui autorise le traitement des plaintes pour génocides, même si elles n'impliquent pas de nationaux espagnols [73].

À la suite de pressions émanant d'Israël, de Chine et des États-Unis, le Sénat espagnol a limité le 19 mai 2009 la loi de compétence universelle, celle-ci ne devant plus s'appliquer qu'à des plaignants de nationalité espagnole ou à des suspects présents sur le territoire de l'Espagne[74].

Une accusation contestée

Les autorités chinoises furent les premières à contester le nombre des morts au Tibet qu'aurait entraîné la mise en place de leurs politiques[23].

La première contestation en Occident du nombre de morts vient, en 1996, de l'historien américain et spécialiste de la Chine et du Tibet Tom Grunfeld. Selon ce dernier, le chiffre du gouvernement tibétain en exil n'est pas corroboré par des documents justificatifs[75].

Plus récemment, l'historien et écrivain anglais Patrick French, ancien président du mouvement Free Tibet Campaign réfuta cette allégation[citation nécessaire]. Ayant été autorisé exceptionnellement[76]à consulter les données brutes et à vérifier leur traitement, il constata que celles-ci, obtenues à partir du témoignage de réfugiés, ne permettaient pas d'obtenir le chiffre total annoncé. En lieu et place de noms, French ne trouva que « des chiffres insérés de façon apparemment aléatoire dans chaque rubrique et dupliqués de façon systématique, incontrôlée » : ainsi, un même affrontement armé, relaté par cinq réfugiés différents, se retrouvait comptabilisé cinq fois. De plus, il s'aperçut que sur les 1,1 million de morts comptabilisés, il n'y avait que 23 364 femmes, ce qui impliquait la disparition de 1,07 million des 1,25 million de Tibétains du sexe masculin[77],[78].

L'évaluation de 1,2 million de morts est récusée également par un démographe chinois, Yan Hao, de la Commission du département de planification d'État à l'Institut de recherche économique à Pékin. Qualifiant le génocide de « mythe », il démontre que les évaluations données par le gouvernement tibétain en exil sont exagérées et reposent en partie sur des sources fabriquées[79].

Partant du recensement officiel de 1953 mettant à 1 274 000 le chiffre total de la population résidant au Tibet, le politologue et historien américan Michael Parenti s'interroge, quant à lui, sur la vraisemblance de l'accusation de génocide :

« Si les Chinois avaient tué 1,2 million de personnes au début des années 1960, la presque totalité du Tibet aurait été dépeuplée, transformée en zone de tir parsemée de camps d'extermination et de fosses communes, ce dont il n'y a aucune trace. Les maigres forces chinoises éparpillées à la surface du Tibet n'auraient pas pu regrouper, traquer et exterminer autant de gens même en y passant la totalité de leur temps »[80].

La thèse du génocide physique est rejetée également par Barry Sautman, professeur associé en sciences sociales à l'université de science et de technologie de Hong Kong, lequel met en avant l'absence de données vérifiables :

« Les chiffres employés régulièrement par les milieux exilés ne reposent sur aucune base. Ils avancent le chiffre de 1,2 million de Tibétains morts à partir des années 1950 jusqu'aux années 1970, mais sans donner aucune source. En tant que juriste, je n'accorde aucun crédit à des statistiques non étayées par des données, par des sources visibles »[81].

Selon le journaliste Thomas Laird, malgré cette polémique sur les chiffres, il ne fait aucun doute que les Tibétains ont payé un prix très lourd à l’invasion chinoise du Tibet[23],[82].

« Génocide culturel » ...

La politique de sinisation du Tibet a été qualifiée de « génocide culturel » par Robert Badinter en 1989, par le dalaï-lama à partir de 1993 [1],[83], mais aussi par Jack Lang [84] et d'autres. Cette problématique à la fois culturelle et politique a fait l'objet de nombreux livres et thèses [85],[86].

Lors d'une édition de l'émission Apostrophes consacrée aux droits de l'homme en 1989, quelques mois avant de se voir décerner le prix Nobel de la paix, le 14e Dalaï Lama est l'invité de Bernard Pivot, en compagnie de Robert Badinter : celui-ci parle de « génocide culturel » au Tibet [87],[88].

En 2002, le linguiste Nicolas Tournadre prévoyait la disparition de la langue tibétaine en ces termes : « En moins de cinquante ans, la langue tibétaine est devenue une langue menacée, condamnée à un déclin irréversible, voire à la disparition en deux générations si la politique linguistique actuelle est maintenue. La responsabilité du gouvernement régional et du gouvernement central est, dans ce domaine, évidente. » [89]. De même, le sinologue Jean-Luc Domenach affirme que la Chine, depuis les années 1950, considère le Tibet comme « une différence à détruire » [90].

Selon le 14e Dalaï Lama, la culture tibétaine risque de disparaître du fait d'une implantation massive de Chinois Han au Tibet [91]. En 2007, il affirme que la culture tibétaine pourrait s'éteindre dans les 15 ans si les négociations sino-tibétaine n'aboutissent pas [92]. Lors des troubles au Tibet en mars 2008, il accuse la Chine de pratiquer le génocide culturel du peuple tibétain [93]. Lors d'une visite au Japon en octobre 2008, il fait la déclaration suivante : « Les Tibétains sont condamnés à mort. Cette ancienne nation et son héritage culturel sont en train de mourir. Aujourd'hui, la situation est presque similaire à une occupation militaire de tout le territoire tibétain. C'est comme si nous étions sous la loi martiale. La peur, la terreur et les campagnes de rééducation politique causent beaucoup de souffrances » [94]. Déjà en 1996, des parlementaires belges avaient utilisé le terme de purification ethnique pour parler de cette situation : « les stérilisations et avortements forcés; la privation de la liberté religieuse; toutes offenses qui, avec la destruction de la riche culture tibétaine et le transfert de population, menacent la survie même du peuple tibétain et équivalent dès lors à une purification ethnique » [95].

Mathieu Ricard précise que les expressions anodines de la culture tibétaine sont tolérées mais tout ce qui est l'essentiel de la culture tibétaine est censuré  : « tout ce qui porte une pensée tibétaine est attaqué » [96].

En 2008, Dominique de Legge, président du groupe UMP au Conseil régional de Bretagne déclare ceci : « Élus de Bretagne, nous avons une sensibilité particulière au respect des cultures minoritaires et nous ne pouvons admettre ce qu'il convient bien d'appeler un génocide culturel au Tibet sans rien dire » [97].

... ou « Culture florissante » ?

Le terme de génocide culturel est réfuté par le sinologue allemand Ingo Nentwig [46],[98] Celui-ci affirme que « la culture tibétaine est florissante (..) en Chine ». Il existe nombre de journaux et revues en langue tibétaine ainsi que de maisons d'éditions tibétaines, non seulement au Tibet mais aussi dans les provinces voisines et même à Pékin. Il ajoute que les écrivains tibétains écrivent en tibétain ou en chinois et que des traductions de livres étrangers en tibétain sont disponibles. Lhassa abrite même une académie de médecine traditionnelle tibétaine. Et de conclure : « Beaucoup de Tibétains reconnaissent les opportunités de développement dans un Tibet moderne, qui est en fait une partie de la Chine ouverte au monde moderne ».

Le professeur Sautman, surenchérit : « En fait plus de 90% des Tibétains ont le tibétain pour langue maternelle. Le Tibet a 150 000 moines et nonnes, la plus grande concentration d'ecclésiastiques du monde bouddhiste. Les spécialistes occidentaux de la littérature et de l'art tibétains attestent que ceux-ci sont florissants » [45].

Désormais, le Tibet culturel dispose de trois chaînes télévisées, une pour chacun des trois dialectes tibétains parlés. Lhassa et la Région autonome du Tibet possèdent une chaîne de télévision en langue tibétaine qui émet 24 heures sur 24 depuis le 1er octobre 2007. À sa création en 1999, elle n'émettait que 11 h par jour [99]. Il existe une deuxième chaîne en langue tibétaine au Qinghai, en dehors de la Région autonome [100]. Enfin, une troisième chaîne de télévision par satellite, destinée aux 2,4 millions de Tibétains parlant le dialecte khampa, a été inaugurée le 28 octobre 2009, à Chengdu, capitale de la province du Sichuan. Elle émet 6 h et demi par jour [101].

En 2008, le professeur Robert Barnett, directeur du « programme des études tibétaines modernes » à l'université Columbia aux États-Unis, déclare que l'accusation de génocide culturel au Tibet portée contre la Chine n'est plus soutenable [102]:

I think we have to get over any suggestion that the Chinese are ill-intentioned or trying to wipe out Tibet (« Je suis d'avis qu'il nous faut en finir avec l'idée que les Chinois sont mal intentionnés ou qu'ils essaient de faire disparaître le Tibet »).

Il explique ses doutes dans un compte rendu d'ouvrage qu'il écrit pour la revue New York Review of Books :

Why, if Tibetan culture within Tibet is being "fast erased from existence", (do) so many Tibetans within Tibet still appear to have a more vigorous cultural life, with over a hundred literary magazines in Tibetan, than their exile counterparts? (« si la culture tibétaine à l'intérieur du Tibet est en train d'être prestement annihilée, comment se fait-il que tant de Tibétains de l'intérieur paraissent malgré tout avoir une vie culturelle plus dynamique – à preuve la centaine de revues littéraires en tibétain – que celle de leurs homologues exilés ? ») [103].

Aspects politiques

Changement de régime

Selon le gouvernement tibétain en exil, entre 1912 et 1950, le Tibet était une nation indépendante de facto, avec sa peuple, langue, sa culture et ses religions (bouddhisme tibétain et Bön) propres. Le Tibet imprimait aussi sa monnaie et ses timbres, et conduisait les relations internationales avec les pays étrangers. Il comportait trois provinces Amdo, Kham, et Ü-Tsang. Depuis l'invasion de 1950, la Chine a complètement réorganisé le secteur, en incorporant plusieurs préfectures tibétaines aux provinces chinoises du Yunnan et du Gansu et en divisant le reste du secteur en régions : Sichuan, Région autonome du Tibet, et Qinghai [104].

La Chine appelle l'entrée de son armée au Tibet libération pacifique, les exilés tibétains parlent d'une invasion suivie d'une colonisation. Le journal The Socialist Worker, organe du Britisn Socialist Workers Party (« Parti ouvrier socialiste britannique »), note que les Chinois ont suivi le modèle de pouvoir impérial [105].

La Révolution culturelle

Article principal : Révolution culturelle.

En 1966 Mao Zedong engage dans l'ensemble de la Chine la révolution culturelle. L'objectif est de « créer le neuf en abattant le vieux ». Avec ce mot d'ordre les gardes rouges détruisent tout ce qui rappelle la culture traditionnelle.

La Révolution culturelle était une révolution montée par le gouvernement central entre 1966 et 1976 d'étudiants et d'ouvriers du Parti communiste chinois, ayant pour intention de conserver le maoïsme comme idéologie principale de la Chine. A côté de cela, c'était aussi un moyen d’éliminer l'opposition politique contre Mao [106].

La Révolution culturelle s'est étendue à la Chine entière et comme résultat, le Tibet a souffert de plus grands excès encore de la part des gardes rouges [107]. Les milices de volontaires au service de l'état ont attaqué des civils qui étaient vus comme des traîtres au communisme.

Certains monastères ont été détruits du fait de bombardement durant l'invasion du Tibet par l'armée chinoise, et le soulèvement tibétain de 1959, mais plupart furent détruits durant la Révolution culturelle [23].

Selon le gouvernement tibétain en exil, des milliers de monastères ont été pillés et détruits. Les moines et les nonnes ont été forcés de quitter leurs monastères vivre une vie normale et quiconque résistait était emprisonné. Les prisonniers ont été contraints aux travaux forcés, maltraités, torturés, et même exécutés. Les prisonniers ont été violés, battus avec des bâtons, et traité avec des décharge électrique. Dans cette sphère de chaos et de paranoïa, des milliers ont rencontré la mort [106],[108]. En 1976, il ne restait que 8 des plus de 6000 monastères tibétains [109].

Cependant, selon Thomas Laird, les jeunes Tibétains ont été forcés de détruire les monastères qu'ils avaient construits, et ils se sentent aujourd'hui en majorité en partie coupables de cette destruction. Les élites tibétaines qui avaient été utilisée par le pouvoir chinois entre les années 1950 et 1960 furent stigmatisées par le Parti communiste chinois au cours de séances de thamzing (séances d'autocritiques) où ils étaient battus et torturés, et ceux qui ne mourraient pas étaient emprisonnés. Le gouvernement tibétain en exil estime que 92000 Tibétains périrent au cours de ces séances d'autocritiques [23].

Selon l'historien Tsering Shakya, les Gardes rouges « sentaient que le Tibet et les Tibétains devaient être "révolutionnarisés", et se voyaient eux-mêmes comme des Révolutionnaires avancés venus à l'aide d'élèves attardés dans une région sous-développée » et eurent un effet dévastateur sur la culture tibétaine [23].

Des chiffres variables

Dans leur livre On the margins of Tibet [110], Åshild Kolås, Monika P. Thowsen indiquent qu'il y avait, d'après des archives tibétaines, 5 542 monastères sur le plateau tibétain avant 1958, dont 3 897 situés en dehors des frontières actuelles de la région autonome. Ils ajoutent, sur la foi d'archives chinoises, que dans les zones tibétaines faisant partie des provinces du Sichuan, Gansu, Yunnan, et Qinghai, de nombreux bâtiments monastiques furent démolis, d'autres furent simplement abandonnés et laissés sans entretien, d'autres encore furent reconvertis en écoles, entrepôts, voire en habitations.

L'inflation et la variabilité des chiffres sont dénoncées par Pamela Logan, présidente d'une ONG s'occupant de restaurations au Tibet : « Quand j'essaie de trouver des fonds pour réparer des monastères bouddhistes, les donateurs pressentis citent les chiffres, qui circulent partout, de (au choix) 4 000, 5 000 ou 6 000 monastères rasés par les Chinois, et ont du mal à croire qu'il reste quoi que ce soit à réparer » [111].

La vision maoïste du démantèlement des monastères

Selon un article de la revue Revolutionary Worker [112], le démantèlement des forteresses féodales qu'étaient les milliers de monastères aurait été, d'après des récits disponibles, l'œuvre quasi-exclusive de la masse des serfs tibétains eux-mêmes, conduits par des militants révolutionnaires. Selon cet article, tel aurait été le verdict de la Révolution culturelle sur les monastères et leur nature de classe : plus jamais ils ne vivraient des souffrances des masses De ce point de vue, ce démantèlement aurait été un acte politique conscient de libération du peuple.

Aspects économiques

Article principal : Économie du Tibet.

L'économie de marché

La région autonome du Tibet est le territoire le plus pauvre de Chine parmi les 31 subdivisions considérées dans la liste des subdivisions de Chine par PIB. Selon Claude B. Levenson un phénomène nouveau est apparu dans les villes avec la mendicité enfantine, phénomène explicite concernant la situation économique du Tibet. Les investissements mis en avant par le gouvernement Chinois servent avant tout à la réalisation des infrastructures afin de relier le Tibet à la Chine et au paiement d'une administration importante [113].

L'évolution économique actuelle du Tibet est critiquée du fait qu’elle avantage les résidents chinois et pour les atteintes à l’agriculture tibétaine et au fragile système écologique du Tibet [114].

Barry Sautman contredit ces données. Ainsi, si l'économie de marché est présente, avec ses inconvénients, dans les zones tibétaines tout comme dans le reste de la Chine, elle ne se traduit pas par une « division ethnique de la main-d'œuvre » qui défavoriserait les Tibétains, contrairement à ce que prétendent les séparatistes. Loin d'être la région la plus pauvre du pays, le Tibet serait mieux loti que bien d'autres régions à minorité ethnique, voire certaines zones Han. La raison principale en serait les fortes subventions gouvernementales [45].

L'agriculture et le pastoralisme

Article principal : Agriculture au Tibet.

L'économie du Tibet est dominée par l’agriculture de subsistance, c'est-à-dire l'agriculture avec le but de pourvoir uniquement à sa propre famille. Pour cette raison l'entrée de 35,000 militaires chinois dans les années 1950 a pesé lourdement sur les ressources alimentaires du Tibet.

Selon Horst Südkamp, à l’époque de l’introduction de la politique de collectivisation dans la région du Kham, 40 000 paysans chinois furent envoyés au Tibet[115].

Selon le TCHRD, entre 1954 et la moitié des années 1960, une émigration à grande échelle des Chinois s'est produite dans le Qinghai (Amdo), pour revendiquer les prairies pour l'agriculture, à la fois pour des fermes d'état et des laogai (camps de réforme par le travail). Des milliers de migrants chinois attirés par les possibilités agricoles ont commencé à arriver dans les années 1960, et des cadres chinois ont été envoyés dans des régions rurales du plateau pour l'administration [116].

Dans les années 1960, les autorités chinoises ont forcé les agriculteurs tibétains à cultiver le blé, à la place de l'orge qui est la récolte traditionnelle dans la région de l’Himalaya, ce qui a eu pour résultat la première famine d'une telle ampleur de l'histoire tibétaine. Les moissons ont échoué comme les agriculteurs l’avaient prédit et des milliers de Tibétains sont morts de faim [117],[118].

En 1961, après avoir exproprié les biens fonciers des seigneurs et des lamas, le gouvernement chinois organisa les paysans en communes. Dans son article Friendly Feudalism: The Tibet Myth, Michael Parenti rapporte que fermiers locataires et paysans sans terre reçurent des centaines de milliers d’arpents. Les troupeaux appartenant à la noblesse furent remis à des collectifs de pasteurs pauvres. Des améliorations furent apportées à la reproduction du bétail tandis que de nouvelles variétés de légumes et souches de blé et d’orge étaient introduites. Ces mesures, jointes à une meilleure irrigation, auraient entraîné une augmentation de la production agricole [119].

Elisabeth Martens évoque le progrès que constitue désormais, pour les habitants de Lhassa, l'installation par les Chinois de « serres à tomates, poivrons, courges, potirons et autres légumes et fruits qui, avant, étaient introuvables au Tibet » [120].

L'urbanisation des nomades : des visions contrastées

Aujourd'hui, le gouvernement chinois obligerait les bergers tibétains à quitter leur activité d'éleveur et à rejoindre les grandes villes [121]. Le directeur pour l'Asie de Human Rights Watch indique que « Certaines autorités chinoises prétendent que leur urbanisation forcée des bergers tibétains est une forme éclairée de modernisation ». La tibétologue Anne-Marie Blondeau indique que ces populations, qui subvenaient à leurs besoins, sont maintenant logées dans les banlieues des grandes villes dans des conditions économiques difficiles [122].

Jean-Paul Desimpelaere, ancien président de l'Association Belgique Chine [123], apporte un éclairage différent sur la question. Parallèlement à l'accroissement démographique survenu ces cinquante dernières années, le nombre de yacks et de moutons a triplé alors que la quantité d'herbages disponible diminuait du fait du dessèchement du haut plateau [124]. Pour pallier cette situation, les autorités du Tibet ont décidé de réduire le cheptel et de proposer aux éleveurs intéressés et volontaires un regroupement dans de nouveaux villages et une reconversion [125]. Chaque famille reçoit une maison et une allocation dont le versement est assuré pour dix ans. Si les volontaires se plaignent de la faiblesse de l'allocation et de l'absence de travail, ils se félicitent des meilleures possibilités d'études offertes à leurs enfants. Dans le même temps, le autorités ont mis sur pied un projet de replantation de graminées sur une superficie plus vaste que celle de la France.

L'artisanat

L'essor économique de la région autonome permet de faire revivre l'artisanat traditionnel. Selon l'enseignant et écrivain australien Mark Anthony Jones, nombre de Tibétains trouvent désormais, dans la vente d'objets artisanaux et de produits culturels aux touristes, un revenu non négligeable. Ces divers produits rencontrent même le succès auprès des Tibétains eux-mêmes [126]. Et d'ajouter : « C'est pourquoi, la production culturelle liéé à présent au tourisme est un facteur de tout premier plan dans la revitalisation de la culture tibétaine ».

L'industrie chinoise s'est investie dans l'exploitation de l'artisanat tibétain. Selon les journalistes Claire Goubier et Virginie Morel de l'hebdomadaire Marianne, les touristes, essentiellement chinois « peuvent acheter des bouddhas dorés sous film plastique, des faux blousons de grandes marques internationales ou des copies de DVD. Les Chinois reconnus pour la qualité de leurs contrefaçons ne s'arrêtent pas là. L'artisanat tibétain est lui aussi fabriqué en série ! Les Chinois se sont mis à produire des objets tibétains. Sur le marché, il est difficile de reconnaître les produits authentiques ». Par ailleurs les Chinois profitent d'une main-d'œuvre sous-payée dans les campagnes tibétaines pour faire fabriquer cet artisanat et l'exporter vers les grandes villes chinoises où l'art tibétain est devenu à la mode [127].

Elisabeth Martens précise que « le développement du marché libre dans les villes du Tibet favorise les Han et les Hui qui ont plus d’expérience dans le commerce que les Tibétains » [128].

Le tourisme

En 2007, le tourisme au Tibet était en pleine expansion. Les touristes sont chinois à 90 %. Les journalistes Claire Goubier et Virginie Morel de l'hebdomadaire Marianne indiquaient alors que les lieux sacrés des Tibétains sont transformés en musée : « le Potala, chef-d'œuvre de l'architecture tibétaine, a été déguisé pour les besoins de la cause. Si, le jour, l'imposant palais blanc et ocre coiffé de toits dorés est emblématique du style tibétain, la nuit, les éclairages évoquent plus ceux d'un parc d'attractions ! Jour et nuit, l'atmosphère pieuse est perturbée. Depuis l'arrivée du train, le quota d'entrées de touristes au Potala est passé de 1 500 à 2 300 personnes par jour. Dans les couloirs étroits, les visiteurs se bousculent pendant que les Tibétains font brûler le beurre de yack en offrande. Difficile de prendre conscience de la sérénité bouddhique ! »[127].

Après les troubles au Tibet en 2008, le Tibet a été fermé aux touristes et journalistes étrangers du 19 mars au 26 juin 2008[129]. Toutefois, en décembre 2008, les régions tibétaines restaient interdites aux journalistes du Monde et à d’autres médias basés en Chine[130], et le nombre de touristes a fortement diminué en 2008, les recettes des agences de tourisme n’atteignant que 12 % de celles de 2007[39].

Formation d'une classe moyenne tibétaine

Selon Barry Sautman, il y a désormais en région autonome du Tibet une importante classe moyenne tibétaine, implantée dans les services publics, le tourisme, le commerce et les petites entreprises industrielles ou de transport [45].

Un mode de vie en plein changement

Blanchisseuses à Gyantsé, c. 1938)
Gare de Lhassa
Femme tibétaine lavant son linge sur le site d’une rivière près de Lao au Tibet, en 2008
Photo dans le comté d'Amdo, en région autonome du Tibet, février 2009

Selon ce que rapportent Xu Mingxu et Yuan Feng dans leur étude The Tibet Question: A New Cold War, publiée en 2006, la vie des Tibétains change, les ampoules remplacent les lampes au beurre, la cuisine se fait au gaz et non plus à la bouse de yak. Les gens se déplacent en bus, en voiture, en moto, en vélo, en avion, ils disposent des attributs de la modernité que sont le téléphone, la télévision, l'eau courante. L'ordinateur et l'Internet font leur entrée dans les écoles, les entreprises, les services sociaux et les administrations. Les enfants, les gens d'âge mûr et même les anciens aiment à regarder la télévision chez eux, se rendant moins souvent qu'autrefois dans les temples [131].

Selon Isaac Stone Fish, depuis 2001, Pékin a dépensé 45,4 milliards de dollars au développement économique de la région autonome du Tibet. Cela a eu des effets bénéfiques sur la croissance économique, le niveau de vie, les infrastructures, et s'est traduit par un accroissement à deux chiffres du produit intérieur brut de 2001 à 2009. Un tiers de cette somme est allé à des investissements dans les infrastructures, notamment le train reliant Pékin à Lhassa, lequel a fait baisser le prix des produits industriels et ménagers pour les Tibétains tout en favorisant la vente des produits tibétains dans le reste de la Chine. Le tourisme a fait un bond, passant à 5,5 millions de visiteurs en 2009. Ce journaliste mentionne cependant que Hu Jintao a déclaré qu’il est probable que les revenus des Tibétains des régions rurales atteindront les revenus moyens de la Chine en 2020 [132].

Selon les journalistes Claire Goubier et Virginie Morel, cette modernisation de l'économie profite en priorité aux Chinois expatriés. Les salaires sont majorés dans les emplois réservés aux Chinois Han pour compenser l'éloignement de leur région d'origine et l'inconfort de l'altitude. Les loyers et les prix des biens de consommation sont proportionnels. Ainsi il existe au Tibet une société a deux vitesses : l'une des travailleurs chinois qui peuvent consommer normalement et l'autre constituée essentiellement de Tibétains qui sont marginalisés [133].

Dans un rapport publié en 2000, le TCHRD écrivait que les déclarations du gouvernement chinoises affirmant que les Tibétains ont grandement profité de leurs politiques quant à la pauvreté peut être abordé de leur propre termes. Même en utilisant les statistiques chinoises, plus de 70% des personnes habitant la région autonome du Tibet vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Ces conclusions étaient confirmées par les rapports des réfugiés indiquant que de nombreuses personnes font face à des problèmes avec le manque de nourriture, l'accès aux services de santé, d'éducation, et dans d’autres secteurs comme l'emploi et le logement [134].

Le développement de la prostitution

Depuis les années 1980, la prostitution en République populaire de Chine, bien qu'officiellement illégale, se développe à nouveau[135]. Dans Lhassa la mort dans l'âme, un article paru en 1994, William Hanks rapporte les paroles d'un moine : « C'est une honte, murmure un bonze rencontré à la porte d'un monastère. Nous voulons que les bars ferment, car ils contribuent à la destruction programmée de la culture tibétaine »[136]. En 2003, Marie Louville se rendit clandestinement au Tibet où elle réalisa un documentaire, Les trottoirs de Lhassa, décrivant le commerce de la prostitution à Lhassa et au Tibet central[137]. Les clients sont majoritairement des soldats de l'Armée populaire de libération[138]. À Lhassa, les quartiers commerçants traditionnels laissent place aux bars, karaokés, salles de jeux et maisons closes. Ainsi, selon Frédéric Lenoir, Lhassa compterait plus de 300 maisons closes en 2008 [139]. Ces établissements sont situés dans l'île de Jamalinka ou dans le village de Shol, à proximité du Palais du Potala. En 2008, l'interprète pour le français du dalaï-lama et docteur en biologie moléculaire, Mathieu Ricard, confirme que « la ville tibétaine disparaît sous les néons des karaokés... les Chinois imposent leurs mœurs, l'alcool, les karaokés, les bordels... la Chine, elle, impose ses dogmes et écrase cette culture ! »[96].

Pour le juriste Barry Sautman, « les émigrés essaient d'attribuer les "vices" rencontrés dans les villes du Tibet aux effets culturels nocifs de la présence Han. Lhassa, comme bien d'autres villes de par le monde, abonde de lieux où sévissent prostitution, jeu et drogue. Le directeur de Campagne internationale pour le Tibet se déclare « inquiet du fait que de plus en plus de jeunes Tibétains sont exposés à la tentation des pires aspects de la culture chinoise ». Pourtant, ajoute Sautman, « aucun de ces vices n'est particulièrement "chinois". Le billard est une invention occidentale, le karaoké est originaire du Japon, et la prostitution et la drogue sont universelles. Interrogé à propos des discothèques et boîtes de nuit de Lhassa, le vice-président de la région autonome du Tibet les qualifie de partie intégrante du "mode de vie occidental", ajoutant qu'elles contribuent à la diversité des cultures tibétaine et han telles qu'elles s'expriment localement, mais que les autorités ne manquent pas de dénoncer jeu et prostitution et de lancer des raids pour débarrasser la R.A. du Tibet de ces vices ». Sautman affirme que « les "vices" au Tibet dénoncés par les émigrés sont pour la plupart d'entre eux également présents dans des centres religieux comme Dharamsala et Kathmandou et même ne sont pas rares chez les moines bouddhistes de certains pays »[140].

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. a, b et c Sinisation du Tibet, par Astrid Fossier, sur le site de l'Institut de ressources pour la paix, Association financée par la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l'homme (FPH)
  2. (en) Interview with Tashi Wangdi, David Shankbone, Wikinews, November 14, 2007.
  3. (en) Burbu, Dawa (2001) China's Tibet Policy, Routledge, (ISBN 978-0700704743), pp 100-124
  4. a et b Tseten Samdup(1993) Chinese population - Threat to Tibetan identity.
  5. Gouvernement chinois : « Depuis 1984, avec le concours de l'Etat, 9 provinces ( municipalités) ont envoyé des travailleurs et fourni des matériaux pour entreprendre au Tibet 43 projets de construction. »}Livre blanc: La modernisation du Tibet (1).
    Livre blan du gouvernement de la RPC : « Elles (Le DL et les forces hostiles internationales) ont prétendu que le développement rapide de l'économie du Tibet était le "sabotage de l'environnement du Tibet" et que la sollicitude et les contributions du gouvernement central et du peuple chinois au processus de modernisation du Tibet étaient un "pillage des ressources du Tibet" et un "renforcement du contrôle sur le Tibet par les Hans" ».
  6. Pour Pierre Picquart, beaucoup de médias occidentaux ne connaissent pas bien la Chine et le Tibet Interview de Pierre Picquart par Xinhua 25/03/2008. Cela résulte d'une ignorance de l'histoire du Tibet (...), a expliqué Pierre Picquart, qui préfère personnellement « les termes du progrès, de la tolérance et de la construction économique, sociale et culturelle ».
  7. (en) Netizens condemn biased reporting on riots, China View, 9 juillet 2009.
  8. (en) Robert Marquand, 'Seeking truth from facts' in Tibet, The Christian Science Monitor, August 30, 2004 : « Since Tibet is viewed as part of the Chinese motherland dating back thousands of years, Chinese assume the right to establish themselves here ».
  9. (en) Colin P. Mackerras, People's Republic of China: Background Paper on the Situation of the Tibetan Population, A Writenet Report by Professor Colin P. Mackerras, commissioned by United Nations High Commissioner for Refugees, Protection Information Section (DIP), février 2005, 40 p., en part. p. 26 : « One reason for the difference is that the TGIE has a very different concept of what is included in Tibet. The TGIE claims as part of Tibet not only the autonomous prefectures of Qinghai, but the whole province. As it happens, by far the most populous part of the province is the capital Xining and its surrounding areas in Haidong. Approximately 3.5 million of the province’s 5 million people live in this eastern extremity of Qinghai, and they are overwhelmingly Han. One might add that this region has been dominantly or overwhelmingly Han for centuries and it seems far-fetched to claim that the Tibetan nation and identity are being submerged because most of the people there are Han ».
  10. (en) Andrew Martin Fischer, “Population Invasion” versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China, 2008 : «  »
  11. Zhang Yongnian, vice-président de la Commission pour le développement et la réforme de l'assemblée populaire du Tibet, Quelle solution politique pour le Tibet ?, Annexe I - Les entretiens de la délégation, site Bienvenue au Sénat.
  12. (en) Emily T. Yeh, Living Together in Lhasa. Ethnic Relations, Coercive Amity, and Subaltern Cosmopolitanism.
  13. Roland Barraux, Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Albin Michel, 1993, réédité en 2002, Albin Michel, ISBN 2226133178.
  14. (en) Liu Jiangqiang, Preserving Lhasa's history (part one), in Chinadialogue, october 13, 2006.
  15. (en) Emily T. Yeh, Living Together in Lhasa. Ethnic Relations, Coercive Amity, and Subaltern Cosmopolitanism ; citation : « Lhasa’s 1950s population is also frequently estimated at around thirty thousand. At that time the city was a densely packed warren of alleyways branching off from the Barkor path, only three square kilometers in area. The Potala Palace and the village of Zhöl below it were considered separate from the city ».
  16. (en) Thomas H. Hahn, Urban Planning in Lhasa. The traditional urban fabric, contemporary practices and future visions, Presentation Given at the College of Architecture, Fanzhu University, October 21, 2008.
  17. (en) Heidi Fjeld, Commoners and Nobles. Hereditary Divisions in Tibet, Nordic Institute of Asian Studies, Copenhagen, 2005, en part. p. 18.
  18. Old Tibet falls to Chinese wreckers, The Independent, 17 avril 1994.
  19. Emily T. Yeh, op. cit.
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  21. (en) EN.TIBET.CN (11 January 2008) Tibet gives concern for vehicle exhaust.
  22. Tibet, le pays sacrifié, Claude Arpi.
  23. a, b, c, d, e et f Une histoire du Tibet : Conversations avec le Dalaï Lama, de Thomas Laird, Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007, ISBN 2259198910
  24. (en) Ten Reasons to Support Tibetan Self-Determination : « Official figures put the number of non-Tibetans in the TAR at 79,000. Independent research puts the figure at 250,000 to 300,000, and for the whole of Tibet at between 5 and 5.5 million Chinese versus 4.5 million Tibetans. In Kham and Amdo the Chinese outnumber Tibetans many times over ».
  25. (en) Population transfer and control, site tibet.com, Gouvernement tibétain en exil : « In the early 1980s, the Tibetan Government-in-Exile estimated the Chinese population in the whole of Tibet at 7.5 million ».
  26. Congressional Gold Medal Ceremony Address, Savetibet.org, 17 octobre 2007, le 14e Dalai Lama
  27. (en) Migration into Tibet, freetibet.org.
  28. Tseten Samdup, op. cit. (en) « and in order to persuade Chinese workers and settlers to move to Tibet and remain there, the Chinese government needed to develop extensive economic, social and educational incentives. These include higher pay (as much as four times as high as in China,(20) longer leave; very favourable loans, housing and various individual privileges. All of these incentives are enormously costly for the government, and the government's resolve to maintain them testifies to the economic and political importance of maintaining a substantial Chinese populations in the Tibetan areas. »
  29. (en) Uros Pinteric, International Status Of Tibet, Slovenian Association for Innovative Political Science, 2003, Université de Ljubljana, Slovénie
  30. Le dalaï-lama : « Je suis un marxiste en robe bouddhiste ».
  31. (en) Donald Sewell Lopez Jr, Fascination tibétaine : du bouddhisme, de l'Occident et de quelques mythes, préface de Katia Buffetrille, traduit de l'anglais par Nathalie Münter Guiu, Paris, Éditions Autrement, 2003; (en) Donald Sewell Lopez Jr, Prisoners of Shangri-La: Tibetan Buddhism and the West, The University of Chicago Press, Chicago, 1998, en part. Introduction, p. 7; citation en anglais : « The invasion of Tibet by [China] was and still is represented as an undifferentiated mass of godless Communists overrunning a peaceful land devoted only to ethereal pursuits... Tibet embodies the spiritual and the ancient, China the material and the modern. Tibetans are superhuman, Chinese are subhuman ».
  32. (en) Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China.
  33. (en) Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China, p. 639 : « The assertions by exiles that Tibetans are becoming a minority in their homeland, or have already become a minority in certain regions, should also be taken with a grain of salt ».
  34. Quelle solution politique pour le Tibet ?, Annexe I - Les entretiens de la délégation, site Bienvenue au Sénat.
  35. Sur la crise tibétaine par Jean-Luc Domenach (2008)
  36. Le Figaro : Domenach-Jullien:l'Occident peut-il comprendre la Chine ?
  37. (en) BBC News (20 May 2008) Profile: The Dalai Lama
  38. Source: article de Françoise Robin (Enseignante de littérature tibétaine) paru le 16/08/2008 dans Rue 89
  39. a et b Récit du périple d'un Français à travers le Tibet, Nouvel Obs, Carlo Blanco, 13 décembre 2008
  40. (en) Goble, Paul. "China: Analysis From Washington -- A Breakthrough For Tibet", World Tibet Network News, Canada Tibet Committee, 31 August 2001.
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  42. (en) Lasater, Martin L. & Conboy, Kenneth J. "Why the World Is Watching Beijing's Treatment of Tibet", Heritage Foundation, 9 October 1987.
  43. Source : Françoise Pommaret Le Tibet : Une civilisation blessée Découverte Gallimard 2002 Page 123
  44. (en) Biography of a Tibetan Revolutionary Highlights Complexity of Modern Tibetan Politics
  45. a, b, c, d, e et f (en) Barry Sautman, Protests in Tibet and Separatism: the Olympics and Beyond, sur le site Black and White Cat, 1er avril 2008.
  46. a et b (en) German scholar refutes Dalai's claim of 'cultural genocide' in Tibet, 24 avril 2008.
  47. (en) German scholar refutes Dalai's claim of 'cultural genocide' in Tibet, 24 avril 2008 : « Even taking the short-term residents into account, the Han people account for an estimated 20 to 25 percent of (the) entire population in Tibet, while ethnic Tibetans are still the "overwhelming majority of about 75 to 80 percent" ».
  48. (en) Topden Tsering, 'Hands off' isn't enough for Tibet. Dalai Lama stops short of autonomy, site SFgate.com, July 24, 2005 : « (...) Jamyang Norbu, a 51-year-old Tibetan novelist, playwright and activist who is widely seen as the enduring voice of Tibetan independence ».
  49. (en) A Losar gift for rangzen activists, Jamyang Norbu.
  50. (en) Andrew Martin Fischer, State Growth and Social Exclusion in Tibet: Challenges of Recent Growth, Nordic Institute of Asian Studies Press, Copenhagen, 2005.
  51. (en) A. S. Bhalla and Mark Brenner, Literacy and basic education, in Poverty and inequality among Chinese minorities (A. S. Bhalla, Shufang Qiu eds), No 22 de Routledge studies in the Chinese economy, Routledge, 2006, 202 p., pp. 81-82.
  52. Jack Ives and Bruno Messerli, The Himalayan Dilemma, Routledge, 1989, p. 233 (cité par Doroth Stein, dans People Who Count, Earthscan, 1995, note 1) : citation : « the Han themselves do not like to settle in Tibet; their children are subject to pulmonary oedema, and adults to altitude sickness? ».
  53. Source :Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille Le Tibet est-il chinois ? , ed. Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002. Pages 160 et suivantes.
  54. (en) Human Rights in China and Tibet.
  55. Source : Commission des Droits de l'homme de l'ONU.
  56. (en) Andrew Martin Fischer, “Population Invasion” versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China ; citation : « The charges of forced sterilizations and abortions were investigated by Goldstein et al. (2002), who concluded that their fertility data from 13 villages in the TAR suggest no general program of forced birth control. However, many of the allegations of abusive forced birth control refer to Tibetan areas outside the TAR, albeit mostly with reference to the 1980s and early 1990s. My qualitative field insights in the Tibetan areas of Qinghai tend to support the conclusion that cases of forced sterilizations and abortions do not represent a generalized policy approach but were probably related to events in specific localities or to specific brief periods of policy zealousness ».
  57. (en) Leslie Evans, compte rendu de l'exposé du professeur Barry Sautman How Repressive is the Chinese Government in Tibet? à l'Institut international de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).
  58. Cf. (en) Ben and Faye's Eurasian Adventure. The Trek of Two Alaskans Geographers, On the Road to Everest - Days 3-5: Everest Base Camp to Lhasa - April 14-16 2007 ; citation : « It seemed like babies were everywhere in Tibet, where families outside of Lhasa are allowed up to three children (...). At least the Chinese haven’t ignored the realities of life in rural Tibet and other autonomous regions, where larger families are necessary to meet the labor-intensive demands of a subsistence/agricultural lifestyle. The allowance of multi-child families in these regions also exonerates the Chinese from accusations of using the one-child policy to breed out minority populations ».
  59. Tenzin Nyinjey, Why Tibetans Must Opt for Rangzen, 19 novembre 2008. « China has no genuine respect for Tibetan culture, language and religion. For them Tibetan religion and culture is nothing but superstition and backwardness. As such it is the sacred duty of every Chinese to bring “civilization” to the Tibetans by bringing in Chinese language, culture and “civilization”. In a nutshell, Chinese civilization and modernization in Tibet is nothing but to SINICIZE the whole Tibetan population. »
  60. The Next Generation: State of Education in Tibet Today (1997), voir le paragraphe C. SENDING OF TIBETAN STUDENTS OUTSIDE TIBET.
  61. Heidi Fjeld, Commons and nobles. Hereditary divisions in Tibet, Nordic Institute of Asian Studies, Copenhagen, NIAS Press, 2005, (ISBN 87-91114-17-9), chap. Knowledge and education, p. 125 et note 13, p. 131 : « (...) some institutions for higher learning offer studies of Tibetan subjects. These institutes for nationalities are found in Chinese provinces outside the Tibetan areas, and many young Tibetans are now being educated there. Middle school pupils with good marks or from well-connected families are offered the chance to study at an institute in the mainland. These positions are much coveted by Tibetans, by both the pupils and their parents, as the institues for nationalities provide subjects not available in Tibet. The subjects include classical Tibetan language and grammar, Tibetan history (ancient and modern) and religion (Buddhism and Bon). Moreover, a degree fromone of these institutes guarantees a future job. Note 13 : The institutes for nationalities in China are probably less popular in Lhasa than in, for instance, Kham and Amdo, where some of these schools are located (...) ».
  62. Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, art. 2, 9 décembre 1948, 78 U.N.T.S. 277.
  63. (en) Draft United Nations declaration on the rights of indigenous peoples drafted by The Sub-Commission on Prevention of Discrimination and Protection of Minorities Recalling resolutions 1985/22 of 29 August 1985, 1991/30 of 29 août 1991, 1992/33 of 27 août 1992, 1993/46 of 26 août 1993, presented to the Commission on Human Rights and the Economic and Social Council at 36th meeting 26 août 1994.
  64. La Déclaration des droits des peuples autochtones a finalement été adoptée le 13 septembre 2007 par une Résolution à l'Assemblée générale des Nations Unies Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et [1].
  65. (en) [2].
  66. Pour Pierre Picquart, beaucoup de médias occidentaux ne connaissent pas bien la Chine et le Tibet Interview de Pierre Picquart par Xinhua 25/03/2008. Cela résulte d'une ignorance de l'histoire du Tibet (...) a expliqué le Dr Picquart, qui préfère personnellement « les termes du progrès, de la tolérance et de la construction économique, sociale et culture[lle] ».
  67. [Source : Le Tibet est-il chinois ? de Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, ed. Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, pages 143 et suivantes].
  68. (en) « 26 (f) There has also been a systematic policy of killing, imprisonment and deportation of those opposed to the regime. According to reliable sources the total number of persons so far fallen victims to the mass killing amounts to a colossal total of 65,000. 27. The above events establish that there has been a deliberate vio1ation of fundamental human rights. There is also a prima facie case that on the part of the Chinese there has been an attempt to destroy the national, ethical, racial and religious group of Tibetans as such by killing members of the group and by causing serious bodily and mental harm to members of the group. These acts constitute the crime of Genocide under the Genocide Convention of the United Nations of 1948 ». Communiqué de presse de la CIJ de 1959.
  69. Compte rendu de l'audition du mardi 17 octobre 2000, Audition du professeur Samdhong Rinpoche, Président du Parlement tibétain en exil.
  70. Bernard Kouchner évoque plus de 1 million de victimes.
  71. Patrick French, opus cité, « L'historien Warren Smith, travaillant sur les déficits dans la croissance des populations, a écrit que les statistiques du gouvernement chinois « confirment les thèses tibétaine d'un nombre massif de morts et réfutent les dénégations chinoises ». D'après ses estimations, ce sont plus de 200 000 Tibétains qui « manqueraient » à la population de la Région autonome du Tibet. Avec les taux élevés et vérifiables de mortalité dans le Ganzou, le Sichuan et le Qinghai, au début des années soixante, il semble que le nombre de morts tibétains ait été aussi élevé dans ces régions que dans le Tibet central. Si cela est vrai, on peut avancer avec un certain degré de probabilité qu'environ un demi-million de Tibétains sont directement morts à cause de la politique appliquée au Tibet par la République populaire de Chine. Chiffre de toute façon terrifiant, en conséquence, et qui ne diminue en rien l'horreur de ce qui a été fait au Tibet. »
  72. Source : Frédéric Lenoir : Tibet Le moment de vérité, Édition Plon, 2008, page 105 et suivantes. « Le coût humain pour le peuple tibétain de l'invasion chinoise est très lourd. Sur 6 millions de Tibétains, le gouvernement tibétain en exil estime à environ 1,2 million de morts (famine, extermination, suicides suite à des internements). D'autres sources (l'historien anglais Patrick French notamment) minimisent ces chiffres et les ramènent entre 500 000 et 600 000 victimes. Cette dernière estimation fait quand même froid dans le dos : c'est au moins 10 % de la population qui a été directement victime des réformes chinoises qui visaient à « améliorer le sort du peuple tibétain ». En France cela ne ferait pas moins de 6 millions de victimes. »
  73. La justice espagnole se déclare compétente pour statuer sur une plainte pour "génocide contre le peuple tibétain".
  74. La compétence universelle de la justice espagnole remise en cause, 7sur7.be, 13 mai 2009.
  75. (en) Grunfield, Tom. The Making of Modern Tibet, p. 247 (« without documentary evidence »).
  76. (en) Barry Sautman, June Teufel Dreyer, Contemporary Tibet: Politics, Development, And Society In A Disputed Region, pp. 239 ; citation : « the TGIE had compiled the total based on refugee interviews, but subsequently stopped outside researchers from having access to the documentation on which it (the 1.2 million figure) is based ».
  77. Patrick French, Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, Albin Michel, 2005.
  78. Elisabeth Martens, Histoire du bouddhisme tibtain : la compassion des puissants, L'harmattan, 2007 (ISBN 2296040330 et 9782296040335), p. 233.
  79. (en) « [...] the death figures provided by the TGIE are exaggerations not sustained by the evidence. », Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, Yan Hao (Institute of Economic Research, State Department of Planning Commission, Beijing).
  80. (en) Michael Parenti, Friendly Feudalism: The Tibet Myth (updated and expanded version), janvier 2007.
  81. (en) Leslie Evans, How repressive is the Chinese government in Tibet?, sur le site UCLA International Institute, 4 décembre 2002, compte rendu d'une conférence du professeur Barry Sautman à l'université de Californie à Los Angeles; citation : « There are no bases at all for the figures used regularly by the exile groups. They use the figure of 1.2 million Tibetans dying from the 1950s to the 1970s, but no source for this is given. As a lawyer, I give no credence to statistics for which there is no data, no visible basis ».
  82. Thomas Laird, The Story of Tibet: Conversations with the Dalai Lama, p 350 « What is beyond dispute is that during the Chinese invasion and the ensuing Cultural Revolution, Tibetans of all classes paid a terrible price »
  83. l’invasion chinoise au Tibet, 1949-2006: revendications identitaires et enjeux culturels
  84. Lang à Kouchner sur le Tibet: "Bernard, sors de ta réserve !"
  85. (en) Genocide: A Bibliography.
  86. (en) Google Scholar.
  87. Dalai Lama chez Bernard Pivot Apostrophes, Apostrophes, 21/04/1989
  88. Les droits de l'homme.
  89. Nicolas Tournadre, Le bilinguisme tibétain-chinois : situation et enjeux, Perspective chinoises, n° 74, novembre-décembre 2002.
  90. Jean-Luc Domenach : La question du Tibet.
  91. Relations Chine-Tibet: un entretien avec le dalaï-lama
  92. La culture tibétaine menacée de disparition
  93. (en) BBC NEWS | World | Asia-Pacific | 'Eighty killed' in Tibetan unrest
  94. « Le régime chinois est en train de condamner à mort le Tibet »
  95. Des sénateurs belges évoquent une purification ethnique.
  96. a et b Emmanuel Tellier, Entretien, Matthieu Ricard : « Après les JO, ce sera fichu, on ne parlera plus du Tibet », Télérama, Paris, 16 avril 2008.
  97. Dominique de Legge, président du groupe UMP au Conseil régional de Bretagne, 2 avril 2008, Participation du Conseil régional de Bretagne aux JO de Pékin.
  98. Un sinologue allemand réfute les allégations de « génocide de la culture tibétaine » du dalaï-lama, sur le site news.obopo.com, Chine actualité et informations (version française de la référence précédente).
  99. (en) China launches Tibetan channel for India, Nepal, PTI, 1er octobre 2007 (en ligne sur le site rediff NEWS) : « China launched the first-ever 24-hour Tibetan language television channel on Monday to mark its 58th National Day (...). The channel only broadcast 11 hours a day when it was opened in 1999 ».
  100. (en) The wishes of a Tibetan, China Digital Times, 27 mars 2009 : « At present, the two most popular television channels in the Tibetan areas are the Qinghai Tibetan language channel and the Tibet Tibetan language channel » (« Actuellement, les deux chaînes télé les plus regardées dans les régions tibétaines sont la chaîne en langue tibétaine du Qinghai et la chaîne en langue tibétaine du Tibet »).
  101. (en) Zhang Mingyu, Cheer up for opening khampa Tibetan TV Channel, tibet.new.cn, 17 janvier 2010.
  102. Seven Questions: What Tibetans Want, site Foreign Policy, mars 2008.
  103. (en) Robert Barnett, Thunder for Tibet, compte rendu du livre de Pico Iyer, The Open Road: The Global Journey of the Fourteenth Dalai Lama, Knopf, 275 p., in The New York Review of Books, vol. 55, number 9, May 29, 2008.
  104. (en) Burbu, Dawa (2001) China's Tibet Policy, Routledge, ISBN 978-0700704743, pp 86-99
  105. (en) Tibet rises up against decades of oppression, Charlie Hore, site du Socialist Workers Party
  106. a et b MacFarquhar, Roderick & Michael Schoenhals (2006) Mao's Last Revolution, Harvard University Press, ISBN 978-0-674-02332-1, p. 102
  107. Tibet : A quand l'Indépendance ?, par Armeline Dimier, Institut d'Etudes Politiques de Grenoble
  108. (en) Unrepresented Nations and Peoples Foundation (1997) Chinese rule in Tibet: establishment, administration and maintenance, Chapter 6.
  109. (en) Destructions before the Cultural Revolution.
  110. (en) Åshild Kolås, Monika P. Thowsen, On the margins of Tibet: cultural survival on the Sino-Tibetan frontier, University of Washington Press, 2005, 276 pages, en part. p. 48 et 50 - (ISBN 0295984813), (ISBN 9780295984810).
  111. (en) Pamela Logan, Finally, the end of Tibet as a fairy tale, the Boston Globe, 26 août 1999 : « When I try to raise money for repair of Buddhist monasteries, potential donors cite widely reported figures of 4,000, 5,000 or 6,000 (take you pick) monasteries razed by the Chinese and are reluctant to believe there is anything left to repair ».
  112. Cf (en) The True Story of Maoist Revolution in Tibet Red Guards and People's Communes, Revolutionary Worker #752, April 17, 1994 (revue émanant du Parti communiste révolutionnaire, un parti communiste maoïste formé en 1975 aux États-Unis).
  113. Source : Tibet : un peuple en sursis Texte de Claude B. Levenson avec des photos de Pierre-Yves Ginet Actes Sud, 2000, page 53 et suivantes.
  114. Kent Ewing, Pékin n'a toujours pas réussi à dompter le Tibet, Asia Times Online.
  115. (de) Horst Südkamp, Breviarium der tibetischen Geschichte, Opuscula Tibetana, Éditeur Tibet-Institut, 1998 p. 191, « Die ersten Kollektivierungsversuche der Landwirtschaft wurden in Angriff genommen, die allerdings in Kham sofort auf Widerstand stießen und der Besatzungsmacht den Vorwand lieferten, das 17-Punkte Abkommen zu brechen. Es wurden 40.000 chinesische Bauern in Tibet angesiedelt ».
  116. 4.1 Development imperatives: economic development and population transfer, Population transfer
  117. Tsering Shakya The Dragon in the Land of Snows, Columbia University Press, 1999, 574 pages, ISBN 978-0712665339
  118. Rolf Stein (en) Tibetan Civilization, 1972, Stanford University Press, ISBN 0-8047-0806-1, (fr) La civilisation tibétaine, Édition L'Asiathèque; 1 janvier 1992, (ISBN 2901795285).
  119. Cf (en) Dr Michael Parenti, Friendly Feudalism: The Tibet Myth, Global Research, November 18, 2007; cet auteur donne comme source : Karan, The Changing Face of Tibet, London Times, 4 July 1966.
  120. Elisabeth Martens, Histoire du bouddhisme tibétain : la compassion des puissants, L'Harmattan, 2007, p. 233.
  121. Les bergers tibétains contraints de rejoindre les villes
  122. Anne Marie Blondeau
  123. La Chine force les nomades tibétains à habiter en ville : info ou intox ?
  124. Dans la partie septentrionale du plateau Qinghaï-Tibet, la moyenne annuelle des précipitations a reculé de 100 à 80 mm, tandis que la température moyenne croissait de 1°C. En outre, à la raréfaction de l'eau potable, provoquée par le recul des glaciers, vient s'ajouter celle de l'herbe.
  125. Créer une nouvelle activité économique sur la base de 1 ou 2 habitants par km carré est impossible.
  126. (en) Jones Mark Anthony Jones, Flowing Waters Never Stale: Journey Through China, Zeus Publications, Burleigh MDC, Queensland, 2008 - (ISBN 978-1-921406-32-4) : « Many Tibetans are clearly keen to benefit from the money that the sharply increasing number of tourists bring, producing and selling all kinds of traditional handicrafts, and (...) some of these cultural products on sale to tourists have also become popular with the Tibetans themselves, which is why cultural production, now linked to tourism, is 'a very important factor in the revitalisation of Tibetan culture' ».
  127. a et b Claire Goubier et Virginie Morel, Tibet, les touristes chinois à l'assaut, Marianne, 11 août 2007].
  128. Source : Elisabeth Martens.
  129. Le Tibet, zone interdite à cent jours des Jeux olympiques.
  130. Echos du Tibet, Reportage, Le Monde, 12 décembre 2008, Bruno Philip
  131. (en) Xu Mingxu and Yuan Feng, The Tibet Question; A New Cold War, in Barry Sautman, June Teufel Dreyer (sous la direction de), Contemporary Tibet: Politics, Development, and Society in a Disputed Region, China Perspectives, No 68, novembre-décembre 2006, p. 313 : « (...) the Tibetans are changing (...). They are now using electric lights as a substitute for butter lamps. They are cooking with gas instead of yak chips. They travel by buses, cars, motorcycles, planes, and bicycles (...). They are enjoying other basic conveniences of modern times, such as telephones, movies, televisions, and running water. Computers and the Internet are entering Tibetan schools, businesses, government offices, and social services. Children, middle-aged, and even old Tibetans like to watch TV at home. They visit temples less frequently than they did in the past (...) ».
  132. (en) Isaac Stone Fish, Charity Case. Whether they like it or not, China has been very good for Tibetans, Newsweek Web, Feb 17, 2010 : « The other story is that, for China's many blunders in mountainous region, it has erected a booming economy there. Looking at growth, standard of living, infrastructure, and GDP, one thing is clear: China has been good for Tibet. Since 2001, Beijing has spent $45.4 billion on development in the Tibet Autonomous Region (TAR). (That's what the Chinese government calls Tibet, even though many Tibetans live in neighboring provinces, too). The effect: double-digit GDP growth for the past nine years. About a third of the money went to infrastructure investment, including the train connecting Beijing to Lhasa. "A clear benefit of the train was that it makes industrial goods cheaper for Tibetans, who, like everyone else in the world, like household conveniences, but normally had to pay very high prices," said Ben Hillman, a Tibet expert from the Australian National University's China Institute. The train also provides an opportunity for Tibetan goods to be sold outside of the region and for a massive increase in number of tourists, reaching more than 5.5 million in 2009—up from close to 2 million in 2005, the year before the train (...) Last month, President Hu Jintao held the Communist Party's fifth Tibet planning conference, the first since 2001, to strategize on the upcoming years. He said that Tibetan rural income will likely match China's average by 2020.  »
  133. Source : Article de Marianne des journalistes Claire Goubier et Virginie Morel du 11 août 2007.
  134. II. Poverty in Tibet « The Chinese government's claims that Tibetans have benefited greatly from their policies regarding poverty can also be tackled on their own terms. Even if one were to rely on Chinese statistics themselves there is an indication that over 70% of the people living in the Tibet Autonomous Region are below the poverty line. These figures are also confirmed by refugee reports which indicate that many people face problems with food shortages, access to health care, education, and in other areas such as employment and housing »
  135. Chine informations
  136. William Hanks, Lhassa la mort dans l'âme 1 décembre 1994 (mis à jour en 2004) L'Express.
  137. La prisonnière de Lhassa.
  138. Lanternes rouges sur les trottoirs de Lhassa, Bouddhisme actualités, janvier 2005, « A Lhassa, les clients des prostituées sont en majorité des soldats de l'Armée populaire de libération. Pour eux le Tibet représente l'affectation la plus défavorisée et, pour cela, Pékin leur assure un salaire plus élevé et de quoi s'amuser. »
  139. Frédéric Lenoir, op. cit., p. 105.
  140. (en) Barry Sautman, "Cultural genocide" and Tibet, in Texas International Law Journal, April 1, 2003 : « The emigres try to attribute "vices" found in Tibet's cities to cultural corrosion due to the Han presence. Lhasa, like many cities around the world, has abundant outlets for prostitution, gambling, and drugs.502 The ICT director has stated, "We are concerned that more and more young Tibetans are being tempted by the very worst aspects of Chinese culture." However, none of the "vices" complained of are particularly "Chinese." Billiards is a Western invention, karaoke was born in Japan, and prostitution and drugs are universals. When questioned about Lhasa's discos and nightclubs, the Tibetan vice-chairman of the TAR referred to them as part of "the Western lifestyle" and said that they added diversity to the Tibetan and Han cultures found among local people, although TAR authorities do denounce gambling and prostitution and stage raids in an effort to rid the TAR of those vices. "Vices" in Tibet decried by the emigres are for the most part also present in such religious centers as Dharamsala and Kathmandu and are not uncommon among Buddhist monks in some countries. »

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Sinisation du Tibet de Wikipédia en français (auteurs)

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