Societe royale de Medecine

Societe royale de Medecine

Société royale de Médecine

La Société royale de médecine est l'ancêtre de l'actuelle Société de médecine de Paris.

Sommaire

Fondation

La Société royale de médecine fut formée en 1778 par la fusion de la Commission de médecine à Paris pour tenir une correspondance avec les médecins de province pour tout ce qui peut être relatif aux maladies épidémiques et épizootiques, établie par arrêt du conseil du Roi en date du 29 avril 1776, et de la Commission pour l'examen des remèdes secrets et des eaux minérales.

Sa création doit beaucoup à l’action de deux médecins, Joseph-Marie-François de Lassone et Félix Vicq-d'Azyr, soutenus par des hommes politiques tels que Vergennes, Turgot et Necker. Selon un de ses biographes, François de Lassone (1717-1788), premier médecin du roi, « voulant alléger le poids des attributions dont le premier médecin du roi était alors investi, telles que l’examen des remèdes secrets, la surveillance des eaux minérales, la police sanitaire, l’étude des épidémies, etc., sentant bien que tant de questions et de si importantes ne pouvaient être examinées et jugées par un seul homme, provoqua la formation d’une société qui devait s’en occuper avec l’ensemble et la maturité convenables. Telle fut l’origine de la Société royale de médecine[1]. » Félix Vicq-d’Azyr, qui fut l’unique secrétaire et l’infatigable animateur de la future société, avait des visées plus ambitieuses. Face au conservatisme et à la sclérose intellectuelle de la Faculté de médecine de Paris, il entendait promouvoir une société savante plus ouverte au modernisme et plus dynamique.

Organisation

La Société royale de médecine était placée sous la protection du roi. Elle avait pour président perpétuel le premier médecin du roi (De Lassone, puis Lieutaud). Vicq-d’Azyr en fut élu secrétaire perpétuel, et il assuma cette fonction jusqu’à la dissolution de la société, sous la Révolution. Etaient également membres du bureau le doyen en charge et le doyen d’âge de la Faculté de Médecine de Paris. La société était formée de 30 membres (dont beaucoup étaient « docteur-régent » c’est-à-dire professeurs de la Faculté de Médecine de Paris), et 12 associés libres (dont des hommes politiques comme le ministre Vergennes, et le directeur général des finances Jacques Necker).

Son action s’appuyait sur un réseau de 150 correspondants environ, médecins plus ou moins renommés établis dans toutes les provinces du royaume, voire dans les colonies (ainsi à Saint-Domingue, et dans les établissements français de l'Inde). Certains membres correspondants étaient étrangers, comme l'illustre Américain Benjamin Franklin.

Activités

La Société avait parmi ses attributions principales celle d’enquêter sur les épidémies survenant dans le royaume, de les identifier et de les étudier, et surtout de proposer un plan de lutte pour les combattre. Elle cherchait à établir une corrélation entre le climat et la morbidité, conformément à une doctrine remontant à Hippocrate. Pour y parvenir, Vicq-d’Azyr fit imprimer deux tableaux détaillés que ses correspondants devaient remplir et retourner mensuellement, le premier concernait la climatologie, et le second les maladies observées localement. La synthèse projetée de ces milliers d’observations s’étalant sur une quinzaine d’années ne fut jamais établie.

De 1776 à 1779, la Société publia annuellement sous le titre de Histoire et mémoires de la Société royale de Médecine un ensemble de mémoires et de rapports établis par ses membres, mais cette publication fut rapidement abandonnée, faute de moyens financiers semble-t-il.

Comme toutes les sociétés savantes et littéraires du pays, elle fut supprimée par la loi du 20 thermidor an I (8 août 1793).

Références

  1. Art. Lassone, dans Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales sous la direction d’Amédée Dechambre, Paris, 1859, t. II. p. 8.

Sources et bibliographie

  • Histoire et mémoires de la Société Royale de Médecine et de Physique, tirés des registres de cette société, Paris, Didot, 1776-1779.
  • Jean-Pierre Peter, « Une enquête de la Société royale de médecine sur les épidémies, 1774-1794. Malades et maladies à la fin du XVIIIe siècle », dans Annales ESC, t. 22, n° 4, 1967
  • Virginie Tournay, « Le concept de police médicale. D’une aspiration militante à la production d’une objectivité administrative » in Politix, n° 77, 1, 2007, pp. 173-200.

Lien externe


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