Système mondial de détresse et de sécurité en mer


Système mondial de détresse et de sécurité en mer

Le système mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM ou en anglais GMDSS) est un système international qui utilise des moyens de télécommunications pour la recherche et le sauvetage en mer et la prévention des accidents maritimes.

Station radio SMDSM
à gauche MF/HF et ASN : MF/HF au centre INMARSAT C à droite VHF et ASN : VHF

Sommaire

Historique

Avant l'entrée en vigueur du système SMDSM 1999, la sécurité en mer reposait en partie sur les bons usages maritimes. Les alertes (messages de détresse) étaient envoyées à tous (l'entre-aide des gens de mer) ( [1] ).

La philosophie de la sécurité en mer du SMDSM.
Dans le système traditionnel radiotélégraphique et radiotéléphonique ou système antérieur de détresse et de sécurité en mer, c’est la station de navire, la station d'aéronef ou la station terrestre recevant la détresse qui se chargeait soit de porter secours, soit de relayer l’appel de détresse afin de déclencher les opérations de recherche et de sauvetage.
Le Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer (SMDSM 1999) est conçu pour qu'à tout moment un navire soit capable de rentrer en contact rapidement avec les autorités à terre MRCC (Maritime search and Rescue Coordination Center) qui sont chargées de coordonner les opérations de recherche et de sauvetage dans leur zone de responsabilité SAR (SRR).

Le système

Le système a été mondialisé et les gros navires en sont obligatoirement munis depuis 1999, selon leur zone de navigation, d'appareils capables d'émettre (et de recevoir) des alertes et messages de détresse qui seront captés également par des stations terrestres. Les émetteurs-récepteurs gardent en mémoire les messages émis et reçus.

Les messages se font sur des fréquences fixées et sont numériques. Il devient possible de faire des appels sélectifs numériques (ASN en français ou DSC, Digital Selective Calling en anglais) par les émetteurs-récepteurs en VHF avec ASN et par les émetteurs-récepteurs MF/HF pourvus de l'ASN.

Les transmetteurs VHF et MF/HF sont couplés à des systèmes de positionnement par satellite, la position du navire peut être également transmise dans le corps du message.

Chaque navire se voit attribuer un numéro MMSI (Identité du service maritime mobile, Maritime Mobile Service Identity en anglais) de neuf chiffres, les 3 premiers (ou MID) correspondants à sa nationalité ou sa région géographique[2]. Le ou les émetteurs-récepteurs doivent être en service à la mer 24h/24.

Le centre terrestre responsable de la zone (MRCC, Maritime Rescue Coordinating Centre en anglais, en France les centres opérationnels de surveillance et de sauvetage ont une fonction de MRCC) prend en charge la gestion de l'alerte et se charge de déployer les secours.

Schéma exemple des limites de zones d'exploitation du SMDSM

Des zones maritimes ont été définies : près des côtes (zones de couverture d'au moins une station côtière travaillant en bandes métriques (VHF) et utilisant l'appel sélectif numérique), un peu plus large (zone de couverture d'au moins une station côtière travaillant en bandes hectométriques et utilisant l'appel sélectif numérique), le grand large (zone de couverture d'un satellite géostationnaire d'Inmarsat dans laquelle la fonction d'alerte est possible, à l'exclusion des zones A1 et A2 et utilisant l'appel sélectif numérique)) et les zones des pôles (zone hors A1, A2, A3). Elles sont nommées zone A1, zone A2, zone A3 et zone A4 (zone des pôles). L'alerte doit pouvoir être donnée à tout moment dans toutes les zones : dans la zone A1 par la VHF avec ASN, dans la zone A2 par la MF avec ASN, dans la zone A3 avec la HF avec ASN ou, par Inmarsat, dans la zone A4 par la HF avec ASN.

Dans les zones A3 et A4 les radiobalises satellitaires fournissent une deuxième méthode d'alerte de détresse. Les radiobalises de localisation des sinistre (RLS) facilitent la recherche et le sauvetage, de même que le transpondeur de recherche et sauvetage (SART) facilite le repérage des radeaux de sauvetage.

Un récepteur Navtex à bord permet de recevoir les renseignements sur la sécurité maritime (RMS), comme les Avurnavs, les bulletins météo spéciaux et tout ce qui concerne la sécurité de la navigation.

Les zones SMDSM 1999

Les installations à terre : Chaque État décide du classement de ses côtes ( [3] ).

Depuis février 1999 : Quatre zones de couverture radioélectrique sont définies ( [4] ) dans lesquelles les navires doivent pouvoir:

Émetteur récepteur d'appel sélectif numérique
  • Émettre et recevoir des signaux de repérage ;
  • Recevoir des alertes de détresse terre/navire ;
  • Émettre et recevoir des communications sur place ;
  • Émettre et recevoir des alertes de détresse navire/navire
  • Émettre et recevoir des radiocommunications d'ordre général ;
  • Émettre et recevoir des communications de passerelle à passerelle.
  • Émettre et recevoir des renseignements sur la sécurité maritime (RSM) ;
  • Émettre des alertes de détresse navire/terre (par deux moyens différents) ;
  • Émettre et recevoir des communications de coordination des opérations de recherche et sauvetage ;

La zone A1

  • En zone A1, l'État s'impose une couverture radioélectrique d'au moins une station côtière travaillant en ondes métriques et utilisant la technique d’appel sélectif numérique (ASN) en VHF sur la fréquence 156,525 MHz (voie 70 des ondes métriques).

La zone A2

  • En zone A2, l'État s'impose une couverture totale en ondes hectométriques avec appel sélectif numérique (ASN) cela par la couverture radioélectrique d'au moins une station côtière travaillant en ondes hectométriques et utilisant la technique d’appel sélectif numérique sur la fréquence 2187,5 kHz (ASN).
Les territoires dans la zone A2
Les stations côtières des États qui ne participent pas au SMDSM de 1999 donc en VHF sont dispensées d'avoir une couverture radioélectrique en appel sélectif numérique sur le canal 70. La couverture radioélectrique est: en ondes hectométriques sur le canal 2187,5 kHz en veille automatique par l'appel sélectif numérique, et proche de la côte en ondes métriques sur le canal 16 en radiotéléphonie.

La zone A3

En zone A3, l'État est dispensé d'avoir une couverture radioélectrique en ondes métriques et en ondes hectométriques en appel sélectif numérique. (Donc sans la technique d’appel sélectif numérique sur les fréquences 2187,5 kHz (ASN) et 156,525 MHz (ASN) de la voie 70 ).

La zone A3 est limitée à la couverture radioélectrique par

  • le service Inmarsat B ou par le service Inmarsat C (International maritime satellite), entre les 70°N et 70°S ;
  • ou également dans la portée d'une station côtière HF. La fréquence d’appel sélectif numérique en HF est 8414,5 kHz (portée < 3000 km de jour et le monde dans la nuit). À côté de la fréquence d'appel sélectif numérique 8414,5 kHz, on veille sur une deuxième fréquence décamétrique d’appel sélectif numérique : 4 207,5 kHz, 6 312 kHz, 12 557 kHz ou 16 804,5 kHz.
Stations côtières en zone A3

La zone A4

La zone A4 est la zone hors A1, A2 et A3, soit au-delà des 70° Nord et 70° Sud, c'est-à-dire l’Arctique et l’Antarctique (zone polaire).

  • Couverte uniquement en HF 8414,5 kHz (onde décamétrique). Portée < 3000 km de jour et le monde dans la nuit.
  • À côté de la fréquence (ASN) 8414,5 kHz, on veille sur une deuxième fréquence décamétrique d’appel sélectif numérique : 4 207,5 kHz, 6 312 kHz, 12 557 kHz ou 16 804,5 kHz.

Ces zones SMDSM 1999 en Europe sont illustrées ci-contre. [1]

Les zones SMDSM A1 à A3 en Europe

Depuis février 1999 en Europe, les côtes sont classées A1, A2 et A3 pour les cas d’appel sélectif numérique :

  • La zone A1 est dans la portée d'une station radio côtière VHF. Fréquence 156,525 MHz (voie 70 des ondes métriques) jusqu'à 40 km de la côte.
  • La zone A2 est dans la portée d'une station côtière (onde hectométrique) sur la fréquence 2187,5 kHz jusqu'à 600 km de la côte.
  • La zone A3 est la zone hauturière entre les latitudes 70° Nord et 70° Sud couverte par le service Inmarsat (International maritime satellite), ou également dans la portée d'une station côtière HF: 8414,5 kHz. Portée < 3000 km de jour et le monde dans la nuit.

Navtex

En zones A1 et A2, les États doivent en outre assurer une diffusion des Renseignements sur la Sécurité Maritime (RSM) à l'aide du système Navtex.

Compatibilité des systèmes

Émetteurs récepteurs SMDSM 1999 de passerelle avec l'ASN.
Système antérieur. Veille radio dans un navire de pêche sans l'ASN.

La réforme de 1999 a automatisé et simplifié le système d'appel de détresse, mais l'ancienne méthode de la veille radio cohabite en raison des installations anciennes toujours présentes.

Dans les régions où le nouveau SMDSM 1999 est généralisé, il n'y a plus de veille radiotélégraphique, radiotéléphonique (l’officier chargé du quart est ainsi libéré), les postes radiotéléphoniques sont inactifs à l'exception de la veille sur le Canal 16 ( jusqu’à ce que le comité de la sécurité maritime de l’OMI décide de suspendre cette obligation, tout navire à la mer doit rester en permanence à l'écoute de la voie 16 en VHF. Cette veille doit être assurée au poste de navigation habituel du navire ) [5]; la veille radio est alors une veille automatique par l'appel sélectif numérique sur le canal 70, sur la fréquence 2 187,5 kHz, sur la fréquence 8 414,5 kHz et par l’INMARSAT.
Cependant, en Afrique, en Amérique du Sud côté Est et aux DOM-TOM région ou département d’outre-mer et territoire d’outre-mer, l'ancien système est majoritaire, le Canal 16 et le 2 182 kHz avec (4 125 kHz, 6 215 kHz, 3 023 kHz et 5 680 kHz) sont les seuls moyens standards pour joindre la côte (ou l’appel d’une station HF comme Monaco Radio 3AC).
La flotte de navires d'un État en zone A3, cette flotte de navires est dispensé d'avoir une couverture radioélectrique en appel sélectif numérique. Donc cette flotte de navires utilise toujours le système antérieur de détresse et de sécurité en mer. La couverture radio est alors compatible avec les stations côtières de leurs États placés en zone A3.

Il en résulte la cohabitation de deux flottes :

Pour résoudre cette cohabitation, la veille radio des navires SMDSM 1999 équipés en ASN sur 4 zones + le Canal 16. En cas d'appel sélectif numérique, l'officier chargé du quart se connecte en radiotéléphonie sur le système antérieur ( non ASN ) qui est utilisé par les navires et les stations côtières non équipées de l'ASN. Donc, à la réception de l'appel sélectif numérique, le navire équipé SMDSM 1999 passe sur une fréquence radiotéléphonique de la même bande radio pour communiquer avec l’autre flotte.
(En ASN, il est possible de transmettre un rendez-vous sur une fréquence de travail sans passer par la fréquence de veille en radiotéléphonie).

Tableau des systèmes

Tableau comparatif des systèmes de détresse et de sécurité en mer

Système antérieur dans les navires [6] SMDSM 1999 dans les navires Types et fonctions
sans 490 kHz [7] réception Système Navtex en langue locale. Réceptions des Renseignements sur la Sécurité Maritime (RSM) jusqu'à 300 milles marins (zone côtière)
500 kHz veille obligatoire jusqu'en 1999 Non SMDSM depuis février 1999 [8]. Fréquence internationale de détresse en radiotélégraphie. (SOS). Veille radiotélégraphique obligatoire jusqu'en 1997 dans tous les paquebots et dans les navires de charge de 1600 Tx et plus ( [9] ) et ( [10] ) .
518 kHz réception 518 kHz réception Système international Navtex [11] . Réceptions des Renseignements sur la Sécurité Maritime (RSM) jusqu'à 300 milles marins (zone côtière)
2174,5 kHz 2 174,5 kHz Fréquence internationale de détresse, d'urgence et de sécurité en radiotélex
2 182 kHz veille obligatoire 2 182 kHz Fréquence internationale de détresse en radiotéléphonie en USB de la bande 1,605 MHz à 4 MHz.
2187,5 kHz 2 187,5 kHz veille obligatoire Fréquence internationale d’appel sélectif numérique de la bande 1,605 MHz à 4 MHz avec MMSI. Puis radiotéléphonie sur la fréquence de 2 182 kHz
3023 kHz 3 023 kHz Fréquence d’urgence aéronautique en radiotéléphonie en USB. Interconnexion (air/mer/terre)
sans 4 209,5 kHz réception [12] Système Navtex en zone tropicale. Réceptions des Renseignements sur la Sécurité Maritime (RSM)
4125 kHz 4 125 kHz Fréquence auxiliaire à 2 182 kHz. (air/mer/terre), inter-aéronef en USB. P maxi 1 kW
sans 4 207,5 kHz Fréquence internationale d’appel sélectif numérique. Supplémentaire à 8 414,5 kHz Ralliement de détresse sur 4 125 kHz en USB
5680 kHz 5 680 kHz Fréquence d’urgence aéronautique en radiotéléphonie en USB. Interconnexion (air/mer/terre)
6215 kHz 6 215 kHz Fréquence auxiliaire à 2 182 kHz en U.S.B. P maxi 1 kW
sans 6 312 kHz Fréquence internationale d’appel sélectif numérique. Supplémentaire à 8 414,5 kHz Ralliement de détresse sur 6 215 kHz en USB
8 364 kHz Non SMDSM depuis février 1999 [8]. Fréquence internationale de détresse, naufragés, survivants, embarcations et radeaux de sauvetage en radiotélégraphie. (SOS).
sans 8 414,5 kHz veille obligatoire zone A4 (et zone A3 sans Inmarsat) Fréquence HF internationale d’appel sélectif numérique avec MMSI. Zone A4. (et zone A3 sans Inmarsat) Ralliement de détresse sur 8 215 kHz en USB
sans 12 557 kHz Fréquence internationale d’appel sélectif numérique. Supplémentaire à 8 414,5 kHz Ralliement de détresse sur 12 290 kHz en USB
sans 16 804,5 kHz Fréquence internationale d’appel sélectif numérique. Supplémentaire à 8 414,5 kHz Ralliement de détresse sur 16 420 kHz en USB
121,500 MHz 121,500 MHz Fréquence d’urgence aéronautique en AM (en vue d'un aéronef). Dégagement sur 123,1 MHz
sans 156,525 MHz veille obligatoire zone A1 Canal 70 d'appel en ASN dans la Zone A1. Ralliement de détresse sur la voie 16 en FM
156,8 MHz veille obligatoire 156,8 MHz veille obligatoire voie 16 ou canal 16 internationale de détresse des ondes métriques en radiotéléphonie en FM.
406 à 406,1 MHz 406 à 406,1 MHz ( [13] ) Radiobalises de localisation de sinistre (RLS) en transmission du MMSI. Radioralliement sur 121,500 MHz.
1645,5 à 1646,5 MHz 1645,5 à 1646,5 MHz veille obligatoire zone A3 Message Inmarsat B ou C en Zone A3 (ou sans Inmarsat veille sur la fréquence 8414,5 kHz )


Navire en zone A1


Liste des matériels radios exiges en zone A1 des navires de charge de jauge brute supérieure à 300, des navires de pêche de longueur supérieure a 45 m, des navires à passagers de navigation internationale 


Liste des matériels radios exiges en zone A1 des navires de charge de jauge brute inférieure à 300 


Liste des matériels radios exiges en zone A1 des navires de pêche de longueur inférieure a 45 m et des navires à passagers de navigation nationale 4e et 5e catégories 

Notes et références

  1. On trouvera plus de détails sur l'article consacré au naufrage du Titanic en 1912.
  2. UIT références
  3. L’ensemble des renseignements concernant chaque État est rassemblé dans GMDSS master plan diffusé par l’OMI ou encore le plan cadre sur le SMDSM.
  4. http://pagesperso-orange.fr/SMDSM/images/214.jpg
  5. Article 219.24.3 division 219
  6. Système antérieur est toujours utilisé dans les navires de l'Afrique, de l'Amérique du Sud côté Est et des DOM-TOM région ou département d’outre-mer et territoire d’outre-mer
  7. RÉSOLUTION N° 329 (Mob-87): Procédure applicable aux stations émettant des renseignements de type NAVTEX sur les fréquences 490 kHz et 4209,5 kHz
  8. a et b REFLETS DE L'OMI CATASTROPHES ET SURVIE - LE SAUVETAGE EN MER page 11 le code Morse n'est plus utilisé.
  9. Convention radiotélégraphique internationale de 1912
  10. Convention SOLAS adoptée en 1914.
  11. RÉSOLUTION N° 324 (Mob -87): Procédures à appliquer pour la coordination de l'utilisation de la fréquence 518 kHz pour le système NAVTEX international
  12. RÉSOLUTION N° 332: Utilisation de la fréquence 4209,5 kHz pour les émissions du type NAVTEX dans le service mobile maritime
  13. Résolution 205 (rév.Mob-87)

Voir aussi

Liens externes


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