Tintin au Pays des Soviets


Tintin au Pays des Soviets

Tintin au pays des Soviets

Tintin au pays des Soviets
1e album de la série Les Aventures de Tintin
Genre(s) Franco-Belge
Aventure
Auteur Hergé

Personnages principaux Tintin
Milou
Lieu de l’action Belgique
Allemagne
Union Soviétique
Époque de l’action 1929-1930

Éditeur Casterman
Première publication 1929
Nombre de pages 137

Prépublication Le Petit Vingtième
Albums de la série Les Aventures de Tintin
Tintin au Congo

Tintin au pays des Soviets (Les aventures de Tintin reporter au "Petit Vingtième" au pays des Soviets, Hergé, 1930, Belgique) est le premier album de bande dessinée des aventures de Tintin, publié initialement en noir et blanc entre le 10 janvier 1929 et 1930 dans les pages du Petit Vingtième, supplément du journal Le Vingtième Siècle.

Sommaire

Synopsis

Au temps de l'URSS de Staline, le reporter belge Tintin et son chien Milou sont envoyés à Moscou par le journal Le Petit Vingtième. Un agent secret soviétique voulant empêcher Tintin de mener à bien son reportage est à bord du même train qu'eux. Alors que le train passe par l'Allemagne, il le fait exploser, afin de tuer Tintin. Tintin et Milou échappent à la mort, mais le reporter est accusé de l'attentat et est enfermé. Il réussit néanmoins à sortir de la prison, grâce au déguisement qu'il a volé à un gardien, et poursuit son voyage jusqu'en URSS. Lorsqu'il arrive avec Milou à Stolbsty, il est immédiatement traqué par le Guépéou...

Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.

En faisant un tour en ville, il s'aperçoit que les dirigeants forcent les habitants au communisme. Lorsqu'il revient, de nouvelles tentatives d'arrestation s'abattent sur lui. À son arrivée à Moscou, il est de nouveau arrêté et on essaie de le torturer, mais il réussit à s'échapper en empruntant un scaphandre et en nageant dans la rivière, avant de se battre à nouveau contre des agents. Tintin constate que Moscou est devenu un « bourbier infect ». Il s'aperçoit également que le communisme fait rage dans la ville et que seuls les communistes parviennent à se sortir de la misère. Tintin s'engage dans l'armée soviétique, pour mieux en comprendre les manœuvres ; il comprend que l'armée va enlever le blé aux koulaks (paysans riches). Tintin réussit à sauver le blé mais est condamné à mort. En s'échappant, il s'enfonce dans les régions polaires russes, où le Guépéou le pourchasse. Les aventures se succèdent (une cabane hantée, un repaire secret, Tintin qui s'envole en avion, arrive à un aérodrome allemand, est repris par le Guépéou, est enfin sauvé par Milou). Lorsqu'ils arrivent à Berlin, un homme du Guépéou cherche à le chloroformer, mais Tintin réussit à le faire arrêter. Lorsqu'il réessaie de retourner en Union Soviétique, sa superbe voiture dérape et tombe dans un train qui dirige nos héros vers Bruxelles, où ils sont accueillis en héros.

Personnages

La plupart des personnages sont secondaires. Nombreux sont anonymes. Parmi les rares affublés d'un patronyme, on notera :

  • Dimitrieff Solowztenxopztzki (apparaît à la page 53 ; avec son collègue, il cherche à couler le bateau de Tintin)
  • Lulitzosoff (apparaît à la page 93 ; il capture Tintin, mais celui-ci se libère).
  • Rodrobertine est le nom d'un aviateur confondu avec Tintin (déguisé en aviateur pour s'échapper).

Citations

  • Un agent du Guépéou rêvant de capturer Tintin : « Je serai décoré de l'ordre de la « faucille d'aluminium étiré » ! »
  • Tintin : « De cette ville magnifique qu'était Moscou, voilà ce que les soviets ont fait : un bourbier infect ! »
  • Tintin : « Ainsi pendant que le peuple meurt de faim, d'immenses quantités de blé partent à l'étranger pour attester de la soi-disant richesse du paradis soviétique. »
  • Un policier allemand : « Ce document nous révèle que l'homme est un bolcheviste et qu'il avait l'intention de faire sauter à la dynamite toutes les capitales d'Europe. »
  • Tintin : « Encore une des plaies de la Russie actuelle, ces bandes d'enfants abandonnés, vagabondant dans les villes et les campagnes, vivent de vol et de mendicité. »
  • Milou : « Pauvres gosses. »
  • Milou : « Je ne t'abandonnerai jamais, ô Tintin. »

Contexte

Un pamphlet contre le système bolchevique

Le 10 janvier 1929, Hergé crée, sur commande de l'abbé Wallez, propriétaire du journal Le Vingtième Siècle, le personnage de Tintin pour le supplément jeunesse Le Petit Vingtième. À cette époque, régnait une obsession anti-communiste très importante et il ne paraissait pas trop mauvais aux responsables du journal de mettre leurs jeunes lecteurs au courant de leur vision du bolchevisme.[réf. nécessaire]

C'est l'abbé Norbert Wallez, directeur du Vingtième Siècle, qui a l'idée d'inventer un personnage qui pourra montrer aux jeunes Belges la situation en URSS. Il confie ce projet à Hergé, rédacteur en chef du Petit Vingtième. C'est ainsi que naît Tintin.

L'abbé Wallez, politiquement très à droite[réf. nécessaire], compte sur ce « reportage » pour dénoncer les méfaits du communisme. Ainsi, Hergé joue avec la prétendue bonne santé économique de l'Union : le héros Tintin visitant une usine s'aperçoit qu'elle n'est en fait qu'un simple décor. Il découvre également qu'on ne distribue pas de pain aux jeunes enfants non communistes, et que le gouvernement détourne les récoltes des paysans à des fins de propagande à l'étranger. Il existe aussi une scène où trois communistes s'adressent à un rassemblement de personnes pour procéder à un « vote » entre une liste communiste et une liste non communiste. Les trois communistes demandent à ceux qui sont pour la liste non communiste de lever la main, le tout en braquant leurs revolvers sur la foule. Personne n'osant lever la main, la liste communiste est donc élue à l'unanimité.

Pour créer Tintin au pays des Soviets, Hergé n'a pas eu le loisir de visiter le pays dans lequel Tintin était envoyé, ni de s'inspirer d'une documentation abondante. Tous les éléments que contient cet épisode furent fournis par Moscou sans voiles[réf. nécessaire], écrit par Joseph Douillet, ancien consul de Belgique en Russie, à Rostov-sur-le-Don. Dans son ouvrage, Douillet attaque vivement le communisme et le gouvernement soviétique ; Tintin au pays des Soviets est en quelque sorte la mise en BD de Moscou sans voiles, qui constituait sa principale source documentaire[1].

Des sources documentaires limitées

Hergé n'étant jamais allé en URSS, il puise principalement ses informations[réf. nécessaire] dans le livre Moscou sans voiles écrit par Joseph Douillet, ancien consul de Belgique en URSS. Il en copie des passages entiers, par exemple une scène où des communistes se font élire en menaçant les votants avec leurs revolvers (page 33). Ci-après une citation tirée du livre de Douillet :

« Le communiste camarade Oubiykone (président sortant du comité exécutif) prononça un discours. Voici en quels termes il apostropha la foule :

"Trois listes sont en présence : l’une est celle du parti communiste. Que ceux qui s’opposent à cette liste lèvent la main !" Simultanément, Oubiykone et ses quatre collègues sortirent leurs revolvers et désignèrent la foule des paysans, l’arme menaçante au poing. Oubiykone continua :

"Qui donc se déclare contre cette liste ? Personne ? Je déclare que la liste communiste passe à l’unanimité. Il devient donc inutile de faire voter pour les deux autres." »

Autre citation de Douillet ayant manifestement inspiré Hergé :

« Dans un village où il y avait dix écoles, il ne subsista sous le régime soviétique qu’un lycée : mixte. Les communistes réunissent en effet, avec une préméditation immorale, les deux sexes dans les écoles. »

Plus tard, Hergé dira[réf. nécessaire] qu'alors, il ne savait de l'URSS que ce que l'on en disait dans son milieu qui était la petite bourgeoisie bruxelloise. Comme pour Tintin au Congo, il s'en voudra[réf. nécessaire] ensuite de s'être aussi peu documenté et d'avoir rempli ces aventures des clichés de l'époque. Plus tard, il cherchera à éviter de telles erreurs en produisant un travail de documentation considérable pour chaque histoire.

« J’étais employé dans un journal (Le Petit Vingtième) et il y avait au-dessus de moi le rédacteur, et au-dessus du rédacteur, il y avait le reporter. Et le reporter, c’était le grand voyageur, à l’époque où il y avait la croisière jaune, où il y avait tous ceux qui parcouraient le monde comme Kessel. J’ai donc voulu faire de Tintin un reporter de journal qui lui aussi allait voyager. Et pour son premier voyage, la chose qui m’a paru la plus importante à l’époque, c’était ce pays dont nous parvenaient des échos terrifiants et bien souvent contradictoires, c’était la Russie des Soviets. »

(Source: [1])

Autour de l'œuvre

La deuxième œuvre d'Hergé

Hergé avait appris à faire de la bande dessinée amateur de 1926 à 1929 avec sa BD scoute ancêtre de Tintin, Totor, CP des Hannetons ; c'est en créant ce récit qu'il a appris à le faire de manière plus professionnelle.[réf. nécessaire]. Tintin, au début de l'histoire, n'a pas de traits fins et a l'air d'un gros scout lourdaud[réf. nécessaire], mais à la fin, il ressemble beaucoup plus au personnage que l'on connaît. Cependant, la technique du dialogue intégré au dessin est loin d'être la meilleure. D'une certaine façon, ces 138 planches ont permis à Hergé tout un apprentissage.

Tintin au pays des Soviets, publié initialement avant-guerre à 5 000 exemplaires, fut le seul des albums à ne pas se trouver repris par Casterman, selon la volonté d'Hergé[réf. nécessaire]. L'album devint vite introuvable et les collectionneurs étaient évidemment prêts à payer très cher pour en avoir un exemplaire. Aussi, des contrefaçons virent-elles le jour. Ce n'est qu'en 1973, que l'album se trouva à nouveau publié sous la forme d'un volume des Archives Hergé. En 1981, pour contrer de nouvelles versions pirates, Tintin au pays des Soviets fut réédité sous forme d'un véritable fac-similé. Pour les 70 ans de Tintin, Casterman, avec l'autorisation de la Fondation Hergé, publia Tintin au pays des Soviets, toujours en noir et blanc, sous la même forme que les autres albums, contre la volonté d'Hergé[réf. nécessaire] qui voulait que le premier album de Tintin reste en dehors de la véritable série.

Une version "pirate" en couleurs circule toujours.[réf. nécessaire]

Un héros encore brouillon

Le personnage de Tintin étant tout nouveau, le dessin s'affine au cours de l'aventure. La « houppette » du héros n'est pas toujours de la même forme. Bien qu'il soit en noir et blanc, cet album a permis à Hergé de développer son dessin. Le caractère de Tintin n'est pas encore complètement défini. C'est l'un des trois albums où l'on peut voir Tintin ivre (les autres étant L'Oreille cassée et Le Crabe aux Pinces d'Or). Cependant, il est déjà généreux : il invite un mendiant à dîner avec lui (le mendiant se révèlera être un agent du Guépéou déguisé).

Un style épisodique

En raison du type de publication (deux pages par semaine), l'aventure ressemble à une suite de gags ou de mini-péripéties, entrecoupée par des dénonciations du totalitarisme soviétique. À la fin de chaque seconde planche, Tintin est régulièrement en danger pour maintenir le suspense. Chaque semaine, le travail d'Hergé consiste à sortir Tintin du danger qui le menace ou à en inventer un nouveau.

Analyse

Anecdotes

Le 8 mai 1930, lorsque l'aventure eut fini de paraître au Petit Vingtième, le journal annonça le retour de Tintin à la Gare du Nord de Bruxelles et engagea quelqu'un pour jouer le rôle de Tintin.[réf. nécessaire] Une foule se précipita aussitôt à la gare,[réf. nécessaire] preuve du succès de l'œuvre d'Hergé. La scène fut d'ailleurs reprise dans l'album.

Adaptations

Cet album n'a jamais été adapté en dessin animé.

Voir aussi

Références

  1. Tintin, le rêve et la réalité : L'histoire de la création des aventures de Tintin, de Michael Farr, édition Moulinsart, 2001
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