Tirailleurs algeriens


Tirailleurs algeriens

Tirailleurs algériens

Les tirailleurs algériens étaient des unités d’infanterie de l'armée de terre française composées d’Algériens dits indigènes (Troupes d'Afrique). Ils ont existé de 1842 à 1964.

drapeau du 7e RTA en 1917
1er RTir d'Epinal (sous-officier) - 16e RTT (troupe) - 22e RTA (troupe) écussons modèle 1945.

Sommaire

Histoire

Le terme de « tirailleur » désigne la majorité des troupes d’infanterie recrutées dans les territoires coloniaux. Il ne s’agit pas d’un terme péjoratif (« tirer ailleurs ») censé se moquer de leur faible capacité au tir, mais d’un terme tactique les opposant à l’infanterie de ligne. Le tirailleur est un soldat progressant en ordre dispersé et en tirant constamment.

Dès les premières conquêtes coloniales, les soldats français s’entourent de troupes indigènes. Elles connaissent la culture locale, le pays et l’adversaire et subissent beaucoup moins les différents climats que les Occidentaux. Les tirailleurs algériens apparaissent en 1842, les tirailleurs sénégalais en 1857, les Marocains en 1912 et servent de force de souveraineté dans les territoires conquis. Peu à peu, ils sont amenés à servir hors de leur territoire d’origine et stationneront même régulièrement en France entre 1918 et 1960. Leur implication au service de la France et leur « exotisme » les rendront souvent extrêmement populaires. Le commandement français aura constamment une grande confiance dans les troupes issues de l’empire colonial.

Dans l'armée d'Afrique, les unités de tirailleurs, recrutés parmi les indigènes, s'opposent aux unités de zouaves, recrutés parmi les européens et juifs. Les tirailleurs tunisiens sont intégrés aux tirailleurs algériens : les régiment tunisiens portent des numéros d'unités multiple de quatre.

Ils se sont illustrés à Laghouat en 1852, au Tonkin en 1885, à Verdun en 1916, en Tunisie (1942-1943), en corse (1943), en Italie (1943-1944), sur l'Île d'Elbe (1944), en Provence (1944), dans les Vosges (1944), en Alsace (fin 1944-début 1945) et en Indochine plus particulièrement à la Bataille de Điện Biên Phủ en 1954. Les soldats algériens ont fourni près de la moitié des 290 000 musulmans de l'armée d'Afrique, on comptait 134 000 Algériens « musulmans » alors que l’Algérie n’était peuplée que de 7 millions d’habitants. On comptait aussi 130 000 sur une population de 700 000 en 1943.

Les régiments de tirailleurs algériens (R.T.A) certaines unités ont été réduites à de simples bataillons suivant les périodes (B.T.A). Puis ils deviennent en 1958 « régiments de tirailleurs » (R.T), le « A » disparaissant. En 1964, les Tirailleurs sont dissous, et à leur place on forme des bataillons de chasseurs ou de régiments d'infanterie.

Apres la décolonisation, les tirailleurs n'auront pas la reconnaissance qu'ils méritaient et on ne reparleras d'eux qu'après le film Indigènes en 2006.

Tenue

  • La tenue historique des tirailleurs dite « à l'orientale » dont l'origine remonte à la création des premières unités vers 1840. Cet uniforme comprend :
  • La veste : De forme boléro, elle est de teinte bleu céleste ou encore bleu tirailleur. Les coutures s'ornent d'un cordonnet de couleur jaune qui forme pour le sous-officier de magnifiques chamarrures. Sur chaque devant, un galon jaune dissimule une fausse poche et remonte vers l'encolure en dessinant un trèfle. Cette fausse poche s'appelle tombô. La couleur de son fond servait à l'origine, à distinguer le recrutement et la localisation des premiers régiments de tirailleurs. Garance (rouge vif) correspondait au 1er RTA d'Alger, blanc au 2e RTA d'Oran et jaune au 3e RTA de Constantine, bleu étant attribué aux unités recrutées en Tunisie.
  • Le pantalon : Le fameux saroual de couleur bleu ciel ou blanc selon la saison. Il est fort ample, avec de nombreux plis à la taille qui lui donnent un aspect bouffant dans le bas. Par ailleurs, ce pantalon ne comporte pas de fond selon une ancienne pratique orientale. Cette ouverture s'appelle le trou de Lamoricière.
  • la coiffure peut-être le chèche ; bande de tissu blanc enroulée autour de la tête, ou la chéchia ; sorte de calotte de feutre cramoisie. Dans ses grandes lignes, c'est un modèle identique à celui des zouaves et des spahis. La plus grande différence réside dans le choix des couleurs.
  • La ceinture : Longue bande de laine cramoisie (rouge foncé) qui permettait de protéger l'abdomen du froid et évitait ainsi les maux intestinaux. Pièce traditionnelle de la tenue des tirailleurs, elle est portée par les tirailleurs et les sous-officiers. Cette ceinture s'observait dans toutes les unités de l'armée d'Afrique. Elle se différenciait par sa teinte : "cramoisie", elle était la ceinture des troupes indigènes : tirailleurs et Spahis ; "bleue" elle était attribuée aux troupes de souche européenne : légion étrangère et zouaves. Les officiers ne porte pas cette ceinture car ayant eu le droit au médicament à l'époque, il n'avait pas besoin de se protéger car ils étaient en mesure de se soigner. Voilà pourquoi seuls les tirailleurs et les sous-officiers portent cette ceinture.
  • Ecussons de bras : couleur du fond bleu ciel, nombre de soutaches trois, couleur des soutaches jaune*, attribut le croissant (symbole de l'Islam), attribut cadres (officiers, sous officiers) couleur or, Attribut troupe (hommes de troupe, caporaux) couleur jaune*, (*jonquille). Voir si dessus exemple.

La mascotte du régiment

  • En plus de cette tenue particulière, l'originalité de la Nouba se confirme par la présence d'un chapeau chinois, qui est celui du 7e RTA, et celle d'un bélier mascotte qui défile en tête lors des prestations. Les tirailleurs, principalement recrutés parmi les pasteurs et les montagnards d'Afrique du Nord, étaient très attachés à la mascotte de leur régiment généralement un ovin, bélier, mouflon ou bouc, choisi pour la splendeur de ses cornes. Il était également considéré comme un porte-bonheur. Avec ses qualités de détermination, de puissance et surtout de virilité, cet animal symbolisait pour eux les qualités essentielles du guerrier. Ce bélier qui est actuellement la mascotte du régiment se nomme messaoud, ce qui signifie chance en arabe.

Principaux engagements et combats

Classés par régiment et par date :

1er Régiment de Tirailleurs Algériens

insigne des tirailleurs

2e Régiment de Tirailleurs Algériens

3e Régiment de Tirailleurs Algériens

Le 3e RTA à Woerth en 1870
  • 1914
    • Vers Charleroi: Oret, Mettet (23 août), Florennes (24 août)
    • Retraite des IIIe et IVe Armées: Courgivaux, Petit-Morin
    • Bataille de la Marne: Cuts-la-Pommeraye (15-17 septembre)
  • 1915
    • Ire et IIIe Armées en Argonne et sur la Meuse: Plateau des Loges
    • Bataille de Champagne: attaque du 25 septembre, Epine de Védegrange
  • 1916
    • Bataille de Verdun: Louvemont, Côte-du-Poivre (février), Souville (juillet)
    • Reprise des Forts de Douaumont et de Vaux: Bois le Chaume, Bezonveaux (15 décembre)
  • 1917
    • Verdun: Cote 304
  • 1918
    • Moreuil (8 août)
    • Noyon (28 août)
    • Chauny, Ternier

4e Régiment de Tirailleurs Tunisiens

drapeau du 4e RTT en 1917
  • 1914
  • 1915
    • Offensive secondaire des Flandres: Grande dune près Nieuport (28 janvier)
    • Offensive d'Artois: Cote 140, Crête de Vimy (9 mai)
    • Bataille de Champagne: Butte de Souain, Bois Sabot (25 septembre)
  • 1916
  • 1917
    • Mont Sans-Nom, Auberive (17 avril)
  • Verdun
  • 1918
    • Villers-Bretonneux, Bois de Hangard (26 avril)
    • Montagne-de-Paris, Missy-aux-Bois, Chaudun (29 mai-1er juin)
    • Amblény (12 juin)
    • Saint-Pierre l'Aigle, Dommiers, Chaudun (18 juillet)
    • Tunnel de Vauxaillon, Neuville-sous-Marginal (28 août-17 septembre)

5e Régiment de Tirailleurs Algériens

6e Régiment de Tirailleurs Algériens

7e Régiment de Tirailleurs Algériens

  • 1914
  • 1915
  • 1916
  • 1917
    • Mont-sans-Nom, Auberive (17 avril)
    • Verdun
  • 1918
    • Villers-Bretonneux, Bois du Hangard (26 avril)
    • Montagne de Paris, Missy-aux-Bois, Chaudun (29 mai - 1er juin)
    • Amblémy (12 juin), Saint-Pierre-l'Aigle, Daumiers, Chaudun (18 juillet)
    • Tunnel de Vauxaillon, Neuville-sous-Marginal (28 août - 17 septembre)

8e Régiment de Tirailleurs Algériens

9e Régiment de Tirailleurs Algériens

11e Régiment de Tirailleurs Algériens

13e Régiment de Tirailleurs Algériens

19e régiment de tirailleurs Algériens

Citations

Albert Malet décrit ainsi l'épisode de la retraite sur Reichshoffen après la bataille de Wissembourg en 1870 :

«  L'armée française, battue le 4 à Wissembourg, est refoulée de Woerth par l'armée du Prince Royal de Prusse. Pour couvrir sa retraite Mac-Mahon sacrifie ses dernières troupes de réserve. Alors apparurent les tirailleurs algériens. Ils avaient combattu l'avant veille toute la journée à Wissembourg. Ils étaient 1700. Déployés en ligne, comme à la parade, sans tirer un coup de feu, criant d'une seule voix: « À la baïonnette! », ils s'élancèrent. Rien ne tint devant eux. En quelques minutes, ils reprennent les pièces perdues, le village d'Elsasshausen et, toujours courant, poursuivaient les Allemands jusqu'à la lisière d'un bois. Là, contre un ennemi bien à couvert, leurs charges, trois fois renouvelées, furent vaines. Quand les tirailleurs, décimés par la mitraille, se retirèrent, ils laissèrent sur le terrain 800 hommes, la moitié de leur effectif. La charge des tirailleurs, la résistance acharnée de quelques débris de régiment [...], permirent la retraite sur Reichshoffen[1]. »

Le général Monsabert dira à propos des tirailleurs et des pieds-noirs ayant combattu durant la campagne 1942-1945 :

«  C'est grâce à l'Armée d'Afrique que la France a retrouvé non seulement le chemin de la victoire et la foi en son armée, mais aussi et surtout l'Honneur et la Liberté[2]. »

Notes

  1. Albert Malet, Histoire de France 1789 à 1875, Hachette, 1921, p. 486
  2. Monsabert dans préface de L'Armée d'Afrique 1830-1962, Robert Huré Charles-Lavauzelle, 1977, p.1

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Antoine Mattei (Capitaine au 124e Régiment de Ligne), Étude sur les Tirailleurs Algériens, etc., 1872
  • Razik Alex Menidjel, Les tirailleurs algériens, Éditions Publibook, 2007 (ISBN 2748336321)

Liens externes

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