Transnistrie historique


Transnistrie historique

Transnistrie historique

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la Transnistrie historique/culturelle. Pour l'État autoproclamé, voir République de Transnistrie moldave. Pour les autres usages, voir Transnistrie.
Transnistrie
Région historique
600 av. J.-C. - 1992
[[Image:{{{armes}}}|100px|Armes de Transnistrie]] Carte de Transnistrie
La Transnistrie en jaune
Subdivisions actuelles
Flag of Moldova.svg Moldavie
Région autonome de Transnistrie
Villes
Tiraspol
Chronologie
vers 600 av. J.-C. : Tyras comptoir des grecs de Milet
Rus' de Kiev
XVe siècle : Grand-duché de Lituanie
1500 : Podolie et Yedisan
1792 : Empire russe
1918 : République nationale ukrainienne
1940 : République socialiste soviétique de Moldavie
1941 : Roumanie
1944 : République socialiste soviétique de Moldavie
1990 : République de Transnistrie moldave
1991 : République de Moldavie
1992 : République de Transnistrie moldave autonome
Souverains
Populations
roumanophones dits Moldaves, slavophones dits Ukrainiens, Russes ou Bulgares

La région de Transnistrie est un territoire de la République de Moldavie, formé d'une portion de la Podolie historique, et contrôlé depuis en 1991 par la République de Transnistrie moldave, une entité sécessioniste de la République de Moldavie. Officiellement, cette entité est reconnue par le gouvernement moldave comme Unité territoriale autonome de la rive gauche du Dniestr, alors que la République de Transnistrie moldave s'est auto-proclamée État indépendant (non reconnu par la communauté internationale).

Cette république maintient son indépendance de facto grâce à des unités de volontaires cosaques russes ou ukrainiens, à la 14e armée russe, qui ont empêché la république de Moldavie d'exercer sa souveraineté sur cette partie de son territoire (guerre de Transnistrie). Depuis le cessez-le-feu de 1992, le Conseil de l'Europe considère la région de Transnistrie comme une région de conflit larvé.

En Transnistrie, la population moldave s’élève à 177 000 personnes, sur une population totale de 550 000 habitants, d'après les chiffres du référendum transnistrien de décembre 2004 ; les Russes et les Ukrainiens se comptent dans des proportions similaires. Le moldave n'est qu'une langue vernaculaire, parlée à la maison.

Sommaire

Noms

Le nom de la région provient du nom roumain du fleuve Dniestr : Nistru, et signifie pays au-delà du Dniestr. En russe et en ukrainien, le nom de la région est Pridniestrovie, ce qui signifie pays avant le Dniestr (qu'on pourrait transcrire par Pridniestrie ou traduire par Cisnistrie).

Histoire

Histoire ancienne

Tyras était un ancien comptoir grec de Milet, probablement fondé vers 600 av. J.-C., et situé à l'embouchure du Dniestr (dont l'ancien nom est Tyras). Trois siècles plus tard, il fait partie du Royaume du Bosphore dont les rois apparaissent sur sa monnaie, puis il est conquis vers 50 av. J.-C. par les Daces qui l'appellent Turidava. En 56 av. J.-C., il est rebâti par les Romains, et fait alors partie de la province de basse Mésie, qui inclut aussi la Scythie mineure (actuelle Dobrogée ou Dobroudja) et le nord-est de la Bulgarie. La romanisation des Daces donne les Valaques, ancêtres des populations roumanophones d'aujourd'hui, que les Russes appellent Moldaves.

Du Moyen Âge au XXe siècle

Au Moyen Âge, la Transnistrie est peuplée au nord par les tribus slaves des Oulitches (Ulichs) et des Tivertzes (Tivertsy), et au sud par des populations nomades finnoises ou turques comme les Avars, les Magyars, les Petchenègues, les Coumans que les Russes appellent Polovtsy, et les Tatars.

Durant un moment son territoire sert de débouché vers Byzance aux Varègues (qui naviguent sur le Dniestr depuis la mer Baltique, à la principauté de Kiev (Rus' de Kiev), à la Pologne et au grand duché de Lithuanie, puis, au XVe siècle, il devient moldave. Le sud de la Transnistrie tombe sous le joug des Ottomans en 1504, faisant partie du sandjak du Yedisan, le nord en 1663, avec toute la Podolie. Puis les Ottomans la cèdent à l'Empire russe en 1792. En ce temps-là, à la fin du XVIIIe siècle, la population était clairsemée et composée de Moldaves (Roumains) et de Ruthènes (Ukrainiens), mais aussi de peuples nomades, les Tatars Nogaï, qui partent vers la Dobrogée (Dobroudja) et sont remplacés par des colons Bulgares, Ukrainiens, Russes et Allemands.

Seconde Guerre mondiale

La Roumanie entre 1941 et 1944

La République socialiste soviétique de Moldavie (RSSM), créée par la décision du Soviet Suprême d'URSS le 2 août 1940, voit son territoire composé à partir des deux tiers de la Bessarabie prise à la Roumanie le 28 juin, selon les termes du Pacte germano-soviétique, où la majorité de la population est roumanophone, et une bande de terrain sur la rive gauche du Dniestr prise à la RASSM. Cette bande de terrain est à peu près le territoire de l'actuelle République de Transnistrie moldave (RTM).

En 1941, les forces de l'Axe attaquent l'URSS, franchissent le Dniestr et avancent dans la RSSU. La Roumanie annexe alors toute la région entre le Dniestr et le Bug oriental, y compris la ville d'Odessa, sous le nom de Transnistrie. Le régime d'Antonescu, le Pétain roumain en fait une sorte de Sibérie roumaine où il déporte résistants, juifs et roms. Jusqu'en mars 1943, environ 185 000 juifs ukrainiens et roumains sont déportés ici sous l'occupation roumaine et allemande de la Transnistrie: les trois quarts d'entre eux y sont morts de froid, de faim et de dysenterie, ou encore fusillés par les Einsatzgruppen ; les survivants sont devenus soviétiques en 1945 et ont ultérieurement émigré.

La République socialiste soviétique de Moldavie, membre de l'Union soviétique, est rétablie en 1944 grâce à l'avancée de l'Armée Rouge jusqu'au Prout.

La RSSM après la Seconde Guerre mondiale

La RSSM devient le sujet d'une politique de russification systématique, plus efficace qu'à l'époque tsariste. L'écriture en caractères cyrilliques est imposée pour le roumain, dès lors identifié comme moldave, qui a un statut de langue co-officielle à côté du russe, langue principale de "communication inter-ethnique".

La plus grande partie des industries est concentrée en Transnistrie, alors que le reste de la RSSM est agricole. En 1990, la Transnistrie émarge pour 40% du PNB de la RSSM, et pour 90% de sa production totale d'électricité, grâce à la centrale hydro-électrique de Dubăsari. On y trouve aussi des industries d'armement et le grand arsenal de Colbasna.

La 14e armée soviétique y est stationnée depuis 1956, et elle y reste cantonnée lors de la chute de l'URSS pour monter la garde sur ce qui est probablement le plus grand stock d'armes et de munitions en Europe, installé alors en vue d'un éventuel conflit autour de la mer Noire.

Le conflit

La politique de perestroika de Mikhaïl Gorbatchev dans l'URSS permet une démocratisation au niveau régional dans les années 1980. Dans les Républiques non-russes de l'URSS, les majorités autochtones locales réclament le respect de leurs identités et deviennent des forces politiques. C'est le cas aussi en Moldavie avec le Front populaire dirigé par Mircea Druc. Les colons russophones et les autres minorités de ces pays (en Moldavie: ukrainienne, gagaouze et bulgare) craignent pour leur statut. En Moldavie, elles s'opposent au Front populaire, en particulier parce que, au temps de l'Union soviétique, la politique locale a été souvent dominée par des non-Roumains, et plutôt par des personnalités d'origine russe. La loi sur le retour à l'usage de l'alphabet latin à la place de l'alphabet cyrillique, doublée de l'obligation de comprendre le roumain pour les fonctionnaires, fut ressentie comme contraignante par la population russophone qui ne comprenait pas la langue locale. Le problème des langues officielles dans la République de Moldavie devint un nœud gordien, et s'en trouva exagéré, et intensément politisé. Ce désaccord avec les nouvelles réformes fut encore plus sensible en Transnistrie, où les centres urbains comme Tiraspol possèdent une majorité slave. Les manifestations contre le gouvernement central furent plus impressionnantes là-bas.

Selon le recensement de 1989, la population en Transnistrie est de 39,9% de Moldaves, 28,3% d'Ukrainiens, 25,4% de Russes, et 1,9% de Bulgares.

Le 2 septembre 1990 la République de Transnistrie moldave (RTM) est proclamée unilatéralement république soviétique par les "deuxième congrès des représentants du peuple de Transnistrie" présidé par un sibérien: Igor Smirnov. Le 22 décembre le président de l'URSS Mikhaïl Gorbatchev, refusant de reconnaître ce fait accompli, signe un decret "concernant les mesures qui pourraient faire revenir la situation à la normale dans la RSSM". Cette décision précise que la proclamation de la républqiue de Transnistrie est nulle et non avenue. Le 25 août 1991 le Soviet suprême de la RTM adopte la déclaration d'indépendance de la RTM. Le 27 août 1991 le parlement moldave adopte la Déclaration d'Indépendance de la République de Moldavie, dont le territoire comprend la Transnistrie. Le parlement moldave demande au gouvernement de la Fédération de Russie, considérée comme héritière diplomatique de l'URSS, "de commencer les négociations avec le gouvernement moldave pour mettre un terme à l'occupation illégale de la République de Moldavie et de retirer les troupes soviétiques du territoire moldave". La Russie a négocié avec la République de Moldavie, la Transnistrie et l'Ukraine pour obtenir l'autorisation de passage pour pouvoir évacuer ce matériel militaire vers la Russie. En 1992, le quartier général de la 14ème armée est transféré de la capitale moldave Chişinău, à la capitale de la Transnistrie, Tiraspol.

Lorsque la République de Moldavie devient membre des Nations unies (2 mars 1992), le président moldave Mircea Snegur (président de 1990 à 1996) autorise l'action militaire concertée contre les forces rebelles qui avaient attaqué les postes de police loyalistes moldaves sur la rive gauche du Dniestr, et sur une petite zone de la rive droite autour de la ville de Tighina (Bender). Les rebelles, aidés par des contingents de Cosaques russes et par la 14ème armée russe, consolident leur contrôle sur la zone en conflit.

Les forces de la 14ème armée (qui avaient fait allégeance à l'URSS, à la Communauté des États Indépendants et à la Fédération de Russie) stationnent en Transnistrie, et combattent à côté et à la place des forces séparatistes. Les séparatistes peuvent aussi se servir des armes prises dans les stocks de l'ancienne 14ème armée. Le rôle de cette 14e armée russe est cruciale dans la zone pour terminer le conflit. L'armée moldave est mise en position d'infériorité, et ne peut reprendre le contrôle sur la Transnistrie. Un accord de cessez-le-feu est signé le 21 juillet 1992.

Après le conflit

Véhicules d'infanterie sur le pont disputé entre Tiraspol et Tighina

La suite de l'histoire est celle de la République moldave de Transnistrie.

Population

Au recensement de 1989, la population était de 546 400 âmes. Au recensement de 2004, dont les chiffres sont contestés, la population était de 555 000 personnes.

Récemment il y a eu une émigration importante depuis la région de Transistrie, en raison des difficultés économiques des années 1990. C'est l'une des raisons pour laquelle il y a une proportion importante de retraités.

Ethnicité

Jusqu'aux années 1960, les Moldaves composaient la plus grande partie de la population de la région, mais les proportions ont changé du fait de l'industrialisation et de l'immigration de travailleurs russes et ukrainiens, encouragés par les soviétiques. La tendance continue après 1991, et la fraction de la population moldave a diminué entre 1989 et 2004 de 41% à 32% de la population totale. Malgré ces chiffres, les Moldaves restent le groupe le plus important de la région.

Recensement de 1989

  • Population totale sur la rive gauche du Dniestr (sans Tighina): 546 400
  • Population totale dans les raïons sur la rive gauche du Dniestr (avec Tighina): 600 700
    • Moldaves : 40%
    • Ukrainiens : 28%
    • Russes : 24%
    • Autres : 8%

Recensement de 2004

  • Population totale (sans Tighina): est. à 425 000 - 477 000
  • Population totale (avec Tighina): 555 500
    • Moldoves : 31,9%
    • Russes : 30,3%
    • Ukrainiens : 28,8%

Références

Xavier Deleu: Transnistrie, la poudrière de l'Europe, ISBN 7-7556-0055-1.

Liens externes

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Côté moldave

Côté officiel de Transistrie

côté roumain

côté russe


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