Victor Iouchtchenko


Victor Iouchtchenko

Viktor Iouchtchenko

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Viktor Iouchtchenko
Віктор Ющенко
3e président de la République d'Ukraine
Viktor Yuschenko.jpg
Viktor Iouchtchenko, le 8 juin 2006

Actuellement en fonction
Mandat
23 janvier 2005 - {{{fin mandat1}}}
Depuis le 23 janvier 2005
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Élu(e) le 26 décembre 2004
Parti politique Notre Ukraine
Premier(s) ministre(s) Ioulia Tymochenko
Iouriï Iekhanourov
Viktor Ianoukovytch
Ioulia Tymochenko
Prédécesseur Leonid Koutchma
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Autres fonctions
Premier ministre de l'Ukraine
Mandat
22 décembre 1999 - 29 mai 2001
Président Leonid Koutchma
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Prédécesseur Valeriy Pustovoitenko
Successeur Anatoliy Kinakh

Gouverneur de la Banque nationale d'Ukraine
Mandat
Janvier 1993 - 22 décembre 1999
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Prédécesseur Vadym Hetman
Successeur Volodymyr Stelmakh

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Biographie
Nom de naissance Viktor Andriïovytch Iouchtchenko
Naissance 23 février 1954 (55 ans)
Ukraine Khoruzhivka, Soumy (RSS d'Ukraine, URSS)
Décès {{{décès}}}
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Nature du décès {{{nature}}}
Nationalité ukrainienne
Conjoint(s) Svetlana Ivanivna Kolesnyk
Kateryna Yushchenko
Enfant(s) {{{enfants}}}
Diplômé Université nationale d'économie de Ternopil
Profession Comptable
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Résidence(s) Palais Maryinsky, Kiev
Religion ukrainienne orthodoxe
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Présidents de la République d'Ukraine

Viktor Iouchtchenko (Віктор Ющенко)Prononciation du titre dans sa version originale, né le 23 février 1954 à Khoruzhivka (Soumy, RSS d'Ukraine), est un homme politique ukrainien.

Premier ministre de 1999 à 2001 et chef de la coalition politique Notre Ukraine, il est président de la République depuis le 23 janvier 2005. Lors de l'élection présidentielle de novembre 2004, il a été le principal opposant au parti politique gouvernemental, parti représenté par le Premier ministre sortant, Viktor Ianoukovytch.

Son visage est abîmé par une forme extrême d'acné provoquée par une intoxication. Il existe une controverse sur les causes de cette intoxication, plusieurs expertises confortant la thèse d'une tentative d'empoisonnement à la dioxine (voir plus bas).

Sommaire

Biographie

Fils d'Andriy Iouchtchenko (1919-1992), soldat de l'Armée rouge puis enseignant, Viktor Iouchtchenko naît dans un village de l'oblast de Soumy (Khoroujivka). Il étudie l'économie à Ternopil et travaille ensuite comme comptable rural dans l'oblast d'Ivano-Frankivsk. En 1976, il est embauché par la filiale de la Banque d'État de l'URSS pour l'oblast de Soumy, et est ensuite promu à Kiev.

Il commence à travailler, en 1993, pour la nouvelle Banque nationale d'Ukraine, dont il prend la tête en 1997. À ce poste, il joue un rôle important dans la création de la monnaie ukrainienne, la hryvnia, et dans l'établissement d'un système de régulation moderne pour les banques commerciales.

En décembre 1999, Iouchtchenko est nommé Premier ministre par le président Leonid Koutchma. Des progrès économiques significatifs ont eu lieu pendant le mandat de Iouchtchenko, mais des critiques estiment que cela a été rendu possible par la prospérité générale et la conjoncture économique, et très peu par son action gouvernementale. Très tôt, les membres de son gouvernement (en particulier le vice-Premier ministre Ioulia Tymochenko) sont impliqués dans des luttes de pouvoir avec les patrons des puissantes entreprises énergétiques du charbon et du gaz naturel. Le conflit aboutit à un vote de défiance du Parlement en 2001, où le groupe du président Koutchma s'allie avec les communistes pour défaire le gouvernement en place. Iouchtchenko est alors démis de ses fonctions de Premier ministre.

En 2002, Iouchtchenko devient chef de la coalition politique Notre Ukraine, qui gagne plusieurs sièges au Parlement lors des élections cette même année. Cependant, le nombre de sièges n'est pas suffisant pour obtenir une majorité, et les efforts pour former une coalition échouent. Iouchtchenko demeure le chef du groupe Notre Ukraine, et à partir de cette période il est en général considéré comme le chef de l'opposition, car les autres partis d'opposition sont moins influents et moins représentés au Parlement.

Iouchtchenko est marié à Kateryna Iouchtchenko-Tchoumatchenko (sa seconde épouse). Née à Chicago, dans une famille d'origine ukrainienne, elle est citoyenne américaine. Ancienne fonctionnaire du Département d'État des États-Unis, elle a été accusée par les opposants de Iouchtchenko, apparemment sans preuves, de servir d'agent d'influence du gouvernement américain auprès de son mari, en étant un agent en activité de la CIA.

Il a trois filles et deux fils.

Accession à la présidence

Viktor Iouchtchenko lors des manifestations contre les fraudes électorales, fin novembre 2004.

Après qu'il a dû abandonner ses fonctions de Premier ministre, Iouchtchenko est devenu un chef politique populaire auprès des Ukrainiens. Entre 2001 et 2004, dans les sondages, sa popularité était bien plus élevée que celle du président de l'époque, Leonid Koutchma.

Les convictions politiques de Viktor Iouchtchenko sont largement perçues comme un amalgame de libéralisme occidental et de nationalisme ukrainien modéré. Ses opposants (et alliés) l'ont parfois critiqué pour son indécision et son mutisme sur certains sujets, alors que ses défenseurs estiment que ce sont là les signes de l'acceptation par Iouchtchenko du travail en équipe, du consensus et de la négociation. Il lui est aussi souvent reproché d'être incapable de former une équipe forte et soudée qui soit exempte des querelles internes.

En 2004, à l'approche du terme du mandat du président sortant Koutchma, Iouchtchenko se déclare candidat indépendant au poste de président de la République. Son principal rival est le Premier ministre Viktor Ianoukovytch.

Depuis qu'il a occupé les fonctions de Premier ministre, Iouchtchenko a sérieusement modernisé sa plate-forme politique, en ajoutant des projets de partenariats sociaux et d'autres idées libérales aux idées traditionnelles de l'intégration européenne, dont, en particulier, la volonté de combattre la corruption.

Les partisans de Iouchtchenko se sont organisés au sein la coalition électorale Syla Narodou (« pouvoir au peuple »), qui est conduite par Iouchtchenko et par sa nouvelle alliée politique, la très controversée Ioulia Tymochenko, la coalition Notre Ukraine formant la principale force constituante.

La campagne politique de Iouchtchenko est construite sur le dialogue direct avec les électeurs, car le gouvernement empêche la plupart des principales chaînes de télévision d'accorder un temps de parole équitable aux candidats, alors que son rival Ianoukovytch apparaît fréquemment dans les actualités télévisées. La campagne se déroule de manière souvent houleuse et virulente, avec des accusations de coups bas des deux côtés.

Empoisonnement

Iouchtchenko tombe gravement malade le 6 septembre 2004. Il est admis à la clinique privée du Rudolfinerhaus de Vienne[1], où il sera soigné jusqu'au 19 du même mois. Il se plaint d'avoir été empoisonné, mais l'enquête ouverte le 21 septembre par le parquet ukrainien conclut le 22 octobre à une « fièvre herpétique virale »[2].

À ce moment, le diagnostic est une crise aiguë du pancréas, provoquée par des changements de l'œdème intestinal provenant d'une infection virale sérieuse et de substances chimiques qui ne sont pas normalement présentes dans des produits alimentaires. En d'autres termes, il aurait été empoisonné, ce que Iouchtchenko considère comme le fait d'agents du gouvernement. Mais il s'agit d'un faux document fabriqué par Nikolai Korpan, le médecin personnel de Iouchtchenko. Le vrai rapport établit que la maladie « a été causée par une infection virale grave, mais éventuellement aussi par des substances chimiques qui ne se trouvent normalement pas dans des denrées alimentaires ». Il est signé, outre par le professeur Korpan, par les professeurs Michael Zimpfer et Lothar Wicke[3].

Dans l'édition du 8 décembre du Times, le docteur Nikolai Korpan affirme que le candidat de l'opposition ukrainienne a été l'objet d'une tentative d'empoisonnement destinée à le tuer[4]. Mais il dément par la suite ces propos et dit lors d'un entretien téléphonique à l'Agence de presse autrichienne (APA) que « jusqu'à aujourd'hui, les soupçons d'empoisonnement n'ont été ni confirmés ni exclus »[5].

Suite à la maladie, son visage est sévèrement abîmé[6].

Après avoir vu le visage de Viktor Iouchtchenko, le toxicologue allemand Bram Brouwer prend contact avec le docteur Michael Zimpfer, directeur de la clinique Rudolfinerhaus, pour se faire fournir des échantillons de sang de Viktor Iouchtchenko, en vue d'effectuer des tests à l'université libre d'Amsterdam sur la présence ou non de dioxine. Les conclusions de ses tests sont que le sang contient une « haute concentration de dioxine, principalement administrée oralement ». Cela avait déjà été envisagé par le toxicologue britannique John Henry du St Mary's Hospital de Londres, pour qui l'aspect du visage de Viktor Iouchtchenko était caractéristique d'une intoxication à la dioxine.

L'intoxication à la dioxine (de type Seveso) est également la conclusion d'un rapport daté du 11 décembre 2004 des médecins viennois Nikolai Korpan (cryochirurgien) et Michael Zimfper (médecin-chef et président de la clinique privée du Rudolfinerhaus), qui jusque-là pensaient que ce n'était pas le cas. L'organisme de Iouchtchenko présentait des concentrations de dioxine 1 000 fois supérieures à la norme, ce qui en fait le deuxième plus important taux de cette molécule enregistré chez un humain.

Le parquet général ukrainien rouvre alors son enquête[7]. En date du 28 février 2005, la piste des services secrets russes est envisagée[8]. Gleb Pavlovsky, le conseiller de Vladimir Poutine, est suspecté, suite à des écoutes téléphoniques, mais il dément toute implication dans l'affaire.

Cependant, Iouri Ostapenko, chef du centre d'information en toxicologie auprès du ministère russe de la Santé, explique, sur les antennes de l'Écho de Moscou, que « la dioxine n'est pas un poison à effet immédiat, l'empoisonnement se développe pendant des années, des dizaines d'années, et donc il est impossible qu'une dose reçue un jour cause l'empoisonnement le lendemain »[9].

Le professeur Lothar Wicke est menacé deux fois par téléphone : on lui conseille de ne pas remettre en doute l'hypothèse de l'empoisonnement[10],[11].

En date du 2 juin 2006, une nouvelle expertise confirme l'empoisonnement à la dioxine de Viktor Iouchtchenko[12].

Fin 2006, un quatrième laboratoire, représenté par le Français Pascal Kintz, expert judiciaire en toxicologie médicale, a lui aussi travaillé sur cette question. Pour ce faire, il a analysé les cheveux de Viktor Iouchtchenko. Par la spectrographie de masse, il a pu déterminer une cartographie chimique chronologique de la dioxine de Seveso. Il s'est alors avéré que les segments de cheveux correspondant aux dates antérieures à l'exposition ne contenaient pas de dioxine. A contrario, les segments correspondant à l'exposition montrent une richesse en dioxine. Cela démontre une consommation subite de dioxine[13].

Selon Éric Denece, du Centre français de recherche sur le renseignement, cette présence subite peut avoir plusieurs causes. Il pourrait s'agir d'un accident lié à un traitement de chirurgie esthétique utilisant le botox ou à un autre type de traitement médical, et, pour accroître sa popularité, Viktor Iouchtchenko aurait alors tiré parti de ce drame en invoquant un empoisonnement. Une autre hypothèse voudrait que ce soit un empoisonnement délibéré qui aurait échoué. Éric Denece juge cette hypothèse peu probable, compte tenu du professionnalisme de la branche action des services secrets russes. Enfin, certains pensent que la défiguration de Iouchtchenko serait un message destiné à l'intimider. Cette dernière hypothèse est également mise en question, car un empoisonnement est difficile à maîtriser tant il est lié aux particularités de la santé d'un individu[13].

Élection présidentielle de 2004

Le premier tour de l'élection présidentielle a lieu le 31 octobre 2004 : Iouchtchenko arrive en tête avec 39,87 % des suffrages, contre 39,32 % à Ianoukovytch. Comme aucun candidat n'a atteint les 50 % de votants nécessaires pour une victoire au premier tour, un second tour a lieu le 21 novembre 2004. Les observateurs internationaux venus surveiller les élections rapportent de nombreuses irrégularités (remplacement d'urnes, destruction de bulletins, passage à tabac d'électeurs, corruption d'électeurs, etc.) à travers le pays. D'après les sondages de sortie des urnes, Iouchtchenko aurait remporté les élections dans les provinces du centre et de l'ouest du pays.

Les soupçons de fraude électorale, combinés avec le fait que les sondages de sortie des urnes enregistrent un résultat (une marge de 11 % d'avance pour Iouchtchenko) radicalement différent du décompte officiel des suffrages (6 % d'avance pour Ianoukovytch), provoquent le refus de Iouchtchenko et de ses partisans d'accepter les résultats. Ils organisent des rassemblements à travers le pays, en particulier une manifestation de masse sur la place de l'Indépendance à Kiev, et déclenchent une grève générale. Plusieurs municipalités, dont celles de Kiev et de Lviv, annoncent qu'elles n'accepteront pas l'autorité d'une présidence de Ianoukovytch. Une protestation massive a lieu le 23 novembre 2004 devant le siège de la Verkhovna Rada.

Pendant le rassemblement, les dizaines de milliers de partisans de Iouchtchenko sortis dans les rues malgré le froid et la neige arborent des drapeaux orange, la couleur de la coalition de Iouchtchenko, et acclament son nom. À l'intérieur de la Verkhovna Rada, le chef de l'opposition prête serment symboliquement devant les défenseurs du Parlement. Ce mouvement, resté pacifique et ordonné, a été qualifié par les médias internationaux de révolution orange.

Suite à la manifestation et aux différentes preuves d'irrégularité dans l'organisation du second tour, la Cour suprême ukrainienne décide de l'invalider et d'organiser un nouveau tour de scrutin. Celui-ci a lieu le 26 décembre, sous la surveillance de plus de 12 000 observateurs internationaux (dont un important « contingent » de l'OSCE).

Après le décompte des voix, la Commission centrale des élections ukrainienne désigne comme vainqueur Victor Iouchtchenko, avec 51,99 % des voix, qui devance ainsi Viktor Ianoukovytch (44,2 % des suffrages).

Déclarant avoir découvert des irrégularités, l'équipe de Viktor Ianoukovytch engage plusieurs procédures visant à invalider le résultat, mais la Cour suprême ukrainienne rejette finalement toutes les demandes et, le 20 janvier 2005, déclare Victor Iouchtchenko vainqueur de l'élection présidentielle.

Ce dernier prête serment le 23 janvier, en présence de plusieurs représentants de gouvernements étrangers, avant de fêter sa victoire avec ses sympathisants sur la place de l'Indépendance à Kiev.

Mandat présidentiel

Viktor Iouchtchenko et Kateryna Iouchtchenko en compagnie de la première dame Laura Bush et du président des États-Unis George W. Bush, le 4 avril 2005 à la Maison Blanche

Le plus difficile pour Victor Iouchtchenko est de former un gouvernement d'union nationale, de combattre l'importante corruption qui mine le pays et de se rapprocher de l'Union européenne sans dégrader ses relations avec la Russie. D'ailleurs, c'est en Russie que le nouveau président effectue sa première visite officielle, le 24 janvier 2005, de manière à montrer que, malgré les différends, l'Ukraine reste tout de même très proche de la Russie.

Le 4 février, Ioulia Tymochenko, élue par 373 députés — pour une majorité requise de 226 députés —, devient le nouveau Premier ministre.

Elle est remplacée par Iouriï Iekhanourov le 8 septembre 2005 (nomination ratifiée par 289 voix le 22 septembre).

À partir du 4 août 2006, Viktor Iouchtchenko cohabite avec son ancien rival Viktor Ianoukovytch, qui accepte le poste de Premier ministre après la victoire des forces prorusses lors d'élections législatives anticipées, provoquées par les tensions persistantes au sein de la majorité pro-occidentale dues au renvoi de Ioulia Tymochenko.

Le 3 avril 2007, le président Iouchtchenko décide de dissoudre le Parlement et d'organiser de nouveau des élections législatives anticipées, fixées au 27 mai 2007[14]. Cette décision est contestée devant la Cour constitutionnelle par Ianoukovytch, jugeant que le président ne peut dissoudre sans motif valable. Le 25 avril, Iouchtchenko annonce à la télévision qu'il reporte les élections au 24 juin 2007[15]. Il démet ensuite deux juges de la Cour constitutionnelle de leurs fonctions ; Ianoukovytch réagit en critiquant là encore une décision contraire à la Constitution[16].

Les élections législatives de 2007 donnent la victoire au Parti des régions de Ianoukovytch, mais les « forces pro-occidentales » de Notre Ukraine et du Bloc Ioulia Tymochenko s'allient pour former un gouvernement de coalition. Tymochenko redevient Premier ministre au terme de procédures parlementaires laborieuses, les deux groupes ne disposant que d'un siège de plus que la majorité absolue à la Verkhovna Rada. Les relations tendues qu'entretiennent le président et son Premier ministre seront le point de départ de la crise parlementaire de septembre 2008. Les services de la présidence vont alors jusqu'à accuser Ioulia Tymochenko d'avoir trahi l'intérêt national pour servir ses ambitions personnelles[17]. Le 2 septembre, après des semaines de tensions exacerbées par des divergences concernant l'attitude à adopter face au conflit russo-géorgien, la coalition entre le Bloc Tymochenko et Notre Ukraine, le parti présidentiel, vole en éclats à l'occasion d'une réforme constitutionnelle visant à réduire les pouvoirs du chef de l'État au profit de ceux du gouvernement[18]. Les députés de Notre Ukraine sont alors pratiquement les seuls à s'opposer à la promulgation de la loi, massivement approuvée par l'opposition pro-russe et par le Bloc Tymochenko[18]. Accusée par le secrétaire général adjoint de Viktor Iouchtchenko de vouloir s'assurer le soutien de la Russie pour la prochaine élection présidentielle[17], Ioulia Tymochenko s'emploie à mettre en œuvre tous les moyens juridiques à sa disposition, pour empêcher une nouvelle dissolution de la Rada, préférant chercher à former une nouvelle coalition. Cette crise aboutit début décembre 2008, après des mois de procédures juridiques et de négociations, à la formation d'une nouvelle coalition plus large, incluant les 20 députés du Bloc de Volodymyr Lytvyn, redevenu président de la Rada, et maintenant Mme Tymochenko à la tête du gouvernement[19]. Bien que M. Lytvyn ait promis que la législature irait jusqu'à son terme, en 2012, l'organisation d'élections législatives anticipées n'est pas exclue[20]. Les tensions entre Viktor Iouchtchenko et Ioulia Tymochenko tiennent en partie au fait que les enquêtes d'opinion relatives à la prochaine élection présidentielle, qui doit se tenir en janvier 2010, placent cette dernière largement devant M. Iouchtchenko, qui atteint un niveau critique dans les intentions de vote[21].

Annexes

Notes et références

  1. (de) Site officiel de la clinique Rudolfinerhaus.
  2. « L'opposant ukrainien Iouchtchenko a bien été empoisonné », dépêche de l'Agence France-Presse du 12 décembre 2004.
  3. http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=91&art_id=196009&folder_id=189 « Malade ou empoisonné ? L'enquête »], La Libre, 6 décembre 2004.
  4. (en) « Who Poisoned Yushchenko? », article du quotidien The Sunday Times.
  5. « Les soupçons d'empoisonnement de V. Iouchtchenko ne sont “ni confirmés ni exclus” », Le Monde, 8 décembre 2004
  6. (en) Biographie de Viktor Iouchtchenko, sur le site de la BBC (voir notamment les photos avant et après).
  7. « Ukraine : victime d'un empoisonnement, Victor Iouchtchenko demande une enquête sérieuse », Le Monde, 11 décembre 2004
  8. « La piste russe envisagée dans l'empoisonnement de M. Iouchtchenko », Le Monde, 28 février 2005
  9. « Iouchtchenko empoisonné à la dioxine », RFI, 12 décembre 2004
  10. « Malade ou empoisonné ? L'enquête », La Libre, 6 décembre 2004
  11. « La ténébreuse hospitalisation viennoise de Iouchtchenko », Le Figaro
  12. « Une expertise confirme l'empoisonnement prémédité de Viktor Youchtchenko à la dioxine », RIA Novosti, 6 juin 2006
  13. a  et b « Dossier Scheffer : Meurtres à petite dose », France 5, 27 octobre 2006
  14. (en) « Decree Dissolving Ukraine Parliament In Effect », Radio Free Europe, 3 avril 2007.
  15. « En Ukraine, les élections législatives anticipées repoussées au 24 juin », Le Monde
  16. (en) Ukrainian President Sacks Another Constitutional Court Judge, Radio Free Europe/Radio Liberty, 1er mai 2007
  17. a  et b « Crise au sommet en Ukraine, menace d'élections anticipées », Le Point, 3 septembre 2008
  18. a  et b « Nouvelle crise politique en Ukraine », Le Journal du dimanche, 3 septembre 2008
  19. (en) « Tymoshenko Bloc, OU-PSD, and Lytvyn Bloc Sign Rada Coalition Agreement », Ukrainian News Agency, 16 décembre 2008
  20. (en) « President Calls On VR To Focus on Overcoming Economic Crisis », UNIAN, 11 décembre 2008
  21. « La présidentielle ukrainienne doit avoir lieu en janvier 2010 », 7sur7.be, 6 février 2009.

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