Armée d'Afrique (France)


Armée d'Afrique (France)
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Le nom d'Armée d'Afrique, plus exactement d'Afrique du Nord, désignait l'ensemble des unités militaires françaises issues des territoires de l'AFN ou Afrique française du Nord (Algérie française, Protectorat français de Tunisie, Protectorat français du Maroc) dont l’origine remonte pour la plupart à la conquête de l'Algérie[1].

Le terme « Armée d'Afrique » n'a pas de signification institutionnelle, mais plutôt le sens général de forces de souveraineté stationnées en Algérie, en Tunisie et au Maroc durant la période coloniale de 1830 à 1962[2]. Intégrée aux forces armées métropolitaines, l'Armée d'Afrique se distinguait de l'Armée coloniale. Elle comprenait des formations composées en majorité voire en totalité d'Européens et d'une minorité de juifs sefarades, et d'autres constituées en grande partie d' « indigènes », les proportions variant d'un corps à l'autre.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le terme d'armée d'Afrique restera attaché au corps expéditionnaire français en Italie et à la 1re armée française[3].

Les régiments de l'Armée d'Afrique (Légion étrangère, Zouaves et Tirailleurs) sont les plus décorées de l'Armée française juste après le Régiment d'infanterie-chars de marine (RICM), appartenant aux troupes coloniales[4],[5].

Sommaire

Historique

À l’époque coloniale, les forces françaises sont réparties en trois grands ensembles distincts : l’armée métropolitaine, les troupes coloniales (la Coloniale) et l’armée d’Afrique qui dépendent d’un seul état-major général[6].

L’armée d’Afrique est créée par la monarchie de Juillet après le débarquement en Algérie le 14 juin 1830 du corps expéditionnaire commandé par le général de Bourmont[2]. Par la suite le terme « Armée d’Afrique » a continué à s’appliquer aux troupes qui ont conquis, occupé et pacifié la « Régence d’Alger » et après la conquête de l’Algérie, il s’est étendue aux troupes de Tunisie, du Maroc et du Sahara.

En 1873, lors de la réorganisation de l’armée, l’armée d’Afrique forme un corps d’armée constitué, le 19e corps d’armée. Toutefois l’appellation « Armée d’Afrique » reste en usage jusqu’à la fin de l’ère coloniale[7].

Les unités de zouaves sont créées en 1830, les chasseurs d’Afrique en 1831, les tirailleurs algériens en 1841, le corps des spahis en 1843 et les compagnies méharistes sahariennes en 1894. Des « Bureaux arabes » sont également créés afin d’administrer les territoires militaires dès 1844. Au Maroc, les goums sont créés par le général Lyautey en 1908. La conscription est finalement instituée en Algérie en 1912.

Composition

Les corps européens

Les corps nord-africains

Campagnes militaires

L’Armée d’Afrique a apporté une importante contribu­tion à l’effort militaire français dans de nombreuses campagnes.

Guerre de Crimée

Campagne d'Italie (1859)

Expédition du Mexique

Guerre franco-allemande (1870)

Première Guerre mondiale

Au cours de la Première Guerre mondiale, l’Armée d’Afrique envoie près de 300 000 soldats combattre en Europe (190 000 Maghrébins et 110 000 Européens) et les unités d’Afrique du Nord participent à toutes les grandes opérations.

Si ces effectifs peuvent sembler relativement peu importants par rapport au total des effectifs engagés, les troupes de l'Armée d'Afrique, européennes comme indigènes, comptent à leur actif bon nombre de faits d'armes particulièrement glorieux et leur rôle ne saurait être sous-estimé. Grâce à leur qualités guerrières, elles sont choisies pour participer aux combats les plus durs sur le front de France chaque fois que la situation l'exige[8]. Leur apport a notamment été très important dans les semaines décisives de septembre 1914 lors de la Bataille de la Marne[9]. Ainsi, à propos des faits d'armes de la Division marocaine[10] lors de cette bataille, le Maréchal Foch aurait dit : « La fortune a voulu que la Division Marocaine fût là ! »[11]. Il cite la division à l'ordre de l'Armée le 22 septembre 1914[12]. Quant à Adolphe Messimy, il écrit plus tard dans ses mémoires à propos de ces divisions d'Afrique du Nord[13], toutes origines confondues, ayant participé à cette victoire de la Marne : « Je laisse à ceux qui me liront le soin de réfléchir à ce qu'auraient été les événements, si Gallieni sur l'Ourcq et Foch aux marais de Saint-Gond, n'avaient pas eu à leur disposition ces troupes d'élite, pleine d'élan et fraîches, s'ils auraient pu remporter de justesse les deux succès qui décidèrent du sort de la bataille décisive... et de la France »[14].

Si quelques cas de panique sont signalés dans certains bataillons lors des premières semaines de combats, comme dans d'autres unités métropolitaines, par la suite, ces unités sont considérées à l'égale des meilleurs, et après Charleroi et la Marne, les Zouaves et les Tirailleurs, se sont illustrés dans toutes les principales batailles, en Champagne, à Verdun, dans la Somme et dans les offensives victorieuses finales[15].

Les pertes s’élèvent à environ 22 000 morts pour les Européens et 36 000 pour les Maghrébins[16].

La Division marocaine fut l'unité la plus décorée de la guerre.

Seconde Guerre mondiale

Avant la guerre, l'Armée d'Afrique comporte environ 176 000 Indigènes et 73 000 Européens stationnés en Afrique du Nord, au Levant et en métropole.

En 1939-1940, 302 000 hommes sont mobilisés[17].

En 1942-1945, après le réarmement de l'armée française en Afrique du Nord, près de 410 000 hommes (176 000 pieds noirs , dont une forte minorité de juifs séfarades issus des vingt-sept classes d'âge de 19 à 45 ans mobilisables, soit 16.40 % de la population, et 233 000 Maghrébins musulmans issus de quinze classes) sont mobilisés. Ils représentent 75 % des effectifs de l'armée française de 1944.

Bataille de France 1939-40

Article détaillé : Bataille de France .

En 1940, 80 000 hommes venant d'Afrique sont engagés dans les combats. 5 400 Indigènes et 2 700 Européens sont tués en mai-juin 1940[18].

Tunisie 1942-43

Article détaillé : Campagne de Tunisie.

Italie 1943-44

Articles détaillés : Corps expéditionnaire français (Seconde Guerre mondiale) et Bataille du Mont Cassin.

France et Allemagne 1944-45

À partir du 15 août 1944, 260 000 hommes de l'Armée B, nom de guerre de l'Armée d'Afrique, débarquent en Provence sous les ordres du général de Lattre de Tassigny. Cette armée est composée pour 82% de soldats provenant d'unités de l'Armée d'Afrique (50% de Maghrébins et de 32% de Pieds-Noirs), de 10% d'Africains noirs et de 8% de Français de métropole. En 2010, le President Sarkozy rendra hommage aux troupes coloniales, lors de la commemoration du Debarquement de Provence,tout en oubliant le sacrifice des pieds noirs.

Guerre d'Indochine

Guerre d'Algérie

Décorations des régiments

Les régiments de l'Armée d'Afrique sont les plus décorées de l'Armée française. Pour les décorations et les citations, les tirailleurs et les zouaves viennent juste après les deux régiments les plus décorés de l'armée française : le Régiment d'infanterie-chars de marine (RICM), appartenant aux troupes coloniales, et le Régiment de marche de la Légion étrangère[19].

Sur les 34 drapeaux d'Infanterie décorés de la Légion d'honneur, 15 sont de l'Armée d'Afrique[4]. Sur 4 drapeaux d'Infanterie décorés à la fois de la Légion d'honneur et de la Médaille Militaire, 3 sont de l'Armée d'Afrique (Régiment de marche de la Légion étrangère, 2e R.T.A et 3e Zouaves)[20],[21],[22].

Durant la Première Guerre mondiale, les faits d'armes des fantassins de l'Armée d'Afrique leur valurent les plus hautes distinctions. Légionnaires, Zouaves et Tirailleurs obtiennent la moitié des plus hautes distinctions décernées (Drapeaux décorés de la Légion d'honneur ou de la Médaille Militaire et fourragères rouges à la couleur de la Légion d'Honneur) alors que leurs effectifs au combat ne représentent à la fin de la guerre qu'environ 5% du total des combattants[23]. Sur 19 régiments d’infanterie de l’Armée française dont le drapeau est décoré de la Légion d’honneur ou de la médaille militaire au cours de la guerre, on compte 9 régiments d’Afrique du Nord (1 de la Légion, 4 de tirailleurs et 4 de zouaves)[24]. Sur les 17 régiments de l'armée de terre[25] qui reçurent la fourragère à la couleur de la Légion d'honneur (au moins 6 citations à l'ordre de l'Armée), 9 sont de l'Armée d'Afrique[26]. Le 1er régiment de spahis marocains est le régiment de cavalerie le plus décoré de l’armée française. Son étendard est le seul des emblèmes des unités de cavalerie à être décoré de la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire[27].

Durant la Seconde Guerre mondiale, sur 36 régiments d'infanterie qui reçurent la fourragère (au moins 2 citations à l'ordre de l'Armée), 21 sont de l'Armée d'Afrique (dont 14 régiments de Tirailleurs marocains, algériens, tunisiens et Tabors) et sur les 19 régiments de l'Armée blindée et Cavalerie ayant ces fourragères, 10 sont de l'Armée d'Afrique[5].

Les RMLE, 4e RTT et 7e RTT ont été cités au moins 10 fois à l'ordre de l'Armée de 1914 à 1945[5].

Il n’y a pas de liaison directe entre le port d’une fourragère et l’attribution au drapeau de la décoration correspondante, car, c’est uniquement le nombre de citations à l’ordre de l’Armée qui est pris en compte pour l’attribution de la fourragère à une unité.

Drapeaux

Première Guerre mondiale

  • Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918 (2-3 citations à l'ordre de l'Armée)
    • Plux de dix régiments

Seconde Guerre mondiale

Citations militaires

Le 5 juillet 1919, un décret du président de la République Raymond Poincaré, attribue la Légion d'honneur ou la Médaille Militaire (pour ceux étant déjà décorés de la Légion d'honneur) aux drapeaux de 14 régiments[28] qui se sont illustrés au cours de la Première Guerre mondiale, sur plusieurs centaines ayant servi. On dénombre parmi eux quatre régiments de zouaves (3e, 4e, 8e et 9e), trois de tirailleurs (2e, 4e et 7e) et un mixte zouaves-tirailleurs (4e) sur un total de vingt-huit régiments de zouaves ou tirailleurs en activité au 11 novembre 1918[29].

« Magnifique régiment animé de toutes les vertus guerrières qui a généreusement versé son sang sur les principaux champs de bataille de la grande guerre et a connu le succès chaque fois qu'il a fait revivre en l'ennoblissant encore par la constance et la ténacité de ses efforts, la tradition des Zouaves de Crimée, d'Italie, du Froeschwiller. A participé aux batailles les plus importantes de la campagne 1914-1918, s'est couvert de gloire sur la Marne et sur l'Yser en 1915, a arraché la victoire à Douaumont (24 octobre 1916), Louvemont (15 décembre 1916), Hurtebise (24 avril 1917), La Malmaison (23 octobre 1917), Longpont (18 juillet 1918), sur l'Oise (2 août au 4 septembre 1918) et en donnant tout entier et à fond, a arrêté net la ruée déjà victorieuse de l'ennemi à Orvillers-Sorel (28 mars au 1er avril 1918) et à Carlepont (29 mai au 5 juin 1918). »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la croix de chevalier de la Légion d'honneur au drapeau du 4e RMZ - Président de la République[30]

« Régiment superbe d'héroïsme et de vaillance qui, pendant quatre ans de guerre, sans jamais faiblir, a dressé devant l'envahisseur la foi sacrée d'une troupe qui sait mourir pour la défense de son sol. Entré le 28 août 1914 en contact de l'ennemi, ils manoeuvrent en retraite sans faiblir jusqu'au 8 septembre ou les zouaves s'arrêtent et font face. Au château de Mondement et dans les marais de Saint-Gond, ils battent la garde prussienne. Beaux de dévouement, de courage et de sacrifice, ils dressent, dans la boue de Belgique, à Boesinghe et à Nieuport, le mur inébranlable de leurs poitrines. Le 9 mai, le 16 juin et le 25 septembre 1915, sous les ordres du lieutenant-colonel Modelon, ils se lancent à l'attaque de la crête de Vimy et de la butte de Souain. Le 9 juillet 1916, ils se sacrifient et meurent sur les fils de fer de Barleux. Puis, sous les ordres de lieutenant-colonel Lagarde, ils s'emparent, le 17 avril 1917, du Mont-Sans-Nom, réputé imprenable. Le 20 aôut, ils éloignent à jamais le Boche de Verdun, la citadelle inviolée. L'année 1918 les trouve prêt encore à toutes les audaces et à tous les sacrifices; le 26 avril, ils attaquent Villers-Bretonneux et barrent la route d'Amiens. Les 29 at 30 mai, alors que menaçant et terrible monte le flot ennemi, ils accourent, se sacrifient héroïquement pour défendre la route de Soissons à Paris. Ils sont encore debout, le 18 juillet, pour pousser de l'avant et chasser l'ennemi de Chaudun et de Charantigny. Et c'est en vain que, du 28 août au 15 septembre, l'ennemi essayera de s'accrocher aux falaises de l'Aisne, de tenir Neuville-sur-Margival et le ravin de Vauxaillon, la fougue impétueuse de ceux qui, par sept fois déjà, les ont vaincus, commencera leur défaite. »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur au Drapeau du 8e RMZ - Le Président de la République

« Régiment d'élite. Engagé dans les plus durs combats. A chaque fois fait preuve de magnifiques vertus guerrières. S'affirme dès le début troupe de premier ordre à Carlepont, dans la région de Compiègne; se distingue de nouveau sur l'Yser, en Artois et à Maisons-de-Champagne. Montre, à Verdun, dans une défense opiniâtre, de superbes qualités de dévouement, de ténacité et d'abnégation. Va chercher de nouveaux lauriers sur les lignes d'Hardecourt et de Maurepas, prend une part glorieuse à l'attaque du chemin des Dames et aux opérations du printemps 1918. Dans l’offensive finale, provoque l'admiration de tous par sa fougue indomptable, bousculant l'ennemi partout où il le rencontre. Insoucieux de ses pertes, puise dans chaque combat une ardeur nouvelle, se couvrant d'une gloire immortelle à Coeuvres, Vauxbuin, Soissons, au bois de Moreuil, à Villers-les-Royes, à Hangest-en-Santerre, Erches et Andéchy, sur la Vesles et sur l'Aisne, à Berry-au-Bac, Romains, Ventelay et Guyencourt, et enfin, à Villers-le-Sec et à Parpeville, à la Ferme Villancey, à Landifay et Berlegnement. »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur au Drapeau du 9e RMZ - Le Président de la République

« Héroïque régiment qui a surpassé, au cours de la campagne, les plus glorieuses traditions d'une histoire qui lui avait déjà valu la croix de la Légion d'honneur. Engagé à fond, dès le 22 août 1914, sur la Sambre, il fait énergiquement tête à l'ennemi, le 23 à Oret, le 24 à Florennes et le 29 à Guise, où il enlève à la baïonnette la ferme de Bertaignemont. Les 15, 16 et 17 septembre, après l'héroïque résistance de Cuts (Oise), il marque, à Tracy-le-Mont et à Quennevières, le terme définitif de l'offensive des armées allemandes sur la route de Noyon à Paris. Le 25 septembre 1915, il prend, à la bataille de Champagne, une part des plus glorieuse, attache ensuite son nom à la défense de Verdun, où il déploie pendant deux années consécutives, ses plus belles qualités militaires : inébranlable dans le sacrifice, irrésistible dans l'attaque. Héroïquement, il arrête la ruée allemande à Louvemont les 23, 24 et 25 février 1916, et à Avocourt, d'avril à juillet. Le 15 juillet, il engage, devant Fleury, la magnifique contre-offensive qui se poursuivra ensuite sans arrêt jusqu'au 15 décembre 1916, date à laquelle dans un élan splendide, il rejette définitivement l'ennemi en Woëvre, au-delà du Bois la Chaume. Après avoir cueilli une nouvelle palme, le 16 avril 1917, devant Brimont, il termine la brillante série de ses combats devant Verdun par l'enlèvement de la côte 344, le 25 novembre 1917. Porté devant Amiens en avril 1918, il contient l'ennemi, reprenant le terrain perdu pied à pied pendant trois mois. Enfin, les 8, 9 et 10 août, il brise le front allemand en enlevant le bois de Moreuil, le Plessier, Guerbigny, dans une course de 22 kilomètres qui ouvre la route de Roye. Transporté sur la Divette, il s'empare de vive force de Noyon, Chauny, Tergnier, bouscule l'ennemi dans une poursuite ardent jusqu'aux portes de La Fère. À peine retiré des combats, il est reporté de nouveau sur la Serre et continue la poursuite en direction d'Hirson et de la Belgique où il s'arrête le 11 novembre, à Baileux, capturant, au cours de cette magnifique épopée, 73 canons dont 19 lourds, plus de 1000 prisonniers et un énorme matériel de guerre. »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la Médaille Militaire au Drapeau du 2e RMT

« Drapeau glorieux. A flotté sur tous les champs de bataille de la Grande Guerre. Le 23 août 1914, à Hanzinelle, en Belgique, le 30 août à Ribemont et Villers-le-Sec, les tirailleurs brisent l'ennemi. Du 6 au 13 septembre 1914, ils poursuivent l'adversaire jusqu'au chemin des Dames. Le 16 juin 1915, en Artois, ils enlèvent près du Cabaret Rouge quatre lignes de tranchées ; en Champagne, le 25 septembre 1915, ils prennent le Bois Sabot. Le 17 avril 1917, le régiment attaque près d'Auberive, atteignant tous ses objectifs ; le 20 août 1917, à Verdun, il emporte la Côte de l'Oie et le Bois de Cumières. Le 12 juin 1918, près de Soissons, il résiste héroïquement à la poussée de l'ennemi, maintenant intégralement toutes ses positions. Du 30 août au 3 septembre 1918, sur l'Ailette, il pénètre dans des positions défendues désespérément et force l'ennemi à la retraite. Les 26, 27, 28 et 29 septembre, il contribue à l'enlèvement de la butte du Mesnil, passe la Dormoise, s'empare du plateau de Grateuil, franchit l'Alin et prend pied sur les pentes du sud du massif de Marvaux. Au cours de ces actions, le drapeau du 4e régiment de marche de tirailleurs indigènes conquiert la fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur ; il est glorieusement blessé le 18 septembre 1914 à Paissy, par éclat d'obus. »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la croix de chevalier de la Légion d'honneur au Drapeau 4e RMT - Le président de la République

« Digne héritier des Turcos de Wissembourg et Froeschwiller, unissant sous son Drapeau les fils de l'Algérie, de la Tunisie et du Maroc, image vivante de l'Afrique du Nord, venus se donner corps et âme à la mère Patrie. En août 1914, aussitôt débarqués et lancés dans la bataille, les tirailleurs, sous les ordres du Lieutenant-colonel Cros, retardent pied à pied la marche de l'envahisseur à la Fosse à l'eau, Bertoncourt, Ablancourt. En septembre, ils rejettent la Garde Impériale dans les marais de Saint-Gond, puis écrasent l'ennemi, contraint à la retraite, sous les murs du château de Mondement. Le 9 mai 1915, en Artois, sous les ordres du lieutenant-colonel Demetz, ils s'emparent de la Cote 140 et le 25 septembre, en Champagne, enlèvent brillamment les ouvrages ennemis au nord de Souain. Le 11 juillet 1916, dans la Somme, ils se distinguent encore devant Belloy-en-Santerre. En Champagne, le 17 avril 1917, ils s'emparent des formidables positions du mont Sans-Nom sous les ordres du lieutenant-colonel Schultz qui, à Verdun, le 20 août les lance à l'assaut des puissantes organisations fortifiées qu'ils réduisent, en faisant 1 100 prisonniers. Au cours de l'épopée sublime de 1918, devant Villers-Bretonneux, ils enlèvent, le 26 avril 1918, sous les ordres du Lieutenant-colonel Schultz les positions de Cachy. Dans l'Aisne, le 18 juillet, sous les ordres du lieutenant-colonel Mensier, ils percent les lignes ennemies, progressent de 11 kilomètres et font un grand nombre de prisonniers sur le même terrain où, les 29 et 30 mai, ils avaient soutenu des combats acharnés pour arrêter la marche de l'ennemi vers Compiègne. Du 2 au 16 septembre, sous le même commandement, à Sorny et à Vauxaillon, ils bousculent dans des conditions exceptionnellement dures, sur la ligne Hindenburg, les régiments allemands les plus réputés et progressent de plus de 7 kilomètres, préparent ainsi par leur héroïsme la marche sur Laon et la grande victoire. »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la croix de chevalier de la Légion d'honneur au Drapeau du 7e RMT - Le président de la République

« Régiment héroïque, qui créé au début de la guerre, s'est montré, dès ses premières batailles, le digne et valeureux descendants des vieux régiments de zouaves et de tirailleurs dont il a prolongé la tradition. A derrière lui un passé déjà chargé de gloire. S'est toujours signalé par une inébranlable ténacité et par sa ferme volonté, d'aller, s'il fallait, jusqu'au sacrifice total. Après avoir glorieusement combattu à Lassigny, en 1914, et à Ypres, en 1915, a brillamment vaincu l'ennemi : à Douaumont (24 octobre 1916), à Louvemont (15 décembre 1916), à La Malmaison (23 octobre 1917), à Longpont (18 juillet 1918) et sur l'Oise (20 août-4 septembre 1918). Par deux fois, a arrêté la ruée déjà victorieuse de l'ennemi, à Roye-sur-Matz (30 mars 1918) et à Carlepont (29 mai-5 juin 1918).  »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la croix de chevalier de la Légion d'honneur au Drapeau 4e RMZT (futur 16e RMT)- Le président de la République

Notes et références

  1. "Toute unité, formation ou organisme de l’Armée de Terre française issue des territoires d’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc) ou ayant combattu, à un titre ou à un autre, sur ces mêmes territoires depuis cette date est considéré comme ayant appartenu à l'Armée d'Afrique née en 1831", Association Nationale du Souvenir de l'Armée d'Afrique
  2. a et b Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p.21
  3. « Les troupes d'Afrique du Nord, associant Européens et musulmans en proportion équivalente, ont gagné sans doute leurs plus beaux titres de gloire au cours des campagnes successives de Tunisie, d'Italie, de France et d'Allemagne, sous les ordres de Juin, de Lattre et Leclerc. Le terme d'armée d'Afrique, bien que non officiel, leur restera attaché, au moins, pour ce qui est du corps expéditionnaire français (CEF) d'Italie et de l'armée B, devenue 1ere Armée française », Jacques Frémeaux, La France et l'Algérie en guerre: 1830-1870, 1954-1962, Commission française d'histoire militaire, 2002, p. 116
  4. a et b Légion d'Honneur, France-Phaleristique.com
  5. a, b et c Fourragères, France-Phaleristique.com
  6. Anthony Clayton, Histoire de l’Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p. 20.
  7. Anthony Clayton, Histoire de l’Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p. 484
  8. Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p.126
  9. Jacques Frémeaux, op. cit., p.115-117
  10. composée non de Marocains lors de la bataille de la Marne mais de 6 bataillons de Tirailleurs algériens et tunisien, 4 bataillons de Zouaves, et 3 bataillons de coloniaux, Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p.126
  11. Pages de gloire de la Division marocaine, 1914-1918 sur Gallica, p.14
  12. « Le général commandant la IXe Armée cite à l'ordre de l'armée la 1re Division du Maroc, commandée par le général Humbert pour la vaillance, l'énergie, la ténacité dont elle a fait preuve aux combats de la Fosse-à-l'Eau le 28 août et dans les journées des 6, 7, 8 et 9 septembre à Montdement, Montgivroux, Saint-Prix. Les résultats obtenus, comme aussi les pertes cruelles mais glorieuses qu'elle a subies, en témoignent. Tous, zouaves, coloniaux, tirailleurs indigènes ont fait d'une façon admirable leur devoir », Ordre Général N° 11 dû 22 septembre 1914 de la IXe Armée, Maréchal Foch
  13. 2 divisions d'Afrique du Nord : la Division Marocaine aux marais de Saint-Gond et la 45e division d'infanterie sur l'Ourcq
  14. Adolphe Messimy, Mes souvenirs, Librairie Plon, 1937, p.178
  15. Lieutenant-Colonel Gelez, Les tirailleurs algériens in La Revue des Deux-Mondes, n° 5-8, 1951, p.180
  16. Jacques Frémeaux, Les colonies dans la grande guerre, 14-18 Editions, 2006, p.202
  17. La France, l'Empire et la guerre in Histoire(s) de la Dernière Guerre, avril 2010, n°4
  18. «La France, l'Empire et la guerre » in Histoire(s) de la Dernière Guerre, avril 2010, n°4
  19. Les troupes coloniales dans la Grande Guerre: actes du colloque organisé pour le 80e anniversaire de la bataille de Verdun, IHCC-CNSV, 1997, p.90
  20. 2e régiment de tirailleurs algériens, Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE), Régiment d’infanterie coloniale du Maroc (RICM), 3e Régiment de Zouaves
  21. La Médaille Militaire, site france-phaleristique.com
  22. La Légion d'Honneur, site france-phaleristique.com
  23. Il n’y a pas de liaison directe entre le port d’une fourragère et l’attribution au drapeau de la décoration correspondante car c’est uniquement le nombre de citations à l’ordre de l’Armée qui est pris en compte pour l’attribution de la fourragère à une unité
  24. Le 5 juillet 1919, un décret du Président de la République Raymond Poincaré, attribue la Légion d'honneur (ou la Médaille Militaire, pour ceux étant déjà décorés de la Légion d'Honneur) aux drapeaux de 14 régiments (23e RI, 26e RI, 152e RI, 153e RI, 3e Zouaves, 4e Zouaves, 8e Zouaves, 9e Zouaves, 2e RTA, 4e RTT, 7e RTA, 4e mixte Zouaves-Tirailleurs (16e RTT), 43e RIC, RICM) qui se sont illustrés au cours de la guerre. Au total 19 drapeaux de l'Armée de Terre ont été décorés de la Légion d'Honneur ou de la Médaille Militaire pour la période 1914-1918, Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Royale, 1919, pp.2023-2035
  25. 17 régiments et 6 bataillons
  26. Au total environ 815 régiments de toutes les armes ont été engagés par la France au cours de la Première Guerre mondiale et seuls 17 régiments et 6 bataillons reçurent la fourragére aux couleurs de la Légion d'Honneur (au moins 6 citations à l'ordre de l'Armée)
  27. Jacques Frémeaux, Les colonies dans la Grande Guerre, Editions 14-18, 2004, p.190
  28. 23e RI, 26e RI, 152e RI, 153e RI, 3e Zouaves, 4e Zouaves, 8e Zouaves, 9e Zouaves, 2e Tirailleurs, 3e Tirailleurs, 4e Tirailleurs, 4e Mixte Zouaves Tirailleurs, 43e RIC, RICM. Au total 19 drapeaux de l'Armée de Terre ont été décorés de la Légion d'honneur ou de la médaille militaire pour la période 1914-1918
  29. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie royale, 1919, p. 2023-2035
  30. Le 4e zouaves avait perdu 9 351 officiers, sous-officiers et soldats pendant la guerre 1914-1918

Sources et bibliographie

  • Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994
  • Robert Huré, L'Armée d'Afrique: 1830-1962, Charles-Lavauzelle, 1977
  • Dominique Lormier, C'est nous les Africains, Calmann-Levy, 2006
  • Les Africains, Historama, hors-série n° 10, 1970

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