République française (régime politique)


République française (régime politique)
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le régime politique de la France. Pour le pays également appelé République française, voir France.

Depuis le 21 septembre 1792, date de la proclamation de l'abolition de la royauté, la France a connu cinq républiques :

Le modèle distribué dans les écoles françaises au début du XXIe siècle.

Sommaire

Historique

Les premières expériences

Commencée en 1789, la révolution aboutit en 1791 à la fin de la monarchie absolue et à l’instauration d’une monarchie constitutionnelle. Antoine Barnave participe activement à la définition du régime, mais ne parvient pas malgré ses conseils à convaincre le couple royal d’accepter le rôle qui lui est dévolu. C’est l’échec de ce régime qui ouvre la voie à la république.

Maximilien Robespierre par Jean Urbain Guérin.

De la République en armes à la prise du pouvoir par un militaire (1792-1804)

La Première République française naît alors que la France a progressivement coalisé contre elle une grande partie des états européens par ses premiers coups de force : constitution civile du clergé (1790), empiétements territoriaux (1791-92), exécution de Louis XVI (1793)…

Malgré les alarmes de Maximilien de Robespierre qui annonçait une dictature militaire, c’est la France elle-même qui a déclaré la guerre au "roi de Bohème et de Hongrie" (avril 1792). La République française est entraînée dans une série de conflits avec le reste de l'Europe.

Robespierre anime à la Convention nationale un régime coercitif et répressif, la Terreur, qui vise à mobiliser les énergies dans la lutte contre les ennemis intérieurs et extérieurs de la Révolution. C'est dans ces circonstances qu'est adopté l'hymne national : La Marseillaise.

L'armée est d’abord vouée à la (re)conquête qui conduit à l'annexion de la rive gauche du Rhin (1797) et la création des Républiques Sœurs en Italie. Elle est ensuite utilisée dans le fonctionnement même des institutions par les anciens conventionnels pour se maintenir au pouvoir, notamment lors du Coup d'État du 18 fructidor an V. C'est le général Napoléon Bonaparte qui finit par prendre le pouvoir en 1799 (après le coup d'État du 18 brumaire an VIII). Sous le régime du Consulat, la France demeure officiellement une République. Mais en 1804, la Constitution de l'an XII stipule que « Le gouvernement de la République est confié à un empereur qui prend le titre d'empereur des Français ».

La République renversée par son président (1848-1852)

Après la chute de Napoléon, les puissances européennes ont rétabli les Bourbon en France. Ceux-ci instaurent une monarchie parlementaire mais se montrent jaloux de leurs prérogatives et veulent gouverner en personne. Les élites se détachent de ce système, à l’image d’Adolphe Thiers. Historien de la Révolution, il participe à la fondation de la monarchie de juillet, devient premier ministre de Louis-Philippe mais finit par renoncer. La révolution de 1848 met fin à la monarchie de Juillet.

Thiers prend part à la fondation de la Deuxième République qu’il veut conservatrice : restriction du suffrage universel, participation de l’Église à l’Éducation nationale (loi Falloux). La constitution est votée en novembre 1848. Thiers soutient Louis-Napoléon Bonaparte à la première élection présidentielle au suffrage universel mais Bonaparte, trois ans après son élection, renverse le régime par le coup d'État du 2 décembre 1851. En 1852, la République laisse la place au Second Empire, Louis-Napoléon Bonaparte devenant Napoléon III.

La République parlementaire

La fondation du régime républicain (1871-1929)

Après la bataille de Sedan, qui voit la défaite et la capture de Napoléon III, la République est proclamée le 4 septembre mais le peuple élit à la première Assemblée nationale une majorité monarchiste qui est favorable à la paix. Léon Gambetta avait cru pouvoir continuer la guerre grâce à un élan semblable à celui vécu à la Révolution. Il conduit avec énergie les républicains dans les luttes électorales jusqu’à leur victoire définitive aux législatives de 1876 et 1877.

Un régime à dominante parlementaire, celui de la Troisième République, est défini par les Lois constitutionnelles de 1875 : les monarchistes ont obtenu la création d’un sénat censé tempérer les évolutions de l’Assemblée nationale. Jules Ferry met en place le nouveau régime entre 1879 et 1885. Il institue en particulier l’école obligatoire, gratuite et laïque dans le but d’enraciner la République dans les mentalités.

Les crises du régime (1929-1958)

Le Krach de 1929 ouvre à un niveau mondial une période de crise avec en particulier l’émergence de l’Allemagne nazie. La Troisième République n’est pas en mesure d’agir sur les évènements : faiblesse du pouvoir exécutif, retrait des personnalités marquantes des années 1920, absence de majorité parlementaire stable... Elle est emportée par la défaite militaire de juin 1940. Philippe Pétain, président du conseil des ministres, négocie l'armistice avec les Allemands, obtient les pleins pouvoirs et devient le « chef de l'État français ». Toute mention du terme République disparaît des actes officiels de l'État français.

À la Libération en 1944, le Gouvernement provisoire de la République française dirigé par le général de Gaulle, s'installe sur le territoire français, évinçant le régime de Vichy. En 1946, une nouvelle constitution rétablit le cadre d’un régime parlementaire, confirmé par les pratiques d’hommes politiques souvent formés sous la Troisième République. Incapable ensuite de résoudre la guerre d'Algérie, la Quatrième République fait appel au général Charles de Gaulle, lequel s’était opposé dès 1944 à sa mise en place et avait proposé, dans le discours de Bayeux, un autre modèle constitutionnel. La voie de la Cinquième République est dès lors tracée.

La Cinquième République

La République gaullienne (1958-1981)

Le 28 septembre 1958[1], le peuple français adopte par référendum une nouvelle constitution dans laquelle le pouvoir exécutif est renforcé. Décidée par référendum en 1962, l’élection du président de la République française au suffrage universel à compter de 1965 donne à celui-ci une autorité nouvelle. Chef des armées et de la diplomatie, il dispose de prérogatives qui le mettent en position de réguler le fonctionnement des autres pouvoirs. Il peut s’adresser directement au peuple par voie de référendum, moyen utilisé dès 1961 et 1962 pour faire approuver l'autodétermination en Algérie et les Accords d'Évian.

La Constitution du 4 octobre 1958 instaure un Conseil constitutionnel, dont le rôle ira croissant avec la multiplication à partir de 1974 des possibilités légales de sa saisine.

L’instauration du scrutin majoritaire à deux tours entraîne la structuration progressive des forces politiques entre quatre grands partis associés deux à deux : RPR/UDF et PS/PC. Il facilite le maintien au pouvoir de la majorité de droite, car il lamine le centre et gêne les forces de gauche réticentes à s’allier aux communistes.

L’ouverture du régime (1981-2007)

L’Élection présidentielle de 1981 ouvre une phase d’alternances de majorités, avec des périodes de cohabitation entre un président et un gouvernement de partis différents. Le mandat présidentiel est finalement réduit de 7 à 5 ans, soit la durée d'une législature. La logique du scrutin majoritaire et une poussée électorale de l’extrême droite encouragent la bipolarisation politique entre deux grands partis, PS et UMP.

Par ailleurs, un mouvement de décentralisation est amorcé vers les régions et les départements: à cette occasion les régions deviennent des collectivités locales à part entière dotées d'une assemblée élue. L’intégration européenne s'accélère à l'occasion de la mise en œuvre du Traité de Maastricht et aboutit à des transferts de compétence au niveau de la Communauté européenne.

Cette phase est également caractérisée dès le début des années 1980 par un mouvement de libéralisation en particulier des médias et des marchés financiers.

À la recherche de nouveaux équilibres

L’élection présidentielle de 2007 est marquée par l’arrivée au premier plan d’une nouvelle génération de personnalités. Une réforme constitutionnelle intervient en 2008 avec notamment pour objectif une revalorisation du rôle du Parlement. Son exploitation reste cependant à confirmer, l’action politique apparaissant toujours fortement captée par la Présidence de la République.

La crise financière appelle un approfondissement de la coopération européenne et met en valeur une fois de plus l’intérêt de la coordination franco-allemande, pas toujours évidente.

La gauche obtient pour la première fois depuis 1958 la majorité au Sénat en septembre 2011, dans un contexte de réforme des collectivités locales qui sont par ailleurs mises en difficulté par une nouvelle phase de décentralisation.

L’UMP connaît des difficultés électorales. Le choix initial d’éviter la formation de courants et l’engagement d’une politique résolument à droite se traduisent par une rétraction de sa base électorale. Le PS poursuit la démocratisation de son fonctionnement, malgré les controverses suscitées à cette occasion.

Caractéristiques générales

Elles sont pour la majeure partie définies dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et complétées par le préambule de la Constitution de 1946, deux textes auxquels la Constitution de 1958 fait expressément référence dans son introduction.

Les droits individuels

Liberté et égalité

Les hommes naissent libres et égaux en droit. Tout citoyen peut parler et écrire librement ; il ne peut être inquiété pour ses opinions. Tous les citoyens sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

Chacun a le droit d’obtenir un emploi, défendre ses intérêts par l’action syndicale, participer par l’intermédiaire de ses délégués à la détermination collective des conditions de travail.

Fraternité

La fraternité avait été définie dans la constitution de 1795 comme suit : « Tous les devoirs de l'homme et du citoyen dérivent de ces deux principes, gravés par la nature dans tous les cœurs : - Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît. - Faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir. »

En 1946 sont garantis à tous la protection de la santé, la sécurité matérielle et le repos, en particulier en cas d’incapacité à travailler.

Les principes politiques

La souveraineté de la nation

L’autorité émane exclusivement de la collectivité des citoyens qui s’exprime par la loi. La loi a pour objectif de fixer aux droits de chacun les bornes qui permettent aux autres de jouir des mêmes droits. À ce titre, elle est l’expression de la volonté générale et chacun peut concourir à sa formation, du moins par l’intermédiaire de ses représentants.

Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites.

La séparation des pouvoirs

Montesquieu avait distingué trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Dès 1789, l’équilibre entre les pouvoirs, garantie des libertés, est l’objet de vifs débats. S’étant souvent définie par opposition à des pouvoirs personnels, la République est restée méfiante à l’égard du pouvoir exécutif. Elle l’a confié au début à des organes collégiaux (Comité de salut public, Directoire) et elle l’a longtemps subordonné au pouvoir législatif. C’est en 1958 que la constitution accorde un rôle central au président de la République française, qu’affirmera la pratique de De Gaulle.

Il est à noter par ailleurs que la constitution mentionne deux pouvoirs, exécutif et législatif, et seulement une « autorité » judiciaire.

La laïcité

Il s’agit de mettre la liberté politique collective à l’abri des entreprises de la religion et de l’église, tout en respectant la liberté privée des consciences ainsi que l'expression publique des convictions. La solution affirme la suprématie de la liberté publique, les citoyens sont invités à faire abstraction de leurs croyances et attaches personnelles lorsqu’ils se déterminent collectivement.

Le concept de laïcité tend aujourd’hui à évoluer. La neutralité de l’État, issue de sa séparation avec l’Église, reste un élément fondateur de la société politique. Mais à l’occasion du développement de l’individualisme, la religion repose de moins en moins sur le respect d’une autorité spirituelle. Elle devient une adhésion spirituelle personnelle qui revendique son expression individuelle dans l’espace public et attend que l’autorité publique assure sa sécurité.

Notes et références

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Première République

Troisième République

Cinquième République


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