École taurine


École taurine
Ferdinand VII, peint par Vicente López Portaña (es)

Une école taurine est une école destinée à former des toreros. La plus ancienne a été fondée à Séville, à l'initiative du roi Ferdinand VII d'Espagne en 1830 à la fin de son règne[1], elle est toujours active de nos jours[2].

Sommaire

Lieux géographiques

Il existe des écoles taurines un peu partout en Espagne : en Catalogne à L'Hospitalet de Llobregat, à Madrid, Valence, Albacete, Salamanque, Alicante[3]. L'Andalousie en compte vingt[3]. La plus récente en Espagne est la Escuela Taurina de Arganda del Rey « Fundación El Juli », une école taurine internationale fondée en 2007 par le matador El Juli pour aider les jeunes talents[4].

Le Portugal possède une école taurine à Vila Franca de Xira[1].

En Amérique latine, le Mexique a une école taurine à Aguascalientes, une autre à Santiago de Querétaro[5]. En Colombie, l'école taurine se trouve à Cali, au Venezuela à San Cristóbal[6],[1]. Au Pérou, les principales écoles taurines sont à la Plaza de Acho à Lima[7] et à Guadalajara[8]. L'Équateur en possède une à Quito[9]

Il existe aussi des écoles taurines aux États-Unis, dans les états limitrophes du Mexique, notamment en Californie où la plus célèbre est la « California Academy of Tauromaquia » de San Diego[10].

En France, les écoles taurines sont réparties dans le Sud et le Sud-ouest : à Nîmes[11], à Arles[12], l'école taurine du Grand Sud Ouest à Campet, l'école taurine d'Hagetmau, à Tarascon et Béziers, le Centre Tauromachique Saint-Remois à Saint-Rémy-de-Provence, et il existe une école de tauromachie à cheval à Cardet[13].

Historique

Soucieux de raviver une tradition populaire qui avait souffert de la guerre avec la France, le roi Ferdinand VII d'Espagne fonde l'école taurine de Séville par décret. Il en confie, en 1830, la direction au matador Jeronimo José Candido, beau-frère d'un autre matador, Pedro Romero qui avait alors soixante treize ans et qui finit par obtenir la direction tandis que Jeronimo devenait son adjoint[14]. L'école est fermée quatre ans plus tard par décret le 15 mars 1834[1]. Elle n'aura pas le temps de former des matadors puisqu'il faut environ sept ans pour y parvenir, mais des figuras sont passées par cette école éphémère : « Paquiro » et « Cúchares » entre autres.

Ainsi, pendant une longue période, les apprentis toreros ont commencé leurs carrière dans de dangereuses capeas de village où il tentaient de se faire remarquer. Les plus chanceux faisaient ensuite leurs classes comme subalternes dans des cuadrillas. D'autres cherchaient un occasion en se jetant dans l'arène en amateur, et en prenant tous les risques . C'était les espontáneos dont les plus connus au XXe siècle siècle sont « El Cordobés » et Simon Casas. Cette dernière activité, bien que dangereuse et réprimée par la police, n'arrêtait pas les passionnés du ruedo. Ce n'est qu'avec l'ouverture des écoles de tauromachie, en 1977 à Madrid, en 1984 à Nîmes que les espontáneos sont devenus plus rares, puis ont pratiquement disparu[15]. Selon Claude Popelin et Yves Harté, l'école de Madrid aurait été ouverte en 1975[16].

C'est sur l'initiative de Enrique Martín Arranz, ancien novillero, que l'école est fondée au centre du parc de la Casa del Campo, dans les arènes désertées par le Syndicat des toreros. Accueillie avec scepticisme, l'idée s'est implantée peu à peu. L'école de Albacete a suivi son exemple quelques années plus tard, puis Salamanque, Valence, Cadix, Murcie, Badajoz, Alicante, Navarre, Huelva, Valladolid, Cáceres.

En France, il faut attendre 1984, date de la fondation de l'école taurine de Nîmes, pour que les matadors français reçoivent une formation.

Fonctionnement des écoles

l'école taurine de Madrid

L'objectif est de fournir un enseignement général comme tout établissement scolaire et de donner en plus une formation taurine[16]. Ces écoles imposent aux élèves la poursuite d'une scolarité normale. Elles reçoivent des subventions de la municipalité (Madrid a offert à vie les installations pour son école)[16]. Selon Robert Bérard : « Elles contribuent à jouer, en outre, un rôle social qui permet à certains jeunes de s'intégrer dans une discipline à laquelle ils adhèrent, par jeu ou par goût, quitte à y découvrir leur talent ou leur inaptitude[17] ». Le rôle des professeurs étant de dissuader les sujets qui n'ont pas, de toute évidence, la vocation[16]. Ces écoles ont fourni de grands matadors au cours des vingt derniers années, entre autres : Joselito, José Tomás, Finito de Córdoba, Sébastien Castella.

Bibliographie

  • Robert Bérard (dir.), Histoire et dictionnaire de la Tauromachie, Paris, Bouquins Laffont, 2003 (ISBN 2221092465) 
  • Claude Popelin et Yves Harté, La Tauromachie, Paris, Seuil, 1970 et 1994 (ISBN 2020214334)  (préface Jean Lacouture et François Zumbiehl)

Notes et références

Liens externes


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