Élections législatives régionales de 1994 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale


Élections législatives régionales de 1994 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale

Les élections législatives régionales de 1994 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (Landtagswahl in Mecklenburg-Vorpommern 1994) se sont déroulées le 16 octobre 1994 dans le Land allemand de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, en vue d'élire les soixante-et-onze députés de la deuxième législature du Landtag.

Sommaire

Contexte : les tensions au sein de la CDU

Mode de scrutin

L'élection a eu lieu sous le régime de la Constitution régionale (Landesverfassung) du 23 mai 1993 et de la loi électorale du 14 décembre 1993.

Chaque électeur dispose de deux voix, une pour voter dans une circonscription, l'autre pour voter en faveur d'une liste présentée par chaque parti, au niveau régional et comportant autant de candidats que de sièges à pourvoir. Les sièges sont répartis, selon la méthode du quotient de Hare, entre les formations dont la liste a obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés ou qui ont obtenu au moins trois députés dans les circonscriptions. La durée de la législature était fixée à quatre ans et le nombre de députés à soixante-et-onze (dont trente-six élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour).

Par rapport aux élections de 1990, le seul changement est l'augmentation de la taille du Landtag, de cinq sièges supplémentaires. Le but de cette modification était d'éviter la situation de blocage issue du scrutin de 1990, où chaque coalition avait remporté trente-trois des soixante-six sièges à pourvoir.

Situation politique

Au cours de la première législature, élue le 14 octobre 1990, le ministre-président Alfred Gomolka, à la tête d'une coalition noire-jaune entre l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et le Parti libéral-démocrate (FDP), avait été contraint par ses propres députés à démissionner le 19 mars 1992, à cause de leur opposition mutuelle concernant la privatisation des chantiers navals. Il avait été remplacé par Berndt Seite, qui sollicitait le renouvellement de son mandat. De plus, le président de la CDU régionale, Günther Krause, également ministre fédéral des Transports, avait dû renoncer à ses deux postes, étant empêtré dans plusieurs affaires. La ministre fédérale des Femmes, Angela Merkel, lui avait succédé à la tête de la fédération du parti.

Au début de l'année 1994, la popularité des chrétiens-démocrates et du gouvernement fédéral était tombée très bas en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, notamment parce que le chancelier Helmut Kohl ne cessait d'évoquer les nouveaux Länder comme des « paysages en fleur » (Blühende Landschaften), en contraste totale avec la réalité socio-économique du Land. Les sondages prédisaient donc un mauvais score pour la CDU, certains prédisant un score de 20 %, soit une chute de dix-sept points par rapport à 1990. Celle-ci a cependant fini par bénéficier, au cours du marathon électoral (Superwahljahr) de 1994, d'un changement d'humeur des électeurs, qui lui a été profitable au cours de cette élection régionale.

Résultats

Parti  % +/- Sièges +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 37,7 % -0,6 30 +1
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 29,5 % +2,5 23 +2
Parti du socialisme démocratique (PDS) 22,7 % +7 18 +6
Parti libéral-démocrate (FDP) 3,8 % -1,7 0 -4
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 3,7 % -0,5 0 ±
TOTAL (participation : 72,9 %) 97,4 % N/A 71 +5

Analyse

Si la CDU a réussi à se maintenir en première position, sans progresser ni reculer, et le SPD a connu une hausse modérée, le PDS a connu une forte progression et a même réussi à faire élire un de ses candidats au scrutin uninominal majoritaire à un tour. En revanche, ni le FDP ni les Verts ne sont parvenus à franchir le seuil des 5 % des suffrages exprimés pour siéger au Landtag, entraînant la disparition des libéraux du Parlement. De plus, les partis d'extrême-droite Les Républicains (REP) et Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) n'ont réuni que 1,1 % des voix, ce résultat étant accueilli avec soulagement après les émeutes anti-immigrés s'étant produites à Rostock, dans le quartier de Lichtenhagen, en août 1992. C'est à partir de ce scrutin que s'est figé, pour les douze années à venir, le paysage politique du Land entre trois grandes formations.

Alors que le taux de participation était de 64,8 % en 1990, il a atteint cette fois-ci 72,9 % des inscrits. Ce chiffre, relativement élevé, s'explique par la superposition des thèmes de campagne régionaux et fédéraux, les élections au Bundestag se tenant le même jour dans l'ensemble de l'Allemagne.

Conséquences

Le chef de file et président régional des sociaux-démocrates, Harald Ringstorff, avait ouvertement fait part de sa volonté de constituer une coalition rouge-rouge avec le PDS, mais la direction fédérale de son parti s'y est refusé, préférant une grande coalition avec la CDU de Berndt Seite, dont le SPD serait le partenaire minoritaire. Comme les chrétiens-démocrates avaient perdu leur partenaire de gouvernement, ils n'ont eu d'autre choix que de s'allier aux sociaux-démocrates. Seite a ainsi été réélu pour un second mandat le 8 décembre, avec le soutien d'une alliance disposant de 53 élus, Ringstorff devenant Vice-ministre-président et ministre de l'Économie.

Notes et références

Annexes

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