Carnia


Carnia
Carnia
Image illustrative de l'article Carnia
Vue sur Collina, hameau de Forni Avoltri en Val Degano

Pays Italie
Région Frioul-Vénétie julienne
Province Udine
Villes principales Tolmezzo, Paularo, Paluzza, Arta Terme, Villa Santina, Ovaro
Siège du pays Tolmezzo
Superficie approximative 1 222 km²
Relief Montagnes : Alpes et Préalpes carniques

Vallées : Val Tagliamento, Val Bût, Val Chiarsò, Val Degano, Val Pesarina, ValCalda, Val Lumiei,

Productions Élevage (bovin, porcin), Agriculture, Industrie (Ex : Bois)
Communes 28
Population totale 39 705 hab. (2006)
Régions naturelles voisines Frioul, Vénétie, Carinthie, Carniole

La Carnia (Cjargne en Frioulan, (parfois déformé Cjargno, Cjargna); Karnien en allemand), est une région historico-géographique du Frioul, dont les communes, de la région autonome Frioul-Vénétie julienne dépendent toutes administrativement de la province d'Udine. On y parle couramment le frioulan.

Sommaire

Géographie

Elle se trouve dans les Alpes Carniques; confine au nord avec l'Autriche, au sud avec la province de Pordenone, à l’ouest avec la Vénétie et à l’est avec le Val Canale lui aussi en province d’Udine.

Les vallées

  • (I cjanâi)

En Carnia se trouvent sept vallées, chacune traversée par un torrent, dont elles prennent le nom (exceptée la Valcalda), les vallées prennent aussi le nom de canale (cjanâl), soulignant ainsi leur morphologie étroite et allongée (entre parenthèses la dénomination en Frioulan):

  • Val Bût ou Canale di San Pietro (Cjanâl di Sant Pieri)
  • Val Degano ou Canale di Gorto (Cjanâl di Guart)
  • Val Lumiei (Valade dal Lumiei)
  • Val Tagliamento (Cjanâl di Soclêf o Petecarie)
  • Val Pesarina (Cjanâl Pedarç)
  • Val Chiarsò ou Canale di Incaroio (Cjanâl di Incjaroi)
  • Valcalda (Valcjalde o Cjanâl di Monai)

Chacune de ces vallées et torrents confluent dans le fond de la vallée de la commune de Tolmezzo, centre principal de la Carnia.

les communes

  • (I comuns)

Les 28 communes de la Carnia (le nom italien et frioulan):

Communes Habitants (2006) Superficie (km²) hameaux
Amaro (Damâr) 811 33,26 -
Ampezzo (Dimpeç) 1 089 73,61 Oltris, Voltois
Arta Terme (Darte) 2 287 52,24 Avosacco, Cabia, Cedarchis, Lovea, Piano d'Arta, Piedim, Rivalpo, Valle
Cavazzo Carnico (Cjavaç) 1 108 38,69 Cesclans, Mena, Somplago
Cercivento (Çurçuvint) 748 15,36 Cercivento di Sotto, Cercivento di Sopra
Comeglians (Comelians, loc. Comalians) 603 19,52 Calgaretto, Maranzanis, Mieli, Noiaretto, Povolaro, Runchia, Tualis
Enemonzo (Denemonç) 1 389 23,70 Colza, Esemon di Sotto, Fresis, Maiaso, Quinis, Tartinis
Forni Avoltri (For di Avoltri, loc. Fôr Davuatri) 681 80,71 Collina, Collinetta, Frassenetto, Sigilletto
Forni di Sopra (Fôr Disore) 1 087 81,16 Andrazza, Cella, Vico
Forni di Sotto (Fôr Disot) 701 93,54 Tredolo, Baselia, Vico
Lauco (Lauc) 819 34,58 Allegnidis, Avaglio, Buttea, Chiassis, Trava, Vinaio
Ligosullo (Liussûl) 195 16,75 Murzalis
Ovaro (Davâr) 2 126 57,88 Agrons, Cella, Chialina, Clavais, Cludinico, Entrampo, Lenzone, Liariis, Luincis, Luint, Mione, Muina, Ovasta
Paluzza (Paluce) 2 494 69,96 Casteons, Cleulis, Rivo, Timau, Naunine
Paularo (Paulâr) 2 855 84,23 Casaso, Chiaulis, Dierico, Misincinis, Ravinis, Rio, Salino, Trelli, Villafuori, Villamezzo
Prato Carnico (Prât) 1 007 81,48 Avausa, Croce, Osais, Pesariis, Pieria, Pradumbli, Prico, Sostasio, Truia
Preone (Preon) 297 22,51 -
Ravascletto (Ravasclêt, loc. Monai) 596 26,32 Salars, Zovello
Raveo (Raviei) 480 12,63 Esemon di Sopra
Rigolato (Rigulât) 579 30,47 Givigliana, Gracco, Ludaria, Magnanins, Stalis, Tors, Valpicetto, Vuezzis
Sauris (Zahre, nel locale dialetto germanico) 427 41,52 La Màina, Latéis, Sàuris di Sotto, Sàuris di Sopra, Velt
Socchieve (Soclêf) 950 65,95 Caprizzi, Dilignìdis, Feltrone, Lungis, Mediis, Nonta, Priuso, Viaso
Sutrio (Sudri) 1 393 21,06 Nojaris, Priola
Treppo Carnico (Trep) 653 18,71 Gleris, Siaio, Tausia, Zenodis
Verzegnis (loc. Verzegnas) 924 38,80 Chiaicis, Chiaulis, Intissans, Villa
Villa Santina (Vile) 2 234 13,00 Invillino
Zuglio (Zui) 633 8,31 Fielis, Formeaso, Sezza
Tolmezzo (Tumieç) 10 539 65,69 Cadunea, Caneva, Casanova, Cazzaso, Fusea, Illegio, Imponzo, Terzo
Total 39 705 1.221,64 124

Il faut y ajouter les communes de Sappada (Sapade, Plodn en dialecte germanique), aujourd’hui en province de Belluno, et l'habitat de Alesso (Dalès) en commune de Trasaghis.

Les montagnes

  • (Lis monts, prononcé localement aussi Las monts)

Elle est constituée de bandes géologiquement différentes, les montagnes sont constituées par trois types de roches : le calcaire, la dolomie et la silex.
La Carnia est traversée par les Alpes Carniques qui s’étendent du Passo di Monte Croce di Comelico à la sella di Camporosso où commencent les Alpes juliennes, qui s’élèvent (sur le versant italien) entre le fleuve Fella et le haut Isonzo.
La chaîne Carnique orientale constitue au nord le confins avec l'Autriche, au sud est délimitée par le torrent Pontebbana et, en amont de Pontebba, par le cours de la Fella.
Le monte Coglians (2 780 m) est le sommet le plus haut des Alpes Carniques ainsi que de la région. Avec le groupe voisin de la Creta delle Cjanevate forme un imposant massif montagneux sur les confins avec l’Autriche. Les autres sommets importants de la Carnia sont:

  • Monte Peralba 2 694 m
  • Monte Cridola 2 580 m
  • Monte Fleons 2 507 m
  • Monte Pramaggiore 2 479 m
  • Monte Bìvera 2 472 m
  • Monte Volaia 2 470 m
  • Creta Forata 2 462 m
  • Monte Siera 2 443 m
  • Monte Tiarfin 2 417 m
  • Monte Crostis 2 252 m
  • Creta di Timau 2 218 m
  • Monte Sernio 2 190 m

Histoire

Avant J.-C.

Carte des Peuples de Gaule cisalpine IIIe siècle av. J.-C.

La région fut initialement habitée par les Carni, peuple d’origine celtique, d’où la Carnia tire son nom.
Les Carni vivront pour des siècles sur les plaines fertiles entre le Rhin et le Danube où habitaient d’autres peuples celtes.
Autour de 400 av.J.-C., la croissance démographique et la pression du peuple germanique, généra un flux migratoire vers le sud. Les Carni traversèrent les Alpes par le col du Monte Croce Carnico et se stabilisèrent dans l’actuelle Carnia, au pieds des montagnes du Frioul, se dédiant à la chasse et à l’élevage. Durant les hivers rigoureux les bergers se déplaçaient avec leurs troupeaux, dans les plaines. Ils étaient aussi habiles dans le travail du fer et du bois.

Les Carni étaient commandés par un roi et une caste sacerdotale de druides).

La première date historique révélant l’arrivée des Carni est en 186 av.J.-C., quand environ 50 000 Carni, entre hommes armés, femmes et enfants, descendirent vers les zones de plaine qu’ils utilisaient pour hiberner et fondèrent, sur un col, une installation fortifiée stable, Akileja.
Les romains, préoccupés par l’expansion de ce peuple, en 183 av.J.-C., Rechasseront les Carni en montagne, détruisirent leurs établissements et fondèrent une colonie de défense des confins du nord-est. Ce nouvel établissement est appelé Aquilée se référant au nom au nom du précédent établissement celtique Akileja. Les consuls fondateur de la colonie étaient Publius Cornelius Scipio Nasica, Caius Flaminius Nepos et Lucius Manlius Acidinus Fulvianus.

Les Carni, pour stopper l’expansion romaine et pour conquérir les terres de plaines les plus fertiles et hospitalières, cherchèrent alliance avec les Celtes d’Istrie, avec les Gépides et avec les Celtes.
Rome, avertie du danger toujours plus présent des Carni et voulant accélérer sa propre expansion, envoya au nord-est les légions du consul Marcus Aemilius Scaurus, qui vainquit définitivement les Carni dans la bataille du 15 novembre 115 av. J.-C, ces derniers se soumirent à Rome.

Au cours des siècle, le mélange des us et coutumes, ainsi que le mélange de sang et de langage de ces deux civilisation profondément diverses donna origine au nouveau peuple Aquiléen ou Frioulan.

Aquilée accru son importance, devint Municipium Romanum en 90 av.J.-C., un important centre commercial et artisanal, ainsi que le principal port du l'Adriatique et poste militaire.

Après J.-C.

La Carnia fut envahie par les Wisigoths (en 410), et par les Huns d’Attila (en 452 ) qui dévastèrent Aquilée et autres cités de la plaine.
Les Ostrogoths (489) dominèrent le Frioul et la Carnia pour 60 années. Dans la même période les slaves réussirent à pénétrer de la Carantanie (Haute Carinthie) dans les vallées de Bût, de Degano et de Fella.
Les byzantins conquirent l'Italie en 553, de cette manière ils renforcèrent l’ex garnison militaire romaine.

En 568, les Lombards, provenant de la Scandinavie, arrivèrent au Frioul guidés par Alboïn avec l’objectif d’occuper la péninsule. Les lombards transférèrent la capitale du duché du Frioul à Cividale. C'est suite à cette invasion que naquit le Patriarcat d'Aquilée, entité politico-religieuse qui gouvernera de façon quasi autonome, le Frioul, pendant plusieurs siècle, et subsistera de manière religieuse pendant plus d'un millénaire ; l'église d'Aquilée était déjà en rupture avec l'église orthodoxe byzantine depuis le schisme des Trois Chapitres de 554. Des fouilles archéologiques ont permis de découvrir divers objets de cette époque : fragments de sculptures, boucles d’oreilles et fibules à Forni di Sotto; boucles d’oreilles de bronze à Clavais, anneaux de bronze, poignards à Ampezzo.

En 774, la région entre sous domination carolingienne ; Charlemagne, en 798, déclara Salzbourg siège métro-politique pour les terres septentrionales.
En 811, la Drava est déclarée, par Charlemagne, nouveau confins entre la juridiction de Salzbourg et le patriarcat d'Aquilée.

Au Partage de Verdun, en 843, l'Italie devient partie intégrante de la Francie médiane, qui elle même se divisant donnera naissance à trois royaume en 855, dont le Royaume d'Italie qui abritera le Frioul.

En 888, c’est le début des invasions des Magyars, provenant de la région du Danube, qui saccagèrent tout, prenant ainsi une renommée pire que les Huns d’Attila.
Malgré les invasions Magyars, la Carnia ne fut pas saccagée et vécut une période de reprise économique et de croissance démographique grâce à sa position géographique ; isolée et bien protégée par les montagnes.
Autour de l’an 1000, furent créées le Gastaldato (juridiction civile) et les deux Archidiocèses (juridiction ecclésiastique): celui de Gorto et celui de la Carnia.

L'an 952, marque la fin du royaume carolingien d'Italie, et son annexion par la Francie orientale, devenant 10 ans plus tard, le Saint-Empire romain germanique.

En 1077, est officiellement reconnu l’état Patriarcal d’Aquilée, sous ordonnance de l’empereur germanique Henri IV du Saint-Empire. Dans une période historique, où fleuriront les communes et seigneuries dont les vicissitudes caractériseront le Moyen Âge, la Carnia vécut une période d’autonomie et d’indépendance. L’état patriarcal dura 343 années, présentant un caractère féodal germanique, à la tête duquel se trouvait un prince-évêque, le patriarche d'Aquilée.

Drapeau de la République de Venise

La langue officielle pour les documents était le latin; l’allemand est l’idiome de la classe bourgeoise et de la cour du Prince-évêque. Le peuple parlait le frioulan avec toutes ses variétés locales, dérivant de l’assemblage des divers idiomes des envahisseurs qui se sont succédé pendant des siècles.
L’année 1420, signa la fin du gouvernement politique du patriarcat d’Aquilée.
Le 4 juin de cette même année, Udine se joint à la République Vénète qui absorba aussi la Carnia ; après presque 500 années de germanisation, toujours tempérée par l’église catholique.
Le Patriarcat d'Aquilée, continua à exister jusqu’en 1751, exclusivement dans sa forme ecclésiastique et aux ordres de patriarches vénètes.

XIXe et XXe siècles

À la chute de la République de Venise en 1797, la quasi totalité du territoire continental de la dîte Sérenissime République, fut absorbée par l'Empire d'Autriche, or en 1805, l'empereur français Napoléon Ier rassembla le nord-est de l'Italie pour former le royaume d'Italie, il était divisé en plusieurs départements, la Carnia était située dans le département de Passariano, dont le chef-lieu était Udine. De 1814 à 1866, la Carnia fut sous la domination autrichienne, au sein du royaume suzerain lombard-vénitien, jusqu'à la troisième guerre d'Indépendance italienne, le 21 octobre 1866, où le Frioul et la Carnia furent annexés à l'Italie, avec les péripéties historiques, comme la participation à la Première Guerre mondiale et à la Seconde Guerre mondiale, ainsi que toutes les aventures coloniales en Afrique. De nombreux sentiers de montagne utilisés, remontent à la Première Guerre mondiale et des restes de fortins et meurtrières sont encore visibles.

Durant la Première Guerre mondiale la Carnia, se trouvant aux confins entre le Royaume d'Italie et l’Empire d’Autriche d’alors, devint zone de guerre. Le secteur de front compris entre le Monte Peralba et le Monte Rombon constituait la "Zon Carnia" commandée par le général Lequio; au 24 mai 1915, y furent déplacés 31 bataillons (dont 24 de Chasseurs alpins italiens). La zone Carnia avait une importance primaire en tant que lieu de laison entre la 4e armée du Cadore et la 2e de l'Isonzo. La zone du Passo di Monte Croce Carnico avait une importance particulière avec les hauteurs : Pal Piccolo, Freikofel, Pal Grande, où les alpins et alpenjagër conduisirent une longue guerre de tranchées. Sur les monts carniques le combat dura jusqu’en octobre 1917, mois où fut la retraite après la bataille de Caporetto à Kobarid, et les troupes de la Zone Carnia durent se replier. Suite à cette retraite, la Carnia dut subire l’invasion austro-allemande, qui dura une année entière; une année qui fut, pour les habitants, pleine de misère, de privations, de saccages et de viols.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'ex-président du conseil italien, Benito Mussolini s'empare de l'Italie du Nord et y crée la République sociale italienne, état fasciste allié au Troisième Reich allemand. Ce dernier empire, annexera de facto, le Frioul est des régions limitrophes, et les intégrent à la Zone d'Opération Côtière Adriatique, dans le but d'acquérir une entrée sur la mer Adriatique.
La Carnia se libérera des puissances de l'Axe en septembre 1944, et mettra en place la République Partisane de Carnia, membre du comité de libération nationale italienne, supprimée le mois suivant sa création.

Les cosaques en Carnia

Avec la suppression de la « République libre de la Carnia » (république partisane), en Carnia arrivèrent de nouveaux envahisseurs : les cosaques, arrivés au Frioul en août 1944. Initialement au nombre de 20 000, mais atteignirent les 40 000 le printemps suivant (il faut tenir compte que la population était alors de 60 000 personnes) ; à leur suite, ils amèneront leurs propres familles, les chariots, leurs ustensiles et 6 000 chevaux. Ces cosaques était des populations d’origine russe depuis toujours en conflit avec les autorités de Moscou. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils s’étaient alliés aux forces allemandes dans l’espoir de renverser le régime communiste ; quand la guerre commença à tourner mal pour les forces de l'Axe, et l’armée rouge chassa les allemands du sol de URSS, Hitler pour les protéger se vu contraint à leur promettre une terre pour eux : la Kosakenland in Nord Italien, qui n’était autre que la Carnia.

En l’été de 1944 donc le Führer alloua le territoire entier de la Carnia, au-delà d’une partie du Haut Frioul (Trasaghis, Buja, Majano, Bordano) à deux division russes, une cosaque commandées par Krassnov, et une caucasienne, déjà impliquée dans les opérations contre la Pologne. Pour les gens de la Carnia, l’occupation cosaque représentera un martyr, aujourd’hui encore bien vivant dans la mémoire des anciens : certaines familles furent chassées de leur demeure pour donner la place aux nouveaux arrivants, d’autres furent contraints à cohabiter avec des personnes avec lesquelles il était impossible de partager les us et coutumes et avec lesquels, même les plus simples tentatives de dialogue se révélèrent une véritable entreprise à cause de la difficulté de communication. Très nombreux furent les actes de violence accomplis envers la population ; parmi lesquels les plus marquants sont sans aucun doute l’expulsion des habitants de Alesso, Bordano et Trasaghis, les saccages de Cadunea, Cedarchis, Invillino, Sutrio et Illegio. A Imponzo le prêtre don Giuseppe Treppo (médaille d’or de la valeur civile) fut tué pour avoir tenté de sauver deux jeunes femmes du viol. Toutefois, des cas de convivialité pacifique et aussi, suite à cette période, on enregistra quelques mariages entre des femmes de la Carnia et des ex soldats cosaques (plusieurs, en fait, étaient ceux qui abandonnèrent les détachements pour passer chez les partisans.

En Carnia furent constitués dans l’ensemble 44 garnisons cosaques qui, dont la tête était à Verzegnis, où se trouvait le commandement du régiment Terek-Stavropol, se répandirent dans chaque vallée de Sappada à Raveo à Ravascletto. L'occupation dura jusqu’à mai 1945 quand les cosaques, en face de l’avancée alliées, perdirent l’espoir d’avoir toute la Carnia pour eux comme promis par les nazis. Ils se mirent en colonne avec chariots et chevaux et, à travers le Passo di Monte Croce Carnico joignirent l'Autriche, inconscients du destin tragique qui les attendait ; réunis dans la vallée du Gail et consignés aux anglais, ils eurent une amère surprise : suite aux accords de Yalta entre les forces alliées, tous les cosaques devront être rapatriés. Cela signifiait le peloton d’exécution pour les officiers, et pour tous les autres, femmes et enfants compris, la déportation en Sibérie. Beaucoup, pour éviter la torture des goulags, préféreront la mort et opteront pour un suicide collectif; ainsi en mai 1945, avec leurs chevaux et familles, se jetèrent en masse dans les eaux gelée de la Drava, mourant noyés.

Avec l’arrivée de la république dans la région, des instances autonomistes ont ressurgi, soutenues dans les années 1970, par un politique national d’origine carnique, Bruno Lepre.

La Province du Haut Frioul

Le territoire de la Province d'Udine étant assez vaste et composite, allant des territoires montagneux à la mer Adriatique, les instances autonomistes sont assez fortes, surtout dans la partie de la Carnia, qui voit en Tolmezzo son chef-lieu naturel. Pourtant en 2004 suite à la proposition de création d’une province régionale, sur la base de la nouvelle législation sur les entités locales, de soumettre à référendum populaire du dimanche 21 mars 2004. La nouvelle province régionale aurait du s’appeler Province du Haut Frioul, dérivant de l’union des territoires de la Carnia, du Tarvisiano et du Gemonese. Pour éviter les querelles de clocher sur le siège du chef-lieu, entre Tolmezzo et Gemona del Friuli, on opta pour Venzone. Le référendum eut une issue négative, tant soir le Gemonese que le Tarvisiano s’opposèrent au détachement de la province d’Udine avec un pourcentage élevé (83,3% de non), à la différence de la Carnia qui vota en faveur du détachement (71,8% de oui, avec l’exception de la commune de Rigolato, 53,7% non).

Architecture rurale

Les exemples d’architecture rurale en Carnia peuvent se diviser en 5 types fondamentaux:

  • Forni Savorgnani

Les édifices caractéristiques de cette zone présentent de solides parois avec cadres de bois (blockbau en frioulan, colombages en français) construits sur une base maçonnée, abondance de superstructures en bois, galeries et escaliers externes. La présence de ces galeries est due à la situation climatique de la zona : en fait, l'élevage des bovins étant développé, demandait une grande quantité de foin et comme les moisons arrivaient à la fin de la saison, il était nécessaire de le faire sécher sous la galerie, au lieu qu’en plein champ, vue l’humidité de la saison. La galerie servait aussi à porter artificiellement le maïs à maturation.

  • Sauris

L'habitation caractéristique de Sauris est généralement écartée du rustique, et se compose sur plusieurs étage. Au rez-de-chaussée il y a une entrée ou cour centrale, de laquelle on accède à la cuisine, à la salle à manger et à une ou deux pièces, à l’étage, qui servent de chambres. Par une échelle de bois on accède au premier étage, où un ou plusieurs couloirs amènent aux chambres à coucher et aux galeries (ou loggia) (où l’on trouve le plus souvent les toilettes). Par un autre escalier de bois on accède au sous-sol, pourvu de vasistas, dans lesquels sont conservés les produits de l’agriculture et les outils, en dehors du foin. Les matériaux d construction sont la pierre et la chaux pour le rez-de-chaussée, troncs taillés au carré et assemblés entre eux pour les étages supérieurs (blockbau ou colombage). La couverture des toits est toujours en plaques de bois (tavaillons), identiques à celles utilisées dans la zone de Forni; en automne, sur les plaques, sont disposés des lattes de bois clouées ou maintenues par des pierres, pour supporter le poids de la neige.

  • Canale di Gorto

Un accès plus facile à la Valle del Tagliamento et les vallons à permis à la Val Degano de développer de meilleurs contacts avec les populations voisines des vallées situées à l’est et à l’ouest, et cela a très influencé l’architecture de la zone.

La maison typique de cette vallée est une construction rectangulaire, en maçonnerie, sans superstructure en bois, à deux ou trois étages, avec escalier interne en bois de préférence. Elle se différentie de celle typique de la Val Tagliamento pour avoir un toit à deux grands pans très inclinés et sur les petits côtés de la maison, deux autres pans très petit. Le toit est couvert de tuiles Bieberschwanz, introduites à partir du XVIIIe siècle.

  • Alto Tagliamento
  • Carnia Centrale

La maison carnique typique de la zone est celle à galeries, qui émane de l’influence Vénète et est caractérisée par une série d’arcs amples qui formaient justement des galeries à portiques (ou porches), lesquels n’avaient pas seulement un but décoratif mais servaient pour accueillir les activités des habitants. D’ordinaire la maison possèdes deux ou trois galeries au rez-de-chaussée qui correspondent souvent à autant d’arcs au niveau supérieur. Le sous-portique est relié au premier étage par un escalier de pierre. Les locaux sont disposés ainsi : au rez-de-chaussée l’espace de vie (cuisine et quelquefois une sorte de salle à manger) et de travail, ou un temps on y travaillait (réserve de bois, dépôt d’outils); à l’étage on trouve les chambres à coucher ; avec le saloir sous le lit.

Population et économie

Aujourd’hui la Carnia compte environ 40 000 habitants; dans la seule Tolmezzo en résident environ 10 500; les autres résident dans les pays éparpillés dans les vallées.

Dans la période suivant l’union d'Italie jusqu’après la seconde guerre, la Carnia a vu un vrai exode de ses habitants vers les cités de plaine, vers la France, l’Allemagne et vers les Amériques. Cette onde migratoire, due à la perspective d’une vie meilleure et plus sure, unie à la pauvre ressource fournie par la montagne et à la carence de l’industrie, fut la cause du dépeuplement progressif des vallées carniques
Le territoire montagneux et le climat rigoureux ne sont pas favorables à un développement agricole suffisant pour constituer une voie importante dans l’économie de la région; on réussit à cultiver principalement des pomme de terre (cartufules), fayots (fajuis) et maïs (sorch), duquel on fait la farine à polenta.
L'élevage est florissant au niveau familiale et on élève poules (gjalines) et dindes (dindis).
Plus important, l’élevage des bovins laitier duquel on retire diverses variétés de fromage (čuč o formadi), ricotta fumée (scuete fumade) et beurre (spongje et ont burro cotto), qui parfois est exporté hors de la région. L’élevage porcin, qui même dans ce cas est familiale, avec la viande on produit principalement salami (salam), Speck dell' Alto Adige (lard cru), saucisse (lujanie), cotechino (muset), pancetta (panzete), lard (argjel) et braciole (brusadule): tous ces produits sont fumés (fumâts) selon une antique tradition dans le but d’une longue conservation des produits.

Les principales industries sont celles relatives à l’utilisation du bois (scierie, menuiserie, fabrique de meubles), et des fabriques de lunettes, horloges et papeterie.

En dehors des majestueux sommets des Dolomites, les vallées et villages caractéristiques, les nombreux sentiers bien délimités, le long desquels on peut admirer les restes des fortins et des refuges de montagne bien équipés, la Carnia n’a pas la moitié du tourisme de masse qui envahit par contre la Cadore voisine.
Toutefois les structures hôtelières et de restauration sont assez nombreuses et le tourisme tend de plus en plus à participer à l’économie de la Carnia.

Langage

La Carnia, est une région de culture exclusivement frioulane et italienne, et de ce fait, ces langues y sont très répandue. Dans la région, la langue frioulane parlée généralement, porte le nom de Frioulan de la Carnia, souvent abrégé carnique. Les pays frontaliers, Autriche et Slovénie, apporte une utilisation très minoritaire de leurs langues nationales, allemand et slovène.
La commune vénitienne de Sappada, celle de Sauris, et le hameau paluzzani de Timau, forment trois communautés dialectales germanophones enclavées dans le territoire linguistique italien et frioulan de la Carnia. Ces patois sont tous des variantes du cimbre, dialecte connaissant une renaissance dans la région depuis le XXe siècle.

Manifestations

Période manifestations Pays
Carnaval Carnaval saurano Sauris
vendredi saint Via Crucis vivente Lauco
28 mai Bacio delle croci Zuglio
priemiers deux weekend de juillet Fête du jambon Sauris
25 juillet Fasin la mede Sutrio
dernier dim. de juillet et premier d’août Fête des fruits des bois Forni Avoltri
divers mois de l’année Tir des cidulis Arta Terme, Lauco, Forni Avoltri, Paularo, Comeglians, Ovaro

Gastronomie

La cuisine typique carnique est une cuisine des plus pauvre, à cause de la carence alimentaire d’autrefois. En ces territoire de montagne il y a peu de terrains adaptés à l’agriculture. Les plats principaux sont la polenta, qui pendant des années à permis la survivance en montagne, et les potages, nécessaires en climat rigoureux. Le potage (minestra) était souvent le plat unique, alongé de crême, avec pain rassi et épaissi de farine. Les deux potages "classiques" sont : celui aux haricots et à la jota. A Sutrio la soupe de haricots est appelée dal disesiet (de dix-sept) année de l’invasion autro-hongroise, parce qu’en cette période de misère c’était l’unique nourriture disponible. Plat typique par excellence sont les dits Cjarsons, ("agnolotti") sorte de pate farcie d’herbe (épinard, feuillede betterave) préparées avec du beurre et de la ricotta fumée, on trouve aussi les gnocchi préparés de diverse manières, comme ceux à la citrouille jaune et les canederli. Il ne faut pas oublier la viande, particulièrement celle de porc. Du porc (purcît) rie ne se jette: sang, intérieur, coti, tout est utilisé et c’était une grande fête dans le pays quand c’était la saison où l’on tuait le cochon, entre décembre et janvier.

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  • Pontebbana — Udine–Tarvisio Boscoverde (neue Trasse) Verlauf der Pontebbana in den Alpen Kursbuchstrecke: 15 Streckenlänge: 88,8 km Spurweite: 1435 mm (N …   Deutsch Wikipedia

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