Cayriech


Cayriech

44° 13′ 10″ N 1° 36′ 44″ E / 44.2194444444, 1.61222222222

Cayriech
Cayriech
Cayriech
Administration
Pays France
Région Midi-Pyrénées
Département Tarn-et-Garonne
Arrondissement Montauban
Canton Caussade
Code commune 82040
Code postal 82240
Maire
Mandat en cours
Jean-Louis Donnadieu
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Quercy caussadais
Démographie
Population 253 hab. (2006)
Densité 33 hab./km²
Gentilé Cayriechois et Cayriechoises
Géographie
Coordonnées 44° 13′ 10″ Nord
       1° 36′ 44″ Est
/ 44.2194444444, 1.61222222222
Altitudes mini. 137 m — maxi. 184 m
Superficie 7,59 km2

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Cayriech est une commune française, située dans le département de Tarn-et-Garonne et la région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Cayriechoises et les Cayriechois.

Sommaire

Géographie

Cayriech est un petit village situé entre Puylaroque et Septfonds sur la Lère. Des formations calcaires secondaires s'étendent à l'est du village. On y observe des reliefs tabulaires où la roche est omniprésente et la végétation clairsemée. Des témoins du quaternaire apparaissent dans la vallée creusée au détriment des calcaires jurassiques. Ils s'étagent en gradins sur les versants de la vallée en aval de Cayriech. Ce sont les vestiges des couloirs alluviaux successifs façonnés par les divagations de la rivière[1].

Étymologie

L'étymologie du nom "Cayriech" reste douteuse. Cependant, les formes écrites anciennes : Cairego puis Cairiech nous mènent au radical cair-. On pourrait le rapprocher du pré-indo-européen car : rocher ou du latin quadrum qui a donné l'occitan caire avec le sens de "lieu retiré". Ce mot servait aussi à désigner un château fort[2]. Effectivement, depuis l'époque carolingienne[3] et jusque vers 1620, Cayriech était une agglomération entourée de fortifications de terre et d'un fossé qui délimitaient un secteur ovale d'un hectare[4]. Ce genre de fortifications était considéré comme des places fortes au Moyen Âge. Il semblerait même qu'une motte et un donjon furent édifiés dans l'enclos au XIIe siècle[5]. La mention la plus ancienne de Cayriech date de 1262 (Cairegio) dans les Enquêtes administratives d'Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse (1220-1271).

Histoire

Préhistoire

L' Homo Erectus, ancêtre de l' Homo Sapiens, au Paléolithique inférieur (la phase la plus ancienne du Paléolithique), a été repéré sur les lambeaux des terrasses de la Lère. Il s'agit de gisements de surface. L' Homo Erectus connaissait le feu et fabriquait des outils à partir des galets de la rivière[6].

Âge du Fer

Au second Age du Fer (420 av. J.-C.-52 av. J.-C.), la commune actuelle était située sur le territoire des Cadurques. Ce sont eux qui donneront leur nom au Quercy. C'est Jules César, dans sa Guerre des Gaules, qui nous renseigne sur l'identité de ce peuple gaulois[7]. Il s'agit d'un peuple venu d'Allemagne moyenne.

Époque gallo-romaine

A l'époque gallo-romaine (52 av. J.-C.-476), des villae (riche habitat d'un propriétaire terrien) étaient installées au cœur des terroirs fertiles, sources de revenus conséquents. Elles étaient nombreuses dans la vallée de la Lère. Il en existait deux sur l'actuelle commune de Cayriech, une à Bournazel[8] et la seconde à Boys[9].

Moyen Âge

Au Xe siècle, le territoire actuel de la commune de Cayriech était situé dans le pagus de Cahors[10], au croisement de deux axes de communication très empruntés : la vallée de la Lère et le chemin reliant Saint-Antonin-Noble-Val à Belfort-du-Quercy. Les suzerains du lieu étaient le vicomte de Bruniquel et l'abbé de Saint-Antonin[11]. Nous avons la trace de seigneurs de Cayriech vers 1130 dans des textes anglais : la famille De Lautours[12]. En 1401, Jean d'Escayrac de Lauture est co-seigneur de Cayriech. Il se marie le 16 mai 1401 avec Sobirane Deslacs, dame Barave de Dejean. Il mourut le 2 mars 1408. Vint ensuite son fils Thomas qui s'éteignit le 25 juin 1444. Jean-Barthélémy alors co-seigneur[13] avec Astorg Scafredi (vers 1446-1450) trépassa le 29 janvier 1484.
Suivit, vers 1503, Raymond-Barthélémy co-seigneur[14] avec Gaihard du Lac jusqu'aux environs de 1512-1539[13]. Il mourut avant le 28 décembre 1515. Hugues d'Escayrac fut co-seigneur de Cayriech jusqu'à sa mort le 18 août 1573. En 1554, il servait dans la compagnie d'ordonnance du comte de Villars. Il fut remplacé par son fils Charles jusqu'au 26 juillet 1592. Ce dernier fut guidon de la compagnie d'ordonnance d'Ebrard de Saint-Sulpice. Il fit son testament en 1587, avant de partir à la guerre avec Henri III[15].

Ancien Régime

Sous l'Ancien Régime, le 30 janvier 1633[16], nous avons la mention de Jean d'Escayrac comme tenant du fief (jusqu'en 1645). Un bail de location de forge le mentionne ainsi que le forgeron du village : Ramond Doldoire. Ce dernier avait l'autorisation de quêter du blé pour rémunérer son travail d'aiguisage, à la fête de saint Julien (28 août). Il avait pour obligation d'entretenir le ferrage des animaux de labour : bœufs, vaches, chevaux, mulets et ânes ainsi que les instruments aratoires[17]. Une forge existe toujours à Cayriech et le travail servant à maintenir les animaux a été démonté vers 1994. Toujours en 1633, nous trouvons mentionné un meunier nommé Gaillard Raynal[18]. Claude d'Escayrac, fille de Jean et de Marguerite de Vignes, fit entrer la seigneurie entre les mains de Louis de Marsa qu'elle épousa le 25 février 1675[19].
Leur fils vendit en 1710 la terre de Cayriech à Pierre de Lacombe, seigneur de Monteils et de Saint-Georges. Pierre de Lacombe mourut à Strasbourg le 23 septembre 1737 laissant ses domaines à son fils Jean-Baptiste qui les transmit à son tour à Jean-pierre-Paul, attesté en 1758[20] et mort en 1768. En 1775-1776, Charles François de Lacombe de Montcla était le seigneur de Cayriech[21]. En 1780, c'était Charles-Louis de Lacombe.

Époque contemporaine

Durant les affrontements liés à la Révolution, l'intendance militaire ordonne une réquisition de bœufs en décembre 1793. Cayriech doit en fournir six qui seront conduits à Montauban[22].

Un fabricant de chapeaux de Septfonds (Tressens ou Bertrand) installa au village un dépôt de tresses de paille à la fin du XIXe siècle. Les femmes qui avaient des machines chez elles venaient s'y approvisionner pour confectionner des chapeaux[23].
Les annuaires de 1896 et 1902 mentionnent plusieurs meuniers cayriéchois : Augustin Boyer, François Galand et Laurent Lafont[24].

Durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux maquis s'étaient organisés dans la région. Il y eut, à Cayriech, le 9 novembre 1943, 16 containers d'armes parachutés[25], à destination de la 7e compagnie de l'Armée secrète basée au camp de Caylus, à la ferme du Pech Sec[26]. Le terrain de Cayriech avait pour nom d'emprunt « Vauvenargues » et la phrase-message annonçant le parachutage était : « Le piédestal paraît nu »[27]. Le 22 janvier 1945, Cayriech créa un Comité de libération sous la présidence de Ferdinand Dejean. Les membres étaient Germain Calvet, Frédéric Couderc, Emile Cournède et Maurice Lacassagne[28].

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 2008 Jeanine Mulpas DVG ...
2008 2014 Jean-Louis Donnadieu ... ...
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[29])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
162 165 110 132 132 208 253
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

L'église de Cayriech n'est mentionnée pour la première fois qu'en 1400[30]. Cependant, elle semblerait avoir été créée à l'époque carolingienne et entourée d'un enclos avec quelques maisons. Déjà, elle était dédicacée à saint Barthélémy[11]. Barthélémy est un prénom d'origine syrienne qui signifie fils de celui qui suspend les eaux[31]. Il est à noter que Cayriech est situé près de la Lère qui sort régulièrement de son lit, inondant le village. L'église actuelle fut rebâtie après la guerre de Cent Ans (1453). Le plan comprend un chœur à cinq pans et une nef de trois travées inégales, flanquée de deux chapelles. Celle de droite sert de base au clocher : une tour carrée de deux étages[32]. La dédicace de l'église à saint Barthélémy apparaît pour la première fois en 1580 dans le Pouillé du diocèse de Cahors[33]. L'église de Cayriech fut ruinée lors des Guerres de Religion (1562-1598). Le curé de Cayriech, de 1645 à 1659, A. Malgoyard, la fit restaurer. On refit la nef en grande partie. Le curé fit aussi orner le chœur de boiseries et installer un tableau de la Crucifixion au-dessus du maître-autel. Celui-ci est actuellement dans la chapelle sud. C'est un tableau votif sur toile avec saint Barthélémy et saint Clair adorant la croix[34]. A l'église de Cayriech existait une dévotion à sent Clar (saint Clair) renommé pour guérir les maux d'yeux. Chaque année, le 1er juin, une procession conduisait les fidèles jusqu'à un calvaire situé sur la route de Septfonds[35].

Jean-Baptiste Darasse, curé de Cayriech, fit restaurer une nouvelle fois l'église en 1898. Les voûtes furent rétablies sur le modèle des supports anciens qui existaient encore, c'est-à-dire avec pénétration directe. L'église est de nouveau restaurée en 1969[34] puis la toiture et le clocher sont repris en 1994[9]. Le tabernacle (chapelle sud) de l'église, adoré par des anges, date du XVIIIe siècle[36] ainsi que la statue de saint Clair en bois doré[37] (dans le chœur).

César Cassini (1714-1784) qui entreprit de cartographier la France, indique un prieuré à Cayriech[33]. Il subsiste encore un lieu-dit Le Couvent qui conserve un fournil et un puits[38].
Le 20 mars 1785, l'assemblée générale de communauté de Cayriech se préoccupe de construire un pont sur la Lère pour relier le village à la route Puylaroque-Caussade[39].

Il semble que Cayriech fut réputé pour ses cultures de chanvre[40]. Cette culture nécessitait un apport important de colombine, d'où les nombreux pigeonniers sur la commune. Le dernier tisserand de Cayriech était Alexandre Gros, du Rasclet. Il arrêta de travailler en 1914[41].

On recense sur la commune cinq moulins dont le moulin de Monèla à environ deux kilomètres en aval du village et celui de Saïgon qui faisait aussi scierie. Seuls deux, appartenant à la famille Alibert, fonctionnaient après 1918 : lo molin Naut (ruiné) et lo molin de las gresas ou molin bas[24].

Laffont dit lo pifre a tenu une auberge à Cayriech. Elle était réputée pour ses fritures de poissons. Elle avait été ouverte par son grand-père au début du XXe siècle. Les poissons étaient pêchés dans la Lère puis conservés dans un vivier derrière l'auberge. Ce vivier existe toujours. L'auberge ferma vers 1943[42]. Un autre vivier subsiste au bord de la Lère. Il était destiné au curé du village[43].

Le monument aux Morts fut conçu par Bourdoncle, architecte de Montauban. Il a été inauguré le 6 juin 1987[44].

Le presbytère fut transformé en mairie en 1991 et l'ancienne école en salle polyvalente la même année[9].

Cayriech est un village fleuri plusieurs fois distingué. Quatre fleurs et la mention Grand Prix lui ont été accordées au palmarès 2007 du concours des villes et villages fleuris[45].

Personnalités liées à la commune

Curés de Cayriech : 1645-1659 : A. Malgoyard ; 1669-1685 : N. Gibert ; 1692-1706 : François Viniolles ; 1709-1710 : N. Viniolles ; 1726 : Louis Viniole[46] ; 1804-1808 : Antoine Rastelis ; 1808-1815 : N. Ratie ; 1816-1823 : N. Jany ; 1824-12 février 1859 : Pierre Grimal, enterré au cimetière de Cayriech. La figure locale est Jean-Baptiste Darasse, né à Nevèges le 6 octobre 1826 et mort à Cayriech le 8[47] ou 9 mars 1906 d'une congestion cérébrale. Il fut le curé du village dès 1864. Il était surnommé "la Cigale de la Lère" pour ses poèmes en occitan publiés dans Le Bulletin catholique[48]. Il est lui aussi enterré au cimetière du village.

Voir aussi

Notes et références

  1. Daniel Loddo, Al pais de la pahòla, Laguêpie, 1999, p. 5 et 6; Jean-Claude Fau, Le Tarn-et-Garonne de la Préhistoire à nos jours, Saint-Jean-d'Angély, 2003, p. 6 et 7.
  2. Paul Burgan, André Lafon, Toponymie du Tarn-et-Garonne, Montauban, 2006, p. 95.
  3. Guy Astoul, Tarn-et-Garonne. L'album du bicentenaire, Toulouse, 2008, p. 155.
  4. Burgan, op. cit.
  5. Astoul, op.cit.. Plan Local d'Urbanisme de Cayriech.
  6. Loddo, op. cit. , p. 5 et 6. Fau, op. cit. , p. 6 et 7.
  7. Histoire des sites. Histoire des hommes, Rodez, 2003, p. 139
  8. Fau, op. cit. , p. 66. Astoul, op. cit., p. 150 et 155. Tarn-et-Garonne, histoire d'un département, Montauban, 2008, p. 16.
  9. a, b et c Plan Local d'Urbanisme de Cayriech.
  10. Fau, op.cit., p. 77.
  11. a et b Astoul, op. cit., p. 155.
  12. Bernard Burke, A genealogical and heraldic dictionary of the landed gentry, p. 839.
  13. a et b Books.google.fr
  14. Id. Nobiliaire universel de France.
  15. Nobiliaire universel de France.
  16. Loddo, op. cit. , p. 138.
  17. Loddo, op. cit., p. 138.
  18. Id. , p. 99 et 100.
  19. H. Bonnafous, Monographie de Lavaurette, Montauban, 1970, p. 19.
  20. J. Neveu, Monographie de Monteils, Montauban, 1976, p. 33
  21. Guy Astoul, Solidarités paysannes au pays des croquants au XVIIIe siècle, Toulouse, 1998, p. 28.
  22. Bonnafous, op. cit. , p. 38.
  23. Loddo, op. cit. , p. 69.
  24. a et b Loddo, op. cit. , p. 99 et 100.
  25. Emile Courbier, Documents et témoignages des années 1939-1945 en Tarn-et-Garonne. Hommages. Souvenirs, Montauban, 1999, p. 112.
  26. Louis Olivet, Cinquantenaire de la libération de Montauban et du tarn-et-Garonne, Montauban, 1985, p. 28 et 30.
  27. La résistance en Tarn-et-Garonne, p. 33.
  28. Courbier, op. cit. , p. 122.
  29. Cayriech sur le site de l'Insee
  30. Burgan, op. cit.
  31. Jacques de Voragine, La légende dorée, t. II, Paris, 1967, p. 125.
  32. Pierre Gayne, Dictionnaire des paroisses du diocèse de Montauban, Montauriol, 1978,p. 44.
  33. a et b Burgan, op. cit.
  34. a et b Gayne, op. cit.
  35. Loddo, op. cit. , p. 199.
  36. www.quid.fr.
  37. Id.
  38. Patrimoines.midipyrenees.fr
  39. 1998, p. 12.
  40. Actes du Congrès des Sociétés Savantes, volume 82, 1958, p. 98.
  41. Loddo, op. cit., p. 54.
  42. Loddo, op. cit. , p. 108.
  43. Patrimoines.midipyrenees.fr.
  44. Robert Guicharnaud, Les monuments aux morts du Tarn-et-Garonne, Montauban, 1998, p. 38.
  45. Source : Villes et Villages Fleuris
  46. Neveu, op. cit., p. 31.
  47. 800 auteurs, dix siècles d'écriture en Tarn-et-Garonne, Montauban, 1992, p. 101.
  48. 800 auteurs, dix siècles d'écriture en Tarn-et-Garonne, op. cit.

Liens externes


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