Charles d'Albert


Charles d'Albert

Charles d'Albert

Charles d'Albert
Luynes vu par Moncornet
Luynes vu par Moncornet

Nom de naissance Charles d'Albert
Naissance 5 août 1578
Pont-Saint-Esprit
Décès 15 décembre 1621 (à 43 ans ans)
Longueville
Profession(s) Connétable, duc de Luynes

Charles, marquis d’Albert, duc de Luynes né le (5 août 1578 à Pont-Saint-Esprit mort le 15 décembre 1621 à Longueville près d'Agen) fut un homme d'État français, connétable et premier duc de Luynes.

Biographie

Premier fils d'Honoré d'Albert (mort le 6 février 1592), seigneur de Luynes, qui était au service de son parrain Henri IV de France. Charles d'Albert fut d'abord page du Béarnais. Son frère Honoré (1581-1649), premier duc de Chaulnes, fut gouverneur de Picardie et maréchal de France (1619), et défendit sa province avec succès en 1625 et 1635.

Il devient favori de Louis XIII grâce à leur passion commune pour la chasse. Le roi le fait alors conseiller d'État, gentilhomme ordinaire de la chambre, gouverneur de la ville et du château d'Amboise en Touraine et capitaine du château des Tuileries. Le 30 octobre 1616, il acquit la charge importante de grand fauconnier de France.

En 1617, il intrigua contre Marie de Médicis et participe avec d'autres proches de Louis XIII à l'exécution de Concino Concini par Vitry, capitaine des gardes du roi. On sait par plusieurs mémorialistes que Luynes avait déconseillé au roi d'exécuter Concini et avait même proposé la médiation de l'évêque de Carcassonne. À la suite de cet acte qui marque le début du règne personnel de Louis XIII, Luynes se voit attribuer une partie des biens de Concini et de son épouse, Léonara Galigaï, notamment le château de Lésigny. Il devient ensuite duc et pair, premier gentilhomme de la Chambre et connétable de France. Le choix de Luynes pour assumer la connétablie est motivé par le refus du duc de Lesdiguières d'abjurer sa foi protestante pour obtenir cette promotion. Ce dernier est nommé maréchal général des armées, ce qui lui donne en réalité les pouvoirs de connétable, charge qu'il occupera après la mort de Luynes.

Le duc de Luynes joue par la suite un rôle discutable dans la conduite de la politique étrangère de la France dans la mesure où la plupart des mémorialistes ne lui attribuent pas une voix prépondérante au Conseil du Roi. Louis XIII ayant rappelé la plupart des conseillers d'Henri IV au Conseil où on les surnommait "les barbons" en raison de leur âge, on pouvait s'attendre à la reprise de la politique d'affrontemment avec l'Espagne. Pourtant, la tendance est à l'époque à un rapprochement entre puissances catholiques. Luynes joue essentiellement un rôle dans la politique matrimoniale du roi en conseillant de marier la seconde sœur du roi, Christine de France, avec Victor-Amédée Ier de Savoie et prépare l'union de la troisième avec le prince de Galles.

En Mars 1619, lorsque Marie de Médicis s'échappe du château de Blois, il conseille au roi le rappel de Richelieu pour inciter la reine-mère à négocier. Il ne s'agit pas d'une reculade de la part du roi dont l'armée était à quelques lieues d'Angoulême, résidence de la reine-mère quand Richelieu arriva, mais d'une volonté de réconciliation de la part de Louis XIII.

La réconciliation officielle a lieu le 30 juillet 1619 par le traité d'Angoulême. En novembre de la même année, la libération du prince de Condé, précédemment emprisonné par la Régente irrite celle-ci et l'incite à tenir sa cour à Angers plutôt que de revenir à Paris. Dans le même temps, Luynes mécontente les Protestants en ne s'opposant pas au retour des Jésuites à Paris. En juillet 1620 se forme autour de Marie de Médicis une faction de grand seigneurs opposés au retour en grâce de Condé. C'est la seconde guerre entre la mère et le fils. De la Normandie au Languedoc, tous les grands seigneurs arment leurs places fortes au nom de la reine mère.

Luynes, soutenu par les anciens conseillers d'Henri IV prône alors la négociation, et le prince Henri II de Bourbon-Condé, l'affrontement. Le 4 juillet 1620, Louis XIII prend le parti de la guerre. Entre le 7 juillet et le 7 août 1620, Louis XIII mène lui-même l'armée royale, il reprend Rouen le 10 juillet, Caen le 17 et écrase l'armée de la reine-mère aux Ponts-de-Cé le 7 août. Luynes, qui ne participe à aucun de ces affrontemments, favorise à nouveau la réconciliation entre la mère et le fils et consolide ses liens avec Richelieu en mariant son neveu, du Combalet à la nièce de Richelieu, Mlle du Pont de Courlay, future duchesse d'Aiguillon. Il suit ensuite Louis XIII en Béarn et en Navarre où le jeune roi fait restituer ses biens au clergé catholique et remplace le conseil souverain de Béarn par le Parlement de Pau, le 19 octobre 1620. Entre février et mai 1621, une assemblée protestante réunie à La Rochelle refuse de reconnaître le réunion du Béarn à la Couronne, divise le France protestante en huit circonscriptions militaires et autorise les gouverneurs protestants à utiliser le fruit des impôts royaux pour lever des troupes pour leur propre compte. Luynes conseille à nouveau le compromis et notamment la suspension des édits de lèse-majesté contre l'assemblée de la Rochelle mais son influence diminue à cette époque au profit de celle du prince de Condé. Louis XIII entre en campagne le 17 mai, il met le 18 le siège devant la Saint-Jean-d'Angély qui tombe le 24 juin. Le 4 août, lors de la mort du garde des Sceaux, le président du Vair, Luynes s'attribue ce poste à titre provisoire, ce qui lui vaut une remarque méprisante du Prince de Condé: "si on veut distinguer le temps, M de Luynes est propre à toutes les charges, bon connétable en temps de paix et bon Garde des Sceaux en temps de guerre." Le 17 août, l'armée royale commence le siège de Montauban. Pour la première fois, Luynes se voit confié une tâche militaire, celle d'investir la Ville nouvelle. Or, il ne le fait pas, ce qui permet le 28 septembre l'entrée d'une armée de secours dans Montauban. Luynes tente une négociation séparée avec le duc de Rohan, s'attirant les foudres du roi qui l'accuse d'avoir négocié avec ce dernier à son insu. Dans une dépêche, le diplomate vénitien Piruli conclut "le roi est plein de courage et de résolution; mais le connétable est fatigué et plein de doutes". La position de Luynes devient très fragile quand la reine-mère qui est restée à Paris s'entoure de grands féodaux hostiles au connétable. Le 15 novembre, Louis XIII ordonne de lever le siège de Montauban mais reste dans la région pour en terminer la pacification. Le 12 décembre 1621, Luynes investit une petite place forte, Monheurt, mais il meurt à Longueville le 15 décembre de la "fièvre pourpre", probablement la scarlatine.

Luynes est considéré comme un piètre administrateur mais cette vision est peut-être due au fait que les principaux écrits de l'époque sont de Richelieu qui avait bien des raisons de haïr Luynes et de le rabaisser devant la postérité. Aussi garde-t-on de lui l'image d'un homme qui n'a fait que suivre les vues politiques de la majorité des anciens ministres d'Henri IV (Villeroy, Brûlart de Sillery) qui témoignaient de sentiments pro-espagnols.

Il épousa le 11 septembre 1617 la fille aînée d'Hercule de Rohan, duc de Montbazon, Marie de Rohan (1600-1679) qui devint ensuite duchesse de Chevreuse par son remariage le 19 avril 1622 avec Claude de Lorraine, duc de Chevreuse (ou Claude de Guise); naîtra de ce mariage : Louis Charles d'Albert de Luynes (1620-1699)

Sa rapide ascension dans les hautes sphères de l'état lui fit beaucoup d'ennemis qui voyaient en lui un second Concini.

Voir aussi

Sources

Louis XIII, Roi Cornélien, Pierre Chevalier, 1997

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