Compigny

Compigny

48° 21′ 57″ N 3° 16′ 36″ E / 48.3658, 3.2767

Compigny
Administration
Pays France
Région Bourgogne
Département Yonne
Arrondissement Arrondissement de Sens
Canton Canton de Sergines
Code commune 89115
Code postal 89140
Maire
Mandat en cours

Intercommunalité Communauté de communes Yonne Nord
Démographie
Population 117 hab. (1999)
Densité 15 hab./km²
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 57″ Nord
       3° 16′ 36″ Est
/ 48.3658, 3.2767
Altitudes mini. 87 m — maxi. 157 m
Superficie 7,79 km2

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Compigny est une commune française, située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne.

Sommaire

Géographie

Histoire

UNE BRÈVE HISTOIRE DE COMPIGNY Tout d’abord, situons Compigny : Ce village, appartenant au département de l’Yonne est situé aux confins de ce département et de celui de la Seine et Marne. « Village frontière » entre les deux départements, il se trouve pratiquement à égale distance de Sens, de Monterault Fault Yonne et de Provins. Avant l’histoire, soyons modernes : Compigny est situé exactement à 48° 22’ de latitude Ouest et 3° 16’ de longitude Est à une altitude moyenne de 129m, soit 426 pieds ! Dès le XVIIIe siècle, l’on trouve une carte établie par César François Cassini de Thury, la fameuse « Carte de Cassini » sur laquelle figure le village, entre Seine et Yonne. Pourquoi « Compigny » ? Le nom du village a subi une grande évolution au cours des siècles. Le nom le plus ancien enregistré est - Colonicitae en 864 - Compenniacum en 1153, - Compigniacum en 1187, - Compegni en 1383, - Compeigny en 1453 Compigny est traversé par une Voie Romaine (appelée « le chemin perré ») qui reliait Gien à Meaux en passant par Sens. On trouve la trace d’une occupation Romaine jusqu’à la fin du IVe siècle. Dès le Ve siècle, les Francs chassèrent ces occupants.

Les produits de la région étaient livrés à Melun et à Lutèce par les mariniers de Bray (actuellement Bray sur Seine) qui naviguaient sur la seine Un peu d’histoire : Les écrits les plus anciens font état d’un écuyer, Claude Le Febvre, cité dans un arrêt du parlement en date du 17 juillet 1514 comme ayant loué la ferme de Chassy le 12 mars 1493. Son fils, Sébastien Lefebvre seigneur de Compigny et des Bordes dès 1560 était capitaine dans l’armée de Henri Ier de Navarre. Il rendit «foi et hommage » pour les terres et seigneuries des Bordes et de Compigny, mouvant en fief de la seigneurie du Plessis Saint Jean le 11 décembre 1590. Il reçut de Henri IV au camp de Bray sur Seine cette commission de capitaine d’une nouvelle compagnie de cinquante hommes. A sa mort, en 1601, il laissa à sa femme, Marguerite de Guilly, deux enfants, Nicolas et Louise. Nicolas Lefebvre fut autorisé par lettres royales de mai 1625 à échanger son nom contre celui de Compigny. Il acquit les seigneuries de Baby et Briotte. Le 5 juillet 1601, épouse Françoise de Melun devant Monsieur Blaise de la Saussaye, notaire royal à Bignon. Son épouse, Françoise de Melun était la fille de Philippe de Melun, seigneur de Courlon, des Hayes, et de Bignon et de Françoise de Grailly qui décéda en 1641. Nous retrouvons mention du village en 1625, date à laquelle Nicolas Lefebvre, seigneur de Compigny fut autorisé à prendre le nom de cette terre, nom que ses descendants conservèrent jusqu’en 1789. En 1636, Nicolas Lefebvre de Compigny était capitaine au régiment de Toulongeon et « Maistre d’hôtel du Roy ». Nicolas de Compigny et Françoise de Melun eurent 4 enfants : Elisabeth, Louis, Henry et Antoine. Françoise de Melun mourut le 8 janvier 1641 et fut enterrée dans l’église de Baby - Henry était seigneur de Baby et de Briotte, - Louis, seigneur de Compigny - Antoine, converti au culte réformé fut déshérité par son père. Henri de Compigny, capitaine d’une compagnie du régiment d’infanterie du Plessis fut maintenu dans sa noblesse avec son père le 27 juin 1634 et le fut de nouveau avec son frère Louis le 31 juillet 1664 par arrêt de la cour des aides de Paris puis en 1668 par arrêt du conseil d’état. Elisabeth, épousa David de Nairne, Baron de Saint Fort en Ecosse,et mourut au château de Compigny le 29 mars 1715. (à noter que l’on ne retrouve aucune trace de ce château dans le village) « Ce jour, trentième du mois de mars de la présente année 1715 a esté inhumé dans le chœur de l’église de ce lieu par moy prestre curé soussigné le corps de dame Elisabeth de Compigny, épouse de Messire David de Nairne seigneur en partie de cette paroisse, barons de Saint Fort en Ecosse et secrétaire d’Estat de sa majesté Britannique, ladite dame décédée d’hier à une heure du matin après avoir reçu les sacrements de l’église ….. ». Barthélémy de Compigny, fils d’Henri, vendit en 1714 ses droits sur les terres de Baby et Briotte à Adrien Maurice, Duc de Noailles. Elisabeth laissait deux enfants : Louis de Nairne et Marie de Nairne qui épousa Michel de Ramsay, Chevallier, Baronnet d’Ecosse. En 1711, Lady de Ramsay, née Marie de Nairne possédait avec son cousin, Jean Louis de Compigny, une partie de la seigneurie du lieu, elle fit don à l’église de Compigny d’un reliquaire contenant « un morceau de la vraie croix. ». Sur cette relique, fut gravée cette inscription : « Dans cette boëte est une croix de verre / qui renferme une relique en filigrane d’argent / contenant une parcelle de la vraie croix de N.S. / apportée de Rome l’authentique vérifié et certifié / par M. l’abbé de Hesselin grand vicaire et Doyen de Sens / est renfermé dedans les pieds de la croix / cacheté du cachet de son excellence M. le Cardinal de Luynes cette relique a été donné à l’église/ de Compigny par la dame de Ramsay, fille du Baron / de Nairne et d’Elisabeth de Compigny en 1771 ». Compigny était alors une cure du patronage du chapitre cathédral de Sens et au lieu-dit « Les Bordes », existait une chapelle dédiée à Saint Pierre. Louis de Compigny, frère de Barthélémy et d’Elisabeth eut deux enfants de son second mariage avec Anne Gouère : Jean Louis et Sébastien. Jean Louis, baptisé le 25 juin 1693, meurt le 12 mars 1769 et est enterré dans l’église de Compigny. Son fils, Jean Louis, est né le 10 janvier 1729 et devient seigneur de Compigny. Née en 1741, Marie Anne de Compigny épouse le 9 juillet 1765 Jean Charles de Relonge de la Louptière en l’église de Compigny. Les seigneurs de Compigny se réclamaient du nom de Compigny de l’Isle-Adam de par leur descendance de Perette de Villiers de l’Isle-Adam, sœur de Philippe de Villiers de l’Isle-Adam, dernier grand maître de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem (1464 – 1534). Le blason et armes de la maison de Compigny portent d’Or à la croix partie et cousue de gueules et d’azur, cantonné aux 1 et 4 d’un croissant d’azur et aux 2 et 3 d’une estoile de mesme Au XVIIe siècle et aux suivants, il n’est fait mention que d’un ruisseau intermittent La Couée qui passait sous Pailly et le Plessis. Les textes font mention d’une ancienne auberge mais ne la situent pas dans le village. (Peut-être se situait-elle en bas du village à l’endroit où l’on voit, en 1900, figurer une auberge) Un arpentage de 1783 fait état de 64 arpents de vigne à Compigny dans le quartier du « chemin du vignot » et près de l’église « les vignes de l’église ». Rappelons que la région de Compigny, entre Seine et Yonne est aussi appelée « Champagne Sénonaise » du fait de son terrain calcaire. Le quartier du Vignot, situé en haut du village, sur la route de Sergines comporte toujours une rue portant ce nom. Citons Georges Clarette (« autour d’un grenier à sel »): " Compigny, vers ce temps, était couvert de vignes et des arbres ajoutaient leur agrément à un paysage disparu. Le vigneron, peu ou prou, est arboriculteur. Des pêchers, dans les vignes de l’église ou du vignot, faisaient, au printemps, de grands tapis roses. Les noyers étendaient au bord des chemins, leur ombre fraîche et perfide. Mais la forêt, déjà, est lointaine. Aucun bûcheron depuis le commencement des registres de la catholicité, n’apparaît à Compigny. Toute la hantise de ce nom, tiré vraisemblablement de « campania », devait ainsi, dans la suite des temps, entourer le site, appauvri, dépouillé, ravagé par des hommes ennemis des arbres ». En 1699, d’après le « pouillé du diocèse de Sens », la population de Compigny était de 250 « communiants » (soit plus d’habitants qu’en l’an 2000). Un relevé fiscal (déjà) trouva le 27 mai 1783 : « 1779 arpents et 34 perches de terres labourables, 64 arpents et 48 perches de vignes, 21 arpents et 88 perches de bois ainsi que 175 arpents et 61 perches de jachères. Une liste de 1787 indique 53 « feux » et 160 habitants alors que 548 naissances sont enregistrées entre 1692 et 1792 soit une moyenne de 5 par an pour tomber à 1 en 1710, 1 en 1711 et 2 en 1720. A la révolution, Edme Moreau, député à l’assemblée Législative était laboureur à Compigny. L’on retrouve la trace de Compigny jusqu’aux États-Unis. En effet, les registres d’immigration de Elis Island font apparaître l’arrivée sur le territoire Américain, le 13 février 1918 d’un dénommé Arthur Wason âgé de 42 ans, originaire de Compigny. L’on retrouve également de nombreux noms liés à l’histoire de Compigny, dans le désordre historique: Un dénommé Etienne GUILLON, né à Compigny le 22 mars 1783 figure parmi les titulaires de la Légion d’honneur. Marie Catherine de Compigny Ligny les bordes, ancienne élève de la maison royale de Saint Louis à Saint Cyr est née à Compigny le 19 février 1730, baptisée en l’église Saint Léger le 30 avril 1739 et ayant « fait ses preuves » le 22 janvier 1750 est sortie de cette école le 20 avril 1750. En fin, on trouve trace au sein de l’université de Chicago d’une lithographie « le fief des bordes de Compigny » réalisée par PETIT et imprimée par Godard à Paris L’église de Compigny (coordonnées 48°22’02-62 N, 3°16’ 38-35 E) Sur une éminence, à l’écart du village, l’église Saint Léger est de style renaissance XVIe siècle, construite autour d’une tour fortifiée du XIIIe siècle. Cette tour massive construite en grès reste le témoignage des affrontements militaires entre les comtés de Bourgogne, de Champagne et le domaine Royal. Le portail a été refait au XVIIIe siècle. L’église est flanquée d’un clocher en forme de grosse tour carrée d’allure défensive, avec des meurtrières sur la droite de la façade XVIe siècle. L’église est dotée d’une nef unique avec voûte cintrée en bois, la nef est continuée sans interruption par un chœur à pans coupés. Elle a contenu un reliquaire d’argent contenant une partie de la vraie croix, reliquaire dont la localisation actuelle est inconnue. Elle renferme des statues d’art populaire dont, notamment un Christ de Calvaire en bois du XVIIe siècle qui fut volé en 1966 puis restitué à la commune par la gendarmerie ainsi qu’une statue de Saint Edmé en Pierre peinte du XVIe siècle. La poutre qui domine le chœur présente une belle sculpture des années 1500 ; anges avec un décor héraldique. La cloche en bronze, réalisée en 1789 par Baudouin Alexis (fondeur) est classée depuis 1942 elle porte l’inscription : « + LAN 1789 BENIE SOUS LE NOM DEDMEE CATHERINE PAR MAITRE EDEME BRIE CURE DE LADITE PAROISSE ET NOMMEE PAR MR EDEME MOREAU DIT DUC PROCUREUR FISCAL ET DAME CATHERINE AGATHE DE BAUVRE VEUVE DE MRE CLAUDE BARTHELEMY DE COMPIGNY EN SONS VIVANT SGR DE CETTE PAROISSE JEAN BAPTISTE GRAMAIN ET NICOLAS POUTE MARGUILLIERS EN CHARGE ALEXIS BAUDOUIN FONDEUR ». L’église de Compigny est consacrée à Saint Léger, martyr de l’époque Mérovingienne. Saint léger, né en 616, fut d’abord archidiacre à Poitiers puis, en 651, abbé du monastère bénédictin de Saint Maixent en Poitou. La reine, Sainte Bathilde (Mathilde) qui l’avait choisi comme chapelain le fit nommer évêque d’Autun en 660.

Sainte Bathilde (statue de V. Thérasse) au Jardin du Luxembourg (zone centrale).

Pour l’anecdote, Sainte Bathilde naquit en Angleterre vers 626, fut vendue comme esclave par un seigneur de la cour du roi Franc Clovis II. Le roi l’épousa et en fit sa conseillère. Généreuse avec les pauvres elle fonda de nombreux monastères, racheta des captifs et œuvra pour l’abolition de l’esclavage. Bathilde assuma la régence du royaume pendant l’enfance de son fils Clotaire. Elle prit ensuite sa retraite en 664 au monastère de Chelles quelle avait fondé, comme simple religieuse et elle y mourut le 30 janvier 680. Elle fut canonisée au IXe siècle par le pape Nicolas 1er. Sainte Bathilde est connue sous les noms de Batilde, Bathylle ou Beaudour. Elle serait la fille de Sisoigne, prince d’Ascagnie et aurait été réduite à l’esclavage soit par un prince anglo saxon, soit par des pirates danois. En 642, Erchinoald (Archambaut en langue Française moderne) maire du Palais, l’achète à York et l’amène dans le royaume Franc. Il aurait souhaité l’épouser mais elle refuse et en informe CLOVIS II roi de Neustrie et de Bourgogne (né en 632) qui l’épouse en 649. Elle eut, avec CLOVIS II, entre autres enfants ; CLOTAIRE III, roi de Neustrie et de Bourgogne, CHILDERIC II, roi d’Austrasie et THIERRY III qui succède à CLOTAIRE III. Outre l’abolition de l’esclavage dans les royaumes Francs, on lui attribue également l’abolition de l’impôt personnel sur les habitants d’origine gauloise, la Capitation qui était basé sur le nombre de membres dans une famille. Après la retraite de Bathilde, Saint Léger fut victime des rancunes d’Ebroïn, Maire du Palais. Accusé de complicité dans l’assassinat de Childéric II, l’évêque fut torturé ; on lui « térébra » les yeux avec des tarières, on lui arracha la langue avec des pinces, ce qui ne l’empêcha pas de prédire la mort d’Ebroïn. Il fut décapité en 678. (que les mœurs étaient douces à l’époque Mérovingienne). La plupart de ses patronages dérivent de calembours faciles sur son nom : - Il est adopté comme patron des obèses. - Les laboureurs s’abstenaient d’emblaver leurs champs le jour de sa fête ; le 2 octobre, de peur que leurs épis ne deviennent « légers » ( !!). Représenté en évêque, il tient généralement à la main une tarière, instrument de son « excaecatio ». L’église Saint Léger de Compigny est remarquable par son architecture, notamment par sa charpente, mais également par le fait qu’elle renferme des statues de bois du XVIe siècle. L’Association pour la préservation du cadre de vie à Compigny, en collaboration étroite avec le Conseil Municipal et le soutien actif d’une très large majorité des habitants a fait reconnaître l’originalité et la beauté du bâtiment. L’église Saint Léger de Compigny est le seul bâtiment de la région, de ce type situé sur une éminence et visible de plusieurs kilomètres. Le 29 mai 2001, le préfet de région, M. Lépine, signait l’arrêté d’inscription de l’église Saint Léger de Compigny à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, reconnaissant ainsi la qualité et l’originalité de ce monument. Depuis le classement de son église, Compigny est fréquemment cité dans des revues ou publications bourguignonnes.

Quelques références bibliographiques et autres. - « Yonne, l’art et la nature de ses 450 communes » par Michel de La Torre ; Nathan 1985 - « Autour d’un grenier à sel » Editions Louis Michaud Paris 1924 - « Au déclin de l’ancien régime » Editions Louis Michaud Paris 1924 - site Internet www.calle.com/world/fr/o/compigny.html - site Internet http://genealogierenard.free.fr/villages/compigny.htm - site internet www.yonne-images.org - site internet www.patrimoine-de-France.org - Ellis Island Foundation Inc. - Association « patrimoine et culture » (1998) dont de nombreux extraits relatifs au XVIIe et XVIIIe siècle sont tirés du « passeport entre Seine et Yonne »

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 .... DENISOT Jean-Michel   Agriculteur
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[1])
1962 1968 1975 1982 1990 1999
100 110 75 92 112 117
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments

UNE BRÈVE HISTOIRE DE COMPIGNY

Tout d’abord, situons Compigny :

Ce village, appartenant au département de l’Yonne est situé aux confins de ce département et de celui de la Seine et Marne. « Village frontière » entre les deux départements, il se trouve pratiquement à égale distance de Sens, de Monterault Fault Yonne et de Provins.

Avant l’histoire, soyons modernes : Compigny est situé exactement à 48° 22’ de latitude Ouest et 3° 16’ de longitude Est à une altitude moyenne de 129m, soit 426 pieds !






Dès le XVIIIe siècle, l’on trouve une carte établie par César François Cassini de Thury, la fameuse « Carte de Cassini » sur laquelle figure le village, entre Seine et Yonne.


Pourquoi « Compigny » ?

Le nom du village a subi une grande évolution au cours des siècles.

Le nom le plus ancien enregistré est - Colonicitae en 864 - Compenniacum en 1153, - Compigniacum en 1187, - Compegni en 1383, - Compeigny en 1453

Compigny est traversé par une Voie Romaine (appelée « le chemin perré ») qui reliait Gien à Meaux en passant par Sens.

On trouve la trace d’une occupation Romaine jusqu’à la fin du IVe siècle. Dès le Ve siècle, les Francs chassèrent ces occupants.

Les produits de la région étaient livrés à Melun et à Lutèce par les mariniers de Bray (actuellement Bray sur Seine) qui naviguaient sur la seine

Un peu d’histoire :

Les écrits les plus anciens font état d’un écuyer, Claude Le Febvre, cité dans un arrêt du parlement en date du 17 juillet 1514 comme ayant loué la ferme de Chassy le 12 mars 1493.

Son fils, Sébastien Lefebvre seigneur de Compigny et des Bordes dès 1560 était capitaine dans l’armée de Henri I de Navarre.

Il rendit «foi et hommage » pour les terres et seigneuries des Bordes et de Compigny, mouvant en fief de la seigneurie du Plessis Saint Jean le 11 décembre 1590.

Il reçut de Henri IV au camp de Bray sur Seine cette commission de capitaine d’une nouvelle compagnie de cinquante hommes.

A sa mort, en 1601, il laissa à sa femme, Marguerite de Guilly, deux enfants, Nicolas et Louise.

Nicolas Lefebvre fut autorisé par lettres royales de mai 1625 à échanger son nom contre celui de Compigny. Il acquit les seigneuries de Baby et Briotte.

Le 5 juillet 1601, épouse Françoise de Melun devant Monsieur Blaise de la Saussaye, notaire royal à Bignon.

Son épouse, Françoise de Melun était la fille de Philippe de Melun, seigneur de Courlon, des Hayes, et de Bignon et de Françoise de Grailly qui décéda en 1641.

Nous retrouvons mention du village en 1625, date à laquelle Nicolas Lefebvre, seigneur de Compigny fut autorisé à prendre le nom de cette terre, nom que ses descendants conservèrent jusqu’en 1789.

En 1636, Nicolas Lefebvre de Compigny était capitaine au régiment de Toulongeon et « Maistre d’hôtel du Roy ».

Nicolas de Compigny et Françoise de Melun eurent 4 enfants : Elisabeth, Louis, Henry et Antoine.

Françoise de Melun mourut le 8 janvier 1641 et fut enterrée dans l’église de Baby

- Henry était seigneur de Baby et de Briotte, - Louis, seigneur de Compigny - Antoine, converti au culte réformé fut déshérité par son père.

Henri de Compigny, capitaine d’une compagnie du régiment d’infanterie du Plessis fut maintenu dans sa noblesse avec son père le 27 juin 1634 et le fut de nouveau avec son frère Louis le 31 juillet 1664 par arrêt de la cour des aides de Paris puis en 1668 par arrêt du conseil d’état.

Elisabeth, épousa David de Nairne, Baron de Saint Fort en Ecosse,et mourut au château de Compigny le 29 mars 1715. (à noter que l’on ne retrouve aucune trace de ce château dans le village)

« Ce jour, trentième du mois de mars de la présente année 1715 a esté inhumé dans le chœur de l’église de ce lieu par moy prestre curé soussigné le corps de dame Elisabeth de Compigny, épouse de Messire David de Nairne seigneur en partie de cette paroisse, barons de Saint Fort en Ecosse et secrétaire d’Estat de sa majesté Britannique, ladite dame décédée d’hier à une heure du matin après avoir reçu les sacrements de l’église ….. ».

Barthélémy de Compigny, fils d’Henri, vendit en 1714 ses droits sur les terres de Baby et Briotte à Adrien Maurice, Duc de Noailles.

Elisabeth laissait deux enfants : Louis de Nairne et Marie de Nairne qui épousa Michel de Ramsay, Chevallier, Baronnet d’Ecosse.

En 1711, Lady de Ramsay, née Marie de Nairne possédait avec son cousin, Jean Louis de Compigny, une partie de la seigneurie du lieu, elle fit don à l’église de Compigny d’un reliquaire contenant « un morceau de la vraie croix. ».

Sur cette relique, fut gravée cette inscription : « Dans cette boëte est une croix de verre / qui renferme une relique en filigrane d’argent / contenant une parcelle de la vraie croix de N.S. / apportée de Rome l’authentique vérifié et certifié / par M. l’abbé de Hesselin grand vicaire et Doyen de Sens / est renfermé dedans les pieds de la croix / cacheté du cachet de son excellence M. le Cardinal de Luynes cette relique a été donné à l’église/ de Compigny par la dame de Ramsay, fille du Baron / de Nairne et d’Elisabeth de Compigny en 1771 ».

Compigny était alors une cure du patronage du chapitre cathédral de Sens et au lieu-dit « Les Bordes », existait une chapelle dédiée à Saint Pierre.



Louis de Compigny, frère de Barthélémy et d’Elisabeth eut deux enfants de son second mariage avec Anne Gouère : Jean Louis et Sébastien.

Jean Louis, baptisé le 25 juin 1693, meurt le 12 mars 1769 et est enterré dans l’église de Compigny. Son fils, Jean Louis, est né le 10 janvier 1729 et devient seigneur de Compigny.

Née en 1741, Marie Anne de Compigny épouse le 9 juillet 1765 Jean Charles de Relonge de la Louptière en l’église de Compigny.

Les seigneurs de Compigny se réclamaient du nom de Compigny de l’Isle-Adam de par leur descendance de Perette de Villiers de l’Isle-Adam, sœur de Philippe de Villiers de l’Isle-Adam, dernier grand maître de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem (1464 – 1534).

Le blason et armes de la maison de Compigny portent d’Or à la croix partie et cousue de gueules et d’azur, cantonné aux 1 et 4 d’un croissant d’azur et aux 2 et 3 d’une estoile de mesme

Au XVIIe siècle et aux suivants, il n’est fait mention que d’un ruisseau intermittent La Couée qui passait sous Pailly et le Plessis.

Les textes font mention d’une ancienne auberge mais ne la situent pas dans le village. (Peut-être se situait-elle en bas du village à l’endroit où l’on voit, en 1900, figurer une auberge)


La « grande rue » en 1900


La même en 2000


Un arpentage de 1783 fait état de 64 arpents de vigne à Compigny dans le quartier du « chemin du vignot » et près de l’église « les vignes de l’église ». Rappelons que la région de Compigny, entre Seine et Yonne est aussi appelée « Champagne Sénonaise » du fait de son terrain calcaire.

Le quartier du Vignot, situé en haut du village, sur la route de Sergines comporte toujours une rue portant ce nom.

Citons Georges Clarette (« autour d’un grenier à sel »):

« Compigny, vers ce temps, était couvert de vignes et des arbres ajoutaient leur agrément à un paysage disparu. Le vigneron, peu ou prou, est arboriculteur. Des pêchers, dans les vignes de l’église ou du vignot, faisaient, au printemps, de grands tapis roses. Les noyers étendaient au bord des chemins, leur ombre fraîche et perfide.

Mais la forêt, déjà, est lointaine. Aucun bûcheron depuis le commencement des registres de la catholicité, n’apparaît à Compigny.

Toute la hantise de ce nom, tiré vraisemblablement de « campania », devait ainsi, dans la suite des temps, entourer le site, appauvri, dépouillé, ravagé par des hommes ennemis des arbres ».


En 1699, d’après le « pouillé du diocèse de Sens », la population de Compigny était de 250 « communiants » (soit plus d’habitants qu’en l’an 2000).

Un relevé fiscal (déjà) trouva le 27 mai 1783 : « 1779 arpents et 34 perches de terres labourables, 64 arpents et 48 perches de vignes, 21 arpents et 88 perches de bois ainsi que 175 arpents et 61 perches de jachères.

Une liste de 1787 indique 53 « feux » et 160 habitants alors que 548 naissances sont enregistrées entre 1692 et 1792 soit une moyenne de 5 par an pour tomber à 1 en 1710, 1 en 1711 et 2 en 1720.


A la révolution, Edme Moreau, député à l’assemblée Législative était laboureur à Compigny.


L’on retrouve la trace de Compigny jusqu’aux États-Unis. En effet, les registres d’immigration de Elis Island font apparaître l’arrivée sur le territoire Américain, le 13 février 1918 d’un dénommé Arthur Wason âgé de 42 ans, originaire de Compigny.


L’on retrouve également de nombreux noms liés à l’histoire de Compigny, dans le désordre historique :

Un dénommé Etienne GUILLON, né à Compigny le 22 mars 1783 figure parmi les titulaires de la Légion d’honneur.

Marie Catherine de Compigny Ligny les bordes, ancienne élève de la maison royale de Saint Louis à Saint Cyr est née à Compigny le 19 février 1730, baptisée en l’église Saint Léger le 30 avril 1739 et ayant « fait ses preuves » le 22 janvier 1750 est sortie de cette école le 20 avril 1750.

En fin, on trouve trace au sein de l’université de Chicago d’une lithographie « le fief des bordes de Compigny » réalisée par PETIT et imprimée par Godard à Paris



L’école au début du XXe siècle


Le même bâtiment au début du XXIe siècle


L’église de Compigny (coordonnées 48°22’02-62 N, 3°16’ 38-35 E)

Sur une éminence, à l’écart du village, l’église Saint Léger est de style Renaissance XVIe siècle, construite autour d’une tour fortifiée du XIIIe siècle. Cette tour massive construite en grès reste le témoignage des affrontements militaires entre les comtés de Bourgogne, de Champagne et le domaine Royal. Le portail a été refait au XVIIIe siècle. L’église est flanquée d’un clocher en forme de grosse tour carrée d’allure défensive, avec des meurtrières sur la droite de la façade XVIe siècle.

L’église est dotée d’une nef unique avec voûte cintrée en bois, la nef est continuée sans interruption par un chœur à pans coupés. Elle a contenu un reliquaire d’argent contenant une partie de la vraie croix, reliquaire dont la localisation actuelle est inconnue. Elle renferme des statues d’art populaire dont, notamment un Christ de Calvaire en bois du XVIIe siècle qui fut volé en 1966 puis restitué à la commune par la gendarmerie ainsi qu’une statue de Saint Edmé en Pierre peinte du XVIe siècle. La poutre qui domine le chœur présente une belle sculpture des années 1500 ; anges avec un décor héraldique.

La cloche en bronze, réalisée en 1789 par Baudouin Alexis (fondeur) est classée depuis 1942 elle porte l’inscription : « + LAN 1789 BENIE SOUS LE NOM DEDMEE CATHERINE PAR MAITRE EDEME BRIE CURE DE LADITE PAROISSE ET NOMMEE PAR MR EDEME MOREAU DIT DUC PROCUREUR FISCAL ET DAME CATHERINE AGATHE DE BAUVRE VEUVE DE MRE CLAUDE BARTHELEMY DE COMPIGNY EN SONS VIVANT SGR DE CETTE PAROISSE JEAN BAPTISTE GRAMAIN ET NICOLAS POUTE MARGUILLIERS EN CHARGE ALEXIS BAUDOUIN FONDEUR ».


L’église de Compigny est consacrée à Saint Léger, martyr de l’époque Mérovingienne.

Saint léger, né en 616, fut d’abord archidiacre à Poitiers puis, en 651, abbé du monastère bénédictin de Saint Maixent en Poitou. La reine, Sainte Bathilde (Mathilde) qui l’avait choisi comme chapelain le fit nommer évêque d’Autun en 660.





Sainte Bathilde (statue de V. Thérasse) au Jardin du Luxembourg (zone centrale).

Pour l’anecdote, Sainte Bathilde naquit en Angleterre vers 626, fut vendue comme esclave par un seigneur de la cour du roi Franc Clovis II. Le roi l’épousa et en fit sa conseillère. Généreuse avec les pauvres elle fonda de nombreux monastères, racheta des captifs et œuvra pour l’abolition de l’esclavage.

Bathilde assuma la régence du royaume pendant l’enfance de son fils Clotaire.

Elle prit ensuite sa retraite en 664 au monastère de Chelles quelle avait fondé, comme simple religieuse et elle y mourut le 30 janvier 680.

Elle fut canonisée au IXe siècle par le pape Nicolas 1er



Sainte Bathilde est connue sous les noms de Batilde, Bathylle ou Beaudour. Elle serait la fille de Sisoigne, prince d’Ascagnie et aurait été réduite à l’esclavage soit par un prince anglo saxon, soit par des pirates danois. En 642, Erchinoald (Archambaut en langue Française moderne) maire du Palais, l’achète à York et l’amène dans le royaume Franc. Il aurait souhaité l’épouser mais elle refuse et en informe CLOVIS II roi de Neustrie et de Bourgogne (né en 632) qui l’épouse en 649. Elle eut, avec CLOVIS II, entre autres enfants ; CLOTAIRE III, roi de Neustrie et de Bourgogne, CHILDERIC II, roi d’Austrasie et THIERRY III qui succède à CLOTAIRE III.

Outre l’abolition de l’esclavage dans les royaumes Francs, on lui attribue également l’abolition de l’impôt personnel sur les habitants d’origine gauloise, la Capitation qui était basé sur le nombre de membres dans une famille.

Après la retraite de Bathilde, Saint Léger fut victime des rancunes d’Ebroïn, Maire du Palais.

Accusé de complicité dans l’assassinat de Childéric II, l’évêque fut torturé ; on lui « térébra » les yeux avec des tarières, on lui arracha la langue avec des pinces, ce qui ne l’empêcha pas de prédire la mort d’Ebroïn. Il fut décapité en 678. (que les mœurs étaient douces à l’époque Mérovingienne)

La plupart de ses patronages dérivent de calembours faciles sur son nom. : - Il est adopté comme patron des obèses. - Les laboureurs s’abstenaient d’emblaver leurs champs le jour de sa fête ; le 2 octobre, de peur que leurs épis ne deviennent « légers » ( !!).

Représenté en évêque, il tient généralement à la main une tarière, instrument de son « excaecatio ».








L’église Saint Léger de Compigny est remarquable par son architecture, notamment par sa charpente, mais également par le fait qu’elle renferme des statues de bois du XVIe siècle.










L’Association pour la préservation du cadre de vie à Compigny, en collaboration étroite avec le Conseil Municipal et le soutien actif d’une très large majorité des habitants a fait reconnaître l’originalité et la beauté du bâtiment.

L’église Saint Léger de Compigny est le seul bâtiment de la région, de ce type situé sur une éminence et visible de plusieurs kilomètres.


Le 29 mai 2001, le préfet de région, M. Lépine, signait l’arrêté d’inscription de l’église Saint Léger de Compigny à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, reconnaissant ainsi la qualité et l’originalité de ce monument.





. L’église de Compigny au début du XXe siècle



Et en 2004




Depuis le classement de son église, Compigny est fréquemment cité dans des revues ou publications bourguignonnes.


Quelques références bibliographiques et autres.

- « Yonne, l’art et la nature de ses 450 communes » par Michel de La Torre ; Nathan 1985 - « Autour d’un grenier à sel » Editions Louis Michaud Paris 1924 - « Au déclin de l’ancien régime » Editions Louis Michaud Paris 1924 - site Internet www.calle.com/world/fr/o/compigny.html - site Internet http://genealogierenard.free.fr/villages/compigny.htm - site internet www.yonne-images.org - site internet www.patrimoine-de-France.org - Ellis Island Foundation Inc. - Association « patrimoine et culture » (1998) dont de nombreux extraits relatifs au XVIIe et XVIIIe siècle sont tirés du « passeport entre Seine et Yonne »


Cette compilation sans prétention a été réalisée grâce à l’aide amicale des membres de l’association et de la municipalité de Compigny. Les sources utilisées sont rappelées dans les références bibliographiques.


Copyright « Association pour la préservation du cadre de vie à Compigny / JLV» 2004 / 2007 / 2010.

Personnalités liées à la commune

Voir aussi

Notes et références

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Compigny de Wikipédia en français (auteurs)

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