Doubs (Rivière)


Doubs (Rivière)

Doubs (rivière)

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Doubs
Le Doubs entre Laissey et Deluz, peu avant Besançon.
Le Doubs entre Laissey et Deluz, peu avant Besançon.
Localisation du cours du Doubs.
Localisation du cours du Doubs.
Caractéristiques
Longueur 453 km
Bassin 7 710 km2
Bassin collecteur Bassin du Rhône
Débit moyen 176 m3⋅s-1 (Neublans-Abergement)
Régime pluvio-nival
Cours
Source Jura
 · Localisation Mouthe, France
 · Altitude 937 m
 · Coordonnées 46° 42′ 19″ N 6° 12′ 31″ E / 46.7053, 6.2086
Confluence Saône
 · Localisation Verdun-sur-le-Doubs, France
 · Altitude 175 m
 · Coordonnées 46° 54′ 07″ N 5° 01′ 25″ E / 46.9019, 5.0236
Géographie
Principaux affluents
 · Rive gauche Allaine, Loue
Pays traversés France France, Suisse Suisse
Principales villes Pontarlier, Besançon, Dole
Les sources du Doubs à Mouthe.
Le Doubs à Dole

Le Doubs est une rivière française et suisse, sous-affluent du Rhône par la Saône.

Sommaire

Etymologie

Selon Pierre-Yves Lambert, le Doubs est mentionné anciennement sous la forme Dubis, du celtique ancien *dubn signifiant noir[1] (cf. irlandais dub, breton du, anciennement duz). Künzi et Kraege parlent d'une origine celte en du ou duh, signifiant ce qui est sombre, ayant par la suite donnée le nom Dubis en gaulois[2].

Géographie

Il prend sa source à Mouthe (département du Doubs), près de la frontière suisse, à 937 m d'altitude. Le Doubs a globalement la forme d'un M avec des jambes très allongées. Il s'écoule d'abord vers le nord-est, traverse successivement le lac de Saint-Point, le lac de Chaillexon et puis, dès le Lac des Brenets et le saut du Doubs, il marque la frontière entre la Suisse et la France sur quelques dizaines de kilomètres. Après un crochet de quelques kilomètres entièrement en Suisse (le Clos-du-Doubs), il change brutalement de direction et s'écoule vers l'ouest, jusqu'à Saint-Hippolyte, où il est rejoint par le Dessoubre. Le confluent se situe schématiquement au niveau de la pointe centrale du M. Ensuite, après une courte remontée en direction du nord en amont de Montbéliard (qu'il n'arrose pas), il s'écoule en direction du sud-ouest dans une vallée encaissée creusée dans le plateau du Jura, utilisée par la RN 83 et par la voie ferrée Lyon-Strasbourg. En aval de Besançon, le Doubs s'écoule dans la plaine de la Saône et se jette dans la Saône à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire, 71) après avoir reçu la Loue, qui n'est autre qu'une résurgence du Doubs. Le Doubs est seulement de 50 km moins long que la Saône dans son parcours total et affiche un débit interannuel de 15 m³/s supérieur à celui de la Saône !

Le Canal du Rhône au Rhin emprunte le cours du Doubs entre Dole et Montbéliard.

Chemin parcouru

Le Doubs prend sa source dans le département français homonyme et traverse successivement les communes de Mouthe, Sarrageois, Rochejean, Labergement-Sainte-Marie, Lac de Saint-Point, Pontarlier, Arçon, Montbenoît, Morteau, Villers-le-Lac. Il marque ensuite la frontière naturelle avec la Suisse, puis pénètre dans ce pays où il forme une boucle couvrant les cantons du Jura et de Neuchâtel à travers les communes des Brenets, des Bois, du Noirmont, de Goumois, des Pommerats, de Soubey, d'Epiquerez, d'Epauvillers, de Saint-Ursanne et d'Ocourt.

La rivière rejoint ensuite à nouveau la France, pour traverser les communes de Glère, Vaufrey, Saint-Hippolyte, Pont-de-Roide, Bourguignon, Mathay, Mandeure, Valentigney, Audincourt, Voujeaucourt, Bavans, L'Isle-sur-le-Doubs, Clerval, Baume-les-Dames, Roulans, Besançon, Boussières, Saint-Vit. Elle passe ensuite par les communes de Dampierre, Rochefort-sur-Nenon, Dole dans le département du Jura puis, enfin, celle de Verdun-sur-le-Doubs dans le département de Saône-et-Loire, lieu de son embouchure dans la Saône.

Principaux affluents

Note : (G) = rive gauche. (D) = rive droite.

Hydrologie

Le débit est très irrégulier avec un régime pluvial à pluvio-nival. Les étiages sont sévères en période estivale et la période des crues est très large, s'étalant historiquement de septembre à fin mai. En effet, les crues ont deux origines : soit des pluies longues qui saturent les sols, soit des pluies liées à un redoux et qui participent à la fonte du manteau neigeux.

  • À la confluence avec la Saône, le débit varie de moins de 20 m³/s en très basses eaux à plus de 1 000 m³/s en crue, avec un débit moyen de 176 m³/s. Près de 1 800 m³/s ont été mesurés lors de la crue de fin mai 1983.
  • À Besançon, le bassin versant est de 4 400 km² et le débit maximum observé depuis 1956 est de 1 430 m³/s le 16 février 1990. Les crues historiques à Besançon datent du 10 mars 1896 (7,96 m à l'échelle de crue du pont de la République) et du 18 septembre 1852 (8,50 m).
  • À Mathay, avant la confluence avec l'Allan qui passe à Montbéliard, le bassin versant est de 2 200 km² et le débit moyen de 53 m³/s, pour un maximum de plus de 700 m³/s en février 1990. Le débit d'étiage est d'environ 8 m³/s.

Les crues historiques récentes sont celles de janvier 1955, mai 1983, février 1990, décembre 1995, février 1999, mars 2001, novembre 2002 et mars 2006. La plus forte crue du XXe siècle est celle de 1910.

Les débits en fin de parcours

Le Doubs est une rivière fort abondante, mais très irrégulière, comme presque tous les cours d'eau de l'est de la France. Son débit a été observé sur une période de 43 ans (1966-2007), à Neublans-Abergement, localité du département du Jura située à une trentaine de kilomètres de distance de son confluent avec la Saône [3]. Le bassin versant de la rivière y est de 7 290 km² (soit près de 95 % de sa totalité qui fait 7 710 km²).

Le débit moyen interannuel ou module de la rivière à Neublans-Abergement est de 176 m³ par seconde.

Le Doubs présente des fluctuations saisonnières de débit assez peu marquées et reste en général assez abondant toute l'année. Les hautes eaux se déroulent en hiver accompagnées d'une hausse du débit mensuel moyen dans une zone allant de 225 à 268 m³ par seconde, de décembre à avril inclus (avec un maximum en février). Dès la fin du mois d'avril, le débit baisse progressivement jusqu'aux basses eaux d'été, qui ont lieu de début juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à 64 m³ par seconde, au mois d'août. Mais les fluctuations de débit sont bien plus prononcées sur de plus courtes périodes ou d'après les années.

Débit moyen mensuel (en m³/s) mesuré à la station hydrologique de Neublans-Abergement - données calculées sur 43 ans

À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque 14 m³, en cas de période quinquennale sèche, ce qui est relativement sévère, mais correspond au régime des précipitations de la région [4].

Quant aux crues, elles peuvent être très importantes compte tenu de la grande taille de son bassin versant. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 1 100 m³/s et 1 300 m³/s. Le QIX 10 ou débit calculé de crue décennale est de 1 500 m³/s, le QIX 20 de 1 600 m³/s, tandis que le QIX 50 se monte à pas moins de 1 800 m³/s (voir note [5] ).

Pour se faire une idée de l'importance de ces débits, on peut les comparer à ceux du grand affluent de la Seine de l'ouest de Paris, la Marne (en fin de parcours, à Gournay-sur-Marne dans l'agglomération parisienne), qui roule en moyenne 110 m³/s sur un territoire de 12 920 km². Le QIX 10 de la Marne en fin de parcours vaut 510 m³ (contre 1 500 m³ pour le Doubs) et son QIX 20 se monte à 570  m³/s (contre 1 600 m³/s pour le Doubs). Ainsi, malgré un bassin plus ou moins deux fois moins étendu, le volume des crues du Doubs vaut près du triple du volume de celles de la Marne à Paris[6].

Le débit instantané maximal enregistré à Neublans-Abergement durant cette période de 42 ans, a été de 1 760 m³/s le 28 mai 1983, tandis que la valeur journalière maximale était de 1 760 m³/s le même jour. En comparant la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, il apparaît clairement que cette crue était d'ordre quasi cinquantennal, et donc destinée à se reproduire peu fréquemment.

Le Doubs est une rivière fort abondante, puissamment alimentée par les fortes précipitations de son aire. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 765 millimètres annuellement, ce qui est plus de deux fois supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, ainsi qu'à la moyenne du bassin de la Saône (501 millimètres à Lyon). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) atteint dès lors le chiffre très robuste de 24,2 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Faune

Un poisson endémique du Sud-Est de la France : l'apron du Rhône

Production électrique

La pente importante du Doubs (436 m pour 144 km) est propice à la production électrique.

Plusieurs centrales électriques jalonnent le cours de la rivière :

barrage du Chatelot|Franco-Suisse|1953|100

Voir aussi

Références

  1. Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, édition errance 1994. ISBN 2-87772-089-6
  2. Gilbert Künzi et Charles Kraege, Rivières romandes, Éditions Cabédita, coll. « Archives vivantes », Yens sur Morges, 1999 (ISBN 2-88295-247-3)[détail des éditions]p. 47.
  3. Banque Hydro - Station U2722010 - Le Doubs à Neublans-Abergement (Synthèse)
  4. Le VCN3 est la quantité minimale écoulée ou débit minimal sur trois jours consécutifs.
  5. Le QIX 20 ou débit calculé pour une crue vicennale, est la valeur du débit calculé pour une crue n'ayant statistiquement lieu que tous les 20 ans.
    On calcule aussi le QIX 50, c'est-à-dire la valeur du débit calculé pour une crue cinquantennale, n'ayant statistiquement lieu que tous les 50 ans.
    Enfin, le QIX 2 et le QIX 5 sont les débits calculés pour une crue biennale et quinquennale, c'est-à-dire une crue qui doit se produire en moyenne tous les deux ou cinq ans. Ils permettent d'apprécier les risques à plus court terme.
  6. Banque Hydro - station H5841020 - La Marne à Gournay-sur-Marne (Synthèse) (ne pas cocher la case "Station en service")

Liens externes

Galerie d'images

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