Dyspepsie fonctionnelle

Dyspepsie fonctionnelle

Dyspepsie

La dyspepsie correspond à un ensemble de symptômes de douleur ou de malaise épigastrique (région supérieure de l’abdomen) dont l’origine se situerait au niveau de l'estomac ou des structures proches.

Sommaire

Épidémiologie

Sa prévalence chez l'adulte est comprise entre 20 et 40%[1].

Causes

L'une des causes de la dyspepsie est le reflux gastro-œsophagien (RGO) pathologique. Il s'agit d'une maladie caractérisée par le reflux de l'acide, normalement présent dans l'estomac où il participe à la digestion des aliments, dans l'œsophage. Chez certains, ce phénomène entraîne des brûlures d'estomac et de la régurgitation. Chez d'autres, il provoque également une inflammation (rougeur et gonflement) ou des lésions (érosion) dans l'œsophage. Un petit nombre de personnes souffrant de dyspepsie peuvent avoir un ulcère dans l'estomac (ulcère gastrique) ou dans la première partie de l'intestin (ulcère duodénal). Un ulcère est une lésion dans la paroi de l'estomac ou de l'intestin. Si celle-ci est petite et superficielle, on parle d'une « érosion », mais si elle est plus importante et plus profonde, on parle alors d'un « ulcère ». L'ulcère gastrique ou duodénal peut être provoqué par une infection de l'estomac (Helicobacter pylori) ou par la consommation d'aspirine ou de médicaments contre l'arthrite (anti-inflammatoires non stéroïdiens).

D'autres personnes atteintes de dyspepsie ne présenteront pas de lésion décelable dans l'œsophage, l'estomac ou le duodénum; on dira qu'elles souffrent de « dyspepsie fonctionnelle»" ou de « dyspepsie sans ulcère ». Il se fait beaucoup de recherches actuellement pour mieux comprendre ces deux types de dyspepsie.

Le stress peut accentuer la perception des symptômes.

Environ la moitié des dyspepsies sont fonctionnelles. 40% ont un reflux gastro-œsophagien dont la moitié est compliqué d'une œsopahagite. Les autres causes sont rares[2].

Principaux symptômes de dyspepsie

Les mots utilisés pour décrire la dyspepsie par les personnes qui en souffrent sont variables. Les brûlures d’estomac et la dyspepsie peuvent avoir des points en commun. Certaines personnes décrivent les brûlures d’estomac comme une sensation de brûlure derrière le sternum qui remonte vers la gorge. D’autres personnes souffrant de dyspepsie peuvent constater une remontée d’acide dans la gorge (régurgitation), avoir des ballonnements et des nausées, une sensation de plénitude et des douleurs dans la partie supérieure de l’abdomen. Les mots employés dépendent de la culture et de la langue. Tous ces symptômes (brûlures d’estomac, régurgitation d’acide, éructation excessive, augmentation des ballonnements abdominaux, nausées, sensation de digestion anormale ou lente ou sensation de satiété précoce) décrivent la « dyspepsie ».

La gène occasionnée se caractérise souvent par une douleur épigastrique post-prandiale (c'est-à-dire survenant après les repas), un inconfort épigastrique général, n'atteignant pas le niveau de la douleur, une rapide satiété (éventuellement le malade déclare avoir faim et s'arrête au bout de quelques bouchées) ou une impression de ballonnement. Il peut exister une sensation de digestion incomplète, comme si les aliments étaient toujours dans l'estomac au bout de quelques heures, mais aussi acidité épigastrique, éructations fréquentes et prolongées, hoquet, nausées, haut-le-cœur, vomissements.

Aucun symptôme ne permet de trancher formellement entre une dyspepsie fonctionnelle et une dyspepsie organique. La notion de brûlures derrière le sternum et la présence de régurgitation sont cependant plus évocatrices d'un reflux gastro-œsophagien[3].

Classification simple des dyspepsies

De façon simpliste, on peut décrire cinq types de dyspepsie :

  • les dyspepsies par « petits estomacs » : le patient a faim, mais est vite rassasié ; il ressent une impression de plénitude (ou de poids) gastrique post-prandiale
  • les « dyspepsies borboriques » : ballonnement post-prandial important, éructations fréquentes, déglutitions d'air fréquentes, augmentées par l'anxiété,
  • les « dyspepsies par reflux gastro-oesophagien » : brûlure rétro-sternale notamment lorsque le patient se penche en avant, qu'il a mangé plus que de coutume, quand il se repose à plat,
  • les « dyspepsies par ulcérations » gastriques, ou ulcères (notamment la douleur épigastrique qui réveille la nuit), soulagée par l'alimentation et très bien localisée,
  • les « dyspepsies par troubles de la motilité intestinale » : distension abdominale, satiété rapide, 'poids' ou plénitude gastrique, intolérances alimentaires multiples, douleur diffuse, nausées fréquentes, pouvant s'associer à un syndrome d'intestin irritable.

Examens complémentaires

La distinction entre dyspepsie organique et fonctionnelle repose sur la fibroscopie œso-gastrique. L'examen n'est cependant pas proposé systématiquement si les symptômes sont anciens, sans critère de gravité, et répondent à un traitement médicamenteux.

Traitement

Modification des habitudes de vie

Dans certains cas, les symptômes peuvent être soulagés par des modifications des habitudes de vie. Maigrir, cesser de fumer et élever la tête du lit peuvent aider certains patients qui souffrent surtout de reflux. Il est toujours bon de prendre soin de sa santé et de prendre en considération certains facteurs comme l'exercice, le poids idéal et l'abandon du tabac. Il est utile pour le patient de prendre en considération toute corrélation entre les symptômes et certains aliments comme les mets épicés et l'alcool.

D'autres peuvent être soulagés en pratiquant des exercices tels des éructations et une technique de relaxation ou par des exercices externes, parfois violents, tels la course, les sports d'équipe, la technique Nadeau ou simplement en se berçant.

Il faudra également songer à réduire l'apport d'aliments gazogènes : croustille, boissons gazeuses, choux, légumineuses, etc. A noter que la célèbre boisson Pepsi, a été inventée pour traiter la dyspepsie, d'où son nom[4]. Quant à son efficacité...

Certains médicaments tels que l'aspirine et les médicaments contre l'arthrite de même que les analgésiques (sauf l'acétaminophène) peuvent aggraver les lésions de l'estomac ; par conséquent, l'arrêt ou le changement de ces médicaments peuvent parfois être utiles.

Le stress ne provoque habituellement pas la dyspepsie, mais peut aggraver les symptômes gastro-intestinaux et accentuer la conscience de ces derniers. Dans certains cas, des stratégies permettant de réduire le stress peuvent être salutaires.

Médicaments

Antiacides

Les antiacides sont utiles dans un traitement de courte durée, mais sont utilisés pour le traitement de symptômes peu fréquents ou des symptômes secondaires qui peuvent se produire lorsque le patient prend d'autres médicaments. En général, les antiacides ne sont pas utilisés en traitement régulier.

Antagonistes des récepteurs H2 (anti-H2)

Les antihistaminiques H2 existent depuis plus de 25 ans et ont été la première forme vraiment efficace de médicament permettant de réduire l'acidité. Ces pilules procurent une baisse modérée de la production d'acide dans l'estomac.

Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP)

Cette classe de médicaments existe depuis plus de 10 ans et procure l'inhibition de l'acidité la plus efficace actuellement possible. Il s'agit de la classe de médicaments à utiliser en première intention[5].

Traitement de l'infection par Helicobacter pylori

Helicobacter pylori a été découvert il y a moins de 20 ans et le traitement a rapidement changé durant les 15 dernières années à mesure que nous avons commencé à comprendre certains des facteurs qui contribuent à éliminer cette bactérie. La recherche de l'helicobacter peut être faite sans avoir recours à une fibroscopie (recherche d'uréase dans l'air expiré). Le type de traitement le plus souvent utilisé actuellement consiste en l'association de deux antibiotiques et d'un IPP.

Médicaments procinétiques (stimulant la motilité)

Il n'existe pas de fortes preuves à l'appui de l'utilisation des médicaments procinétiques pour la dyspepsie. Le cisapride a été mis à l'épreuve et a donné quelques résultat positifs. Toutefois, le médicament n’est plus prescrit sur ordonnance. D’autres médicaments de cette classe, tels que le dompéridone et le métoclopramide n’ont pas fait l’objet d’études adéquates.

Références

  1. Zagari RM, Fuccio L, Bazzoli F, Investigating dyspepsia, BMJ, 2008;337:a1400
  2. Moayyedi P, Talley NJ, Fennerty BM, Vakil N, Can the clinical history distinguish between organic and functional dyspepsia?, JAMA, 2006;295:1566-76
  3. Klauser AG, Schindlbeck NS, Muller-Lissner SA, Symptoms in gastro-oesophageal reflux disease, Lancet, 1990;335:205-8
  4. Historique de la boisson sur le site pepsi.fr
  5. Delaney B, Ford AC, Forman D, Moayyedi P, Qume M, Initial management strategies for dyspepsia, Cochrane Database Syst Rev, 2005;(4):CD001961
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