Flangebouche


Flangebouche

47° 08′ 27″ N 6° 28′ 21″ E / 47.1408333333, 6.4725

Flangebouche
Image illustrative de l'article Flangebouche
Administration
Pays France
Région Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Pontarlier
Canton Pierrefontaine-les-Varans
Code commune 25243
Code postal 25390
Maire
Mandat en cours
Thérèse Gury
2008-2014
Démographie
Population 648 hab. (2008)
Densité 28 hab./km²
Géographie
Coordonnées 47° 08′ 27″ Nord
       6° 28′ 21″ Est
/ 47.1408333333, 6.4725
Altitudes mini. 685 m m — maxi. 1056 m m
Superficie 23,27 km2

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Flangebouche est une commune française, située dans le département du Doubs et la région Franche-Comté.

Sommaire

Géographie

Topographie

Flangebouche vu de Loray - Février 2006

Flangebouche, village de l'est de la France est situé dans l'est du Doubs, à environ 50 km de Besançon et proche de Pierrefontaine-les-Varans et Valdahon.

La commune de Flangebouche allonge son vaste territoire du nord au sud sur plus de 10 km. Le village, très étendu, occupe la partie nord du plateau d'aspect uniforme (altitude moyenne : 730 m), au centre d'une véritable toile d'araignée que forment routes et chemins qui conduisent aux nombreux hameaux ou écarts. La partie sud, plus exiguë, offre un relief plus tourmenté où se succèdent synclinaux et anticlinaux. L'altitude moyenne dépasse 845 m pour culminer à 1 045 m, à proximité du lieu-dit "au Chaumont", non loin de la mine de lignite désaffectée du Grand Denis (980 m). Les eaux de la source "Des Fraîches" se perdent dans un effondrement, dit "Creux Virot", dans le Rauracien, avec résurgence probable à "Martinvaux" (commune de Loray). Un ruisselet temporaire se perd dans un entonnoir (Kiméridgien). Dans le Ptérocérien, le territoire compte trois gouffres dont les deux principaux sont le gouffre-dodeline du "Creux d'Orcheval" et le gouffre du "Puits Gueulot". Cadastre Premier cadastre établi en 1835. Territoire communal de 2 325 ha dont 597 ha en forêt (1951). Remembrement : 1964 et

Hameaux et écarts

L’Adroit ; Les Arces ; Le Bas de Charme ; Béjoie ; Beau Villers ; Château Noirot ; Le Chaumont ; La Chaux ; Les Combes ; La Côte ; Les Estaffiers ; Au Geys ; Le Grand Denis ; Les Laves ; Montalot ; Noire Combe ; Petit Vernois ; Le Pota ; La Racine ; Sur les Rochers ; Aux Tajons ; La Vouillemotte.

Communes limitrophes

Toponymie

Falarangibucca (1110) ; Falerengebus (1158) ; Flengeboche (1275) ; Flangeboiche (fin XIVe siècle) ; Flangebouche (XVe siècle).

Origine du nom : de l’anthroponyme germanique Falahari, et du latin "bucca" dans l’acception "trou, gouffre".

Économie et société

De 1340 à 1348, les communautés de Flangebouche et d’Avoudrey s’opposèrent pour déterminer les limites de leur territoire respectif. En 1602, de nouvelles difficultés surgirent quant aux droits de parcours et de pâturages communs. L’élevage était en effet l’activité principale du village. En 1688, on dénombrait 68 feux, 345 bêtes à cornes et 290 bêtes à laine ; s’ajoutaient 140 chevaux et 36 porcs. Cette vocation ne fit que s’accentuer. En 1795, le cheptel atteignait 706 bovins et 910 ovins. Il ne restait plus que 43 chevaux, conséquence probable des réquisitions révolutionnaires. En 1980, la spécialisation se concrétise avec 2 091 bovins, dont 1 013 vaches pour 51 exploitations. On dénombre 637 porcs et il ne subsiste plus que 52 ovins. En 1856, pour absorber la production laitière, la commune comptait 5 à 6 fromageries qui produisaient 38 250 kg de fromage. En 1875, trois fonctionnaient encore ; un au village et 2 « Aux Laves » « de temps immémoriaux ». En 1929, une fromagerie à gruyère regroupa tous les exploitants avec une production annuelle de 850 086 litres de lait. Bien entendu les cultures régressèrent au profit des herbages. En 1905, les céréales occupaient 337 ha (19 ha étaient plantés de pomme de terre). En 1980, les céréales ne couvraient plus que 72 ha. Longtemps les conditions d’existence demeurèrent précaires. En 1812, les habitations, enfouies au-dessous du sol, étaient malsaines te humides ; la classe pauvre vivait que de laitage et de légumes, rarement de viande fumée ; le pain était fait d’avoine, grossièrement moulue et mauvaise qualité. Au début du XXe siècle, un fort noyau de fermage constituait les exploitations agricoles : on ne recensait que 12 propriétaires pour 58 fermiers. La forêt qui couvrait au XVIIIe siècle 144 arpents en sapins était activement exploitée. Les bois, débités en planches, étaient généralement acheminées vers Besançon. En 1730, un sieur Callerand de Flangebouche, fournit les bois de charpente pour la construction du nouvel hôpital de Baume-les-Dames. En revanche la commune manquait de bois d’affouage (1783 : 7 248 voitures étaient nécessaires) elle devait en acheter dans les villages voisins. Des particuliers possédaient alors une centaine d’arpents. Pour expliquer ce doit de propriété, il faut remontrer à l’époque de l’occupation suédoise. La guerre occasionna des dépenses considérables. Plutôt que de recourir à l’emprunt chez les plus riches, la commune préféra concéder un droit de tonte perpétuelle sur une partie de se forêts à 52 habitants moyennant le versement de 200 F chacun. Maître Andrey, notaire à Flangebouche, établir l’acte le 25 février 1664. transmissible par héritage, ce droit existe toujours. Pour répondre aux besoins locaux, le moulin à grains du Vernois fut supplanté en 1852 par celui installé sur « les Etangs », à 3 meules. À cette époque, au même endroit, fonctionnait une scierie à lame. Au XXe siècle, une scierie plus importante s’installe à l’entrée ouest du village. A partir de 1744, on exploita sur le territoire de la carrière (lieu-dit « les Carrières ») qui fournissait la pierre susceptible d’avoir un beau poli. L’exploitation en fut épisodique et en fut définitivement abandonnée au milieu du XXe siècle. En 1780, on ouvrit une mine de lignite « Au Grand Denis ». En 1788, Châtelain et Richardin obtinrent la permission exclusive de l’exploiter pendant 20 ans. En l’an VIII (en 1800) Jean-Frédéric Osterwald, de Neuchâtel, propriétaire du sol depuis 1793, racheta le privilège (houillère et verrerie) qui passa en l’an XII à Alexandre Besson, puis vers 1850, à Barçon ; celui-ci y adjoignit une tuilerie. L’exploitation s’avérait difficile : le combustible renfermait beaucoup d’eau. La mine fut abandonnée en 1877. Rouverte en 1907, elle produisit en moyenne 1 000 tonnes par an. Elle ferma définitivement en 1951. Vers 1850 quatre foires se tenaient dans la localité : le premier lundi d’avril, le premier de juin, le 3e de septembre et le 1er de novembre. Il n’en subsiste aucune. Jusqu’au milieu du XXe siècle, l’artisanat occupait à Flangebouche une place non négligeable puisque y travaillaient : 1 bourrelier, 1 charpentier-menuisier, 2 charrons-serruriers, 3 cordonniers, 3 couturières-modistes, 1 carrier-tailleur de pierres et 1 entrepreneur de maçonnerie. En 1983, il ne restait plus que 2 menuisiers, 2 garagistes et 1 scieur, une usine d’horlogerie.

Équipements

Au début du XIXe siècle, la famille Goguillot-Sergent se fit construire une imposante demeure à Flangebouche, avec un petit oratoire dédié à Notre-Dame des Sept Douleurs. En 1881, Antoinette Goguillot, céda le bâtiment par testament à Ferdinand Barrand, son neveu, ingénieur des Ponts et Chaussées, à condition qu’il le transforme en un hôpital destiné à accueillir des orphelins et des vieillards sans ressources, originaires principalement de Flangebouche. Cet hôpital Saint Joseph ouvrit ses portes vers 1890, après un procès qui opposa la municipalité aux héritiers. En 1913, on y installait un service d’hydrothérapie. En juillet 1983, il est devenu maison de retraite. En 1901, un vaste projet de voie ferrée métrique prévoyait de désenclaver Flangebouche pour faciliter le transport des bois. Le village aurait non seulement été relié à Avoudrey, via Besançon, par la voie actuelle, mais aussi à Vercel, voie métrique reliant Besançon à Saint Hippolyte. Ce projet fut abandonné en 1906. Une ligne de bus fait la navette entre Besançon et Villers le Lac. Une colonie de vacances « Gai Soleil » accueille des enfants ou des groupes. L’école publique accueille les enfants du RPI. Puis ils fréquentent le collège public de Pierrefontaine Les Varans, ou Valdahon. Certains vont à l’école/collège catholique Jean Bosco d’Orchamps-Vennes.

Histoire

L’existence de Flangebouche est attestée en 1110 par une donation au prieuré de Mouthier que firent les frères Pauthier et Fromard de Cicon, des hommes et biens qu’ils y possédaient. En 1584, la seigneurie de Cicon y détenait encore quelques biens. En 1238, un traité de paix conclu entre Amédée de Montfaucon-Montbéliard, Huon, sire de Belvoir, et Otton, sire de Vennes, mentionne la destruction d’un château féodal établi sur une motte près des Ages de Loray, au lieu-dit « Montallot ». Une source coulait à proximité. Le territoire de Flangebouche était partagé entre différentes seigneuries qui relevaient de la suzeraineté des Montfaucon. En 1269, Girard, seigneur de Cusance, avait en effet vendu à Amédée de Montfaucon la « ville » de Flangebouche. Jeannin de Cusance, écuyer, frère de Girard, approuva cette vente. En 1305-1306, Clémence de Naisey, veuve d’Étienne de Gonsans, Perrin le Seschellet, Vuillemin de Vennes et jean de Vercel déclaraient tenir en fief de Gauthier de Montfaucon tous les biens qu’ils possédaient à Flangebouche. En 1313, Jean II de Montfaucon dota sa sœur Marguerite de « tous nos hommes franz, justices et censes de deniers et de bleds que nous avons en notre ville de Flangeboiche » pour un revenu annuel de 63 livres et 7 sols. Dabs la mouvance des Montfaucon, puis, des Neuchâtel et enfin de la maison d’Autriche, Flangebouche relevait en haute, basse et moyenne justice, de la seigneurie de Vercel. En 1531, celle-ci fut donnée par Charles-Quint à François Peloux. En 1584, 60 familles du village dépendaient de cette seigneurie, dont 25 étaient de condition mainmortable, « taillables et corvéables ». Outre diverses autres redevances, chaque habitant ou manant lui devait le cens annuel et perpétuel de 12 bichots de froment, mesure de Vercel, versés à la Saint Nicolas, pour permission autrefois accordée de tenir four. S’ajoutait, pour les sujets de condition franche, une taille de 40 livres, « monnaie d’or ». Le seigneur de Loray y possédait aussi un fief avec droit de basse et moyenne justice. Intervenaient également sur la terre de Flangebouche, pour quelques habitants ou quelques arpents, les seigneuries de Vaire (1 famille), de Cicon (2 familles), d’Orsans (4 familles), de Cléron (1 famille), de Vennes… En 1679, Flangebouche changea une dernière fois de maître, quand la seigneurie de Vercel passa à la maison de la Bastie Saint-André. En 1716, Anne-isabelle Perrenot de Granvelle, épouse de François de la Tour, vendit à Antoine Varrelier de Verchamp, conseiller au Parlement, « leur fief, justice et seigneurie… au lieu de Flangebouche… sur plusieurs meix, maisons hommes et sujets… ». cette possession des Granvelle à Flangebouche remonterait probablement au XVIe siècle, époque à laquelle Marguerite Perrenot, fille du chancelier Nicolas Perrenot, épousa Ferdinand de Lannoy, seigneur de Vennes et Chatelneuf. En 1791, la famille Marrelier revendit ses biens aux frères Barrand, de Longemaison et des « Laves », soit : une maison et une dépendance, 300 journaux d’un seul tenant en terre labourable, prés et bois et 1 journal de terre labourable, pour 20 000 livres. La guerre de Dix Ans n’épargna pas Flangebouche. Déjà en 1628, le village avait dû loger pendant 10 jours la compagnie du seigneur de Cléron, soit 51 hommes. En 1636, 20 habitants participèrent pendant 2 mois à la défense de Dole, puis par 2 fois à la garde du Lomont. Jusqu’en 1637, il fallut non seulement loger les soldats, mais aussi entretenir ceux cantonnés à Clerval, l’Isle-sur-le-Doubs et Baume Les Dames. Puis il y eut les Suédois qui incendièrent une partie du village. Des habitants se réfugièrent dans la grotte du Lançot. Guerre et peste fauchèrent la population : de 103 feux en 1614, la communauté n’en comptait plus que 46 en 1657. En 1792, Goguillot, maire de Flangebouche, créa une Fédération catholique fortement teintée d’idées royalistes. Il obtint de nombreuses adhésions, mais connut bien des vicissitudes. En septembre 1793, le village participa activement à la « Petite Vendée ». Avec Avoudrey, il marcha sur Orchamps-Vennes. Ce fut un échec. Les 500 gardes nationaux, envoyés pour rétablir l’ordre, pillèrent le village. De nombreux habitants gagnèrent la Suisse. Deux furent exécutés (Guill. Jos. Gauthier et Auguste Vivot), quatre condamnés à la déportation perpétuelle en Guyane. La répression se poursuivit jusqu’à la fin du mois d’octobre. En septembre 1944, dans le cadre des actions de groupement de résistance « centre-Doubs » 2 tonnes d‘armes et de munitions furent entreposées au lieu-dit « Les Laves »

Les curés de Flangebouche au XIIIème et XIVème siècle : Flangebouche apparaît dès 1110 dans la documentation écrite Une chapelle existe en 1139. Une fabrique ets mentionnée dans le testament du curé d’Orchamps Vennes. En 1406, Aimé de Domprel , chevalier, lègue à son fils aîné Gauthier le patronage des cures de Flangebouche et Vercel. Un « autel de Flangebouche » par un chanoine de ce nom, se trouve ne la cathédrale saint Etienne de Besançon. Parmi les religieux natifs de cette paroisse, se trouve Guillaume Brunet , prêtre demeurant à Orchamps Vennes qui teste en 1503. De l’église de Loray dépendant les églises de Flangebouche et Avoudrey. Le même curé dessert les 3 églises. Curés : Richard en 1278. Il scelle un acte comme témoin. Domnus Humbert cité en 1345. Il est choisi comme exécuteur testamentaire par Etienne de Crosey, curé d’Orchamps Vennes. Jean de Maîche, cité en 1349. Il est chanoine et chantre de Saint Hyppolite. Jean de Domprel, cité en 1364 Etienne de Dommartin, cité en 1369. Le curé est cité en 1404-1405 dans les compte de la châtellenie de Vercel. Jean de Domprel cité en 1420-1429. Famille noble, originaire de la région de Baume les Dames. ; fils d’Aimé, seigneur de Domprel , chevalier. Curé originaire de Flangebouche : Pierre de Flangebouche, curé de Desnes en 1299-1301, puis curé de Quingey (1310 – avant 1319). C’est un maître maçon de Flangebouche qui bâtit vers 1516 la tour de l’église saint Blaise dans le comté de Neuchatel.


la Guerre de Dix Ans : 1634 - 1644 Suite à cette terrible guerre, la commune avait d'importantes dettes qu'elle ne put honorer. Les habitants décidèrent alors de payer à la place de la commune la dite dette et de recevoir en contrepartie un droit de "tonte perpétuelle" sur des espaces communaux. Cela explique l'existence aujourd'hui encore des propriétés dont la commune paie les impôts locaux car toujours propriétaire du sol, mais les usufruitiers ne paient rein. Ils sont nombreux. Voici la traduction de cet acte, qui montre aussi l'existence des familles du village. Document historique de grande valeur!

L’acte fut dressé par Maître Andrey, notaire à Flangebouche, le 25 février 1664. :

« Les habitants de Flangebouche, du fait des guerres qui ont sévi en cette province et du fait d’autres affaires urgentes et nécessités de leur commune, ont été contraints précédemment de faire divers emprunts et constitutions de rente pour une somme de 10.200 F dont actuellement ils doivent payer les intérêts annuels, ce qui entraîne souvent pour eux des réclamations et des frais à cause des difficultés qui interviennent entre eux.

Il est donc juste et raisonnable que les biens communaux de la dite communauté soient saisis en préalable et que le profit et les revenus de ces biens soient employés à l’amortissement desdites dettes et hypothèques communes, avant les biens particuliers des habitants.

Pour éviter les difficultés et inconvénients qui pourraient arriver ultérieurement à ce sujet, les habitants dudit Flangebouche ci-après nommés, assemblés en corps de communauté, représentant la plus saine et majeure partie de celle-ci, d’un commun accord, ont statué et arrêté entre eux que l’on choisira parmi lesdits habitants, avec les deux prud’hommes de l’année présente, huit autres habitants, gens idoines et capables, qui, fidèlement et exactement, feront reconnaissance des portions de leurs bois jurés et de leurs communaux, au moindre préjudice qu’il se pourra faire et en telle quantité et contenance que lesdits commis trouveront à propos utile et profitable aux autres habitants.

De laquelle quantité et contenance, ils feront quatre parts, tant desdits bois que desdits communaux, les plus égales et de même valeur qu’il leur sera possible et les distribueront par billets tirés au sort à 52 habitants représentant le nombre complet de leur dite communauté, à savoir pour chaque part de bois et de communaux, 13 habitants qui seront obligés en prenant et acceptant leur part, de payer chacun, d’ici trois ans à l’acquit des autres habitants la somme de deux cent francs à chaque créancier qui leur seront indiqués, avec tous les intérêts et dépens qui pourraient s’y ajouter à partir de la passation du présent traité et convention.

Si dans la présente répartition, quelques dettes et rentes sont de plus grande valeur que l’apport des particuliers et qu’il est nécessaire de mettre plusieurs habitants pour faire le même paiement, celui qui ne pourra pas, à cause de son apport, payer pendant les trois ans, devra payer les frais et dépens qui en pourront arriver, faute de quoi il sera tenu par les prud’hommes de chacune des trois années d’apporter acquit suffisant de son paiement comme tous les autres habitants dont l’apport de leurs arrérages sera indiqué et compté dans ladite communauté pour y avoir recours en cas de besoin.

Une fois les trois ans expirés et révolus, lesdits habitants de la même façon seront contraints, s’ils ne l’ont déjà fait, de payer auxdits créanciers la somme de 200 F. Si un particulier ne peut payer une telle somme pour acquitter un principal de rente, il pourra prendre sa part tant des bois que des communaux pour la semblable somme de 200 F pour la vendre. En cas de refus des coobligés, elle sera vendue et licitée au plus offrant et dernier appréciateur. Le prix en provenant sera appliqué à l’extinction de ladite dette et uniquement à ce but. Si le prix de ladite part ainsi licitée ne suffisait pas à l’acquittement, le surplus se prendra sur les biens particuliers ou, à défaut, sur ceux du corps de ladite communauté.

Bien entendu, en ce qui concerne les bois qui seront compris dans le présent traité, lesdits habitants n’entendent rien toucher aux fonds sur lesquels ils sont assis, mais seulement aux bois qui y sont à présent et qui y croîtront à perpétuité ; pour les communaux, après le premier fruit levé sur ceux-ci. Les fonds étant aux particuliers par suite du présent partage, le droit de parcours demeurera sur ceux-ci en commun, comme auparavant.

Ce que dessus a été passé, traité, résolu par Georges Callerand, Blaise Bouriot, honorable Claude Marrelier, Antoine Morel, Etienne Morel, Jean Petot, Antoine Vivot, Jacques Dumont, Pierre Callier, Jean Bouveresse, Pierre Lachiche, François Bouveresse, Guillaume Joynerey, Claude Brenot, Guillaume Callier, Jacques Andrey, Guillaume Callerand, Guillaume Morel, Claude Joynerey, Jacques Bourgue, Claude Grosrichard, Pierre Coitteux, Jean Dumont, Jean-Claude Pauthier, Pierre Callerand, François Callier, Laurent Pauthier, François Pauthier le jeune, Pierre Daurez, Léger Bouriot, François Pauthier le vieux, André Pauthier, Lazare Lanchy, Antoine Bouveresse, Pierre Govier, Laurent Coitteux, Claude Bouriot, Guillaume Goguillot, Ligier Bouveresse, André Callerand, Ligier Goguillot, Pierre Pathon Musy, Claude Vivot, Jean Pauthier, Jean Routhier, Claude Daurez, Pierre Goguillot, Etienne Govier, Claude Bouveresse, André Callerant, tous lesquels habitants assemblés en la forme ci-dessus, ont statué et résolu unanimement le contenu du présent traité pour le plus franc profit et avantage de ladite communauté. A l’effet de quoi, ils ont obligé leurs biens, chacun en droit, foi, sous le sceau de Sa Majesté en forme de droit. Et incontinent, lesdits habitants ci-dessus nommés, en présence dudit notaire et témoin, ont nommé et choisi pour commis aux reconnaissance et dénombrement de leurs bois et communaux qu’il convient de partager pour l’estimation et paiement de la somme de 10 200 F, Claude Dumont, Gaspard Bole, prudhomme de l’an présent, avec l’honorable Claude Marrelier, Antoine Vivot et Jean Petot, Jacques Dumont, François Bouveresse, Pierre Callerand, Georges Callerand, Ligier Goguillot, tous habitants du dit Flangebouche, qui ont prêté serment entre les mains du notaire souscrit, de vaquer fidèlement et en conscience audit répartement, dénombrement et reconnaissance. Au signe de quoi, une partie s’est soussignée, les autres ne sachant écrire. Ainsi fait et passé au lieu de Flangebouche le vingt cinquième jour du mois de février mille six cent soixante quatre, entre les mains et par-devant moi Jacques Andrey, notaire dudit lieu en présence de messire Thomas Renouart, prêtre, curé dudit Flangebouche et de Claude Petoz, de Suisse, résidant audit Flangebouche et de maître Claude Roy du Barboux, maçon, témoin requis, ainsi signés Claude Marrelier, François Bouveresse, C. Dumont, A. Vivot, L. Goguillot, J. Dumont, J. Petot, F. Callerand, A. Callerand, J.C. Pauthier, E. Govier, C. Vivot, J. Bouveresse, J. Dumont, G. Callerand, B. Bouriot, J. Pauthier, G. Caillier, E. Morel, L. Bouriot, L. Lachiche, L. Bouriot, A. Pauthier, C. Grosrichard, et comme notaire l’yant reçu , Jancques Andrey »

« Et depuis, audit Flangebouche, en la place publique dudit lieu appelée le Sillerot, le trois mars mille six cent soixante quatre, tous les susnommés habitants s’étant de nouveau assemblés en corps pour donner effet à la résolution ci-dessus par eux prise et aux charges et conditions qui y sont couchées et rapportées pour satisfaire au paiement des dix mille deux cent francs, 5 000 F à Martin, portant intérêt au taux de six pour cent, au sieur Claude Marrelier six cents francs portant intérêt à six pour cent, à Antoine Callerand pareille somme de six cents francs et au sieur Roussel de Besançon, quatre mille francs portant intérêt à cinq pour cent, qui font en tout les dix mille deux cents francs. Ayant cherché un moyen pour faire ce paiement, ils n’en ont pas trouvé d’autre que de partager entre eux quelques portions de leurs communaux tant en bois qu’en plaine, des plus éloignés et préjudiciables à toute la dite communauté, particulièrement des communaux en bois qui sont fort éloignés du village de Flangebouche. Jusque-là ils ont tiré peu de profit sauf quelques étrangers qui s’en servent parfois, à la demande de la communauté. En partageant entre eux ces communaux, ils pourront payer leurs dettes communes, conformément à la dite délibération et résolution. Ils choisiront entre eux dix commis pour faire reconnaissance et partage. Les dits habitants se sont transportés avec les dix commis dans les communaux et, entre autres, dans un lieudit « ès Combes », autrement « ès Près Guerre », qui touche de vent les habitants d’Avoudrey, un autre « en la portatte » « en Combe Parron », « au Cottard des Fraiches », « en Combe Mariétant », « dessus les Seteres » autrement « ès Charrières » qui sont communs en bois avec des communaux en plaine, dit « en la Combe la Vache », « au Creux au Prestre », « en la Combe Loinot », « en la Sy Voillarme », « ès Fraiches que Fretteux de Meuttes » et un autre « ès Combes ». Lesquelles portions de communaux ils l’ont divisé en quatre parties, le plus également qu’il leur a été possible. Chaque part a été chargée de quinze cents cinquante francs de rente au taux de six pour cent et de mille francs au taux de cinq pour cent, qui feront, lesdites quatre parts, pour les dix mille deux cents. Ils seront pareillement répartis et divisés sur tous les particuliers du village et communauté dudit Flangebouche, de même divisés en quatre cantons : l’un appelé « le canton du Cimetière », le second « le canton du Mont », le troisième « le canton de la Ruine » et le quatrième « le canton de Grille ». Il y aura treize habitants dans chaque canton qui paieront chacun deux cent francs et pour l’intérêt d’iceux, pendant lesdits trois ans, onze francs jusqu’à l’entier paiement desdits deux cents francs pour leur apport desdits dix mille deux cents francs. Ils sont au nombre de 52 habitants qui partageront cette somme en trois, même celle desdits deux cents francs pour les frais. Seront, chacun desdits cantons, tenus de payer audit sieur Martin douze cent cinquante francs, aux sieurs Marrelier et Antoine Callerand et à chacun d’eux cent cinquante francs pour chacun desdits cantons et audit sieur Roussele mille francs.

Pour paiement desdits 10.200 F, lesdits communaux ont été partagés en quatre parts et par quatre billets qui ont été jetés au sort à chacun des quatre cantons :

Au premier canton formé par Guillaume Goguillot, Ligier Bouveresse, André Callerand, Ligier Goguillot, Pierre Pathon-Musy, Claude Vivot, Jean Pauthier, Jean et Etienne Routhier, Claude Daurez, Pierre Goguillot, Etienne Govier, Claude Bouveresse et A. Callerand, est arrivé la part lieudit « ès Combes », autrement « ès près Guerre » touchant de vent les habitants d’Avoudrey par les bornes et les marques qui sont plantées, avec la part dessus appelée « la Portotte » et du côté de bise et pour les communaux en plaine, la part didte et appelée « Es Combes » comme encore ne portion du communal appelée « les cornes de meutte », le tout suivant les bornes y plantées.

Au second canton tout aussi arrivée la deuxième part joignant la première, lieu-dit appelé « Es combe Mariétant », avec celle dessus au joignant de la Portotte avec le communal en plaine appelé « ‘en la combe Loinot », et le tout par les bornes qui y sont mises ; ce canton appelé « du cimetière » comprend Georges Callerand, Blaise Bouriot, Claude Marrelier, Antoine Morel, Gaspard Bole, Etienne Morel, Jean Petot, Antoine Vivot, Jacques Dumont, Pierre Caillier, Jean Bouveresse, Pierre Lachciche et François Bouveresse.

Au troisième canton, appelé « la ruine » est arrivée la troisième part, joignant à à celle-ci-dessus, appelée « dessus les Ceteres », autre « es charrière » selon les marques qui y sont mises, avec la part de communal en plaine dite « en la combe la vache » et « creux au prêtre » par les bornes mises et plantées ; ce canton comprend Pierre Caillier, François Caillier, Laurent Pauthier, François Pauthier le jeune, Pierre Daurez, Ligier Bouriot, François Pauthier, André Pauthier, Lazare Lanchy, Antoine Bouveresse, Pierre Govier, Laurent Coitteux et Claude Bouriot.

Au quatrième et dernier canton, appelé « le canton de grille » sont Guillaume Joignerey, Claude Brenot, Guillaume Caillier, Claude Dumont, le sieur Jacques Andrey, Guillaume Callerand, Claude Joignerey, Jacques Bourgue, Claude Grorichard, Pierre Coitteux, Guillaume Morel, Jean Dunion et jean Claude Pauthier ; est arrivée la quatrième part appelée « es combe parron » tirant au pré du Cartier ave celle dessus dite « es cornes Joignerey », ycompris « le cottard des Fraiches », avec le communal en plaine, tant en « la sivoillarme es fraiches » que « fretteux de mettet » et suivant les bornes qui y sont mises, laquelle part laissera libre le chemin ordinaire pour la dite « sivoillarme », d’une largeur d’environ 12 pas, ainsi que le tout a été stipulé, convenu, arrêté et accordé entre lesdits habitants stipulant et acceptant par la majeure partie de ceux-ci , suivant ladite résolution ci-dessus par eux prise et spécialement par Ligier Goguillot, commis et député pour les 13 particuliers dénommés au billet du premier canton, et en leur présence tiré au sort, par Antoine Vivot, aussi commis pour le second canton dit « le cimetière » pour tirer le billet et pour les 13 particuliers y dénommés, par Pierre Daurez aussi commis par les particuliers du troisième canton dit « la ruine » et par Claude Dumont aussi commis par le quatrième canton. Lesquels ont promis d’effectuer tout le contenu en ladite résolution en tous ses points qu’ils ont promis d’avoir à perpétuité pour agréables. Ils ont même traité qu’il ne sera permis à aucun d’eux de vendre, aliéner, ni distraire aucun bois hors du lieu, si ce n’est que l’argent et prix en provenant ne soit utilisé , par suite de ladite résolution, au paiement de la somme due par chaque particulier. Ils seront tenus d’en donner avis aux dits habitants de chacun de leur canton. A l’effet de quoi et pour assurance de tout ce qui précède, ils ont respectivement et chacun obligé leurs biens qu’ils ont soumis au privilège du sceau de sa Majesté.

Démographie

Évolutions

Évolution démographique
(Source : Insee[1])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004
559 582 523 527 558 549 607
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

1595 : 121 feux, 750 hab. – 1614 : 103 feux – 1657 : 323 hab. – 1688 : 65 feux, 382 hab., 73 maisons – 1753 : 92 feux – 1790 : 670 hab. – 1795 : 695 hab. – 1805 : 139 ménages, 729 hab., 100 maisons – 1826 : 629 hab. – 1851 : 943 hab. -1876 : 724 hab. -1901 : 624 hab. – 1926 : 654 hab. 1954 : 589 hab. 1975 : 523 hab. – 1982 : 527 hab.

Pertes subies pendant les dernières guerres

1914 – 1918 : 25 1939 – 1945 : 4

Familles existant au XVIIIe siècle

Barçon, Barrand, Barrand-Gauthier, Bouriot, Bouveresse, Brenot, Callerand, Cailler, Coiteux, Cucherousset, Dufay, Dumont, Faivre, Feuvrier, Guinchard, Goguillot, Gouhier, Grillet, Guillemin, Joignerey, Lachiche, Lanchy, Monnot, Morel, Pauthier, Petot, Ravier, Routhié (ou Routhier), Roy, Sergent, Tarby, Vivot.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 2014 Thérèse Gury[2]    
mars 2001 2008 Patrice Buteau    
1971 2001 Jacques Cassard    
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Lieux et monuments

L’origine de l’église de Flangebouche daterait du début du XIIe siècle. Le mars 1139, l’archevêque Humbert de Scey (1134-1161) en confirmait l’existence par une donation faite au chapitre de Saint Étienne, confirmation ratifiée par le pape Eugène III en 1148 (il était alors question d’une chapelle confirmée à saint Étienne), puis par le pape Honorius III en 1219. On ignore à quelle date elle fut érigée en paroisse sous le vocale de Saint Ferréol et saint Ferjeux. En 1278, un contrat de vente portait le sceau d’un sieur Richard, curé de Flangebouche . Était-elle mère ou fille de Loray ? En 1574, un pouillé affirmait qu’elle était plus mère que fille. pourtant avec l’église d’Avoudrey, il semble bien qu’elle dépendait de la paroisse de Loray où aurait existé une maison prieurale. En outre, le seigneur de Loray désignait le curé et l’installait à Loray puis à Flangebouche. La situation demeurait d’autant plus confuse que seul Flangebouche disposait d’un presbytère. Loray acceptait mal de participer aux frais d’entretien de ce bâtiment. Ce village y fut cependant contraint par un jugement rendu en 1774 : les habitants de Loray devaient contribuer aux réparations du presbytère tant qu’ils seraient desservis par le curé de Flangebouche. Ce jugement se gardait bien d’aborder la délicate question de la maternité des églises. Le curé devait aussi un droit de patronage au prieuré de Bonnevaux. En 1740, fut fondée une chapelle sous le vocable de saint Antoine de padoue par Antoine Callerand, originaire de Flangebouche, curé de Vyt-les-Belvoir. Il abandonnait 4 journaux de bois qui lui venaient de ses parents. Un chapelain fut nommé pour y officier selon les prescriptions du fondateur. EN 1879 on signale une chapelle domestique chez la famille Goguillot. En 1760, le curé possédait 30 journaux de terre, 20 fauchées de pré et un verger (3 voitures de foin). Le curé avait droit au « paroichage » : chacun des 100 feux, fermes et hameaux compris, lui devaient à la moisson, 2 gerbes de blé ; les 200 gerbes obtenues ne produisaient tout au plus que 20 mesures de froment. Il percevait 48 livres 10 sols pour droit de charrue (35 dans le village). On lui versait 4 fois « les bons deniers », soit 20 livres. S’ajoutaient à ces revenus, ceux des fondations pieuses, soit 70 livres, et ceux du service quotidien : mariage, naissance, décès, selon un barème minutieusement défini par un règlement des droits curiaux (1438, 1669…) selon l’importance de la bourse des paroissiens. Ainsi, allait-il, par exemple, 3 dimanches consécutifs, chez les femmes enceintes « pour y faire l’eau bénite » ; les riches et les « médiocres » payaient 6 blans, les pauvres 3 blans… La révolution entama difficilement la ferveur des habitants de Flangebouche. Leur curé, l’abbé Clément, se rallia un temps aux idées révolutionnaires. Il fut même élu au conseil général du Doubs en 1790. Pour célébrer en paix le Noël 1791, les officiers municipaux avaient fait encercler l’église par des gardes nationaux : les gendarmes durent se retirer. Par dérision, les paroissiens, appelaient le prêtre constitutionnel que leur avait imposé l’administration, « leur jacquot ». Malgré la répression qui suivit la « petite Vendée », en 1795, pour la fête des saints Ferréol et Ferjeux, une vaste manifestation religieuse réunit à Flangebouche les villages voisins venus en procession, des prêtres réfractaires officiaient. En 1906, quand le crucifix quitta le mur de l’école, les paroissiens tentèrent d’envahir les locaux pour le remettre en place. Trouvant porte close, ils peignirent une grande croix sur la façade du bâtiment, et décidèrent que chaque écolier porterait, bien en vue sur sa poitrine, une croix et une médaille de la Sainte Vierge. En 1778, l’église fut entièrement reconstruite sur les ruines de l’ancienne. Bâtie en 2 années, elle coûta 20 000 livres. Les charrois et le bois des fours à chaux furent fournis gratuitement par les paroissiens. En 1868, le clocher fut gravement endommagé par un incendie qui détruisit une partie du village. Une belle chaire sculptée, œuvre du sculpteur J.-B. Ligier, de Besançon, échappa au désastre. La restauration du bâtiment conserva la nef à quatre travées, caractéristiques des églises halles. À l’intérieur, on peut encore admirer, du XVIIIe siècle, 2 anges-lutrins musiciens, en bois sculpté et doré, et une vierge à l’enfant, également en bois. À l’extérieur, se dresse une croix monumentale en pierre du XVe siècle. On y remarque notamment, outre un eau-bénitier saillant octogonal, 4 statuettes de demi-reliefs : saints Ferréol et Ferjeux portant leur tête ; saint Léger, évêque… En 1919, on décida de changer « les laves en grande partie gelées » qui couvraient l’église. Les travaux furent ajournés à cause du manque d’ouvriers, conséquence de la guerre. L’horloge du clocher, installée en 1880, a été remplacée en 1976. A droite de la route qui conduisait à Loray, à quelque distance du village, se dresse un petit oratoire dédié à saint Claude, bâti en 1747.

Ancien Régime : doyenné de Varais, paroisse de Flangebouche, église fille ou mère de Loray, sous le vocable des saints Ferréol et Ferjeux. Collateur : Saint Étienne (1139); chapitre de Besançon. XIXe siècle : succursale (décret du 30 septembre 1807) Maitre d'école. En 1602, Jean Blanchet tient une école latine. Il est dit "gymnasiarcha". er recteur : Lapran Jean "notaire" (1751).

Personnalités liées à la commune

L'abbé Nicolas Sylvestre Bergier (1718-1790), formé au séminaire de Besançon, fut curé de Flangebouche en 1749 avant son départ pour Paris (en tant que chanoine de Notre Dame), où l'Archevêque Christophe de Beaumont (1703-1781), adversaire notamment de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), lui confia la lutte théologique contre la philosophie, le matérialisme et les Lumières. Contradicteur de Voltaire (1694-1798), l'Abbé Bergier reste un des principaux apologistes du christianisme au temps des Lumières. Au XIXe siècle, un hagiographe de Bergier écrivait qu'il « fit [...] servir sa plume à un objet plus noble, et plus glorieux, celui de défendre la religion chrétienne contre les attaques multipliées des incrédules, qui, plus acharnés que jamais à sa destruction, se flattaient déjà d’asseoir l’impiété sur ses ruines ». Cf. Didier MASSEAU, Les ennemis des philosophes, Paris, Albin-Michel, 1994.

Principaux ouvrages édités notamment à Paris 1-Les éléments primitifs des langues, 1764. 2-Le Déisme réfuté par lui-même, 1765 (plusieurs éd.). 3-La Certitude des preuves du christianisme, 1767. 4-L’Origine des dieux du paganisme, 1767. 5-Apologie de la religion chrétienne, 1769. 6-Réfutation des principaux articles du Dictionnaire philosophique [1770]. 7-Examen du matérialisme, 1771. 8-Réponse aux conseils raisonnables, 1772. 9-Traité historique et dogmatique, 1780. 10-Théologie, 4 vol., in Encyclopédie Méthodique, 1788-1790. 11-Quelle est la source de toute autorité, 1789. 12-Observations sur le divorce, 1790.

MDP (Genève, 18 mai 2007) GB (Belfort, 26 mars 2008)


CLEMENT (Hugues-Joseph), Prêtre, né en 1756, à L’Isle-sur-le-Doubs, embrassa l'état ecclésiastique et fut pourvu de la cure de Flangebouche, paroisse importante dans laquelle il avait eu pour prédécesseur le savant abbé Bergier. A l'époque de la révolution, il en adopta les principes, et fut nommé membre de l'administration centrale du département du Doubs. Dès le mois de juin 1791, il rétracta le serment qu'il avait dû prêter à la constitution civile du clergé, et exposa ses motifs dans un petit écrit qui fit beaucoup de bruit dans le département. Ses adversaires l'accusèrent de n'abandonner l'église constitutionnelle que par dépit de n'avoir point été fait évêque ou du moins vicaire général ; il leur répondit que cette absurde et grossière calomnie ne l'atteignait seulement pas. Aux termes des décrets, l'abbé Clément devait quitter sa cure; mais la municipalité de Flangebouche, après avoir renvoyé le prêtre désigné pour le remplacer, déclara, par une délibération signée de tous les membres, qu'elle ne reconnaîtrait point d'autre curé que son pasteur légitime. Dans la nuit du 25 décembre, des gendarmes, envoyés d'Ornans pour l'arrêter, trouvèrent l'église et le presbytère gardés par les habitants en armes, et furent obligés de se retirer. Alors le district d'Ornans fit défense à Clément, ainsi qu'à son vicaire, d'exercer aucune fonction sacerdotale dans la paroisse; mais ne reconnaissant pas au district le droit de prononcer son interdiction, il continua de remplir les devoirs de son ministère, au risque de tout ce qui pouvait en résulter. Cependant, après le 10 août 1792, il jugea prudent de se retirer en Suisse, dans un. endroit rapproché de la frontière, d'où il pouvait entretenir une correspondance active avec ses paroissiens. Lors de l'insurrection qui eut lieu dans les montagnes du Doubs au mois de septembre 1793, les habitants de Flangebouche se signalèrent par leur dévouement. Les chefs qui devaient se mettre à leur tête n'étant point arrivés, les paysans, la plupart inaguerris, furent facilement dispersés par un bataillon de la Drôme, envoyé contre eux de Besançon avec deux pièces d'artillerie. Ceux qui purent gagner la Suisse parvinrent à rejoindre l'armée du prince de Condé. Les autres périrent presque tous sur l'échafaud, au pied duquel fut brûlé, par l'exécuteur, un drapeau semé de fleurs de lis d'or, sur lequel on lisait d'un côté Flangebouche, et de l'autre : « la nation, la loi et le roi ». C'était celui de la garde nationale de celle malheureuse commune, que les insurgés avaient pris pour leur servir de ralliement. Clément ne revint en France qu'en 1802. Quoique vivement réclamé par les habitants de Flangebouche, il ne fut point, après le concordat, rétabli dans sa paroisse. Nommé curé de Pierrefontaine, il ne tarda pas à donner sa démission, et vint demeurer à Besançon, où ses profondes connaissances en théologie et en droit canonique le rendirent très-utile à ses jeunes confrères. Il se proposait d'employer ses loisirs à la rédaction de quelques ouvrages pour lesquels il avait recueilli des matériaux dans son exil; et l'on doit regretter que l'affaiblissement de sa santé ne lui ait pas permis de réaliser ce projet. Hugues-Joseph Clément mourut à Besançon, le 24 avril 1828. On a de lui : Correspondance avec M. Séguin, évêque constitutionnel du département du Doubs, Paris, 1791, 2 parties in-8°. W—s.

Extrait de « Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes.

De Joseph François MICHAUD et Louis Gabriel MICHAUD – 1854 Volume 8. Page 412

Voir aussi

Notes et références

Girard J. Les grandes terres montagnonnes de Vennes, Besançon, 1982. Louis G. Les dommages de la guerre de 30 ans dans les bailliages de Baume, Ornans et Pontarlier, mem. univ. Besançon, 1978 Lonchamp D. La séparation des églises et de l'État dans le Haut-Doubs, mem. univ. Besançon 1977. Riche J. La Franche-Comté sous l'occupation allemande et sa libération, Besançon, 1980.

Liens externes


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