Fontenoy-Le-Château


Fontenoy-Le-Château

Fontenoy-le-Château

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Fontenoy-le-Château

Fontenoy-le-Château vu des Coclés
Fontenoy-le-Château vu des Coclés

Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Lorraine
Département Fichier:Blason Vosges.svg Vosges
Arrondissement Blason Epinal.png Épinal
Canton Bains-les-Bains
Code Insee abr. 88176
Code postal 88240
Maire
Mandat en cours
André Boban
2008 - 2014
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Vôge
Démographie
Population 694 hab. (2006)
Densité 20 hab./km²
Gentilé Fontenaicastrien
Géographie
Coordonnées 47° 58′ 28″ Nord
       6° 12′ 00″ Est
/ 47.9744444444, 6.2
Altitudes mini. 247 m m — maxi. 461 m m
Superficie 34,6 km²

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Fontenoy-le-Château est une commune française, située dans le département des Vosges et la région Lorraine. Elle appartient à la communauté de communes du Val de Vôge.

Sommaire

Géographie

La tranchée du canal de l'Est

Fontenoy-le-Château est situé dans la vallée du Côney, affluent de la Saône, sur le bassin des eaux de la Méditerranée et traversé par le canal de l'Est maintenant canal des Vosges. On y trouve un port de plaisance très fréquenté.

Le territoire de Fontenoy est arrosé par six ruisseaux : le ruisseau de Trémonzey, le ruisseau du Grurupt, le ruisseau de le ruisseau Châtelain ou ruisseau de la Carotte, du nom de la parcelle où il prend sa source, , le ruisseau des prés David, le ruisseau de Saint-Georges et le ruisseau de la Fresse.

Fontenoy est traversée par les routes départementales D.434 et D.4O. La gare la plus proche est la gare de Bains-les-Bains située à 7 km sur la commune de Le Clerjus.

Article détaillé : Côney.
Article détaillé : canal de l'Est.

Communes limitrophes

Toponymie et gentilés

La nomination la plus ancienne avérée pour la commune est « Fonteniacum Castellum » en 1050 qui atteste de la création du site à l'époque féodale[1]. De fons, fontis évoluant en latin populaire médiéval en fontana (source) et de cum (avec) puis de castellum (château). En effet l'éperon gréseux qui supporte le château est sillonné de sources qui ne tarissent jamais même lors d’étés très secs.

Puis on trouve au gré des actes et cartes : Fontenoy le Chastel 1289, Fontenoi le Chasteil 1285, Fontenoy le Chestel 1296, Fontenay 1589 sur la carte d'Ortelius, Fontenoy 1660[2].

Ses habitants sont appelés les Fontenaicastriens, parfois écrit Fontenaycastriens[3], appellation la plus ancienne puis est apparu Fontecastriens[4].

Histoire

Ancienne ville forte, capitale d'un comté, Fontenoy formait jadis deux localités distinctes, Fontenoy-le-Chastel sur la rive gauche du Côney et Fontenoy-la-Coste qui s'étageait hors les murs en rive droite. Pendant plus de deux siècles, Fontenoy-le-Château fut le centre d'une prévôté seigneuriale et d'un comté très étendu composé de 27 villages ou hameaux dont Fontenois-la-Ville, Xertigny, Le Magny, Montmotier, Trémonzey, Amerey, Le Clerjus, La Chapelle-aux-Bois, Haudomprey, Gremifontaine.

Sa position de « terre de surséance » place Fontenoy au cœur des conflits entre Bourgogne et Lorraine.

En 1792, Fontenoy-la-Côte et Fontenoy-le-Château ne font plus qu'une seule commune.

L’histoire de Fontenoy commence au début du XIe siècle, quand les évêques de Toul qui possèdent ce franc-alleu, édifient une grosse tour carrée afin de protéger leur domaine et fermer la vallée du Côney. Comme quinze autres paroisses dépendantes de l'évêché de Toul et malgré la situation excentrée de Fontenoy par rapport à Toul, l'église est placée sous la protection de saint Mansuy de Toul[5].

« Honorer un saint local était peut-être pour des paroisses reculées le moyen d'affirmer leur appartenance à l'évêché. »[6]

« Dès l'an 1019 l'on trouve des seigneurs de Fontenoy-en-Vosges »[7]...

C’est une des premières forteresses du sud des Vosges, avec Épinal et Remiremont.

Un prieuré bénédictin est fondé ; ses moines assurent la desserte de l’église romane primitive et vont établir un barrage sur la rivière, pour faire tourner un moulin qui conservera leur nom. La ville s’entoure de murailles dont il subsiste quelques bases. Elle demeure dans la mouvance lorraine jusqu’à la fin du XIIIe siècle.

La période bourguignonne

La tour ronde
La mort du Téméraire en 1477 sous les remparts de Nancy change le destin de Fontenoy

Le château de Fontenoy-le-Château connaîtra deux grandes campagnes de renforcement : la puissante famille bourguignonne de Neufchâtel, qui arrive à Fontenoy en 1360, suite au mariage de Thiébaut VI avec Marguerite de Bourgogne, comtesse de Montagu, fille de Henry de Bourgogne, Dame de Fontenoy, agrandit la place pour assurer sa présence face au duché de Lorraine voisin.

C’est en 1395, sous leur administration, qu’est reconduite la charte d’une libéralité hors norme : les bourgeois bénéficient, entre autres privilèges, de chasser aux chiens dans les forêts. C’est aussi sous les Neufchâtel qu’est rebâtie l’église Saint-Mansuy, dans le style gothique flamboyant de la seconde moitié du XVe siècle (Monument historique classé).

L’intérieur de l’édifice, clair et lumineux sous des voûtes richement nervurées, abrite une belle chaire en pierre, une remarquable cuve baptismale et quelques éléments de statuaire de belle facture. Les clés de voûte anthropomorphes du chœur représentent le soleil et la lune, sans doute à l’effigie de Jean II de Neufchâtel et de son épouse Marguerite de Castro, cousine du roi du Portugal.

Cette période est celle de la prospérité.

« Qui croirait qu'au moyen âge, la population agglomérée la plus considérable de notre diocèse (sans même excepter la ville impériale de Besancon) était celle de Fontenoy-le-Château, qui, d'après les historiens lorrains, compta jusqu'à 10 000 âmes ? »[8]

Le retour à la Lorraine

Diane de Dompmartin, Dame de Fontenoy.

Fontenoy redevient lorrain après la mort du duc Charles le Téméraire en 1477.

Ce retour ne règle pas pour autant le problème des terres de surséance. « Les difficultés avaient été commencées dès l'an 1501 [...] sur quoi on fit plusieurs conférences à Fontenoy, en l'an 1564 » écrit dom Calmet[9].

Le 30 juin 1564 se tient à Fontenoy une conférence où l'on garantit à la Bourgogne parmi d'autres le village de Fontenois-la-Ville et à la Lorraine les villages de la Coste de Fontenoy, Trémonzey, Montmoutier et Le Mesnil avec leur bans et territoires. Il y eut de nouveau des accords à Vesoul en décembre 1613 puis un traité à Fontenoy-le-Château en 1614.

Ferdinand de Neufchâtel donne Fontenoy à sa fille Anne, épouse de Guillaume, baron de Dommartin ; leur fils Louis eut une fille Diane.

Article détaillé : Diane de Dommartin.

Diane de Dommartin, marquise d'Havré, baronne de Dompmartin, dame de Fontenoy-le-Château, de Bayon, d'Hardemont et d'Oginvillier (30 septembre 1552-162?), fut une excellente et bienveillante dame pour les habitants de Fontenoy. Elle n'hésita pas à renoncer à ses rentes pour secourir les Fontenaicastriens dans le besoin ni à multiplier les démarches pour préserver Fontenoy des prélèvements abusifs.

Diane de Dompmartin, âgée de treize ans, avait épousé en première noce, le Rhingrave Jean-Phillippe, comte sauvage du Rhin et de Salm.

En seconde noce, elle épousa Charles Philippe de Croÿ, marquis d'Havré. La maison de Croÿ remonte aux rois de Hongrie, de la dynastie des Árpád, que la légende fait remonter à Attila. Sa mère était Anne de Lorraine et son parrain le futur roi d'Espagne Philippe II.

Une seconde campagne de renforcement de la forteresse sera entreprise au XVIe siècle, sous Diane et son second mari Charles Philippe de Croÿ.

Dans l’enceinte haute du château, on peut voir la pierre de fondation de ces travaux, datée de 1596, aux monogrammes des deux époux, retrouvée lors des opérations de nettoyage du site par l’association des Amis du Vieux Fontenoy, en 1978.

Bourgogne, carte d'Abraham Ortelius 1580
Lorraine, carte d'Abraham Ortelius 1588

Les commerçants transporteurs

Cette place frontière jouera de sa position sur un des axes naturels nord-sud de passage et sur son éloignement des pouvoirs ducaux pour développer le commerce et surtout le transport de marchandises. Fontenoy devient un relais remarquablement équipé sous la protection du château et derrière ses remparts.

La ville va ainsi centraliser au XVIe siècle la production du « grand verre », ou verre plat, assurée par les verreries de la vaste forêt de la Vôge, et en organiser la distribution à travers toute l’Europe.

Pierre Thierry est le plus célèbre de ces transporteurs, qui monte une véritable entreprise au sens moderne du terme, avec des agents dans les principaux centres de l’époque. Ses rouliers sillonnent les voies entre Anvers, Bruges, Francfort, Genève, Bâle, Florence, Venise, Lyon[10]... Il est en rapport avec les grands banquiers allemands et italiens. Il sera anobli le 17 janvier 1532 par Antoine de Lorraine.

« Madame, pource que d'icy partent souvent gens pour aller en Anvers, je n'ay voulu faillir de me servir de l'occasion pour advcrtir vostre altese du progrez de mon voyage... » écrit le Cardinal Antoine Perrenot de Granvelle à la Duchesse Marguerite de Parme dans une lettre du 26 mars 1564[11].

Une autre dynastie de commerçants-marchands laissera ici une trace peu ordinaire, la famille Morelot, qui rapporte de ses voyages des plants de cerisiers, à l’origine de la production d' eau de cerise de tout le secteur. Le kirsch est employé en médecine (Médecin des pauvres, 1650) sous le nom d'Esprit de cerise[12]

Les cerisiers de Fontenoy sont les ancêtres de ceux de Fougerolles. Trois Morelot seront anoblis, eux aussi. À Jean sont octroyées en 1585 des armes parlantes portant un « cerisier de sinople fruité de gueules ».

Toute cette activité marchande amène dans la ville les fameux Lombards, très présents en Lorraine et qui vont installer leur banque dans la tour qui portera désormais leur nom pour la postérité. Cette tour, classée monument historique, peut-être élément d’un château inféodé aux seigneurs du lieu, était capable de participer à la défense de la place, avec ses deux salles d’artillerie superposées.

L’autre nom de ce monument est la Tour du Poids. Y étaient en effet conservées les mesures étalons propres à Fontenoy. On trouve encore aux archives départementales plusieurs actes notariés antérieurs à la Révolution française, faisant mention de « mesure de Fontenoy ». Rappelons enfin, pour donner une idée du prestige économique du lieu, qu’ici on a battu monnaie, dans le moulin éponyme situé en aval immédiat du bourg.

En 1589, un édit du duc de Lorraine mit un frein à la réussite commerciale de Fontenoy. Cet édit demandait d'expulser les protestants, or ils représentaient une grande partie des commerçants de la ville et détenaient également de nombreux capitaux. Certains membres de la famille Morelot, qui étaient protestants, s'installent dès 1586 dans la seigneurie d'Héricourt où, avec la protection de Frédéric de Wurtemberg ils installent un haut fourneau[13].

Fontenoy n'était pas remis de ces départs quand, comme dans toute la région, s'abattent les malheurs de la guerre de Trente Ans.

La guerre de Trente Ans

Bernard de Saxe-Weimar

Des garnisons s'installent dans Fontenoy dès août 1635. Puis s'en suit un siège, la ville est incendiée et détruite par les troupes françaises de Turenne et celles, tristement célèbres pour leur cruauté, de Bernard de Saxe-Weimar composées de mercenaires mi-allemands, mi-suédois. En amont de Fontenoy, surplombant le Côney une place dans la forêt a gardé le nom de Camp des Suédois.

L'incendie destructeur n'épargne que le petit faubourg de l'Aître et les maisons les plus à l'est de Fontenoy-la-Côte. Une épidémie de peste s'abat sur la cité et dure jusqu'au printemps de 1636. Cette épidémie cause la mort des deux tiers des habitants. Les malheureux survivants doivent faire face aux incursions et pillages des soldats, des brigands et des déserteurs. Les habitants se réfugient dans les forêts et ceux qui le peuvent quittent Fontenoy.

Le 15 février 1637 les maires et habitants de Fontenoy-le-Château et de Fontenoy-la-Côte envoient une requête pour être exemptés de cens à cause du « malheur des guerres »[14]. La misère doit être grande car elle pousse de nombreuses familles à quitter Fontenoy, le recensement effectué en 1654 dans le bailliage de Vesoul en dénombre une trentaine[15] originaires de Fontenoy-le-Chastel ou de la Coste les Fontenoy. À ces familles fontenaicastriennes il faut ajouter celles venant des terres du comté et notées Tremousey terre de Fontenoy, Maigny-lez-Fontenoy ou Clerjuz en terre de Fontenoy.

Il faudra attendre le milieu du XVIIIe siècle pour qu'une reconstruction de qualité redonne à la cité un air de prospérité.

La surséance

Dés la mort de Charles le Téméraire et ce pendant trois siècles les terres frontières entre Franche-Comté et Lorraine seront l'objet de désaccords qui nécessiteront la tenue de conférences, environ tous les trente ans pour tenter de régler les conflits. Le traité signé à Middlebourg le 3 juin 1501 entre l'archiduc d'Autriche Philippe, petit fils du Téméraire et René II de Lorraine met Fontenoy le chastel en Lorraine et laisse Fontenoy la Côte en surséance. Suivra le 9 août 1527 la conférence de Faucogney d'où ne résulte aucun accord et les deux Fontenoy retournent en surséance. Les traités du Cateau-Cambrésis signés en 1559 qui redéfinissent les frontières des royaumes européens nécessitent la tenue en 1564 d'une nouvelle grande conférence entre Lorrains et Comtois. Cette conférence à lieu à Fontenoy, une fois de plus le résultat n'est pas probant puisqu'il faut en tenir de nouvelles en 1612 à Auxonne 1613 et 1614 à Vesoul.

La guerre de Trente Ans nommée guerre de Dix Ans[16] pour l'épisode comtois bouleverse de nouveau les frontières.

Au début du XVIIIe siècle les conférences au sujet des Terres de surséance reprennent. Ce sont les traités de Besançon de 1703 et 1704 qui attribuent à la Lorraine Fontenoy-le-Château, Le Magny, Fontenois-la-Ville, Trémonzey et Montmotier.

Ce n'est qu'en 1766 lors du rattachement de la Lorraine à la France que cesseront les litiges liés à la surséance. Mais les places comme Fontenoy seront, jusqu'à l'abolition des taxes et des droits régissant le passage des marchandises entre Lorraine et Comté, des passages de choix pour la contrebande.


Plan chateau.jpg

La Révolution

La Révolution française la voit rebaptisée Fontenoy en Vosges. Les archives sont détruites par les révolutionnaires des hameaux et communes dépendantes, qui pensaient ainsi détruire les titres de propriété.

Certaines familles comme les Prinsac, Ecquevilley, Huvé ou Gérard voient leurs biens vendus comme biens nationaux.

Les religieux qui résident au couvent des Capucins sont dispersés et certains meurent sur des bateaux-prisons comme Joseph François Jeanson de l'ordre des Capucins[17].

Grâce à la protection de certaines familles et la complicité de quelques notables dont Siméon-Florentin Daubié (grand-père de Julie-Victoire Daubié, première bachelière de France), le culte catholique et l'administration des sacrements s'exercent à Fontenoy. Chez les Huvé, les Daubié, les Colleuil, les Finiel, des pièces secrètes sont aménagées pour servir de chapelle. La chapelle de Saint-Georges achetée par la famille Poirson comme bien national, protégée des dégradations, est rendue au culte sous l'Empire. À la même époque, les archives de la ville sont de nouveau détruites par les révolutionnaires trop zélés qui voulaient ainsi effacer toute trace de compromission.

Après la Révolution

Tout d'abord rattaché à l'arrondissement de Mirecourt, Fontenoy est rattaché à l'arrondissement d'Épinal par la loi du 11 avril 1821[18].

groupe de brodeuses

Les agriculteurs de Fontenoy devaient leur prospérité à la production de kirsch. La culture du cerisier avait été introduite à Fontenoy par les frères Morlot au XVIe siècle mais la distillation intensive[19] date du XIXe siècle. On rapporte qu'un cerisier de Fontenoy donna une année dix à quatorze mesures de cerises soit 600 kg sur le même arbre[12]. La ferme d'Haubegney comptait en 1865 1 200 pieds de cerisiers qui assuraient l'essentiel des revenus de la propriété[20].

Dans son Guide pittoresque de la France, paru en 1838, Giraud de Saint-Fargeau cite comme production de Fontenoy : les fabriques de couverts, les distilleries d'eau de cerise, la brasserie.

La qualité des couches inférieures des lits de grès bigarrés[21] sur les rives du Côney permet la fabrication de meules à aiguiser. Un fabricant de Fontenoy, Barthélémy Picard, invente une meule, dite crown-stones, de plus de deux mètres de diamètre, grâce à un assemblage de bandages de grès sur une roue de métal[22]. C'est une illustration parfaite des savoirs faire de la vallée du Côney.

En 1863, Fontenoy devait ressembler à la description qu'en faisait monsieur Broillard[23], sous-inspecteur des forêts, il faut remarquer l'importance des plantations de cerisiers dans le paysage :

« À l'autre extrémité de la Vosge, au centre d'un grand cercle ouvert dans les forêts, en un site charmant, dans la gorge même du Côney quelque peu élargie, Fontenoy-le-Château, ville du moyen âge protégée par un château fort, dont la dernière tour domine encore le pays et produit l'effet le plus pittoresque. Au pied de la tour, le village, coquet, bien groupé, et sa verte prairie animée par la rivière. Derrière elle, sur le plateau, tout un horizon de cerisiers que chaque printemps recouvre d'une neige de fleurs. Cette ruine aux flancs entrouverts, a été mise en vente il y a quelques années au prix de 80 francs, pour être démolie ! En aval et un amont, les forêts, autrefois seigneuriales, partagées plus tard entre le seigneur et la communauté de Fontenoy, ferment la vallée jusqu'aux berges mêmes de la rivière. »

Pendant la guerre de 1870 et jusqu'en juin 1871 la ville subit l'occupation d'une importante troupe allemande et est lourdement imposée[24]. La défaite française à la guerre de 1870 et l'annexion de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine rendaient indispensable le désenclavement des Vosges pour le transport fluvial. Fontenoy devient un port fluvial dont profitent les producteurs et les industries.

Les forges, les pointeries, les clouteries, les usines de couverts étamés, les tuileries[25], les carrières, les féculeries[26] et la broderie blanche assurèrent du travail aux habitants de Fontenoy jusqu'à la Première Guerre mondiale. Puis commença le déclin.

Blasonnement

Blason Famille fr Rossillon.svg
  • Armes de la famille de Dommartin.

Fontenoy est donné à Anne de Neufchâtel lors de son mariage avec Guillaume de Dommartin qui prend le titre de seigneur de Fontenoy.

Blason Diane de Dommartin.svg
  • Armes de Diane de Dompmartin, de gueules aux deux deltas d'or entrelacés.
Blason ville fr Rousies (Nord).svg
  • Armes de la famille Croÿ-Havré: écartelé: aux 1 et 4, d'argent, à trois fasces de gueules (de Croÿ) ; aux 2 et 3, d'argent, à trois doloires de gueules, les deux du chef adossées Casque couronné.
Blason Tabelionage Fontenoy-le-Château 88.svg
  • Fontenoy-le-Château a eu pour armes : d'Azur à une étoile d'or à cinq branches. Ces armes sont celles également portées sur le sceau de tabellionnage, un exemplaire est visible aux archives départementales de Haute-Saône.
Blason Fontenoy-le-Chateau 2.svg
  • D'azur à la cotice, du sixième de l'écu, d'argent; au franc, quartier du neuvième de l'écu, à sénestre de gueules, à N d'argent surmonté d'une étoile rayonnante, du même; l'écu sommé d'une corbeille d'argent remplie de gerbes d'or, à laquelle sont suspendus deux festons servant de lambrequins, l'un à dextre, d'olivier, l'autre à senestre, de chênes, noués et rattachés par des bandelettes de gueules.

Le décret du 29 juin 1867 autorise Fontenoy le château à reprendre les armoiries dont elle était anciennement en possession lesquelles seraient revêtues du signe distinctif, et accompagnées des ornements extérieurs adoptés pour les communes et pour les villes de troisième classe.

Monuments, édifices, musée

Manuel des pèlerins, Notre-Dame du bois Banny
  • Église Saint-Mansuy XVe et XVIe (MH). L'église placée sous le vocable de Mansuy de Toul et marque le rattachement de Fontenoy à l'évêché de Toul. L'église possède un orgue Henri Didier de 1891. On peut y admirer les fonts baptismaux offerts pour le baptême de Diane de Dommartin. Ces fonts baptismaux ont été restaurés en 2007.
  • Tour des Lombards XIVe (MH), cette tour a été utilisée comme prison jusqu'au milieu du XXe.
  • Ruines du château féodal, du XIe au XVIIe et le jardin médiéval sur les terrasses du château.
Article détaillé : Château de Fontenoy-le-Château.
  • Chapelles anciennes. Sur la route de Saint-loup, Notre-Dame du Bois Banny, pèlerinage depuis le XVIe siècle. Le cantique à Notre-Dame du Bois Banny compte 26 couplets qui racontent l'histoire de la statue de la Vierge miraculeuse trouvée sur un chêne.
  • Chapelle de Saint-Georges, au cœur de la forêt du même nom, accès par la route du Magny, chapelle ex voto (1395-1415) et vestiges d'un ermitage.
Article détaillé : broderie de Fontenoy-le-Château.
Église Saint-Mansuy
La tour des Lombards
Chapelle du Bois Banny
Fresque en l'honneur de Julie-Victoire Daubié
Statue du poète Nicolas Gilbert devant le musée de la broderie
Hôtel de Ville

Curiosités naturelles

  • Arborétum, route des Barraques.
  • Sources chaudes (24°) permettant le développement de plantes rares et protégées, cueillette interdite.
  • Le grenier de l'école abrite une très importante colonie de grands murins, des chauves-souris, référencée par le Conservatoire des sites lorrains.

Les étangs

Les étangs : La Vôge offre des eaux abondantes et un sol peu perméable, deux conditions idéales pour la création d’étangs. Une première approche des documents d’archives ( cadastres, état de sections, actes notariés) permet d’affirmer que le nombre des étangs, tant grands que petits, a dépassé la soixantaine sur le seul territoire de Fontenoy-le-Château. Actuellement, seuls en subsistent une trentaine, en comptant quelques créations récentes.

Dans une étude sur la toponymie fontenaicastrienne menée en 2006 par l’association des « Amis du Vieux Fontenoy[28] », sont classés et répertoriés les noms des étangs . Sauf les créations récentes, qui souvent ne portent pas de nom, la plupart des étangs ont leur propre identité, qu’on peut rattacher à quatre grandes catégories :

Noms de famille : Sans doute les propriétaires à une période de l’histoire, peut-être les fondateurs ? et l’on plonge directement dans le répertoire des familles anciennes et importantes de Fontenoy : Honnoré, Gérard, Raguel, Piquet, Chardin, Finiels, Ory, Thierry, Rousselot, Maître Jacques, Matelot, pour les principaux.

Fonction : Reflet d’une activité industrielle, on peut y ranger l’étang du Moulin de la Scie et les étangs de la brasserie, qui permettaient chaque hiver la récolte de glace, convoyée par chariots jusque dans les profondes caves qui existent toujours.

Histoire : L’étang Chastelain, sur le ruisseau de la Carotte, au pied du château, participait au système de défense de la place-forte, avec un système de vannage complètement disparu.

Nom en rapport avec le lieu : L’étang des Breuillots (de breuil, petite forêt, buissons), des Arsondieux (arson désigne en vieux français l’action de brûler, ce que l’abbé Olivier avait déjà traduit par : lieu défriché par le feu), l’étang Saint-Georges, voisin de la chapelle éponyme, étangs des Blanches Épines, disparus, mais les épines (blanches) y fleurissent toujours. Et d’une manière générale, tous ceux qui ont pris le nom du lieu-dit voisin : étangs des Calois, de la Côte, de la curtille Voirin, des Cailloux... Une liste de noms d’étangs sur la commune de Fontenoy, glanés au travers de divers documents anciens.

Carpes dans l'étang Chardin.

Rive gauche du Côney : Étangs des Breuillots, Arsondieux, Rousselot, le Fourneau, la Violette, Saint-Georges, maître Jacques, La Goulière, Conois, du moulin de la scie, de la grange Chevalier, de la grange Lhuillier, de la Fontaine, de la scie le Sapin, des Lors, le Bateau, Mergot, Aubry ou Ory, des Molières, Michel, Chastelain, de la Curtille des Faulx.

Rive droite du Côney : Étangs de la Côte, des Calois, la Dame, Chardin, Marc Gérard, Matelot, Jean Gauthier, des Cailloux, du Sappin, Joseph Colotte, de la curtille Voirin, Thierry, Raguel, Piquet, Chardonneret, Grand-père, Léger, de la Coste, Honoré, de la Tenaille, de la scie des Glins, Chatard, Alexandre, de la scie Blancheville, les Neufs étangs (Petit et Grand), Finiel, Potier, la Conaille, du Canton, du Grurupt, la Brenière, de la scie le Sucre, des blanches Épines, des Blinottes, Hassard, de la brasserie.

Aménagements touristiques et sportifs.

Le port de plaisance
Côney (gauche) et Canal des Vosges (droit)
  • Port de plaisance sur le canal des Vosges.
  • Mini croisière de deux heures sur le canal de l'Est.
  • Location de house-boats à la semaine.
  • Étape la plus au sud de la Véloroute voie verte Charles le Téméraire, aménagement de pistes cyclables, axe nord/sud de la Lorraine, en suivant les chemins de halage.
  • Aire d'accueil pour camping-cars, route de Bains.
  • Circuits VTT balisés, une rouge niveau difficile et trois bleus niveau facile.
  • Camping caravaning, route de la vierge.
  • Terrain de motocross.
  • Terrain de football.
  • Terrain de tennis, route de la Vierge.

Manifestations

  • Marché le mardi matin.
  • Randonnée VTT « La Téméraire » le 1er week-end de juillet (100, 75, 35 et 15 km)
  • Pèlerinage marial autour de la ville le 15 août à la nuit tombante, les façades des maisons sont fleuries et éclairées de bougies. Pendant le temps de la procession, les cloches de l'église Saint-Mansuy sonnent l'Ave Maria.
  • Fête patronale le premier dimanche de septembre.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
mars 2008 en cours André Boban
mars 2001 2008 Françoise Mougeot
1983 2001 Bernard Scandella
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Éducation

Le 17 janvier 1583, Fontenoy achète son premier bâtiment d'école. Une classe de filles existait déjà en 1765, la régente en était Marguerite Corset. On trouve aux archives départementales une délibération datée de 1788 de la commune relative aux instituteurs et institutrices[29]. Pour la période 1820-1825 on relève dans les actes civils et religieux que 77% des hommes et 65% des femmes savent signer bien lisiblement.

L'école primaire communale de Fontenoy compte actuellement trois classes. La classe de maternelle réunit les enfants de petite, moyenne et grande section. Une seconde classe compte les enfants de CP et de CE1. La troisième enfin travaille avec les élèves de CE2, CM1 et CM2.

L'Institut médico-pédagogique Jean-Poirot possède trois classes internes à l'établissement.

Démographie

Évolution démographique (Source : INSEE[30])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006
920 979 863 785 729 666 695 694
Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes

Personnages célèbres

Jacques de Huvé
Nicolas Gilbert
Julie-Victoire Daubié, photo atelier Pierre Petit 1851
Adieux à la Garde 20 avril 1814
  • Jacques de Huvé, seigneur de Xertigny et du Clerjus, capitaine châtelain de la ville et du comté. À la tête des sujets de sa capitainerie fit lever le siège de Remiremont en 1638 contre les français commandés par Turenne[31].

"Au banquet de la vie, infortuné convive j'apparus un jour et je meurs. Je meurs et sur ma tombe où lentement j'arrive, nul ne viendra verser des pleurs."

Article détaillé : Nicolas Gilbert.
  • Sébastien Mathieu[32] (1786-1869), chevalier de la Légion d'honneur, grenadier de la Garde en 1809, assiste aux Adieux de Fontainebleau. Il est un des six Vosgiens à avoir suivi l'Empereur à l'île d'Elbe. Il arrive à l'île d'Elbe le 26 mai 1814. Napoléon s'occupa alors à organiser sa garde, il forma un bataillon auquel il donna son nom et le divisa en six compagnies. Sébastien Mathieu fut affecté à la troisième compagnie[33].
  • Jean-François Nappé né en 1797 inventeur de la machine à clou[34].
  • Joseph-Florentin Daubié, frère de Julie-Victoire, né le 23 septembre 1810, prêtre et auteurs d'ouvrages religieux dont le Catéchisme des villes et des campagnes et Instructions et conseils au congréganistes édition Vagner, Nancy, 1848.
  • François Matenet (1925-1979), poète vosgien, membre fondateur de "L'union des écrivains vosgiens"
  • André Henry, né le 15 octobre 1934 à Fontenoy-le-Château, ministre du Temps libre de 1981 à 1983.

Références

  1. Les Noms de lieux, Charles Rostaing, éd. Presses universitaires de France, 1992, pages 83 et 93
  2. Les Formes originales des noms de lieux vosgiens et leurs formes officielles, Nicolas Haillant 1905.
  3. Les Noms de lieux, Charles Rostaing, éd. Presses universitaires de France, 1992
  4. habitants.fr
  5. Saint Mansuy premier évêque de Toul (356-386)
  6. Le culte des Saints évêques dans les diocèses lorrains : une cartographie, A. Couraud, TER université de Nancy-II, 1999
  7. Notice de la Lorraine Dom Calmet [1]
  8. Annales franc-comtoises : Les curés de campagne en Franche-Comté, Abbé Morey, ed. Nicolas François Louis Besson, 1865
  9. Histoire de la Lorraine, dom Calmet 1745
  10. Picot/fran Italian V2 Publié par Ayer Publishing , page 31 [2]
  11. Papiers d'état du cardinal de Granvelle : d'après les manuscrits de la bibliothèque de Besançon, Antoine Perrenot de Granvelle, Charles Weiss, Imprimerie nationale, Paris, 1849.
  12. a  et b Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, Épinal,1850
  13. Éphémérides du comté de Montbéliard, présentant, pour chacun des jours de l'année, un tableau des faits politiques, religieux et littéraires les plus remarquables de l'histoire de ce comté et des seigneuries qui en dépendaient, dès le treizième siècle jusqu'en 1793, Duvernoy, Imprimerie Charles Deis, 1832
  14. Documents rares ou inédits de l'histoire des Vosges Gallica
  15. La Population de la Franche-Comté au lendemain de la guerre de Dix Ans, François Lassus, éd. Presses univ. Franche-Comté, 1995
  16. Guerre de Dix Ans (1634-1644)
  17. Les Martyrs de la foi pendant la Révolution française : ou Martyrologe des pontifes, prêtres, religieux, religieuses, laïcs de l'un et l'autre sexe, qui périrent alors pour la foi, Aimé Guillon de Montléon, éd. G. Mathiot., 1821
  18. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlements et avis du Conseil d'État éditions officielles du Louvre, de l'Imprimerie nationale par Baudouin et du Bulletin des lois
  19. Nouveau manuel complet du distillateur liquoriste, Lebeaud et Julia de Fontenelle, 1868
  20. Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, C. Huguenin, Epinal, 1865
  21. Mémoires pour servir à une description géologique de la France, Armand Dufrénoy, Léonce Élie de Beaumont, André Jean François Marie Brochant de Villiers, éd. F.-G. Levrault, 1830
  22. Bulletin du Brussels (Belgium), musée de l'Industrie, 1858
  23. Revue des eaux et forêts publié par Aristide Frézard et Stanislas Frézard,ed. Berger-Levrault, 1863
  24. Terre lorraine, no 12, Fontenoy-Le-Château, 1978
  25. Un quartier de Fontenoy porte le nom de plateau des Tuileries
  26. La qualité et la pureté de l'eau de Fontenoy permettait lors des nombreux rinçages d'obtenir une fécule très blanche.
  27. ce musée est ouvert tous les jours sauf les mardis du 15 avril au 15 octobre de 14H30 à 18H et pour les groupes sur rendez vous
  28. A.V.F 9 rue de l'Église 88240 Fontenoy-le-Château, amisvf76@gmail.com
  29. Inventaire-sommaire des archives départementales des Vosges, par Léopold Duhamel,1867
  30. Fontenoy-le-Château sur le site de l'Insee
  31. Mémoires d'Henri de Beauvau,1691, éd. de Cologne
  32. Association Les Vosges napoléoniennes
  33. Les Derniers Jours de la Grande Armée ou souvenirs, documents et correspondances inédites de Napoléon en 1814 et 1815, Hippolyte de Mauduit, 1847
  34. Tremonzey et l'histoire du clou

Sources

  • Histoire de la Lorraine, Dom Calmet, 1745
  • Le Département des Vosges : statistique historique et administrative, Henri Lepage, Charles Charton, ed.Peiffer, 1845
  • Histoire de Fontenoy, Abbé Constant Olivier, Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, 1894, p. 1-440, consultable intégralement sur Gallica [3]
  • Notules sur Fontenoy-le-Château, Louis Olivier
  • Archives départementales des Vosges
  • Archives départementales de Haute-Saône
  • Archives départementales du Doubs
  • Archives des Amis du Vieux Fontenoy
  • Archives paroissiales Fontenoy-le-Château/Bains-les-Bains.
  • Fontenoy-le-Château à la Révolution, manuscrit abbé Olivier
  • Diane de Dompmartin, R. Redouté-Renaudeau (manuscrit)
  • Les Terres de surséance, E. Relion, Association Saône Lorraine
  • La Franche-Comté à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance, 1450-1550, Paul Delsalle, Laurence Delobette, éd. Presses Université de Franche-Comté, 2003

Liens externes

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