Français québécois


Français québécois
Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec le français acadien et le français terre-neuvien, d'autres variétés du français parlé au Canada.
Français québécois
Parlée au Drapeau du Canada Canada
Région Principalement au Québec, aussi dans certaines régions du Manitoba, du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario

États-Unis
En Floride, au Maine, au New Hampshire et au Vermont
Nombre de locuteurs 6 817 655[1]
Typologie SVO flexionnelle syllabique
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle du Drapeau du Canada Canada
Drapeau : Québec Québec
Régi par Office québécois de la langue française
Codes de langue
Linguasphere 51-AAA-iib
IETF fr-ca[2]

Le français québécois ou français du Québec est la variété de la langue française parlée par la majorité des francophones du Canada[3], principalement par les Québécois. De façon générale, suivant les reliques de l'histoire ou la question identitaire, il est parfois désigné sous son hyperonyme « français canadien ». Dans tous les cas, il est toutefois à distinguer des sociolectes qui, dans certaines acceptions, sont hyponymes du français canadien, tels que le français acadien et le français terre-neuvien, qui sont linguistiquement distincts et ont des origines différentes, ainsi que le français ontarien et le français du Nouveau-Brunswick, qui ont les mêmes origines mais qui se sont différenciés à la suite de la Révolution tranquille[4].

Le français québécois connaît certaines variétés régionales dont le joual, un parler de niveau argotique. L'emploi de régionalismes est fréquent dans les registres familier ou populaire de la langue. Le français est enseigné dans les écoles québécoises avec des acceptations lexicales normales pour les réalités et les concepts propres à sa culture et son monde de référence nord-américain. L'Office québécois de la langue française travaille au développement de la langue française et appuie certaines particularités qui peuvent diverger parfois avec l'usage européen mais sans écarter ces dernières.

D'autre part, le français en usage au Québec comprend en partie vers l'est des influences qui lui viennent de la population acadienne habitant par exemple les Îles de la Madeleine où le français québécois est aussi en usage[5].

Le français québécois est également utilisé par d'importantes minorités francophones dans des régions des provinces canadiennes de l’Ontario et du Manitoba[6], ainsi que par les petites communautés francophones dans le New Hampshire et le Vermont, aux États-Unis. Selon certains auteurs, le français parlé au Madawaska, une région séparée entre le Nouveau-Brunswick et le Maine, serait du français québécois alors que selon d'autres il serait un mélange de français acadien et de français québécois[7].

Sommaire

Histoire

La base du français québécois est le français populaire de Paris des XVIIe et XVIIIe siècles. Bien que les colons proviennent de différentes régions et parlent plusieurs patois, ils se retrouvent très près les uns des autres et doivent alors se comprendre entre voisins. Avec l'arrivée des filles du Roy, orphelines parisiennes destinées à épouser les colons canadiens et à peupler la Nouvelle-France, le français populaire de Paris s'impose alors comme la koinè du pays[8], de sorte qu'au moment de la conquête britannique de 1763 plus de 80% des colons d'origine française parlent une forme de français localement standardisée ; uniformisation linguistique à laquelle la France n'accédera officiellement qu'en 1910.

On a longtemps cru[9] qu’il était issu des langues d’oïl régionales comme le normand ou le saintongeais ou encore le gallo, mais ce « mirage » était le produit d’erreurs méthodologiques[10]. Si le français québécois tient son origine de la langue parisienne du XVIIIe siècle, l'idée courante selon laquelle son lexique, sa prononciation et sa prosodie seraient restés inaltérés se révèle fausse : le français du Québec, comme celui de France, est une langue dynamique qui a évolué et trouvé ses inflexions propres en interaction avec un milieu sociolinguistique fortement influencé par la langue anglaise.

Enclavé dans un environnement unilingue anglophone (avec une minorité amérindienne), le français québécois a toujours été une langue sous influence théoriquement exposée à une menace d’extinction. Cependant, les pressions et les revendications des francophones, dans les années 1970, ont amené le gouvernement fédéral du Canada à développer des politiques de bilinguisme pour les services de l’État canadien ainsi que pour l’étiquetage et l’emballage des biens et services commerciaux canadiens. Quant au gouvernement du Québec, il s’est donné une Charte de la langue française (couramment appelée « Loi 101 ») dès 1977, qui déclare le français langue officielle du Québec, au travail, dans l’affichage commercial et dans l’éducation des immigrants. Ce fut un réel tournant en ce qui concerne la protection de la langue.

Image sociale et politique linguistique

Norme

Des écoles de pensées se font entendre sur la définition de la norme du français québécois. Alors que les partisans d'une norme intraquébécoise (que certains appellent « endogénistes ») désirent créer une norme centrée en premier lieu sur les référents québécois et sur les usages québécois de bonne tenue, les partisans de la norme européenne (les « exogénistes ») préféreraient que le français du Québec suive en toute matière (lexique, emprunts, prononciation, terminologie, etc.) la manière française européenne. Entre ces positions, l'Office québécois de la langue française cherche à concilier ces deux pôles d'évolution en travaillant à l'aménagement linguistique du français au Québec dans le respect du système linguistique et des exigences de la situation de francisation et d'orientation de l'usage qui incombent à sa mission. L'Office est ainsi associé aux « aménagistes » qui reconnaissent le droit et les avantages à recourir aux particularités du français québécois tout en démontrant l'importance d'être compris par le reste de la francophonie.

En plus de diverses publications, la Banque de dépannage linguistique (BDL) et le Grand Dictionnaire terminologique (GDT) sont les principaux ouvrages électroniques que l'Office québécois de la langue française (OQLF) met à la disposition du public. Suivant les recommandations qui y sont énoncées, ils servent ainsi de guides à la compréhension de la norme gouvernementale sur le français québécois. Il est à noter que l'on observe souvent que le Québec se trouve quelque peu en avance sur la France en matière de développement néologique, en terminologie informatique notamment.

Depuis la création de l'Office québécois de la langue française, au début des années 1960, divers groupes de recherche furent créés afin d'étudier la langue française en usage au Québec.

La Société du parler français au Canada, sous la férule d'Adjutor Rivard, avait lancé au début du XXe siècle les premières études centrées sur la réalité de la langue française au Canada français. Dans les années 1965-1980, une équipe de l'Université Laval, sous la direction de Gaston Dulong appuyé de Gaston Bergeron, entreprit dans tout le Québec des enquêtes linguistiques qui menèrent à la publication de l'Atlas linguistique de l'Est du Canada - Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines (1980). Cet ouvrage descriptif demeure à ce jour, avec plus de 650 mille notations de réponses et ses 10 volumes totalisant 5 mille pages le plus imposant ouvrage voué à la description du français populaire parlé en Amérique. Par ailleurs, l’équipe du Trésor de la langue française au Québec (TLFQ) de l’Université Laval a été constituée dans les années 1970 par les professeurs Marcel Juneau et Claude Poirier dans le but de créer une infrastructure scientifique en linguistique, établir un programme de recherche historique sur le français québécois, contribuer à la création d'un milieu de recherche en lexicographie historique au Québec et publier des études spécialisées sur l'histoire du français au Québec[11].

Le groupe de recherche Franqus (Français québécois : usage standard) de l’Université de Sherbrooke, en collaboration avec le TLFQ et l’Office québécois de la langue française (OQLF), publie le « Dictionnaire de la langue française — Le français vu du Québec ». Après quelques reports, sa version préliminaire devrait être mise en ligne en septembre 2009. Ce dictionnaire aménagiste est, dans sa version originale, le premier du genre de la langue française. Il est conçu, dans sa totalité, par des groupes de recherche de l’extérieur de la ville de Paris (France) et constitue le premier dictionnaire original, entièrement québécois. Plusieurs problématiques furent relatées pour justifier le développement de ce projet dont celle où « les dictionnaires usuels en usage au Québec ne sont pas adaptés au contexte québécois et nord-américain »[12].

Législation

La Charte de la langue française est la principale loi établissant la politique linguistique du Québec ainsi que les droits de tout individu d'utiliser le français au Québec. En son premier article, elle énonce que le français est la langue officielle du Québec. La Loi sur la protection du consommateur est l'une des nombreuses autres lois qui font du français la langue d'usage au Québec.

Compte tenu du contexte socioculturel de l'époque, les législateurs créèrent la Charte des droits et libertés de la personne dont l'objet sur les dispositions linguistiques avait pour but essentiel de protéger le français québécois bien que sa lettre permette de prévenir toute forme de discrimination à l'égard de toute langue. Son esprit permet cependant la discrimination positive, dans des cas particuliers, envers ceux ayant les connaissances requises en français. En 1982, l'article 10.1 fut par ailleurs ajouté à la Charte afin d'interdire toutes formes de harcèlement sur le motif de la langue, telles que les commentaires désobligeants et les plaisanteries continues, notamment à l'égard de différences linguistiques.

Afin d'assurer le rayonnement du français au Québec, l'Assemblée nationale créa les institutions gouvernementales suivantes : l'Office québécois de la langue française (OQLF), la Commission de toponymie du Québec et le Conseil supérieur de la langue française. Cette dernière institution décerne l'Ordre des francophones d'Amérique, une décoration soulignant les efforts des individus qui contribuent « au maintien et à l'épanouissement de la langue de l'Amérique française[13] ».

D'autre part, l'OQLF sert de référence aux autres gouvernements de l'Amérique du Nord ainsi qu'aux entreprises privées dans la traduction et la publication en langue française. Il collabore en plus avec les autres instances gouvernementales, commissions scolaires et organisations dans la mise en œuvre de programmes assurant des services en français en Amérique, tels que la Société nationale de l'Acadie.

D'autres ministères du gouvernement du Québec assurent en outre le rayonnement du français en Amérique du Nord, dont le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes et le ministère des Relations internationales. Dans leur compétences respectives, ceux-ci pourvoient à la promotion du français auprès des organismes québécois et étrangers, notamment grâce à des ententes de réciprocité.

Tutoiement

Les francophones du Québec utilisent le pronom de la deuxième personne « tu » de façon fréquente. Cet usage est souvent décrit comme calque de l'usage anglophone de « you »[réf. nécessaire] étant là le seul pronom adressé à la 2e personne. Cependant, chez les anglophones, c'est « tu » (« thou » le pronom de deuxième personne singulier) qui a disparu de la langue et « vous » (« you » le pronom de deuxième personne pluriel) est devenu la norme. [14],[15],[16],[17],[18],[19],[20],[21],[22],[23], [24],[25],[26],[27],[28],[29],[30], [31],[32],[33],[34],[35],[36]. Le « vous » influencé par le français est aussi existant, et apparait même plus fréquent dans la langue parlée des Québécois que les Acadiens où utiliser « vous » même avec des étrangers est en dehors des normes[37].

De cette façon, les deux formes sont fréquemment utilisées dans la langue courante mais apparaissent rarement dans l'écriture. Par exemple, l'usage du « tu » dans les annonces publicitaires ou dans des relations employé-client peut être une invitation au rapprochement et à l'établissement d'une relation amicale ou humaine superficielle.

En même temps, le « vous » serait employé par égard à l’âge de la personne à qui l'on s’adresse ou bien pour démontrer un plus grand respect. Il est cependant de coutume d'utiliser un vouvoiement « s'il vous plaît » envers les personnes qu'on tutoie[38].

Il existe un mouvement qui essaie de réintroduire le « vous » respectueux, comme l'exigence aux élèves d'appeler les enseignants Monsieur/Madame et de les vouvoyer, ce qui réinstaurerait une certaine distance et un certain respect, perdus par l'usage du tutoiement.

Utilisation des anglicismes

Les anglicismes utilisés dans le langage courant quotidien constituent l’une des causes de la différence du français québécois d'avec les autres sociolectes français. Le Québec tend à intégrer les anglicismes du fait de sa proximité avec le monde anglo-saxon et d'un résultat graduel de quatre siècles de vie aux côtés d’anglophones. Il est donc habituel d'utiliser des anglicismes, lesquels sont, pour la plupart, différents de ceux qui sont utilisés dans le reste de la Francophonie.

Divers types d'anglicismes existent : intégraux, hybrides, sémantiques, syntaxiques, morphologiques et phraséologiques[39].

Alors que les anglicismes intégraux reprennent autant la lettre que le sens d'un mot anglais (ex. : « chum » pour « ami » et « petit-copain »), les anglicismes hybrides leur ajoutent un élément français, tant dans leur prononciation que dans leur formation (ex.: « checker » pour « vérifier » ou « regarder » et « spotter » pour « surveiller »).

Les anglicismes sémantiques sont, pour leur part, des vocables déjà existants en français auxquels leur est donné, dans certaines situations, le sens d'un mot anglais ayant la même racine. Ils sont ainsi utilisés en tant que synonymes concurrentiels d'autres mots français. Par exemple, le verbe « adresser » existe en français dans le sens d'émettre des paroles (ex. : adresser une remarque à quelqu'un), mais qui, probablement sous l'influence du vocable anglais « to address », est parfois utilisé dans le sens de s'occuper de quelque chose (ex. : adresser un problème).

Les anglicismes syntaxiques sont des agencements de mots français où la construction de l'ensemble reproduit la structure anglaise dans l'emploi, soit d'une préposition ou conjonction, ou dans l'ordre des mots (ex.: « siéger sur un comité » calquant « to be on a committee », au lieu de « siéger à un comité », et « un court trois semaines » calquant « a short three weeks », au lieu de « trois courtes semaines »). Parfois, ces anglicismes ajoutent des précisions supplémentaires à la signification des mots en français (ex.: « le deuxième meilleur joueur » calquant « the second best player », au lieu de « le deuxième joueur »).

Les anglicismes morphologiques sont des traductions littérales d'un mot, ou d'une expression anglaise, afin de créer une expression équivalente en français et, en l'occurrence, d'y enrichir la langue. Ils intègrent ainsi l'élément temporel de l'évolution de la société dans la création de néologismes. Le modèle anglais est alors transposé en français avec le sens qui s'applique en anglais. Par exemple, selon la Banque de dépannage linguistique de l'Office québécois de la langue française (OQLF), l'expression « appel longue distance » serait calquée de l'expression anglaise « long distance call », alors que l'expression française correcte est « appel interurbain ». Cependant, certaines expressions traduites de l'anglais peuvent parfois être tout à fait conforme à la langue française quant à la structure et au sens, comme si elles avaient été créées directement du français (ex. : « fin de semaine » pour « weekend », « dépôt direct » pour « direct deposit » et « nord-américain » pour « North American'' »).

Les anglicismes phraséologiques se rapportent à l'image et la poésie de la langue anglaise, dans sa vision particulière du monde et sa façon de découper la réalité. Par exemple, l'expression « filer à l'anglaise » proviendrait de l'expression « to take the French leave » (littéralement, « prendre le départ français »), mais aurait été adaptée aux images propres à la réalité francophone. De même, l'expression « Canadien français » serait traduite de « French Canadian », se conformant ainsi à l'image que les Anglais ont développé, au XIXe siècle, de la définition de ce qu'est un « Canadien ».

Aux anglicismes lexicaux et autres sont souvent recommandés des équivalents par l'OQLF. Ces termes privilégiés sont ainsi utilisés dans le français standard des ministères et organismes publics. Par exemple, une production écrite scolaire intégrant la phrase suivante : « La voiture est stationnée dans le parking », devrait être corrigée par « La voiture est garée dans le stationnement ».

D'autre part, le français « standard » québécois se différencie entre la langue de l'État, réglementée essentiellement selon les recommandations de l'OQLF, et la langue d'usage dans la société, propre aux acceptions et points de vue de chaque individu et groupe[40]. Le débat sur la norme du standard de la langue française au Québec demeure ainsi au centre du français québécois, avec des arguments relatifs aux origines (latines ou de première utilisation), au patrimoine linguistique, aux usages, au caractère et à la volonté implicite, etc. Par conséquent, alors que certains groupes sociaux considèrent certaines expressions comme étant des anglicismes, d'autres groupes les considèrent être parfaitement en règle avec la langue française. Par exemple, certains groupes sociaux francophones du Québec tendent à généraliser l'anglicisation de certains termes français, depuis quelques années, lesquels sont pourtant bien implantés et légitimés depuis les années 1900-1920 afin de remplacer les mêmes termes anglais. Bien que l'Office québécois de la langue française recommande d'autres mots à leur utilisation, il en est ainsi de l'expression anglaise « weekend » (francisée en « week-end ») qui tend à concurrencer le terme « fin de semaine », tout comme le terme « shopping » reste déconseillé au profit de « magasinage »[41].

Blasphèmes

Article détaillé : Sacre québécois.

Les jurons les plus prééminents sont composés des divers vocables relatifs à l'Église catholique. Ils sont communément appelés « sacres » et sont considérés comme blasphématoires et irrévérencieux lorsqu'ils sont utilisés à tort et à travers. Ils ont un caractère historique puisqu'ils proviennent d'une frustration et d'une sorte de rébellion sociale et transparente vis-à-vis de l'Église catholique, il y a de cela plusieurs décennies. Plusieurs autres mots à connotation religieuse sont parfois utilisés, mais ne sont pas considérés comme des blasphèmes ou des mots grossiers, bien qu'il ne soit pas pour autant conseillé de les placer dans une conversation polie et civilisée. En effet, pour certaines personnes, ils ne devraient en aucun cas être utilisés, car de nombreuses personnes les considèrent être un outrage à la religion et donc, sont sensibles à ceux-ci, même dans un contexte de plaisanteries ou d’explications factuelles. Dans certaines municipalités, s’ils sont utilisés à l’égard d’un agent de la paix ou à outrance dans un endroit public, ils peuvent même faire l’objet d’une infraction au maintien de l’ordre et de la paix et être punissables par contravention[42].

Caractéristique propre du français québécois, de mêmes termes blasphématoires sont souvent modifiés et utilisés sous la forme adverbiale, exclamative, nominative, qualificative et verbale, selon l’instant du moment. Ils donnent donc un sens à un contexte spécifique sans pour autant donner ce même sens à une autre situation. De plus, ils sont parfois combinés les uns avec les autres afin d’accentuer soit l’expression des émotions d’un individu ou un passage quelconque dans une phrase. Dans certaines situations, ils peuvent même mener à des situations loufoques, selon la combinaison des mots, du sens ou du moment de leur utilisation.

Généralement, ils sont utilisés dans un contexte de mécontentement, de colère et de frustration, bien qu’ils soient aussi utilisés dans des situations de joie, de surprise, etc. Leur sens et leur force de frappe peuvent être atténués de différentes manières, notamment en se gardant une petite réserve avant de terminer la prononciation d'un mot ou en y ajoutant ou modifiant son suffixe.

Références historiques

Des expressions, toujours d'actualité, se réfèrent à l'histoire remontant jusqu'aux premières seigneuries de la Nouvelle-France il y a 400 ans et, plus particulièrement, à la navigation dans les eaux du Saint-Laurent et de ses affluents. Par exemple, de par le régime seigneurial, il est d'usage de parler d'un immeuble situé sur la rive d'un cours d'eau (lacs, rivières, etc.) comme ayant sa façade pointant vers l'eau, malgré la localisation de la route. Alors qu'il est d'usage de parler des immeubles non riverains comme ayant leur devant pointant vers la route.

De la même manière, la direction des eaux du Saint-Laurent sert de référence globale en orientation, à l'intérieur des limites de son bassin hydrographique. Ainsi, comme le fleuve coule d'ouest en est, il est d'usage de dire qu'une personne « descend » vers une ville lorsque celle-ci se trouve plus à l'est, donc en aval, du point de localisation de cette personne (ex.: de Montréal à Québec). À l'inverse, il est d'usage de dire qu'une personne « monte » vers une ville lorsque celle-ci est située plus à l'ouest, donc en amont (ex.: de Sept-Îles à Québec). Il en fut ainsi du principe nommant le Bas-Canada, en aval du Haut-Canada, alors que sa topographie était plus élevée et sa situation géographique, plus au Nord.

D'autres situations, comme les régions du Saguenay et de l'Abitibi, situés plus en retrait du fleuve, mènent à un repère fondé selon l'endroit du croisement du Saint-Laurent avec ses affluents. Par exemple, par son envergure historique, une personne se trouvant à Chicoutimi montera à Québec puisqu'autrefois elle devait descendre la rivière Saguenay jusqu'au fleuve et de là, monter le fleuve jusqu'à Québec. Une personne se trouvant à Rouyn-Noranda descendra pour sa part à Québec, car elle devait suivre la rivière des Outaouais jusqu'au lac des Deux-Montagnes et de là, descendre le fleuve jusqu'à Québec.

L'orientation selon les points cardinaux est principalement utilisée dans des situations plus locales, ou régionales, où aucune rivière ne peut être utilisée comme point de repère (ex.: une personne à Montréal montera dans la région des Laurentides, située au Nord). Cette orientation se fait en outre lorsqu'un des points de repère est située à l'extérieur du bassin hydrographique du Saint-Laurent. Par exemple, lorsqu'une personne descend dans le Sud, il est sous-entendu qu'elle va dans le sud des États-Unis, dans les Caraïbes ou au Mexique. À l'inverse, lorsqu'elle monte dans le Nord, il est sous-entendu qu'elle va en un endroit situé dans la région du Nord-du-Québec.

D'autres expressions ont les mêmes origines historiques. Certaines sont principalement fondées sur la navigation, tels les vocables « embarquer » (ex.: embarquer en voiture), « débarquer » (ex.: prendre une débarque), « bateau » (ex.: manquer le bateau), etc. Alors que d'autres sont fondées sur la vie en forêt et sur les terres agricoles, tels les vocables « bûche » (ex.: se tirer une bûche, pour inviter quelqu'un à s'asseoir) et « barrer » (ex.: barrer une porte, en référence à la barre mise dans les portes des granges). Alors que des expressions sont basées sur les relations des Québécois avec les Autochtones (ex. : toponymie, telle l'origine du mot « Québec » et de l'expression « Royaume de Saguenay », etc.), d'autres expressions sont pour leur part basées sur la situation géographique et climatique du Québec en plus d'intégrer des images poétiques, comme dans l'expression : « Il tombe des pattes de lapin » (pour indiquer qu'il neige) ou encore : « Il tombe des peaux de lièvres[réf. souhaitée]» (pour indiquer qu'il neige de larges flocons plats et qu'il fait beau).

Caractéristiques structurelles

Phonologie et phonétique

Les caractéristiques phonétiques varient selon les régions. Par exemple, à Montréal ou à Gatineau, on entend plus de mots avec des voyelles longues qu’à Québec (« poteau » se prononce [pɔto] à Québec, [po:to] à Montréal). De même, « arrête » se dit [aʁɛt] à Québec et [aʁɛ:t]/[aʁaɪt] à Montréal. « Baleine » sera [balɛn] à Québec et [balɛ:n]/[balaɪn] à Montréal. La région de Trois-Rivières semble à première vue posséder encore plus de mots à voyelles longues. Par exemple, en plus des mots précédents prononcés comme à Montréal, on y retrouve parfois [vinɛ:gʁ]/[vinaɪgʁ] au lieu de [vinɛgʁ] à Québec et à Montréal.

Voyelles

  • conservation de l’opposition entre voyelles longues et courtes ;
  • la conservation dans la distinction entre le A postérieur [ɑ] et le A antérieur [a] : « patte » et « pâte » ne se prononcent pas de la même façon ;
  • une légère diphtongaison : â rendu [ɑʊ̯], ê rendu [ɛɪ̯] ou [aɪ] ;

Consonnes

  • affrication des occlusives alvéolaires (/t/ et /d/) devant les voyelles antérieures fermées (/i/ et /y/) : « tu » se prononce [Lac-Saint-Jean, Beauce) : « Georges » se prononcera [xorx] (comme Jorge en espagnol, mais sans [é] à la fin) ;
  • le R traditionnellement roulé dans l’ouest du Québec [r] et grasseyé dans l’est [ʀ] (quoique de nos jours, le grasseyé domine partout) ;

Morphologie

Certains affixes se retrouvent plus fréquemment au Québec qu’en France. Par exemple, le suffixe « -eux », un nominalisateur qui apporte souvent un certain sens péjoratif : « téter → téteux » ; « niaiser → niaiseux » ; « obstiner → ostineux » ; « pot → poteux ». Cela provient du dialecte normand[citation nécessaire]. Il en va de même pour l’affixe « age » (action de …) : niaiser → niaisage.

Syntaxe

En règle générale, le français québécois écrit utilise les mêmes normes que le français commun des autres États francophones. L'Office québécois de la langue française (OQLF) travaille de concert avec l’Académie française et les organismes gouvernementaux des autres pays de la Francophonie. L’Office promeut d'abord un usage français dans le respect des particularités du fait français québécois. Le vocabulaire officiel régularisé et proposé par l'Office québécois de la langue française doit être utilisé au Québec dans les documents officiels et scolaires.

On dira par exemple « Les courriels sont une alternative au clavardage » plutôt que « Les emails sont une alternative au chat ». Autres exemples : « banc de neige », « dépanneur », « magasinage », « cégep », « baladodiffusion », etc.

Il y a à l'oral certains usages qui ne sont d'ailleurs pas propres au français populaire du Québec. Par exemple, certains mots ont un genre différent (ex.: « une job », au Québec, et « un job » en France); le « ne » qui marque le négatif est souvent absent (Exemple : « Il ne faut pas faire ça » devient soit «Y faut pas faire ça », ou bien simplement « faut pas faire ça »).

L’OQLF recommande la féminisation des noms de fonction (comme « professeure », « auteure », « mairesse », etc.). La Belgique, la Suisse et finalement la France ont suivi le Québec dans cette voie après des années et l'usage n'est pas encore établi partout, l'Académie française s'étant montrée sans doute la plus conservatrice en cette matière[43].

Verbes

Il y a quelques différences dans la structure verbale. Pour le verbe « s’asseoir », la conjugaison en « oi » est bien plus fréquente au Québec que « ie » ou « ey » (« je m’assois » au lieu de « je m’assieds », « assoyez-vous » au lieu de « asseyez-vous »). D’autre part, le verbe « haïr » est usuellement conjugué en « j’haïs » /ʒai/ (le verbe a deux syllabes) plutôt que « je hais » /ʒəɛ/ (avec une seule syllabe), bien que cela ne soit pas attesté.

Au Québec, il est courant de dire « Fais-toi z'en pas » au lieu de « (ne) t’en fais pas ».

Sauf dans le registre soutenu, le verbe « être » à la première personne du singulier se rend par la contraction chu (qui rappelle le chui — je + suis — utilisé dans le langage parlé du français métropolitain) ; suivi d’un mot commençant par une voyelle, il cause une liaison en t : « Ch’t’un gars patient », « Ch’t’arrivé ». Un t est également souvent inséré après la seconde personne du singulier : « T’é t’un gars patient » ou encore, personnalisé d’un toi (familièrement, toé) à la fin : « T'é t’un gars patient, toé ». Est se prononce é [e:].

Toujours dans le parler familier, aller à la première personne du singulier est souvent vas au lieu de vais. De plus, je vais + verbe (futur) est souvent modifié en m’as (venant de la prononciation populaire de la locution m’en vais-je), comme dans M’as t’tuer. Le futur simple est d’ailleurs souvent absent du parler familier, étant remplacé par le futur proche, c’est-à-dire le verbe aller et l’infinitif (par exemple : « Demain, je vais aller magasiner »).

L'expression « M’a aller maller ma malle » (= « je vais aller poster mon courrier »), dont le sens est le même que le verbe anglais to mail, tous deux venant de l’ancien français « malle(-poste) » (« sacoche portant le courrier »), est une phrase courante au Québec.

Le français québécois permet de remplacer une subordonnée conditionnelle en « si » par une construction à l’infinitif : « Avoir de l’argent, je t’en donnerais » pour « si j’avais de l’argent, je t’en donnerais. »

Les pronoms en québécois familier ainsi que certaines conjugaisons rappellent le picard, notamment l'utilisation du pronom indéfini on pour la première personne du pluriel, qui s'apparente au in picard. En exemple, les verbes être et avoir:

  • Être:
    • Français standard: Je suis, tu es, il est, elle est, nous sommes, vous êtes, ils sont.
    • Picard : Ej'sus, t'es, i'est, al'est, in'est, vos êtes, i sont.
    • Québécois familier: Chu, t'es, yé, al'est ou 'é (prononcée légèrement diphtonguée àé), on est, vous êtes, y sont.
  • Avoir:
    • Français standard: J'ai, tu as, il a, elle a, nous avons, vous avez, ils ont.
    • Picard : J'ai, t'as, i'a, al'a, in'a, vos avez, i z'ont.
    • Québécois familier: J'ai, t'as, ya, al'a, on a, vous avez, y ont.

Autre exemple typique: je saisché. Ché bin c'pas toé! (Je sais bien que ce n'est pas toi!)

Particule « -tu »

La particule « -tu » est souvent utilisée dans le langage familier quand on pose une question directe (dont la réponse ne peut être que oui ou non) à quelqu’un[44]. Le « -tu » tient alors le rôle d’un adverbe d’interrogation ou d’exclamation. Ce « -tu » est dérivé du « -ti », particule interrogative du langage populaire en France[45] tirée du « (-)t » de la 3e personne verbale accolé au pronom « il » comme dans « Y en a-t-il d’autres ? » ou « Faut-il être fou ? », perdant graduellement le « l » comme dans « C’est-y pas possible » et se mettant dans des phrases qui ne nécessitent pas de pronom indirect « il y a ». Par conséquent, cette particule « -tu » (considérée comme particule à part entière et non comme pronom personnel dans ce contexte) transforme en interrogation ou exclamation une phrase qui sans elle serait simplement une affirmation.

  • « C'est loin, ça. » → « C’est-tu Pas assez loin, ça? »
  • « Est-ce que j'ai l'air fatigué. » → « J’ai-tu l’air fatigué? »
  • « Y'en a t'il d'autres. » → « Y’en a-tu d’autes? »
  • « Faut être imbécile pas à peu près. » → « Faut-tu pas être cave pis pas à peu près! »
  • « C'est pas possible, ce qui arrive là. » → « C’est-tu pas possible, ce qui arrive là! »
  • « Tu vas bien ? » → « Tu vas-tu bien? »
  • « Ça va ? » → « Ça va-tu? »
  • « Cela n'a pas d'allure. » → « Ç'a-tu pas d'allure! »

En ce sens, le québécois parlé se rapproche parfois, de façon typologique, des langues qui comblent le paramètre interrogatif par l'insertion d'une particule :

  • « On a gagné. » (indicatif) → « On a-tu gagné? » (interrogatif)
  • « Mamie est morte. » (indicatif) → « Est-tu morte, mamie? » (interrogatif)

ou l'intonation croissante sur la dernière syllabe de la phrase affirmative, sans pour autant anticiper la réponse par l'ajout des adverbes « oui » ou « non » à la fin de la phrase :

  • « C'est fini. » → « C'est-tu fini? » au lieu de « C'est fini, oui? »
  • « Tu ne manges pas. » → « Tu manges-tu pas? » au lieu de « Tu ne manges pas, non? »

L'usage de la particule -tu dans une phrase conjuguée avec le « vous » n'est généralement pas utilisé, mais on peut parfois rencontrer cet usage, habituellement condamné, dans les variétés régionales. Par exemple :

  • « Vous y allez. » (indicatif) → « Vous y allez-tu? »
  • « Vous voulez manger? » → « Vous voulez-tu manger? »

Mais l'usage de la particule -tu dans des phrases où le « vous » n'est pas le pronom qui conjugue le verbe est souvent utilisé en français oral et son utilisation est généralement acceptée. Par exemple :

  • « Est-ce que la poutine est à votre goût? » → « La poutine est-tu à votre goût? »
  • « Ça vous tente vraiment d'y aller. » → « Ça vous tente-tu vraiment d’y aller? »

Envers une personne que l'on ne connaît pas, on utilise plutôt la forme générale afin d'éviter de paraître familier. Exemples :

  • « Est-ce que vous y allez? » ou « Y allez-vous? »[46]

« pis »

Dans la langue parlée, le « pis » (dérivé de « puis ») remplace généralement le « et ».

  • « J'm'en vas à Montréal avec Martin pis Julie. »
  • « On est allé faire un tour pis boire un verre. »
  • « Pis, ça as-tu bien été aujourd'hui à la job? »
  • « Pis, comment ça se passe entre toi pis elle? »

« là »

Comme en français métropolitain, l'utilisation du « là » ponctue très souvent la fin de phrase ou s'ajoute après un mot dans la langue parlée, voire les deux à la fois. De plus, le « là » peut parfois être doublé dans le langage populaire.

  • « J'l'adore cette place-là, moé. »
  • « Moi là, ton char, là, j'l'aurais pas acheté. »
  • « Est bin cute c'te fille-là. »
  • « C'est quoi c't'affaire-là? »
  • « Heille! Là là! Arrête là! »

« frustration »

Article détaillé : Sacre québécois.
  • « Tabarnak de calice ! »
  • « Osti d'calice ! »
  • « Criss de tabarnak ! »
  • « Siboire de tabarnak ! »
  • « Calice de tabarnak ! »

Prépositions

La préposition « à » est souvent utilisée dans des contextes possessifs, comme en français de France : « la voiture à Pierre » au lieu de « la voiture de Pierre ».

Dans de nombreux cas, les locuteurs québécois préfèrent utiliser la préposition à au lieu d’utiliser une expression non prépositionnelle avec ce : par exemple, à matin ou à soir au lieu de ce matin et ce soir. Notez aussi à cette heure, prononcé et parfois écrit asteure ou astheure pour maintenant, qu’on peut trouver dans les écrits de Queneau ou Montaigne.

Cet usage de à est considéré familier et n’est pas utilisé dans le langage écrit.

La combinaison de la préposition sur se contracte lorsqu’elle est suivie d’un article défini : sur + lesul ; sur + lasua ou (le a est allongé); sur + lessés (le é est allongé). La préposition dans est aussi sujette à contraction : dans + lesdins, dans + ledanl, dans + ladan (la voyelle est allongée), parfois dans + undun. Dès que se voit aussi contracté en Dèqu' ou Mèqu' : Ch'teul dis mèqu'j'arrive che-nous.

Pronoms

En parler familier, a est utilisé à la place de elle : A m’énarve !Elle m’énerve !. Y ou i est également utilisé à la place de il, ils, ou elles, comme en français de France courant : Y sont fous. È est parfois utilisé pour Elle est : È folle, ou même un « à » long peut prendre la place de « elle ». Exemples : « elle ne veut pas », devient rapidement « à veut pas ». Dans le même contexte d'utilisation du « è » féminim, on employera le terme « yé » pour définir le masculin (contraction de il est) Yé content!Il est content!. Ces utilisations étaient fréquentes dans le français du XVIIe siècle et ne sont donc pas caractéristiques du français québécois, mais d’un français qui a tout simplement été oublié par les Français de France.

Il est courant de dire chez nous, chez vous et chez eux au lieu de chez moi, chez toi ou chez lui/elle, même si la personne concernée vit seule.

Le pronom « nous » n’est utilisé comme sujet (à l’oral) que dans le registre soutenu. C’est plutôt « on » qui est utilisé. Ainsi, « Nous allons souper » se dit « On va souper ». « Qu’allons-nous faire ce soir? » devient « Qu’est-ce qu’on fait à soir? » ou alors « On fait quoi à soir? ». C’est également le cas en français métropolitain parlé.

À l’oral, il est aussi fréquent d’omettre le sujet lors de l’utilisation du verbe être et qu’il n’y a pas d’ambiguïté. Par exemple, « sont belles » pour « elles sont belles ». C'est aussi le cas en ce qui concerne la suppression facultative du sujet avec certains verbes impersonnels : « (y) faut pas » pour « il ne faut pas »; « (y) manque pas personne » pour « il ne manque personne ».

Interrogation négative

En français québécois est inexistant le « si » réfutant une question formulée à la négative. Ainsi, il s'éloigne typologiquement de la formulation des langues utilisant un adverbe spécial marquant une affirmation en réponse à une négation, tel l'adverbe allemand « doch ». À l'inverse, il se rapproche des langues qui reprennent un même adverbe d'affirmation auquel est ajoutée une marque d'étonnement, comme dans l'expression anglaise « Oh! yes! ».

  • « T'as pas faim? Mais oui, j'ai faim! » au lieu de « Tu n'as pas faim? Si, j'ai faim! »

Lexique du français québécois

Article détaillé : Lexique du français québécois.

Variations sociolinguistiques et régionales

Variations sociolinguistiques

Le français québécois a une variété de registres, allant du français officiel, fortement influencé par le français européen moderne et avec des traits phonétiques effacés, préservant cependant fortement de nombreux traits québécois, jusqu’au joual.

Le français québécois fut autrefois stigmatisé, parmi les Québécois eux-mêmes comme parmi les Français d’Europe et les anglophones, comme étant un dialecte de bas étage, parfois à cause de l’usage des anglicismes, parfois simplement à cause de ses différences d’avec le français européen, perçu comme étant la référence. Jusqu’en 1968, on n’entendait pas de vocabulaire du français québécois dans les pièces de théâtre par exemple, et cette année-là, l’immense succès de la pièce de Michel Tremblay, Les Belles-Sœurs, s’avéra être un tournant.

Aujourd’hui toutefois, les francophones au Québec ont bien plus de liberté de choisir un « registre » en parlant et les personnages d’émissions télévisées ont presque toujours un parler « réel » de tous les jours plutôt qu’un français « officiel ». En Europe, le français québécois est perçu comme étant un langage parfois difficile à comprendre. D’où la présence de sous-titres dans certains films québécois présentés en Europe francophone.

Variations régionales

Des différences régionales notables existent lorsqu’on compare certaines régions du Québec. On remarque surtout ces différences lorsqu'on compare les régions urbaines et les régions rurales; Ces dernières penchent dans certains cas vers l'utilisation d'anglicismes, des archaïsmes ou des termes qui ne sont pas présents dans le vocabulaire des locuteurs des grandes villes. Par exemple, un « coat » pour désigner un « manteau » ou une « charrue » pour désigner une « gratte » (chasse-neige). Toutefois, ces termes sont souvent largement compréhensible à tous et il est difficile de déterminer s'il s'agit d'un cas régional spécifique.

Il existe néanmoins des quelques exceptions locales très particulières, par exemple l'utilisation du terme « ralle » pour définir le tronc d'un arbre à Les Chenaux.

Variétés

Notes et références

  1. Ce nombre provient du nombre de locuteur ayant comme langue maternelle le français au Canada en 2006 selon Statistique Canada. Il comprend donc des locuteurs qui pourraient avoir comme langue maternelle d'autres variations du français comme le français acadien (Statistique Canada, « Population selon la langue maternelle et les groupes d'âge, chiffres de 2006, pour le Canada, les provinces et les territoires - Données-échantillon (20 %) », Statistique Canada, mars 2009. Consulté le 5 mai 2011.).
  2. code générique
  3. François Mouchet, « Québec : Le parlé québécois » sur Azurever. Consulté le 30 mai 2009
  4. L’Association des journaux de langue française de l'Ontario sur Le Centre de recherche en civilisation canadienne-française. Consulté le 23 avril 2009
  5. Anselme Chiasson, Les Îles de la Madelein e: vie matérielle et sociale de l'en premier, Leméac, 1981, p. 248-250, (ISBN 2760952932)
  6. Pierre Martel, Hélène Cajolet-Laganière, « La norme du français québécois » sur UQAC, Université du Québec à Chicoutimi, 1996. Consulté le 30 mai 2009. « Par immigration, ce français s'est répandu à l'ouest du pays, notamment en Ontario et au Manitoba. »
  7. (en) Collectif, Acadian culture in Maine, Boston, Mass. : National Park Service, North Atlantic Regional Office, 1994. Chapitre French Language sur University of Maine at Fort Kent. Consulté le 28 janvier 2009
  8. Henri Wittmannn, Le français de Paris dans le français des Amériques[PDF], Proceedings of the International Congress of Linguists 16.0416 (Paris, 20-25 juillet 1997). Oxford: Pergamon (CD edition)
  9. Adjutor Rivard, Études sur les parlers de France au Canada. Québec: Garneau, 1914.
  10. Yves-Charles Morin Les premiers immigrants et la prononciation du français au Québec, Revue québécoise de linguistique Volume 31, numéro 1, 2002
  11. http://www.tlfq.ulaval.ca/presentation/
  12. http://franqus.usherbrooke.ca/problematique.php
  13. L'Ordre des francophones d'Amérique sur le site du Conseil supérieur de la langue française. Consulté le 24 mai 2009.
  14. http://alt-usage-english.org/pronoun_paradigms.html
  15. http://www.randomhouse.com/wotd/index.pperl?date=20000208
  16. http://www.nytimes.com/2005/11/25/opinion/25iht-edwheat.html?_r=1
  17. http://german.about.com/od/grammar/a/Siedu.htm
  18. http://www.englishclub.com/grammar/pronouns-personal.htm
  19. http://www.st-mike.org/docs/thy_rules.pdf
  20. http://www.thefreedictionary.com/thou
  21. http://dictionary.reference.com/browse/thine
  22. http://www.straightdope.com/columns/read/1393/what-do-thou-thee-and-thine-mean-and-why-dont-we-use-them-anymore
  23. http://www.dictionary.net/thy
  24. Titre:The History of English, Par:Scott Shay, Wardja Press, 2008, ISBN 0-615-16817-5, 9780615168173, Pages 100,153,172
  25. Titre:The Cambridge history of English literature Volume 14, Par:Sir Adolphus William Ward, Alfred Rayney Waller, G. P. Putnam's sons, 1917, Page 493-494
  26. Titre:Aspects of the history of English, Par:John Cameron McLaughlin - Holt, Rinehart and Winston, 1970 - Page 239
  27. Titre:A social history of English, Par:Dick Leith - Routledge & K. Paul, 1983, ISBN:0710092601, 9780710092601, Pages 108 à 110
  28. Titre:A history of English, Par:Barbara M. H. Strang - Methuen, 1970, Pages:139 à 141
  29. Titre:The origin and history of the English language, and of the early literature and of the literature it embodies, Par:George Perkins Marsh - Charles Scribner & Co. 1866, Page:258
  30. Titre:English and its history: the evolution of a language, Par:Robert David Stevick - Allyn and Bacon, 1968, Pages:140 à 141
  31. Titre:A history of modern colloquial English, Par: Henry Cecil Kennedy Wyld - E.P. Dutton and company, 1920, Pages:139,330
  32. Titre:A dictionary of the English language: in which the words are deduced from their originals, and illustrated in their different significations, by examples from the best writers, to which are prefixed a history of the language, and an English grammar, Volume 1, Par:A dictionary of the English language: in which the words are deduced from their originals, and illustrated in their different significations, by examples from the best writers, to which are prefixed a history of the language, and an English grammar, Volume 1 - Longman, Hurst, Rees, and Orme, 1805, Page:lxxiii
  33. Titre:The personal pronouns in the Germanic languages: a study of personal pronoun morphology and change in the Germanic languages from the first records to the present day, Par:Stephen Howe - Walter de Gruyter, 1996, ISBN:3110146363, 9783110146363, Pages:166,170,172
  34. Titre:Aspects of the history of English , Par:Manfred Görlach - Universitätsverlag C. Winter, 1999,ISBN:382530793X, 9783825307936, Page:119
  35. Titre:Corpus approaches to grammaticalization in English, Par: Hans Lindquist, Christian Mair - John Benjamins Publishing Company, 2004, ISBN:1588115232, 9781588115232
  36. Titre:Meaning in English: an introduction to language study, Par:Lesley Jeffries - Palgrave Macmillan, 1998, ISBN:0312213808, 9780312213800, Page:73
  37. Social lives in language--sociolinguistics and multilingual speech Par:Gillian Sankoff, Miriam Meyerhoff, Naomi Nagy De:John Benjamins Publishing Company ISBN: 9027218633, 9789027218636 Pages 29 à 31
  38. Bien que cette réalité linguistique est ressentie comme « dérangeante » par un certain nombre de Québécois, le recul du vouvoiement dans le français québécois est bien documenté dans la recherche scientifique: Lambert, Wallace E. (1967), « The use of tu and vous as forms of address in French Canada. A pilot study. » Journal of Verbal Learning and Verbal Behavior 6.614–617; Lambert, Wallace E. & George R. Tucker (1976), Tu, vous, usted: A sociopsychological study of address patterns. Rowley : Newbury House; Deshaies, Denise (1991). « Contribution à l'analyse du français québécois : étude des pronoms personnels. » Revue québécoise de linguistique théorique et appliquée 10:3.11-40; Vincent, Diane (2001). « Remarques sur le tutoiement et le vouvoiement en français parlé au Québec », Actes du colloque La journée du Québec, Institut d'études romanes, Université de Copenhague, 11-22; Peeters, Bert (2009). « Tu ou vous? » In: B. Peeters & N. Ramière (eds), Tu ou vous : L'embarras du choix. Limoges: Lambert-Lucas.
  39. Les anglicismes selon la Banque de dépannage linguistique
  40. Principes de la common law réglementant le droit public québécois en vertu de la constitution
  41. Entrée « Shopping » sur Grand dictionnaire terminologique, OQLF
  42. Exemples : L'article 10 du règlement numéro 74 de la ville de Saint-Hyacinthe ainsi que l'article 18 du règlement numéro 81-2007 de la municipalité du Lac-Etchemin. Le paragraphe 6.1 du règlement 2004-29 de l'arrondissement Plateau Mont-Royal de la ville de Montréal.
  43. Féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres — Académie française. Consulté le 14 août 2008.
  44. Picard, Marc (1991). Clitics, affixes, and the evolution of the question marker -tu in Canadian French. Journal of French language studies 1.179-187; (1992). Aspects synchroniques et diachroniques du tu interrogatif en québécois. Revue québécoise de linguistique 21:2.65-75.
  45. La particule postverbale « -ti » a été notée pour la première fois dans Gaston Paris (1887). « Ti, signe d'interrogation. » Romania 6.438-442. Au 19e siècle, cette particule était encore le moyen le plus répandu pour indiquer l'interrogation dans les dialectes de la langue d'oïl. Par contre, dans les variétés du français populaire dérivées de la koinè de Paris autres que celles parlées en Amérique du Nord, elle a été évincée au profit de la particule esk en position de complémenteur : « On a gagné » (indicatif) → « Esk on a gagné? » (interrogatif). Wittmann, Henri (199«Grammaire comparée des variétés coloniales du français populaire de Paris du 17e siècle et origines du français québécois.» Le français des Amériques, dir. Robert Fournier & Henri Wittmann, 281-334. Trois-Rivières: Presses universitaires de Trois-Rivières.[1]
  46. http://www.tlfq.ulaval.ca/fichier/resultats.asp?mode=citations&page=1&init=true&affiche_entree=True&no_entree=120478&tri=entree&liste=true

Voir aussi

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