Gary Becker


Gary Becker
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Gary Becker
Image illustrative de l'article Gary Becker
Becker à Chicago en 2008
Naissance 2 décembre 1930
Pottsville, Pennsylvanie (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Champs Économie
Institution Université de Chicago, Université Columbia, National Bureau of Economic Research
Diplômé de Université de Chicago, Université Columbia
Renommé pour Capital humain, Analyse microéconomique à de nombreux comportements humains: criminalité, relations familiales...
Distinctions Médaille John Bates Clark (1967)
« Prix Nobel » d'économie (1992)
Presidential Medal of Freedom (2007)

Gary Stanley Becker est un économiste américain (né le 2 décembre 1930 à Pottsville, en Pennsylvanie) connu pour ses travaux visant à élargir le champ de l'analyse microéconomique à de nombreux comportements humains. Il a obtenu en 1992 le « prix Nobel » d'économie et en 2000 la "National Medal of Science", haute distinction américaine. Il est actuellement professeur à l'Université de Chicago, dans le département de Sociologie et d'Économie.

Il a notamment été parmi les premiers à modéliser la notion de capital humain. Ses travaux sur l'analyse économique de la criminalité, ont été à la base du développement de l'analyse économique du droit en influençant à la fois juristes et économistes. Ses travaux ont débouché sur une plus grande modélisation des comportements criminels dans un optique de rationalité. Longtemps controversées, ces recherches sont aujourd'hui au fondement de la microéconomie

Sommaire

Biographie

Gary Becker a obtenu son Bachelor of Arts à l'Université de Princeton 1951 son doctorat à l'Université de Chicago en 1955 sous la direction de H. Gregg Lewis. Sa thèse, intitulée The Economics of Racial Discrimination, qui sera par la suite publiée en 1957 sous le titre The Economics of Discrimination explore des domaines jusque-là peu étudiés à l'aide des outils microéconomiques[1].

Il est professeur à Columbia de 1957 à 1968, puis à Chicago.

Gary Becker est généralement considéré comme un conservateur en politique[réf. nécessaire]. Parallèlement à son travail universitaire, il a tenu entre 1985 et 2004, en alternance avec le libéral Alan Blinder, un éditorial pour le journal BusinessWeek.

Travaux

La démarche de Gary Becker relève de ce que l'on a appelé l'impérialisme économique (c'est une appellation qu'il revendique explicitement), c'est-à-dire qu'il fait partie de ces économistes qui veulent appliquer l'analyse économique à beaucoup d'aspects de la vie sociale, et pas seulement ceux qui relèvent conventionnellement de l'économie. Il a cherché à étendre le modèle d'homme rationnel élaboré par les économistes pour expliquer divers aspects du comportement humain[2]. Il s'est ainsi vu attribuer le « prix Nobel » d'économie pour avoir « étendu le domaine de l'analyse microéconomique à un vaste éventail de comportements et d'interactions humaines, y compris à des comportements qui ne relèvent pas du marché »[3].

Il s'est efforcé de rendre compte de ce modèle dans quatre grands domaines :

  • L'investissement en capital humain
  • La répartition des tâches et allocation du temps au sein de la famille
  • La criminalité
  • Discrimination sur le marché des biens et services

Travaux sur la Discrimination

En 1957, avec son livre The Economics of Discrimination, Becker introduit dans sa réflexion une variable de préférence pour la discrimination afin d'expliquer les gouvernements. Son hypothèse est que les individus augmentent souvent le coût de leurs transactions lorsqu'elles ont lieu avec une minorité qu'eux-mêmes discriminent. Sa théorie soutient que la concurrence réduit la discrimination observée sur le marché, car les entrepreneurs ayant une préférence forte pour la discrimination subiront les coûts les plus importants et seront éliminés du marché par les entreprises moins coûteuses (discriminant moins).

Les recherches de Becker ont montré que lorsque les minorités représentent un très faible pourcentage de la population une grande partie des coûts discriminatoires retombe sur cette minorité. Cependant, lorsque les minorités représentent un pourcentage plus large de la population alors ces coûts discriminatoires retombent à la fois sur la majorité et la minorité. Il a aussi été pionnier dans les recherches sur les prophéties autoréalisatrices touchant la relation salariale entre minorité et majorité. Ce type de relation menant alors à un sous-investissement dans les capacités de production et d'éducation des minorités.

Travaux sur l'économie du crime

L'intérêt de Becker pour l'économie du crime est ancien. L'anecdote voudrait qu'en retard pour faire passer un examen, il voulut arbitrer entre payer une place de parking et perdre du temps ou se garer illégalement et risquer de payer une amende. Après un rapide calcul entre la probabilité d'être arrêté et de payer une amende et le coût de se garer "proprement", Becker décida rationnellement de choisir le "crime". L'hypothèse de Becker est ici que les criminels font ces mêmes calculs rationnels. Cependant, une telle théorie allait contre les idées traditionnelles et admises à l'époque selon lesquelles le crime était le résultat d'un certain état de maladie mentale et de pression sociale. L'article fondateur de cette approche reste son papier de 1968, "Crime and Punishment: An Economic Approach" (JPE,n°76)

Concédant que beaucoup d'individus agissent avec de fortes contraintes morales et éthiques, Becker note que les criminels agissent eux rationnellement dans les situations où les bénéfices de leurs crimes surpassent la probabilité d'arrestation, de condamnation et de peine de prison ou d'amende. Du point de vue de la politique publique, puisque le coût de l'augmentation d'une amende est marginal par rapport à celui de l'augmentation de la surveillance, on peut conclure que la meilleure politique (pour l'efficience) est de maximiser les amendes et de réduire la surveillance. Néanmoins, cette approche a ses limites (reconnues par Becker lui-même). La suite des recherches sur ce thème, menées par les élèves de Becker comme Isaac Ehrlich, ont cherché à raffiner le modèle et à calculer l'impact des mesures préventives et des amendes sur la prévention des crimes.

Théorie du capital humain

Becker développa la théorie du capital humain peu après son arrivée à Columbia à la fin des années 1950, en collaboration avec l'économiste Jacob Mincer. La théorie de Becker[4], issue de son livre de 1964 Human Capital: A Theoretical and Empirical Analysis, a servi de base pour développer l'idée d'une possible augmentation du capital humain au cours du temps. Longtemps controversées, ces recherches sont aujourd'hui au fondement de la microéconomie, même de la démo-économie. Le choix d'investissement dans le capital humain (par les parents pour un enfant ou par l'individu lui-même) au regard des avantages et inconvénients de cet investissement est aujourd'hui une idée bien admise en économie.

Ses recherches ont traité des sujets comme l'impact de bonnes et mauvaises habitudes, la ponctualité, l'alcoolisme et l'usage des drogues, sur le capital humain. Il a étudié la différence des "retours sur investissement" pour différentes classes de la population et l'implication de cette variable pour les politiques macroéconomiques. Son travail a aussi porté sur la distinction entre investissement général et spécifique en matière d'éducation et le rôle de cet investissement sur le marché du travail.

Allocation du temps

Après la sortie de son traité: Human Capital: a Theoretical and Empirical Analysis en 1964, Becker approfondit sa théorie du capital humain en y introduisant le temps comme ressource à allouer. Il publie en 1965 dans The Economic Journal son article « A Theory of the Allocation of Time ». Pour certains auteurs, ces deux publications marquent une rupture avec l'approche traditionnelle de l'économie du consommateur[5]. Le consommateur devient alors producteur : il produit lui-même les biens non marchands qui lui procurent de la satisfaction, en combinant des biens marchands et du temps (par exemple, un repas est un bien non marchand issu de la combinaison de temps et d'ingrédients).

Économie de la famille

Les idées de Becker sur ce sujet sont rassemblées dans son livre A Treatise on the Family (dernière édition en 1991). Ses recherches sur le capital humain ont mené Becker à s'intéresser au rôle de la famille dans la formation de ce capital. Ainsi, le marché du mariage, le divorce, le taux de fécondité sont devenus des variables que l'on peut expliquer grâce à ce modèle. Pour lui, les décisions touchant ces comportements peuvent être expliquées dans le cadre conceptuel des coûts et gains marginaux. Par exemple, un de ces résultats est que les couples riches ont des coûts de divorce plus élevés et donc un taux de divorce plus faible.

Un des centres d'intérêt de Becker est l'impact de salaires réels élevés sur la "valeur du temps" et donc sur les coûts de la production domestique, comme l'éducation des enfants. Comme les femmes ont augmenté leur investissement en capital humain et entrent davantage sur le marché du travail, le coût d'opportunité de l'éducation d'un enfant augmente. De plus, l'augmentation de la profitabilité de l'éducation (en tant qu'investissement) élève le désir de fournir à ses enfants une éducation coûteuse. La conséquence de ses deux phénomènes est un taux de fertilité plus bas.

Becker introduisit également le théorème de l'enfant gâté. Il montre que si le chef de famille est altruiste à l'égard des autres membres de la famille, alors il est rationnel pour les autres membres de la famille, supposés égoistes, de se comporter comme s'ils étaient eux-mêmes altruistes, et agissaient de telle sorte à maximiser le revenu global de la famille (et non le leur directement).

Un problème plus controversé encore est la conclusion de Becker selon laquelle les parents agissent souvent de façon altruiste à l'égard d'enfants égoïstes en investissant grandement dans leurs enfants afin de se prémunir au moment de la vieillesse. Becker voit en effet que le taux de rendement de l'investissement dans ses enfants est plus élevé que ceux des placements retraites habituels. Cependant, les parents ne peuvent pas être sûrs que l'enfant en question prendra soin d'eux plus tard. Puisqu'ils ne peuvent pas forcer juridiquement l'enfant à prendre soin d'eux plus tard, ils utilisent souvent le levier de la manipulation en instillant le sens de la "faute" à leurs enfants, de l'obligation et de l'amour filial. Cela agit certes indirectement mais très efficacement pour forcer les enfants à aider leurs parents au moment de la retraite. Becker, en poursuivant son raisonnement, a vu dans la sécurité sociale un ennemi possible de la famille, en ce qu'elle peut distendre ces liens par la suppression des incitations faites aux parents d'agir de façon altruiste avec leurs enfants.

Bibliographie sélective

  • Gary S. Becker (1957, 1971, 2nd ed.). The Economics of Discrimination. Chicago, University of Chicago Press. ISBN 0-226-04115-8. UCP descr
  • Gary S. Becker (1964, 1993, 3rd ed.). Human Capital: A Theoretical and Empirical Analysis, with Special Reference to Education.. Chicago, University of Chicago Press. ISBN 978-0-226-04120-9. (UCP descr)
  • Gary S. Becker (1965) “A Theory of the Allocation of Time,” Economic ]ournal 75 (299), pp. 493-517.
  • Gary Becker (1968). "Crime and Punishment: An Economic Approach". The Journal of Political Economy 76: 169-217.
  • Gary S. Becker (1981, 1991, Enlarged ed.). A Treatise on the Family. Cambridge, MA, Harvard University Press. ISBN 0-674-90698-5. (HUP descr.)
  • Gary S. Becker (1992). "The Economic Way of Looking at Life" (Nobel Prize Lecture).
  • Becker, Gary S. (1996). Accounting for Tastes. Part I: Personal Capital; Part II: Social Capital. Cambridge, MA: Harvard University Press. ISBN 0-674-54357-2. (HUP descr)
  • Gary Becker and H. Gregg Lewis (1973). "On the Interaction between the Quantity and Quality of Children". The Journal of Political Economy 81: S279-S288.
  • Gary S. Becker and Gilbert Ghez (1975). The Allocation of Time and Goods Over the Life Cycle. New York, Columbia University Press. ISBN 0-87014-514-2.
  • Gary Becker and George J. Stigler (1977). "De Gustibus Non Est Disputandum". The American Economic Review 67: 76-90.
  • Gary Becker and Kevin M. Murphy (1988). "A Theory of Rational Addiction". The Journal of Political Economy 96: 675-700.

Références

http://www.unmondelibre.org/Bibliotheque?q=node/271

Liens externes


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Gary Becker de Wikipédia en français (auteurs)

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