Gendarmerie royale canadienne

Gendarmerie royale canadienne

Gendarmerie royale du Canada

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Agents de la GRC en uniforme traditionnel rouge

La gendarmerie royale du Canada (GRC) (Royal Canadian Mounted Police, abrégé en RCMP en anglais) est à la fois la police fédérale du Canada et la police provinciale de la plupart des provinces. Les francophones la désignent souvent par l'appellation générique de « police montée » et les anglophones par « mounties » ou « red coats ».

La GRC est le seul corps policier au monde à posséder des mandats d'application de la loi au niveau international, national, provincial et municipal, et cela sans être le seul corps policier du pays[1]. En Ontario et au Québec, elle est dite non-contractuelle et a le mandat d'appliquer uniquement les lois fédérales, car ces deux provinces disposent de leur propre corps de police provincial. Ailleurs, elle opère sous contrat pour faire respecter les lois provinciales en plus du mandat national.

La GRC fut rendue populaire auprès du grand public grâce à son action durant la ruée vers l'or du Klondike au tournant du XXe siècle, au cinéma d'Hollywood (avec des films tel que Outpost of the Mounties (1939), Fighting Shadows (1935) et Clancy of the Mounted (1933)), et grâce à diverses émissions télé, dont notamment Un tandem de choc / Direction: Sud mettant en vedette Paul Gross.

Sommaire

Description

Au 1er janvier 2007, la GRC emploie environ 24 578 personnes et son quartier général est situé à Ottawa. Dans son rôle non-contractuel, elle possède plusieurs mandats fédéraux, dont Interpol au Canada, les sections anti-terroristes diverses, la protection du premier ministre du Canada, la protection des ministres et dignitaires canadiens et étrangers en visite, les sections d'enquêtes et de renseignements sur le crime organisé, la protection des ambassades canadiennes à l'étranger, la prévention de crimes auprès de la jeunesse canadienne, les services de police sur les réserves autochtones (amérindiennes), etc. Certains de ces mandats sont aussi appliqués dans les huit provinces contractuelles et les trois territoires.

Dans son mandat contractuel, dans les trois territoires (Territoires du Nord-Ouest, Yukon et Nunavut) et dans huit provinces (Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve, Manitoba, Saskatchewan, Alberta et Colombie-Britannique), elle maintient des postes locaux de gendarmerie dont les constables traitent aussi bien du code de la route que des enquêtes criminelles. On retrouve des centres spécialisés dans la police scientifique, de lutte aux narcotiques, etc. La GRC entretient à ce niveau des liens étroits avec les services de polices municipaux.

Une équipe spéciale, nommée le Carrousel de la GRC, parcourt le Canada et offre un spectacle équestre, rappelant les premiers moments de son histoire. Le Carrousel de la GRC donne d'admirables représentations dans plusieurs pays, dont les États-Unis et la France.

L'organisation territoriale de la GRC est la Division, le mot venant de son passé quasi-militaire. Chaque division couvre à peu de choses près les frontières de chaque province ou territoire canadiens. Chacune des 15 divisions de la Gendarmerie est dirigée par un commandant, en général un Commissaire adjoint, et désignée par une lettre de l’alphabet (par exemple la Division C est celle du Québec). L'Ontario comporte cependant deux divisions : celle pour la capitale nationale (Ottawa) et une autre pour le reste de la province[2]. La quinzième Division est celle nommé Dépôt et chapeaute l'école de formation de Régina (Saskatchewan) et le centre de dressage des chiens policiers de Bowden (Alberta)[3]. Ces divisions sont regroupées en quatre régions : Pacifique, Nord-Ouest, Centre et Atlantique. La GRC est sous la direction d'un Commissaire et de huit sous-commissaires, chacun de ces derniers s'occupant d'une des sections suivantes[2] :

  • Région de l’Atlantique (à Halifax (Nouvelle-Écosse))
  • Région du Centre (à Ottawa)
  • Région du Nord-Ouest (à Régina)
  • Région du Pacifique (à Vancouver)
  • Opérations
  • Service nationaux de police
  • Gestion générale et au Contrôle
  • Orientation stratégique.

Grades

Grade Nombre dans la GRC
au 1er janvier 2007[2]
Commissaire 1
Sous-commissaire 8
Commissaire adjoint 25
Surintendant principal 58
Surintendant 159
Inspecteur 373
Sergent-major du corps 0
Sergent-major 7
Sergent-major d'état major 9
Sergent d'état-major 788
Sergent 1,716
Caporal 3,100
Gendarme 10,666

Les grades inférieurs des policiers de la GRC ont pour origine ceux de l'Armée canadienne du XIXe siècle qui était presque identiques à ceux de l'Armée britannique actuelle. Les grades supérieurs sont plutôt inspirés de l'administration civile et ont augmenté en nombre ou en importance avec le temps à mesure que la force policière augmentait ses effectifs. Par exemple, le grade d'Inspecteur était initialement celui d'un officier subalterne mais il est devenu celui d'un officier supérieur.

Les Inspecteurs et autres officiers supérieurs sont nommés par le Gouverneur général en conseil (conseil des ministres canadien). Les sous-officiers et les gendarmes forment la majorité du personnel dans les postes régionaux et leur promotion se fait par concours. Les grades sont portés sur la manche de l'uniforme d'apparat mais en épaulette sur celle du veston de travail ou sur la chemise. Les gendarmes spéciaux, auxiliaires ou étudiants portent des insignes distinctifs de ceux des policiers réguliers.

En plus des policiers réguliers, on compte :

  • 63 gendarmes spéciaux ;
  • 2 400 gendarmes auxiliaires ;
  • 2 978 membres civils ;
  • 4 626 fonctionnaires.

Membres civils

Les membres civils n'ont pas les pouvoirs d'officiers de la paix et sont engagés pour leur expertise. On les retrouve dans :

Police scientifique :

Techniques :

Administration :

Historique

Le 23 mai 1873, la North West Mounted Police (Police montée du Nord-Ouest) est fondée par sir John A. Macdonald, père de la Confédération canadienne et premier ministre du Canada. Le nom retenu était plus descriptif de son rôle que le nom de North West Mounted Rifles (Fusiliers montés du Nord-Ouest) suggéré originalement et moins susceptible d'attirer l'antagonisme des amérindiens et du gouvernement américain. La NWMP devait appliquer la loi dans les Territoires du Nord-Ouest (comprenant alors l'Alberta, la Saskatchewan, une bonne partie du Manitoba et le Nunavut), d'établir des relations amicales avec les Premières Nations (Amérindiens) et d'ouvrir les terres à la colonisation.

Sa création et déploiement était rendus nécessaires par les marchands de whisky américains qui empiétaient sur le territoire canadien, causant des problèmes et menant à un massacre dans la région de Cypress Hills. Sur une suggestion d'un de ses ministres, Macdonald ordonna que la force soit vêtue de rouge, très britannique, pour bien les différencier du bleu des troupes américaines. La NWMP fut organisée comme une unité de cavalerie britannique en régiments et maintient encore certaines de ces traditions aujourd'hui.

Après la Première Guerre mondiale, un changement de vocation s'imposait pour le NWMP car l'Ouest canadien était devenu une zone de fermes plutôt que des territoires amérindiens. Elle fusionna avec la Dominion Police le 1er février 1920 pour devenir la Gendarmerie royale du Canada. Son nouveau rôle est depuis de voir au respect des lois fédérales canadiennes à travers le pays: contrebande, drogue, anti-terrorismes, etc., similairement au FBI américain. Sauf au Québec et en Ontario, elles est également louées comme force de police pour faire respecter la loi dans les zones non urbaines.

Marche vers l'Ouest

Lancier de la NWMP, 1875.

Commandée par le colonel George Arthur French, la première troupe de la NWMP partie de Fort Dufferin, au Manitoba, le 8 juillet 1874 en direction de ce qui est aujourd'hui l'Alberta. Elle comprenait 22 officiers, 253 et hommes (divisés en constables et sous-constables), 142 bœufs de trait, 93 têtes de bétail, 310 chevaux, 114 carrioles de Rivière Rouge, 73 chariots, 2 gros fusils de 9 livres, 2 mortiers, des moissonneuses, des forges et des cuisines mobiles[4]. Le périple fut consigné dans le journal d'Henri Julien, un artiste envoyé par le Canadian Illustrated News pour immortaliser l'événement[5].

La marche vers l'Ouest de ce contingent était très importante pour l'établissement du pouvoir central sur ces territoires éloignés près de la frontière américaine (le 49ème parallèle). Si elle n'avait pas été un succès, les visions de colonisation auraient été retardées de plusieurs années. De plus, elle ouvrit le sud des Prairies au passage du train transcontinental en construction par le Canadien Pacifique qui aurait autrement passé plus au nord par les régions déjà connues le long de la rivière Saskatchewan Nord, passant par Prince Albert (Saskatchewan), Battleford (Saskatchewan) et Edmonton. Sa réussite permit le passage du train plus près de la frontière, donnant une raison économique à la création des villes comme Brandon (Manitoba), Régina (Saskatchewan), Moose Jaw, Swift Current, Medicine Hat et Calgary ainsi repoussant l'expansionnisme américain.

La première activité de la troupe, une fois rendue, fut de policer la vente de whisky et de maintenir les ententes avec les tribus amérindiennes. On établi différents postes et l'officier en charge de chaque poste fut nommé officier de justice lui donnant les pouvoirs de tenir court de justice par rapport aux infractions commises dans son territoire. Cette structure amena une stabilité et un sens de justice inconnue dans les territoires américains plus au sud. De plus, l'accent porté à faire respecter les droits des autochtones attira le respect de ces derniers et lors des campagnes de l'armée américaines contre les Sioux en 1876, Sitting Bull ses hommes se réfugièrent donc dans le sud de la Saskatchewan. James Morrow Walsh, qui était en charge de la région de Wood Mountain pour la NWMP, entra en accord avec Sitting Bull afin de les aider et les deux devinrent de bons amis.

La première base permanente, la Division Dépôt, fut établie sur les lieux du premier campement en 1874, soit à l'emplacement de la ville actuelle de Regina. La base fut officiellement fondée en 1885. La Division Dépôt sert aujourd'hui de camp d'entraînement, de base et de site de perfectionnement pour tous les membres de la GRC. Il s'agit du seul centre de formation pour l'entraînement de base pour la GRC.

Dans les années 1880, la NWMP se voit confier le mandat d'aider l'armée canadienne à mâter la rébellion Métis sur les terres qui sont aujourd'hui la Saskatchewan. La rébellion du Nord-Ouest se termina par la défaite des Métis à la bataille de Batoche, le 12 mai 1885. Le chef de celle-ci, Louis Riel est gardé par la NWMP et jugé par un tribunal qui le condamne à la pendaison. Il est exécuté le 16 novembre 1885.

Klondike

Policiers de la NWMP au Yukon, 1900.

En 1894, l'inspecteur Charles Constantine de la NWMP est envoyé au Yukon pour enquêter sur un afflux soudain de mineurs et de marchands d'alcool. Dans son rapport, il prédit correctement une ruée vers l'or et recommande de toute urgence l'envoi d'un contingent de la NWMP pour assurer la souveraineté du territoire et collecter les droits de douane. Il est renvoyé l'année suivante avec vingt hommes. Lorsque la ruée du Klondike se produit en 1898, lui et son illustre successeur Sam Steele en font la course du genre la plus civilisée de l'histoire.

La NWMP a non seulement assuré le respect des lois mais également perçu les douanes et vu au bien être des prospecteurs. La NWMP ne parvint pas à exercer un contrôle au point de débarquement des coureurs à Skagway (Alaska) et décida donc de mettre son point de contrôle au sommet du Col du Chilkoot qui mène au Yukon. On exigea entre autres que les prospecteurs amènent une tonne de biens de toutes sortes pour leur survie, ce qui a prévenu la famine, on inspecta tous les esquifs utilisés pour remonter le fleuve Yukon afin de s'assurer de leur sécurité et on créa le "Blue ticket" (ticket bleu) afin d'expulser les indésirables. On toléra cependant une certaine dose d'activités illégales, comme le jeu et la prostitution, pour garder la paix.

Il est ironique de penser que le parlement canadien discutait la dissolution de cette force de police au même moment et que ce sont les prospecteurs qui lui ont permis de continuer en lui donnant une réputation mondiale.

Changement de mandat

Avant 1903, les activités et la juridiction de la NWMP se situent surtout près de la frontière américaine dans ce qui deviendra les Prairies canadiennes. Cette année-là, la NWMP voit ses effectifs déployés vers la côte de l'Arctique canadien. En 1904, le titre "Royal" est ajouté au nom de l'organisation pour devenir la Royal North-West Mounted Police (RNWMP). En 1905, elle reçoit la juridiction sur le reste de l'Alberta et de la Saskatchewan. En 1912, on la retrouve également dans la partie nord du Manitoba. Elle demeure fidèle à son système semi-militaire.

Après la Première Guerre mondiale, elle est vue comme un reliquat du XIXe siècle. Dans le Canada en voie d'industrialisation du XXe siècle, la RNWMP est vouée à l'extinction, remplacée par des forces de polices urbaines ou provinciales. Le gouvernement décida cependant de l'unir à la Dominion Police, une force de police originellement créée pour la protection des parlementaires et devenu en 1911 l'équivalent de la RNWMP pour l'Est du Canada. La fusion donne la Gendarmerie royale du Canada le 1er février 1920, une police fédérale responsable de la sécurité nationale qui gardera la plupart des caractéristiques organisationnelles et visuelles, dont l'uniforme de parade, de la RNWMP.

La goélette Saint-Roch

D'autres nouveaux mandats furent ajoutés dans les années 1920, soit la lutte aux narcotiques, l'aide à différentes agences nationales comme la surveillance des frontières et la déportation des immigrants illégaux. En 1932, la section maritime de la GRC fut créée, à partir de l'intégration d'une section du Ministère du revenue, pour patrouiller les côtes et collecter les douanes. On acheta alors la goélette Saint Roch qui permit de patrouiller l'Arctique. C'est le premier vaisseau à traverser le Passage du Nord-Ouest de l'ouest vers l'est (1940-42), le premier à le faire en une seule saison (1942) et le premier à naviguer autour de l'Amérique du Nord (1950). En plus, de son rôle de maintien de l'ordre, on lui donna également ceux d'agence de contre-espionnage contre la menace communiste naissante. Ce second rôle lui attirera plusieurs critiques durant les décennies suivantes puisque la GRC se mis à espionner non seulement les gens du Parti Communiste mais les syndicalistes et autres gens de gauche, sans trop de contrôles de ses activités. Ce service fait d'abord partie de la section des enquêtes criminelles mais devient une section à part entière en 1939 sous le nom de Service de sécurité de la GRC.

Épisodes moins glorieux

Agent de la GRC en civil s'attaquant à des grévistes à Vancouver en 1938

Suivant la philosophie conservatrice du temps, en 1919, la RNWMP avait été utilisée pour mâter la grève générale de Winnipeg et ses policiers avaient tiré dans la foule, tuant deux grévistes et en blessant trente. La nouvelle GRC continua d'être utilisée lors d'autres conflits durant les années 1930 marqués par la Grande Dépression mondiale et les revendications ouvrières. On note ainsi le décès de trois mineurs à Estevan (Saskatchewan) en 1931, la répression violente de la Marche vers Ottawa de Régina (Saskatchewan) en 1935 faisant deux morts: un policier du service de police de Régina et un manifestant. La GRC a d'ailleurs employé des constables spéciaux pour ce genre de répression et même formé à la fin des années 1930 une milice, la Legion of Frontiersmen (Légion des frontières), pour l'assister en cas de besoin. Les constables spéciaux sont devenus plus tard la force de police dans les aéroports de juridiction nationale et dans certains tribunaux provinciaux.

La GRC fut également chargée de la mise en application de la loi sur les écoles indiennes qui força des années 1920 à 1960 les enfants amérindiens à devenir pensionnaires dans des écoles assimilatrices.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les tensions entre l'Ouest et l'Union Soviétique ne se font pas attendre. Un employé au décodage de l'ambassade soviétique à Ottawa, Igor Gouzenko, demande asile au gouvernement canadien en 1945 et révèle l'existence d'un réseau d'espionnage à travers le pays. Le Service de sécurité de la GRC reçoit alors le mandat de filtrer les éléments subversifs dans la fonction publique canadienne[6]. Ce qui commença comme une recherche des éléments infiltrés fut étendu à la mise à l'écart des homosexuels en 1950, acte illégal à l'époque considéré comme une faiblesse et un possible moyen de chantage par le KGB[7]. Un machine à détection des homosexuels, utilisant comme prémisse la détection de la dilatation des pupilles d'un sujet exposé à des clichés de nus masculins, fut même développée[8],[9]. Après quatre ans, les résultats ne furent pas probants et son utilisation arrêtée[10]. De nombreux fonctionnaires furent malgré tout renvoyés pour ce motif.

Durant les années 1960, la montée du nationalisme québécois mène à la formation du Front de libération du Québec (FLQ) qui prêchent l'indépendance par la violence mais qui n'ont pas de lien avec les partis indépendantistes légaux comme le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et le Parti Québécois (PQ). Le Service de sécurité de la GRC étant impliqué dans la lutte au terrorisme, il tente d'inflitrer non seulement le FLQ mais également les partis légaux jusque dans les années 1970. Ses agents infiltrés commettent des actes illégaux comme l'incendie d'une grange ou le vol de bâtons de dynamite sur des chantiers de construction, en faisant passer ces actes comme venant du FLQ et ils incitent des membres du FLQ à faire des actes de terrorisme. D'autres agents volent les listes de membres du PQ. Le Service sera dissout en 1984, à la suite des recommandations de la commission MacDonald qui avait enquêté sur ces agissements[11], pour être remplacé par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) sous supervision d'un auditeur civil.

Par la suite, un très grave problème de communication entre le Service canadien de renseignements de sécurité (SCRS) et le GRC ont fait échouer la prévention et l'enquête sur les attentats d'Air India de 1985[12]. Récemment, son commissaire Giuliano Zaccardelli a dû démissionner en raison de son témoignage problématique dans l'affaire Arar, un canadien d'origine syrienne que les autorités américaines ont déporté en Syrie à la suite d'informations de la GRC et qui y a été torturé, ainsi que pour sa gestion douteuse du fonds de pension de la GRC.

Arrivée des femmes

Le commissaire de M.J. Nadon annonça le 23 mai 1974 que la GRC commencerait à considérer les applications féminines en tant que policier. La GRC incorpora les trente-deux premières recrues dans son service le 16 septembre dans la Troupe 17 de l'école de Régina. La première classe termina son cours le 3 mars 1975. 1981 voit la première femme élevée au rang de caporal et la première femme à participer au Carrousel de la GRC. En 1987, c'est le premier poste à l'étranger pour une femme et en 1990 la première commandante de poste. En 1992, on nomme la première officier supérieure et en 1998 la première Commissaire adjointe. Du 15 décembre 2006 au 10 août 2007, Beverly Busson est Commissaire intérimaire de la GRC alors qu'elle est remplacée par William J.S. Elliott. C'est la première femme en charge de la GRC.

Drame récent de la GRC

Le 3 mars 2005, quatre jeunes membres de la GRC sont assassinés. Le détachement de la GRC de Mayerthorpe (à 130 kilomètres au nord-ouest d'Edmonton (Alberta) offrait de l’aide dans un procès civil intenté pour recouvrer un bien. Lors de leur visite sur les lieux, les agents découvrirent une vingtaine de plants de marijuana. Les quatre membres de la GRC restés sur place pour garder les pièces à conviction furent assassinés par le propriétaire qui se suicida ensuite.

Distinctions

Des membres de la GRC s'illustrèrent à titre personnel dans la Seconde Guerre des Boers, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale:

  • des membres de la NWMP ont pris un congé sans solde pour former la majorité du second bataillon des Canadian Mounted Rifles (CMR) et une partie du régiment Lord Strathcona's Horse durant la Guerre des Boers. Le CMR s'étant distingué durant les combats, le roi Edouard VII octroya le titre "Royal" au NWMP le 24 juin 1904.
  • durant le premier conflit mondial, un escadron de volontaires de la RNWMP servit en France avec le Canadian Light Horse à partir du 6 août 1914. Deux autres s'ajoutèrent en 1918, le premier en France et en Flandres, l'autre en Sibérie.

Durant les deux premiers conflits mondiaux, la GRC fut en charge de la surveillance des camps d'internement des prisonniers de guerre au Canada et de ceux des citoyens d'origines ennemies (japonais, italiens, allemands). La GRC forma également un contingent de police pour le maintien de l'ordre dans les troupes canadiennes durant la Seconde Guerre mondiale.

Encore aujourd'hui, et ce depuis 1989, la GRC a participé à plus de 35 missions des Nations unies. Son travail consiste à promouvoir la paix et la sécurité dans le monde et à renforcer les efforts internationaux pour rétablir l’ordre, en collaborant avec les services de police locaux dans les pays aux prises avec des conflits ou avec la menace de conflits. En particulier, un contingent participe en Haïti à la formation de la police nationale.

Honneurs militaires

Depuis sa formation sous le nom de NWMP (ou police montée du Nord-Ouest), la GRC est un service de police mais avec un statut semi-militaire. En tant que tel, la GRC est considérée comme un régiment de dragons et peut porter des barrettes et étendards obtenus en service militaire depuis 1921. Son premier étendard date de 1935 et le plus récent comporte les distinctions mentionnés ci-dessous. En tant que régiment, la GRC a participé au couronnement de George VI du Royaume-Uni en 1937 avec le King's Life Guard.

La NWMP/RNWMP/GRC a reçu les distinctions militaires pour :

Et la distinction honoraire :

  • Écusson du Corps de la Police militaire canadienne[13]

Uniforme

Classique

Acteur habillé selon la Troupe K de la NWMP

La GRC est reconnue pour son uniforme de parade, consistant en un veston rouge à boutons dorés appelé Red Serge (hérité des red coats britanniques), un pantalon équestre bleu marine à ligne jaune sur le côté extérieur de la jambe (blues), un chapeau stetson à large bord, une longue paire de bottes de cuir brun appelée High Browns et un ceinturon baudrier de cuir brun appelé Sam Brown.

L'uniforme provenait originellement des magasins de la milice canadienne et comportait plusieurs variantes, selon la milice de provenance, mais fut rapidement standardisé. Des épaulettes bleues furent ajoutées durant les années 1920 après avoir obtenu le titre "Royal", remplaçant des épaulettes écarlates à bord doré. Les pantalons étaient initialement chamois mais les membres de la NWMP échangeaient souvent avec les troupes américaines le long de la frontière et le couleur bleue de pantalons utilisés maintenant pourrait provenir de là. La bande jaune est une autre tradition britannique. Les policiers de rang inférieurs à inspecteur portent des gorgerins bleus stylisés sur le collet. Les officiers supérieurs ont un collet bleu plein et des manches se terminant par des pointes bleues.

Le NWMP portait au départ le casque colonial anglais qui n'était pas très pratique dans la vie quotidienne. Les membres adoptèrent donc des couvre-chefs à large bord pour patrouiller, ceux-ci offrant plus de protection contre le soleil et les éléments. Sam Steele est souvent crédité pour l'introduction des chapeaux de style Stetson. Il ne fut cependant officiellement adopté qu'en 1904 mais déjà un contingent de la NWMP au jubilé de diamant de la Reine Victoria portait ce couvre-chef et les membres du Lord Strathcona's Horse de la Guerre des Boers l'utilisaient. En 1873, Les bottes étaient noires et le ceinturon était une double ceinture de balles sans baudrier puisque la carabine était l'arme habituelle.

Moderne

Son uniforme de travail est, pour les provinces à contrat, la chemise grise, la cravate bleue foncée, le pantalon bleu marine avec une ligne jaune sur le côté extérieur de la jambe, les bottes de noires, la veste pare-balle, un veston bleu à collet ouvert en Gore-Tex et une casquette régulière. La ceinture de travail comprend un gaz lacrymogène en aérosol (à base de poivre), un bâton télescopique, une paires de menottes et une arme de poing de type Smith & Wesson Modèle 10. La chemise grise est remplacé par une blanche et le veston est plus formel pour les officiers supérieurs. En hiver, des bottes plus chaudes, des paletots et des casques en fourrures s'ajoutent à l'uniforme de base. En Colombie-Britannique, le chapeau comporte une bande noire en peau d'ours. Le 15 mars 1990, Baltej Singh Dhillon, un officier Sikh a obtenu le droit de porter un turban aux couleurs de la GRC au lieu du Stetson malgré certaines protestations du public.

Dans les provinces non-contractuelles, les policiers de la GRC vont porter l'uniforme de travail quand ils sont appelés à des fonctions de gendarmerie comme la patrouille des frontières. Cependant, la plupart d'entre eux seront habillés en civil leur travail est l'enquête, la protection des dignitaires, etc. Les sections spécialisées ont également un habillement approprié.

Formation

Peloton de recrues à l'école de la gendarmerie royale du Canada de Régina

Pour devenir un gendarme de la GRC, il faut satisfaire aux exigences de base suivantes : être citoyen canadien, parler couramment l’une ou l’autre des deux langues officielles du Canada, être titulaire d’un diplôme d’études secondaires canadien ou l’équivalent, posséder un permis de conduire canadien valide et sans restriction, avoir 19 ans au moment de l’engagement. Les candidats pour la GRC doivent passer ensuite une batterie de tests psychologiques et physiques pour évaluer leurs aptitudes en rapport avec le travail de policier. On passe également leur passé au peigne fin et on leur fait subir une test au polygraphe afin d'éliminer les candidats douteux[14].

Une fois acceptés pour la formation, ils sont envoyés au centre de formation de Régina (Saskatchewan) où ils subissent un entraînement physique quotidien qui comporte de marcher au pas, de jogger entre les cours ou d'exercer les tactiques de défense policières, de faire des pompes à répétition, de courir sur une distance de 6,5 km, de grimper neuf volées d’escaliers, et plus. Ils reçoivent des cours sur les techniques policières, les lois et règlements, le maniement des armes à feu, la conduite de véhicules de police, la sécurité publique et policière, la discipline et l’entraînement tactique. Le tout se passe entre 6 h 15 et souvent tard le soir durant 24 semaines[15].

Sur les 8 000 candidats, hommes et femmes, qui demandent chaque année à rentrer dans le régiment de la GRC, moins de 10 % sont retenus. Malgré cette sélection sévère, d'autres abandonneront en cours de stage, rebutés par la dureté d'une formation qui voit la plus petite erreur sanctionnée.

Armement

Les « Monties » reçoivent une armes de poing et une arme d'épaule pour ceux patrouillant dans le Grand Nord :

  • Période 1873-1882 : Revolver Adams et Winchester 1876
  • Période 1882-1903 : Revolver Enfield MK 1/MK 2, S&W .38 Safety Hammerless (gendarmes agissant en tenue civile), Winchester 1876 puis Carabine Lee-Metford
  • Période 1904-1954 : Colt New Service (.45 Colt), Colt New Service British Army/GRC (.455 Webley) Webley Mk 6, SMLE MK 3 et Lee-Enfield N°4 Mark I, Colt Police Positive et mitraillette Thompson. Les constables perçurent aussi des Colt Police Positive Special , Colt Official Positive et S&W Heavy Duty. La dotation en munitions était de 18 cartouches par revolver.
  • Période 1954-années 1980 : S&W M10 (canon de 12,7 cm), S&W M12 (remplaçant le Colt Detective Special en service de 1960 à 1967), Remington 870, FN C1 et Winchester Modèle 70.
  • Depuis les années 1990, SIG P226 et P220, S&W 5946 et 3953, Diemaco C7 et C8, Remington 870, Taser et Winchester Modèle 70.

Lors des parades, ils portent une lance de bambou et d'acier chromé.

Transport

La GRC possède son propre service aérien, ayant comme mission de trouver et de mettre au point les outils et l'expertise technique permettant aux membres de première ligne et aux partenaires de prévenir le crime et d'enquêter sur celui-ci, d'appliquer la loi, de contrer le terrorisme et de travailler dans un environnement sécuritaire. La flotte du service aérien de la GRC comprend un Piaggio P180 Avanti, trois Cessna Caravan, six Cessna, deux Twin Otter, quatre Hélicoptères Bell 206, quatre Eurocopter AS 350B3s et treize Pilatus PC-12.

Le service de transport terrestre de la GRC possède une impressionnante flotte de véhicules automobiles. Des véhicules tel que le Ford Crown Victoria, la Chevrolet Impala, la Chevrolet Lumina, la Chevrolet Caprice, la Chevrolet Camaro, le Chevrolet Cube Van, le Chevrolet Suburban, certains modèles de SUV Land Rover, la Ford Mustang, le Ford Expedition, le Ford Explorer, le Ford Cube Van, le Ford Command Post, le GMC Jimmy, le GMC Van, le GMC Yukon, le GMC Caprice, certains modèles de motocyclettes Harley Davidson, la Volkswagen Beatle et la PT Cruiser, ces deux derniers véhicules étant réservés aux activités communautaires et publicitaires. Tous les véhicules sont de type propulsion avec moteur V8 (véhicules modifiés). La GRC utilise près de 8 677 véhicules terrestres, banalisés (35 %) et non-banalisés (65 %).

La GRC possède aussi un service de marine ayant comme tâches principales de voir à l'application de la loi sur les douanes et l'accise, de la loi sur la marine marchande du Canada et d'autres lois fédérales, et à procéder à certaines opérations de sauvetage. Le service de la marine de la GRC dispose actuellement d'une flotte de cinq patrouilleurs de plus de 9,2 mètres de long, soit un sur la côte est canadienne et quatre sur la côte ouest. Tous les bateaux de patrouille sont munis d'un radar et des instruments de navigation électroniques et informatiques les plus modernes.

La flotte comprend notamment le patrouilleur Inkster (un catamaran rapide en aluminium de 19,75 mètres), le Nadon, le Higgitt, le Lindsay et le Simmonds (des vedettes rapides de type catamaran, longues de 17,7 mètres et pouvant atteindre une vitesse de pointe de 36 nœuds grâce à leurs deux moteurs diesel D2840 LE401 V-10 Man de 820 hp soit 831 ch) et le Stikine (un bateau de 13,72 mètres en fibre de verre équipé de deux moteurs diesel Volvo TAMD70E de 300 hp (soit 304 ch) et pouvant atteindre une vitesse maximale de 23 nœuds).

En plus des patrouilleurs, la Gendarmerie possède et utilise 377 embarcations plus petites à divers endroits au Canada. On inclut dans cette catégorie tous les bateaux de moins de 9,2 m de long, depuis les canots et les bateaux transportables sur le toit d'une voiture jusqu'aux embarcations pneumatiques à coque rigide et aux très stables semi-hors-bords de fabrication commerciale. Les navires d'eaux intérieures sont utilisés dans les enquêtes générales et les enquêtes reliées à l'application de la Loi sur la marine marchande du Canada, des Règlements sur les petits bâtiments, de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs et de diverses autres lois fédérales ou provinciales.

Carrousel

Cavaliers lors de la fête de la Confédération canadienne à Ottawa

Le Carrousel est une unité de la GRC qui est né du désir des premiers membres de la Police à cheval du Nord-Ouest de démontrer leur adresse de cavaliers et de divertir la population. La plupart était d'anciens militaires britanniques et ils mirent sur pied un spectacle équestres utilisant des figures tirées des mouvements traditionnels de cavalerie. Le premier Carrousel a été présenté en 1887, à l'école de formation de Regina, sous la direction de l'inspecteur William George Matthews. Le Carrousel, formé de vingt hommes, a donné une représentation publique en tournée pour la première fois en 1901. Sa popularité n'ayant cessé de grandir au fil des ans, le Carrousel est aujourd'hui connu partout dans le monde[16].

Voir aussi

Articles connexes

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Notes et références

  1. (fr)Renseignements sur la GRC, 25 février 2009, Gendarmerie royale du Canada. Consulté le 2009-07-15
  2. a , b  et c (fr)Structure organisationnelle, Gendarmerie royale du Canada. Consulté le 2009-05-30
  3. (fr)Centre de dressage des chiens de police, Bienvenue à la Division Dépôt. Consulté le 2009-05-30
  4. (fr)La Marche vers l'Ouest, Gendarmerie royale du Canada. Consulté le 2009-05-30
  5. (en)The Diary of Henri Julien
  6. (en)(en) Reg Whitaker,, Left-Wing Dissent and the State: Canada in the Cold War Era, Toronto: Oxford University Press, 1988, p. 195 
  7. (en)(en) John Sawatsky, Men in the Shadows: The Shocking Truth about the RCMP Security Service, Toronto: Totem Books, 1980, p. 124, 130 
  8. John Sawatsky, p. 133-138
  9. (en)Nancy Nicol, « National Security Campaigns », no. 5 été 2003, Sélections de ‘Stand Together’, JSPOT: Journal of Social and Political Thought
  10. (en)(en) Gary Kinsmen, 'Character Weakness' and 'Fruit Machines': Towards an Analysis of the Anti-Homosexual Security Campaign in the Canadian Civil Service, Labour/Le Travail, p. 133-162 
  11. (fr)Bibliothèque du Parlement, « Origine et évolution du Service du renseignement de sécurité canadien », 24 janvier 2000, Gouvernement du canada. Consulté le 2007-10-09
  12. (en)Air India, Globe and Mail. Consulté le 2009-10-03
  13. Présenté le 21 septembre 1957 lors d'une cérémonie sur la colline parlementaire à Ottawa par l'Armée canadienne
  14. (fr)Recrutement, Gendarmerie royale du Canada. Consulté le 2007-05-30
  15. (fr)Vue d’ensemble du Programme de formation des cadets, Gendarmerie royale du Canada. Consulté le 2009-05-30
  16. (fr)Carrousel et équitation, 19 avril 2007, Gendarmerie royale du Canada. Consulté le 2009-07-22
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