Guomindang


Guomindang

Kuomintang

Le ciel bleu au soleil blanc, emblème du Tongmenghui, adopté ensuite par le Kuomintang.
Emblem of the Kuomintang.svg
Logo de Kuomintang
Contexte général
Champs d'action Parti politique nationaliste
Zone d'influence Chine continentale (1912-1949), puis Taïwan
Fiche d’identité
Fondateur Sun Yat-sen
Forme juridique Parti politique
Fondation 25 août 1912, Guangdong, Chine Chine
Origine Regroupement de plusieurs groupes révolutionnaires (dont le Tongmenghui)
Personnage(s) clef Song Jiaoren, Hu Hanmin, Tchang Kaï-chek, Wang Jingwei, Lin Sen, Tchang Ching-kuo, Lee Teng-hui, Lien Chan, Ma Ying-jeou
Affiliation
 internationale
Union démocratique internationale
Site internet http://www.kmt.org.tw/

Le Kuomintang, ou Guomindang, ou Guomingdang, ou Kuo-Min-Tang, ou Kouo-Min-Tang (initiales : KMT ou GMD) (nom complet en chinois traditionnel : 中國國民黨 ; en hanyu pinyin : Zhōngguó Guómíndǎng ; en EFEO : Tchong-kouo Kouo-min-t'ang ; en tongyong pinyin : Jhongguo Guomindang ; littéralement « Parti nationaliste chinois ») est un parti politique chinois créé par Sun Yat-sen. Il domina le gouvernement central de la République de Chine à partir de 1928 jusqu'à la prise de pouvoir par les communistes en 1949. Son influence est limitée depuis à l'île de Taïwan où il était, jusqu'en 1986, le seul parti autorisé. Aujourd'hui, il a toujours une forte influence sur l'île et a été réélu à la tête du pays le 22 mars 2008. Au niveau international, il est membre de l'Union démocratique internationale.

Créé après la révolution de 1911, il remporte les premières élections en 1912, mais est chassé du pouvoir en 1913. À partir de 1918, il dirige un gouvernement rival à Canton et finit par s'emparer du pouvoir au terme de l'Expédition du Nord en 1928. Il instaurera un régime de parti unique en République de Chine. En 1949, le KMT, vaincu par les Communistes, se replie sur l'île de Taïwan, dirigeant un régime qui constitue officiellement la continuation de la première République. Ce n'est que dans les années 1980 et 1990 que l'État de Taïwan, dirigé par le Kuomintang, se démocratisera progressivement.

Sommaire

Le docteur Sun Yat-sen

Suite à la chute du pouvoir impérial, Sun Yat-sen décide de consolider ses forces avant les premières élections. Aidé de Song Jiaoren, il regroupe plusieurs organisations révolutionnaires (dont le Tongmenghui) et, le 25 août 1912, fonde le Kuomintang dans la province du Guangdong. Le parti se définit alors comme un parti démocratique et socialiste modéré.

Mené par Song Jiaoren, le parti gagne la majorité à la première Assemblée nationale. Song est assassiné le 20 mars 1913 à la gare de Shanghai. En tant que président, Yuan Shikai voulait solliciter d'importants prêts à l'étranger. Le Kuomintang s'opposant à cette politique est alors chassé de l'Assemblée et Yuan Shikai finit même par dissoudre le Parlement. Le Kuomintang est interdit et plusieurs de ses partisans sont arrêtés ou tués. Sun fuit au Japon, où il met longtemps à se réorganiser. Il y fonde finalement le Parti révolutionnaire. Il retourne en Chine en 1918 et tente de former un gouvernement rival à Canton ou à Shanghai à partir de 1920. Son manque d'argent, de moyens militaires et d'expérience hypothèquent ces tentatives et le laissent à la merci des seigneurs de la guerre locaux. En 1922, des agents du Komintern lui proposent leur aide et l'incitent à reformer le Kuomintang. C'est à cette époque que Sun formule son idéologie : les « Trois Principes du Peuple », démocratie, socialisme et nationalisme anti-impérialiste. Sun se base à Canton, où il reçoit des fonds, du matériel militaire et l'aide d'experts en provenance d'Union soviétique. Le Parti communiste chinois (PCC) est alors allié au Kuomintang dans le cadre d'un front uni pour lutter notamment contre les seigneurs de la guerre.

Tchang Kaï-chek

Tchang Kaï-chek décide d'entamer l'Expédition du Nord et met sur pied l'Armée nationale révolutionnaire, pour pacifier la Chine en réduisant les seigneurs de la guerre et, à terme, s'emparer du pouvoir. Il prend dans les faits les rênes du parti, se retournant contre ses alliés communistes, qu'il élimine à Shanghai puis à Hankou. En janvier 1927, Wang Jingwei déplace son gouvernement à Wuhan pour lutter contre Tchang, mais jette l'éponge dès septembre de la même année et se rallie au gouvernement que Tchang a fondé en avril à Nankin. En 1928, le Kuomintang s'empare du pouvoir et instaure un régime de parti unique, mêlant le confucianisme au fascisme. Ses forces armées deviennent l'armée officielle de la République. Avec l'abandon du drapeau à cinq couleurs, le drapeau national de la Chine arbore l'emblème du Kuomintang. C'est la période dite de la décennie de Nankin. Tchang Kaï-chek doit néanmoins faire face au sein du parti à l'opposition de ses rivaux Wang Jingwei et Li Zongren. Ce dernier monte avec des seigneurs de la guerre une coalition qui affronte militairement les troupes de Tchang en 1930 dans la guerre des plaines centrales; Tchang remporte cependant la victoire. En février 1931, Tchang Kaï-chek fait arrêter Hu Hanmin, chef du comité central du Kuomintang, à la suite d'un désaccord sur la constitution. Il doit cependant le faire relâcher peu après; Hu Hanmin se réfugie avec sa faction dans le sud de la Chine et demande la démission de Tchang.

Bien que n'étant pas toujours chef officiel du Kuomintang, et ayant dû renoncer à son poste de Président de la République à la suite de l'invasion japonaise de la Mandchourie en septembre 1931, Tchang Kaï-chek ne quitte jamais le devant de la scène et domine le parti grâce à sa position de chef de l'armée. La lutte contre les communistes s'intensifie et en 1934, ces derniers doivent fuir au Shaanxi au cours de l'épisode dit de la « Longue Marche ».

Afin de lutter contre la politique expansionniste du Japon, le Kuomintang est conduit à s'allier avec ses ennemis de la veille dans le cadre du deuxième front uni, mais cette alliance demeura toujours superficielle. A partir de 1938, avec la guerre désormais ouverte avec le Japon, le siège du gouvernement passe successivement de Nankin à Wuhan et Chongqing, chacune des villes faisant l'objet de violents bombardements ordonnés par le Quartier général impérial. À compter de 1939, le Guomingdang fait de Chongqing sa base permanente jusqu'à la fin de la guerre. De son côté, Wang Jingwei crée un gouvernement de collaboration, se présentant comme le seul gouvernement nationaliste légitime et continuant d'utiliser le drapeau de la République de Chine comme l'emblème du Kuomintang.

En 1945, afin d'assurer le contrôle effectif du territoire national au Kuomintang (qui représentait le gouvernement chinois légitime), les Américains organisent un pont aérien permettant aux nationalistes de gagner la course au désarmement des troupes japonaises et de s'assurer ainsi le contrôle des territoires précédemment occupés.

Par la suite, l'armée du Kuomintang entre à nouveau en lutte ouverte contre l'Armée populaire de libération du Parti communiste chinois de Mao Zedong. Mais le manque de soutien populaire, les gains territoriaux des troupes du PCC désormais armées par les soviétiques, ainsi que de nombreuses défections dans le camp nationaliste ont pour conséquence la victoire des communistes et la proclamation, le 1er octobre 1949, de la République populaire de Chine (RPC).

Le Kuomintang se réfugie alors à Taïwan, ne conservant que quelques îles à proximité du territoire continental de la Chine, et continue de s'y proclamer seul gouvernement légitime de la Chine (République de Chine ou Chine nationaliste).

Voir la suite de l'histoire du Kuomintang à l'article Histoire de la République de Chine#La République de Chine à Taïwan.

Le Kuomintang forme actuellement avec le Qinmindang (« parti du peuple en premier » ou People First Party), la coalition pan-bleue, désormais favorable à l'idée d'une réunification de la Chine, alors que la coalition pan-verte est en faveur de l'indépendance de Taïwan.

Politique de rapprochement avec la Chine continentale

Lien Chan, président du Kuomintang

En visite au temple tibétain Yonghe à Pékin le 16 avril 2006, le président du Kuomintang Lien Chan a signé différents accords évoquant la possibilité que Taïwan soit rattachée à la Chine en tant que province autonome.

Ces accords n'avaient néanmoins qu'une valeur symbolique, le Kuomintang n'étant pas au pouvoir à Taïwan durant cette période. La République populaire de Chine a tout de même pris à la lettre ces accords, et autorisée les importations sans taxes depuis Taïwan, tout en autorisant à nouveau les Taïwanais à se rendre sur son territoire. La RPC ne reconnais pas la République de Chine et considère Taïwan comme une de ses provinces.

Démocratisation de Taïwan

Après la période de démocratisation de Taïwan dans les années 1980 à 1990, le Kuomintang à dû céder le gouvernement à l'opposition. Cependant, suite à des problèmes de corruption du nouveau gouvernement, le Kuomintang a regagné la majorité des régions aux élections régionales de 2006. En janvier 2008, il remporte les élections législatives, en obtenant 85 des 113 sièges du parlement.

Le 22 mars 2008, Ma Ying-jeou, candidat du Kuomintang, devient le nouveau président avec 58,45% des suffrages[1] face à son opposant Frank Hsieh, laissant entrevoir un apaisement dans le détroit. Ma Ying-jeou déclare vouloir reprendre les pourparlers entre la Chine et Taïwan en se basant sur le consensus de 1992 et mettre l'accent sur les aspects économiques, tout en déclarant que la République de Chine est une "nation souveraine"[2]. Pendant la campagne Ma Ying-jeou déclara ne pas vouloir changer le statu quo.[3]

Références et notes

  1. Ma Ying-jeou élu avec une forte avance [lire en ligne]
  2. Ma says he will focus on economic ties [lire en ligne]
  3. Defend Taiwan's sovereignty, says Ma [lire en ligne]

Lien externe

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