Jean II d'Estrées

Jean II d'Estrées
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Jean d'Estrées Comte d'Estrées
Jean II d'Estrées
Jean II d'Estrées

Naissance 3 novembre 1624
Soleure
Décès 19 mai 1707 (à 83 ans)
Paris
Origine Royaume de France Royaume de France
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Maréchal de France
Vice-amiral du Ponant
Conflits Guerre de Dévolution
Guerre de Hollande
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Autres fonctions Vice-roi de Nouvelle-France
Gouverneur de Nantes
Famille Maison d'Estrées

Jean d'Estrées, comte d'Estrées, deuxième du nom, né en 1624 à Soleure (Suisse) et mort à Paris en 1707, est un maréchal de France, grand capitaine de guerre de la marine de Louis XIV.

Sommaire

Biographie

Origines et famille

Jean d'Estrées nait dans la Maison d'Estrées, une famille de la noblesse picarde. Il est le neveu de Gabrielle d'Estrée, favorite d'Henri IV. Il est le fils de François Hannibal d'Estrées, duc d'Estrées, maréchal et pair de France en 1663, et de sa deuxième femme, Marie de Béthune (1602-1628), , fille de Philippe de Béthune, comte de Selles, et descendant de la Maison de Béthune, une des plus anciennes famille noble de France dont l'origine remonte au Xe siècle. De cette union naissent trois fils:

  • François Annibal II d'Estrées (1623-1687)
  • Jean II d'Estrées (1624-1707)
  • César d'Estrées (1628), évêque de Laon, Duc et Pair de France, Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit

Premières armes

Comme son père, Jean se lance très tôt dans la carrière des armes. À 23 ans il devient colonel du régiment de Navarre, à 25 ans, maréchal de camp et à 33 ans, lieutenant général. Il sert sous les ordres du grand Condé à Lens le 20 août 1648. Puis sert avec Turenne en Lorraine en 1652 et 1653 puis en Flandre. Il est fait prisonnier à Valenciennes en 1656. Il soutient la famille royale durant le Fronde. Durant la guerre de Dévolution, il se brouille avec Louvois (ce qui lui empêche d'accéder aux commandements les plus élevés[1]) et, sur les conseils de Colbert avec lequel il entretient de bonnes relations, il quitte l'armée de terre pour la Royale en 1668 où il retrouve le duc de Beaufort qui va aider à son intégration. Colbert est ravi de pouvoir faire une telle acquisition pour la marine qu'il s'agissait à l'époque de créer plutôt que de rétablir.

Service dans la Marine royale

Son ascension dans la Marine est fulgurante du fait de sa naissance et de ses protections familiales (son père étant maréchal de France). Il intègre celle-ci au grade de lieutenant général des armées navales et l'année suivante, en 1669, il est promu au grade de vice-amiral du Ponant, fonction crée en 1669. En 1681 il est fait maréchal de France.

Cependant, cette nomination ne se révèle pas des meilleures. Outre une incompétence maritime, comme beaucoup de hauts responsables de la marine à l'époque, d'Estrées était doué d'un caractère détestable qui lui aliénait les sympathies. Colbert remarquait lui-même que « sa manière de vivre avec tous les officiers, un peu trop sèche, ne lui concilie pas leur amitié ». Ce qui fait écrire au contre-amiral Daveluy : « Il ne faut rien connaître à l'histoire maritime pour appeler un navire d'Estrées ».

Les Amériques

Sa première campagne l'envoie aux Antilles. Il fera cinq campagnes aux Indes occidentales et devient le meilleur spécialiste de la Royale des Îles d'Amérique. D'Estrée prône une stratégie offensive animée par la volonté farouche de renverser la puissance coloniale hispano-hollandaise. Cet esprit offensif et aventureux lui vaut d'être sévèrement jugé par les officiers de la Royale.

Guerre de Hollande

L'Europe

Durant cette guerre, il est promu commandement en chef de l'escadre française qui combat aux côtés de la flotte anglaise. Sur le Saint Philippe, il participe à la bataille de Solebay le 6 juin 1672 et l'année suivante, sur la Reine, à la bataille de Walcheren et la bataille de Texel. L'échec de cette campagne lui est attribuée par les officiers français et anglais, qui lui reprochent son comportement hésitant et peu combatif. L'historien anglais Jenkins écrit : « [c'était] un mauvais chef et un pauvre subordonné ».

Une enquête diligentée par Seignelay tente de réhabiliter la mémoire d'Estrées. L'un de ses subordonnés, le marquis de Martel, mis en cause par d'Estrées, répond par une lettre vengeresse qu'il laisse publier en Angleterre. Cela lui vaut un séjour à la Bastille.

Le fort d'Estrées, sur l'île de Gorée, aujourd'hui Musée historique du Sénégal

Les Caraïbes

Lors des campagnes de 1676 et 1677, il réussit la prise de l'île de Gorée, la reprise de Cayenne, la prise de Tobago et la destruction de l'escadre hollandaise qui y est basée. Ces succès sont à mettre à son crédit ; mais cette campagne victorieuse est éclipsée par la catastrophe des îles d'Aves, où toute son escadre (7 vaisseaux, 3 frégates et 7 navires auxiliaires) se perdit sur les récifs. D'Estrées refusa, à cette occasion et avec obstination, de suivre les conseils des officiers et pilotes qui connaissaient parfaitement la configuration et les dangers de ces eaux.

Cette monumentale erreur de navigation, unique dans l'histoire maritime française[réf. nécessaire], n'entraîna cependant aucune sanction contre son auteur.

Fin de carrière

Entre 1685 et 1688, il fait campagne contre les barbaresques, se livrant à Tripoli et à Alger à ces « bombarderies » que stigmatisera Vauban.

Louis XIV et Seignelay lui gardent toute leur confiance. En 1681 il est élevé au titre honorifique de vice-roi d'Amérique puis duc et pair en mars 1687 et enfin gouverneur de Nantes et lieutenant général en Bretagne en 1701.

Il meurt à Paris le 19 mai 1707. Avec Tourville, il est le grand chef de guerre de la marine de Louis XIV, comparable à ses homologues hollandais et anglais.

Mariage et descendance

Il épouse en 1658 Marie Marguerite Morin (†1714). De cette union naissent :

Notes et références

  1. Olivier Chaline Le règne de Louis XIV, Editions Flammarion, 2005.

Sources et bibliographie

  • Daniel Dessert, La Royale, Fayard, Paris, 1996.

Voir aussi

Liens internes

Lien externe