Johann Christoph Gottsched


Johann Christoph Gottsched
Johann Christoph Gottsched
Johann Christoph Gottsched.jpg
Activités Critique, grammairien et poète
Naissance 1700, Kœnigsberg
Décès 1766
Leipzig
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Luise Gottsched

Johann Christoph Gottsched, né le 2 février 1700 à Judithen Kirch près de Kœnigsberg et mort le 12 décembre 1766 à Leipzig, est un critique, grammairien et homme de lettres allemand.

Fils d’un ministre protestant et destiné à l’état ecclésiastique, Gottsched abandonna la théologie pour la philosophie et la littérature, et quitta la Prusse pour échapper au service militaire. Il fut précepteur des enfants du savant Mencke à Leipzig, puis professeur à l’Université.

Critique dont l'influence fut considérable, Gottsched se fit un nom par la part très vive qu’il prit aux débats littéraires de son temps. Il s’efforça d’épurer à la fois la langue allemande, condamnant l’emploi d’une foule de mots étrangers, sa littérature et surtout le théâtre au moyen de l’imitation des auteurs classiques français dont il était partisan déclaré. Prêchant surtout la pureté de la langue, la clarté, l’élégance du style, il proscrivit du théâtre les rôles bouffons dont l’arlequin national, le fameux Hans Wurst (Jean-Saucisse), était le type populaire. Gottsched soutint ces idées, souvent sans modération, dans différents journaux : le Spectateur de Leipzig, le Patriote de Hambourg, et surtout die vernünftigen Tandlerinnen (les Critiques raisonnables), dont il était le rédacteur principal, manifestes de l’École saxonne, qui le reconnaissait pour chef.

Gottsched eut de redoutables adversaires, en la personne de deux écrivains distingués, Bodmer et Breitinger, qui fondèrent ou plutôt, défendirent l’École suisse, avec les œuvres et le nom de Haller pour soutiens. Celle-ci opposait à l’imitation française l’influence de la littérature anglaise. Bodmer avait traduit Milton, et Gottsched dirigeait contre l’épopée anglaise des arguments empruntés à Voltaire. Il s’agissait donc moins, dans ce début, d’affranchir la littérature nationale que de choisir l’influence à laquelle il convenait de la soumettre. L’école de Gottsched fut définitivement vaincue par l’ascendant de Lessing et de Klopstock qui, également hostiles à toute imitation étrangère, se prononcèrent pourtant pour l’école suisse, parce que les modèles qu’elle cherchait en Angleterre étaient plus conformes au génie national.

La réputation de Gottsched a beaucoup souffert de la défaite du parti de l’imitation française ; son prestige et sa chute sont parfaitement marqués par le mot de Gellert : « II fut un temps où j’aurais donné tout au monde pour être loué de Gottsched, et maintenant je donnerais tout au monde pour être débarrassé de ses louanges. » Celui-ci n’en a pas moins rendu des services réels à la littérature de son pays. Germaine de Staël, qui l’appelle « un savant sans goût et sans génie », à cause de l’opinion qu’il soutint, convint « qu’il jaillit une grande lumière de la lutte des deux écoles ».

Gottsched garde également, comme grammairien, un rang distingué, et l’autorité dont il a joui comme critique est souvent justifiée. Ses traités sur l’Art poétique (Kritische Dichkunst, Leipzig, 1730), sur l’Éloquence (Redekunst, Hanovre, 1728), sa Grammaire surtout (Sprachkunst Leipzig, 1748), furent des livres utiles et le dernier connut six éditions.

Ses Beitrage zur kritischen Historie der deutschen Sprache, Poesie und Beredsamkeit (Essais d’histoire critique de la langue, de la poésie et de l’éloquence, Ibid., 1732-1744, 8 vol.), sa Neuer Buchersaal der schönen Wissenschaften (Nouvelle Bibliothèque des lettres et des arts, Ibid., 1745-1754, 10 vol.), etc., ont longtemps offert un véritable intérêt littéraire.

Au théâtre, son Sterbender Cato (Caton mourant, Leipzig, 1732), connut dix éditions successives. Il a également laissé une Iphigénie imitée de Racine. Il a laissé en outre des poésies lyriques (Gedichte, Ibid., 1736 ; Neueste Gedichte, Königsberg 1750), une traduction en allemand moderne du Reineke le Renart d’Henri d’Akmar (Leipzig et Amsterdam, 1752, pet. in-fol. avec gravures) ; des Discours et des Lettres sur l’histoire littéraire.

Il était l’époux de la femme de lettres et traductrice Luise Gottsched.

Œuvres

Œuvres théoriques

  • Versuch einer critischen Dichtkunst vor die Deutschen, Leipzig 1730 (Digitalisat der Auflage Leipzig 1751)
  • Erste Gründe der gesamten Weltweisheit, Leipzig, 1733
  • Ausführliche Redekunst, Leipzig, 1736
  • Grundlegung einer deutschen Sprachkunst, Leipzig, 1748

Œuvres littéraires

  • Sterbender Cato (1732)

Revues

  • Die Tadlerinnen. 1725-1726, Olms, Hildesheim, 1993.
  • Der Biedermann. 1727-1729, Metzler, Stuttgart 1997, ISBN 3-476-00317-5.
  • Beiträge zur critischen Historie der deutschen Sprache, Poesie und Beredsamkeit, Olms, Hildesheim, 1970.
  • Neuer Büchersaal der schönen Wissenschaften und freyen Künste. 1745-1750, Saur (MF-Ausgabe), München, 1994.
  • Das Neueste aus der anmuthigen Gelehrsamkeit. 1751-1762, Saur (MF-Ausgabe), München, 1994.

Autres

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Gedächtnissrede auf den unsterblich verdienten Dom Herrn in Frauenberg, Nicolaus Copernicus, Leipzig, 1743.
  • Herrn Peter Baylens, weyland Professors der Philosophie und Historie zu Rotterdam, Dictionnaire historique et critique, nach der neuesten Auflage von 1740 ins Deutsche übersetzt; auch mit einer Vorrede und verschiedenen Anmerkungen sonderlich bey anstößigen Stellen versehen, von Johann Christoph Gottscheden... in vier Teilen, Leipzig, Breitkopf, 1741-1744.
  • Handlexikon oder kurzgefaßtes Wörterbuch der schönen Wissenschaften und freyen Künste, Leipzig, Gleditsch, 1760.

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Johann Christoph Gottsched de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Johann Christoph Gottsched — (* 2. Februar 1700 in Juditten, Herzogtum Preußen; † 12. Dezember 1766 in Leipzig, Kurfürstentum Sachsen) war ein deutscher Schriftsteller, Dramaturg und Literaturtheoretiker in der Frühzeit der Aufklärung …   Deutsch Wikipedia

  • Johann Christoph Gottsched — Johann Gottsched. Johann Christoph Gottsched (2 de febrero de 1700 12 de diciembre de 1766) fue un escritor, dramaturgo y crítico alemán. Nació en Juditten, cerca de Königsberg, hijo de un pastor luterano. Estudió filosofía e historia en la… …   Wikipedia Español

  • Johann Christoph Gottsched — Infobox Person name=Johann Christoph Gottsched caption=Johann Christoph Gottsched dead=dead birth date=birth date|1700|2|2|mf=y birth place=Juditten, Prussia death date=death date and age|1766|12|12|1700|2|2|mf=y death place=Leipzig,… …   Wikipedia

  • Johann Christoph Rost — (* 7. April 1717 in Leipzig; † 19. Juni 1765 in Dresden) war ein deutscher Dichter. Inhaltsverzeichnis 1 Leben 2 Werke 3 Weblinks 4 …   Deutsch Wikipedia

  • Gottsched, Johann Christoph — (1700 1766)    Scholar, playwright. Gottsched was a pastor s son who, as a professor at the University of Leipzig, had a missionary zeal to reform the German theater; with Caroline Neuber in the mid 18th century, he realized his missionary goals …   Historical dictionary of German Theatre

  • Gottsched, Johann Christoph — ▪ German literary critic born Feb. 2, 1700, Judithenkirch, near Königsberg, Prussia [now Kaliningrad, Russia] died Dec. 12, 1766, Leipzig, Saxony [Germany]       literary theorist, critic, and dramatist who introduced French 18th century… …   Universalium

  • GOTTSCHED, JOHANN CHRISTOPH —    a German literary notability, born near Königsberg, professor of philosophy and belles lettres at Leipzig; was throughout his life the literary dictator of Germany; did much to vindicate the rights and protect the purity of the German tongue,… …   The Nuttall Encyclopaedia

  • Johann Balthasar Antesperg — (* 1682 im Ort Antesperg bei Wiesing, damals Teil des Hochstifts Passau; † 31. August 1765 in Wien) war Sprachforscher und Hoflehrer am habsburgischen Kaiserhof in Wien sowie Herausgeber einer deutschen Grammatik und Rechtschreibung auf Basis der …   Deutsch Wikipedia

  • Johann Jacob Bodmer — Johann Jakob Bodmer in jüngeren Jahren Johann Jakob Bodmer als älterer Mann Johann Jakob Bodmer (* 19. Juli 1698 in …   Deutsch Wikipedia

  • GOTTSCHED (J. C.) — GOTTSCHED JOHANN CHRISTOPH (1700 1766) Tenu jusqu’en 1740 pour le pape de la littérature, Gottsched est peu après attaqué de toutes parts: ses disciples l’abandonnent, la troupe de comédiens avec laquelle il travaillait le tourne sur scène en… …   Encyclopédie Universelle


Share the article and excerpts

Direct link
Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.