Amazighes

Amazighes

Berbères

Berbères
Imazighen
Berbero.jpg
Populations significatives par régions
Maroc Maroc
Algérie Algérie
France France
Niger Niger
Mali Mali
Burkina Faso Burkina Faso
drapeau de la Libye Libye
Tunisie Tunisie
Mauritanie Mauritanie
Égypte Égypte
Population totale
45 millions (+ 44 millions d'arabisés)
Région d'origine
Afrique du Nord , Montagnes de l'Atlas.
Langue(s)
Langues berbères (tamazight, chleuh, kabyle, rifain, chaoui, variantes touarègues, etc)
Religion(s)
islam, christianisme, judaïsme

Les Berbères ou Imazighen sont un ensemble d'ethnies autochtones d'Afrique du Nord. Ils occupaient à une certaine époque un large territoire allant de l'ouest de la vallée de Nil jusqu'à l'Atlantique et l'ensemble du Sahara et y fondèrent de puissants royaumes, formés de tribus confédérées. Ils connurent ensuite l'occupation romaine, la christianisation, l'invasion vandale avant de se convertir à la religion islamique.

Plus réduites, les zones berbérophones sont, aujourd'hui, inégalement réparties dans des pays tels que le Maroc, l'Algérie , la Libye , la Tunisie et l'Égypte. Les langues berbères forment une branche de la famille des langues afro-asiatiques. Autrefois, leur alphabet était le tifinagh, encore utilisé par les Touaregs.

Dans l'antiquité, les Berbères étaient connus sous les noms de Libyens, Maures, Gétules, Garamantes et Numides.

Sommaire

Étymologie

Étymologie du mot berbère

Le nom de « Berbère » apparaissant pour la première fois explicitement après la fin de l'Empire romain, la pertinence de son usage pour la période précédente n'est pas admise par tous les historiens de l'antiquité[1].

L'usage du terme s'est répandu à la période suivant l'arrivée des Vandales lors des grandes invasions. Qualifiés de « Barbares » par les Romains, en Afrique romaine, et en provenance de la péninsule Ibérique où leurs campements furent soumis aux attaques répétées des Romains. Sur les hauteurs à l'Est de la Numidie fut assemblée la coalition numido-vandale, qui prendra Carthage et supprimera l'influence de Rome sur toute l'Afrique. Le récit du consul romain en Afrique fit référence pour la 1re fois du terme de « Barbare » pour décrire les Numides. Les historiens Arabes, quelque temps après, vont les nommer Berbères[2].

Étymologie du mot Imazighen

Le mot désigne l'ancêtre Amzigh, d'après Ibn Hazm et Ibn Khaldoun. Amazigh est le patriarche du peuple berbère dans la généalogie, qui a été établie par ces deux éminents historiens.

L'équivalent en berbère est Imazighen (Imaziγen), pluriel de amazigh, signifiant « homme libre ». Le terme amazigh/imazighen a été perdu chez certaines ethnies berbères mais est resté présent chez des berbères du Maroc et d'Algérie[3]. L'utilisation de ce terme a été ravivée à partir des années 1940 avec l'émergence du mouvement berbériste Kabyle[4]. Ces termes, et leurs néologismes, se sont généralisés et ont été adoptés par les Berbères.

Origines

Le Medracen, à Batna, est un un mausolée numide, l'un des plus anciens monuments de l'actuelle Algérie (300 av. J.-C.)

La question de l’origine des Berbères s’est posée tout au long de l’histoire de l’Afrique du Nord.

Selon les récits de l'Antiquité notamment Hérodote (5éme siécle av JC), relatant les informations collectées pendant ses voyages en Afrique du Nord, les Lybiens (terme générique pour NA) se disaient descendre des Troyens, par ailleurs le terme de "Maxies" était utilisé par les africains pour se dénommer.

Au Moyen Âge les théses s'appuyaient sur des récits bibliques, ainsi que sur des références historiques comme Ibn Khaldoun qui donnait à ce peuple une origine sémite.

Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs auteurs lui attribuèrent une origine européenne et nordique.

Recherches modernes

Actuellement, plusieurs études — génétiques, anthropologiques et linguistiques — sont menées : des datations au carbone 14 sur d'anciens fossiles, des tests génétiques sur les populations modernes, mais aussi sur des ossements, et enfin des études comparatives entre la langue berbère avec les autres langues sont les moyens utilisés. Ces études génétiques ainsi que les écrits d'historiens tels que Gabriel Camps et Charles-André Julien tendent à prouver que les Nord-Africains actuels (arabophones ou berbérophones) descendent des Berbères.

Selon les théories génétiques

Les migrations humaines suivant l'ADNmt

Le chromosome Y est transmis de père en fils, l'étude des polymorphismes présents permet en théorie de suivre la lignée mâle — directe — d'une famille, d'une ethnie ou d'une espèce.

La majorité des Nords-Africains berbérophones et arabophones ont le chromosome Y E3b2 (m81) (60 % à 80 %)[5] et J* (respectivement 42 % et 20 %) d'origine majoritairement néolithique[6]. L'haplogroupe E3b2 est spécifique aux Berbères et voit sa fréquence décroître d'Ouest en Est[7]. Son origine est l'haplogroupe E3b d'Afrique orientale qui date de 10 000 ans[8].

L'ADN mitochondrial étant essentiellement transmis de mère à fille, son étude génétique permet de suivre la lignée maternelle — directe — d'une famille, d'une ethnie ou d'une espèce. La majorité des Berbères ont un ADN mitochondrial d'origine ouest-eurasienne[9]. La lignée maternelle directe des Berbères la plus ancienne date du paléolithique (30 000 ans avant notre ère) représentée par l'haplogroupe U6 (d'origine ouest-eurasienne)[10]. Cet haplogroupe est spécifique aux Berbères et sa fréquence s'accroît quand on va à l'Ouest.

L'ADN autosomal permet de déterminer l'affinité génétique de certaines populations humaines par rapport à d'autres. À l'exception des Touaregs, la majorité des Berbères sont génétiquement plus proches des Européens et des Moyen-Orientaux que des autres populations humaines — les Touaregs se situant dans une position intermédiaire entre les sub-sahariens et le reste des Berbères[11],[12].

Anthropologie

Mechta el Arbi a été trouvé près de Constantine

Au Paléolithique, vivait l'homme de Taforalt et celui d'Afalou : ils étaient de type « cromagnoïde[13] ». Des tests génétiques sur les squelettes de Taforalt ont confirmé l'origine ouest-eurasienne de ce type anthropologique[14].

Au Néolithique, selon M.C. Chamla, l'Afalou fut remplacé par le Capsien de type « méditerranoïde » venant de l'est de la Tunisie. La culture capsienne est souvent décrite comme proto-berbère[15].

Linguistique

Article détaillé : Berbère.

La langue berbère appartient à la famille des langues afro-asiatiques (langues couchitiques, copte, langues sémitiques, langues tchadiques…).

La majorité des linguistes sont arrivés à la conclusion que l’afro-asiatique vient d’Afrique orientale[16],[17]. Le proto-Afrasien (afro-asiatique) remonte à 10 000 ans selon certains et 17 000 selon d’autres[18].

Ouvrages

De nombreux ouvrages traitent de ou des origines des différentes ethnies berbères allant de l'Afrique sub-saharienne à l'Égypte en passant par le Maghreb (voir aussi bibliographie et livres en ligne en liens externes).

Dans son ouvrage "The Muslim conquest and settlement of North Africa and Spain", Abd al-Wāḥid Dhannūn Ṭāhā , s'appuyant sur plusieurs sources bibliographiques dont celles d'Ibn Khaldoun, apporte entre autres des informations sur la classification des différentes tribus et branches tribales berbères, sur les personnages et les circonstances de la conquête ainsi que les différentes tribus ou ethnies (arabes, berbères et sub-africaines) ayant participé à la prise de l'Espagne wisigoth [19] (lire aussi les ouvrages en liens externes).

Récits de l'Antiquité et du Moyen Âge

Selon Salluste

Un Libyen peint sur la tombe de Séthi Ier

Salluste consacra les chapitres XVII et XIX de son ouvrage La Guerre de Jugurtha à une digression sur le pays de l'Afrique du Nord et ses habitants, d'après les traditions numides et les livres puniques du roi Hiempsal II. Après une description du pays — limites, climat, faune et flore —, l'historien présente les Gétules et les Libyens comme les premiers habitants de l'Afrique, « rudes, grossiers, nourris de la chair des fauves, mangeant de l'herbe comme des bêtes. » Le demi-dieu Hercule mourut en Espagne selon la « croyance africaine », et son armée composée de divers peuples se démantela. Les Mèdes, les Perses, les Arméniens de son armée passèrent par bateau en Afrique et s'établirent sur la côte.

Les Perses s'établirent à l'Ouest, « plus près de l'Océan », habitant dans les coques renversées de leurs bateaux, faute de matériel de construction. Ils s'allièrent par mariage avec les Gétules. Conduits à se déplacer sans cesse, ils se donnèrent le nom de « Nomades » (Numides). Salluste tient pour preuve de ce récit les habitations des paysans numides, rappelant celles des coques renversées de l'armée d'Hercule.

Les Mèdes et les Arméniens s'unirent aux Libyens. Ils « bâtirent des places fortes » et « pratiquaient des échanges commerciaux avec l'Espagne ». Altérant le nom des Mèdes, les Libyens indigènes se seraient mis à les appeler Maures. Par la suite, les Perses et les Gétules grandirent en puissance et s'installèrent à l'Ouest de Carthage sous le nom de Numides. Enfin, ils annexèrent la Libye. La presque totalité du Nord de l'Afrique fut annexée par les Numides, « les vaincus se fondirent avec les vainqueurs, qui leur donnèrent leur nom de Numides ».

Selon Hérodote

Hérodote (484-425 av. J.-C.) dit que les Maxyes — les Berbères — prétendent descendre des Troyens.

Selon Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun, photo de la statue d'Ibn Khaldoun à Tunis, il a consacré sa vie à l'étude de l'histoire des Berbères


Ibn Khaldoun (1332-1406) fait remonter l'origine des Berbères à Mazigh fils de Canaan. D'après lui, ils descendent de Canaan, fils de Cham. Ibn Khaldoun fait une étude comparative des différents généalogistes arabes et berbères existant bien avant lui et tire sa propre analyse sur l'origine des Berbères. Dans son livre sur l'Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun cite presque tous les travaux déjà faits sur la généalogie ancienne[2]. Ibn Khaldoun désigne deux grandes familles : Madghis (Medghassen) et Barnis[2] [20].

XIX-XXe siècle

Le Mausolée Royal de Maurétanie, surnommé tombeau de la Chrétienne, face Est à Tipaza en Algérie

Le premier auteur a avoir évoqué l'origine nordique des Berbères fut Thomas Shaw dans son ouvrage Travels or Observations Relating to Several Parts of Barbary and the Levant publié en 1738. Selon lui, les berbères blonds descendaient des Vandales de Genséric, retirés dans les montagnes après qu'ils eurent été défaits par Bélisaire. Un siècle plus tard, un autre texte fondateur de l'origine nordique des Berbères fut l'article de Laurent-Charles Féraud intitulé Monuments dits celtiques dans la province de Constantine et publié en 1863 où il suggérait que les Berbères blonds descendaient des Gaulois mercenaires de Rome, à cause de la présence des dolmens en Algérie. Par la suite, le docteur Lucien Bertholon, qui consacra sa vie à l'anthropologie berbère, même s'il n'en continuait pas moins à affirmer l'origine Nordique des Berbères, en fit les descendants des peuples égéens[21].

Contrairement à ces auteurs, l'anthropologue italien Giuseppe Sergi ne pensait pas que les Berbères provenaient du Nord, mais au contraire, que les Nordiques provenaient du Sud. Pour Sergi, il existait une race méditerranéenne, originaire d'Afrique, dont était issue la race nordique; cette race méditerranéenne étant elle-même issue des Chamites, qui occupaient le nord de l'Afrique[22].

Les théories de l'origine nordique de Berbères furent reprises, dans la première moitié du XXe siècle, par certains auteurs allemands. Ainsi Hans Günther[23], raciologue du Troisième Reich, ou encore Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme considéraient les Berbères comme descendants des peuples Aryens atlanto-nordiques[24].

Pour Henri Vallois écrivant en 1944, il était également certain que les « Berbères blonds » appartenaient à la race nordique[25].

Pour certains savants, comme Armand de Quatrefages et Ernest Hamy dans un ouvrage de 1882, les Kabyles d’Algérie seraient les descendants à peine modifiés de l’homme de Cro-Magnon[26].

Écritures tifinagh anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.

Groupes ethniques

Les Berbères sont dispersés en plusieurs groupes ethniques en Afrique du Nord:

Berbères au pluriel

Carte de l'Empire Almoravides au début de leur pénétration

Plusieurs nations sont venues partager le mode de vie des Berbères. Selon Salluste, les Maures faisaient partie de l'armée d'Hercule venus d'Espagne[27] composé des Perses, d'Arméniens, et de Mèdes[28]. Ils se sont mêlés aux populations autochtones Gétules du Maghreb actuel. Ils se sont installés dans les montagnes du Maroc et aux Aurès en Algérie et en Libye. Il s'ensuit plusieurs ethnies qui se sont fondues dans les tribus berbères comme les Phéniciens, les Vandales, les Juifs, les Byzantins, les Romains, les Arabes, les peuples d'Afrique, les Européens, les Turcs, etc[29],[30].

Répartition géographique des berbérophones

Tlemcen fut la capitale Abdalwadides(connue par Zianides), elle abrite plusieurs berbères

Le nombre de berbérophone est difficile à évaluer en l'absence de recensements linguistiques fiables. On entend par berbérophone ceux qui ont le berbère pour langue maternelle.

  • Au Maroc, 15 à 18 millions de berbérophones[31][32].
  • En Algérie, 7 à 8 millions de berbérophones[31][32] Les berbérophones Chaouis sont environ 2 870 000 en 2005[33].
  • En France, 40% des immigrés d'origine algérienne et de 50% des immigrés d'origine marocaine selon les sources[32],[34]
  • Les Touaregs en Afrique subsaharienne, représentent environ 3 millions de berbérophones[35].

Au Maroc, les populations berbérophones se situent principalement dans les régions rurales est montagneuse. On peut distinguer trois zones: ente le Haut-Atlas et l'Anti-Atlas où on parle le chleuh, dans le Moyen Atlas le Tamazigh, et dans la vallée du Rif, le tarifit. En Algérie, elles se situent en Kabylie à l'est d'Alger et dans le massif des de l'Aurès où l'on parle chaouia.

Histoire

Article détaillé : Histoire des Berbères.
Ibn Battuta, il a été un grand voyageur et écrivain à l'époque des Mérinides
Portrait du roi Massinissa.

Les groupes liés de près et de loin avec les Berbères dans l'histoire sont:

Préhistoire

Articles détaillés : Algérie, Libye, Maroc, Tunisie et Homo sapiens.
Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne

La préhistoire se définissant comme les époques précédant l'invention ou l'usage de l'écriture, de la production de documents écrits transmettant la mémoire aux générations à venir, la préhistoire des peuples berbères à l'ouest de la vallée du Nil se recoupe avec une grande partie de l'histoire de l'Égypte ancienne. Dans les textes égyptiens, ces peuples apparaissent sous les noms de Libou, Tehenou, Temehou, Machaouach[44]. Un chef libou (libyen) monta sur le trône d'Égypte en tant que Sheshonq Ier, fondant la XXIIe dynastie égyptienne. De ce côté, il est donc possible de dire que les berbères entrent dans l'histoire.

Antiquité

Extension du territoire carthaginois avant la Première Guerre punique vers 264 av. J.-C.
Ruines des thermes d'Antonin, Carthage en Tunisie

Les Berbères, formés de plusieurs confédérations dont les Gétules, les Garamantes, les Libyens, etc., dispersés dans le vaste territoire du Maghreb actuel depuis les temps anciens, vont connaître des relations culturelles avec les Phéniciens ( ce qui donnera la civilisation carthaginoise), l' Afrique noire, l'Égypte ancienne, la Grèce antique, etc. Le monument Madracen date de 300 av.J-C[45] appartiendrait donc à la grande archéologie méditerranéenne de l'époque hellénistique manifestant un goût archaïsant, mais aussi une très bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus récent comme en témoigne la présence d'une gorge égyptienne[46].Mais le monument pose un gigantesque problème qui demeure non résolu[47].

Durant les Phéniciens, plusieurs villes portuaires sont construites dont Carthage.

Le roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C.)

La Première Guerre punique se déclenche par la suite. Massinissa forme le premier État dont le nom est la Numidie. Plusieurs Guerres puniques se déclenchent en Afrique du Nord pendant l'Antiquité. Durant l'ère pré-romaine, plusieurs États indépendants se succédèrent (Massaesyles, Massyles, Maures(berbères nomades), etc.). Plusieurs provinces connues sous les noms: la province romaine d’Afrique correspondait au territoire naturel de Carthage et la côte ouest de la Libye (l’Africa Vetus et de l’Africa Nova, sera divisée par Dioclétien en trois : la Tripolitaine, la Byzacène et l'Afrique Proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.), la Numidie, la Maurétanie désigne le territoire des Maures dans l'Antiquité. Il s'étendait sur le Nord-ouest et central de l'actuelle Algérie, et une partie du Nord marocain actuel.

Le roi Massinissa[48] unifie la Numidie[49],[50],[51]. Il fond la capitale Cirta. Au cours de la Deuxième guerre punique, les Massaesyles, commandés par Syphax, sont alliés à Carthage, tandis que les Massyles, commandés par Massinissa, s'allient à Rome, après avoir été spoliés par Syphax. À la fin de la guerre, les Romains attribuent tout le territoire numide à Massinissa. Son nouveau territoire entoure désormais celui de Carthage, sauf du côté de la mer.

En -148, à la mort de Massinissa, Scipion Émilien partage la Numidie entre les trois fils du roi. De même, Rome oblige Micipsa, dernier fils de Massinissa, à partager sa part entre ses deux fils et le fils naturel de son frère, Jugurtha. Ce dernier, voulant restaurer l'unité du royaume, fait assassiner ses cousins, et, en -113, se rebelle contre Rome à qui il va infliger de sévères défaites au cours d'une guerre longue et difficile qui durera de -111 à -105. Incapables de remporter une victoire militaire, les Romains usent de traîtrise pour le capturer. En -105, à la faveur d'un guet-apens, Jugurtha est livré par Bocchus, son beau-père et jusque-là son allié, à Sylla qui avait soudoyé l'entourage de ce dernier. La Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

Par la suite, les Romains pénètrent dans le Maghreb actuel vers le début de notre ère. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces Par la suite les Vandales et les Byzantins envahissent une partie du Maghreb actuel.

La Numidie

Article détaillé : Numidie.
Carte représentant la Numidie Occidentale (en vert) et la Numidie Orientale (en jaune) gouvernées respectivement par Syphax et Gaïa en -220 avant notre ère
Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est), et Africa (à l'est) au premier siècle de notre ère

Au IIIe siècle av. J.-C., l'Afrique du Nord était divisée en trois royaumes berbères : celui des Maures avec royaume de Maurétanie qui s'étend de l'Atlantique au fleuve Mulucha, au centre celui des Masaesyles, entre le Mulucha et la rivière Amsaga, sur lequel règne le roi Syphax et enfin, à l'Est près de Carthage, le royaume des Massyles, entre la rivière Ampsaga(Oued-el-Kebir) et les territoires de Carthage.

Les Masaesyles et les Massyles s'affrontèrent, en 203 av. J.-C. à la fin de la seconde guerre punique, suite à laquelle Massinissa, chef des Massyles, contribua de façon décisive à la victoire de l'Empire romain sur Carthage, Massinissa parvint dès lors à unifier la Numidie qui s'étendit alors du fleuve Moulouya à l'Ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'Est . Il réussit sous sa conduite à préserver l'indépendance de son royaume en jouant habilement de la rivalité régionale qui prévalait à l'époque, tout en lui garantissant une prospérité économique certaine, grâce au remarquable développement de l'agriculture et de l'élevage. Sur le plan de l'organisation politique, Massinissa plaça à la tête de chaque province un gouverneur et à la tête de chaque tribu un « Amokrane » (le chef). Son conseil, formé de dix personnes, le seconda efficacement dans sa politique et son administration générale. Au nombre de ces dix conseillers il avait trois de ses fils : Micipsa qui le suppléait en plusieurs affaires, Gulussa, chargé de la conduite des armées et Mastanabal chargé du trésor royal. Il mit en circulation une monnaie frappée à son effigie, « avec des traits réguliers, un œil largement ouvert sous un sourcil assez épais, des cheveux abondants et bouclés, une barbe allongée et bien taillée ». Le règne de Massinissa prit fin lorsqu'il mourut en 148 av. J.-C..

Mausolée royal de Maurétanie, construit probablement entre Bocchus 1er à Juba II, 100 av. J.-C. et 25 av. J.-C.

Ainsi après la mort du grand roi fondateur, une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome se produisit et qui plaça la Numidie dans des troubles politiques. Micipsa, fils de Massinissa succédera au trône de son père. Durant son règne, il fit envoyer le très populaire Jugurtha, petit-fils de Massinissa, comme représentant en Ibérie pour l'éloigner du pouvoir. Micipsa nomme Gulussa vice-roi et ministre de la Guerre et Mastanabal vice-roi et ministre de la justice. Après le bref règne de Micipsa, ses deux fils Adherbal et Hiempsal finissent par détruire tout le travail d'unification de Massinissa en divisant la Numidie de nouveau en Numidie orientale et occidentale. La crise politique encore larvée à ce stade entre Rome et la Numidie, finit par se déclarer officiellement lorsque Jugurtha, le très populaire petit-fils de Massinissa revient en Numidie et se saisit du pouvoir par la force en 118 av. J.-C., en s'attaquant aux petits-fils de Massinissa (tuant Hiempsal et expulsant Adherbal qui s'enfuit à Rome) pour réunifier la Numidie et la remettre sur le chemin de la stabilité et du développement.

L'effigie de Jugurtha
Syphax reçoit Scipion l'Africain. Fresque d'Alessandro Allori

Rome qui ne voit pas d'un bon œil cette réunification, se met alors à chercher des problèmes politiques à Jugurtha, en lui demandant de s'expliquer sur sa prise de pouvoir violente et l'expulsion d'Adherbal qui se réfugia chez eux. Jugurtha aurait répliqué dans son entourage qu'il est une chose qu'il avait apprise des Romains lors de son séjour en Ibérie : « Roma est urbs venalia » (trad. « Rome est une ville à acheter »), faisant ainsi référence à l'étendue de la corruption chez les officiels romains. C'est ainsi que Jugurtha se résout à acheter un répit en offrant de l'argent à des membres de la classe politique romaine pour les corrompre. Rome accepte alors de le laisser régner, mais seulement à condition que la Numidie reste divisée. Elle lui offre la reconnaissance diplomatique sur la Numidie occidentale, à condition de remettre Adherbal sur le trône en Numidie orientale. Jugurtha accepta dans un premier temps l'offre de Rome. Cependant, son intention de restaurer la Numidie unifiée demeure forte, ce qui le conduisit incessamment à envahir en 112 av. J.-C. la Numidie orientale, réunifiant ainsi de nouveau la Numidie. Au passage il fit exécuter plusieurs hommes d'affaires romains opérant en Numidie orientale. Le gouvernement romain, furieux d'un tel développement, est sur le point de lui déclarer la guerre, lorsque Jugurtha réussit une nouvelle fois avec grande habileté à corrompre les responsables en place à Rome. Cela a pour conséquence d'atténuer l'animosité qui s'était emparée de la classe politique romaine à son encontre, et même de lui procurer un traité de paix avantageux. Toutefois, ce traité sera aussitôt remis en cause, après les profonds changements que connut la classe dirigeante romaine ; excédé, Jugurtha fit exécuter Adherbal en réponse à cet acte. La classe politique romaine se déchaîne alors et finit par demander l'invasion de la Numidie. Rome envoie alors le consul Metellus en Numidie à la tête de plusieurs légions pour punir Jugurtha et le déposer. Jugurtha parvint avec intelligence à résister durant des années, en combinant des manœuvres militaires face aux Romains et politiques avec son voisin de l'ouest, le roi BocchusIer de Maurétanie. L'adjoint du consul Metellus, Gaius Marius, entrevoyant une opportunité, retourne à Rome pour se plaindre de l'inefficacité suspecte de son chef et demande à être élu consul à sa place, ce qu'il obtint. C'est alors que Gaius Marius envoie son questeur, Lucius Cornelius Sulla, en mission en Maurétanie pour négocier l'aide de Bocchus Ier. Bocchus accepte alors de trahir Jugurtha, et aide les Romains à le capturer dans un guet-apens. Jugurtha est alors envoyé à la fameuse prison de Tullianum. Il fut exécuté tout de suite après la tradition du triomphe romain en 104 av. J.-C. à la prison de Tullianum. Dès lors, la Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

Buste du roi érudit Juba II exposé au musée de Cherchell.
Amphithéâtre d'El Jem comme apothéose de la culture romaine en Tunisie

La situation perdure jusqu'à la guerre civile entre Jules César et Pompée. Juba Ier, partisan de Pompée, perd son royaume en -46 après la défaite de Thapsus contre César. César accorde à Sittius un territoire vaste autour de Cirta (Constantine). La Numidie devient alors la province d’Africa nova, jusqu'à ce qu'Auguste réunisse les deux provinces en un seul ensemble, l'Afrique proconsulaire. Cette dernière est dirigée par un proconsul, qui conduisit un moment l'armée d'Afrique. Auguste rend son royaume à Juba II, fils du précédent, après la bataille d'Actium (-31). En -25, Juba II reçoit le trône de Maurétanie, et la Numidie est partagée entre la Maurétanie et la province d'Afrique. La partie intégrée à la province d'Afrique en constitue une région et, en théorie, n'a pas d'autonomie administrative, puisqu'elle dépend du proconsul assisté de légats.

Par la suite, les Romains pénètrent dans le Maghreb actuel vers le début de notre ère. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces :

  • Maurétanie Césarienne, qui correspond à l'Algérie centrale et occidentale. La capitale était Caesarea (actuelle Cherchel ou Cherchell).
  • Maurétanie Sitifienne, créée par Dioclétien pour la partie orientale de la Maurétanie Césarienne avec Sitifis (actuelle Sétif en Algérie) comme capitale.
  • Maurétanie Tingitane, qui correspond à peu près au Nord du Maroc actuel. Les villes principales sont Volubilis, Sala, Lixus, Banasa, Ceuta, Melilla et Tingis (actuelle Tanger) qui en était le chef-lieu. Elle fut attachée administrativement à la province d'Espagne (la Bétique).
  • Etc.

Lambèse fut la première capitale romaine, par la suite Timgad va être construite au temps de Trajan. L'agriculture se développe grâce à la plantation de plusieurs milliers d'oliviers pour faire de l'huile d'olive en Algérie. La civilisation berbère est à son apogée, plusieurs grandes villes sont construites au Nord au Sud dans le désert. La nationalité romaine est offerte aux Berbères, cela facilite l'intégration de certains nomades au monde romain[52]. Plusieurs mariages mixtes entre Romains et Berbères naturalisés sont célébrés dans les grandes villes. La pratique des cultes berbères est représentée dans les fresques romaines. De même, les jeux romains sont source de distraction et de joie pour la plupart des Berbères. De plus, les bains publics étaient un luxe pour tout le monde. À Timgad, il y avait vingt-sept bains[53]. Il n'y avait pas de remparts autour des villes pour faciliter les relations entre les Berbères et les Romains. Les arts sont développés par les artisans berbères (la céramique, la poterie, etc.). Plusieurs amphithéâtres sont construits. Le théâtre de Timgad pouvait contenir 4000 personnes de l' Aurès. La population globale de l'Aurès était estimée entre huit à dix-mille habitants, pendant les premières années de l'Empire romain en Afrique du Nord[53].

Timgad, vue d'ensemble, construite en 100 ap. J.-C par les Romains
Mausolée libyco-punique dans son état actuel à Dougga en Tunisie
Septime Sévère, d'origine berbère, a été empereur de Rome

Les populations se rebellent de nombreuses fois surtout les Zénètes, vers le début du premier siècle. Les Maghraoua auraient été très nombreux dans les environs d'Icosium (Alger)et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir.Ptolémée de Maurétanie, fera transférer une partie des Maghraoua vers le chlef[54]. Cela provoquent une succession d'actions militaires de Rome, soldées parfois par de graves défaites romaines.

Les alentours de Tlemcen auraient été composés des royaumes Gétules dans l'antiquité. Il auraient vécu dans cette partie du Maghreb[55]. Plusieurs rois Gétules purent contrebalancer l'Empire Romain. L'exemple du héros Tacfarinas, Vers 17 ans après J-C, Tacfarinas qui soulève tous les tribus Gétules[56] [7]. Tacfarinas mourut à Pomaria ( Tlemcen actuellement)[57] [8]. En effet, sept ans durant, Tacfarinas résiste aux Romains, malgré Tibère qui transfère une seconde légion pour appuyer la troisième légion Auguste (seule ensuite). Dès 39 apr. J.-C., Caligula confie la conduite de la région de Numidie à un représentant personnel — « légat de l'empereur » — chargé de commander la troisième légion Auguste. C'est ainsi qu'il met fin à une exception politique : celle d'une armée importante placée sous les ordres d'un proconsul et non d'un légat. Le Sénat perd la dernière légion qui était sous ses ordres. Bien que toujours officiellement intégrée à la province d'Afrique proconsulaire, la Numidie en constitue une région à part, placée sous l'autorité de son légat qui dirige la troisième légion Auguste et ne rend de compte qu'à l'empereur. C'est une province de fait, mais non de droit, statut relativement unique dans l'empire. Après 193, sous Septime Sévère, la Numidie est officiellement détachée de la province d'Afrique et constitue une province à part entière, gouvernée par un légat impérial. Sous Dioclétien, elle constitue une simple province dans la réorganisation tétrarchique, puis est brièvement divisée en deux : Numidie militaire et Numidie cirtéenne.

À l'époque du Bas-Empire romain, les Levathae (Luwata) se révèlent tellement agressifs que les Romains font élever un limes pour les contenir. Après la crise économique que vécut la grande cité romaine de Leptis Magna, la ville connut plusieurs razzias de la part des populations locales.

De 256 à 640, christianisme, invasion vandale

Saint Augustin d'origine berbère, il est l’un des principaux Pères de l’Église latine et l’un des 33 Docteurs de l'Eglise
Portrait du philosophe et théologien saint Augustin


Le christianisme apparaît vers l'an 256, et durant le siècle suivant, les populations des villes côtières algériennes, ainsi qu'une minorité de la population dans les campagnes se convertissent à la nouvelle religion.

En 313, les crises politiques et économiques poussent les populations à une nouvelle révolte qui sera encore une fois Amazigh. Mais cette fois la révolte est religieuse et politique. En effet, le donatisme (du nom de l'évêque Donatus) s'est développée en Algérie à Baghaï, dans les Aurès et en Tunisie : ses partisans refusent la réintégration dans l'Eglise des clercs ayant apostasié lors des persécutions du début du siècle [58] Le donatisme quittera rapidement le champ religieux pour devenir une opposition politique à Rome. En effet, les donatistes récusent la politique religieuse de Constantin Ier, le premier empereur romain chrétien, et, exigeant la séparation de l'État et de la religion, finissent par déclarer l'empereur comme étant le diable en personne. Ils rejettent aussi le rite romain.

Dès lors, Constantin envoie ses troupes les réduire au silence, dans ce qui est considéré comme la première persécution de chrétiens par d'autres chrétiens[59]. La répression ne fait qu'accroître le soutien populaire des donatistes; en 321 les légions romaines se retirent.

Toutefois vers l'an 340, l'idéologie donatiste donne naissance à une secte populaire, celle des "circoncellions", (ceux qui encerclent les fermes). Les donatistes, à l'instar des autres chrétiens, célébrant les martyrs, les circoncellions, ouvriers agricoles, deviennent des radicaux qui, considérant le martyre comme la plus grande vertu chrétienne, abandonnent toutes les autres valeurs (Humilité, Charité, Agape, etc). Leur but étant de mourir au combat, les circoncellions, munis de matraques de bois, - ils refusent de porter des armes en fer en vertu du précepte évangélique :" Qui a vécu par l'épée, périra par l'épée " - attaquent les voyageurs, cernent puis rançonnent les exploitations agricoles (d'où leur nom), tuant, violant, volant les stocks, exigeant l'affranchissement des esclaves. Lorsqu'ils n'arrivent pas à se faire tuer, ils se suicident en sautant du haut d'une falaise. Ce dérapage du culte donatiste noircit encore plus leur réputation à Rome.

Mouvement social autant que religieux, la secte des circoncellions, violemment réprimée, finit par disparaître vers le IVe siècle.

Invasion Vandales
L'apogée de l'Empire byzantin avec les conquêtes de Justinien.

En 395 l'Empire romain faisant face à de sérieux problèmes internes, qui réduisent le contrôle qu’exerçe Rome sur l’ Afrique du Nord, les donatistes, essaient de dominer la scène politique et religieuse. L'empereur les déclare hérétiques en 409 et leur enjoint de restituer toutes les églises en leur possession en Afrique du Nord. Il envoie plusieurs légions qui sont d'une férocité terrible envers les responsables religieux du culte, et parfois même envers la population locale. Saint Augustin, évêque catholique d'Hippone(actuellement Annaba), essaie de calmer la violence de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des donatistes. Malgré les appels pressants de plusieurs parties, les donatistes disparurent presque complètement de la scène religieuse, seule une minuscule communauté survivant dans la clandestinité jusqu'au VIe siècle.

Quelques années plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'Afrique du Nord sous la pression des Vandales. Le 28 août 430, Saint Augustin, l'un des derniers symboles de l'intégration de la population berbère au sein de l'Empire romain, trouve la mort durant le siège d'Annaba par les Vandales.

L'Empire byzantin annexe les provinces de l'Afrique du Nord notamment l'Ifriqiya, cela marque la fin du royaume des vandales et des Alains qui se réfugièrent dans l'ouest de leur royaume en Kabylie au nord de l'Algérie et s'intégrèrent peu à peu à la population berbère locale.

En 544, les Byzantins exerceront un pouvoir juste dans la province de Constantine et dans l'Ifriqiya. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants les Dejrawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awarbas, et les Zénètes[60].


Moyen Âge

Conquête arabo-musulmane

Article détaillé : Conquête_musulmane du Maghreb.


La première expédition arabe sur la Tunisie est lancée en 647[61]. En 661, une deuxième offensive se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafi Al Fihri, est décisive : ce dernier fonde la ville de Kairouan au cours de la même année[62] et cette ville devient la base des expéditions contre le nord et l’ouest du Maghreb[63]. L’invasion complète manque d’échouer avec la mort d’Ibn Nafi en 683[64]. Envoyé en 693 avec une puissante armée arabe, le général ghassanide Hassan Ibn Numan réussit à vaincre l’exarque et à prendre Carthage[65] en 695. Seuls résistent certains Berbères dirigés par la Kahena[66]. Les Byzantins, profitant de leur supériorité navale, débarquent une armée qui s’empare de Carthage en 696 pendant que la Kahena remporte une bataille contre les Arabes en 697[67]. Ces derniers, au prix d’un nouvel effort, finissent cependant par reprendre définitivement Carthage en 698 et par vaincre et tuer la Kahena[68].

Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Après avoir résisté, les Berbères se convertissent à la religion de leurs vainqueurs[69], principalement à travers leur recrutement dans les rangs de l’armée victorieuse. Des centres de formation religieuse s’organisent alors, comme à Kairouan, au sein des nouveaux ribats. On ne saurait toutefois estimer l’ampleur de ce mouvement d’adhésion à l’islam. D’ailleurs, refusant l’assimilation, nombreux sont ceux qui rejettent la religion dominante et adhèrent au kharidjisme, hérésie née en Orient et proclamant l’égalité de tous les musulmans sans distinction de race ni de classe[70]. La région reste une province omeyyade jusqu’en 750, quand la lutte entre Omeyyades et Abbassides voit ces derniers l’emporter[71]. De 767 à 776, les kharidjites berbères sous le commandement d’Abou Qurra s’emparent de tout le territoire, mais ils se retirent finalement dans leur royaume de Tlemcen, après avoir tué Omar ibn Hafs, surnommé Hezarmerd, dirigeant de la Tunisie à cette époque[72].

En 800, le calife abbasside Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l’émir Ibrahim ibn Al-Aghlab[73] et lui donne le droit de transmettre ses fonctions par voie héréditaire[74]. Al-Aghlab établit la dynastie des Aghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Le territoire bénéficie d’une indépendance formelle tout en reconnaissant la souveraineté abbasside[75]. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sa Grande mosquée, un centre intellectuel de haute renommée[76]. À la fin du règne de Ziadet Allah Ier (817-838), Tunis devient la capitale de l’émirat jusqu’en 909[77].

Appuyée par les tribus Kutama qui forment une armée fanatisée, l’action du prosélyte ismaélien Abu Abd Allah ach-Chi'i entraîne la disparition de l’émirat en une quinzaine d’années (893-909)[78]. En décembre 909, Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie des Fatimides, qui déclare usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme. L’État fatimide s’impose progressivement sur toute l’Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l’Afrique sub-saharienne. En 945, Abu Yazid, de la grande tribu des Banou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s’empare de la Sicile[79] en 948. Lorsque la dynastie fatimide déplace sa base vers l’est en 972, trois ans après la conquête finale de la région, et sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l’Ifriqiya, le calife Al-Muizz li-Dîn Allah confie à Bologhine ibn Ziri — fondateur de la dynastie des Zirides — le soin de gouverner la province en son nom. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide[79], ce qui culmine avec la rupture avec ce suzerain devenu lointain et inaugure l’ère de l’émancipation berbère[78]. L’envoi depuis l’Égypte de tribus arabes nomades sur l’Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison[78]. Les Hilaliens suivis des Banu Sulaym — dont le nombre total est estimé à 50 000 guerriers et 200 000 bédouins[78] — se mettent en route après que de véritables titres de propriété leur ont été distribués au nom du calife fatimide. Kairouan résiste pendant cinq ans avant d’être occupée et pillée. Le souverain se réfugie alors à Mahdia en 1057 tandis que les nomades continuent de se répandre en direction de l’Algérie, la vallée de la Medjerda restant la seule route fréquentée par les marchands[78]. Ayant échoué dans sa tentative pour s’établir dans la Sicile reprise par les Normands, la dynastie ziride s’efforce sans succès pendant 90 ans de récupérer une partie de son territoire pour organiser des expéditions de piraterie et s’enrichir grâce au commerce maritime.

Les historiens arabes sont unanimes à considérer cette migration comme l’événement le plus décisif du Moyen Âge maghrébin, caractérisé par une progression diffuse de familles entières qui a rompu l’équilibre traditionnel entre nomades et sédentaires berbères[78]. Les conséquences sociales et ethniques marquent ainsi définitivement l’histoire du Maghreb avec un métissage de la population. Depuis la seconde moitié du VIIe siècle, la langue arabe demeurait l’apanage des élites citadines et des gens de cour. Avec l’invasion hilalienne, les dialectes berbères sont plus ou moins influencés par l’arabisation, à commencer par ceux de l’Ifriqiya orientale[78].

Dynasties et grandes formations berbères

Selon Ibn Khaldoun, les Berbères se divisent en deux branches, les deux sont issues de leur ancêtre Mazigh. Les deux branches Botr et Barnès se seraient elle-mêmes subdivisées en tribus et auraient Medracen comme ancêtre ; chaque région du Maghreb étant constituée de plusieurs tribus. Les grandes tribus ou peuples berbères sont Sanhadja, Houaras, Zénète, Masmouda, Kutama, Awarba, Berghouata, Zouaouas, etc. Chaque tribu est décomposée en des sous-tribus, ayant une indépendance territoriale et décisionnelle[80],[81]

Plusieurs dynasties berbères ont émergé pendant le Moyen Âge au Maghreb, au Soudan, en Al-Andalus, en Italie, Au Mali, au Niger, au Sénégal, en Égypte, au Portugal, etc. Ibn Khaldoun fait un tableau résumant celles au Maghreb dont les dynasties berbères Zirides, Ifren, Maghraoua, Almoravide, Hammadides, Almohade, Mérinide, Abdalwadides, Wattassides, Meknassa, Hafsides, etc[82]. De plus, plusieurs chefs arabes et perses avaient des épouses berbères comme Idris, Ibn Rustom, etc. Ce qui donnera par la suite les dynasties Idrissides, Rostémides, etc. La dynastie des Ifrenides des (Banou Ifren) a été reconnue comme étant la seule qui a défendu les Africains dans le Maghreb[83].

Les Almohades ont pu faire l'unification religieuse du Maghreb. Et les berbères du Moyen Âge ont contribué à l'arabisation du Maghreb[84]. En revanche, lors de la dynastie des Zianides de Tlemcen, l'identité et la langue berbère étaient le centre d'intérêt du roi Yghomracen Ibn Zyan[85].

Les conflits berbères

Les Almohades, après avoir évincés les Almoravides, ils vont en guerre contre les chrétiens en Al-Andalus.
Tour Hassan à Rabat construite en 1196 par les Almohades
Les deux cofondateurs des Almohades furent leur rencontre non loin de Béjaïa pour l'unification du Magherb. Béjaïa redevint une place commerciale, scientifique et culturelle prospère sous les Hafsides du XIIIe au XVe siècle av. J.-C.

Pendant l'Antiquité, les Berbères se disputaient le pouvoir. Massinissa et Syphax s'affrontèrent lors de la deuxième guerre punique. Le premier avait la Numidie occidentale et le deuxième la Numidie orientale. Massinissa gagne la bataille, mais le fils de Syphax, Vermina, reprend la guerre contre Massinissa. Massinissa était allié des Romains et Vermina était avec les Cartaginois. Vermina demande la rémission à Rome. À la fin, Massinissa réussit à unifier la Numidie. Après Micipsa, une lutte interne entre les petits-fils de Massinisa se déclenche pour la succession. Jugurtha tue Adherbal pour la prise du pouvoir de la Numidie. Jugurtha rompe avec les Romains. Mais Bocchus, beau-père de Jugurtha, capture et livre Jugurtha aux Romains.

Au Moyen Âge, au Maghreb central, la plus puissante tribu berbère était des Banou Ifren[2] après avoir servi la Dihya[2]. En 745, ces derniers choisissent le dogme sufrite (kharidjite) et désignent Abou Qurra comme calife. Ce dernier sera à la tête d'une armée composée de 350 000 cavaliers berbères. Il reprend le Maghreb aux deux puissantes dynasties (les Omeyades et les Abbassides), revient à Tlemcen après que Yazid- Ibn- Haten a brisé la coalition berbère. Le premier conflit important berbère au VIIIe survient alors, raconté par Ibn Khaldoun, historien du XIVe siècle[86]. Les Banou Ifren avaient 40 000 cavaliers dans cette guerre [réf. nécessaire]. Abou Qurra a pu unir tous les Berbères[87].

Par la suite, les Berbères se sont divisés en deux parties distingues l'une de l'autre[88]. Cette division a créé un grand conflit entre les Sanhadjas et les Zénètes. Ce conflit a débuté au Maghreb, avant d'être transposé en Andalus. Les Sanhadja (chiite) ont attaqué les Zénètes kharidjites (Banou Ifren, Maghraoua, etc.), créant une séparation territoriale entre les deux tribus berbères[2]. Les Zénètes furent ainsi amenés à se déplacer vers l'Ouest du Maghreb et au Sud devant la poussée des Zirides (tribu des Sanhadja, chiite)[89]. Cependant, plusieurs tribus des Banou Ifren et des Maghraouas se sont ralliées aux Fatimides dans ce conflit complexe[90], qui n'est ni de religion ni de « race », d'après Yves Lacoste et al.[90]. D'autres parts, plusieurs Fatimides ont changé de camps pour s'engager du côté des Omeyades[2]. Au contraire, selon le dictionnaire de Michel Mourre, le pouvoir et la religion seraient les sources des conflits des Berbères[91].

Les Sanhadja se divisent pour former deux dynasties distinctes (les Zirides(chiite) et les Hammadides(sunnite)). Les Zénètes, eux aussi sont divisés sur la question de pouvoir, trois dynasties sont formées Banou Ifren, Maghraoua et Meknassa. Une lutte acharnée au pouvoir des tribus Zénètes est signalée par Ibn Khaldoun. Ensuite survient le deuxième plus important conflit entre les Almoravides (tribu des Sanhadja) et sunnite Malékites) et les Zénètes. Après la défaite des Zénètes à l'ouest du Maghreb par les Almoravides, les Zénètes qui restent en vie et minoritaire par rapport aux Sanhadjas sont confrontés dans une guerre contre une alliance Hammadides- Hilaliens[92].

Les Almohades (qui signifie unificateur, les Almohades s'opposent au malékisme) défont les Almoravides tribu des Sanhadja. Les Almohades étaient composés des Masmouda . Le fondateurs du mouvement religieux est Ibn Tûmart de la tribu Masmouda ; son disciple Abd al-Mumin de la tribu Zénète prit la tète des Masmouda et deviendra le premier calife Almohade. Un premier conflit apparait dans la grande famille des Masmoudas, les Almohades détruisent les Berghouata. Puis, un deuxième conflit surgit entre deux fractions des Masmouda, ce qui provoque une guerre entre les Almohades et les Hafsides[2]. Après le massacre des Zénètes vers le XIe siècle, et suite au déclin des Almohades, trois dynasties Zénètes vont surgir au Maghreb et en Al-Andalus (les Hafsides, les Zianides et les Mérinides)[2].

Les deux dernières dynasties berbères Zénètes se font la guerre, les Zianides contre les Mérinides (ils adoptent un nouveau malékisme)[93]. Les Mérinides sont refoulés au Maroc actuel par les Banou Ifren qui reprennent Tlemcen grâce aux Hafsides en 1437[94], une trentaine d'années après la promulgation de la Charte d'Ajarif (1405), qui détaille notamment la qisas (en) (vengeance) et la diya (en) (compensation financière) prévue par le droit musulman[95].

Les Mérinides prennent la Tunisie et font tomber les Hafsides. En effet, Abou el Hassen souverain Mérinides de Constantine et de Béjaïa s'empare de la Tunisie, Ibrahim abou Fadhel sera le souverain de la Tunisie, mais l'histoire ne révèlera pas tous les noms des souverains mérinides en Tunisie[96].

Les dynasties berbères sont achevées par l'arrivée des Espagnols et des Ottomans. Depuis ces conflits, les Berbères sont séparés dans leur profond, ce qui a mené à la création de plusieurs tribus qui n'ont aucun lien commun ni dans la langue, ni dans la tradition, ni dans l'espace géographique, ni dans la religion, ni dans les mœurs, etc., au Maghreb, en Al-Andalus, au Sahel africain[97].

Le conflit entre Sanhadja et Zénètes est le plus important dans l'histoire des Berbères et a été révélé par tous les historiens du Moyen Âge et contemporains (Ibn Khaldoun, Ibn Hazm, Émile Félix Gautier, Gabriel Camps, Rachid Bellil, etc.). Du coup, quelques historiens comme Émile Félix Gautier et Gabriel Camps entre autres, ils tirent des conclusions et des thèses de ce conflit majeur. Ces thèses seront contredites par certains historiens contemporains comme Rachid Bellil, Benabou, Potiron, etc. Ces derniers rejoignent l'approche historique d'Ibn Khaldoun[98].

Influence des Berbères en Afrique de l'Ouest et en Al-Andalus

Carte de l'Empire songhaï
Carte historique de la péninsule Ibérique présentant l'époque des taifas et les petits royaumes chrétiens émergents. Quelques taifas étaient berbère comme les Zirides et les Banou Ifren, etc.

La dynastie Sonrhaïs des Dia, fut fondée à Koukia au XIe siècle, résultat d'un métissage entre Berbères dirigés par le chef berbère Za el-Ayamen[99], qui fuyait devant l'invasion arabe, et les sonhrais, peuple noir. Plus tard la dynastie des dia fondera le royaume sonhrais de Gao, au niveau du fleuve Niger, qui sera vassale de l'Empire du Ghana créé par les soninkés, puis l'Empire du Mali. Durant le XVe siècle, les sonhrais, après plusieurs conquêtes militaires, supplante l'Empire du Mali, et le royaume sonhrais de Gao devient un empire, sous la dynastie des Si, du conquérant Sonni Ali Ber, qui se verra succéder par la dynastie des Askia d'origine soninkés, fondée par Askia Mohammed Touré, avec la ville de Gao pour capital. Il s'étend sur plus ou moins le Niger, le Mali et une partie du Nigeria actuel. L'empire s'effondre a la fin du XVIe siècle, suite à la bataille de Tondibi. Les Zirides prennent le Sud de l'Italie avec l'aide des Fatimides et une partie de l'Égypte. Les Berbères avaient des États indépendants en Al-Andalus à l'époque des taifas. L'Al-Andalus est prise par les Almoravides et ensuite par les Almohades et à la fin par les Mérinides.

Époque moderne

De 1400 à 1900

Articles détaillés : Algérie, Libye, Maroc et Tunisie.
Unique photographie connue de Lalla Fatma N'Soumer

Pendant la période de 1400 à 1500, l'effondrement des dernières dynasties berbères englobe les deux territoires l'Andalousie et le Maghreb du centre et de l'Ouest. Les espagnoles et les Portugais reprennent leurs territoires et envahissent le Maghreb. Ensuite, les Ottomans chassent les Espagnols et prennent l'Algérie, la Tunisie et la Libye. Quelques Berbères se replient dans les montagnes et demeurent isolés surtout dans les régions de l'Aurès ou en Kabylie et au Sahara. Le Maroc résiste grâce à l'émergence de la dynastie des Wattassides puis des Saadiens et ensuite de la dynastie alaouite. Les Espagnols prennent les territoires du Rif du Sahara occidental et quelques villes dont(Sidi Ifni). Le Rif engage une révolte pour se défendre.

Les Français attaquent les Ottomans et prennent l'Algérie, la Tunisie. La Libye est prise par les Italiens. Plusieurs Berbères (l'émir Abd El-Kader (prétendait descendre des Banou Ifren)[100], Lalla Fatma N'Soumer, Bataille de Zaatcha, Révolte des Mokrani, Cheikh Bouamama (rassemble les Ouled sidi Chikh, les Zénètes, les Sanhadjas...)[101], etc., se révoltent et organisent plusieurs guerre pour reprendre leurs territoires.

La France déploie tout dans l'industrialisation et dans la construction des villes digne de la civilisation moderne, mais les zones montagneuses et les zones rurales sont épargnées. Plusieurs Européens viennent pour investir et pour exploiter les richesses. L'Algérie française devient le « grenier de l'Europe ».

Les confréries berbères et le mouvement des Saints berbères entre 1500 et 1900

Articles détaillés : Confréries soufies, Zaouïa, Algérie, Libye, Maroc et Tunisie.
cérémonie religieuse à Adrar
Portrait d'Abd el-Kader originaire des Ifrenides et chef de la confrérie en Algérie

Plusieurs Berbères notamment du Sud ont créé des confréries musulmanes dont le but d'aider la population après le déchirement des dynasties berbères. Leur apport était éducatif en premier. Plusieurs monuments, Ksours, mosquées, etc., ont été construits dans les différentes régions du Maghreb. Les principaux chefs avaient la notoriété de Saint et ils étaient pour la plupart des hommes de connaissance et de savoir. Ces chefs ont écrit plusieurs livres qui ont été conservés à nos jours. L'instruction du Coran était importante surtout dans le Sud. L'organisation de cérémonie avait un rôle important dans la consolidation des règles de vie entre les différentes communautés. Les Zaouïas avaient un rôle juridique important au sein des populations pour le règlement des crises.

Les Ottomans devaient négocier avec les chefs de confrérie. Par la suite, l'Armée française a trouvé des difficultés à contrôler les mouvements dirigés principalement par les confréries.

Contemporain

De 1900 à 2000

Articles détaillés : Algérie, Libye, Maroc et Tunisie.

Après la colonisation française, italienne, espagnol, etc., les berbères se voient marginalisés, occupés, exploités par des forces étrangères. Ce qui fait qu'un vaste mouvement de révoltes s'enchaine par les années dans tous les territoires du Maghreb. Par la suite après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis imposent aux Européens de se retirer de tous les colonies dans le plan Marshall. Après quelques années tous les pays se libèrent progressivement.

Actuellement, la plupart des Berbères sont sédentaires. Ils se désignent d'abord par leur ethnie régionale et par leur parlé berbère : en Algérie, on trouve les Chaouis, les Kabyles, les Mozabites, les Touaregs, les Beni Snous, les Chenouis, les habitants du Ouarsenis (Banou Ifren et Maghraoua), etc). Au Maroc, on trouve les Rifains, les Chleuhs, les Béni-Snassen, les Awarba, les Zayanes, etc. En Libye, on trouve les Yafran, etc. En Tunisie, il y a les habitants de Djerba, etc. En Espagne, il y a les habitants de l' Îles Canaries. Plusieurs ethnies d'origine berbères parlent l'arabe et ne s'identifient pas aux régions cités. L'ensemble des ethnies berbères est appelé par Imazighen (le pluriel d’« Amazigh »), et l'espace géographique nord-africain par Tamazgha.

La mosquée de la Koutoubia à Marrakech au Maroc, fondée au XIIe siècle par les Almohades
Répartition des Berbères en Afrique du Nord

Répartition des Berbères en Afrique du Nord.

         Chleuhs          Zayanes
         Rifains          Chenouis
         Kabyles          Chaouis
         Touareg          Berbères sahariens

Plusieurs monuments historiques témoignent de la grandeur de l'art archituctural chez les Berbères au Maghreb et en Al-Andalus. Plusieurs villes et monuments au Maghreb et en Al-Andalus sont considérés comme patrimoine mondial. La culture et la langue berbère ont survécu depuis les grandes conquêtes vandales, romaines, byzantines, arabes (VIIe siècle) jusqu'à l'occupation française, en passant par la présence turque (à l'exception notable du Maroc). À partir de 1881, en Kabylie, l'administration française attribuera des patronymes arabes aux populations qui, jusqu'à cette époque, portaient encore pour certains des noms à consonance latine[102].

‎Minaret de la Kalâa des Béni Hammad en Algérie

Ainsi, certains tiennent la colonisation française pour responsable en grande partie de l'arabisation de l'Afrique du Nord à l'instar de l'historien Eugène Guernier qui affirme, en 1950, que la France « facilite la diffusion de la civilisation arabe, par la langue, par la loi et par la foi musulmanes. »[103] La culture berbère reste vivante en Algérie et au Maroc, qui comprennent une grande partie des Berbères. Elle est aussi présente en Libye et en Tunisie et dans une grande partie du SaharaTouaregs en Algérie, au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

En 1980 éclatent les manifestations du Printemps berbère, au cours desquelles les berbérophones de Kabylie réclament l'officialisation de leur langue.

En 1996, une réforme de la Constitution algérienne fait officiellement de l'amazighité, aux côtés de l'islam et de l'arabité, l'une des composantes fondamentales de l'identité nationale[104]. Parallèlement, les autorités fondent un Haut Commissariat à l'amazighité.

En 2000, la chaîne Berbère Télévision commence à émettre ses ondes de Paris.

Au printemps 2001, des émeutes éclatent en Kabylie, réclamant notamment l'officialisation de la langue berbère. Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI du Maroc crée un Institut royal de la culture amazigh (IRCAM) pour promouvoir la culture berbère.

Diaspora

Les Berbères sont également largement représentés dans les populations issues de l'immigration en Europe, notamment en France[105] (Saïd Taghmaoui et Zinedine Zidane en sont de célèbres représentants), en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, mais aussi aux États-Unis et au Canada[106].

Cultes Berbères

Article détaillé : Croyances berbères.

Pendant l'Antiquité, les cultes berbères étaient pratiqués librement au début de la présence romaine. Au musée de Timgad, plusieurs fresques représentent les divers cultes Berbères.

  • En Berbère la lune et le dieu lunaire portent le même nom : Ayyur. Hérodote mentionne que les Berbères antiques vénéraient la lune et le soleil, auxquels ils offraient des sacrifices : « Les sacrifices des nomades se font de cette manière : ils commencent par couper l'oreille de la victime (cela leur tient lieu de prémices), et la jettent sur le faîte de leurs maisons ; cela fait, ils lui tordent le cou : ils n'en immolent qu'au Soleil et à la Lune. Tous les Libyens font des sacrifices à ces deux divinités[107] ». D'autres auteurs attestent ce culte, ainsi que des graffitis, comme un « Solo Deo Invicto » relevé à Thagaste[108].
  • Ifri, déesse de la guerre, très influente en Afrique du Nord, était considérée comme la protectrice des marchands et figurait à ce titre sur les pièces de monnaie berbères. Pline l'Ancien écrit qu'en Afrique, personne ne prenait de décision sans invoquer Africa (nom latin d'Ifri). Après la conquête romaine, elle figurait toujours sur les pièces.
As d'Hadrien (136), représentant sur l'avers Africa, portant une dépouille d'éléphant, tenant un scorpion et une corne d'abondance, un modius de blé à ses pieds.
Mosaïque de la Domus Africa de Thysdrus

Afrique ou Africa provient de Ifren[109], Ifri est une divinité berbère[110] [9][110] [10], le pluriel est Ifren[111] [11]. La traduction ou l'emprunt latin nous donne Africa (Afrique) qui a été une déesse berbère avant la conquête des Romains. Dea Africa signifie déesse Africa et représente un symbole à l'époque romaine. Et aussi Ifri désigne les populations locales des Afers. Ifru symbolise les rites dans les cavernes pour protéger les commerçants. La grotte non loin de Constantine à Guechguech et la pièce de monnaie romaine indiquent le mythe de la protection[112]. [12] Ifru était une déesse solaire et en même titre un dieu des cavernes et protecteur du foyer, etc[113]. [13].Ifru est une sorte de Vesta Berbère.

  • Gurzil (ou Agurzil) est une divinité à la tête de taureau, fils d'Ammon. Corippus mentionne un certain Laguatan (la tribu des Luwata et sont Zénète), grand prêtre de Gurzil, combattant les Byzantins, qui l'auraient tué alors qu'il tentait de s'enfuir avec les icônes de Gurzil[114]. Parmi les ruines de Ghirza, en Libye, se trouve un temple qui est peut-être dédié à Gurzil — d'où par ailleurs pourrait provenir le nom de la cité.
  • Pendant la Numidie, à N'Gaous dans les Aurès, plusieurs stèles africaines (Molchornor" sacrifice d'un agneau"[115] ou stèles de Saturne avec mention d'un sacrifice particulier)[116] ont été trouvées par les chercheurs et signalées par les historiens.

Culture berbère

Une famille berbère traversant un gué avec son bétail (Algérie, 1890)
Ghardaia, la vieille ville Mozabite
Cavalier berbère à Agadir au (Maroc (Fantasia))
Tapis de Kabylie (Algérie)

Traditionnellement, les hommes s’occupent du bétail. Ils migrent en suivant le cycle naturel des pâturages, et en recherchant des sources d’eau et des abris. Ils sont ainsi assurés d’une abondance de laine, de coton et de plantes pour la teinture. De leur côté, les femmes s'occupent des biens de la famille et confectionnent les objets artisanaux — tout d’abord pour leur usage personnel, et ensuite pour la vente dans les souks de leur localité. Les tribus berbères tissent des kilims. Les tapisseries traditionnelles conservent l’apparence et le caractère distinct de la région d'origine de chaque tribu, qui possède en effet son propre répertoire de dessins. Le tissage d’armure toile est représenté par une grande variété de bandes, et plus rarement par des motifs géométriques, tels les triangles et le losange. Les décorations additionnelles, comme les paillettes ou les franges, sont typiquement des tissés berbères du Maroc. Le mode de vie nomade ou semi-nomade des Berbères convient très bien au tissage des kilims. Les us et coutumes diffèrent d'une région à une autre[117].

Les Berbères en côtoyant différentes civilisations (les Égyptiens, les Phéniciens, les Romains, les Byzantins, les Arabes, etc.) se sont inspirés et ont pu être démontré leur savoir. Medracen, Septime Sévère, Massinissa, Juba, Syphax, Jugurtha, etc., ils étaient de grands bâtisseurs, ils ont bâti de grands monuments historiques.

Les Berbères ont brillé lors du Moyen Âge au Maghreb et en Al-Andalus. Plusieurs Berbères étaient des éminents savants, écrivains, traducteurs, architectes, artistes, musiciens, philosophes, théologien, etc.

La structure sociale des Berbères est tribale. Un chef est désigné pour commander la tribu. Au Moyen Âge, plusieurs femmes ont eu le pouvoir de gouverner comme la Kahina dans les Aurès. Il y a eu plusieurs chefs ou reines berbères comme Tin Hinan au Hoggar, Chemci (elle est issue de la grande tribu des Aït Iraten de la Kabylie), Fatma Tazoughert dans les Aurès. Lalla Fatma N'Soumer était une femme berbère de la région kabyle qui a combattu les Français. La majorité des tribus berbères ont actuellement des hommes comme chef de tribu. En Algérie, la plateforme d'el Kseur en Kabylie (le Gouvernement algérien et les Arouchs (tribu) Kabyles se sont convenus à cette plateforme) donne le droit aux tribus d'émettre des sanctions pécuniaires à l'encontre des délinquants. Dans les régions des chaouis, les chefs de tribus décrètent des sanctions contre les hors-la-loi[118]. Les Touareg ont un roi qui décide du sort de la tribu et qui est connu sous le nom de Amenokal. C'est une société très hiérarchisée. Les Mozabites sont régis par les chefs spirituels du Ibadisme. Les mozabites ont une vie communautaire. Lors de la crise de Berriane, les notables de chaque tribu ont réglé le problème et ils ont entamé des pourparlers pour arrêter la crise entre Malékite et Ibadite[119]. Dans les mariages, c'est l'homme qui choisit la femme, et souvent, c'est la famille qui décide, tout dépend de la tribu. Par contre chez les Touareg, c'est la femme qui choisit son futur époux. Les rites de mariages sont différents pour chaque tribu. Les familles sont soit patriarcales ou matriarcales, selon la tribu.

La musique berbère est une musique traditionnelle d'Afrique du Nord présentant de grande variété de styles suivant les régions et répandue particulièrement par la musique marocaine, la musique populaire kabyle, la musique des Aurès (chaouis) et la musique des différents régions d'Algérie, la musique touareg du Niger, du Mali et du Burkina Faso, etc. Les instruments utilisés sont le bendir (grand tambourin rustique) et le gambri ou encore la flûte, qui accompagnent les chants et les danses en rythmant une poésie berbère riche et colorée.

Plusieurs rites de fantasia sont organisées au Maghreb. Le cheval est important chez les Berbères. Le barbe est un cheval berbère. Les Zénètes étaient des experts dans la manière de monter un cheval (la jineta).

Des rois et des Saints

Monuments

Berbères connus

Les plus connus d'entre eux étaient:

Notes et références

  1. (fr)Journée d'étude Africa Antiqua sur l'historiographie de l'Afrique du Nord. Voir les remarques de M. Lenoir en fin de compte rendu
  2. a , b , c , d , e , f , g , h  et i Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale
  3. Amazigh par Salem Chaker (Encyclopédie berbère IV, 1987, p. 562-568)
  4. Salem Chaker, article Berbère/langue berbère p.149 dans Berbères ou Arabes, éd. Non Lieu, 2006
  5. [1]
  6. (en)Arredi et al., Neolithic Y Diversity in North Africa
  7. (en)Cruciani et al., Phylogeography of the Y-Chromosome Haplogroup E3b : « The distribution of E-M81 chromosomes in Africa closely matches the present area of distribution of Berber-speaking populations on the continent, suggesting a close haplogroup–ethnic group parallelism: in northwestern Africa»
  8. (en)Arredi et al., Neolithic Y Diversity in North Africa
  9. (en)[pdf] The Emerging Tree of West Eurasian mtDNAs : A Synthesis of Control-Region Sequences and RFLPs
  10. (en)Mitochondrial DNA transit between West Asia and North Africa inferred from U6 phylogeography
  11. (fr)[pdf] Diversité génétique (allotypie GM et STRs) des populations Berbères et peuplement du nord de l’Afrique
  12. (en)[pdf]Alu insertion polymorphisms in NW Africa and the Iberian Peninsula : evidence for a strong genetic boundary through the Gibraltar Straits
  13. (fr)[pdf] Extension saharienne du type anthropologique de Mechta-Aflou
  14. (fr)Diversité mitochondriale de la population de Tafouralt (12 000 ans BP - maroc) : une approche génétique à l'étude du peuplement de l'Afrique du Nord
  15. (fr)Conférence La place de l'anthropobiologie dans l'étude du peuplement berbère. Affirmations, contradictions, conclusions
  16. (en)The Origins of Afroasiatic
  17. (en)The Afroasiatic Language Phylum: African in Origin, or Asian?
  18. La plus ancienne écriture de l’Afrique du Nord, le libyque, a plus de 3 000 ans d’âge, Malika Hachid, L’Essentiel, février 2002.
  19. http://books.google.fr/books?id=TgcOAAAAQAAJ&pg=PP1&dq=The+Muslim+conquest+and+settlement+of+North+Africa+and+Spain++Par+%CA%BBAbd+al-W%C4%81%E1%B8%A5id+Dhann%C5%ABn+%E1%B9%AC%C4%81h%C4%81&lr=&as_brr=3#v=onepage&q=&f=false
  20. Revue africaine Par Société historique algérienne, page 266 livre en ligne
  21. Lucien Bertholon, Les premiers colons de souche européenne dans l'Afrique du Nord, in Revue tunisienne, IV, 1897, pp.416-424.
  22. Giuseppe Sergi, The mediterranean race : a study of the origine of European peoples, Londres, Scott, 1901.
  23. Hans Günther : « Chez les Berbères, en particulier chez les Kabyles du Rif au Maroc puis dans la Djurdjura, à Enfida, et avant tout parmi les tribus des Chawias dans le massif des Aurès, on constate un apport de la race nordique, ou bien plutôt nordique et falique, que l'on peut attribuer à des invasions préhistoriques. Dans cette région, les blonds représentent, semble-t-il, un cinquième à un tiers de la population. », Hans Günther, Les Peuples de l'Europe (1927), éd. Éditions du Lore, 2006, p. 174.
  24. « Les Berbères, dont une partie conservent encore la peau claire et souvent même les yeux bleus, ne remontent pas aux raids ultérieurs des Vandales, mais bien à la très ancienne vague atlanto nordique. De nombreux chasseurs kabyles, par exemple, sont aujourd'hui encore irréfutablement d'origine nordique », Alfred Rosenberg, Le Mythe du vingtième siècle (1930), Deterna, 2005, (ISBN 2913044212), p.38.
  25. Henri Vallois, « il est maintenant certains qu'ils appartiennent à la race nordique », dans Les Races humaines (1944), PUF, 1976, p.38.
  26. Crania Ethnica, de Armand de Quatrefages et Ernest Hamy (2 volumes, 100 planches, 1875-82).
  27. Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romain Edward Gibbon, Jean Alexandre C. Buchon
  28. L'Univers histoire et description de tous les peuples, Ferd Hoefer
  29. La Revue de Paris, Marc Le Goupils
  30. L'Algérie De Maurice Wahl, Augustin Bernard
  31. a  et b Frédéric Deroche, Les Peuples autochtones et leur relation originale à la terre., éd. l'Harmattan, 2008, p. 14, extrait en ligne
  32. a , b  et c [Texte paru dans : Enseignement des langues d’origine et immigration nord-africaine en Europe : langue maternelle ou langue d’État ?, Paris, Inalco, 1997 (sous la dir. de M. Tilmatine)] extrait en ligne
  33. INALCO Malek Boudjellal
  34. Michèle Tribalat, Patrick Simon et Benoît Riandey, De l'immigration à l'assimilation enquête sur les populations d'origine, éd. La découverte/INED, 1996, pp. 34-35 extrait en ligne
  35. Les peuples autochtones et leur relation originale à la terre De Frédéric Deroche, Frédéric Deroche, Julian Burger [2]
  36. Jacques Leclerc article Libye in L'Aménagement linguistique dans le monde, 2005, article en ligne
  37. L'origine de l'haplogroupe E3b2 est l'haplogroupe E3b d'Afrique orientale qui date de 10 000 ans[72].
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  39. Les premiers habitants de l'Europe, d'après les auteurs de l'Antiquité et ... Par Henry Arbois de Jubainville[version en ligne lire en ligne]
  40. Ibn Hazm fait remonter les berbères à un groupe ayant vécu au Yémen
  41. D'après Ibn Khaldoun, ils descendent de Canaan, fils de Cham.
  42. Annuaire de l'Afrique du Nord. Par Centre national de la recherche scientifique (France), Centre de recherches sur l'Afrique méditerranéenne (France), Centre de recherches et d'études sur les sociétés méditerranéennes, publié par Centre national de la recherche scientifique, 1990. Notes sur l'article: v.29 1990 version en ligne
  43. Germaine Tillon, L'Algérie en 1957
  44. http://www.mondeberbere.com/
  45. L'Algérie antique, Serge Lancel,éd Menges, p 53l
  46. Thébert et Coarelli, p. 776
  47. L'Algérie antique, Serge Lancel, éd Menges, p 53l
  48. Histoire de l'émigration kabyle en France au XXe siècle réalités culturelles... De Karina Slimani-Direche [3]
  49. Dialogues d'histoire ancienne De Université de Besançon, Centre de recherches d'histoire ancienne
  50. Les cultures du Maghreb De Maria Angels Roque, Paul Balta, Mohammed Arkoun
  51. [4]
  52. Documentaire Timgad, la Rome africaine, réalisé par Serge Tignères.
  53. a  et b Documentaire Timgad, la Rome africaine, Timgad, réalisateur Serge Tignères
  54. Journal asiatique De Société asiatique (Paris, France), Centre national de la recherche scientifique (France)
  55. [5] Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province ... De Société archéologique
  56. La Capsa anciennela Gafsa moderne De Pierre Bodereau
  57. Histoire politique de l'Afrique du Nord De Mohand Tazerout
  58. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province de Constantine. Par Société archéologique de la province de Constantine. Publié par Alessi et Arnolet, 1874 Notes sur l'article : (year)1873-1874. Page 213
  59. Voir « Persecution and Donatist Identity in the Liber Genealogus », Alan Dearn, page 127 in From Rome to Constantinople: studies in honour of Averil Cameron sous la direction de Hagit Amirav et Bas ter Haar Romeny, Peeters, 2007
  60. Algérie, le passé revisité. Par Chems-Eddine Chitour. Publié par Casbah Editions, 1998. ISBN 9961641000. Page 212page en ligne
  61. http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_conquete_musulmane_de_loccident.asp
  62. Yves Lacoste et Camille Lacoste-Dujardin, op. cit., p. 42
  63. (fr) Article sur la Tunisie (Encarta)
  64. Michel Quitout, Parlons l’arabe tunisien : langue et culture, éd. L’Harmattan, Paris, 2002, p. 11 (ISBN 2747528863)
  65. Ephrem-Isa Yousif, op. cit., p. 358
  66. Ephrem-Isa Yousif, op. cit., p. 358
  67. Ephrem-Isa Yousif, op. cit., p. 358
  68. Michel Quitout, Parlons l’arabe tunisien : langue et culture, éd. L’Harmattan, Paris, 2002, p. 11 (ISBN 2747528863)
  69. Michel Quitout, Parlons l’arabe tunisien : langue et culture, éd. L’Harmattan, Paris, 2002, p. 11 (ISBN 2747528863)
  70. Yves Lacoste et Camille Lacoste-Dujardin, op. cit., p. 43
  71. Yves Lacoste et Camille Lacoste-Dujardin, op. cit., p. 43
  72. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l’Afrique septentrionale, traduit par le baron de Slane, éd. Berti, Alger, 2003 (ISBN 9961690277)
  73. Michel Quitout, Parlons l’arabe tunisien : langue et culture, p. 12
  74. Jacques Thiry, Le Sahara libyen dans l’Afrique du nord médiévale, éd. Peeters Publishers, Louvain, 1995, p. 166 (ISBN 9789068317398)
  75. Jacques Thiry, Le Sahara libyen dans l’Afrique du nord médiévale, éd. Peeters Publishers, Louvain, 1995, p. 166 (ISBN 9789068317398)
  76. (fr) [pdf] Rafik Saïd, La Politique culturelle en Tunisie, éd. Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, Paris, 1970, p. 14
  77. Paul Sebag, Tunis. Histoire d’une ville, éd. L’Harmattan, Paris, 2000, p. 87 (ISBN 2738466109)
  78. a , b , c , d , e , f  et g (fr) François Decret, « Les invasions hilaliennes en Ifrîqiya », Clio, septembre 2003
  79. a  et b Collectif, L’encyclopédie nomade 2006, éd. Larousse, Paris, 2005, p. 707 (ISBN 9782035202505)
  80. Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale De Ibn Khaldūn, William MacGuckin lire en ligne
  81. Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale De Ibn Khaldūn, William MacGuckin lire en ligne
  82. Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale De Ibn Khaldūn, William MacGuckin
  83. Compleḿent de l'Encycloped́ie moderne, Noel̈ Desverges, Léon Renier, Édouard Carteron, Firmin Didot (Firm), page720 à 722 [6]
  84. Les langues de la Méditerranée De Robert Bistolfi
  85. Yaghmurâsin s'exprimant en langue zénète dit à peu près ceci : « Nous n'avons obtenu les biens de ce monde et le pouvoir par nos épées, et non par cette ascendance. Quant à son utilité dans l'autre monde, elle dépend de Dieu seul. » (Ibn Khaldûn, Le Livre des exemples, Volume I, Éd. Gallimard, Col. la Pléiade, (ISBN 2-07-011425-2), p. 387.)
  86. Ibn Khaldoun, Histoire des berbères, partie Banou Ifren
  87. Ibn Khaldoun , Histoire des Berbères, partie Banou Ifren
  88. Rachid Bellil, Les oasis du Gourara (Sahara algérien)
  89. Rachid Bellil, Les oasis du Gourara (Sahara algérien)
  90. a  et b Yves Lacoste, André Nouschi, André Prenant, L'Algérie, passé et présent: le cadre et les étapes de la constitution de l'Algérie actuelle, Éditions sociales, 1960, 462 pages
  91. Michel Mourre, Dictionnaire d'histoire universelle
  92. histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique, le baron de Slane, page271
  93. Marrakech, demeures et jardins secrets De Narjess Ghachem-Benkirane, Philippe Saharoff, p36
  94. L'Univers histoire et description de tous les peuples, Rozet et Carette
  95. Meunié, Jacques, Mme. « Le prix du sang chez les Berbères de l'Anti-Atlas », Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1960, n° 1, pp. 323-326.
  96. L'Univers: histoire et description de tous les peuples ... Publié par F. Didot fréres, 1885. Notes sur l'article: ser.2 v.7. Page 174
  97. L'islamisation de l'Afrique du Nord. Les siècles obscurs du Maghreb, Émile Félix Gautier
  98. Les Oasis du Gourara (Sahara algérien) de Rachid Bellil, pp. 74, 75,76,77
  99. Dictionnaire D'histoire Universelle, Michel Mourre
  100. Complément de l'Encyclopédie moderne, Firmin Didot, 1857, t.5, p.722
  101. Un Soufi algérien Sidi Cheikh: un soufi algérien : sa vie, son œuvre, son rôle historique, ses descendants (Oulâd Sidi-Cheikh).Par Hamza Boubakeur, Sidi Cheikh. Publié par Maisonneuve & Larose, 1990. ISBN 2706810025. P247 livre en ligne
  102. Colonel Jean DUMAURIER, A.B.C.D., La Mémoire d'un peuple, 1999.
  103. Eugène Guernier, La Berbérie, l'Islam et la France, Éd. de l'Union française, 1950 :
    « (...) au lieu de soutenir la civilisation berbère, la langue, la loi et la foi berbères, nous nous prêtons à leur disparition en facilitant la diffusion de la civilisation arabe, par la langue, par la loi et par la foi musulmanes.[...] L'islamisation et l'arabisation constituent les éléments de la plus grande victoire remportées par les Arabes au Maghreb. Ils constituent également la plus lourde faute de la France devant l'Histoire et devant elle-même. »
  104. Source : Constitution algérienne du 28 novembre 1996. Précédentes constitutions : 1963, 1976 et 1989.
  105. Environ six millions de citoyens français sont d'origine berbère (Kabyle ou Berbères arabisés) à la 1re ou 2e génération (source : Thérèse Delpech, Le Retour de la barbarie au XXIe siècle, p194, éd. Hachette, 2007)
  106. (fr) http://www.clio.fr/, article de Salem Chaker, professeur de berbère à l'Inalco, et directeur du Centre de recherche berbère.
  107. Hérodote, Histoire, IV, 188.
  108. James Hastings, The Encyclopedia of Religion & Ethics, 1926, 4e partie, p. 508.
  109. (en) JSTOR:The Berbers la relation entre Africa et Ifren
  110. a  et b Archives des missions scientifiques et littéraires De France Commission des missions scientifiques et littéraires, France
  111. Mots De Edmond Rostand
  112. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique, historique, .. du département de Constantine, Arnolet, 1878
  113. Les cultes païens dans l'Empire romain De Jules Toutain, page 416, p635 et p636
  114. John Morris, Arnold Hugh Martin Jones, John Robert, The prosopography of the later Roman Empire, p. 612
  115. L'Univers phénicien. De Michel Gras, Pierre Rouillard, Javier Teixidor. Collaborateur Pierre Rouillard, Javier Teixidor. Publié par Arthaud, 1989. ISBN 2700307321. Page 178
  116. De Ségolène Demougin, École pratique des hautes études (France). Section des sciences historiques et philologiques. Publié par Droz, 2006.ISBN 2600010998. Page 92
  117. ABC amazigh. Un expérience éditoriale en Algérie, 1996-2001 une expérience, Smaïl Medjeber
  118. Elwaten, Hassan Moali, le 31 août 2008, Honneur à la tribu
  119. Elwaten, Salima Tlemçani, 18 juin 2008,
  120. "The best known of them were the Roman author Apuleius, the Roman emperor Septimius Severus, and St. Augustine", Encyclopedia Americana, éd. Scholastic Library Publishing, 2005, vol. 3, article Berbères, p. 569

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Livres en ligne

Bibliographie

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  • La Tunisie numido-berbère vue du ciel - Viviane Bettaïeb, Éd Alif, les éditions de la Méditerranée - Tunis 2009
  • Kerkouane, Cité Punique au pays Berbère de Tamzerat - Hassine Fantar, Éd Alif, les éditions de la Méditerranée - Tunis 2007 - nouveau tirage enrichi
  • Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun, Traduction, William Mac-Guckin de Slane, Éd Berti, Alger 2003. (ISBN 9782705336394)
  • L'origine des berbères Gabriel Camps in Islam société et communauté. Anthropologies du Mahgreb, sous la direction d'Ernest Gellner, les Cahiers C.R.E.S.M, Éditions CNRS, Paris, 1981.
  • Arezki, Dalila : L'identité berbère, Paris, Séguier, Biarritz, Atlantica, 2004, ISBN 2-84049-393-4
  • Chaker, Salem : Études berbères et chamito-sémitiques, Paris [u.a.], Peeters, 2000, ISBN 90-429-0826-2
  • Leguil, Alphonse : Contes berbères grivois du Haut-Atlas, Paris [u.a.], Harmattan, 2000, ISBN 2-7384-9904-X
  • Hélène Claudot-Hawad : Touaregs. Apprivoiser le désert, Paris : Gallimard, 2002. (Collection Découvertes Gallimard ; Cultures et société ; n° 418).
  • Casajus, Dominique : Gens de parole. Langage, poésie et politique en pays touareg, Paris, La Découverte, 2000.
  • Pandolfi, Paul : Les Touaregs de l'Ahaggar. Sahara algérien, Paris, Karthala, 1998.
  • Galand-Pernet, Paulette : Recueil de poèmes chleuhs, Paris, Klincksieck, 1972.
  • Galand, Lionel : Langue et littérature berbères. Vingt-cinq ans d'études, Paris, Éditions du CNRS, 1979.
  • À la croisée des études libyco-berbères. Mélanges offerts à Paulette Galand-Pernet et Lionel Galand, Paris, Geuthner, 1993.
  • Galand-Pernet, Paulette : Littératures berbères. Des voix, des lettres, Paris, Presses universitaires de France, 1998.
  • Galand, Lionel : Études de linguistique berbère, Louvain/Paris, Peeters, 2002.
  • Bougchiche, Lamara : Langues et littératures berbères des origines à nos jours, Paris, Ibis Press, 1997, ISBN 2-910728-02-1
  • Leguil, Alphonse : Contes berbères de l'Atlas de Marrakech, Paris, L'Harmattan, 1988, ISBN 2-7384-0163-5
  • Féry, Raymond : Médecin chez les Berbères, Versailles, Éd. de l'Atlanthrope, 1986, ISBN 2-86442-013-9
  • Hachid, Malika : Les premiers Berbères - entre Méditerranée, Tassili et Nil, Aix-en-Provence, Édisud, 2000, ISBN 2-7449-0227-6
  • Allioui, Youcef : Timsal, énigmes berbères de Kabylie - commentaire linguistique et ethnographique, Paris, Éd. L'Harmattan, 1990, ISBN 2-7384-0627-0
  • Chaker, Salem : Amaziɣ (le/un) Berbère - Linguistique berbère. Études de syntaxe et de diachronie , Paris, Peeters, 1995, ISBN 2-87723-152-6
  • Direche-Slimani, Karima : Chrétiens de Kabylie, Saint-Denis, Éd. Bouchene, 2004, ISBN 2-912946-77-8
  • Lucien Oulahbib : Le Monde arabe existe-t-il?, Paris [u.a.], Éditions de Paris, 2007, ISBN 978-2-85162-214-3
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