Le Pont de la riviere Kwai (film)


Le Pont de la riviere Kwai (film)

Le Pont de la rivière Kwaï (film)

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Le Pont de la rivière Kwaï
Titre original The Bridge on the River Kwai
Réalisation David Lean
Acteurs principaux Alec Guinness
James Donald
Jack Hawkins
William Holden
Scénario Carl Foreman
Michael Wilson
d'après Pierre Boulle
Production Sam Spiegel
Société de production Columbia Pictures Corporation
Genre Guerre
Sortie Royaume-Uni Royaume-Uni:2 octobre 1957
États-Unis États-Unis:18 décembre 1957
France France:25 décembre 1957
Langue(s) originale(s) anglais
Pays d’origine Royaume-Uni Royaume-Uni
États-Unis États-Unis

Le Pont de la rivière Kwaï (The Bridge on the River Kwai) est un film britanno-américain, réalisé par David Lean et sorti en 1957. C'est une adaptation du roman éponyme (1952) de Pierre Boulle.

Sommaire

Résumé

Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.

Le colonel Saïto commande un camp japonais de prisonniers de guerre en Thaïlande lors de l'expansion de l'Empire japonais en Extrême-Orient durant la Seconde Guerre mondiale. Il reçoit dans ce camp perdu au milieu de la jungle un nouveau groupe de prisonniers britanniques, commandés par le colonel Nicholson. Il doit aussi faire construire un pont sur la rivière Kwaï, avec une échéance impérative : un train d'importance stratégique doit y passer. Le colonel Saïto décide donc de mettre à l'ouvrage ses prisonniers et exige du colonel Nicholson que même les officiers se mettent au travail. Le colonel Nicholson refuse ce dernier point, non conforme à la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Saïto brime alors sévèrement Nicholson et met à l'épreuve sa résistance physique, espérant ainsi le forcer à céder. Nicholson ne cède pas, par principe. Tenant tête à ses geôliers, Nicholson inspire une grande admiration à ses hommes.

Mais il voit aussi l'effet qu'ont la détention et ce travail forcé et volontairement mal fait par sabotage sur les militaires dont il est responsable. Il parvient donc à un accord avec Saïto : le pont, mal conçu, sera construit sous son commandement et suivant ses plans. Il met au travail ses officiers, et constatant que le temps manque, convainc les malades et blessés de participer, allant ainsi au-delà de la demande initiale de Saïto. L'ouvrage productif et le but commun à atteindre par les Britanniques ont un effet très positif sur le moral des troupes. Nicholson a trouvé un moyen de remettre de l'ordre chez ses subordonnés et de leur donner un sentiment positif de fierté pour le travail accompli, alors qu'ils sont vaincus et prisonniers.

En parallèle, un détenu américain, le commandant Shears, est parvenu à s'enfuir et fait part aux alliés de la construction de ce pont. Cela les inquiète et on décide de renvoyer cet ancien prisonnier avec un commando pour plastiquer le pont dont il faut à tout prix empêcher la réalisation. Shears refuse de retourner dans l'enfer duquel il s'est échappé, mais il est rattrapé par son passé : il a usurpé son grade et son identité lors du naufrage de son bâtiment et il est découvert et contraint d'accepter la mission sous les ordres du major Warden. Le commando arrive sur place la nuit précédant le passage du train et met en place les explosifs sur le pont achevé la veille. Ils attendent alors l'aube, le but étant de faire sauter le train avec le pont. En attendant le passage du convoi, le colonel Nicholson aperçoit le dispositif de destruction, le niveau de la rivière ayant baissé durant la nuit. Perdant tout à fait de vue que la construction du pont sert l'ennemi dans une guerre qui dépasse les enjeux locaux, il prévient le colonel Saïto et provoque la mort du commando sauf le major Warden couvrant ses hommes. Le colonel Nicholson est mortellement blessé dans la fusillade, mais retrouve sa lucidité dans ses derniers instants, et dans son dernier souffle déclenche lui-même l'explosion en tombant sur la boîte de commande au moment où le train franchit le cours d'eau.

Commentaires

Ce film tourne, pour l’essentiel, autour de la lutte entre deux volontés, celle du colonel Saito et celle du colonel Nicholson dans une situation qualifiée de « folie » par le médecin Clipton qui a le mot de la fin.

Après l’opposition totale au colonel Saito, le colonel Nicholson est arrivé à une collaboration complète, jusqu’à empêcher la destruction du pont qu’il a construit pour la gloire du roi et de l’Empire et démontrer le "fardeau de l’homme blanc" chanté par Rudyard Kipling (The Burden of the white Man).

C’est un brillant réquisitoire contre l’absurdité de la guerre qui présente toutefois une version édulcorée et naïve des conditions atroces de détention des prisonniers de guerre dans les camps de travail japonais. Ainsi, à titre d'exemple, le colonel Saito tolère que les officiers anglais qui sont en sa présence ne s'inclinent pas pour le saluer, s'«abaisse» à s'adresser aux prisonniers dans leur langue sans le biais d'un interprète, vilipende en anglais un de ses officiers en déplorant son inefficacité devant les prisonniers et permet que le colonel Nicholson soit nourri alors qu'il est soi-disant enfermé pour mesures disciplinaires. De même, les soldats nipons s'adressent aux Anglo-Saxons dans leur langue et acceptent que ces derniers ne s'inclinent pas en leur présence sans les frapper. Selon l'historien Gavan Daws, ce film a «très peu de point commun avec le roman et encore moins avec la réalité.» [1]

Fiche technique

Distribution

Distinctions

Récompenses

Autour du film

  • Dans la réalité, le pont de bois, qui est loin d'avoir l'envergure de celui présenté à l'écran, fut doublé par un pont métallique quelques mois plus tard. Les deux furent rapidement détruits par les alliés, renseignés secrètement par les autorités thaïlandaises, puis le dernier reconstruit après la fin de la guerre. Il est toujours en service actuellement sur la Kwaï Yai à Kanchanaburi (à 130 kilomètres à l'ouest de Bangkok). Le pont du film est une copie reconstituée à Ceylan (actuel Sri Lanka). Pour les besoins du tournage, il a été réellement détruit alors qu'un train circulait dessus. À noter qu'à l'époque du cinéma muet, le film Le Mécano de la « General » de Buster Keaton contenait une scène presque identique et tournée de la même façon.
  • Il est vrai que des milliers de prisonniers sont morts en construisant le chemin de fer en Birmanie. Si le fond historique est bien réel, certains faits du livre et du film sont erronés. Ainsi, le général de brigade Sir Philip Toosey (1904-1975, CBE, DSO) est le célèbre colonel incarné au cinéma par Alec Guinness. En réalité, il était banquier à Liverpool, profession qu'il reprend après la guerre, et officier d’artillerie de l'Armée territoriale et non officier de carrière. Jamais il ne collabora avec les Japonais, mais il se refusa toujours à intenter un procès au réalisateur du film pour rétablir la vérité.
  • Le commando qui attaque le camp de prisonniers appartient à la Force 136 du SOE en Asie du Sud-Est. Même si dans le film il est fait mention de la "Force 316", l'écusson porté par les membres du commando est bien celui de la Force 136.
  • William Holden joue le rôle du capitaine de frégate Shears, officier de marine sur le croiseur américain USS Houston, coulé dans la nuit du 28 février au 1er mars 1942 dans le détroit de la Sonde, entre les îles de Sumatra et de Java. Il n’y eut que 368 survivants sur 1 008 hommes d’équipage. Certains officiers furent détenus dans le camp "dirigé" par Philip Toosey[2].
  • Les conditions de vie des prisonniers de guerre alliés présentées dans le film Chungkai, le camp des survivants (2001) de David L. Cunningham sont plus véridiques car tirées des mémoires d'un officier prisonnier de guerre.
  • Deux des scénaristes (Carl Foreman et Michael Wilson) faisaient partie de la liste noire d'Hollywood, soupçonnés de sympathies communistes antipatriotiques. Leur scénario fut récompensé par un Oscar, mais il fut alors attribué à Pierre Boulle, alors que celui-ci ne parlait pas anglais. Il fallut attendre 1984 pour que cette injustice soit réparée.
  • On se souvient aussi du film pour son thème musical sifflé par les prisonniers, la marche du colonel Bogey mieux connue en français sous sa traduction Hello le soleil brille.

Voir aussi

(fr+en) Le Pont de la rivière Kwaï sur l’Internet Movie Database

  • Le film Chungkai, le camp des survivants (2001) de David L. Cunningham. L'histoire des soldats du régiment des Argyll and Sutherland Highlanders, transférés au camp de Chungkai, à l’ouest de Bangkok, Thaïlande, pour participer à la construction du « chemin de fer de la mort » à travers la jungle.
  • Le jeu vidéo Commandos 2: Men of Courage contient un niveau directement inspiré de ce film

Articles connexes

Bibliographie

  • (en) Monthly Film Bulletin, n° 286
  • (en) Sight and Sound, hiver 1957-58, notule p. 162
  • (fr) Cahiers du cinéma, n° 80, février 1958
  • (fr) Positif, n° 29 (rentrée 1958) ; n° 64-65 (rentrée 1964)

Notes

  1. Gavan Daws, Prisoners of the Japanese, Quill, 1994 p.392
  2. Sources : Irregular Regular du colonel David Smiley et The Colonel of Tamarkan. Philip Toosey and the Bridge on the River Kwai de Julie Summers
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