Morvan Marchal


Morvan Marchal
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Maurice Marchal, dit Morvan Marchal, né le 31 juillet 1900 à Vitré, en Ille-et-Vilaine, et mort le 13 août 1963 à Paris, est un architecte et un militant nationaliste breton. Il est surtout connu pour être le créateur du Gwenn ha Du, le drapeau à larges bandes noires et blanches représentant la Bretagne.

Sommaire

Biographie

L’hommage posthume rendu à Morvan Marchal par le journal nationaliste La Bretagne réelle retrace le parcours du nationaliste breton en précisant que son évolution est « semblable à celle de bien des nôtres, depuis le catholicisme traditionaliste chouan jusqu’au néopaganisme en passant par le nationalisme ethnique, expression des pagani d’Extrême Occident toujours dressés contre leur commun adversaire, le démocratisme égalitaire.»[1]

Monarchiste traditionaliste

Après la Première Guerre mondiale, ancien élève du lycée Saint-Martin de Rennes, Marchal est élève architecte à l'École des Beaux-Arts de Rennes. Il participe, en 1918 à la fondation du Groupe régionaliste breton, avec Camille Le Mercier d'Erm, Job Loyant et Job de Roincé[2]. Daniel Le Couédic précise : « J. de Roincé était royaliste comme l'était le jeune M. Marchal qui, depuis 1916, rimait la gloire des chouans et vouait les bleus aux gémonies. Le régionalisme qui les réunissait était donc d'inspiration maurrassienne : c'était d'ailleurs rue Hoche, à la permanence rennaise de l'Action française, qu'ils s'étaient rencontrés. Mais être maurrassien permettait aussi de se dire fédéraliste. »[3]. En 1919, le jeune Marchal n'avait pas encore franchi le cap du nationalisme breton et se positionnait encore dans le monarchisme maurrassien :

« La vie bretonne : Les Rouges. Parfaitement, Rennes l'a eue aussi sa petite manifestation pour Jaurès. (…) La voilà la jeunesse bretonne. Laisse crier les loups rouges après les loups bleus. Notre heure viendra, à nous aussi, ce sera l'heure de la Bretagne, l'heure du sain positivisme, du catholicisme et de la tradition, et ce sera aussi l'heure de la vieille et saine France. [4] (article complet : [1]) »

Nationaliste breton

Après l'échec du PAB aux élections du 6 avril 1930, Marchal et Duhamel démissionnent, laissant la direction du parti à Olier Mordrel et François Debeauvais[5]. Il assume la direction de sa revue Breiz Atao (Bretagne Toujours) jusqu'en 1928. Il forme l'aile fédéraliste du groupe en compagnie de Maurice Duhamel[6].

Morvan Marchal est le concepteur du drapeau de la Bretagne.

Il est membre de la Gorsedd de Bretagne[7].

Il conçoit le drapeau Gwenn ha Du en 1923. Artiste, poète et illustrateur, il apporte sa collaboration à de nombreuses publications bretonnes, aussi bien politiques que philosophiques. Il fait partie du groupe d'artistes bretons Seiz Breur.

Il participe à la création du Parti autonomiste breton en septembre 1927 à Rosporden. On le retrouve dans le comité directeur du parti. Opposé à la ligne nationaliste d'Olier Mordrel il anime le courant fédéraliste[8]. Le conflit éclate après l'échec électoral de 1930 et la crise financière qui s'en suivit et Lors de son congrès du 11 avril 1931, le PAB explose sous les divergences. Marchal quitte le PAB en même temps que Maurice Duhamel et fonde une petite formation de gauche modérée, la Ligue Fédéraliste de Bretagne dont il crée en 1932 la revue La Bretagne fédérale, déclinaison de gauche de la politique de Breiz Atao. En 1934, à la fin de la ligue, il rejoint le Mouvement fédéraliste breton, avec Gestalen, Francis Bayer du Kern, Goulven Mazéas et Rafig Tullou.

Entre les années 20 et 30, Marchal a définitivement adhéré au nationalisme breton :

« La vérité, c’est que nos maîtres [français] de l’heure nous arrachent morceau par morceau le sentiment de ce que nous sommes afin de nous remplir d’un ardent amour pour une prétendue patrie, patrie marâtre déjà adoptée par ceux qui ignorent leur mère patrie... Le sang qu’on nous a fait verser ne témoigne rien, si ce n’est qu’on nous a déjà fait faire fausse route, que nous avons peut-être renié une nationalité effective pour adopter une nationalité fictive à laquelle notre sang, notre race sont complètement étrangères (sic)[9]. »

Il signe en 1938 Le manifeste des Bretons fédéralistes avec Y. Gestalen, Ronan Klec'h, Francis Bayer du Kern, Raphaël Tullou et Per Goulven contre la guerre à venir. Ce manifeste affirme :

« […] l'impérieux devoir de regrouper ceux de nos compatriotes qui ne veulent pas confondre Bretagne et Église, Bretagne et réaction, Bretagne et parti-pris puéril anti-français, Bretagne et capital, et encore moins Bretagne et racisme. » (p. 14)

Membre du Grand Orient de France, selon Philippe Rault, il adhère un temps au Parti radical, dont il est exclu pour ses prises d'opinion sur la Bretagne[10].

Il se tourne vers les études philosophiques et occultistes et vers des études néodruidiques et symbolistes et fonde avec Francis Bayer du Kern et Rafig Tullou, Kredenn Geltiek (croyance celtique) et la revue Nemeton[11] (La Clairière[réf. nécessaire]). Il est le néodruide Maen Nevez ou Artonovios.

Collaboration durant la Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il anime la revue néodruidique Nemeton[12] (en relation avec Rafig Tullou et assisté par Berthou-Kerverziou), dont le but est, par-delà les études ésotériques sur le druidisme en tant que tel, de dénoncer l’influence catholique en Bretagne au nom d’une fraternité raciale censée lier la patrie celte à « l’Europe nouvelle », nordique, en train de se construire en Allemagne et dans les conquêtes du Troisième Reich.

Dans son journal Nemeton, Marchal se réjouissait de la défaite de la France et de l'avancée des troupes allemandes[13]. Ses positions antisémites révèlent également sa proximité idéologique avec l'Allemagne nazie :

« Une chose est certaine : tous les Etats autoritaires d’Europe ont dû adopter une législation d’exception concernant les Juifs. En Allemagne, cette législation est fondée, d’une part, sur les principes ethno-eugéniques formant la base de la communauté germanique ; d’autre part, sur le rôle économique purement parasitaire que joue l’Israélite au sein de la société. (Quels que soient les faits antérieurs qui ont déterminé cet état de choses, il est exact qu’il n’y a pas de Juifs au labour, pour beaucoup dans la Bourse.) Vis-à-vis de ce problème, convenablement posé, comment va agir Vichy ? M. Xavier Vallat, commissaire général aux questions juives, l’examinera d’un pur point de vue confessionnel chrétien : ...Le peuple juif est aussi la race maudite que le DÉICIDE, collectivement consenti, a condamné à ne plus avoir de patrie et à errer de par le monde. Argument pitoyable... Nous attendons de Vichy une loi complémentaire précisant que, parmi les nombreux agitateurs juifs qui furent crucifiés voilà vingt siècles, Jésus fils de Marie était également fils du Maître de l’Univers, et que les Israélites sont punis pour cela et rien que pour cela[14]. »

Il est condamné à la Libération à une peine d'indignité nationale : "15 ans de dégradation nationale" par la Chambre Civique de Rennes, pour appartenance au RNP de Marcel Déat[15]. Selon Françoise Morvan qui cite l'hommage funèbre rendu par Théophile Jeusset dans La Bretagne réelle en 1963, Morvan Marchal avait été également chef local du Rassemblement national populaire[16].

Après-guerre

Après sa condamnation, il déménage alors dans la banlieue parisienne et devient employé du gaz. Il laisse quelques contributions à des revues, dont Le Symbolisme de Marius Lepage, par ailleurs membre de la loge Volney du Grand Orient à Laval. Lui-même y aurait fait son entrée le 1er mai 1938[17].

Il meurt dans des conditions misérables, en 1963 dans la salle commune de l'hôpital Lariboisière.

Une rue du quartier de la Poultière au nord-est de Vitré porte son nom.

Il aurait inspiré avec Rafig Tullou des cercles druidiques néopaïens, ainsi que la revue Ordos fondée trente et un an après sa mort et aujourd'hui disparue.

Publications

Notes et références

  1. Morvan Marchal, Chants du Porhoët, La Bretagne réelle, 1965-6.
  2. Michel Nicolas, Histoire de Mouvement Breton, Syros, 1982, p 74
  3. Daniel Le Couédic, Dalc'homp Soñj, n° 24, p. 35, « Les visages et masques du fédéralisme breton »
  4. Breiz Atao, n° 4, avril 1919, p 2
  5. Kristian Hamon, Les Nationalistes bretons sous l'Occupation, ch. « Le Mouvement breton : rappel historique », pages 19 à 29, Yoran embanner, Fouesnant, 2005, (ISBN 2-914855-19-2);
  6. Michel Nicolas, Histoire de Mouvement Breton, Syros, 1982, p79
  7. Gwenc'hlan Le Scouézec, La Tradition des Druides : les druides à l'époque moderne (1493-2001), Braspart, Beltan, 2002
  8. Michel Nicolas, Histoire de Mouvement Breton, Syros, 1982, pp 78-79
  9. La Bretagne fédérale, n° 1, novembre 1931.
  10. Philippe Rault, Les drapeaux bretons des origines à nos jours, Coop Breizh, ISBN 2-84346-034-4
  11. Le nemeton, racine celtique nemet / nevet (sacré) désigne le sanctuaire où les Celtes de la protohistoire/antiquité pratiquaient leur religion.
  12. Marie-Madeleine Flambard, André Hélard, Françoise Morvan et la section de Rennes de la Ligue des Droits de l’Homme, Réécriture de l'histoire en Bretagne, 2000, p.5.
  13. « Or, maintenant que, sous les coups de la Force nordique, s'écroule le temple du dernier dieu juif, de l'or, avec tout ce qu'il contenait de cosmopolitisme grégaire pour ses esclaves aryens, il nous apparaît, plus qu'à tout autre moment de l'histoire, que nous, Celtes de l'Occident européen, avons été frustrés, au cours des âges, d'un héritage magnifique » : Morvan Marchal, numéro 2 de Nemeton.
  14. Morvan Marchal, Nemeton, automne 1943
  15. Ouest-France du 9 février 1945
  16. Françoise Morvan, Le Monde comme si, Actes sud, 2002, p. 225 et 177
  17. Affirmation présente dans la biographie que lui accorde le site Les druides du Québec

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