Paris-roubaix


Paris-roubaix

Paris-Roubaix


Paris-Roubaix
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Informations
Nom Paris-Roubaix
Pays France France
Date Avril
Type de course Classique pavée
Catégorie UCI Calendrier mondial UCI
Organisateur ASO
Histoire
Première édition 1896
Nombre d'éditions 107
Premier vainqueur Empire allemand Josef Fischer
Dernier vainqueur Belgique Tom Boonen
Record de victoires Belgique Roger De Vlaeminck (4 victoires)
Le vélodrome de Roubaix où ont lieu les 750 derniers mètres de la course

Paris-Roubaix est l'une des plus anciennes courses cyclistes, créée en 1896 par Théodore Vienne après l'ouverture du nouveau vélodrome de Roubaix. Elle s'est disputée tous les ans jusqu'à nos jours, en mars ou en avril, interrompue seulement par les deux guerres mondiales. Depuis 1968, elle ne part plus de Paris mais de Compiègne, avant de parcourir plus de deux cent cinquante kilomètres vers le nord.

Surnommée « l'enfer du Nord », « la dure des dures » comme le vantent les affiches de la 106e édition, ou encore « la reine des classiques », la course inclut plusieurs secteurs pavés, tel le décisif « Carrefour de l'Arbre », augmentant notoirement les risques de chutes et de crevaison. La tranchée de Wallers-Arenberg, "découverte" par le régional Jean Stablinski en 1967, a failli coûter la vie à Johan Museeuw en 1998. Ses deux kilomètres sont « un rodéo où tout tremble ». Ce secteur pavé mythique, de son vrai nom la « Drève des Boules d'Hérin », ne figure toutefois pas au parcours en 2005 en raison d'effondrements souterrains ayant trop déformé la chaussée. Après sa restauration, cet authentique monument historique de la course a été réintégré au parcours en 2006.

D'autres secteurs, très étroits, ont été tracés entre les champs de betteraves et ils ne peuvent être empruntés qu'en file indienne. Quand l'épreuve se déroule sous la pluie, la boue ajoute à la difficulté et aux risques. Le vainqueur est non seulement un homme fort du peloton, mais il doit aussi être chanceux et bien soutenu par ses équipiers.

La course est très prestigieuse, comme le confirme la présence, dans le palmarès ci-dessous, du premier vainqueur du Tour de France, Maurice Garin (1897, 1898), des célèbres Fausto Coppi (1950) et Louison Bobet (1956), et de deux quintuples vainqueurs du Tour, Eddy Merckx (1968, 1970, 1973) et Bernard Hinault (1981) qui à l'arrivée lâche « Paris-Roubaix est une connerie ». Le recordman de victoires est pour le Belge Roger De Vlaeminck, avec quatre succès (1972, 1974, 1975 et 1977). Le record de victoires consécutives est partagé par le Français Octave Lapize (1909, 1910 et 1911) et l'Italien Francesco Moser (1978, 1979, 1980).

Cette classique, autrefois inscrite au calendrier de la Coupe du Monde puis du ProTour, fait désormais partie de l'UCI Europe Tour. Le vainqueur reçoit un trophée constitué d'un véritable pavé.

Sommaire

Histoire

Genèse de Paris-Roubaix

Au début de l'année 1895, Théodore Vienne et Maurice Pérez, deux filateurs roubaisiens décident d'édifier un vélodrome à proximité du parc Barbieux, sur un terrain situé sur le territoire de la commune de Croix, à l'angle de la rue d'Hempempont et de la rue Verte. Le parc Barbieux, à cheval sur les communes de Roubaix et de Croix, est à l'époque un lieu prisé des sportmen et jouit de la réputation de plus beau parc du nord de la France. Il a également l'avantage d'être desservi par le Mongy et d'être situé à proximité de la gare de Croix-Wasquehal[1].

Sous la direction de l'architecte Dupire, les travaux débutent en avril 1895 et s'achèvent dès la fin du mois suivant. Le Vélodrome roubaisien, doté d'une piste en ciment d'une longueur de 333,33 m, est inauguré le dimanche 9 juin 1895 avec une compétition composée de 7 épreuves, devant plusieurs milliers de spectateurs. Durant les années suivantes, il voit s'affronter les meilleurs pistards de l'époque[2].

En cette fin de XIXe siècle, le calendrier des compétitions sur route est moins dense que sur piste. Paris-Brest-Paris et Bordeaux-Paris sont les courses les plus réputées. En février 1896, Vienne et Pérez ont l'idée de créer une course qui partirait de Paris pour arriver dans leur nouveau vélodrome[3]. Ils obtiennent le soutien de Louis Minart, rédacteur en chef du Vélo, en lui envoyant la lettre suivante :

« Cher Monsieur Rousseau,

Bordeaux-Paris approche, la grande épreuve annuelle a tant fait pour la propagande cycliste qu'il nous ait venu une idée. Que penseriez-vous d'une course d'entraînement précédant Bordeaux-Paris de quatre semaines ?
Paris-Roubaix présente un parcours de 280 kilomètres environ, ce serait donc un jeu d'enfant pour les futurs participants de Bordeaux-Paris. L'arrivée s'effectuerait au Vélodrome Roubaisien par quelques tours de piste. L'accueil fait à tous sera enthousiaste, d'autant plus que nos concitoyens n'ont jamais eu le spectacle d'une grande course sur route, à ce sujet du reste nous comptons assez d'amis pour croire que Roubaix est véritablement une ville hospitalière.
Comme prix nous inscrivons d'ores et déjà un premier prix de 1000 francs au nom du Vélodrome Roubaisien et allons nous occuper de le faire suivre d'une respectable série d'autres prix pour donner satisfaction à tous. Comme date, nous croyons que le 3 mai conviendrait parfaitement car les coureurs de Bordeaux-Paris seront déjà en bonne forme à cette date et il leur restera trois semaines jusqu'à la grande épreuve pour se remettre.
Et maintenant pouvons-nous compter sur le patronage du Vélo et sur votre concours pour l'organisation, le départ etc...? Si oui, annoncez de suite notre great event et ouvrez dans vos colonnes la liste des engagements.

Veuillez agréer nos amicales salutations. »

L'organisation de la course est ainsi confiée au Vélo et au principal rédacteur de sa rubrique cycliste, Victor Breyer. Celui-ci est d'abord chargé de reconnaître la course. Il effectue une première partie du trajet, jusqu'à Amiens, dans une Panhard 6CV, puis s'élance le lendemain à bicyclette en direction de Roubaix. Épuisé après une journée passée sur les routes pavées et sous la pluie, Breyer envoie à Minart une missive lui demandant d'annuler ce « projet diabolique », qu'il considère comme dangereux pour les coureurs[4].

Des membres du clergé expriment également leur opposition à la course. Prévue pour le dimanche de Pâques, elle empêcherait coureurs et spectateurs d'assister à l'office. Vienne annonce la célébration d'une messe à la chapelle de la famille d'Orléans, près du lieu de départ. L'heure matinale de la course empêchera finalement la tenue de cet office[5].

Les premiers participants arrivent la veille de la course à la Brasserie de l'Espérance. Seuls la moitié des inscrits sont présents : 51 coureurs dont 45 professionnels signent la feuille de départ le matin du 19 avril 1896, au café Gillet près du bois de Boulogne, et s'élancent de la Porte Maillot lorsque le directeur du Vélo, Paul Rousseau, donne le départ[6].

1896-1914

Josef Fischer, vainqueur de la première édition de Paris-Roubaix, en 1896

Cette première édition est remportée en solitaire par l'Allemand Josef Fischer. Il met plus de 9 heures pour parcourir les 280 km de course, passant par Beauvais (Oise), Amiens, Doullens (Somme) où se trouve la principale difficulté, Arras, Hénin-Liétard (Pas-de-Calais), Seclin, Lesquin, Hem (Nord)[7]. Ce parcours ne subit que peu de modifications durant les années suivantes. En 1906, le secteur de Hénin-Liétard-Carvin est contourné par Douai. Suite à la catastrophe de Courrières, les mineurs de la région sont en grève et l'organisation craint pour la sécurité des coureurs[8]. Ce détour sera conservé lors des trois éditions suivantes en raison de l'accueil enthousiaste réservé à la course à Douai[9]. Le lieu d'arrivée reste le vélodrome jusqu'en 1914. Le départ change en revanche d'emplacement. En 1898, le préfet de police de Paris refuse que la course parte de la capitale en raison des embouteillages[10]. Jusqu'en 1913, la course démarre à Chatou, dans le département de Seine-et-Oise. L'édition 1901 est néanmoins l'occasion d'un dernier départ de la Porte Maillot.

L'édition de 1898 est également celle d'un changement de formule. Afin d'enrayer la diminution du nombre d'engagés, les organisateurs autorisent l'entraînement des coureurs, y compris par des motocyclistes et automobilistes. En outre, une course motocycliste est organisée simultanément. Maurice Garin signe à cette occasion son deuxième succès et ne rejoint l'arrivée qu'avec trois quarts d'heure de retard sur le vainqueur de la course motocycliste[11]. La présence d'entraîneurs motorisés n'empêche pas la baisse la participation (32 coureurs en 1899, 19 en 1900[12]) mais attire des pistards. Ce sont ainsi deux stayers, Albert Champion et Émile Bouhours qui s'imposent lors des deux éditions suivantes[13], Bouhours battant le record. Maurice Garin obtient cette année-là son quatrième et dernier podium, malgré son refus d'effectuer les tours de vélodrome à l'arrivée[14].

Plusieurs changements interviennent en 1901, afin de raviver l'intérêt de la course. L'entraînement motorisé est abandonné pour différencier davantage Paris-Roubaix de Bordeaux-Paris et éviter que ne se produisent de nouveaux accidents causés par les motos. Les entraîneurs humains restent autorisés (tandems, triplettes). L'organisation est confiée au nouveau quotidien L'Auto-Vélo, qui deviendra L'Auto, et le départ revient à la Porte Maillot. Cette édition retrouve le succès, avec 60 participants[15]. Les entraineurs sont abandonnés un première fois en 1904, de nouveau autorisés en 1905 puis progressivement interdits, d'abord pour la fin du parcours à partir de Beauvais en 1908[16] et définitivement en 1910[17]. Ces années voient le développement des groupes cyclistes constitués par les constructeurs. Les plus importants (Peugeot, Alcyon, La Française) sont capables de rassembler plusieurs prétendants à la victoire et pèseront sur le déroulement de la compétition[18].

Le palmarès de cette période de 1896 à 1914 est dominé par les coureurs français, qui gagnent 16 des 19 éditions[19]. Cette hégémonie est expliquée par l'« importance du secteur professionnel français » et la participation limitée des coureurs étrangers, soit par manque de moyens de transports, soit en raison de la prévalence du cyclisme sur piste dans certains pays (les courses sur routes sont notamment interdites en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas)[20].

Les coureurs emblématiques de cette époque sont Maurice Garin, double vainqueur (1897, 1898) et qui remportera le premier Tour de France en 1903, Octave Lapize, premier coureur parvenant à s'imposer trois fois sur Paris-Roubaix. Il gagne pour la première fois en 1909 alors qu'il est inconnu et remporte les deux éditions suivantes, ainsi que le Tour de France 1910. Enfin Charles Crupelandt demeure le seul lauréat roubaisien. Un tronçon pavé inauguré en 1996 à Roubaix porte son nom.

1919-1939

Après cinq ans d'interruption, Paris-Roubaix est de nouveau disputé le 20 avril 1919. Le peloton respecte une minute de silence au départ en hommage aux victimes de la guerre dont Lapize et Faber, morts au combat. Les principales figures de la course ont en outre mis fin à leur carrière, de sorte que le peloton est fortement modifié. L'itinéraire subit également les conséquences de la guerre. La fin du parcours est impraticable et contraint la course à passer par Saint-Pol-sur-Ternoise et Béthune après Doullens[21].

Surtout, le vélodrome n'est plus en état d'accueillir l'arrivée. La piste en bois a notamment disparu. Les organisateurs doivent trouver un nouveau lieu d'arrivée. Il s'agit d'abord de l'avenue de Jussieu puis du stadium Jean-Dubrulle. À partir de 1922 et jusqu'en 1939, la course se conclut sur l'avenue des Villas qui devient avenue Gustave Delory en 1937[22]. Trois éditions font exception : la ligne d'arrivée est placée au stade Amédée-Prouvost de Wattrelos en 1929, et à l'hippodrome des Flandres de Marcq-en-Barœul en 1935 et 1936[23] afin de percevoir les recettes du public placé en tribune[24].

Le palmarès de l'entre-deux-guerres est dominé par les coureurs belges. Ils remportent 15 des 21 éditions et occupent une grande partie des places d'honneur[25]. Cette domination peut être expliquée par des facteurs culturels, géographiques et techniques. Paris-Roubaix est, avec le Tour des Flandres, la principale course de la saison. La bicyclette est un moyen de transport prisé en Belgique, en raison « de sa faible superficie et de sa densité urbaine ». Enfin, contrairement à la France qui modernise ses routes, le réseau belge est essentiellement constitué de « routes étroites et pavées »[26]. Gaston Rebry, triple vainqueur belge, est le premier coureur à recevoir le surnom de « Monsieur Paris-Roubaix » et exprime la force de ses compatriotes sur la course : « Ça est jour de kermesse pour nous aujourd'hui »[27]. Malgré la domination belge, le premier doublé Paris-Roubaix-Tour des Flandres est réalisé par le Suisse Heiri Suter en 1923[28]. Les coureurs italiens sont présents dès 1920. Malgré la présence de leurs meilleurs champions de l'époque (Costante Girardengo, Ottavio Bottechia, Alfredo Binda)[29], ce n'est qu'en 1937 que Jules Rossi devient le premier vainqueur italien de Paris-Roubaix.

Paris-Roubaix sous l'Occupation

La France entre en guerre en septembre 1939. Après des mois de « drôle de guerre », les forces allemandes lancent une offensive contre les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France le 10 mai 1940. Roubaix est occupée par les forces allemandes le 24 mai 1940.

Aucune course cycliste n'est disputée dans le Nord durant l'année. L'Auto tente d'organiser Paris-Roubaix mais la situation de Roubaix en zone des armées empêche d'y faire arriver la course. Une inversion du parcours est proposée, de Roubaix à Paris, mais se heurte au refus du Préfet de la Somme et du Grand Quartier Général. Un « Paris-Roubaix de guerre » a tout de même lieu sous le nom de Trophée Duralumin entre Le Mans et Paris. Rassemblant 63 coureurs, il est remporté par Joseph Soffietti au Parc des Princes. En 1941 et 1942, la parcours originel ne peut pas être emprunté en raison du découpage de la France occupée - le Nord et le Pas-de-Calais sont dans la zone d'Administration militaire de la Belgique et du Nord - et l'existence d'une frontière sur la Somme délimitant la zone de peuplement allemand. C'est entre Paris et Reims que se court l'« ersatz de Paris-Roubaix » qui voit les victoires de Jules Rossi et Émile Idée[30].

En 1943, l'Auto obtient l'autorisation d'organiser la course entre Paris et Roubaix[31]. La compétition reprend son cours. À la Libération, le journal est interdit. Il est remplacé en 1946 par L'Équipe qui prend les rênes de Paris-Roubaix.

L'« Ère des seigneurs »

Disparition et sauvegarde des pavés

À l'origine, les routes pavées ne constituent pas une spécificité de Paris-Roubaix. Durant les premières décennies, elles représentent une soixantaine de kilomètres du parcours : une quarantaine de kilomètres ininterrompus entre Hénin-Liétard et Roubaix, et une vingtaine dans les principales villes traversées. Les voies restantes sont encore en terre, sauf de rares secteurs déjà bitumés. Paris-Roubaix est alors davantage caractérisée par sa distance, plus courte que celle des classiques de l'époque, ce qui la rend plus nerveuse[32].

La Trouée d'Arenberg

Le bitume commence son apparition massive durant l'entre-deux-guerres. Un premier tronçon pavé est recouvert en 1939, entre Forest-sur-Marque et Hem. Cette évolution est alors considérée comme un progrès : « Dans six ans, toutes les routes de Paris-Roubaix seront modernisées », prédit un responsable des Ponts et chaussées. Après un arrêt pendant l'invasion allemande, la pose d'enrobé reprend dans les années 1940. Le nombre de kilomètres pavés tombe à 31 en 1955, et atteint son minimum en 1965 avec 22 km.

La difficulté de la course se déprécie. Par conséquent, les arrivées au sprint sont de plus en plus nombreuses, et la vitesse s'accroît. Les Paris-Roubaix les plus rapides sont ainsi disputés durant cette période. Rik Van Steenbergen en 1948[33] puis Peter Post en 1965 battent successivement le record de vitesse de la course et décrochent à l'occasion le Ruban jaune. Le record de 45,129 km/h établi par Post demeure invaincu depuis sur Paris-Roubaix.

Dès 1955, la parcours subit quelques modifications et s'allonge de vingt kilomètres en explorant le Pévèle afin de trouver de nouveaux secteurs. Des côtes pavées sont notamment trouvées à Mons-en-Pévèle : la côte de Moncheaux, puis le Caouin et le pas Roland, qui sont goudronnés l'un après l'autre[34]. En 1966, le parcours de Paris-Roubaix est modifié en profondeur. Le départ est situé à Chantilly et l'ensemble du nouveau tracé est déplacé vers l'est où se trouvent de nouvelles portions pavées[35]. La première d'entre elles est située à Hornaing, d'autres à Ferrain, Rieulay, Flines-les-Raches. Elles permettent de porter le total des routes pavées à une quarantaine de kilomètres[36]. À la demande de Jacques Goddet, la recherche de secteurs pavés se poursuit, notamment après le goudronnage du pas Roland en 1967[37]. En 1968, Jean Stablinski fait découvrir à Albert Bouvet une route pavée qui deviendra un lieu emblématique de Paris-Roubaix : la tranchée de Wallers-Aremberg[38].

Internationalisation et spécialisation des coureurs

Avec la création de la Coupe du monde de cyclisme sur route en 1989, l'élite du cyclisme international se segmente entre les coureurs spécialistes des classiques et les spécialistes des courses par étapes. Ainsi Miguel Indurain et Lance Armstrong, respectivement quintuple et septuple vainqueurs du Tour de France durant les années 1990 et 2000, sont absents de Paris-Roubaix ainsi que d'autres épreuves majeures du début de saison[39]. Une segmentation se crée également parmi les coureurs de classiques, notamment entre spécialistes de courses dites « flandriennes » et de courses dites « ardennaises ». Paolo Bettini, triple vainqueur de la coupe du monde, n'a par exemple jamais participé à Paris-Roubaix[40].

Parmi les spécialistes des courses « flandriennes », la puissante équipe Mapei, capable d'aligner des équipes distinctes sur les classiques et sur les grands tours, domine Paris-Roubaix à la fin des années 1990 avec cinq victoires dont trois triplés (1996, 1998 et 1999) et avec l'un des coureurs emblématiques de cette course, vainqueur à trois reprises, Johan Museeuw. Le directeur sportif de l'équipe Patrick Lefevere, qui recevra le surnom d'« autre Monsieur Paris-Roubaix », prolonge cette domination dans les années 2000 avec les équipes Domo-Farm Frites (deux succès dont un nouveau triplé en 2001) et Quick Step (trois succès avec Tom Boonen en 2005, 2008 et 2009).

UCI ProTour et Calendrier mondial

L'édition 2007

En 2005, l'UCI met en œuvre une réforme du cyclisme sur route. Les épreuves du calendrier de l'UCI sont réparties sur 5 circuits continentaux, à l'exception des courses majeures qui forment l'UCI ProTour et auxquelles sont tenues de participer les meilleures équipes. Paris-Roubaix fait partie de ce calendrier en 2005 et 2006. Cette réforme est cependant l'objet de désaccords entre l'UCI et des principaux organisateurs de courses dont ASO, organisateur de Paris-Roubaix. Ainsi en 2007 ASO s'affranchit de la règle exigeant la présence des équipes ProTour sur les épreuves du calendrier en refusant l'équipe Unibet.com[41]. L'année suivante, les organisateurs retirent leurs courses du ProTour. Paris-Roubaix fait partie du calendrier de l'UCI sans délivrer de point pour le ProTour ni pour l'UCI Europe Tour. En 2009, l'UCI crée un nouveau calendrier mondial, comprenant le ProTour et un calendrier historique dont fait partie Paris-Roubaix.

Parcours

L'ancien parcours (1896-1965)

Les 63 premières éditions de Paris-Roubaix, de 1896 à 1965, se sont déroulées sur des parcours similaires. Partant de Paris ou de sa banlieue (Chatou et Saint-Denis notamment), la course passait par Pontoise, Beauvais, Amiens, Doullens, Arras, Hénin-Liétard, puis arrivait à Roubaix en contournant Lille par Seclin, Lesquin, Hem. Les principales entorses à ce tracé sont le détour par Douai de 1906 à 1909, dû à la volonté des organisateurs d'éviter Hénin-Liétard-Carvin suite à la catastrophe de Courrières, et le passage par Saint-Pol-sur-Ternoise et Béthune après Doullens en 1919, les routes habituelles étant impraticables au sortir de la guerre[42].

La première difficulté était une côte située à Cormeilles[43] au sommet de laquelle un prime de 1 000 ou 2 000 francs était attribuée au coureur passant en tête[44]. Le lieu emblématique de Paris-Roubaix à cette époque est la côte de Doullens dans la Somme. Elle a joué un rôle important dans la course durant les premières décennies et était considérée comme le premier « juge de paix ». Elle est située sur la route nationale 25 à la sortie de Doullens et mène au hameau de Beaurepaire. Longue de 2 500 m, elle était exposée au vent ce qui provoquait la formation de bordures au sein du peloton.

La suite de la course empruntait des routes pavées, dont notamment des secteurs stratégiques à Arras et Hénin-Carvin. Lorsque ces secteurs ont commencé à disparaître, de nouvelles routes ont été recherchées dans le Pévèle à partir de 1955. Plusieurs côtes pavées sont ainsi dénichées à Mons-en-Pévèle : les côtes de Moncheaux et de Mons, puis le Caouin en 1958 et le pas Roland[45]. La poursuite de la modernisation des routes, y compris de ces secteurs, conduit à l'adoption d'un nouveau parcours en 1966.

Le pavé emblème de la 100e édition du Paris-Roubaix

Principales difficultés

Section Nom Longueur Difficulté
18 Tranchée d'Arenberg 2 400 m *****
10 Mons-en-Pévèle 3 000 m *****
4 Carrefour de l'Arbre 2 100 m *****
25 Saint-Python 3 700 m ****
19 Haveluy 2 500 m ****
17 Wallers - Hélesmes 1 600 m ****
6 Cysoing - Bourghelles 1 300 m ****
6 Bourghelles - Wannehain 1 100 m ****
5 Camphin-en-Pévèle 1 800 m ****
12 Orchies 1 700 m ***

Notes et références

  1. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p13.
  2. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p13-16.
  3. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p16-17.
  4. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p17-18.
  5. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p18.
  6. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p19.
  7. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p20-24.
  8. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p76-77.
  9. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p88.
  10. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p31.
  11. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p31-34.
  12. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p39.
  13. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p35.
  14. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p40.
  15. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p41.
  16. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p99.
  17. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p110.
  18. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 1, p87.
  19. Les seuls vainqueurs étrangers de cette période étant l'Allemand Josef Fischer (1896), le Belge Cyrille Van Hauwaert (1908) et le Luxembourgeois François Faber (1913)
  20. Christian Dorvillé, 100 Paris-Roubaix - Patrimoine d'un siècle, p113
  21. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome I : 1896-1939, p136-137
  22. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome I : 1896-1939, p197
  23. Philippe Bouvet, Paris-Roubaix - Une journée en enfer, p134
  24. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome I : 1896-1939, p168
  25. Ils sont ainsi neuf parmi les dix premiers en 1938.
  26. Christian Dorvillé, 100 Paris-Roubaix - Patrimoine d'un siècle, p113-114
  27. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome I : 1896-1939, p174-175
  28. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome I : 1896-1939, p153
  29. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome I : 1896-1939, p140 et 156
  30. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome II : 1943-1990, p12-14
  31. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome II : 1943-1990, p15
  32. Philippe Bouvet, Paris-Roubaix : Une journée en enfer, p40
  33. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 2, p32
  34. Philippe Bouvet, Paris-Roubaix : Une journée en enfer, p55
  35. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 2, p142
  36. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 2, p130
  37. Philippe Bouvet, Paris-Roubaix : Une journée en enfer, p42 et 56
  38. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome 2, p142
  39. Fleuriel, p115
  40. Paolo, Patrik et les autres... sur cyclismag.com, 4 novembre 2007. Consulté le 25 mars 2009
  41. Unibet.com ignored for Paris-Roubaix sur cyclingnews.com, 24 mars 2007. Consulté le 14 mars 2009
  42. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome I : 1896-1939, p137
  43. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome I : 1896-1939, p173
  44. Pascal Sergent, Chronique d'une légende : Paris-Roubaix - Tome I : 1896-1939, p175, 184
  45. Philippe Bouvet, Paris-Roubaix - Une journée en enfer, p55-56

Voir aussi

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