Saint-Etienne-Vallee-Francaise


Saint-Etienne-Vallee-Francaise

Saint-Étienne-Vallée-Française

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Saint-Étienne-Vallée-Française

le village vu du Sud
le village vu du Sud

Administration
Pays France
Région Languedoc-Roussillon
Département Lozère
Arrondissement Florac
Canton Saint-Germain-de-Calberte
Code Insee abr. 48148
Code postal 48330
Maire
Mandat en cours
Gérard Crouzat[1]
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes de la Cévenne des Hauts Gardons[N 1]
Démographie
Population 516 hab. (2006)
Densité 10 hab./km²
Géographie
Coordonnées 44° 10′ 04″ Nord
       3° 50′ 33″ Est
/ 44.16778, 3.84250
Altitudes mini. 194 m — maxi. 925 m
Superficie 50,99 km²

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Saint-Étienne-Vallée-Française est une commune française, située dans le département de la Lozère et la région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Stéphanois[2].

Son territoire, qui fait partie de la zone périphérique du parc national des Cévennes[3], se trouve au cœur des Cévennes historiques car on y retrouve tous les éléments cévenols les plus caractéristiques. Ainsi Saint-Étienne-Vallée-Française est un zone de culture protestante où s'est déroulée la révolte des Camisards, sur une terre schisteuse traversée par l'un des Gardons, où se cultivaient châtaigniers et s'éduquaient les vers à soie, où l'on produit toujours des pélardons et dont les maisons possèdent des toits de Lauzes et des murs de schistes.

Sommaire

Géographie

Article connexe : Géographie de la Lozère.

Situation et relief

Lozere blank map.svg
Point de localisation
Lozère
St-Étienne-VF

Saint-Étienne-Vallée-Française est située à la limite sud du département de la Lozère avec celui du Gard, dans l'ancienne province du Gévaudan.

Les villes les plus proches sont Alès (Gard) à 38 km l'est et Florac (Lozère) à 43 km au nord[N 2].

D'une superficie de 5 099 hectares, le territoire communal se trouve au cœur de la chaine montagneuse des Cévennes qui forme la limite sud du Massif central. La Vallée-Française est une zone de moyenne montagne traversée par la vallée d'une des branches du Gardon.

L'orientation générale de cette vallée est nord-ouest/sud-est. L'altitude moyenne de la commune (et celle du bourg) est de 245 m[4], ce qui en fait l'une des communes les moins élevées du département. Son point culminant est la montagne de la Vieille Morte (925 m) sur la rive gauche du Gardon. Ce sommet sépare la vallée du Gardon de Saint-Étienne de la vallée du Galeizon au nord-est ; tandis que des monts moins élevés séparent le village de la vallée du gardon de Sainte-Croix au sud-ouest.

Les communes limitrophes sont Saint-Germain-de-Calberte au nord, Moissac-Vallée-Française à l'ouest et Saint-Martin-de-Boubaux à l'est. Ces trois communes sont situées dans le département de la Lozère. En revanche les communes situées au sud (Saint-Jean-du-Gard) et au sud-est (Mialet) appartiennent au département du Gard.

Accès

Carte de la commune
carte de la commune

Le principal axe de communication de la commune est la RD 983 qui mène de Saint-Jean-du-Gard à Moissac-Vallée-Française. Depuis le carrefour du Martinet, elle se prolonge par la RD 984 qui, en traversant le village, permet d'aller à Saint-Germain-de-Calberte puis, de là, vers Florac. Ces deux routes suivent le cours des Gardons. Le réseau de chemins communaux permet aux habitants de la rive gauche du Gardon de rejoindre la RD 13 et le col du Pendédis, notamment au cas où une crue du Gardon empêcherait sa traversée.

Une ligne de bus assure une liaison quotidienne depuis et vers Florac puis Mende[5]. La gare la plus proche est celle d'Alès, l'aéroport celui de Nîmes-Garons.

Climat

Son climat est méditerranéen, légèrement tempéré par l'altitude. Il se caractérise par des hivers doux, une sécheresse estivale importante et de fortes précipitations aux équinoxes. Les orages d'automne peuvent y causer des crues violentes lors de ce qui est appelé un épisode cévenol. Ces pluies diluviennes accompagnées d'orages très localisés se concentrent sur quelques heures, voire quelques jours. Elles sont principalement dues à la rencontre entre l'air froid venant de l'océan Atlantique qui remonte sur les sommets des Cévennes et l'air chaud remontant de la mer Méditerranée. De ce fait la commune est considérée comme exposée aux risques naturels d'inondation[6] et a été cinq fois l'objet d'arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle depuis 1982 (quatre fois pour inondations et coulées de boues et une pour tempête)[7]. Et même si elle a échappé aux inondations du 8 et 9 septembre 2002, la commune entre dans la zone concernée par le Plan de prévention des risques d'inondation des Gardons mis en place depuis.

Données générales
Données météorologiques du Vigan de 2006 à 2009[8]
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc Année
Températures minimales (°C) 1,5 2,2 4,3 7,6 10,8 13,4 15,7 15,0 11,6 8,9 4,3 0,8 8,0
Températures maximales (°C) 11,5 12,7 15,3 19,7 22,2 26,8 30,1 27,1 24,7 19,7 14,6 10,4 19,6
Températures moyennes (°C) 8,0 6,9 7,6 13,6 16,4 19,9 22,8 21,1 17,9 13,7 9,0 4,7 13,5
Pluviométrie (mm) 120,3 106,4 26,4 89,9 103,5 56,9 24,5 26,5 110,1 153,9 180,1 94,2 1 092,7
Gel (jour) 12 7 2,5 0,7 6,3 15 43,5

Sur une période récente, la température la plus froide a été relevée le 18 novembre 2007 avec -6,9 °C et la plus chaude le 11 juillet 2006 avec 37,4 °C. La journée la plus pluvieuse a été le 19 octobre 2006 avec 133 mm de pluie. Le vent le plus fort a été mesuré le 24 mars 2009 avec une rafale à 88,5 km/h. Le mois de novembre 2008 a été particulièrement pluvieux avec plus de 300 mm de pluie.

Végétation

une vallée boisée
Vue depuis les Avelacs

Autrefois essentiellement couvert de châtaigneraies, le territoire communal est toujours fortement boisé, même si un incendie en août 2003 a fait de gros dégâts. Avec l'abandon progressif de la culture des châtaigniers, les pins ont petit à petit gagné l'ensemble de son territoire. De plus, l'ONF a longtemps poussé à la plantation de résineux, seule sylviculture locale économiquement viable.

Les données du réseau Natura 2000 indiquent que la végétation de la vallée est essentiellement composée de pins et de résineux (40 % des surfaces), de châtaigniers et autres arbres à feuilles caduques (37 %), de chênes verts (10 %), mais aussi de broussailles (1 %) et de rares prairies (1 %). La montagne de la vieille morte est un site important pour une espèce rare de Juniperus. Il y pousse aussi quelques pins de Salzmann associés à des cistes rares (ciste à feuilles de peuplier et ciste de Pouzolz). Les rochers et les éboulis rocheux occupent 1 % de sa surface[9].

La déprise agricole favorisant l'embroussaillement et la généralisation de la présence de résineux facilement inflammables ont augmenté les risques d'incendie[N 3]. Aussi du fait de sa végétation et de son climat, la commune est considérée comme exposée aux risques naturels d'incendie[6].

Hydrographie

Le village est construit sur la rive droite du Gardon de Saint-Étienne lequel rejoint le Gardon de Sainte-Croix, au sud de la commune au lieu-dit Le Martinet, pour former le Gardon de Mialet. Le Galeizon, affluent du Gardon d'Alès, forme sur 1 km la limite nord-ouest de la commune avec celle de Saint-Martin-de-Boubaux. Sur le territoire communal, le Gardon de Saint-Étienne possède quatorze ruisseaux affluents[10] tels le ruisseau de Salvayre au sud du village, le ruisseau de la Combe des Avelacs, le Merlet au nord du village vers Saint-Germain, etc. Il existe de nombreuses sources dont certaines sont canalisées pour alimenter des fontaines comme la Font de Bouret dans le village ou les maisons des particuliers qui ne peuvent bénéficier du réseau communal de distribution d'eau du fait de leur situation isolée.

Le débit habituel du Gardon n'est pas suffisant pour des activité nautiques[11], d'autant plus que ces dernières années ont été très sèches. Cependant il existe de nombreux gourgs (trous d'eau) où l'on peut se baigner, notamment au Martinet. La faible présence humaine et l'importance de la couche de galets et de graviers donnent une couleur turquoise à l'eau du Gardon dès qu'il y a un peu plus de profondeur. En 2008, la qualité de l'eau du Gardon sur la commune était qualifiée de bonne sauf sur la portion entre le village et le confluent du Martinet où elle était qualifié d'assez bonne[12]. Ces eaux abritent, entre autres, des populations de loutres et de castors, voire des écrevisses[9].

Une maison en pierre (schiste et quartz)
maison en schiste et quartz

Géologie

Le sous-sol y est surtout composé de schiste, de micaschiste mêlé d'un peu de quartz. Ces roches métamorphiques de l'ère primaire proviennent du socle ancien qu'est le Massif Central. Ces sols non-calcaires sont légèrement acides.

Urbanisme

Les logements les plus anciens ont été construits dans les matériaux locaux que sont le schiste et le quartz même si la tuile romane et la lauze se partagent à égalité la couverture des toits.

Le village

vue d'ensemble du village depuis le sud-ouest
Le village vu du Castélas

Le village de Saint-Étienne-Vallée-Française est constitué de trois parties contiguës. La plus ancienne, au pied de la colline du château, entoure l'église. Au Moyen-Âge, ces maisons accolées les unes aux autres permettaient, une fois barricadées, de former une sorte de rempart.

Une seconde, plus au sud, est construite parallèlement au Gardon. Les maisons se trouvent de part et d'autre de la rue Cabiron, qui fut jusqu'à la fin du XIXe siècle la rue principale du village. Enfin, la partie la plus récente part vers l'ouest depuis la place du monument aux morts et le long de l'avenue des Tilleuls. Elle contient la plupart des commerces, l'école et le collège. Elle conduit aux constructions nouvelles sur les anciens champs des Prats et aux HLM des Gravasses.

Les écarts

une maison et ses dépendance dans un vallon
Dans le vallon des Avelacs

Plusieurs hameaux, qui ne regroupent souvent que quelques maisons, et de nombreux mas isolés, composent également la commune. Cet habitat dispersé est pourtant à la base de petites communautés que les cévenols appellent traditionnellement les « quartiers »[13]. Parmi ces écarts et lieux-dits, on retrouve :

  • Le Meyran
  • Andajac
  • Leyris
  • Croisance
  • les Solièges
  • les Avelacs
  • Droubies
  • Serres
  • Les Passadoires
  • le Pont de Burgen
  • Mas Amalric
  • Espinassous
  • Cabrespic
  • le Martinet
  • la Fare
  • Marouls

Histoire

Article connexe : Histoire de la Lozère.

Préhistoire

Une pierre levée en schiste d'un mètre de large et 2 mètres de haut
La Pierre de La Vieille

Les premières traces des hommes découvertes dans la vallée remontent au IIIe millénaire av. J.-C. : des pasteurs nomades, appartenant à la civilisation des mégalithes, passaient sur les crêtes. Ils sont à l'origine de la draille de la Vieille Morte. Ils y ont laissé des menhirs telle la Pierre de la Vieille, des dolmens tel la tombe du juge ainsi que des roches à cupules, des tombes à coffre, des cumulus. Ces traces sont, dans l'imaginaire cévenol, liées à la légende de la vieille morte.

Un village de mineurs extrayant le fer a existé sur la commune au Ve siècle av. J.-C..

Antiquité

La formation du bourg date probablement de l'époque gauloise[14] À cette période, la localité se trouvait à la limite des territoires des Gabales au nord et des Volques Arécomiques au sud. Il n'y a pas de preuve d'occupation romaine, pourtant non loin de là, sur le mont Saint-Clément, sur la commune voisine de Saint-Germain-de-Calberte, se trouvait une villa gallo-romaine. Les lieux-dits de la commune se terminant en « ac » semblent indiquer une occupation dès cette époque.

Moyen Âge

un tour en ruine
La tour du Castélas

Au VIe siècle, le village et la vallée se seraient trouvés dans une enclave franque entourée par des terres wisigothes. Une autre version de la légende relate également une bataille qui aurait opposé en 737, ou en 778, Francs et Sarrasins à la Boissonade, sur la commune voisine de Moissac-Vallée-Française. Elle y lie la construction de l'église de Notre-Dame de Valfrancesque, bâtiment du VIIIe et IXe siècle ce qui en fait le plus ancien des Cévennes et du Gévaudan[15].

Devenue une étape de transhumance pour les troupeaux des moines de l'abbaye de Sauve, la localité abritait une prieuré bénédictin. Au début du XIe siècle les seigneurs d'Anduze y construisirent un premier château-fort, le Castélas, au confluent des gardons de Sainte-Croix et de Saint-Étienne[N 4]. Il faisait partie de leur réseau de surveillance et de tours à signaux traversant leur fief depuis Anduze jusqu'à Florac[16]. Les seigneurs d'Anduze étaient barons de Florac, baronnie à laquelle appartenait Saint-Étienne[17].

Vers 1229, au terme de la croisade des Albigeois, leurs biens et donc le village furent confisqués par le Roi de France. Dès 1228 ,un bayle royal vint alors siéger à Saint-Etienne. Mais les représentants du roi et l'évêque de Mende se disputèrent longtemps la prédominance sur ces terres. En 1265, un premier accord donne Saint-Étienne-Vallée-Française au roi. Après 36 ans de procès l'opposant aux évêques de Mende, l'acte de paréage de 1307 lui attribua définitivement le village. La paroisse était autorisée à envoyer son consul aux États particuliers du Gévaudan[18]. Sous l'influence des moines bénédictins, la culture du châtaignier puis celle du mûrier pour les vers à soie se développèrent au point de devenir les éléments centraux de son économie.

Comme l'ensemble des Cévennes, le village souffrit beaucoup pendant les crises du XIVe siècle (guerre de Cent Ans, peste noire, ...). Les friches gagnèrent du terrain au profit de la faune sauvage[N 5]. C'est pourtant à cette époque, en 1366, que débuta la construction du deuxième et principal château de Saint-Étienne, au-dessus du bourg. La partie la plus ancienne de l'église paroissiale daterait de la même époque. Si la date d'abandon du Castélas est inconnue, en 1476 il était encore debout, mais en 1629 lors du passage des troupes du duc de Rohan, il était déjà en ruine[14].

Aux siècles suivants, avec l'augmentation de la population, pour gagner des surfaces cultivables, la culture en restanque s'étendit, grimpant de plus en plus haut sur les collines et donnant aux montagnes cévenoles leur aspect particulier.

« Avec leurs mains, dessus leur tête
ils avaient monté des murettes
jusqu'au sommet de la colline... »
Jean Ferrat : la Montagne

XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle

Le « dragon missionnaire » : Qui peut me résister est bien fort.

Comme toutes les Cévennes, Saint-Étienne accueillit favorablement la Réforme et une majeure partie de la population se convertit au protestantisme tout en restant fidèle au roi. Le surnom de raiols attribué aux cévenols viendrait de cette fidélité. En 1629, les troupes huguenotes du duc de Rohan, en lutte contre Richelieu, tentèrent en vain d'abattre le clocher de l'église[N 6].

Sous le règne de Louis XIV, en 1685, comme toutes les localités protestantes, Saint-Étienne fut victime de dragonnades. Les membres de la religion réformée furent alors contraints d'héberger à leur frais des soldats, les dragons, qui avaient carte blanche, sauf le droit de tuer, pour les « convertir ». Sous la pression de ces exactions, qui aujourd'hui seraient qualifiées de crimes de guerre voire contre l'humanité[N 7], ils se convertirent en masse et devinrent des NC, pour Nouveaux Convertis. Certains récalcitrants s'enfuirent rejoignant l'émigration huguenote vers la Suisse, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Afrique du Sud...

La répression sur les protestants s'accentua avec la révocation de l'édit de Nantes le 18 octobre 1685. Plusieurs protestants de la commune furent alors pendus, torturés ou envoyés aux galères[N 8].

Pendant la Révolte des Camisards (1702-1704), même s'il hébergea des troupes royales, le village, situé au cœur de la zone rebelle, n'échappa pas aux troubles : assemblées secrètes au « Désert », « levées d'impôt » des camisards, représailles, meurtres, incendies ... Lors du « bruslêment des Cévennes », où l'armée royale employa la tactique de la terre brûlée destinée à empêcher tout soutien matériel à la guérilla, le bourg devint un des centres de regroupement de la population évitant ainsi sa destruction mais pas celle des maisons des NC situées dans les hameaux isolés. Plus de deux milles personnes provenant des villages et hameaux rasés s'y entassèrent pendant des mois[19].

L'hiver très rigoureux de 1709 provoqua le gel de nombreux châtaigniers principale ressource locale en nourriture. Aussi une famine s'ensuivit. Ceci favorisa la plantation massive de mûrier pour les vers à soie. L'économie locale quitta alors de plus en plus le stade de l'autosubsistance pour intégrer l'économie de marché.

La Révolution et le XIXe siècle

Le village échappa aux troubles de la Révolution. Cependant, en 1792, les nobles de la commune furent contraints, manu militari par leurs vassaux, de rendre les titres féodaux et de rembourser les redevances qu'ils avaient continué à percevoir. Renouant avec la tradition de résistance à l'oppression religieuse, des stéphanois, y comprit des protestants, cachèrent un prêtre réfractaire[13] Un certain nombre d'habitants de la commune prit part aux guerres napoléoniennes. L'un d'eux, Louis Valmalette du Coustel, en est revenu colonel.

L'incendie du palais épiscopal de Mende en 1887, qui regroupait les archives départementales de la Lozère, fait qu'il n'y a guère de traces de conséquences locales des multiples soubresauts politiques de la France du XIXe siècle. Cependant des républicains stéphanois ayant manifesté contre le coup d'État du 2 décembre 1851 par Louis-Napoléon Bonaparte furent arrêtés et condamnés à la déportation en Algérie ou en Nouvelle-Calédonie.

Le hameau des Frégyères, en 1851, puis en 1854, fut le théâtre de deux crimes. Par deux fois une famille entière y fut massacrée à la hache. Pendant les trois années d'enquête entre les meurtres, l'atmosphère devint des plus lourdes dans la commune. L'assassin, dénoncé par la seule rescapée, fut guillotiné le 23 mai 1855 au Pont de Burgen en présence d'une foule considérable[13].

Le milieu du XIXe siècle est appelé « l 'âge d'or des Cévennes » , la commune y connut son maximum démographique (1 986 habitants en 1851). Le développement de l'industrie de la soie apporta une certaine prospérité. Deux filatures y fonctionnaient. Mais les maladies atteignant les vers à soie (la flacherie et la pébrine) puis la vigne (phyloxéra) ainsi que la dureté des conditions de vie contribuèrent à un fort exode rural dès les années 1870. À la fin du siècle, la construction de véritables routes désenclavant le village améliora les débouchés des productions traditionnelles mais favorisa le départ des jeunes, d'abord de façon temporaire pour des travaux saisonniers dans la plaine, puis définitivement.

Le XXe siècle

 carte postale ancienne d'une manifestation
Manifestation lors de l'inventaire du 05 mars 1906

Les fermetures des écoles catholiques avec la laïcisation de l'enseignement donnèrent lieu à plusieurs manifestations. Surtout, la séparation de l'Église et de l'État eut pour conséquence les évènements du 5 mars 1906. Refusant l'inventaire des biens de l'église, le curé et des jeunes catholiques s'y barricadèrent. Les gendarmes durent en enfoncer la porte, pendant que le reste de la population catholique, massée sur la place, chantait des cantiques au son du tocsin.

La Première Guerre mondiale marqua un tournant définitif dans la vie du village, accentuant l'exode rural et bouleversant l'équilibre économique local. Pendant quatre ans, l'absence de la plupart des hommes valides augmenta les difficultés économiques des familles. Cinquante-six hommes, en pleine force de l'âge, soit un cinquième des mobilisés, y périrent sans compter les blessés et les mutilés.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux persécutés de toute nature se réfugièrent dans les Cévennes. Plusieurs maquis furent créés dans la Vallée Française (Serre, la Picharlerie). Ils furent attaqués et dispersés entre le 7 et le 13 avril 1944. Des maquisards antifascistes allemands affrontèrent dans la commune les 7 et 8 avril 1944, une patrouille de la Feldgendarmerie qui fut anéantie[N 9]. Cette quarantaine de combattants libéra ainsi la commune pendant vingt-quatre heures[20]. Mais en représailles, les troupes allemandes aidées d'une compagnie de GMR incendièrent le château du village et dévastèrent le domicile du maire Georges Lafont soupçonné, à juste titre[N 10], de complicité. Par la suite le château fut restauré quasi à l'identique par ses nouveaux propriétaires.

En 1956[N 11], la dernière filature de soie ferma ses portes. Ce fut la fin de siècles d'activités textiles sur la commune[N 12].

À la fin des années 1980, un projet de barrage sur le Gardon au lieu-dit la Borie à la limite de la commune avec Saint-Jean-du-Gard (le barrage dans le Gard, le lac en Lozère) faillit bouleverser la Vallée Française[21]. La forte opposition locale et les contradictions inhérentes au projet (irriguer la plaine du Gard, lutter contre les crues et favoriser le tourisme) mirent ce projet en échec. En 2002 il était définitivement abandonné[22]. À sa place a vu le jour un écosite[23].

En août 2003, durant la canicule, un énorme incendie a brûlé 1 200 hectares de forêt sur la commune[24]. Plus de cinq-cent pompiers venus de toute la France et même de l'étranger ont été nécessaires à son extinction.

Toponymie

 un village sur un crête dans la forêt
Le village vu depuis la rive gauche du Gardon
La Vallée Française

Les deux principales hypothèses sur l'origine du nom de la vallée sont soit qu'elle était une enclave franque en territoire wisigoth ; soit qu'elle aurait été appelée ainsi à l'issue de la légendaire bataille de la Boissonade[25]. Vallis Franscisca et Val franciscus signifiant vraisemblablement vallée franque ou francesque[14].

L'hypothèse que cela signifierait que c'était une vallée « franche », c'est-à-dire exemptée d'impôts est peu probable[14].

Roqueservières

C'est l'appellation la plus ancienne du village. C'était également le nom d'une des principales familles nobles du lieu. Roque signifierait « château sur un rocher » et servières proviendrait du latin silva, la forêt. Entre le IXe et le Xe siècle, les moines bénédictins placèrent la localité sous le patronage de saint Étienne d'où la modification de son nom. Dans les différents documents, on retrouve les trois dénominations plus ou moins mêlées : le village était alors tantôt appelé Roqueservières de Valfrancesque, Saint-Étienne de Roqueservières ou Saint-Étienne de Valfrancesque. C'est cette dernière appellation qui finit par l'emporter[14].

Pendant la durée de la Révolution, la commune fut rebaptisée « Vallée-Libre »[26]. Avec l'Empire, on retourna aux noms précédents, mais « Valfrancesque » fut transformé en « Vallée Française ».

La légende de la Vieille Morte[13][27][28]

Il s'agit d'une célèbre légende du cœur des Cévennes que forment la Vallée Borgne, la Vallée Française et la Vallée Longue, à laquelle sont liés plusieurs lieux :

En des temps immémoriaux, une fée résidait au sommet du Mont Mars. Cette fée n'était pas d'humeurs commodes, ce qui n'en faisait pas une « bonne fée » bien au contraire.

En dépit de son âge avancé, une veuve des environs de Saint-Germain-de-Calberte, avait fauté et donné naissance à un enfant. Pour la punir, la fée la condamna à arracher une énorme pierre des flancs du Mont des Laupies (grosses pierres plates en occitan) et la chassa du pays avec son enfant, son chien, son âne et surtout sa pierre.

Ainsi chargée la vieille s'en alla, mais son enfant, trop fragile pour supporter le voyage, mourut rapidement au col qui est depuis appelé Plan-de-Fontmort (le plan de l'enfant mort). Le chien, lui, tomba dans un trou au lieu-dit Cros del chi (la tombe du chien).

La pluie se mit à tomber violemment comme elle tombe parfois lors d'un orage cévenol, la vieille s'abrita un moment sous une avancée de la roche au lieu-dit Escota se plou (écoute s'il pleut). Devant continuer sa route coûte que coûte, la pauvre femme s'engagea dans la vallée où coule un affluent du Gardon de Saint-Germain. Arrivée en bas du village, il lui fallut franchir la rivière (toujours en portant son énorme pierre) bien qu'elle fût en crue à cause de l'orage ; l'âne trébucha et se noya d'où le nom de Négase (noie âne) donné à ce gué.

Épuisée, la vieille s'assoupit un moment sur une crête nommée depuis Mortdesom (mort de sommeil), puis tenta de continuer. Poursuivie par la méchante fée, elle reprit péniblement son chemin, portant toujours son fardeau de pierre. La vieille commença l'ascension de la montagne mais avant d'arriver au sommet, éreintée, ne parvenant plus à porter son fardeau, elle abandonna ce qui devint « la Pierre de la Vieille ». Terrorisée (l'orage continuait et la fée se rapprochait) et accablée du chagrin d'avoir perdu son enfant, elle se mit à pleurer créant le valat de las Gotas (le ruisseau des gouttes). Malgré tout, la vieille parvint enfin au sommet de la montagne mais la fée l'y rattrapa et la tua pour avoir perdu la pierre. En souvenir de cette malheureuse, la montagne est appelée la « Vieille Morte »

Les lieux-dits

Les suffixes « ac » sont souvent attribués à une origine gallo-romaine comme témoins de localisation et d'appropriation. Andajac et les Avelacs relèveraient de cette origine. Le Martinet tire son nom de la forge qu'il abritait, Auriol de son ruisseau aurifère[14].

Démographie

Fortement touchée par l'exode rural, Saint-Étienne-Vallée-Française a vu sa population chuter constamment pendant 150 ans pour atteindre un minimum de 433 habitants en 1982 soit le quart de ce qu'elle était dans la première moitié du XIXe siècle. Depuis vingt ans la population augmente légèrement mais régulièrement. Entre 1999 et 2005, cette augmentation était de 28 habitants (+ 5,7 %)[29].

Évolution démographique
(Source : Cassini[30])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 475 1 810 1 978 1 911 1 901 1 932 1 900 1 860 1 986
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 803 1 561 1 556 1 537 1 559 1 453 1 481 1 399 1 333
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 179 1 211 1 147 1 001 895 1 052 808 714 591
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 - -
539 476 485 433 456 487 516[31] - -

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Évolution démographique

Pyramide des âges

Pyramide des âges à Saint-Étienne-Vallée-Française en 2005 en pourcentage[29].
Hommes Classe d'âge Femmes
30  60 et +  32,8
33,2  40-59  32,1
14,6  20-39  17,6
22,1  0-19  17,6

La population de Saint-Étienne est assez âgée : près d'un tiers a plus de soixante ans, près des deux tiers a plus de quarante ans et moins d'un cinquième a moins de vingt. La faiblesse de la tranche d'âge 20-39 ans s'explique par l'impossibilité de faire des études supérieures à proximité et surtout par la difficulté d'y trouver un emploi étant donné la faiblesse du tissu économique local.

Logement

Le bourg rassemble environ la moitié de la population tandis que le reste vit dans les hameaux ou l'habitat épars.

En 2005, les 549 logements de la commune étaient à 56 % des résidences secondaires. Les 232 résidences principales (+11 depuis 1999) étaient essentiellement composées de maisons (84,5 %) ; les appartements n'en représentaient que 13,4 % (5 % en 1999) et les autres types de logements 2,1 %. Il y n'avait que 11 logements vacants contre 24 en 1999. La majorité des habitants (68,5 %) était propriétaire de son logement tandis qu'un quart était locataire et 6,5 % logés à titre gratuit. Entre 1999 et 2005, 18 logements ont été construits ou rendus à nouveau habitables (+3,8 %). Si en 1999 les deux tiers des résidences principales dataient d'avant 1949, en 2005 elles n'en représentaient plus que la moitié et les logements neufs (moins de 6 ans) 9,1 %[29]. Il existe dix logements sociaux sur la commune[32] mais d'autres devraient voir le jour avec le déménagement de la mairie[33].

Économie

deux pélardons
Pélardon de Moissac

Le bassin de vie de la commune est celui de Saint-Jean-du-Gard[34].

De son important passé agricole, il ne reste que quelques agriculteurs. Ce sont essentiellement des éleveurs caprins fournissant pour la plupart leur lait de chèvre à la coopérative laitière de Moissac-Vallée-Française qui produit des pélardons labélisés AOC, des petits producteurs en polyculture (chèvre, légumes, volailles) ou des apiculteurs, un centre équestre. Ainsi en 2000, il y avait 30 agriculteurs (et coexploitants) dont seulement 11 à plein temps. Ils utilisaient 302 ha de terres[35].

Le tourisme est aujourd'hui le principal vecteur d'activité. Le village accueille en été de nombreux touristes que ce soit dans des résidences secondaires, son village de vacances et camping[36], des gîtes, des chambres d'hôte ou en accueil à la ferme. Les randonneurs du GR 70 qui refont le voyage de Stevenson, traversent le village lors de leur dernière étape.

Le collège, qui accueille des enfants de toute la vallée et des internes, induit un minimum d'activité toute l'année.

Ceci permet le maintien d'un certain nombre de services (La Poste, médecin , infirmière, etc.), de quelques commerces de bouche, de deux bars-restaurants et ainsi que d'artisans du bâtiment : au 1er janvier 2007, on dénombrait 4 commerces, 15 entreprises de services, 10 dans la construction et 5 de nature plus industrielle. Sur les 41 salariés employés sur la commune, 31 relèvent du secteur public (essentiellement le collège) et donc seulement 10 du secteur privé[35].

Néanmoins l'activité économique reste faible : en 2005 la commune comptait 15,5 % de chômeurs et 31,8 % de retraités[29]. Aussi un tiers des 133 actifs travaille en dehors de la commune sur Saint-Jean-du-Gard voire sur Alès et seulement 45,5 % étaient des salariés. En 2006, la moitié des ménages déclarait un revenu imposable supérieur à 11 739 €[35] ce qui est moins que la moyenne nationale et départementale.

Administration

Municipalité

Début 2009, la mairie a déménagé quittant ses petits locaux du vieux village, pour le Mas des Prats[33]au bout de l'avenue des Tilleuls. Celui-ci a été restauré après être resté en ruine pendant des années[37].

Liste des maires de Saint-Étienne-Vallée-Française[38]
Période Identité Parti Qualité
mars 2008 en cours Gérard Crouzat
juin 1995 mars 2008 Yves Ausset directeur d'école
19 mars 1983 juin 1995 André Migayron
21 mars 1977 19 mars 1983 Roger Teissier
17 septembre 1944 21 mars 1977 Achille Rousson
4 aout 1929 17 septembre 1944 Georges Lafont[N 10] Filateur de soie


Les élections municipales 2008 ont vu s'opposer deux listes : la liste « Ensemble pour St Étienne » issue de la majorité sortante, menée par Gérard Crouzat, et la liste « Tous et toutes pour Saint Étienne » conduite par Michel Salles. À l'issue d'un scrutin très serré (6 voix d'écarts pour le dernier siège) et bénéficiant d'une forte participation (88 % de votants), la liste de M. Crouzat obtint six sièges et celle de M. Salles cinq[33],[39].

Canton

La commune de Saint-Étienne-Vallée-Française est l'une des 11 communes du Canton de Saint-Germain-de-Calberte. Elle est la deuxième commune du canton en termes de population.
Le conseiller général du canton, élu en 2004, est Robert Aigoin (PCF) également maire de Saint-Julien-des-Points.

Intercommunalité

carte plaçant Saint-Étienne dans la communauté de  commune
La commune de Saint-Étienne dans sa communauté de communes

Les dernières municipalités ont longtemps hésité à entrer dans une communauté de communes. De plus, il fallait choisir entre les deux intercommunalités voisines : celle des Hauts Gardons créée en 2002 ou celle de la Vallée Longue et du Calbertois en Cévennes créée en 2001. Finalement, la commune votait le 28 Octobre 2008 son adhésion à la communauté de communes de la Cévenne des Hauts Gardons. Celle-ci regroupe huit des dix communes du SIVOM des Hauts-Gardons auquel Saint-Étienne Vallée-Française adhérait déjà[N 1]. De ce fait, elle intégrait le Pays Pays Gorges Causses Cévennes qui rassemble des intercommunalités du sud de la Lozère[40].

Tendances politiques

Terre de culture protestante, les Cévennes ont été favorables à la Révolution qui accordait la liberté de culte, l'égalité civile et hostile à la monarchie assimilée à l'oppression royale et catholique du XVIIe et XVIIIe siècles. C'est une région de tradition républicaine qui s'est opposée au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, et a accueilli proscrits et maquis de résistants pendant la Seconde Guerre mondiale.

C'est donc une terre fortement ancrée à gauche, tendance confortée par les liens familiaux avec la population ouvrière partie travailler dans les mines et les industries d'Alès et par l'arrivée depuis les années 1970 de néo-ruraux « soixante-huitards ». Elle s'oppose en cela à la Lozère du nord, catholique et traditionnellement plus conservatrice[41]. Le combat contre le barrage de la Borie a également un temps favorisé un vote écologiste[42].

L'analyse du résultat des élection présidentielle de 2007 laisse apparaître une forte inclinaison des électeurs vers la gauche : totalisant 64,5 % des suffrages, la candidate du PS Ségolène Royal obtient ainsi des résultats sensiblement supérieurs à la moyenne départementale (44,25 %)[43], régionale (45,90 %)[44], ou nationale (46,94 %)[45].

Après avoir obtenu 31,56 % des suffrages lors du premier tour des élections le 22 avril 2007, loin devant ses adversaires de l'UMP Nicolas Sarkozy (17,40 %) et du MoDem François Bayrou (13,86 %) et de la LCR Olivier Besancenot 8,55 % , elle double son score au second tour, obtenant 64,50 % des suffrages exprimés, soit un total de 218 voix sur 345 votants. Parallèlement, Nicolas Sarkozy totalisait 120 bulletins en sa faveur, tandis que 7 bulletins étaient décomptés comme blanc ou nuls[46].

Résultats du second tour des élections présidentielles de 2007 et 2002 :

Résultats des élections législatives de 2007 et 2002 :

Résultats des élections régionales de 2004

Fiscalité

L'imposition des ménages et des entreprises à Saint-Étienne-Vallée-Française en 2008[51]!
Taxe Taux appliqué (part communale) Recettes dégagées en 2008 et en €
Taxe d'habitation (TH) 6,35 % 32 000
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 15,47 % 59 000
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 300,00 % 21 000
Taxe professionnelle (TP) 16,95 % 20 000

Le taux de la taxe d'habitation n'a pas varié entre 2001 et 2008. Si le taux de la taxe foncière sur les propriétés non bâties peut sembler important, il est à mettre en relation avec la très faible valeur locative des terrains non bâtis en Lozère qui en constitue l'assiette.

Sauf pour le foncier non bâti, l'imposition par habitant en 2008 s'avérait inférieure à celle des communes de la strate de Saint-Étienne-Vallée-Française (communes de 500 à 2 000 habitants)[52]. Cela peut s'expliquer par le fait qu'avec 516 habitants, la commune est vraiment dans le bas de la strate.

Budget de la commune

En 2008, le budget de la commune s'élevait à 1 402 000 € et son endettement à 441 000 € [53].

Les variations du montant du budget communal proviennent de celles des investissements car la partie fonctionnement du budget est plutôt stable. Si les recettes de fonctionnement par habitant sont légèrement inférieures à la moyenne des communes de sa catégorie, les charges de fonctionnement le sont d'un tiers. Cela permet de dégager une capacité d'autofinancement par habitant double de celle des communes similaires. Ceci explique un endettement de 840 € par habitant en 2008 légèrement inférieur à la moyenne (871 €/hab) malgré un montant d'investissement (1 187 €/hab) presque toujours double de celui des communes de cette strate[53].

Évolution de l'endettement (en milliers d’€)[53] :

Évolution des dépenses d’investissement (en milliers d’€)[53] :

Vie locale

En été, généralement début août, a lieu la fête du village.

Écologie et recyclage

Commune du parc national des Cévennes (seul parc national français habité par l'homme de facon permanente) son territoire est aussi classé en zone Natura 2000 comme site d'importance communautaire (SIC)[9]. Cette double protection vise tant à protéger ses habitats naturels (faune, flore et rivière) que son habitat traditionnel et sa culture (architecture, coutumes, ...)

Dans le cadre du SIVOM des Hauts-Gardons, des points d'apport volontaire des déchets pour le tri sélectif sont disposés à différents endroits de la commune. De même, il y a une déchèterie intercommunale à Sainte-Croix-Vallée-Française[54]. Du fait de la présence depuis trente ans de néo-ruraux très sensibles à cette thématique, les collectivités territoriales locales se sont depuis longtemps penchées sur ces problèmes.

À l'endroit où devait s'élever un barrage, à la la ferme de la Borie, il existe un écosite dont les missions sont la protection de l'environnement et du patrimoine local, la recherche scientifique sur l'environnement, l'application et la diffusion des techniques qui y sont liées[55].

Équipements et services

Une salle polyvalente à proximité de la nouvelle mairie sert pour les réunions, des fêtes, le cinéma etc. Il y a un bureau de poste, assureurs et banquiers effectuent des permanences régulières.

Éducation

Saint-Étienne-Vallée-Française dépend de l'académie de Montpellier.

À la rentrée 2009, l'école primaire comporte trois classes : maternelle (petite section et moyenne section), cycle 2 (grande section, CP et CE1) et cycle 3 (CE2, CM1 et CM2). Elle accueille 32 élèves (37 prévus d'ici la fin de l'année)[56]

Le village possède également un collège disposant d'un internat. À la rentrée 2008, il accueillait 65 élèves provenant (pour les externes) du village, de Sainte-Croix-Vallée-Française, Saint-Germain-de-Calberte, Moissac-Vallée-Française, Saint-Roman-de-Tousque et alentours[57].

Pour poursuivre leurs études en lycée, les jeunes stéphanois se rendent principalement sur Mende ou sur Alès.

Un gymnase et un stade de football sont situés à proximité des établissements scolaires.

Santé

Un médecin généraliste et des infirmières résident sur la commune. Les autres services médicaux courants (pharmacie, dentiste, kinésithérapeute, etc.) sont localisés à Saint-Jean-du-Gard. Les centres hospitaliers les plus proches sont ceux d'Alès et de Mende. La commune abrite un centre de secours des sapeurs-pompiers.

La création d'une antenne de la maison de retraite de Saint-Jean-du-Gard est à l'étude[58].

Associations

La municipalité projette de créer un foyer rural pour fédérer et aider les associations locales. Près d'une vingtaine d'associations d'importance diverse sont domiciliées sur la commune[59].

Culture
  • L'Arche Musicale a pour objet l'enseignement de la musique (cours d'instruments, chant choral). Elle fait partie de la Fédération des Écoles de Musique des Hauts Gardons de Lozère qui regroupe les écoles de musiques de la communauté de communes.
  • Sports et Culture en Vallée Française organise à destination de la jeunesse des cours de tennis et de théâtre qui aboutissent à un tournoi de tennis et à la présentation d'un spectacle.
  • L'Atelier, Loisir, Culture, Traditions essaie de favoriser la convivialité notamment en pratiquant le patchwork.
  • Castanéa.org veut promouvoir et préserver le patrimoine lié à la culture du châtaignier et organise la fête de la châtaigne à l'automne.
  • La Cévenole est l'association de pêche locale tandis que la Vieille Morte celle de chasse.
  • Résistance et Maquis en Cévennes tente de maintenir le souvenir de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale dans la région.
Sports

En plus du club de tennis précité il y a:

  • Le Football Club de la Vallée Française
  • Les Basselaïres qui pratiquent le jeu de fléchettes
  • La Boule Stéphanoise pour jouer à la pétanque

Enfin il existe également plusieurs associations liées à l'agriculture, la solidarité, l'éducation, etc.

Cultes

le clocher d'une église
l'église

Si une certaine rivalité a longtemps opposé la majorité protestante et la minorité catholique du village, aujourd'hui, œcuménisme et baisse de la pratique religieuse aidant, la distinction se fait désormais bien plus entre croyants et non-croyants.

Saint-Étienne-Vallée-Française appartient au diocèse catholique de Mende, lui-même rattaché à la province ecclésiastique de Montpellier[60] depuis 2002. La paroisse de Saint-Étienne-Vallée-Française est rattachée à la communauté de paroisses de Florac [61] qui regroupe huit paroisses du sud de la Lozère ainsi qu'au secteur pastoral de Florac.

Pour l'Église réformée, le temple de Saint-Étienne-Vallée-Française est l'un des lieux de culte de la paroisse Vallée française qui recouvre huit localités de la vallée et appartient au consistoire Montagne des Cévennes[62] qui rassemble quatre paroisses cévenoles.

Monuments et lieux touristiques

Article détaillé : château de Cambiaire.
Notre-Dame de Valfrancesque

L'église Notre-Dame de Valfrancesque , sur la commune voisine de Moissac-Vallée-Française, est la plus ancienne du diocèse encore debout[15]. Elle est intimement liée à la Vallée-Française, et donc à Saint-Étienne. Elle est mentionnée dès 935, lorsque le pape Jean VI la donne à l'évêque de Nîmes. Cependant, elle n'est consacrée qu'en 1063. La tradition, elle, fait remonter sa construction à la bataille qui se serait déroulée à la Boissonnade entre les Francs et les Sarrazins au VIIIe siècle[63].

Elle a été construite en fraidonite, une sorte de granit. Elle mesure 23 m par 6 m, et est bâtie dans le style roman. En 1702 elle a été brûlée par les Camisards, et a été dévastée en 1793. À chaque fois elle a été restaurée[15]. C'est aujourd'hui un temple protestant[64].

L'église

L'église paroissiale de Saint-Étienne date du XIVe siècle. Elle était, à son origine, une dépendance du monastère de Sauves. Dévastée au XVIIe siècle, lors des guerres de religion, elle était proche de la ruine[65]. Elle a cependant été reconstruite depuis.

Le temple

Le temple[64] est d'une période bien plus récente que l'église. En effet, il a été construit entre 1837 et 1849[65].

Châteaux et maisons fortes

La commune dispose de plusieurs lieux fortifiés. Le plus emblématique est le château de Cambiaire qui domine le bourg. Plus en altitude, se dresse, sur la crête entre le village et le confluent des Gardons, la tour de guet du Castélas. Cette tour qui date du XIe siècle est le reste principal d'un ancien château-fort.

une rivière entre des rochers
Le Gardon au Martinet

Il existe, de plus, deux maisons-fortes ; celle de Marouls à la limite du Gard « surveille » toujours la vallée vers Saint-Jean-du-Gard, et celle de Cabiron au cœur même du village. Enfin, au bout de l'avenue des Tilleuls, près du ruisseau de Salvayre, se situe le manoir des Cambous.

Sites mégalithiques

La pierre de la Vieille, menhir, date du néolithique et marque l'avant-dernière étape de la légende de la Vieille Morte[27],[28],[13]. D'autres menhirs et dolmens sont également visibles sur le territoire de la commune.

Sites touristiques

Le lieu-dit le Martinet au sud de la commune est un lieu de baignade apprécié.

Personnages célèbres

randonneur avec un âne
Randonneur avec un âne sur le Chemin de Stevenson

Annexes

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Sources bibliographiques

  • Lucien Goillon, Si m'était conté Saint-Etienne en Cévenne : Notes d'histoire sur Saint-Étienne-Vallée-Française, Lacour, coll. « Colporteur », Nîmes, mai 1989 (ISBN 2-9503675-0-x) 

Notes

  1. a  et b Adhésion votée en conseil municipal le 28 octobre 2008 par 6 voix contre 5 à la communauté de communes de la Vallée Longue et du Calbertois en Cévennes.
  2. Distances données à titre indicatif, d'après le site Viamichelin
  3. Autrefois tout le territoire était pâturé. Lors d'un incendie les pommes de pins vertes « explosent » et peuvent être projetées à plusieurs dizaines de mètres
  4. Un document de 1052 en fait mention comme propriété des seigneurs d'Anduze
  5. Une faune sauvage variée, incluant loups et ours.
  6. La trace de cette tentative était visible jusqu'à ce qu'il soit crépi au début du XXe siècle
  7. L'article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale en 1998 cite entre autres : la persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d'ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste comme crimes contre l'humanité
  8. D'après les documents du Musée du Désert à Mialet
  9. Pour plus de détail, voir l'article Otto Kühne
  10. a  et b Il fut également le chef politique d'un réseau de résistance local pendant la 2e guerre mondiale (Henri Cordesse, Histoire de la résistance en Lozère 1940 - 1944).
  11. 1936 d'après la base Mérimée - 1956 selon la monographie de Lucien Goillon
  12. Du fait des nombreux troupeaux de moutons, une importante activité de tissage de laine a précédé celle de la soie

Sources et références

  1. (fr) Site du conseil général de la Lozère
  2. Lucien Goillon, Si Saint Etienne en Cévenne m'était conté, 4e de couverture
  3. (fr) Site du P.N.C.
  4. quid.fr
  5. (fr) Site du Conseil général
  6. a  et b (fr) Site INSEE
  7. (fr) Prim.net Portail de la prévention des risques majeurs
  8. Station Météo de la cité scolaire André CHAMSON du Vigan
  9. a , b  et c (fr) Site du réseau Natura 2000
  10. Fiche de la rivière Gard sur le site du SANDRE
  11. (fr) Station hydrologique
  12. Site du Syndicat Mixte d'Aménagement et de Gestion Equilibrée des Gardons consulté le 02 avril 2009
  13. a , b , c , d  et e Pierre Laurence, Du paysage et des temps la mémoire orale en Cévennes Vallée Française et Pays de Calberte, PNC, février 2004 (ISBN 2-913757-06-5) 
  14. a , b , c , d , e  et f D'après Lucien Goillon dans sa monographie
  15. a , b  et c Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, pp. 553-554
  16. (fr) Revue Causses et cévennes 1969 n°2
  17. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, pp. 392-393
  18. Documents historiques sur la province de Gévaudan, Gustave de Burdin, p.38
  19. (fr) camisards.net
  20. Un aspect de la résistance méridionale : maquis et guérilla en R3 (1943-1944) Patricia Boyer
  21. Site du sénat
  22. Contre-infos cévennes
  23. Historique de l'Écosite
  24. (fr) Le Bien Public du 18 août 2003
  25. (fr) Historique de Saint-Étienne-Vallée-Française
  26. geneawiki.com
  27. a  et b Site france-cévennes
  28. a  et b Article de l'ethnologue P. Laurence
  29. a , b , c  et d Chiffres clef des communes INSEE 2005
  30. Données Cassini
  31. Population légale 2006 site de l'INSEE
  32. Union Régionale des organismes d'Habitat Social Languedoc-Roussillon
  33. a , b  et c Site d'un conseiller municipal
  34. (fr) Fiche zonage de l'insee
  35. a , b  et c Statistiques locales INSEE
  36. Site du village de vacances du Martinet
  37. bulletin de janvier 2005 de la Fédération Nationale de Sauvegarde des Sites et Ensembles Monumentaux
  38. D'après FranceGenWeb.org
  39. Résultat des élections municipales de 2008 à Saint Étienne Vallée Française sur le site du Ministère de l'Intérieur
  40. site du Pays Gorges Causses Cévennes
  41. Cf. Les Droites en France de René Rémond (1954)
  42. Archives du monde 20 juin 1989
  43. Résultats départementaux de l'élection présidentielle de 2007, site du ministère de l'Intérieur
  44. Résultats régionaux de l'élection présidentielle de 2007, site du ministère de l'Intérieur
  45. Résultats nationaux de l'élection présidentielle de 2007, site du ministère de l'Intérieur
  46. a  et b Résultat des élections présidentielles de 2007 à Saint-Étienne-Vallée-Française, site du ministère de l'Intérieur
  47. Résultats des élections présidentielles de 2002, site du ministère de l'Intérieur
  48. Résultats des élections législatives de 2007, site du ministère de l'Intérieur
  49. Résultats des élections législatives de 2002, site du ministère de l'Intérieur
  50. Résultats des élections régionales de 2004, site du ministère de l'Intérieur
  51. Taxe.com
  52. Les comptes des communes sur le site dédié du ministère des Finances
  53. a , b , c  et d les comptes des communes sur le dédié du Ministère des Finances
  54. Liste des déchèteries pour professionnels, Lozère
  55. Site internet de l'écosite de la Borie
  56. Midi-Libre du 09 septembre 2009
  57. (fr)Site du collège
  58. (fr) [pdf] Compte-rendu du conseil municipal de Moissac du 13 novembre 2008
  59. Déclarations à la sous-préfecture de Florac
  60. Diocèses de France
  61. Site du diocèse/
  62. (fr) Église réformée de France site régional Cévennes Languedoc Roussillon
  63. N. Bastide, Gévaudan, 1974, pp. 85-98
  64. a  et b (fr) Index des temples protestants de France
  65. a  et b Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1476
  66. Artcilab.org

Voir aussi

Lien externe

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