Subdivisions de la Serbie


Subdivisions de la Serbie
Carte de la Serbie, de jure, avec indication des districts et des municipalités

L’organisation territoriale de la République de Serbie est régie par la Loi sur l’Organisation territoriale et le Gouvernement local, adoptée par l’Assemblée nationale le 24 juillet 1991. Selon cette loi, les municipalités, les « villes » et les localités constituent le fondement de l’organisation territoriale. Parmi les autres subdivisions importantes du pays, on peut signaler les provinces et les districts. Dans tous les cas, les subdivisions concernées, quelle que soit leur dénomination, se distinguent des subdivisions administratives françaises. En particulier, les régions serbes sont définies par la géographie ou par l'histoire ; elles ne possèdent aucun statut officiel.

Sommaire

Provinces autonomes et Serbie centrale

Articles détaillés : Voïvodine, Kosovo et Serbie centrale.

La République de Serbie, dans son ensemble, est divisée en trois parties.

Au nord du pays, se trouve la province autonome de Voïvodine (en serbe : Аутономна Покрајина Војводина et Autonomna Pokrajina Vojvodina), qui s'étend sur 21 506 km²[1]. Cette province dispose d'un Parlement[2] et d'un gouvernement[3]. L'actuel président du Parlement provincial est Bojan Kostreš, vice-président de la Ligue sociale-démocrate de Voïvodine. Des élections provinciales, destinées à renouveler les membres du Parlement provincial, doivent avoir lieu le 11 mai 2008.

Du point de vue du gouvernement serbe et de la constitution[4], il existe au sud du pays une seconde province autonome : le Kosovo et Metohija (en serbe : Косово и Метохија et Kosovo i Metohija), qui couvre une superficie de 10 887 km²[1]. Administré par la MINUK depuis juin 1999, le Kosovo a déclaré unilatéralement son indépendance le 17 février 2008. Cette indépendance n'a pas été reconnue par Belgrade[5], la communauté internationale, quant à elle, est encore très divisée sur la question[5]. Le Kosovo dispose d'un Parlement et d'un gouvernement.

La Serbie centrale (en serbe : Централна Србија et Centralna Srbija), qui s'étend sur 55 968 km²[1], ne dispose d'aucun statut officiel ; elle désigne communément la partie de la République de Serbie qui se trouve en dehors de la Voïvodine et du Kosovo.

Villes et localités

Articles détaillés : Villes de Serbie et Localités de Serbie.

La « communauté locale » (en serbe : Месна заједница et Mesna zajednica) est la plus petite unité administrative de la Serbie. Le plus souvent, ces communautés locales coïncident avec une « localité » dont elles portent le nom. Dans les zones rurales, certains villages faiblement peuplés peuvent être regroupés au sein d'une même communauté locale ; dans ce cas, la commauté locale est un peu l'équivalent d'un canton français ; elle porte alors le nom de la localité la plus importante de son secteur. En revanche, dans les zones les plus peuplées, une même localité peut être divisée en plusieurs communautés locales ; c'est notamment le cas dans les villes. Ces communautés sont gouvernées par des « conseils » (en serbe : савети et saveti) élus aux élections locales.

En janvier 2007, la Serbie, dans son ensemble, comptait officiellement 6 168 « localités » « localités » (en serbe : насеље et naselje, au pluriel : насеља et naselja), dont 4 252 en Serbie centrale, 467 en Voïvodine et 1 449 au Kosovo et Metohjia[1]. La plupart d'entre elles correspondent à des localités rurales, communément appelées « villages » (en serbe : село et selo, au pluriel : села et sela). Un petit nombre d'entre elles sont officiellement définies comme des « localités urbaines » (en serbe : Градска насеља et Gradska naselja), communément appelées « villes » ; en 2007, on en comptait 207 dans toute la Serbie, dont 129 en Serbie centrale, 52 en Voïvodine et 26 au Kosovo[1]. Le statut de localité urbaine (ville) n'est pas lié au nombre des habitants ; il a été officiellement obtenu au cours de l'Histoire de la Serbie du pays et, plus récemment, par décision administrative. Par exemple, en 2002, la « ville » de Kuršumlijska Banja, dans le district de Toplica comptait 151 habitants et la ville de Belanovica, dans le district de Kolubara en comptait 266[6]. Inversement, certaines « localités rurales » (ou villages) disposent d'une population importante, comme Kaluđerica, près de Belgrade, qui, en 2002, comptait officiellement 22 248 habitants[6] et, selon les estimations, 25 169 habitants en 2008[7].

Avant 2007, la Serbie comptait officiellement quatre « villes » ou « cités » (au singulier : Град / Grad ; au pluriel : Градови / Gradovi) : Belgrade, Kragujevac, Niš et Novi Sad (en Voïvodine). La nouvelle loi sur l'organisation territoriale de la Répbulique de Serbie, votée le 28 décembre 2007, a porté leur nombre à 24[8]. Ces cités disposent d’une assemblée et d’un budget particuliers.

Liste des 24 « cités » serbes (2008)

Dans l'ordre alphabétique serbe, les 24 villes ou cités sont les suivantes :

Les municipalités

Article détaillé : Municipalités de Serbie.

La municipalité (au singulier : општина et opština, au pluriel : општине et opštine[9]) constitue l’unité fondamentale de l’autonomie locale. Elle porte généralement le nom de la plus grande ville ou de la plus grande localité du secteur. Dans l'immense majorité des cas, elle englobe un nombre plus ou moins élevé de « localités ». En revanche, certaines villes importantes comme Belgrade, Novi Sad, Kragujevac et Niš, sont elles-mêmes divisées en plusieurs municipalités. Par exemple, la ville de Belgrade, au sens restreint du terme, est composée de 10 municipalités urbaines[10], parmi lesquelles on peut citer celles de Stari grad (la « vieille ville ») et de Vračar, qui figurent parmi les plus anciennes de la capitale serbe. Zemun, qui fut une ville autrichienne jusqu'aux lendemains de la Première Guerre mondiale, est aujourd'hui une municipalité urbaine de Belgrade. Le centre administratif d'une municipalité n'est pas toujours une « ville » ou une « localité urbaine » (gradsko naselje) mais parfois une « localité rurale » (village). On peut citer l'exemple des municipalités de Malo Crniće, de Žabari et de Žagubica, toutes trois situées dans le district de Braničevo, qui ont comme chef-lieu des « villages » serbes. Pour établir une analogie à considérer avec précaution, les municipalités serbes peuvent être comparées aux départements français, sauf dans les grandes villes, où elles ressemblent un peu aux arrondissements des grandes villes françaises (Paris, Lyon, Marseille, par exemple).

La municipalité dispose d’une assemblée (en serbe : скупштина општине et skupština opštine), élue pour quatre ans lors des élections locales, ainsi que d’un président (en serbe : председник општине et predsednik opštine), lui aussi élu pour quatre ans par l'assemblée municipale.

L’ensemble du territoire de la Serbie est divisé en 194 municipalités : 120 pour la Serbie centrale, 29 pour le Kosovo et Métochie, au sud, et 45 pour la Voïvodine, au nord[1].

Les districts

Article détaillé : Districts de Serbie.

Les municipalités sont regroupées à l'intérieur de « districts » (au singulier : округ et okrug, et au pluriel : окрузи et okruzi). Pour l’ensemble du pays, ils sont au nombre de 29 : 17 en Serbie centrale, 7 en Voïvodine, 5 au Kosovo[1]. La Ville de Belgrade constitue un district à elle seule.

Ces districts sont des centres régionaux où s’exerce l’autorité de l’État. Ce sont des divisions administratives qui ne disposent pas d’une assemblée. En revanche, ils abritent diverses institutions étatiques.

Difficultés

Pour un francophone et, plus particulièrement, pour un Français, les subdivisions de la République de Serbie peuvent être source de confusions.

  • Les régions de Serbie ne constituent pas des entités administratives ; elles sont définies par l'histoire du pays ou par la géographie. En revanche, certains découpages administratifs, notamment les districts, empruntent leur nom aux réalités géographiques, sans les recouvrir entièrement. C'est ainsi, par exemple, qu'il existe un district de Braničevo mais aussi une région de Braničevo.
  • La notion de « ville » serbe est à envisager avec précaution, dans la mesure le nombre des habitants n'entre pas toujours en considération dans la définition de ce statut.
  • Les termes de « municipalité » et de « commune », qui traduisent le terme serbe opština, ont leur équivalent en français (cf. Commune française). Mais la commune serbe est généralement l'équivalent d'un département et non d'une ville ou d'une agglomération. De ce fait l'« assemblée municipale » serbe ressemble davantage à un conseil général français qu'à un conseil municipal français.
  • Pour les grandes « villes » ou « cités » serbes, il y a parfois une ambiguïté dans la dénomination. Par exemple, l'expression Grad Novi Sad, en alphabet latin, en français Ville de Novi Sad, renvoie officiellement à l'une des quatre subdivisions administratives officielles de la République de Serbie, au même titre que Belgrade, Kragujevac et Nis sont aussi des « Villes ». Mais, dans un sens plus restreint, employé communément, le nom de Novi Sad se réfère à la municipalité de Novi Sad, c'est-à-dire à l'une des deux municipalités qui composent la Ville de Novi Sad, la seconde municipalité de la Ville étant celle Petrovaradin. Novi Sad peut encore désigner la zone urbaine de la Ville de Novi Sad, qui, outre la vieille cité de Novi Sad, inclut également les « villes » de Sremska Kamenica et de Petrovaradin. Novi Sad peut enfin, au sens le plus restreint du terme, désigner le cœur historique ancien de la zone urbaine de Novi Sad, c'est-à-dire la ville historique de Novi Sad (ville avec une minuscule), en excluant Sremska Kamenica et Petrovaradin.

Notes et références de l'article

  1. a, b, c, d, e, f et g (sr) Административно територијална подела Републике Србије на покрајине, округе, општине и Град Београд sur http://webrzs.stat.gov.rs, Site officiel du Bureau national des statistiques de la République de Serbie, 1er janvier 2007. Consulté le 8 avril 2008
  2. (sr)(hu)(sl)(ro)(ru)(hr)(en) Site officiel du Parlement de Voïvodine. Consulté le 8 avril 2008
  3. (sr)(en) Site officiel du Gouvernement de Voïvodine. Consulté le 8 avril 2008
  4. (en)[PDF] Constitution of the Republic of Serbia sur http://www.mfa.gov.rs, Site officiel du Ministère serbe des Affaires étrangères, 30 septembre 2006. Consulté le 10 avril 2008
  5. a et b (fr) Gabrielle Naudé, « La communauté internationale divisée sur la reconnaissance du Kosovo » sur http://balkans.courriers.info, Le Courrier des Balkans. Mis en ligne le 18 février 2008, consulté le 23 février 2008
  6. a et b (sr)[PDF] Bureau des statistiques de la République de Serbie
  7. Kaluđerica sur http://gazetteer.de, World Gazetteer. Consulté le 9 avril 2008
  8. (sr)[doc] Zakon o teritorijalnoj organizaciji Republike Srbije sur http://www.projuris.org, Projuris - Organisation pour l'éducation au droit et à la culture juridique. Consulté le 9 avril 2008
  9. Le terme serbe opština est parfois traduit par le terme « commune »
  10. (en) Urban Municipalities sur http://www.beograd.rs, Site officiel de la Ville de Belgrade. Consulté le 9 avril 2008

Voir aussi

Articles connexes

Liens et documents externes


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